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Diane Groseille
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14 mars 2007

Courte folie.

En salle des profs, hier matin...
"-Tu étais en colère hier soir...
- Je le suis toujours aujourd'hui...
Silence
-J'aime bien, je trouve que ça te va bien..."
Silence.
Sourires.
Joues probablement rouges.

***

noeuds_sur_ciel_bleu

La tête pleine de noeuds. Des petits noeuds bien serrés qui emplissent tout l'espace et qui correspondent à des idées toutes compliquées de toutes les couleurs. De belles idées sur lesquelles j'aimerais vite mettre des mots, mais le temps me manque. Il y a des avancées, des coups de gueule qui laisse une fierté derrière soi, de la lumière et des arbres roses et blancs.

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15 mars 2007

Light.

Départ de l'homme ce soir.
Il avait le sourire qu'il n'a que rarement les derniers temps
(et les derniers temps durent).
J'ai un sentiment de liberté et de légèreté.
Je suis rentrée de mon dernier cours,
mes pas crissant dans le gravier,
le parfum des arbres en fleur.
Des projets pour le week-end :
musique, cinéma, soeur, sorties, copains pas vus depuis longtemps, famille...
Une heure de cours seulement demain.
Puis sac vidé auprès de ceux qui me cassaient les ovaires depuis des mois.
Alors renforcement du sentiment de légèreté.
Et un petit chien blanc qui dort dans son panier
et qui va me tenir compagnie sur les quatre jours à venir.

en_rouge

1 mars 2007

"Crie le bien fort, use tes cordes vocales"

J'écoutais Lou Doillon hier soir sur Canal + parler de son journal intime, de ses lectures, des écrits que lui ont laissé ses parents, de la valeur des mots. Elle disait aussi que l'on écrit que lorsqu'on est triste, que l'on écrit mieux quand on est triste.

Et je me dis que ces pages virtuelles ici doivent continuer d'exister. J'écris plus ici que ce que je ne notais dans mes carnets. Davantage d'anecdotes, de regards jetés autour de moi. Mais moins d'introspection, moins de détails sur la précision de ma vie, les noms, les dates. Toujours cette peur de me dévoiler. Se savoir lue transforme les mots et les thèmes abordés. Je voulais, il y a trois ans bientôt, à mon arrivée ici, faire de ce blog un "journal". Je trouvais merveilleuse cette formule proposée. Les lecteurs ne faisaient pas peur, ils peuvent juger mais ils sont loin, ils ne me connaissent pas, alors on est libre. Mais je me rends compte que finalement, leurs commentaires, leur simple passage sur mes pages modifie mes mots... On se veut pertinent, on veut le mot juste, celui qui fait sourire, on veut le succès. On veut tout ce que l'on a jamais recherché dans son cahier clairefontaine à grands carreaux qui ne s'adressait qu'à nous. Et pourtant, je m'écris à moi même.

Trois ans bientôt et déjà le sourire et la nostalgie en relisant certaines notes qui sont bien loin de moi. Les débuts avec Neb, certaines décisions qui ont fait prendre des virages à 180 °, les souvenirs de Whawha, les coups de gueules, les coups de fatigue...

fleur_de_paille

Alors on continue à pousser la voix, on reste là et on aligne les mots, la fluidité de la vie, quoi qu'il en soit, même si on se sent toute petite sur cette toile qui recouvre la planète.

28 avril 2007

Comment sauver une vie.

Ou "Ce qu'il fallait dire le premier jour".
***

artifice

Parfois, je suis trop pleine, débordante d'émotions, de mots, de sensations. Des éclairs. De choses qu'on ne peut pas expliquer avec des mots, qui ne pourraient que transparaître ou transpirer dans des divagations verbales, et encore, à la limite...

Parfois, c'est comme un souffle éphémère et si puissant qui me traverse, qui me gonfle comme une voile, qui me rend exponentielle, emplie d'une force d'existence. Parfois c'est comme la vibration d'une guitare électrique. Parfois c'est la chair de poule d'une seconde.

Parfois, c'est une voix, des notes de musiques, la volonté de se rattacher à un moment, parce qu'on sait bien qu'il est unique et magique.

Parfois, c'est juste le contraste avec de grandes parenthèses vides et transparentes, soudain, un éveil.

Parfois, c'est une envie de hurler, de courir, de sauter, de danser, de s'oublier, de serrer quelqu'un fort dans ses bras, à l'étouffer.

Parfois c'est une ivresse, un moment de grand soleil éblouissant, des sourires gratuits et fragiles, faciles, la certitude que ça peut être éternel, le goût de la bière sur ma langue, sur mes lèvres, l'herbe humide sous mes pieds, ses doigts sur ma peau, la plénitude.

Parfois, ça ne prévient pas, vous êtes là, en train d'attendre quelqu'un devant une bibliothèque, ou en sortant de huit heures de cours, ou devant votre glace le matin, et ça vous traverse comme une lance.

Parfois, c'est logique et précieux comme une pierre brillante qui roule sur votre parquet. Comme dans un rêve.

Parfois, vous voudriez arrêter le moment, le fixer sur du papier photosensible ou vite le dire aux gens qui sont près de vous, que c'est en train de vous arriver, que c'est là, maintenant, est-ce qu'ils le voient ? est-ce qu'ils le sentent ? mais ils ne comprendraient pas.

Parfois, ça vient de très loin, rupture de l'espace temps, téléportation, ubiquité. De pays que vous n'avez jamais visités, de périodes si lointaines. De cette maison, de ce jardin où vous êtes allés jouer une fois quand vous étiez petite, avec un enfant qui n'était même pas un ami. De ce champ de maïs à perte de vue derrière la maison de la gardienne. Il y a vingt-cinq ans. Il est toujours là.

