dimanche 1 novembre 2009
En manque.
Voilà des mois que je vis sans lui. Au début, je me disais que je pourrai m'en passer, que je finirais par l'oublier. J'ai fait le deuil du plaisir qu'il avait pu me procurer. J'étais si perdue que je n'y pensais plus. Puis avec le temps, la frustration est née : le manque, l'absence se faisaient trop lourds.
Partout, tout le temps, je pensais à lui. Une image, une luminosité, un instant me rappelaient le vide qu'il avait laissé dans ma vie. Plus possible de m'étourdir auprès de lui, de prendre du plaisir grâce à lui. Et il ne me restait que le souvenir du bonheur que ç'avait été de poser mes doigts sur lui, avec un résultat toujours plaisant, voire parfois spectaculaire.
J'ai eu envie de le retrouver. Une ou deux fois, par hasard, j'en ai eu l'occasion très brièvement. Ce n'était qu'une joie de courte durée, gâchée par l'idée trop présente qu'il allait bientôt à nouveau me quitter. J'ai su trouver, de façon éphémère, le plaisir auprès d'autres que lui. Mais ce n'était jamais pareil. La complicité que nous avions ne saurait être effacée ou remplacée par d'autres.
Le désir est toujours là. Voilà des mois que je n'ai plus d'appareil photo.
mardi 27 octobre 2009
Analepse.
Je me suis décidée hier a publier des messages écrits il y a plusieurs semaines,
durant mes journées très sombres...
Ils sont postés à la date où ils ont été écrits, tels qu'ils ont été écrits.
Je ne sais pas si c'est une bonne chose,
mais j'ai l'impression de m'en débarrasser en vous les livrant...
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lundi 26 octobre 2009
Le sourire de Mona Lisa.
Je suis assise devant eux : une dizaine d'élèves, de ceux avec lesquels j'aime vraiment travailler. Ils écrivent calmement, ils retranscrivent tout ce qui a été dit avant la pause, je les surveille car c'est un travail personnel. Je me sens sereine, j'ai cette impression du travail bien fait, d'avoir dit ce qu'il fallait dire, d'avoir fait comme il fallait. Il y a ma tasse de thé à ma droite et des stylos éparpillés sur la table. Je rêve, je m'égare un instant de la salle de cours, je respire dans ma tête, une grande bouffée d'air frais. Je ne sais pas où j'en suis exactement de mes pensées quand le regard d'un élève me rappelle à ma réalité. Je l'interroge sur la raison de cette insistance. Il me répond avec un sourire naïf "vous ressemblez la Joconde !". Et tous les autres de lever la tête et de confirmer dans un brouhaha joyeux.
A mon tour d'afficher un sourire naïf... Énigmatique diront certains...
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lundi 19 octobre 2009
Comme sa bouche est immense quand elle sourit.
Il fait froid.
J'ai trainé mes pieds dans les feuilles mortes, dorées et rousses, qui se soulèvent dans l'air frais.
J'ai remis le chauffage et cette odeur douçâtre de poussière brûlée a empli mon appartement.
J'ai mangé les premières clémentines, les premiers pains d'épices, les premières soupes du dimanche soir.
J'ai ressorti mon manteau et j'ai pris du plaisir à blottir mon nez dans son col lorsqu'il y avait un vent mordant.
J'ai repris l'habitude de fermer les volets la nuit, à la recherche d'une chaleur intérieure, d'un nid douillet, tout de couvertures et de bouillottes.
J'ai cueilli mes dernières tomates sur le balcon, pas encore tout à fait rouges et je les ai posées sur le bord de la fenêtre de la cuisine pour qu'elles s'y réchauffent et rougissent.
Je vais bien.
J'ai retrouvé une sérénité que je pensais perdue. A tout jamais. Je n'imaginais pas que c'était possible. je reviens de loin. Je reconstruis tout ce qui a été cassé. Petit morceau par petit morceau. En prenant tout mon temps, calmement. Il y a de nouvelles choses dans ma vie. Pour beaucoup positives. Il faudra que je prenne le temps d'en parler : l'association, ce nouveau travail qui vient compléter à merveille mon emploi du temps, mon corps qui a tellement changé et avec lequel je me réconcilie...
J'avance. Je remonte. J'espère comme je le disais plus tôt que ce n'est pas artificiel.
mardi 6 octobre 2009
Artificiel.
