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Diane Groseille
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28 juin 2007

Respire !

Cette nuit, encore une histoire de souffle. Petit corps de Lu sous l'eau. Inanimé. Dur comme de la pierre. Quelque part en bord de mer. Je vois sous les vagues la forme de son corps. Chaleur et peau dorée, des gens qui s'amusent autour de moi, euphorie, déjà-vu. Il a fallu que je le sorte seule, que je frappe son petit corps de chien blanc pour qu'il revienne à lui. Je ne te laisserais pas partir. Pas toi.

carrelage


Les rêves du petit matin sont souvent trop teintés de réalité et ils gardent un pied dans toute votre journée.

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2 mars 2008

Etc.

Et aussi, pour poursuivre la liste, les petits plus qui me boostent en ce moment :

jeunes_pouces

  • Découvrir de nouveaux morceaux de musique grâce à la Smartradio de Deezer qui lit dans mes pensées.
  • Revenir à de vieux morceaux pas écoutés depuis des années : Belly, du vieux Placebo, Live. Retrouver les époques, les univers et les atmosphères qui y correspondent.
  • Manger asiatique et tenter enfin de faire mes propres sushis.
  • Jouer à prendre sa place.
  • Voir des films le plus souvent possible, retourner au cinéma.
  • Sortir, gagner en confiance, parler avec des inconnus, échanger découvrir cette force qu'on pensait réservée à d'autres.
  • Sourire plus souvent.
  • Inviter mes parents au resto.
  • Aller chez le coiffeur, cheveux trop courts et trop clairs, mais c'est pas grave ça repousse et ça change les idées.
  • Avoir du monde à la maison, plus souvent, sans calculer, et être bien. Trouver des potes installés dans le canap' en rentrant à la maison.
  • Voir arriver le printemps, la tiédeur, la lumière.
  • Lire le Robert, pour découvrir des mots encore inconnus, et leur étymologie.
  • Parler avec ma maman de souvenirs d'enfance, de lumière, de détails qui ne doivent pas s'effacer.
  • Faire les choses au moment où j'y pense.
  • Laisser glisser le temps en se disant que non, c'est pas grave, on a le temps.
  • Faire le dos rond sur mon ballon rouge.
  • Constater que mon compte en banque se porte décidément de mieux en mieux.
  • Voir arriver des semaines de légèreté, avec des week-ends- à rallonge.
  • Faire des photos de plus en plus maîtrisées, avec une magie de la lumière apprivoisée.
  • Faire de grandes trottes dans les vignes, dans la montagne, sans les préméditer.
  • Câliner mon Lu, qui nous a fait peur, on a bien cru qu'il allait passer sur le billard.
  • Lire le journal, comprendre, réfléchir, m'enflammer, savoir où j'en suis.
  • Boire de grands bols de thé vert, à tous moments de la journée.
  • Me réveiller avec de la lumière, grâce à mon nouveau joujou, un simulateur d'aube.
  • Rire avec mes collègues.
  • Lire les blogs que j'aime, toujours et encore.
  • Palper mes billets pour Arras et Werchter et visualiser ce temps qui me rapproche de ces deux jours magiques.
  • Découvrir mon nouveau groupe de théâtre, et le lieu merveilleux dans lequel se déroulera mon atelier.
  • Respirer...
26 juillet 2007

Lauryn.

dans_la_lumi_re

lauryn

Ça coûtait trop cher. C'était trop loin. Mais qu'est ce que j'aurais aimé la voir. Mais qu'est ce que j'aurais aimé l'entendre. Une des plus belles voix selon moi. Je ne me lasse pas de l'écouter. Je me suis endormie tant de fois avec elle, assise près de moi, sa guitare sur les genoux, à me raconter des choses douces et violentes à la fois. Comme ces contes qu'on écoute quand on est enfant. J'ai beau être athée, la foi de ses paroles me touche. J'ai beau connaître les propos qu'elle a pu tenir et savoir ce qu'on lui reproche, je ne me lasse pas de sa voix. Et j'aurais tant aimé être à Nice hier soir, vibrer avec ces milliers d'âmes, avec la sienne, le temps d'un concert.