Parfois, c'est cette odeur de javel qui vous emplit les narines, venue de nulle part, de votre imagination, et pourtant bien présente. Depuis l'enfance. Toujours surprenante.

Parfois. Le plus souvent en fait. Tout part de la lumière. De sa verticalité ou de son horizontalité. De son inclinaison. De sa force ou de ses nuances. De ce qu'elle peut transmettre. De ce qu'elle peut réciter à votre oreille. Certainement magique.

corbeau

 

Parfois. Divagations...

28 avril 2007

Fait pas si divers.

L'Alsace, quotidien de ma région, relatait il y a quelques jours un fait divers qui a alerté ma curiosité et piqué ma sensibilité. Il s'agit d'une histoire classique, un homme qui promenait son chien avec une laisse automatique, et qui, sans doute à cause d'un moment d'inattention, a vu une voiture passer sur son fidèle compagnon et le tuer. Jusque là, malheureusement, tout est plutôt banal pour la plupart des lecteurs (notamment tout ceux qui n'ont jamais perdu un animal, d'autant plus tué par une voiture). La suite est moins anodine. Le maître de l'animal mort, réalisant la situation, s'est jeté sur le véhicule, en a brisé une vitre (à mains nues sans doute) et a fini par frapper le chauffeur. Résultat des courses : le maître du chien (paix à son âme) passera devant un tribunal très prochainement pour rendre des comptes. Bien entendu, le chauffeur devient ici la victime, et n'aura en aucun cas à se justifier. Imaginons une seconde ce qu'aurait risqué ce même chauffeur si son inattention au volant avait dû tuer un enfant. Je sais bien que beaucoup d'entre vous ne me permettront pas cette comparaison... Tant pis, je l'ose. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent dans quelles conditions j'ai perdu ma petite chienne Whawha. Le chauffeur est parti quelques minutes après avoir tué ma compagne de six ans, sans me laisser la moindre adresse ou numéro de téléphone, et sans que cela ne choque toutes les personnes en présence. Je suis rentrée chez moi ce jour là avec mon chien dans un sac poubelle et ma culpabilité en bandoulière. Ce n'est que plus tard que je me suis demandé pourquoi il n'avait pas eu de compte à rendre. Et pourquoi tout le monde trouvait ça normal. Je soutiens donc ouvertement ce Strasbourgeois et je comprends son attitude.

Pour ceux qui voudrait mieux comprendre, le récit ici de la fin de Whawha.

coup_de_pouce

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24 mars 2007

Panser ses blessures. Juste respirer.

De la lecture qui me déçoit, ici et ailleurs, plus envie de ces mots là, fades et récurrents. Comme les miens trop souvent encore les derniers temps. L'acidité de la groseille a trop souvent un goût d'édulcorant de synthèse. D'autres phrases font mal, on aimerait être utile/réel, pouvoir réagir autrement que par ses propres mots qui restent si futiles face à tant de détresse. Je parle d'une vraie peur, pas celle relayée gratuitement par tant de supports, sur l'immensité de la toile, comme autant d'appels au secours pour rien, dans un monde ou chacun veut exister plus. Juste chouiner.

Alors aujourd'hui, pendant que les nuages presque noirs défilent au-dessus de nos têtes dans un ciel écran, je me suis affairée dans ma nouvelle cuisine aux murs rouges. Tarte aux légumes et petits gâteaux-nuage au fromage blanc et à la poire. Maintenant. Arrêt sur image. Il y a comme une tranquillité autour de moi, celle que je recherchais sur les longues journées de cette semaine trop rapide. Il fallait que je m'arrête un instant, regard circulaire et à l'intérieur de moi. Mes yeux comme des cicatrices.

cicatrices


7 mai 2007

Je dis "aime" et je le sème, sur ma planète.

J'aime les gens.
J'aime regarder les mamans qui essuient les mains de leurs enfants dans la rue.
J'aime voir le sourire d'une vieille dame quand elle traverse un passage piéton devant ma voiture.
J'aime entendre les gens de ma région parler en dialecte, souvent fort et avec des éclats de rire.
J'aime aussi, au détour d'un rayon de supermarché, entendre les sonorités exotiques et mielleuses d'autres pays.
J'aime les plus jeunes, leur façon de s'exprimer, les efforts qu'ils peuvent faire pour entreprendre, pour être accepter et reconnus.
J'aime ceux qui essayent, alors que tout le monde leur dit que c'est pas la peine.
J'aime ceux qui travaillent, avec leur corps, avec leurs tripes, avec leurs coeur.
J'aime voir la patience, le calme, la tranquillité, l'humilité et la discrétion de certains.
J'aime aussi les coups de gueule justifiés, la révolte qui gronde pour certains, la force de dire merde et d'affirmer les choses bien haut.
J'aime ceux qui se battent, pour une liberté, pour un idéal, pour une utopie.
J'aime ceux qui protègent, qui aident, qui, sans aucune révolte, avancent avec les plus faibles.

J'aime Hugues. Il vit dans mon quartier, il est originaire de la Réunion et il parle avec tout le monde. Le samedi matin, il se fait beau, parce que dans mon quartier, il y a le marché. Et Hugues, il va voir tout le monde, il parle avec tout le monde, il aime tout le monde. L'autre jour encore, il me disait comme il était triste parce qu'ici, les gens se sentent si vite agressés, le prennent pour un SDF, un mendiant, un voleur, un violeur. Hugues veut juste parler avec les gens, il est à la retraite, c'est peut-être sa seule richesse.