Je vais mieux. Je le chuchote car j'ai peur que le dire trop fort ne fasse vaciller cette stabilité qui semble revenue. J'ai peur aussi que tout ça ne soit pas moi-même, mais les simples réactions chimiques que les médicaments provoquent sur mon cerveau. Pourtant je recommence à m'entendre avec celle que je deviens. Alors, je me dis que sans doute, je n'étais pas moi-même avant. J'ai tellement peur que cette force qui gonfle lentement à l'intérieur de moi ne soit qu'un leurre.
J'ai laissé filer les deux saisons que je préfère, enfermée à l'intérieur de ma tête. Je n'ai pas vu l'herbe vert tendre du mois d'avril, les cerisiers et les magnolias en fleurs. Je n'ai pas vu la lumière des journées les plus longues de l'année, j'étais alors plongée dans l'obscurité. J'ai l'impression maintenant que ces deux saisons ont duré une éternité. Et en même temps ce n'est qu'une longue parenthèse creuse. Du temps gâché.
Mais j'essaye de rattraper ce qui a été perdu. Je sais à nouveau sortir de mon cocon. Et pas seulement pour aller travailler. Je sais m'investir auprès des gens qui m 'entourent, les écouter, me détacher de moi-même. Je sais à nouveau donner et recevoir. Je sais oublier les angoisses de la veille, celles qui me rongeaient. Je sais même sourire et rire parfois.
Puis dans cette tempête, j'ai aussi perdu des choses auxquelles je ne tenais pas. Les angoisses liées à Neb, celles qu'il me transmettait sans le vouloir. Et quelques lourds kilos qui en s'envolant ont affiné très nettement ma silhouette. Je me sens plus légère.
Et j'ai des centaines de mots, d'histoires qui naissent à nouveau derrière mes yeux clos et que je ne vais pas tarder à coucher ici.
lundi 7 septembre 2009
Vingt huit jours plus tard.
Une nouvelle rentrée. Très différente des précédentes. Je suis faible, je me sens vulnérable. J'attaque cette année sans savoir un instant où je vais, comment les choses vont évoluer. J'ai rencontré les premières classes, de nombreuses autres arrivent encore. J'ai du mal à trouver mes repères, les automatismes des années passées semblent s'être dilués dans ces derniers mois.
Je prends des médicaments depuis quelques semaines. Dans un premier temps, les contours de ma vie sont devenus flous. Les anxiolytiques me faisaient dormir et gommaient ma réalité. Une espèce de brouillard froid. J'ai très vite cessé de les prendre, tenant à ma lucidité. Quant aux antidépresseurs, on dit volontiers qu'ils représentent une béquille, et j'ai en effet cette impression. Je ne me sens ni heureuse ni triste, mais au moins stable. Ils ont neutralisé mes idées noires en levant le lourd voile de tristesse qui pesait sur moi. J'ai l'impression de pouvoir avancer à nouveau, sans parler encore de construire ou de connaitre la destination, mais j'arrive à me lever le matin, à me concentrer sur un film, à envisager une sortie, à croire pendant une minute que tout ira peut-être mieux bientôt.
Beaucoup de personnes autour de moi ont critiqué mon choix de me tourner vers les médicaments. Je dois dire que ce n'est pas un choix. Il n'y avait pas d'autres possibilités. Aucune alternative. J'étais en danger. Les mots semblent forts mais j'ai eu très peur de l'état dans lequel j'étais. Ce fut très dur pour moi de me rendre chez un médecin et de reconnaître mon incapacité à m'en sortir. Je suis fière, je veux donner l'image de quelqu'un de fort, de solide. Et là... Échec. Faiblesse. Déchéance. Je n'avais jamais connu ça.
Aujourd'hui, je ne remonte pas la pente. J'ai juste arrêté de descendre. Je m'habitue doucement à ma nouvelle vie. Sans Neb. Pourtant je vis dans l'appartement qui nous a unis. Je sors peu, je m'entoure de personnes de confiance, celles que j'aime depuis longtemps et que je sais être fiables, fortes et bienveillantes pour moi. Je ne me frotte pas encore aux "autres". La vie me fait peur. Je reste dans mon cocon douillet et sécurisant, avec mon chien, mes habitudes, ma tranquillité. Je panse mes blessures. Je pense moins. Je me recroqueville sur les tout petits trésors que j'arrive encore à trouver au fond de moi-même.
