mardi 1 août 2006

Encore une fois.

Absence prolongée de ce lieu virtuel. Diane Groseille, s'est effacée durant une dizaine de jours. Partie vers la fraîcheur de "plus haut vers le Sud". Dans la famille de Neb homme de moi. Il s'est souvent montré difficile avec ses proches. Eux n'ont pas toujours été agréables non plus. Et ma position prise en tampon dans des conflits non déclarés n'a pas été évidente. J'ai joué de la diplomatie et des sourires forcés à plus d'une reprise, et pourtant je n'ai pas pour habitude de mettre de l'eau dans mon vin. Alors certains matin, quand eux ou lui se sont montrés vraiment lourds, des mots on fusé. Ils sont inquiets pour nos projets, et se montrent comme des "mères poules" face à des décisions et des choix qui nous appartiennent. Je n'ai pas été couvée, on m'a toujours encouragée à prendre des risques, à assumer mes conneries, à avancer toute seule. Alors j'ai eu du mal à ne pas réagir quand on m'a traitée comme une enfant gâtée qui fait un caprice.

A propos de décision, tous les choix à venir vont être décisifs. Nouvelle maison, nouveau job. Quelques belles opportunités qui se dessinent. Ce qui pourrait me paniquer par moment aurait plus tendance à me chatouiller le ventre d'excitation...

Bref, si ce n'est ça, très souvent durant les quelques jours écoulés ailleurs, l'écriture s'est imposée, par des images ou des situations. De retour ici, je commence à nouveau à écrire ailleurs. Là aussi, des prises de risques. Plus intimiste voire complêtement personnel, et pas de retour puisque plus rien à voir avec un blog. Je reste là, mais peut-être un peu moins ponctuelle dans mes mots...

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jeudi 20 juillet 2006

A star is born.

Voilà bientôt deux semaines que nous partageons nos journées avec le fabuleux Lucien. Il apprend très vite et fait des progrès spectaculaires. Bien entendu, il connaît son nom, l'emplacement de son panier et de sa gamelle. Mais il commence aussi à jouer, il a jappé pour la première fois la semaine dernière, il court derrière une balle, la ramène et fait de petits grognements en nous regardant d'en-dessous avec les fesses en l'air. Il marche très bien en laisse et fait ses besoins dehors (presque toujours, il y a encore des accidents la nuit). Il se tient tranquille en voiture, couché à l'arrière. Il ne couine plus la nuit et attend sagement qu'on vienne lui ouvrir le matin.

Jusque là, me direz vous, il n'y a rien qui fasse de lui un chien hors norme, une star... Mais voilà, dès que nous mettons un pied dehors, les gens se jettent sur lui. Non, je nexagère pas. Dans un premier temps, cela nous a surpris, mais nous étions amusés de voir que les passants n'avaient aucun scrupule à nous interrompre dans nos conversations téléphoniques ou à nous arrèter en pleine rue pour le prendre dans leurs bras, comme s'il s'agissait d'un jouet. Aujourd'hui, cela est déjà plus agaçant. Certains se montrent odieux et irrespectueux. Je revois ce type dans les rues de Saint Claude qui s'est jeté sur Neb pour lui prendre le chien des bras (il le portait car il y avait beaucoup de monde) ou à tous ces gens qui s'imaginent tout savoir et qui donnent des conseils bidon à tort et à travers concernant l'éducation du chiot. Et de rajouter en permanence, "vous avez pas fini d'en baver !" comme si je n'étais jamais passée par là. Je repense à cette femme enceinte ce week-end qui l'appelle de loin alors que nous étions au camping et que nous avions laissé le fauve sans laisse. De mon côté, je le rappelle, mais bien entendu, mon Lucien est curieux. Je le suis, pour me laisser dire par l'autre, accroupie en train de gazouiller, que je ne devrais pas laisser mon chien aller vers n'importe qui. J'avais envie de lui répondre que pour une femme enceinte, elle ne devrait pas se laisser lècher par n'importe qui (pour info, Lucien avait gobé une crotte de mouton une heure plus tôt)...