Descendant le ruisseau de ma vie
Des réservoirs de fascination dans mon sommeil
Rafraîchissant le feu de mon désir
Réchauffant le froid avec sa facilité intérieure
Fondant les murs de l'inhibition
Évaporant toutes mes craintes
Me réduisant par le baptême à une entière soumission
Dissolvant mon état de ses larmes
 
C'est comme de l'eau
Je n'ai jamais ressenti ça au fil des ans
C'est comme les eaux, l'eau
Je n'ai jamais ressenti ça au fil des ans
 
Ruisselant à travers mes sens il l'emporte
Flottant à travers l'espace de mon intention
Noyant ma navigation intérieure enflammée
Buvant dans le courant principal de son esprit
Remplissant à ras-bord la coupe de mes émotions
Débordant dans tout ce que je fais
Si seulement je pouvais me perdre dans son océan
Me raccrochant à la seule pensée de t'aimer
 
 
Baignant dans la fontaine de son essence
Il provoque mon expression pour rester
Humiliée sur la montagne par sa présence
Lavant mes intentions avec son nom
Fermant toutes les écluses de sa passion
Sauvant tout son liquide pour lui
M'hydratant de satisfaction
Dans mon imagination, oh non
Il me vide son âme durant des heures
Arrachant ma nature de ses mains
Envieuse, je suis assoiffée de son pouvoir
Consciente que je ne suis pas digne de son territoire
 
 
Il me nettoie, il me purge, et me remue
Il me baigne et il me nettoie, et me remue
Remue, et remue et remue... et remue
Il me lave, me nettoie, me remue
Il me purge, il a été nettoyé et me remue
Et me remue... ... . . et me remue

3 octobre 2007

Faudrait pas s'étouffer avec la culture !

Une animatrice radio, ce matin, trop tôt, dans la voiture, qui veut faire de l'humour. Elle parle d'un monsieur Perceval qui aurait écrit un livre sur Grégory Lemarchal*. Elle trouve drôle de rajouter à son sujet qu'il ne s'agit pas du gladiateur. Pauvre chevalier Perceval, déjà que la série Kaamalott sur M6 en avait fait un débile profond, maintenant il se retrouve en plus à jouer les gladiateurs sur RTL2 !

roi_arthur_0011

*voilà qui va me ramener quelques bonnes dizaines de lecteurs qui ne trouveront malheureusement pas ici leur bonheur...

14 septembre 2007

9.

Nouvelle voiture. Nouveau téléphone portable.
Nouvelles résolutions. Nouveaux projets.
Nouvelles recettes. Nouveaux goûts.
Nouvelle saison.
Nouvelle lumière.
Nouveaux collègues. Nouvelles connaissances. Nouveaux sourires.
Nouvelles classes. Nouveaux cours. Nouveau sac d'école.
Nouvelle programmation télé. Nouvelles lectures. Nouvelles histoires.
Nouvelles perspectives. Nouvelles envies.

Et vous, quoi de neuf  ?

***
_chantillons

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21 octobre 2007

Ubiquité.

Je suis & , chez lui et chez elle, sans vraiment savoir où cela va mener...

                        ...Je suis aussi , où pour la première fois, je fais du blog quelque chose qui pourrait bien être utile...

... Je suis aussi , et toujours, puis même et ...

Et j'expérimente quelque chose qui ne fait que débuter ...
Inspiration gonflée par mes ateliers d'écriture.
D'ailleurs si la plume vous titille,
vous pouvez m'y rejoindre...

***
feuille_de_vigne_rouge


Parfois en attente, jamais vraiment laissés à l'abandon, ces lieux virtuels sont comme autant de zones de repos, de passage, de liberté : pour rire, se souvenir, imaginer, échanger, avancer. Vos mots y sont attendus...

21 octobre 2007

Premier soleil.

Il y a un peu moins d'un an, nous partions au soleil. Ç'avait été pour moi une semaine merveilleuse, magique, bien au-delà du clicher de la carte postale, mais sans doute avec un petit quelque chose du paradis malgré tout. J'en suis revenue toute pleine de force pour l'hiver. Il arrive ces jours-ci, avec un air qui se fait plus vif, une lumière plus timide. J'appréhende toujours un peu, la crainte de m'endormir, comme le dit si bien Emilie Simon, comme une fleur de saison, pour ne me réveiller qu'en mai, étant passée un peu à côte de moi-même...

cocotiers_roses

27 septembre 2007

Fantôme dans ma tasse de thé.