J'aime cette femme qui vient tous les soirs au lycée, mettre de l'ordre dans les salles de classes et dont le sourire, dont les éclats de voix laissent oublier le voile qu'elle porte et qui pourrait encore (peut-être plus que jamais) déranger certains.

J'aime les gens, avec leurs forces et leurs faiblesses. Avec leurs couleurs, leurs différences, leurs identités. J'aime la richesse de notre culture, faite de toutes ces différences. J'aime voir, derrière le regard de chacun, son passé, ses richesses, ses paysages et ses parfums.

Bien sur, parfois, je les aime moins. Quand ils laissent leurs poubelles dans les escaliers, quand leurs méchants chiens viennent attaquer mon Lucien, quand ils roulent comme des cons, quand ils frappent leurs gamins en pleine rue. Mais ce ne sont que des détails comparés à ce souffle qui émane de chacun de nous.

J'aime voir comment le visage fermé et craintif d'une personne peut s'ouvrir quand on lui donne un sourire, ou un mot gentil.

Hier, les français ont choisi un président qui ne me représente pas (ma personne, mon métier, mes idéaux). Un président qui n'aime pas les gens, qui fait gonfler la peur, l'indifférence, le mépris et la violence en chacun de nous. Des sentiments qui l'animent d'ailleurs lui-même. Depuis hier soir, je baigne dans l'incompréhension et l'écoeurement. Je regarde mon prochain (dans la rue, dans mon immeuble, partout...) en me demandant, de quoi avait-il si peur pour en venir à ça ? Et je me demande surtout où ce choix va nous mener ?

barbecue_bleu

20 avril 2007

Etranges espèces...

Je me décide enfin à mettre en ligne les photos de ce que je n'ai pas su identifier dans mon jardin. Le Monsieur qui s'en occupait n'y est pas revenu depuis presque deux ans. Il avait planté de nombreux arbres fruitiers, mais il y a plusieurs trucs un peu particuliers que je n'arrive pas à classer. A vos com'...

mauvaise_herbe
Une première plante qui a failli partir dans le débrousaillage,
elle reste au ras du sol,
elle présente des feuilles longues et rouges.

cerise
Un arbre fruitier que je ne parviens pas à identifier.
Il ressemble à un cerisier, mais ses branches montent trop vers le ciel.

chou
Une espèce de chou,
planté au pied du  pommier,
qui est monté en petites fleurs blanches depuis la photo.

cocc_
Un pêcher me semble t-il,
mais je ne suis pas sûre de mon coup.

figues
Figues ?

groseille_framboise
Framboisier ?

28 avril 2007

H2O. Enfin.

Hier soir, premières gouttes de pluie depuis des semaines sèches.
Sont venues s'écraser sur la ville.
Odeur métalliques et minérales.
Parfum de libération.
Et ce matin, en longeant la place du marché
bondée de sourires, de couleurs, de parfums et de ragots,
j'ai senti mes mains moites,
et mes cheveux boucler par cette humidité
encore en suspension dans l'air.

Pas d'alarme et pas de surprise

Silence, silence

J'aurais une vie tranquille

Une si belle maison, un si beau jardin.

gros_plan_romarin

11 mai 2007

Blondinettes. Pas si midinettes.

En deux jours, un peu par hasard, je revois ces deux films, si semblables, si forts :

Un été en Louisiane (the man in the moon)

200px_Man_in_the_moonposter

et

My Girl

my_girl_ver2

J'avais souvenir d'images, d'univers, de jupes qui tourbillonnent, de tubes motown, de plongeons dans l'eau sombre un jour de grande chaleur, de mains qui glissent sur le bois poli, de premiers baisers, de secrets doux comme du velours. J'avais souvenir de films légers et enfantins. Ils sont tous deux lourds d'émotions et de drame. On en ressort fort et déstabilisé à la fois.

4 octobre 2006

Transmission.

oeil

Je suis à la une de canalblog, première page, une fois de plus.
C'était déjà arrivé il y a bien longtemps. Je ne vois pas trop pourquoi...
Je fais partie des doyens peut-être.
Je ne vois pas d'autres raisons, les écrits du moment sont à nouveau insipides et sombres.
Une complainte, un chant sinistre et égocentrique.

Pour relayer les choses,
pour étirer le fil,
pour souffler sur le courant d'air de mes visiteurs,
je veux prolonger ce partage vers ceux que je lis,
silencieusement depuis des mois,
voire des années,
ceux que j'admire,
ceux qui m'inspirent,
ceux qui éveillent en moi ces petits grains de bonheur chaque jour.

Tout d'abord, il y a Christie, qui est sans doute sans le savoir celle qui m'apprend le plus,
ses plantes, ses filles, ses listes, sa façon de croquer la vie, son courage et sa simplicité malgré un côté un peu bobo.

Puis il y a cette jeune fille bien, qui n'est pas toujours si lisse et si parfaite et c'est pour ça que je l'aime, ses dessins, ses coups de gueules, sa façon de faire passer le mot, sa vulgarité qui sait se faire intelligence, sa sensibilité qu'elle ne peut pas camoufler.

Il y a aussi Eddie, qui est dans mes liens depuis longtemps, que je redécouvre les derniers temps, fragile et forte à la fois, dont les mots savent être enfantins et poétiques. Je la vois sur son vélo, pédalant contre vents et marées...

Il y a lui et ses photos, que j'aime, non pas pour les femmes parfaites qu'elles mettent en scène, mais pour la lumière et les courbes.

Il y en a d'autres, certains discrets, certains provocants, certains distants, certains bavards. Il y a un monde de virtualité et de connaissances, de magie et de puissance. Je les remercie, tous, qui participent sans le savoir au kaléïdoscope de mes lectures, au fleuve de mon écriture, qui coule depuis plus de deux ans, ici et ailleurs...

