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Diane Groseille
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17 août 2005

Mes images.

l_oeilJ'étais ravie de découvrir il y a quelques mois la nouvelle option "album" de canalblog. J'avais alors balancé rapidement quelques photos pour voir ce que ça donnait. Très moyen. Pas l'effet, mes photos. Beaucoup de flou (dont certains qui traînent encore d'ailleurs). J'ai mis à jour hier. Mais plusieurs albums plus costauds sont en préparation. J'entends par "plus costauds", plus de profondeur et de consistance. Moins niais. Les natures mortes, ça va un temps. Même si je ne me lasse pas de botanique.  En fait, je joue avec l'engin de Neb homme de moi depuis quelques mois. Pas d'ambiguité, je vous vois déjà ricaner, il s'agit de l'appareil que je tiens dans mes mains sur la photo.. Bien plus difficile de faire de belles photos que ce que l'on peut s'imaginer. Tellement de paramètres à prendre en compte. J'en reviens parfois, découragée, à mon petit A75. Il faut d'ailleurs que j'essaye de rencontrer un photographe professionnel que je connais, chez qui j'ai travaillé étant gamine. Il pourra sans doute me donner quelques tuyaux.

A ce sujet, je mets aussi une catégorie "images" dans mes liens avec de très belles photos qui valent le détour. Bon voyage... Moi, je pars vagabonder quelques jours encore dans la campagne.

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2 septembre 2005

Dans ces bras là.

ces_bras_l_J'ai commencé ce livre de Camille Laurens. J'aime son écriture, sa façon de faire comme si le lecteur était assis en face d'elle à la table d'un café, ses confidences qui semblent si sincères. Je n'ai tourné que quelques pages hier soir avant que mes paupières trop lourdes ne se ferment.

Je suis contente de trouver encore le temps de lire. Contente de trouver encore aussi le temps d'écrire ici. L'habitude semble prise: ce sera tôt le matin, avant même que Neb homme de moi n'ait ouvert un oeil, pendant cette heure où le jour n'est pas encore vraiment certain de se pointer. J'aime me lever tôt. Avoir le temps de me réveiller dans ces petits gestes du quotidien: la douche chaude, le choix des vêtements de la journée, le maquillage, une tasse de thé (peux rien avaler d'autre avant midi), la préparation des affaires de la journée qui s'éparpillent un peu partout, un brin de rangement et de ménage... Puis, mon panier en paille sous le bras, je traverse le parc désert qui me sépare du lycée. Souvent encore à l'heure où j'y passe, les tuyaux d'arrosage automatique inondent les pelouses dont se dégage le parfum saturé de l'herbe et de la terre. Puis après, tout va très vite.

Dernière journée de cours, déjà une semaine derrière nous. Trois heures et demi avec le même classe ce matin, j'ai jamais eu à gérer ça et j'appréhende un peu. Puis encore deux heures cet après-m' et le week-end s'impose à moi comme une évidence. Il faut que je trouve le temps de classer encore les quelques photos prises sur nos dernières semaines de vacances, puis j'aimerais en développer plusieurs dizaines. Dimanche, nous fêtons la nature avec un déjeuner dans les prés et je vais avoir enfin l'honneur de découvrir la musique de mon frère...

Une dernière chose. Je me demande qui est ce visiteur quotidien (même plusieurs fois par jour parfois) dijonnais qui tape systématiquement mon nom dans mon google pour venir me lire.

2 septembre 2005

La chèvre.

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Des brebis plein les yeux. Des biquettes aussi. Je zyeute à l'instant un reportage sur lequel je tombe par hasard. Sur Kto, traçant le pracours de quelques demoiselles qui ont choisi ce que j'aimerais avoir le courage de choisir. Elles partent en estive J'ai des larmes dans les yeux. Trop de choses dans les yeux. c'est mon rêve. Bergère. Quelque chose comme ça. Les animaux. La puissance de la nature. La solitude. La vraie vie. En face de soi-même. Du monde. Le vrai. Plus de masque. Plus de filtre. Tout est vrai. Pour de vrai. Utile. Sincère. Chaque moment. Teinté de réalité. J'ai toujours voulu ça. J'ai jamais vraiment eu autre chose. Il fallait que ce soit vrai. Je revois mon père, alors que j'avais quatorze où quinze ans, me poser la question "tu as déjà une idée pour plus tard ?". C'est sorti comme une évidence: élever des chèvres. Il y avait un peu d'ironie. Mais ça me semble de plus en plus juste.


img_8560


J'y ai déjà tant pensé. Mon projet. Qu'est-ce qui pourrait me manquer ? La musique. Ma famille.  Quelques formes de contact. L'enseignement. A ce sujet d'ailleurs, c'est étrange la vitesse à laquelle les réflexes sont revenus. La parole, les mots qui s'alignent, au mieux pour être compris le plus aisément. Le mot juste toujours. La touche d'humour parfois. C'est peut-être ce qui me rattache à ma vie du moment.

28 novembre 2004

Pour être à la mode...