Un bond dans le passé cet après-midi. Après trois années de silence et quelques mails échangés, j'ai accepté de revoir aujourd'hui un personnage qui a partagé quelques années avec moi. Il avait choisi pour des raisons qui sont les siennes de couper les ponts, il a choisi de recréer des liens, qui resteront peut-être très fragiles, mais qui sont bien réels aujourd'hui. Je l'ai revu comme si je ne l'avais jamais perdu, comme si nous nous étions vus hier. Simplement, spontanément. Nos échanges ont été naturels et vrais, nous n'avons pas cherché à éviter les sujets épineux et j'ai reconnu la poésie qu'il a toujours su mettre en chaque instant. J'en suis ressortie plus grande, plus légère. J'espère juste maintenant ne pas avoir à attendre trois nouvelles années pour profiter de sa présence.

***

porte_de_cimetiere

27 juin 2007

Souffle.

                Réveil à cinq heures, comme le coup de feu du départ d'une course, comme ouvrir les yeux sans les avoir vraiment fermés, une seconde, une heure. Parce trop de choses encore à faire avant que le jour ne commence. Ce soir, je reprends enfin mon souffle. Ce n'est qu'une pause, la main sur la hanche, un peu pliée en avant à cause de l'effort, juste un point de côté, mais je vois le bout. Plus tout à fait moi-même, locataire d'un corps en pleine vitesse, j'ai dû me laisser sur le bord de la route. Et Diane Groseille avec moi... avec elle. J'ai oublié.

Cet après-midi, rendez-vous avec un auteur dont j'ai corrigé le roman. Particuliérement enrichissant. Lui plus que son roman. J'ai eu du mal avec son livre. Et plus encore avec les mots pour le lui dire aujourd'hui. Ne pas blesser, cruel couperet qui vient sanctionner des années de travail. On en est venus à parler du souffle, cette force : il n'a pas les mêmes mots pour le dire, mais il n'y a pas de mots pour le dire. Echange à la fois constructif et perturbant. Ebranlement des certitudes. Confrontations des perceptions. Je suis satisfaite de cette expérience particulière qui m'a beacoup apporté. Je suis fière aussi de ce que j'ai pu lui apporter...

mongolfiere_ciel

Puis ce soir, de l'air, un instant.

24 juin 2007

Seven.

La luxure : qu'est-ce qui vous fait fantasmer ?
La séduction, l'inachevé, la suggestion, le fait que tout reste à prouver. Dans n'imoporte quel contexte, dans n'imorte quelle situation.

L'orgueil : de quoi êtes-vous la plus fière ?
De ma vie, de ce que je suis en général, du kaléidoscope que j'ai su composer. De mes choix, de mes prises de risques, de mes convictions. Peut-être plus en particulier de mon parcours professionnel, toujours sur le fil, sans filet et tellement excitant. De ne pas avoir céder à la facilité.

La colère : qu'est-ce qui vous met hors de vous ?
Dans l'ordre. La mauvaise foi. La lacheté. La suffisance. Et ces gens aigris qui attendent parce qu'ils pensent que tout leur est dû.

La gourmandise : quels sont vos plats préférés ?
La blanquette de veau de ma maman sur la première marche du podium. Et en régle générale, je ne pourrais me nourrir que de fruits.

L'avarice : cigale ou fourmi ?
Cigale, depuis toujours, mais jamais La Fontaine n'est venu me tirer les oreilles, et jamais je n'ai dû aller me plaindre chez cette prétentieuse de fourmi. Je me souviens de grosses galères étant étudiante, mais depuis tout va bien.


L'envie : qu'est-ce qui vous rend jalouse ?
Le courage de certains, celui que je n'ai pas, celui de tout plaquer pour partir au bout du monde par exemple.

La paresse : comment aimez-vous vous relaxer ?
Dormir, lire, regarder la télé, entrer dans des fictions et oublier la réalité
, oublier le temps qui passe.

vigne_ble_coquelicots

28 mai 2007

Compression de kangoo.

4h39, dans la nuit de samedi à dimanche. Dans mon rêve, des pneus crissent, sur une longue distance, puis, en toute logique, vient le choc de la tôle. Ce bruit qui n'était pas venu me réveiller depuis des années. Alors, je suis là, assise dans mon lit, les yeux grand ouverts. Puis je me dis, "ça faisait longtemps, pourtant". Et je mets quelques secondes à réaliser que je ne suis pas seule. Neb à côté de moi est réveillé, assis dans notre lit, comme moi, il me regarde "tu as entendu aussi ?". Bien sur, alors, pas de doute, il y a bien eu un impact là dehors, dans la nuit, très violent sans doute. Neb se lève, me dit qu'il faut aller voir, mais très vite, on entend des voix, des gens sont déjà dehors, on entend quelqu'un qui crie de sortir de la voiture. Puis très vite, des portes claquent et des véhicules s'arrêtent à proximité. Le quartier est grand, les gens dont les fenêtres donnent sur la rue ont déjà du appeler les pompiers. Neb se recouche en me disant que de toute façon, ça ne sert à rien de descendre. J'ai du mal à me rendormir, le bruit court encore dans ma tête, comme il a couru trop longtemps autrefois.