Et Lucien est vraiment une star. La semaine dernière, plusieurs faits étranges sont venus confirmer mes soupçons. A midi, sur la terrasse d'un restaurant excentré, une dame passe près de nous et se penche vers lui. "Bonjour Lucien" lui dit-elle. Grand silence à table, un frisson m'a parcouru. J'avais envie de prendre mon chien entre quatre yeux et de lui demander "D'où tu connais la dame Lucien ? Dis moi d'où tu la connais". Puis ce type qui court derrière moi en fin d'après-midi, son  téléphone collé à l'oreille et qui me crie "S'il vous plaît, c'est quoi comme chien ?". Après ma réponse, il balance à son interlocuteur "Tu vois, je te l'avais bien dit". Inquiétant... Tout le monde connaît Lucien. Lorsque je traverse le parc, des enfants se jettent sur lui "Lucien ! Lucien !". Des touristes bouffent leur cartes mémoire en le mitraillant de flashs. Il va falloir que je songe à lui acheter une paire de lunettes noires.

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Appel à votre mémoire. A ce sujet, si quelqu'un pouvait éclairer ma lanterne : je cherche depuis plusieurs jours le nom d'une série ou d'un film en noir et blanc dans lequel un petit chien avec une tache noir sur l'oeil accompagne des enfants dans leurs aventures.

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mardi 18 juillet 2006

Pause.

ruisseau

Diane avait besoin d'une pause. Souvent les mots de la tristesse sont trop spontanés, trop forts. Souvent on croit qu'on avancera plus et finalement on repart. Il y a des hauts et des bas pour tout le monde. Puis un matin on se réveille et on part pour trois jours randonner dans le Jura.

Avancer physiquement fait relativiser. On réalise que c'est facile d'avancer. Dans l'effort, dans la difficulté d'une pente caillouteuse, on prend conscience de l'importance de faire le pas. Et je fais "tabula rasa". Je recommence de toute façon à zéro. Et les regards pesants de certains n'ont pas plus d'importance que l'ignorance d'autres.

La fraîcheur des cours d'eau sous le poids des arbres. Les prés pelés par le soleil brûlant. Le petit chien blanc qui court dans les sentiers. Les festins sur réchaud à gaz. Les nuits sous la tente en pente, se retrouver toute blottie contre la toile le matin. Les plongeons dans l'eau turquoise de la piscine gratuite. Les randonnées de sauvages avec mille mètres de dénivellé. Les casacades glacées. Les ruelles de Saint Claude lumineuses de chants et de musiques trop fortes le 14 juillet. Trois jours qui ont duré une semaine. Une coupure pour repartir du bon pied...

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mercredi 12 juillet 2006

Dommage.

Prise, je suis prise. Même pas de temps de réflexion de la part de cette femme blonde qui m'a bombardée de questions pendant une demi-heure. Elle m'a mis dans les mains un dossier à bosser, contenant le programme des cours. C'est tout juste si elle ne me disait pas "on se revoit en septembre". Y'a forcément un "hic". Elle a attendu vingt bonnes minutes avant de me laisser entrevoir le "hic" en question. L'annonce ANPE parlait d'un très bon salaire, sur une boîte de formation privée, prépa à de grands concours, que du bonheur... Elle m'a annoncé ce matin qu'il s'agissait d'un poste à deux heures hebdomadaires. Forcément elle me prend. Personne n'en veut. Là où je suis encore plus étonnée par son discours, c'est qu'elle ne me prend(rait) que pour une matière (prépa orale) alors que je postulais pour trois autres matières. Je ressors de son bureau avec l'impression d'être un peu le bouche-trou de service. J'ai eu la curiosité de lui demander pourquoi ils avaient retenu ma candidature pour ce poste. Elle m'a parlé de mon environnement familiale et de mon BAFA. Mes diplômes et mon expérience ne valent rien. Puis, comble du comble, elle exige que je suive une formation sur Lyon ou sur Montpellier avant septembre (déplacements à mes frais bien entendu). Formation qui ressemble plus à une deuxième sélection.

Alors je me laisse un temps de réflexion. Mais je pense qu'il est évident que c'est un piège pour moi. Tout simplement le fait que ces deux heures hebdomadaires si je les accepte peuvent me bloquer un accès à un temps plein d'ici la rentrée.

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Noeud de ventre.

Nouée, mais à peine finalement. Je me rends ce matin à S., plutôt sereine, je n'ai rien à perdre et tout à gagner. J'ai un peu préparé ce que je pourrais être amenée à raconter. J'ai beaucoup de choses à dire, il ne faudra pas que je me montre trop bavarde. C'est curieux comme cet entretien que je n'attendais pas me pose face à un bilan. Ma décision de quitter le lycée est pourtant prise depuis des mois et ce n'est que maintenant que je regarde par dessus mon épaule tout le temps passé. Une petite carrière de huit ans dans l'enseignement, hors des sentiers battus, il faut bien le dire, à cheval sur mes années d'études, souvent un peu par hasard...

