vendredi 23 décembre 2011

Réveil.

Diane peut se réveiller alors que je suis épuisée. Je mets fin dans moins d'une heure à quatre mois de travail intense. En moyenne 32 heures de cours par semaine, je vous laisse imaginer le travail que cela représente. Je suis debout tous les matins avant 6 heures et je rentre le soir en laissant mon cerveau dans une salle de classe. Je vois arriver ces neuf jours de pause comme une libération, mais je reste consciente qu'ils vont filer vitesse V. Et il faudra ensuite ré-attaquer pour six mois. Finalement, la loque que je suis a quand même envie de nuancer et est fière de pouvoir affirmer qu'elle s'en sort pas trop mal compte tenu des difficultés que cela représentait.

Diane va peut-être avoir à nouveau un peu de temps de venir s'exprimer ici. Et peut-être même qu'elle pourrait mettre fin à cette espèce de délire schizophrène inutile...

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mardi 30 août 2011

Fil de saisons, bobine de temps qui passe.

Une salle de cours retrouvée. Des élèves en plein examen blanc, ça attaque sévère. Six heures de travail derrière moi, des trombes d'eau au dehors et je m'accorde un temps de repos avec l'éciture de quelques mots sur les pages de Diane. Deux saisons de silence et je repasse par ici, cette vie virtuelle en pointillés se poursuit, comme celle réelle que j'ai laissée filer les derniers mois.

Les semaines ont roulé comme de petits cailloux ronds. Il y a eu cette fin d'année des plus douloureuses. Crise d'angoisse violente pour des clopinettes et fatigue accumulée au point d'exploser. Les larmes ont coulé souvent et je ne trouvais pas les mots pour expliquer cette matière visqueuse et sombre qui coulait alors en moi. J'ai reconnu à certains moments cette obscurité qui s'était emparée de moi deux ans plus tôt. Je me suis retrouvée face à face avec elle. Je me suis battue pour ne pas la laisser s'installer à nouveau dans ma vie.

Ensuite, il y a deux mois très particuliers. Dès la fin de mes cours, j'ai jeté quelques affaires dans un sac à dos et je suis partie trois semaines en Grèce pour y vadrouiller avec une vingtaine de jeunes. La fatigue toujours là, des appréhensions et du mal à m'affirmer : au final, une formule bien différente de mon séjour en 2010. Des souvenirs d'eau bleu turquoise, de pierres blanches, de rues crasseuses à Athènes, d'îlots paradisiaques. De belles rencontres, mais aussi de belles prises de bec. Au retour et aujourd'hui encore, des questions sans réponses autour de ces difficultés à communiquer.

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Puis mon mois d'aout est celui du repos et du partage. Gab et moi, tranquilles, virevoltant entre siestes crapuleuses, lectures à l'ombre d'un bel arbre, balades en montagne et bons repas. Beaucoup de temps passé avec mon Lu aussi et ma solitude retrouvée.

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Puis sur les dernières semaines, les doutes qui s'installent méchamment. Mon emploi du temps de rentrée était des plus flous et il l'est toujours. J'ai appris les derniers jours à composer avec, à avancer sans trop savoir où je vais exactement. Je récupère cette année de nouvelles classes dans de nouveaux centres de formation. J'avais pour objectif de ne plus travailler à M., mais je ne cumulerai finalement pas assez d'heures pour me permettre ce caprice. Il va falloir continuer les aller-retours et accepter ce qu'on veut bien me donner.

Côté famille, j'ai eu beaucoup de peine pour mon frère, pris cette année dans les pâles géantes de l'éducation nationale, se retrouvant, tout jeune-bébé enseignant, à 500 kilomètres de chez lui, à se débattre pour la première fois, seul, devant des classes de lycée professionnel. Je l'ai entendu dire dimanche dernier "je veux pas être prof !". Il a en fait passé un concours "pour voir" et s'en retrouve titulaire, presque par accident. Bien sur, il doit y aller, savoir à quoi ça ressemble, se faire une idée. Mais je tremble pour lui, je sais quelles claques on peut se prendre en pleine face les premiers temps. Et c'est mon petit frère, faut pas lui faire de mal...