19 octobre 2006

De la fierté en papillottes.

Je suis rentrée hier soir, après huit heures de cours, les rotules frottant le parquet. Un imbécile frappait le côté gauche de mon crâne avec un gros marteau métallique et je sentais mon coeur battre trop fort dans ma poitrine, sans raison. La maison était vide. Neb était parti tirer des fils pour rendre service à un ami. Mon chien est chez ma mère jusqu'à la fin de la semaine, pour ne pas rester seul ici des heures durant.

J'avais parlé toute la journée. D'ailleurs le son de ma voix résonnait encore de façon insignifiante dans ma tête, comme une chanson stupide dont on arrive pas à se débarrasser. La nuit est tombée vite, sans que je ne m'en rende compte, alors que j'essayais de me concentrer sur ce que ma mère me racontait au téléphone. Ma mère est à la retraite, elle se tait toute la journée. Le soir, elle a besoin de parler. Après, je me suis fait cuire deux oeufs et j'ai réchauffé un peu de riz qui restait au frigo. J'ai pleuré en regardant le blanc des oeufs se figer dans la poêle. Parce que j'étais fatiguée. Parce que j'étais seule. Parce que tout va trop vite. Sans raison en fait. J'ai mangé sans vrai apétit, en écoutant les nouvelles du jour dans la bouche de David Pujadas. Et automatiquement, vers huit heures et demi, sans même penser à l'incohérence de la situation, je suis montée me coucher. Je me suis endormie avec cette idée récurrente les derniers temps : j'aime ce que je fais, j'aime enseigner, je suis contente, je suis fière de moi, j'y suis arrivée...

vieux_livres

11 novembre 2006

Come Back.

Attention, ils reviennent: Les marchés de Noël. Quelques jours de tranquillité encore, et les rues vont à nouveau se charger de ce flux dégueulant de badauds à bonnets de père Noël clignotants. Il va à nouveau faire jour toute la nuit, de ces milliers d'ampoules qui restent allumées en non-stop de mi-novembre à fin-janvier. Il va falloir à nouveau se gargariser des petits chants de Noël sifflés par les haut-parleurs à tous les coins de rues. Il va falloir soigneusement éviter les zones à risques et faire preuve de fins stratagèmes pour se garer. Heureusement, le mois prochain, nous ne sommes plus là, à peine plus loin, mais ce sera tellement mieux, tellement plus calme, tellement moins "marché de Noël en perfusion"...

etoiles_noel

Tout cela pour vous faire découvrir ce "talent" régional, il a tout compris...
(à regarder en entier, même si l'accent vous fait fuire, c'est fait exprès)

etoiles_noel_II

1 décembre 2006

Eclairages.

dans_la_lumi_re

Ce reportage sur la mort de Jim Morrison hier soir, qui me fait faire un bond de dix ans en arrière : sa voix, ses gestes et toutes ses mélodies. Bien que l'enquête (et par conséquent le reportage) soit trop courte à mon goût, je retrouve ces images d'archives qui ont fait rêver l'adolescente que j'étais...

***


dans_l_ombre


Un Nicolas Sarkosy trop sure de lui hier soir dans "A vous de juger". Le ton de sa voix et ses gestes ne laissent aucune place au doute, à la petite erreur, à l'hésitation. Chaque étape est calculée, chaque clignement de paupière, c'est un homme plastifié et manipulateur, trop parfait qui apparaît sur mon écran. Jusque dans ses petits sourires d'auto-satisfaction il me refroidit. Et cet homme pense que le respect, dans une salle de classe passe par des élèves qui se lèvent à l'entrée de leur professeur. Bienvenue dans la quatrième dimension.

***


N.B.: vous aviez sans doute compris le principe, mais j'avais envie depuis quelques temps de lancer mes coups de coeur /coups de gueule sur mon blog, même si c'était souvent déjà fait de façon plus désordonnée. Ce sont bien entendu des personnages ou des faits médiatisés qui seront dans ma ligne de mire (je garderai mes grincements de dents contre ma soeur et mes collègues pour d'autres messages). C'est maintenant officiel, le ruban rouge est coupé et j'espère pouvoir m'y tenir hebdomadairement...

18 janvier 2007

Goutte-à-goutte.

plage_rougeUn silence. Un moment qui file s'en que je m'en rende compte. On court après des factures, des échéances, des délais. Notre appartement est encore un champ de bataille, mais doucement il (re)prend vie. Nouveau parquet posé dans la cuisine. Nous avons mangé froid pendant trois jours et fait la vaisselle dans le lavabo puisque tous les meubles étaient déplacés. J'ai l'impression de bivouaquer. L'image me revient de ces cabanes que ma soeur et moi construisions étant petites en pleine forêt. Nous posions la nappe sur la petite table faite de branchage avant même d'avoir un toit sur nos têtes. Je retrouve ici ces incohérences. Une tentative désespérée pour trouver un peu de confort, quelques repères dans ce capharnaüm. Petits bouts par petits bouts, on avance. Une petite satisfaction de chaque jour.

 

Tout en travaillant. Comme un fantôme, partir tous les matins, prendre la route, au radar. Je prends d'ailleurs beaucoup de plaisir auprès de mes classes. Il y a du partage, du respect, une vraie motivation. Pourvu que ça dure.

 

Et toujours la Martinique derrière moi, qui souffle un vent tiède sur mes jours.

5 décembre 2006

Notre Noël.