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PS : le message a été écrit le 7 septembre. Je ne le poste qu'aujourd'hui car mon ordinateur n'a plus voulu s'allumer pendant une semaine.
mardi 25 août 2009
Grandes vacances.
Ma sœur et mon frère sont partis à l'autre bout de la France pour deux mois. Comme ce fut le cas sur les dernières années, ils s'échappent dès que l'école est finie vers les colonies de vacances. Cette année, ma sœur occupe le rôle de directrice et mon frère l'accompagne pour y jouer les personnels de service. Ce départ est toujours un moment difficile pour moi. Nous sommes très proches et l'idée de ne pas les voir si longtemps me peine, plus encore cette année, alors que le géant de la solitude me tourne autour comme un vautour.
Ce fut cette fois-ci l'occasion de repenser à nos vacances d'enfants. Les souvenirs de ces moments d'insouciance m'ont transportée, bercée vers des univers définitivement révolus. Je garde de cette période une impression de toute puissance. La magie découlait tout d'abord de la lumière. Déjà à l'époque, j'étais fascinée par les opportunités que proposaient ces journées à rallonges : tellement plus de possibilités et de liberté qu'en hiver. C'est en particulier à la tombée de la nuit, alors qu'on est déjà en sursis par rapport à l'heure limite qui avait été donnée, que se réalisaient les plus belles bêtises. La maison de mes parents, située à l'orée d'une forêt nous ouvrait des portes mystérieuses vers des mondes qui semblaient ne pas exister le reste de l'année. Des fontaines d'eau glacée trônaient à chaque coin de rue, des fruits sucrés et juteux nous pendaient sous le nez et les arbres tortueux nous appelaient pour la constructions de cabanes secrètes. Nul besoin à l'époque de télévision, d'ordinateur ou même de courant. Il n'y a guère qu'Intervilles et Les Dents de la mer (traumatisme diffusé la veille des départs en bord de mer) qui m'aient laissé un souvenir du petit écran. Nous vivions à l'ère de la simplicité, dehors toute la journée, les jambes égratignés par les ronces, des croutes plein les genoux, crasseux mais le sourire jusqu'aux oreilles.
Aujourd'hui, j'aimerais des étés aussi simples, des évidences de bonheur, des impressions d'éternité. Cette année en particulier, rien n'a la saveur de l'insouciance, je ne parviens pas à oublier un instant tout ce poids sur mes épaules, toute cette douleur, et tout en devient terne et fade...
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jeudi 13 août 2009
Trois jours à la campagne.
C'était prévu depuis des semaines. Mes parents sont partis ce matin très tôt en Italie, chez ma cousine. Ils me confient la maison et ma grand-mère pour les trois jours à venir. Compte tenu de mon état les derniers jours, ils ont hésité à me laisser cette responsabilité. J'ai su les convaincre que tout irait pour le mieux.
Je prends mon traitement depuis lundi. Réactions étranges. Bien sur, je suis dans le gaz, je me sens loin de tout, détachée. Ce qui me bouleversait il y a encore peu me touche toujours, mais c'est comme amorti par du coton. Je ne pleure plus. Je regarde tout ça d'au-dessus. Un peu anesthésiée. J'ai peur que mes réactions ne soient plus vraiment les miennes, cadrées par des réactions chimiques, mais je n'avais plus d'autre choix. Le médecin m'a dit que j'avais bien fait de venir, que mon état était sérieux. Puis il m'a expliqué que c'était physique, des connections qui se font mal, et que non, je ne suis pas une loque. J'ai du mal à adhérer à son point de vue alors que je dors des journées entières. L'idée de rester ici, d'être responsable de ma grand-mère m'oblige à me ressaisir, à me contrôler, à fixer des limites à toute cette vase qui m'emplit.
J'appréhende le futur, j'ai du mal à concevoir les jours et les mois à venir. Je n'y parviens pas du tout en fait. Je vacille à l'idée de faire cours dans quelques semaines, d'être confrontée à du monde, de devoir faire la conversation, de reprendre une vie normale, insignifiante...
mardi 11 août 2009
Tout au bout.
Impression de cauchemar permanent.