Merci à Fred (quel plaisir de te relire!), à Barbara, à Alya, à Neb et à Lucien pour leurs encouragements... Et merde !

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mardi 11 juillet 2006

La bonne nouvelle.

Les vacances sont là, enfin. Mon dernier jour au lycée s'est déroulée sur le ton de l'émotion. Tous mes collègues m'avaient mijoté une surprise de taille. Ils se sont encore éclipsés à la pause de dix heures alors que nous étions en réunion (pour mettre au point les derniers détails), et je n'ai rien vu venir. J'ai même ralé parce que je ne les voyais pas revenir et que j'étais impatiente d'en finir. On triturait pour la Xieme fois le réglement intérieur, pour savoir, entre autre, si oui ou non, on pouvait laisser sortir un élève pendant les cours pour aller faire pipi. Je rappelle que notre lycée accueille des jeunes de quinze à vingt-cinq ans et que ce genre de considération n'a pas sa place. J'ai donc proposé ironiquement de munir tous les profs de rouleaux de PQ l'année prochaine, histoire de mettre fin à un débat aussi futile, puis je me suis intéressée à autre chose.

A midi, nous nous sommes retrouvés autour d'un apéritif, et j'ai eu droit à mon discours d'adieu. Notre cher directeur a salué mes compétences, mon efficacité et le climat de confiance qui s'était établi avec les élèves. Il a insisté sur le fait qu'il faut savoir dire aux gens ce qu'ils font de bien. A ma droite, P. marmonnait à juste titre qu'il vaut mieux le leur dire lorsqu'ils sont en fonction et non pas le jour de leur départ. Puis une ribambelle de cadeaux et de bouquets m'est tombée dessus, avec tablier dédicacé pour garder trace de tout le monde. J'en ai versé ma petite larme, discrète, mais tenace... Nous avons encore mangé ensemble, puis après le repas, chacun est parti de son côté après la série de bises obligatoires... R. et moi nous sommes encore retrouvés pour la dernière fois, presque nostalgiques sur la terrasse de notre troquet...

Depuis, je profite de mes vacances. Ce week-end, Neb et moi sommes allés à un festival qui se déroule dans le village de mes parents. Là aussi, nostalgie. J'ai revu des copains de classe que je n'avais pas revus depuis des années. De vieux fantômes aussi, mais qui ont définitivement perdu de leur capacité à m'effrayer. Nous avons passé la soirée avec le Furet et sa copine (qui est aussi la mère de son fils). J'étais étonnée de voir à quel point elle lui serre la vis. Je ne me serais jamais permis ça autrefois (et même maintenant, j'ai du mal à imaginer qu'on puisse imposer tant de choses à la personne avec laquelle on vit). Elle me demandait même si je n'avais pas ramené la laisse de Lucien pour garder son homme au pied (la meilleure solution pour le perdre d'après moi).

Puis il y a quelques jours, LA bonne nouvelle. J'avais répondu il y a plusieurs mois à une annonce pour un poste intéressant dans cette bonne vieille ville de S. ( que je n'aime toujours pas, mais va peut-être falloir s'y faire). Je ne pensais plus avoir de réponse, et à dire vrai, je pensais simplement ne pas être à la hauteur. J'ai eu la responsable au téléphone ce matin et je passe un entretien demain. Trouille au ventre à chaque fois que j'y pense, mais il faut que j'y aille zen, j'ai rien à perdre. Je croise les doigts... Et merde !

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mercredi 5 juillet 2006

En vrac...

Lucien vient de passer sa première heure seul. Sinon, depuis ce week-end, on le prend avec nous au boulot (je précise que pour ma part, il n'y a bien entendu plus d'élèves depuis quelques jours déjà). Il s'habitue à plein de choses. Il n'aime pas le bruit des voitures et ça ne peut être que positif. Parfois, je me retourne, je le cherche du regard et c'est en fait l'image de Whawha que je cherche... Elle me manque.

Ma mère a fêté son départ à la retraite hier soir. ma soeur et moi avons fait la route pour être de l'événement. Émotion. Elle était belle, elle était grande, face à des masses d'anciens élèves venus la saluer. Je suis petite, je suis loin derrière et je l'admire. Maintenant, sa vie est toute neuve, c'est comme un nouveau départ.