Voilà qu'arrive à grands pas la période douce des petits gâteaux de Noël, de la décoration du sapin, cette chaude parenthèse où l'on vit chez soi la préparation des fêtes, avec les gens qu'on aime, dans le calme. Non, je ne parle pas de cet esprit de Noël corrompu qui consiste à courir dans les rues, affublé d'un bonnet de père Noël-clignotant-qui-chante avec un code barre collé dans le dos, à la recherche du truc le plus cher et le plus fashion qui saura convenir à votre petit neveu pourri gâté...

petite_venise_colmar

Quoi qu'il en soit, je vais passer à côté. Jeudi matin, nous signons ENFIN pour notre nouvel appartement (si tout va bien). Cette période censée être magique va donc nous faire découvrir une autre magie, les boules et les guirlandes vont être remplacées par un défilé de cartons, d'outils en tous genres, de lames de parquets et de pots de peinture. Et je ne parle pas de toutes les formalités administratives qui accompagnent un changement d'adresse... Puis je pars en fomation de formateurs la dernière semaine de décembre, juste coincée entre Noël et Nouvel An. Vous comprendrez donc que je vais me faire fantôme pendant les trois prochaines semaines. Joyeuses fêtes à vous !

5 décembre 2006

Eclairages II.

dans_la_lumi_re

charlotte

Charlotte Gainsbourg dans ce film merveilleux hier soir Love, etc., très bien entourée il faut le dire, mais si émouvante, et toujours si belle, singulière.

***


dans_l_ombre

300px_Football_PSG_Caen

Ce supporter de foot l'autre soir, qui lâchement, le visage "flouté", raconte à quel point il aime tabasser, et qui rajoute que c'est même la seule raison pour laquelle il se rend dans un stade. Et ce qui me choque, c'est le plan de la caméra sur les décorations de son sapin de Noël en arrière plan, pour bien nous faire comprendre, que oui, ce fou est un être humain et qu'il a une vie de famille (pauvre famille!)

13 décembre 2006

Pied de biche et rouleaux.

La cloison est tombée dans un grand fracas de poussière, la lumière est entrée, se glissant entre les débris, poussant les murs, gonflant l'espace. La peinture sur la tapisserie est venue sublimer les rayons du soleil. Le lames de parquet au sol  ronronnent d'une couleur mielleuse.

Je me suis couchée par terre et j'ai fait glisser mes mains sur les veines du bois. Je me suis mise dans tous les coins de l'appartement, pour l'observer sous tous les angles. Nous avons travaillé sans arrêt les quatre derniers jours. Les aller-retours entre les deux appartements se succèdent, les bras chargés de cartons, de pans de meubles. Toute cette agitation fut l'occasion de règlements de compte familiaux. Les absents ont toujours tort. Et au milieu de tout ça, il y a toujours quelques heures de cours, que je donne avec la tête ailleurs. J'apprends au hasard d'une conversation avec une collègue (dont j'ignore jusqu'au nom) l'heure d'une réunion à laquelle je n'avais plus pensé et à laquelle je n'assisterai pas. Je m'excuse à peine auprès de mon directeur. Il ignore de toute façon le sens du mot "respect". Les tracas du quotidien me dépassent. Je suis au dessus, au quatrième étage d'une petite résidence, dans la lumière et l'impatience.

toit_grand_rue_1

toit_grand_rue_2

toit_grand_rue_3

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[ Les toîts que je quitte à la fin de la semaine.
Je n'aurais décidément pas su m'attacher comme il aurait fallu à cet endroit. ]

26 janvier 2007

Coup de vieux.

A l'instant, un nouvel élève. On évalue le niveau et on en vient à une dissert' imposée sur la citation de Musset " Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots".  Je vois bien que ça lui percute pas le cerveau. Je lui parle de Baudelaire, de Rimbaud, d'Apollinaire, des poètes maudits... Mais toujours rien. Puis ça me vient, je lui dis :
" -c'est comme pour la musique, tu écoutes quoi toi ?
- Ben euh... Du rock quoi...
- Ouais, mais quoi en particulier ?
- Ouais, beuh, hein, ça m'étonnerais que vous connaissiez, c'est pas la peine...
-.... (regard insistant)
- Ben j'aime bien Nirvana, mais bon, y'a pas de rapport, puis vous connaissez forcément pas...
-... (coup de batte de base ball accompagné d'un bruit sourd que fait le "coup de vieux" qui vient sournoisement vous claquer la nuque)

Un instant. Je revois ma meilleure amie de l'époque arriver en larmes sur les trottoirs du lycée ce matin d'avril 94. Je nous revois, tous, moi et ma clique, couchés dans les prés, écoutant les paroles nerveuses de Kurt nous labourer le cerveau alors que nous tirons tous sur nos cigarettes, pour faire comme les grands... Je me souviens de cette violence positive que Cobain a su faire couler dans mes veines.

Puis je regarde mon gaillard, droit dans les yeux...
"- ... Et pour toi, un type dont la devise est "I hate my self and I want to die", c'est pas représentatif de ce que j'essaye de t'expliquer depuis vingt minutes ?"

C'est à son tour de laisser place à un silence à la fois étonné et admiratif...

Non, mais je vous jure, y'a plus de jeunesse !

kurt_cobain_awesome_

20 janvier 2007

Mon monde de bisounours.

Je voudrais que tout le monde soit gentil. Que les gens aient le sourire toute la journée. Que la politesse soit une logique pour tout le monde. Que la violence n'existe pas. Qu'on arrête l'intolérance, la guerre, les ventes d'armes. Qu'on soit heureux, tous, d'une certaine façon, chacun différemment. Que les choses soient plus simples. Qu'il y ait moins d'inégalités.