Puis le lendemain, j'ai presque oublié, comme si ç'avait été un rêve. Je prends ma douche quand je vois Neb qui remonte de sa balade matinale avec Lucius. Il est crispé, ses mâchoires sont serrées. Il me dit "tu te souviens de cette nuit ?". Bien sur, je me souviens. C'est sa voiture. Sur sa voiture que l'impact a eu lieu. Elle est littéralement explosée, elle a été poussée par le choc sur le trottoir. Nous étions pourtant sûrs que le bruit provenait de l'autre côté, de la place. Il doit partir au poste. Il revient deux heures plus tard. Pas de blessés. Délit de fuite, la voiture des coupables a été enlevée dans la nuit, ils l'avaient abandonnée sur la chaussée après l'accident. Sans doute pas mal de choses à se reprocher... La voiture de Neb va sans doute partir à la casse, toutes les roues sont déformées, voilà à peu près ce que ça donne.

krash_kangoo


krash_kangoo_avant

19 juillet 2007

People are strange.

jim_morrison_drPeople are strange, when you're a stranger
Faces look ugly when you're alone
Women seem wicked, when you're unwanted
Streets are uneven, when you're down

When you're strange, faces come out of the rain
When you're strange, no one remembers your name
When you're strange, when you're strange, when you're strange

Leurs yeux. Encore du mal. Je me demande parfois quel poids a le regard. Si lourd sur moi, si souvent. Sauf dans une salle de classe, curieusement, car c'est là qu'ils doivent être les plus pesants. J'ai moi même un regard particulièrement critique, j'ai l'oeil comme on dit, je vois tout, je juge, je jauge, c'est plus fort que moi. Toujours pour me rassurer. Volonté d'être dans la norme. Satanée volonté. Adolescente, je voulais à tout prix ne pas en être. Aujourd'hui, je suis victime de l'effet miroir. La trouille toujours de ne pas être à la hauteur. Sur ces scènes quotidiennes (terrasses de café, commerces, rues) j'ai toujours la crainte du regard qui marque la différence. Je me mettrais des claques tellement ce raisonnement est stupide mais il est ancré en moi. Je me sens fragile, vulnérable et pourtant, j'ai tant de force en moi. Je veux la crier, la valoriser, la cultiver. Je veux ne plus avoir peur.



 

1 mai 2007

Réclame.

artifice

J'ai eu envie de raconter tout ça :
le nouvel appart',
les travaux,
le jardin,
la déco,
toutes ces nouvelles expériences.

Bien sur, je ne voulais pas en parler ici,
parce que ç'aurait été trop me dévoiler.
Parce que c'était surtout pour nos proches au départ,
ceux qui vivent loin et qui ne suivent pas forcément l'évolution  de nos exploits.
Puis finalement, je me dis, la blogosphère est bien grande,
je suis toute petite, pourquoi ne pas rétablir les liens.
Alors pour le lien,
cliquez juste sur l'image
.

9 mars 2007

Une course agréable les derniers jours. Peu de

Une course agréable les derniers jours. Peu de temps pour moi, mais ce n'est pas plus mal. Je rentre le soir, pleine d'une fatigue douce et tiède. Je gère mon temps, je donne beaucoup à mes classes qui me le rendent bien. Mes cours particuliers aussi m'apportent beaucoup.

Belle parenthèse qui s'ouvre ce week-end puisque nous mettons les voiles pour deux jours dans les Alpes. Un grand bol d'air frais et blanc histoire de revenir tout pimpants et revigorés.

pr__blanc
* Non, ce n'est pas une imposture, ce sont les Vosges et non les Alpes.

21 février 2007

Le fil tendu de la vie.