J'ai eu le premier module de ma licence passée par le CNED, avec mention "bien". Le deuxième reste à valider avec le fameux rapport que je dois envoyer avant fin août.

Dernier cours de violon aujourd'hui avant la rentrée. Je me sens enfin à l'aise avec mon prof, mes mains tremblent moins, j'aimerais que ça continue avec lui, mais les paramètres de la rentrée vont être bien différents.

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Demain matin, dernière réunion au lycée, puis je suis en vacances. Vacances. Vacances. Y'a comme un écho.

P. et R. ont voulu marquer mon départ : invitation surprise dans un grand restaurant de la région. Des mets succulents, une salle magnifique avec des baies vitrées donnant sur un coucher de soleil dans les vignes. Comme un rêve, un autre monde. Et eux, plus proches de moi que jamais, qui en viendraient presque à me faire regretter mon choix, juste pour eux. Surtout R., qui est devenu un ami, vraiment, malgré ses "presque vingt ans de plus que moi".

Puis la soeur, partie hier soir pour deux mois, à l'autre bout de la France... Dur dur..

 

Chaleur, chaleur, chaleur. Je me sens anesthésiée, au ralenti, comme passant à côté de moi même. Se succèdent pourtant les restos, les terrasses, les soirées élastiques. J'aime cette nonchalance.

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lundi 3 juillet 2006

Welcome.

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Alors voilà. Après les doutes et les angoisses de la première nuit (pour lui comme pour nous), Lucien s'habitue à sa nouvelle maison. Pour nous aussi, ça représente beaucoup de changements. Quatre ou cinq promenades par jour, la serpillère toujours à disposition, et une boule de poil qui est toujours dans le chemin. Je redécouvre aussi les joies de l'éducation. Répeter sans arrêt les mêmes mots, ne pas céder et constater tout doucement les résultats. Marcher au pied, savoir où est sa gamelle et reconnaître son panier sont les premiers signes positifs. Par contre, nous attendrons encore pour les nuits silencieuses. Je vis mes premiers jours de vacances et je suis au garde-à-vous dès sept heures du mat'. Que du bonheur !

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dimanche 2 juillet 2006

Appel à inspiration.

J'ai craqué. Voilà plus d'un mois que je consulte quotidiennement les annonces-animaux. Whawha me manque cruellement et je pense tous les jours à elle. Aucune intention de la remplacer, elle est irremplaçable, mais il y a du temps et de l'affection à donner. Me voilà en "presque" vacances pour deux mois et c'est le moment idéal pour qu'un petit compagnon s'installe avec nous deux. Je traîne à la SPA depuis plusieurs semaines mais ce sont essentiellement de grands chiens et nous sommes encore en appartement jusqu'à fin août. Donc hier matin, alors qu'une courte nuit nous séparait d'une virée aux Eurocks, nous avons pris la route du Nord pour chercher un petit chien. Officiellement, c'était juste pour le voir. Mais bien entendu, nous sommes repartis avec lui.

Depuis, j'ai du mal à m'y faire. Mon coeur fait des bonds dès que je le vois, il est terriblement craquant, mais il est encore un inconnu pour nous et nous sommes des inconnus pour lui. Impossible en plus de se décider pour un nom à lui donner*. La petite boule de poil est couchée près de moi, il récupère de sa folle première nuit avec nous. Hier soir, invités pour la crémaillère de Jéjé, nous n'avons pu le laisser seul. Il est venu avec nous et l'ambiance délirante déclanchée par la victoire de l'équipe de France ne lui a plu que très moyennement. Puis de retour à la maison, nous pensions que la bête, épuisée par tant d'émotion tomberait dans un coin. Que nenni. Enfermé dans la salle de bain, il a passé des heures à couiner. Les premières nuits sont toujours difficiles, mais j'ai été obligée de mettre un mot d'excuse dans la boîte aux lettres des voisins (en profitant pour les inviter à prendre l'apéro) tellement la bête avait été tenace. Puis ce matin, dès le lever du soleil, Monsieur était au garde-à-vous. Je suis allée le promener, dans les détritus de la veille. Il a fallu contourner les tas de vomis et les bouteilles cassées. Il ne me reconnaît pas, dès que des talons claquent près de lui, il dévie de son chemin, prêt à suivre le premier passant. Il n'aime pas sa laisse, mais il est hors de question qu'il circule sans. Je culpabilise encore énormément au sujet de l'accident de Whawha et je me dis souvent que je n'ai pas été à la hauteur, je n'ai pas su la protéger. C'est ce qui m'a fait attendre si longtemps pour reprendre un chien (alors que tout le monde insistait) et c'est ce que je crains le plus pour cette nouvelle boule de poil : ne pas savoir lui apporter la protection qu'il mérite. Je le regarde dormir à mes pieds et je me fais la promesse intérieure d'être plus que vigilante : intraitable.