Je voudrais que notre planète souffre moins de nos modes de vies. Que chacun prenne conscience de l'impact de ses choix de vie et de ses gestes. Que l'on se responsabilise davantage. Qu'on arrête de faire les choses juste pour appartenir à un groupe ou pour donner une bonne image. Les faire juste parce que c'est bien et c'est bon pour tout le monde.

Je voudrais arrêter de comparer. Donner moins d'importance à mon image, plus d'importance à mes actes. Arriver à être au-dessus de toutes ces préoccupations futiles. Ne pas accorder d'importance à tout. Profiter de chaque instant. Faire de ma vie quelque chose de beau, d'essentiel, en la tournant davantage vers celle des autres.

Bisounours480

Mais ça ne fonctionne pas comme ça.
Simlple petit rappel, imaginons...


Bisounours480"Le monde entier est un village global. Imaginons un instant que ce village soit composé de 100 habitants, il y aurait :
            

- 59 asiatiques
- 14 africains
- 14 américains
- 13 européens

Il y aurait également 51 femmes , et 49 hommes.

On compterait 50 enfants de moins de 15 ans.

20 personnes (uniquement des hommes), possèderaient 80% du village et de ses richesses. Une femme seulement possèderait sa propre terre.

Entre 5 et 6 femmes auraient subi un viol.

42 personnes ne boiraient jamais d'eau potable.


50 personnes vivraient au sein même du petit village, 50 autres seraient éparpillés aux alentours.

33 habitants vivraient une situation de conflit armé, dont 23 seraient des femmes.

5 hommes et 1 femme seraient militaires, policiers, ou gendarmes.

5 enfants travailleraient dans des conditions d'esclavage et 1 petite fille serait employée de maison sans être rémunérée.

60 personnes sauraient lire, écrire et compter. 40 seraient des hommes.

50 habitants pourraient avoir accès aux soins de santé.  20 personnes auraient accès à un ordinaeur , dont 15 connectées à un réseau de type internet.

1 personne serait considérée comme riche, c'est à dire possèdant plus de richesses que nécessaire pour assouvir ses propres besoins et ceux de sa famille. Elle possèderait à elle seule 50% du village et de ses richesses.

80 personnes auraient une religion, dont 40 seraient forcées de la pratiquer (sous la contrainte ou de par la coutume), et 20 autres ne la pratiqueraient pas. En outre, 5 personnes la pratiqueraient malgré des risques pour leur survie.


La bibliothèque du village ne serait accessible qu'à 24 personnes, les autres en seraient interdites. Le cinéma serait visité chaque semaine par 1 personne, toujours la même.


L'électricité serait coupée environ 50% du temps, faute de moyens. 30 personnes gaspilleraient 90% des ressources naturelles et énergétiques du village.
5 personnes seraient déjà parties en vacances. On prévoierait que 10 personnes au total le feraient d'ici 5 ans.

Etc, etc... Les chiffres peuvent ainsi s'étaler sur des pages et des pages. Ils permettent parfois de remettre en perspective chacun de nous sur notre planète, et de mesurer ce que nous sommes, nous les humains."

23 janvier 2007

Ne me secoue surtout pas, car je suis plein de larmes.

Fatigue. Les semaines difficiles se suivent. Pas de cuisine depuis trois jours. Comme la semaine dernière. On jongle avec les éléments, on replace, on déplace, on branche et on débranche. Puis huit heures de cours tous les jours. Et encore des cartons dans le passage qu'il faut enjamber quand on rentre le soir en traînant les pieds.

Fatigue ce week-end. Plus envie d'attendre que ça veuille bien marcher. Plus envie de contourner. Pas envie de faire semblant. A fleur de peau (ça pousse où les fleurs de peau d'ailleurs ?). Les mots de mon père me blessent. Deux fois. Soirée chez ma soeur en famille. Je me sens loin. Pourtant je les aime tant. Puis il faut se séparer de Lu, parce que la semaine est encore plus longue que la précédente et que c'est mieux pour lui. Sursaut d'égoïsme, on a tellement envie de le retrouver en rentrant le soir. "C'est mieux pour lui, on te dit". Heureusement, il y a ce mur qui est devenu rouge.

Grosse fatigue aussi ce matin. J'ai retrouvé la balance sous le lit. Elle avait disparu depuis notre arrivée ici. Et ça tombait bien pour ma mauvaise conscience. On mange froid, on mange gras, et on se dit toujours qu'on y pensera plus tard, qu'on fera attention. Puis ce matin, à cinq heures et demi, je suis montée sur la balance. Six kilos. En plus forcément. Pas grave me direz-vous. Curieusement, juste après, j'enfile mon pantalon, celui que j'aime bien, confortable, noir avec des rayures blanches. Et la fermeture craque sous mes doigts. Comme si le fait de monter sur la balance perdue depuis des semaines m'avait fait prendre six kilos d'un coup.

Et la fatigue tous les matins au réveil, parce que mes rêves sont presque plus forts que la réalité, tellement teintés de réalité. L'autre jour, il avait ce nourrisson mort qui sortait de moi. Puis cette nuit, toutes ces portes "tricotées" de bois qu'il fallait pousser pour avancer, pour aller nulle part. Toutes les nuits, au lieu de dormir, fatiguée.

Et les heures de cours se faufilent sous ma peau, derrière mes paupières. Je n'entends plus ma voix qui résonne contre les murs. Je vois mon stylo rouge filer sur des copies. Je croise des collègues dont je ne connais toujours pas les prénoms mais dont les sourires sont sincères. Je suis imperméable, comme le ciré de Mimi Cracra. Je me plais à trouver toujours le mot juste. Ce sont les élèves qui m'importent, qui me font respirer et ce qui peut se passer dans une salle de classe est parfois si magique que tout le reste n'a plus d'importance.