Dimanche matin, alors que nous étions en plein rangement du garage, une vieille petite dame débarque dans le hall de l'immeuble, juste à côté de nous. Guidée d'une canne, elle semble préparée pour une occasion toute spéciale, bien habillée et toute fraîche, son joli visage très clair bien maquillé. Elle tourne en rond un petit moment, puis nous fait signe. Je ne comprend pas tout de suite ce qu'elle veut. Elle me dit qu'il n'y a personne. Je lui demande, "Vous vous rendez chez qui ?". Le cabinet dentaire. Moi, je sonne bien fort sur le bouton qu'elle me montre du doigt, parce que je me dis que notre plate-forme sonnettes n'étant pas en grande forme, ça vient forcément de ça. Puis, mon cerveau amorphe du dimanche matin réagit. "Madame, vous êtes sure que vous avez rendez-vous aujourd'hui ? On est dimanche". Un ange passe, je vois ma petite dame plongée dans une obscure réflexion. Puis avec aplomb "ben voui, j'ai rendez-vous le 19". Vérification faite auprès de Neb homme de moi juste à côté dans le garage. "Ben non, Madame, on est le 18, vous avez rendez-vous demain matin". J'ai lu un désespoir terrible dans ses yeux à cette révélation. Non pas qu'elle tenait absolument à son passage sur le siège du dentiste, mais elle était face à son erreur. Et elle m'a juste dit "Il ne faudrait pas vieillir". Et comme je la voyais, si triste et toute tremblotante, prête à repartir avec sa canne d'où elle venait, je me suis proposée de la déposer chez elle en voiture. Je suis restée sur cette impression de panique alors que je l'aidais à descendre, une fois arrivées devant chez elle. La panique qu'on peut ressentir quand la vie vous échappe, trop rapide, trop fluide.

fleurs_d_hiver

19 février 2007

Pétales de coquelicot.

Drôles de coïncidences.
Un auteur se retrouve dans ma boîte.
Et je repense à toute cette période.
Au silence depuis.
Et cet anneau à mon index.
Les petits dessins gravés dedans font comme des arabesques.
Une soirée bien arrosée, il est toujours là.
Et toi Esprit, es-tu là ?

transparence_blanche

Et les présences, dans une réalité,
dans cette virtualité qui s'effacent et qui virevoltent.
Me manques.

5 avril 2007

Fine observation !

Je suis abonnée au Nouvel Obs' depuis quelques années maintenant. Et là, je sature. Au départ, il s'agissait d'avoir une bonne base d'information chez moi, parce que je n'avais pas le réflexe hebdomadaire d'aller chez mon buraliste pour y trouver des revues, n'étant plus fumeuse, je n'y mets plus les pieds (sauf en cas de prunes qui m'imposent un timbre amende). Cette revue me paraissait sympa, agréable à lire et plutôt objective.

Les derniers temps, je sature. Campagne électorale oblige, on nous sert des tronches politiques chaque semaine. Et je ne compte plus les titres dignes d'une Elisabeth Teissier "pourquoi il peut gagner" ou d'un Marc Levy "Et si c'était lui" qui accompagnent les portraits de chaque candidat. Bien entendu, on n'a eu droit qu'aux trois grandes têtes d'affiche. Et l'objectivité tend à s'essouffler... Pareil à la télé. Et si on nous donnait du neuf ?


Seg_obs

***

Je n'ai jamais parlé de politique ici. Parce que je n'ai pas envie que ce blog devienne une zone de polémique. Je vais le faire aujourd'hui à cause des doutes qui pèsent sur mes épaules. J'ai toujours eu des idées de gauche. A cause de mon éducation, de mon métier, de ce que je vis, de ce en quoi je crois. L'idée qu'une femme puisse incarner ces idées m'a beaucoup plu fut un temps. Et en dehors du fait qu'elle soit une femme, j'ai cru en elle... fut un temps. Puis la campagne a pris une tournure plus sérieuse et je me perds petit à petit. Il y a d'abord eu toutes ces propositions plus utopiques les unes que les autres, frôlant la démagogie. Puis il y a son attitude, tellement crispée, tellement rigide, dans laquelle je ne vois pas transparaître mes idées, celles de la gauche. Je trouve que ses paroles sonnent faux, qu'il n'y a pas de force, pas de foi dans ses mots. Mais jusque là, il y avait toujours un espoir.