Je passe un été affreux. Mes yeux constamment baignés de larmes, comme deux cicatrices brûlantes, mon corps secoué de sanglots. Je ne sais plus où j'en suis. Je vais mal. Je ne me reconnais plus. J'ai perdu toute ma force, toute ma confiance, toute ma volonté, toutes mes envies. Je suis une loque. Je ne parviens pas à voir un intérêt quelconque à ce qui m'entoure, à ce qui m'attend. Tout ce qu'il y avait de stable et de réussi dans ma vie semble s'être effondré. Désagrégé. Petits morceaux par petits morceaux. Les décisions que je pensais être justes perdent de leur sens, sur tous les plans. Je me décompose.
Ma vie professionnelle d'abord. Les joies de la vacation se sont retournées contre moi mi-juin lorsque mon employeur principal m'a annoncé qu'à la rentrée, ce serait 50% d'heures en moins. Ils ont décidé de grouper des sections pour faire des économies et faut bien que quelqu'un les subisse. Moi. Je me retrouve avec deux options. Soit accepter cette proposition et me retrouver avec deux autres employeurs et un emploi du temps-gruyère que je ne parviendrai pas à combler et des revenus insuffisants pour payer seule les traites de l'appartement. Soit lâcher complètement ce système et décoller vers autre chose. Je ne sais pas quoi : le théâtre, du coaching, une ferme, l'étranger, ...
Ma vie sentimentale représente le plus bel échec que j'aie à mon palmarès. Impossible de trouver les mots pour décrire justement ce désastre. Neb et moi sommes séparés depuis le mois de mars. Rien ne semble se reconstruire. Ni pour moi, ni pour lui. Lui n'a pas avancé d'un pouce. Il veut à la fois s'éloigner de moi et laisse entendre qu'il tient toujours à moi. De mon côté, c'est la confusion totale. Je suis consciente qu'il a été et qu'il est toujours un complice. Cinq ans de vie commune ne s'effacent pas d'un revers de manche. Je sais qu'il me connait. Mais je regrette amèrement tout ce que j'ai voulu construire avec lui, tout ce qu'il a gâché. Je ne le respecte plus, je ne lui fais plus confiance. Et je ne parviens pas un instant à imaginer que je puisse un jour à nouveau faire confiance à quelqu'un. C'est une blessure douloureuse et béante. Je souffre de le savoir si puéril, si loin de ce que j'avais imaginé. A un instant, je m'étais dit que cette rupture lui ferait du bien, qu'elle lui permettrait de revoir ses priorités. Au contraire, il a coulé plus encore qu'avant. Il mène une vie décousue, n'a pas plus d'objectifs qu'il n'en avait sur notre dernière année de vie commune, il vit de petits jobs qui suffisaient peut-être lorsqu'il touchait encore les ASSEDIC. L'entreprise dont il parle depuis des mois n'a toujours pas vu le jour, à l'écouter le système est compliqué et présente des lourdeurs administratives mais je pense surtout qu'il ne s'est pas donné les moyens, une fois de plus. Et dans ce contexte plus que fragile, il envisage de partir en vacances. Mais tout cela ne me regarde plus, il faut que je me fasse à cette idée. Difficile de laisser quelqu'un dans une telle merde alors qu'on s'est fait du soucis pour lui pendant des années. Lui ne s'inquiète pas, c'est le principal. Aujourd'hui, je lui en veux. Et je m'en veux. J'aurais aimé, comme dans un monde parfait, garder avec lui des contacts d'adultes, qui échangent sur leur évolution. Mais ça ne peut pas fonctionner comme ça. Il ne peut pas être là quand j'ai besoin de lui. Je ne veux plus qu'il le soit d'ailleurs. Il n'est pas la personne vers laquelle je dois me tourner. Je dois définitivement m'éloigner de lui. "Nous" ne veut plus rien dire, nous n'avons pas d'avenir commun, six mois se sont écoulés depuis notre rupture et rien n'a changé (je dirais même que la personne qu'il est devenu depuis me déçoit encore plus). Je ne peux pas continuer à compter sur lui, à accepter qu'il vienne ici quand bon lui chante, qu'il décide quand arriver et quand repartir, qu'il change d'attitude comme de chemise. Je me dis que je lui ai tant parlé, tant de fois, et mes mots sont allés se perdre dans le néant, pas pris au sérieux, pas compris. Je m'attache à lui comme à une bouée, mais j'ai tort, parce que je sais nager. Il ne m'a rien apporté, je m'attache à ce que j'ai voulu construire, à cette stabilité qui est déjà brisée.