Et la neige, et la neige, et la neige.

marilou_sous_la_niege

1 février 2007

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Diane Groseille sans jamais oser le demander.

Je traîne ici depuis deux ans et demi. Régulièrement. Comme un QG de moi-même. Un repère. Et vous en savez si peu sur moi... Qui peut se vanter de me connaître ? Vous savez ce qu'il y a à l'intérieur, c'est le plus important sans doute. Mais ce n'est peut-être qu'un leurre. Alors aujourd'hui:  révélations.

pierreries

J'ai vingt-huit ans. Vingt-neuf dans deux mois. Presque trente. Waouh.
Mon vrai nom n'est pas Diane. C'est un pseudo, je vous en bouche un coin, je suis sure.
J'enseigne le français (et accessoirement le latin, le théâtre, l'histoire-géographie, et même les maths) depuis une dizaine d'années. Depuis septembre, j'encadre une bonne dizaine de classes de BTS et je m'éclate.
J'ai un frère, une soeur, un papa et une maman, un Neb (mais ça non plus c'est pas son nom, vous l'aviez deviné ?) et un Lucius. Quelques amis, mais qui se font rares, parce que c'est comme les plantes vertes, ça s'arrose, et moi, souvent j'oublie. J'aime pas téléphoner, ça aide pas.
Je vis en Alsace, et j'aime bien cette région, qui je le rappelle pour les Thierry Roland de passage est en France et non en Allemagne.

J'ai jamais précisé tout ça, et je laisse planer le mystère sur tout un tas d'autres points, par peur d'être reconnue, parce que sans doute que je ne voudrais pas être lue par mes proches. Sans doute que si je me savais lue par eux, je n'écrirais pas de la même façon. Je suis toujours restée prudente, et sans doute que certains me diront que c'est mieux avec le voile. Si vous avez des questions...

30 janvier 2007

Torturée.

J'ai seize ans. Il est là, toujours près de moi. Je ne sais plus très bien quand il apparaît, mais soudain, il occupe tout l'espace. Ses boucles blondes et ses yeux bleus m'envoûtent. Il n'y a plus que ça qui existe. Tout le reste n'a plus aucune importance, les cours, mes amis, ma famille, ma raison. Et je ferais tout pour qu'il me voit, jusqu'au plus absurde. Lui, il joue. Il voit bien que je suis là, à m'agiter et ça le fait sourire. Je revois ce jour gris. Il est là, dans la cour du lycée, sa veste noire, ses yeux de glace, il tient mes deux mains dans les siennes et me dévisage. Il m'explique des choses que je ne veux pas comprendre, trouve des excuses, dit que c'est trop compliqué. Rien n'est compliqué quand on a seize ans. Pourtant tout est question de vie ou de mort. Je ne veux pas le croire. Toutes les couleurs qui m'entourent laissent place au noir et blanc.

Puis les mois qui suivent sont malgré tout teintés de lui. Il est toujours près de moi, il joue encore, avec mes nerfs, avec ma patience, avec mon innocence : je suis sa poupée. Il met juste quelques gouttes d'huile sur mon feu pour qu'il ne s'éteigne pas. Je perds la raison. Je le veux et lui il joue. Je nous revois, lui, moi et les autres, dans ce bar où nous comptions les heures de cours séchées, des journées entières, à fumer, à nous interroger. Le disque de Live tourne en boucle, les notes s'inscrivent en moi, comme celles de la douleur. Verre de grenadine et baiser sucré. Oisiveté et jeux de rôle. Les choses s'effritent, on s'éloigne du jeu d'enfant, ça devient dangereux. Et les choses finissent mal. Une grosse blessure. Et une cicatrice violacée qui taillade ma confiance, pour longtemps.

Lightning crashes, a new mother cries
her placenta falls to the floor
the angel opens her eyes
the confusion sets in
before the doctor can even close the door
 
lightning crashes, an old mother dies
her intentions fall to the floor
the angel closes her eyes
the confusion that was hers
belongs now, to the baby down the hall
 
oh now feel it comin' back again
like a rollin' thunder chasing the wind
forces pullin' from the center of the earth again
I can feel it.
 
lightning crashes, a new mother cries
this moment she's been waiting for
the angel opens her eyes
pale blue colored iris,
presents the circle
and puts the glory out to hide, hide.

Lightning crashes, Live, 1994.

 

jeux_de_mains_1


jeux_de_mains_2


jeux_de_mains_3

1 février 2007

Rétrospective.

Je trouve ça par hasard chez lui, je ne l'avais jamais lu, je tombe sur son blog de liens en liens et l'idée de la chaîne proposée me convient, par son originalité... Puis comme j'en suis aux confidences aujourd'hui, autant ne pas s'arrêter là. Il s'agit de raconter sa vie (et oui, encore) en n'évoquant que les dates finissant par 7 et 2.

nostalgie
Nostalgie.

1982: Quatre ans. J'ai des souvenirs verts et jaunes. Une maison en construction, ou peut-être même pas encore commencée. En juin, alors que je joue avec une voisine plus âgée que moi, je décide de traverser la route pour cueillir des fleurs de l'autre côté. Une voiture arrive vite, je cours pour atteindre l'autre trottoir, je tombe et la voiture roule sur mon tibia. Fracture ouverte, tibia et péroné. Je ne me souviens que très peu du moment, si ce n'est ce sentiment de panique autour de moi, mes parents, mes voisins. Je me souviens surtout du mois qui a suivi et de ma jambe plâtrée jusqu'en haut de la cuisse. Je rampais pour me déplacer. En août, on m'a retiré cette carcasse blanche. Ma jambe gauche était toute maigrichonne. Avec mes parents et ma soeur, nous sommes partis rejoindre des amis. Je revois ce grand pré vert et ce petit garçon qui jouait avec moi. Aucun souvenir de son nom. Nous avons couru et j'ai senti ma jambe craquer sous mon poids. Je venais de me re-fracturer la jambe qui était encore trop fragile, et j'étais repartie pour un mois de plâtre. Une belle rentrée des classes.