Puis il y a eu ce soir où je tombe sur elle un peu par hasard. Elle semble plus tendue que jamais, face à Michel Denisot sur un plateau de canal+. Les traits tirés, comme une gamine à qui on vient de marcher sur les pieds dans la cour de récréation, elle traite Nicolas Sarkozy de "menteur", parce que lui même l'avait traitée de quelque chose d'autre, parce qu'elle avait dit "ignoble" à propos de ses idées. "C'est pas moi, maîtresse, c'est lui qu'a commencé", "c'est celui qui dit qui l'est"... Une école maternelle, oui, une de mes salles de classes, à la limite, mais pas en pleine campagne électorale. Pitié, il faut relever le débat, on ne peut pas se contenter de ces arguments, de cette petite guerre d'intérêts et de fiertés personnelles.

Je suis perdue, entre mes convictions et mes intuitions. Je ne veux pas de Nicolas Sarkozy, que je juge dangereux et fourbe, trop nerveux, trop sur de lui. J'attends, mais sans savoir si les jours à venir et si les débats prévus sauront m'apporter une réponse.

10 janvier 2007

Eclairages III.

dans_l_ombre

Sami

J'ai été étonnée par la polémique "Sami Nacéri". L'homme est ce qu'il est et on a beau tout tenter pour lui trouver des excuses, son attitude reste impardonnable. Pas de quoi faire tant de bruit, et c'est plus ce point qui me surprend en ce début d'année. Un parfait inconnu aurait eu la même attitude que même la presse locale n'en aurait pas voulu. Pourquoi alors faire occuper les premières minutes du JT deux jours de suite à un fait si insignifiant. Les chaînes de télé françaises cherchent-elles à se mesurer à des Voici ou autres Gala ? Cherche-t-on à montrer encore à quel point les Maghrébins viennent troubler l'ordre publique et accentuer ce climat d'insécurité qu'on nous met à toutes les sauces ? ("Un acteur, en plus, vous vous rendez compte ma petite dame, on est plus à l'abri, ils sont partout !")

dans_la_lumi_re

beverlyhills90210

grey_s_anatomy

C'est avec un peu de honte que je me dois d'avouer ma joie de retrouver certaines séries. Le fameux Beverly Hills pour commencer que je redécouvre par hasard sur TF1 certains matins. Oh oui, je sais, on est bien loin de la référence culturelle, mais j'aime revoir ces personnages qui ont tant évoqué dans ma jeunesse. Des Kelly et des Dylan qui incarnaient alors le modèle du rêve américain. Je souris aussi en retrouvant les thèmes préoccupants de nos années 90.
Puis il y a Grey's anatomy. Un Urgence en mieux, pour lequel Neb et moi avons développé un amour tout particulier, tant et si bien que nous avons fini par faire des adeptes autour de nous, pour nous retrouvés lors de la diffusion des derniers épisodes cet automne la bouche ouverte. Plus de diffusion prévue avant plusieurs mois, mais les saisons 1 et 2 en cadeaux de Noël...

23 décembre 2006

Rue de la Bagatelle, enfin.

outilsL'ouragan est passé, laissant derrière lui un paysage ravagé. Des cartons postés à tous les coins de pièces, au milieu même, certains éventrés, d'autres encore intacts. Un truc à cheval entre Hiroshima et le Bronx. Plus de repère/repaire. Il nous laisse déboussolés, sans voix, perdus et ailleurs, pourtant chez nous paraît-il, "pour de bon", un peu hagards. Certains objets ont déjà  trouvé leur place, par cette force qu'ont les choses, comme on dit. Ils sont entrés dans les placards, où se sont installés sur un bord de lavabo, sans qu'on s'en soit rendu compte. C'est nos impressions qu'on a du mal à caser, on sait pas trop où les mettre, certaines ont d'ailleurs du s'égarer entre deux voyages, dans le fond d'un carton qui serait parti à la déchetterie. Il y a bien la lumière, il y a tous les objets, mais tout est encore en désordre, comme si tout avait été mis dans un sac et mélangé furieusement. Lucien semble s'accommoder de ce désordre, il erre dans ce labyrinthe qu'il connaît comme s'il y avait toujours vécu. Nous avons plus de mal. L'autre matin, départ au boulot, je file mon collant en passant contre le coin métallique d'une caisse à outils. Pas d'autre collant, rien d'autre à mettre. Rien. Deux alternatives : y aller jambes nues, ou ressortir quelque chose du panier de linge sale, dans l'urgence, parce que c'est le seul qu'on aperçoit, dans ce capharnaüm.

bronx

lu_travaux

arbres_bagatelle

pantalon_travaux

23 octobre 2006

Passeport en urgence.