Gab me faisait remarquer à juste titre à quel point je compare. Ma rentrée avec la précédente, mon séjour en Grèce avec celui de l'an passé, l'expérience de mon frère avec la mienne... Et je réalise à travers cette remarque simple mais pertinente, à quel point ma vie est faite de cycles. Ma vie de prof d'abord qui impose un rythme et un éternel recommencement. Mes mécanismes de réflexion finalement qui sont sans doute calés sur mon mode de vie et qui semblent parfois tourner en rond. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas peur et j'avance avec une énergie retrouvée vers des mois de découverte...

 

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lundi 11 avril 2011

Magnolias.

Un soir, rouler dans la lumière déclinante vers l'Ouest. Avaler la route vers l'horizon. Courir après ce soleil fuyant. Lumières rouges & ocres. Puis des déclinaisons de turquoises, de fushias et de pourpres, comme voilées et mutées en pastels. Sur les bords du bitume, des touffes de buissons fleuris, qui semblent se blottir dans les prés, moutons pudiques du printemps.

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Chez moi, je ne vois jamais ces couleurs. Jamais tout à fait les mêmes car conjuguées différemment, selon le mode impératif de la ligne bleue des Vosges qui nous prive des queqlues minutes de soleil en plus.

J'ai fait cette route, quelque deux heures et demi, pour passer trois jours avec Gab. Trois jours dans la ville jaune de Metz. Trois jours à faire barrage au temps. Ce temps si précieux en ce moment qui fait faner si vite les fleurs des magnolias, bijoux  fragiles qui se retrouvent en quelques journées ensoleillées pourriture au sol.

magnolia

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jeudi 10 mars 2011

Le voile.

Anesthésiée (étymologiquement "sans sensibilité"). Une espèce de voile de coton diffuse une lumière blanche et douce sur mes jours. Sur ma vie.

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Je suis intouchable. Quelques heurts pourtant ont bousculé ces derniers jours. La source : Neb et des éléments que je n'ai vraiment pas saisis, une urgence, une décision à prendre vite, puis finalement des vieux dossiers qui se retrouvent étalés sous formes de petites lettres sur l'écran de mon téléphone portable. Deux ans après notre séparation, il a encore des choses à me reprocher. Je rentrais pour ma part de trois jours sur la côte Belge avec Gab. Trois jours d'air frais et de rupture avec mon quotidien. Et je crois que malgré les quelques larmes immédiates qu'ont provoqué ces attaques, ça me glisse finalement sur la peau comme de fines gouttes d'eau. J'en suis déjà à me dire que tout ça n'a aucune importance, que je vais juste remettre de la distance entre Neb et moi, qu'un ex ne devient jamais un ami. Je n'ai pas envie d'essayer de lui expliquer, de lui rédiger les longues lettres qui tombaient dans l'incompréhension il y a deux ans. Je ne lui dois rien, ça ne servirait à rien.

Le voile s'est également posé sur Gab. Je crois en fait qu'il y est depuis le début. Je regarde toujours ce que nous vivons de l'extérieur et il y a comme un flou sur les instants et les sentiments que nous partageons. Je crois que je me/nous l'impose pour me/nous protéger. Les risques sont pourtant déjà pris, les barrières de protection sont franchies. Je tiens beaucoup à lui même s'il n'y a pas cette passion qui habituellement nous fait courir si vite vers la démesure. J'aime sa douceur, cette impression si présente qu'il me comprend sans que je dise, ce respect dans lequel nous baignons. Parfois aussi, je vois les limites de cette apesanteur. Il dit les mots que je formule moi-même et l'effet miroir fait peur.

Puis tout cela s'inscrit sur un rythme maintenant bien rôdé. Après la glande du premier semestre, il a fallu rattraper le coup avec trois tonnes de travail intensif et je suis finalement maintenant bien dans le bain. Il y a toujours cette impression cruelle de rendre trois paquets de copies pour en récupérer sept, d'essayer de vider un lac avec une petite cuiller, mais on fait avec. Et j'ai retrouvé cette conviction de bien faire les choses, même si mes classes sont cette année bien plus difficiles que les années précédentes (beaucoup d'immaturité et peu de motivation, l'un appelant l'autre en conséquence).