1987: École primaire. Je suis amoureuse d'un garçon qui a mon âge et une grande gueule. Mais on ne se dit rien, je crois même qu'on est en compétition, les bonnes notes et celui qui sera le plus fort. Je me souviens du suicide de Dalida. De La Isla Bonita de Madonna qui tourne en boucle sur toutes les radios. Puis y'a les dessins animés à la télé, les premiers mangas et Dorothé. Je me souviens aussi de mes parents qui sont venus nous annoncer, à ma soeur et moi, la naissance prochaine d'un petit frère (ce qui à l'époque ne nous avait pas ravies). Il est né le 5 janvier 1988.

1992: Collège. Les premières booms. Les premiers émois. Le coeur qui semble vouloir exploser dans ma poitrine. Les premières vraies amitiés aussi, à la vie à la mort. Et les conneries qui vont avec. Voyage scolaire en Italie. Je griffonne déjà tout et n'importe quoi sur les pages à carreaux d'un journal. Premier job en juillet et en août, au black, dans une petite librairie, huit heures par jour, pour quelques billets à la fin du mois. Je me paye mon premier vélo avec lequel je file à travers bois.

 

1997: Déjà comme une grande. Vie d'étudiante avec mon premier amour. On vit dans un 15m2, à deux pas de la fac, et notre unique fenêtre donne sur la forêt. C'est petit et douillet. On dort dans un lit une place. On s'aime, simplement et tendrement, avec quelque chose d'enfantin entre nous, de tellement pur. Je suis alors complètement fermée sur nous deux, le monde m'effraye, je me tourne vers la lecture, beaucoup. Une sorte de timidité toute nouvelle m'étouffe. En octobre ou en novembre, je décroche le carton rose qui me donne droit de conduire. Un premier pas vers la liberté.

 

2002: Nouveau siècle. De l'eau a coulé sous les ponts, le temps a filé vite et de nombreuses pages se sont tournées. Accident de voiture en automne, vingt ans après le premier. Cette fois, c'est moi qui suis au volant, mais toujours pas responsable. Les mois qui suivent sont  particulièrement difficiles. Un Jules dans ma vie, en pointillés, parce qu'il le veut bien. Il est un vrai soutien. Puis un amour qui revient, et moi si maladroite. Beaucoup de choses déchirées et Noir Désir en fond qui nous laisse croire que Le vent nous portera alors qu'on se sent si lourd. Son index sur ma cage thoracique vient s'appuyer. 

 

2007: Vingt-huit ans, une grande fille, avec un travail, un mec, un chien, un appart'. De la musique et des parfums plein la tête, des projets, de belles images et de la nostalgie aussi en cet instant.

21 juin 2006

The view from the afternoon*.

Il y a eu comme un grand soulagement hier quand vers dix heures du matin je me suis avancée avec ce grand sac plastifié Super U dans le bureau de Tête de Briques. Un vent d'insouciance m'a parcouru quand je l'ai posé à ses pieds. Il contenait les Quatre cent quatre vingts sujets d'examens corrigés, classés et annotés. Un sourire sarcastique a du éclairer mon visage alors qu'elle me parlait et que je ne l'écoutais qu'à moitié. Elle récupérait toute cette merde, à elle maintenant de rentrer les notes pour le rectorat. Puis elle m'a fait rire encore quand elle m'a parlé du classement alphabétique général. J'ai passé six heures moi, juste pour le classement. Qu'elle se régale, c'est à son tour, je lui ai laissé le bébé, d'autant plus soulagée de savoir que c'est la dernière année que je me tape cette horreur.

champagne

Alors je suis sortie de son bureau, une grande page tournée, vingt kilos de merde en moins sur les épaules, gambadant en sifflotant du Beethoven dans les escaliers. Toute guillerette toute la journée, légère. Une petite sieste bien méritée dans l'après-midi. Détour à la SPA en début de soirée pour m'inscrire en bénévole (flash sur un petit chien jaune qui s'appelle Vagabond, je retourne le voir demain, mais pour le moment il est en fourrière). Courses gargantuesques. Puis passage obligé sur la terrasse désormais culte de ce petit bistrot juste en-bas de chez nous où nous avons bien pris nos marques. R. était là et ça sentait l'été, les gouttes qui perlent sur les verres de bière, nos peaux moites et les hirondelles qui piaillaient au-dessus de nos têtes. On est rentrés, on s'est affalés sur le canapé rouge, on a fait l'amour sauvagement, puis on a mangé des blinis avec du saumon et de la crême fraîche en regardant d'un oeil les Poupées Russes. Tout ça légerement, parce que ...

... plus de contraintes...
... je suis à mi-temps ...
... j'ai plus de copies à corriger ...
... plus de bulletins à remplir ...
... plus d'obligations...

Minuit moins cinq. On est toujours le vingt juin et une idée affreuse traverse furtivement mon cerveau de poisson rouge anesthésié qui a voulu tout zapper. C'était mon dernier jour pour enregistrer ma déclaration de revenus sur internet. Cinq minutes de gros speed. Neb galope avec moi, pour retrouver les papiers, le site, pour télécharger le formulaire. Puis les différents clochers alentours sonnent leurs douze coups. Je ne me suis pas transformée en soubrette, mais je suis sans doute majorée de 10%. Connasse.


* Artic Monkeys.

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