Ce matin sous la pluie, courir partout, promener le chien, ventre noué, mentir à mon employeur au téléphone, jeter un oeil à toutes ces affiches de palmiers et de plages blanches dans les agences de voyage, mais courir encore, me tromper de chemin, trouver un timbre fiscal,bureau de tabac fermé, re-employeur au téléphone, me faire faire un acte de naissance à la mairie, propriétaire qui vient voir l'état de la serrure, me garer, pas de place, répondre au téléphone, arriver à la préfecture tremblante et blanche comme un linge (et même que ça, c'est pas de la comédie), trouver des excuses,   jouer profil bas devant le guichet, douter, être sure que ce n'est pas crédible et pourtant...
Penser à cet argent qui va peut-être partir en fumée, penser à Neb qui partira peu-être seul, penser à demain...

Puis le verdict. Le passeport sera fait pour demain. Je pars donc en Martinique jeudi matin. Je réalise pas bien. L'espoir s'était tellement éloigné. Il a fallu apporter une preuve professionnelle sans quoi ma demande n'aurait jamais abouti. Je souffle.

salines2

10 octobre 2006

Et puis finalement...

demi_cosmos


Tout semble aller mieux. On se réveille un matin, on fait les mêmes gestes que les autres jours, automatiques. Descendre les escaliers, se glisser sous la douche, descendre dans la rue avec Lucien, au radar, la tête déjà toute pleine de ce qui se passera devant le grand tableau plus tard. Constater que l'air est plus frais, presque piquant. Puis tout continue. Les heures de la journée se bousculent, se marchent dessus, passent à une de ces vitesses. Mais soudain, on s'arrête à un feu rouge, on est là, assis dans sa voiture, la radio braille seule, on ne l'écoute plus. Parce qu'on s'arrête littéralement dans sa tête. On avait jamais pensé à ça, jamais au point que ça nous stoppe dans l'élan de ce qu'on est en train de faire. On réalise que c'est certain, ça y est, on est adulte. Pourtant on en a eu tellement peur, on ne voulait pas que ça arrive, on a freiné des quatre fers, on voulait rester enfant : la naïveté et l'insouciance, la liberté. Le syndrôme Peter Pan, qu'ils disent. Et là, ce jour là, qui avait pourtant commencé par un matin comme les autres, on se rend compte que c'est arrivé et que finalement, c'est pas si terrible que ça. On a même su concilier avec les responsabilités tout ce qu'on ne voulait vraiment pas sacrifier, et le comble, c'est que c'est finalement parfaitement compatible, et que le résultat est pas mal du tout.

Et oui, tout semble aller mieux. Les classes que j'encadre depuis le début de cette nouvelle année scolaire sont très intéressantes, je reprends plaisir à enseigner, à transmettre, à dialoguer, à surprendre, à "fabriquer de la tête" comme dit l'autre. Puis début novembre, Neb et moi partons une semaine en Martinique. Un concours de circonstances dont il faut profiter. Des parfums et des sensations reviennent déjà à moi, impalpables et sournois, mais déjà délicieux. Les choses vont mieux avec Neb, on reconstruit morceau par morceau un édifice encore bien fragile. Et dernière bonne nouvelle dans ma boîte aux lettres ce matin : résultats des derniers exam's, je suis reçue, avec mention.

3 octobre 2006

Journées contrastées par le foin du Nord.

Ouvrir les yeux dans cette opacité grise, les toîts seuls luisent et renvoient un peu de lumière, j'entends le clapotis de l'eau dans les gouttières. Contraste avec toute la lumière de mon rêve. Sur les dernières images, je me préparais à dormir dans un pré qu'on venait de faucher, avec des gens que j'aimais, des amis, nous croquions à pleines dents des quartiers d'agrumes qui explosaient dans nos bouches, les journées étaient longues, et la lumière était celle de ces pays nordiques qui ne connaissent pas la nuit pendant une saison.

aube

19 septembre 2006

De l'avant.