Assise en cet instant dans une grande salle vide, je respire après quelques heures de cours. Le soleil qui entre par la porte ouverte  me rappelle que maintenant il ne fait plus nuit. J'attends aujourd'hui le souffle qui chaque année à cette période lève le voile.

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dimanche 27 février 2011

Lotus Flower ♥

Un mois de silence mais je suis toujours vivante. Tempête de copies, précipitations de bulletins et tornades de conseils de classes. Tout ça ponctué d'allées et venues de Gab, de séjours chez lui mais aussi d'impro, de sorties, de réveils "galère", de journées de cours sans fins. Mais je survis, même si parfois j'ai l'impression d'étouffer. Puis je compte les jours jusqu'au printemps et ason changement d'heure, pour récupérer enfin de la lumière.

Je pourrai en dire plus mais... C'est en accéléré que je vous livre tout ça, une fois de plus bousculée par le temps. Je m'arrêterai bientôt ici à nouveau...

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mercredi 19 janvier 2011

Tomber sept fois, se relever huit.

L'année est lancée. Comme l'année dernière à la même époque, je suis fatiguée. Alors que cet automne, mes journées paraissaient élastiques et mon énergie un puits sans fond, je suis aujourd'hui lourde et mes pattes trainent au sol. J'ai pourtant essayé depuis janvier d'anticiper au maximum, pour ne plus travailler dans l'urgence. Je corrige mes copies le plus tôt possible, je prépare mes cours, je fais un travail bien plus sérieux et approfondi que sur les premiers mois de cette année scolaire. Sans doute qu'il me faudra quelques semaines encore pour en tirer un réel bénéfice. Sans doute que la lumière qui va revenir, les journées qui vont se faire plus longues et plus belles vont m'aider à retrouver cette force.

L'an dernier à la même époque, je trébuchais. Je lis en ce moment le livre de Philippe Labro intitulé Tomber sept fois, se relever huit. Il y parle de sa dépression. J'avais acheté ce poche en 2009, cherchant alors des réponses à mes questions, des témoignages de ce que je vivais moi-même, des paroles rassurantes. Quelqu'un capable de dire ce que je vivais moi-même, muette. J'étais alors tellement à côté de moi-même que je ne l'avais pas ouvert. Je crois que j'ai bien fait. Ce qu'il y dit est désespérant, même pour quelqu'un qui est fort départ. Je baigne à la lecture de ses mots dans cette noirceur qui m'étouffait alors. Je retrouve tout ce néant. Dès les premiers pages, les premières lignes, il décrit ces mêmes douleurs, ces mêmes symptômes que jamais alors je n'avais eu l'idée d'attribuer à une dépression : les sueurs nocturnes, le sommeil qui se veut omniprésent, l'anéantissement de toute envie... Lui aussi a mis un certain temps avant de nommer le mal. Pourtant, on a tous entendu le mot, on connait sa signification. Mais le jour où un tel phénomène vous arrive sur le coin de la tronche, pas un instant vous n'imaginez qu'il puisse s'agir de ça.

Aujourd'hui, je pense que tout cela est bien derrière moi, mais comme tout rescapé, je sais que je ne suis pas à l'abri. Alors souvent, je guette, je m'observe, je crois déceler des signes avant-coureurs, ceux que je n'avais justement pas voulu voir en 2009. Récemment, j'ai été amenée à parler de tout ça, bien plus que je ne l'avais fait auparavant. Gab a lui-même traversé plusieurs dépressions. Il est d'ailleurs toujours sous traitement. Ce qui pourrait me faire peur. Ce n'est pourtant pas le cas.

Plus le temps passe et plus je me dis que c'est est un garçon exceptionnel. Il est celui qui pense comme moi. Peut-être que cela se retournera contre moi à un moment, mais pour l'heure, je me retrouve pleinement dans ce que nous vivons. Je vais encore le voir ce week-end, trois jours chez lui, en espérant cette fois éviter la grippe et le lumbago. Les débuts se vivent souvent à l'horizontal, de désir et d'eau fraiche (je suis incapable de parler d'amour). Mais les premiers temps passés, si l'on ne partage rien d'autre, ça s'essouffle et durant trois jours, j'ai envie de partager avec lui.