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* Un appel officiel vous ai fait pour nous aider dans cette quète délicate d'un nom pour ce chien. Pour vous aider, photo sur fond bleu de circonstance. Il faut que ce soir au plus tard, une décision soit prise, nous ne pouvons pas continuer à ne pas l'appeler.

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jeudi 29 juin 2006

Improvisation.

Une sortie de cours. Il a fallu expliquer encore aux élèves pourquoi j'ai décidé de partir. Certains sont déçus, d'autres vexés, se sentent abandonnés. Puis beaucoup s'en balancent. Je ferme la porte à clé derrière moi, je reproduis les mêmes gestes depuis trois ans. Il y a en moi ce soulagement de fin de journée quand j'avance dans le couloir en faisant claquer mes talons au sol. Une légerté. Je dépose mes clés au secrétariat, je discute encore avec le surveillant, qui me regarde comme s'il me voyait pour la dernière fois. C'est vrai, vendredi matin, je donnerai mes dernières heures de cours. Puis je sors dans la rue, la chaleur du bitume remonte le long de mes jambes nues. Je relève mes cheveux haut sur ma nuque. Chaleur étouffante depuis plusieurs jours. J'aime cette moiteur. La menace toujours suspendue au-dessus de nos têtes d'un orage. Quelque chose d'imminent. Mon téléphone vibre dans mon sac. Je suis conviée par R. à venir le rejoindre sur une terrasse. Encore les talons qui claquent au sol. Quelques centaines de mètres plus loin, je l'aperçois entouré d'élèves. Je m'installe avec eux, le temps d'une mousse, le temps de réaliser aussi que j'ai vraiment envie de rentrer chez moi et que leurs histoires de collants fillés et de pourboire pas laissé me passe très loin au-dessus. Je me lève pour partir et les élèves insistent pour me faire la bise "vous nous devez bien ça, on vous verra plus". Tournée de bisous pour tout le monde. R.vide sa bière et me raccompagne. Sur le chemin, il fait le clown, comme il a su le faire pendant trois ans.

feuillages

Il m'invite à boire encore une bière sur la terrasse en bas de chez moi, où nous avons maintenant nos habitudes tous les deux. Il me répète encore à quel point je vais lui manquer, le vide que va créer mon départ. "je sais, ça va pas être facile pour moi non plus". Nous reparlons de la mauvaise humeur permanente de notre collègue P. et des boulettes qu'il accumule en ce moment. Nous reparlons aussi de cet incident dans ma salle de cours mardi, un portable avait été volé et avant la sonnerie le directeur a obligé plusieurs personnes à fouiller les sacs. (J'avais été scandalisée par la pratique de celui qui nous met en permanence ces trente années d'expérience sous le nez et j'avais quitté ma propre salle de cours). Nous buvons une autre bière et encore une. Je suis étonnée de voir cette "endurance" que j'ai développée. Arrivent Neb homme de moi et Mat' qui me convient à une soirée resto improvisée avec la copine de ce dernier que je n'ai jamais vue. Encore une bière pour attendre que la méchante averse qui nous tombe sous le nez se calme. R. rentre chez lui. Sur le trottoir, les rigoles de l'averse mouillent mes doigts de pieds.

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Un peu plus tard, assise dans un restaurant avec les deux gaillards et Mademoiselle J. : le repas fut bon, mais les discutions inintéressantes se succèdent. Je m'ennuie encore. J'ai mal aux dents. La serveuse est jolie. Crême brûlée aux framboises en dessert. Un sourire, on décolle et la soirée se termine devant une émission du cultissime Jean-Luc. J'aime ces journées d'été où l'on ne prévoit rien et tout se tricote tout seul. Ce soir d'ailleurs, une surprise de départ me pend au nez. P. et R. m'ont simplement donné rendez-vous sur notre terrasse, je ne dois pas mettre de baskets et être disponible toute la nuit. J'aime les surprises. D'ici là, encore un gros chèque à faire au garage, un détour chez le dentiste et à la SPA.

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