Ma vie familiale aussi est ébranlée par un événement récent. Gros clash la semaine dernière. Particulièrement perturbant. Me voilà paumée. Plus encore qu'avant. Mon père, qui jusqu'à maintenant était pour moi une référence solide et fiable est entré dans une colère noire pour des raisons qui me sont toujours inconnues et qui je l'avoue m'effrayent. J'ai juste fait l'erreur d'être sur son chemin à ce moment là et les mots qu'il a pu me lancer au visage comme des centaines de petits cailloux me restent encore aujourd'hui sur le cœur. Un coup de plus qui vient couler mes certitudes et ma confiance. Un coup qui a même représenté celui de trop.
Puis pour finir, ma santé. Toutes les analyses ont été effectuées, y compris les plus désagréables. On ne me trouve rien. Pas la moindre trace d'infection, de microbes, de bactérie qui pourraient être responsables de ce dysfonctionnement. Et pourtant, malgré le repos du premier mois de vacances, je continue à souffrir. Des crampes, des nausées, des aigreurs, des diarrhées. Bien sur, tout cela a modifié considérablement ma façon de vivre. Et je me demande si au final, ma façon de vivre, de percevoir ma vie du moment ne modifie pas considérablement ma façon de digérer. Pendant des semaines, je n'ai pas voulu entendre parler de ce foutu stress, je ne voulais pas croire qu'il puisse à lui seul être responsable de mon état. Cela voulait dire que je ne contrôlais plus rien. Aujourd'hui je finis par me faire à cette idée. Je fais des crises d'angoisse comme je n'en avais plus faites depuis des années : je manque d'air, je sanglote, je ne parviens plus à relativiser quoi que ce soit, je ne contrôle plus mes émotions. J'ai l'impression d'avoir quinze ans, bouffée par les hormones, incapable de me maîtriser. Je pensais qu'en vieillissant, tout cela n'arriverait plus. Je pensais qu'on devenait solide avec le temps. Dans ces cas là, je me dégoutte.
Tous ces éléments remettent complètement en question la notion de confiance. Je ne sais plus quelle place je dois occuper, comment je dois me comporter. Alors petit à petit, j'ai fermé des portes, j'ai refusé des sorties, je n'ai pas répondu à des messages... J'ai peur des autres. L'idée de voir du monde me perturbe. Je me suis refermée sur mon petit appartement, celui que j'ai choisi, aménagé, partagé avec Neb, celui où il faudra que je finisse par trouver ma place. Mes sorties se résument à de longues balades avec Lu dans la montagne, à m'en épuiser, à chercher à m'étouffer de grand air et d'horizons libérateurs. Je vais à la piscine, j'y fais des longueurs qui me vident la tête, qui perdent mon souffle. Je dors énormément et souvent mes réveils sont contrariants parce que ma réalité me décourage. J'ai l'impression de faire une allergie à ma vie. Je me sens la fragilité d'une coquille d'œuf. J'essaye de me reconstruire tout doucement, je me fixe des défis : sortir faire une balade en ville, m'assoir seule à la terrasse d'un café, aller au marché... Rien d'insurmontable, me frotter aux autres, aux gens, pour ne pas finir totalement misanthrope, gloutonnée par ma solitude. J'ai aimé vivre seule, j'ai aimé ne dépendre de personne, construire seule. Aujourd'hui, je suis épuisée et trop fragilisée pour y voir de la force. J'ai perdu quatre kilos en une semaine. Je ne sais plus qui je suis, je ne me reconnais plus, plus rien à quoi me raccrocher.
Bien entendu, ça me coûte de mettre des mots sur tout cela. Petit roman de ma médiocre existence des derniers mois. Désolée pour les longueurs, le fatalisme, les mots qui sonnent faux, la sensiblerie, la lâcheté qui transpirent dans ce message.
Triste bilan. Dans mon bulletin de mauvaise élève, ils auraient pu inscrire : "A touché le fond, et continue à creuser". Le mot dépression a été utilisé pour la première fois la semaine dernière. Je suis allée voir mon médecin hier, je prends des médicaments, je n'avais plus assez de force.
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lundi 3 août 2009
Silences.
Trop de temps qui file sans que je ne parvienne à écrire.
Je me sens vide.
Mais je prends des images.
Ici et ici...