Mes craintes le concernant ? Son rapport au travail, son rapport à la folie, sa lenteur, dans la réflexion, dans l'action. Mais comme pour le moment rien ne nous engage, ces peurs ne sont presque pas les miennes. Je les regarde avec distance. je nous regarde avec amusement...

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mardi 11 janvier 2011

No résolution.

Une nouvelle année qui débute. Pas envie de faire le gros bilan de la précédente, pas envie de prendre de grandes décisions pour celle qui se profile.

Mais pour faire simple et rapide, derrière moi, il y a plusieurs gros coups de pieds au cul, des bonds en avant impressionnants, des portes qui se sont fermées, d'autres qui se sont ouvertes, des caprices, des gamineries et des bêtises, que si c'était à refaire, je les referais, des belles surprises, des incontournables...

Pour 2011,  je me souhaite simplement de savoir anticiper, de ne plus me laisser empoisonner par le travail et les urgences qui y sont liées. Pouvoir gagner alors en sérénité. Et les quelques jours écoulés me laissent croire que je peux y arriver. J'ai repris cette année avec des tonnes de boulot et je vois le bout du tunnel. Je prends les devants et j'en arrive à enfin pouvoir me poser, avoir du temps pour moi.

Comme d'habitude, ma seule semaine de vacances annuelle (mis à part l'été) a filé comme une flèche : les fêtes de famille, les orgies de bouffe, les cadeaux, les après-midis à siester, l'impression que le temps s'arrête et pourtant...

Puis toujours Gab. Contre toute attente, ça marche. Je n'ai pas encore montré les dents. j'ai décidé de me laisser faire. Il est compréhensif, je peux lui parler de tout, lui dire mes craintes, mes doutes. Je me heurte avec lui à mes phobies. Celle par exemple de la vie de couple. Celle des projets et des promesses, toujours. Mais je voudrais croire que peut-être avec lui, on pourrait inventer quelque chose de nouveau, de différent. L'utopie qu'on pourrait éviter les pièges. Il est chez moi depuis six jours, il repart demain. Je ne parle jamais de "après", il me laisse ce droit.

Et quelque part, parfois, dans ces moments de tendresse et de simplicité, je tremble, je ne veux pas, je recommence à me débattre intérieurement, et je lutte silencieusement contre toute cette prudence.

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mercredi 8 décembre 2010

Audere est facere.

Des larmes tout à l'heure, assise dans ma voiture, au téléphone avec ma mère. Sa voix grésille dans mon oreille. Les mots ne se veulent pas méchants mais me blessent. Je viens de me garer et elle me fait la leçon, sur mon départ prévu ce week-end chez Neb. Elle ne comprend pas que je puisse entretenir avec lui de bonnes relations, elle ne trouve pas ça normal. J'en viens à argumenter, à me défendre, à me justifier. Je déteste ça. Que souhaite-t-elle ? Que nos relations soient froides et distantes, qu'on ne se parle plus, qu'on s'insulte ou qu'on se manque de respect ? J'ai vécu cinq ans avec lui, cinq années de ma vie à ses côtés. Il veut voir Lu, j'ai envie de passer du temps avec lui maintenant qu'il va mieux. En quoi cela est-il étrange !

Plus tôt, quelques minutes seulement, c'était ma sœur qui me rappelait que samedi soir, j'étais à l'ouest, que fallait peut-être que je remette les pieds sur terre. Je suis fatiguée, aucun doute là dessus. J'ai été désagréable et complètement à côté de la plaque. Je m'en suis voulu sur le moment et le lendemain encore. Et les derniers jours, les dernières semaines sont des poids sur mes épaules. Endurance. Encore, de nouveau, toujours trop de choses. Et cette sensation d'urgence permanente qui peut me faire vibrer parfois, vague d'adrénaline, mais qui est aussi tellement souvent source de grandes pages de fatigue. Mon rythme est difficile à suivre. 

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Pourtant, ça peut aussi être tout doux. Je viens de passer trois jours aux côtés de Gab. Trois jours de simplicité et de tendresse. Pas de projets, pas de promesses, pas de prises de têtes. Juste du partage, sur le moment. Aucune projection dans le futur. Les inquiétudes qui ont précédé son arrivée se sont évaporées dès que je l'ai vu. Petit instant de flottement et ensuite, tout fut évident. Impression récurrente de le connaître depuis très longtemps.