mon_oeilUn matin gris, se lever sous une chape de brouillard. Tu es là, comme les autres jours. On ne se voit plus. Hier soir, je suis montée me coucher fachée. Pour des détails, qui symbolisent toute l'indifférence qu'il y a entre nous depuis des mois. Et dans mon lit, je me suis posée cette question, que je me pose des dizaines de fois tous les jours. Pourquoi m'engager avec toi. Je n'y crois plus, plus de foi en toi, tu es vide et tu as su me vider. Je me suis éteinte, creuse, fatiguée, d'avoir attendu un signe de toi. Voilà des mois que je me taisais. Ce matin, je t'ai dit ce que tu sais déjà et que tu contournes soigneusement depuis des mois. Ton indifférence, ne pas nous voir exister, nous a fait mourir. Pas de séparation. Et je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas dans quelle direction nous allons partir. Nous quitter serait tellement plus simple, tellement logique. Non, je t'annonce juste que je vais vivre ma vie. Je ne sais pas si tu as bien compris le sens de ces mots. Assez de t'attendre. J'avance seule, je trace mon propre chemin. Je ne prendrai pas cette décision là, pas celle là, marre de tout décider, à toi de voir, toi qui te satisfais de si peu, toi qui préfères vivre à côté de toi même plutôt que d'avoir à te regarder en face.

15 septembre 2006

Prise de rythme.

vigne

Encore une nouvelle rentrée cet après-midi, nouveaux locaux, nouveaux élèves. Petite boule au ventre. Etre à nouveau sous les regards, ces regards des premiers instants qui sont les plus importants. La fameuse première impression. Ne pas rater son entrée, ne pas rater sa rentrée. Petit détail supplémentaire, qui va peut-être me déstabiliser, il y a dans une des deux classes le frère de Mat.

Ce sont de drôles de semaines qui se déroulent dans le temps. Rien à voir avec ce que j'ai pu vivre les années précédentes. La notion d'attente est très présente, pesante, lourde sur mes épaules. Attendre des réponses, attendre des cours, attendre un retour... J'ai vu R. hier soir, sur la terrasse de notre Q.G., en pleine forme. Ses paroles me renvoient une image déformée de ce qui se passe encore là-bas. Une vie qui continue sans moi. Toujours les mêmes problèmes, la méchanceté de Tête de Briques, la radinerie du dirlo, les petites tensions entre collègues et P. qui râle toujours.

saut_de_lucien

On me demande des nouvelles de Lucien. Il va très bien. A l'heure qu'il est, il est dans son panier à ma droite, et il ronge son petit os en peau de boeuf (un machin immonde et gluant qu'il affectionne tout particulièrement). Il paraît qu'il a grandi, mais nous ne nous en rendons pas compte. Il est très vif, plutôt calme quand il est à la maison, mais pas vraiment obéissant au dehors. On pense l'emmener à des cours de dressage, puis peut-être de l'agility par la suite. Il occupe déjà une place très importante pour moi, un repère, un besoin.

Lucien_pose

2 août 2006

Regarde moi dans les yeux.

Étrange sensation, comme une déformation. Avec du recul, les derniers temps, j'essaye de relativiser. Une semaine ailleurs et l'écriture me fourmille dans le bout des doigts en permanence, les mots sur le bout de la langue... Je tiens un blog : un carnet virtuel. Le mien est classé dans les "journaux intimes". Beau paradoxe. Où est l'intimité ? J'étale ici probablement plus d'impressions et de détails que ce que je ne dis au quotidien à ceux qui m'entourent. Vous, lecteurs, en savez plus sur ma vie, sur mes sentiments que ma famille proche ou mes amis. C'est tellement plus facile de parler à un clavier, la parole devient alignement de lettres, à la fois plus abstraite que la réalité et tellement plus vraie que la comédie qu'on peut jouer... Je garde cette image du "miroir" depuis le début, miroir déformant, "miroir mon beau miroir." Parfois je ne sais plus si je suis là pour me montrer (mirer une image idéale) ou pour me regarder, franchement, droit dans les yeux. Regarder en face celle (moi-même) qui relira ces messages dans quelques mois ou quelques années. Quoi qu'il en soit, il y a bien un jeu de regards...

Et pourtant, malgré toute cette importance des mots ici pour moi, personne ne sait que j'écris. Seul Neb homme de moi connaît l'existence de ce carnet virtuel. Il ne me lit que rarement, il sait que je préfère qu'il en soit ainsi. Parfois il m'interroge, au détour d'une conversation, sur tel ou tel passage, mais il ne se fait jamais indiscret. Puis pour tous les autres, je ne dis rien. Il y a comme une honte qui pése sur le mot "blog", teinté de futilité et de niaiserie. Et je me sens pourtant si loin de ça, je me sens profondément adulte dans ce cheminement, grande et forte, de savoir me regarder en face, de me plier régulièrement à cette exercice de relecture des faits. Mettre des mots sur les actes, sur l'électricité qui passe en moi, sur la violence de ce qui pourrait rester fade.

Alors je continue...

int_rieur

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Diane Groseille
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