Il est arrivé dimanche en fin d'après-midi et est reparti ce matin. Au milieu, il a fallu aussi que j'aille bosser, souvent sans avoir préparé quoi que ce soit, les mains dans les poches, la tête pleine de lui. Il m'a accompagnée lundi soir pour mon atelier théâtre. Nous avons aussi fait de longues grasses mat' sous la couette, il m'a invité au resto hier soir... Il était là, doux, attentionné, incroyablement tendre. Il m'a donné beaucoup, de lui, de ce qu'il est, d'éléments de réponses pour mieux le comprendre. On n'attend rien l'un de l'autre mais on se reconnait.

J'ai été émue souvent par ses gestes, ses paroles. Quand il est resté silencieux prêt du petit couffin de Delphine, pendant notre atelier théâtre, lui prenant simplement sa minuscule main pour la rassurer en l'absence de sa maman. Quand, hier soir, perché sur son tabouret de bar, il a parlé d'un de ses amis qui est sur le point de perdre sa femme à cause d'un cancer et que des larmes ont empli ses yeux. Quand son doigt est venu se poser sur la couverture de mon carnet orange. Quand il m'a dit "tu me plais... Beaucoup". Quand il n'a pas fait la vaisselle, parce que merde, on est pas un couple. Quand on s'est engueulé "pour de faux" en pleine rue, en se balançant des noms d'oiseaux. Quand j'ai trouvé à midi en rentrant sur la table du salon ses mots, son écriture ronde et régulière, pour me faire savoir que je le rendais heureux.

Il a juste semblé inquiet quand il a été question se revoir et que je lui ai dit "je ne sais pas, peut-être". C'était évident pour lui, ça l'est peut-être moins pour moi. Aujourd'hui, ma liberté est des plus précieuse et je ne crois pas avoir la volonté de la remettre en question. Certes, il ne me demande rien de tel, mais ça pourrait venir si vite...

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vendredi 3 décembre 2010

Marguerite dans le macadam a besoin d'un doliprane.

Réveil à huit heures et demi ce matin. Moi assise dans mon lit à l'heure exacte où mon cours débute à trois quarts d'heure de chez moi. Je réalise très vite que je suis encore toute habillée. Je remets les morceaux de la nuit dans l'ordre et j'en arrive à la conclusion que je suis rentrée très tard, ou plutôt très tôt et que je n'étais pas très fraîche. Je ne le suis d'ailleurs vraiment pas au moment de cette constatation. Je me change, je me brosse les dents, je passe un coup de fil pour dire que j'arrive et je saute dans ma voiture. Je suis hilare pendant tout le trajet, pourtant, y'a rien de drôle. J'appelle Gab, toute guillerette pour lui laisser juste un message.

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Puis en replaçant les éléments du puzzle, je me souviens de ceux avec qui j'ai passé la soirée, de celui qui m'a ramenée chez moi, de ce baiser échangé devant ma porte. N'importe quoi ! Je ne donne aucune valeur à ce baiser alcoolisé, mais je suis sure que pour lui, c'est important. Je retombe plus tard sur un message de lui qui confirme mes impressions. Je le connais depuis si longtemps, ça ne pouvait pas être insignifiant. Il me dit qu'il ne voulait pas d'une nuit, mais de bien plus. Aïe, encore.

J'attaque finalement une journée de cours dans le gaz total. Ce soir, Suite au prochain épisode.

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mercredi 1 décembre 2010

Petit nuage.

Je n'avais même pas remarqué que la neige était tombée. Je suis partie dimanche matin après une semaine en suspension. Très peu de sommeil, des idées un peu floues mais toutes brillantes. Alors, quand il m'a demandé de le rejoindre à Nancy, je n'ai pas hésité. C'était évident, comme tout le reste. Je ne comprends pas bien d'ailleurs comment en quelques jours seulement, tout cela s'est imposé de façon si forte. Et je n'ai sans doute pas assez de recul.

Dimanche matin, je montais donc dans ma voiture pour me rendre à Nancy, à mi-chemin ou presque entre nous deux. Je franchissais un col étincelant et éblouissant de soleil et de neige. Et j'arrivais sur la place Stanislas pour y retrouver ce grand garçon un peu perdu comme moi. On savait sans trop savoir. C'était comme une première rencontre, mais... C'était comme si on se connaissait depuis si longtemps. Nous nous sommes installés à une toute petite table dans le Grand café Foy et nous avons parlé. Tout a été facile tout de suite. Tant de choses à nous dire, comme durant ces longs échanges téléphoniques qui avaient précédé. Une vraie curiosité réciproque et cette surprise à chaque fois de découvrir de nouvelles ressemblances. Puis pas seulement parler de nous, parler de tout, de rien, d'eux, de demain, d'ailleurs. Je ne sais plus comment sont venus les gestes. J'aimerais d'ailleurs m'en souvenir mieux. Très vite, nous nous sommes touchés, embrassés. Nous sommes allés manger ensemble, puis visiter le musée de L'École de Nancy. Installés ensuite dans un bar où les gens semblaient tous se connaître. J'ai discuté avec des inconnus autour de moi, je me sentais vraiment si bien. Toute la journée a été ponctuée d'échanges, de sourires, de simplicité... Avec lui et avec ces personnes rencontrées, une serveuse, un voisin de table... Et ces gens autour de nous qui semblaient croire eux aussi que nous nous connaissions depuis si longtemps. La complicité et la douceur. Après avoir parlé toute la semaine, des heures au téléphone, je savais qu'en allant là-bas, ça se passerait comme ça. Je me suis sentie si bien avec lui, tout était doux, tout était facile, sourire, cohérence.

Quand la nuit est tombée et qu'il a été question de faire la route dans l'autre sens, nous n'avions pas envie de nous séparer. J'avais aimé sa bouche, sa force, j'avais envie de rester contre lui. Nous avons fait n'importe quoi, nous avons roulé tous les deux jusqu'à chez moi. Franchi le col toujours enneigé. Et nous nous sommes retrouvés dans mon cocon, encore tout embarrassé du désordre de la semaine écoulé. Rien de raisonnable, rien de réfléchi, que de l'instinctif. Et pour une fois, pour quelques heures au moins arrêter de se méfier.

Puis lundi matin, école buissonnière. Je suis restée au lit avec lui, contre sa respiration trop forte de fumeur, dans sa chaleur. Il n'y avait rien eu de plus que des baisers et de la tendresse. Les circonstances nous ont obligés à nous limiter et c'est bien. Les circonstances (la distance) nous y obligeront encore.

Il est reparti lundi midi alors que je me décidais à partir en cours. Depuis, il a souvent et systématiquement les bonnes réponses à toutes les questions que je me pose. Il rassure mes doutes. Il me dit que juste, il est là, qu'on a le temps, qu'on est bien. J'aime à la fois sa façon de me bousculer, de foutre un grand coup de pied dans toutes mes certitudes et sa capacité à me rassurer. Il est comme moi. Déjà sans doute aucun, bien plus attaché mais certainement parce que la prise de risque lui fait moins peur qu'à moi. Il est prêt. Prêt à attendre. Et il est urgent d'attendre.

Lundi soir et hier soir, sa voix grave au téléphone. Toujours plus d'éléments, toujours plus de liens, de morceaux consolidés. De quoi devrais-je avoir peur ? Je ne peux m'empêcher de confronter, de comparer. La trouille de reproduire les mêmes erreurs, d'aller trop vite, de se tromper, de trébucher. De réaliser dans quelques semaines qu'il n'est pas celui que j'avais cru voir et reconnaître.

Puis tous ces doutes par rapport à l'engagement, toujours là, omniprésents, agacés par toutes ces remises en question Pourtant, il n'est encore question de rien, mais je me crispe quand je l'entends utiliser certaines formules, quand je lis en transparence dans ces mots des projets communs. Je ne peux pas voir loin. Je ne sais plus le faire.

Me voilà, toute égarée, toute cotonneuse, douce torpeur... Dehors la neige qui saupoudre mes réflexions... Il revient dimanche.

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