Pour être à la mode cet hiver, faut se promener en permanence la bouche grande ouverte, montrer qu'on a des jolis dents et avoir un début de fou-rire à l'intérieur... (ouais, je sais, aujourd'hui, j'ai décidé d'être con)

Si vous pouvez mettre un chapeau par-dessus tout ça, c'est mieux, mais Monsieur est dans le moove quand même.

[vision de la mode par (respectivement) la Redoute, Somewhere et les 3 Suisses]

6 mai 2005

Les mondes engloutis

214Après que le Grand Cataclysme ait englouti leur île, les Arkadiens se sont réunis dans les strates (mondes souterrains) de la Terre sous la protection de leur soleil artificiel, Shagma, oubliant leur passé. Tout aurait été parfait si Shagma n'était pas tombé malade, menaçant la survie des Arkadiens. Ces derniers, incapables de le soigner, ont créé une femme, Arkana, à partir des archives interdites. Ils en ont fait leur messagère et leur dernier espoir de sauver Shagma.

Accompagnée de Shag-Shag, une sorte de vaisseau intelligent, et de Bic et Bac (deux petites bestioles humoristiques et sympathiques), Arkana part vers la surface pour retrouver le passé des Arkadiens et sauver son peuple. En chemin, elle rencontre les enfants Bob (Matt dans la version originale) et Rébecca, ainsi que Spartacus, un homme mystérieux qui semble être étroitement lié au peuple arkadien.

Dans leur périple à travers les strates, les aventuriers devront affronter des univers mystérieux et des personnages menaçants, dont une bande de terribles pirates.

Synopsis écrit par Sophie St-Arnaud.

Je retrouve avec nostalgie et par hasard ce dessin animé sur France 4, et en cherchant plus de renseignements sur le net, je tombe sur certaines personnes qui ont développé avec l'âge un esprit plus que critique (ça me fait beaucoup rire Matthieu, oui, tu vieillis). Je trouve toujours beaucoup de charme aux personnages même s'il ne "bougent pas en même temps" et j'avoue trouver le scénario bien ficelé. Que de mystère! Sauf que pour comprendre quelque chose au dit scénario faut suivre les épisodes, et quand on en prend un  en cours, on ne capte rien. J'étais malgré tout émerveillée de retrouver Shag-Shag, Bic et Bac et tous ces petits détails originaux qui faisaient de ce dessin animé un bon dessin animé.

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19 novembre 2004

Je vous re-souhaite...

...Tout le bonheur du monde


On vous souhaite tout le bonheur du monde
Et que quelqu'un vous tende la main
Que votre chemin évite les bombes
Qu'il mène vers de calmes jardins.

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Pour aujourd'hui comme pour demain
Que votre soleil éclaircisse l'ombre
Qu'il brille d'amour au quotidien.

Puisque l'avenir vous appartient
Puisqu'on n'contrôle pas votre destin
Que votre envol est pour demain
Comme tout c'qu'on a à vous offrir
Ne saurait toujours vous suffire
Dans cette liberté à venir
Puisque on sera pas toujours là
Comme on le fut aux premiers pas.


Toute une vie s'offre devant vous
Tant de rêves a vivre jusqu'au bout
Sûrement plein de joie au rendez-vous
Libre de faire vos propres choix
De choisir qu'elle sera votre voie
Et où celle-ci vous emmènera
J'espère juste que vous prendrez le temps
De profiter de chaque instant.

Ché pas quel monde on vous laissera
On fait d'notre mieux, seulement parfois,
J'ose espérer que c'la suffira
Pas à sauver votre insouciance
Mais à apaiser notre conscience
Aurais-je le droit de vous faire confiance...

SinsémiliaTout le bonheur du monde
2004  "Debout, les yeux ouverts". www. paroles.net

21 novembre 2004

Le ventre jaune...

Photo © Jules Fouarge

J'ai du Miossec dans mes oreilles ce matin, de la mélancolie qui se fait douce et forte...

Elle était de ces femmes qu'on embrasse sur les yeux
Dont on tombe sous le charme comme on tombe sous le feu
Elle était de ces femmes qui ne laissent pas les hommes silencieux
Dont on tombe sous la mitraille rien qu'en croisant ses yeux
Elle était de ces femmes qui ne semblent pas craindre le feu
Ni le bûcher ni les flammes tout en elle vous rendait heureux
Elle était de ces femmes qu'on prie pour qu'elle vous remarque un peu
On plongerait dans ses flammes pour seulement effleurer ses yeux
Elle était de ces femmes dont un sourire vous rend heureux
Pour elle j'aurais maudit mon âme, pour elle j'aurais maudit le bon dieu
Elle était de ces femmes dont on aimerait laver les cheveux
Dont on aimerait embrasser l'âme c'est le plus grand de mes voeux
J'ai rien dit devant cette femme même pas "au fait est-ce qu'il pleut ?"
Et l'enfant que vous êtes encore Madame me met les larmes aux yeux
Elle était de ces femmes qui n'ont pas le regard bleu
Dont les yeux ont versé trop de larmes pour croire encore aux cieux
J'ai rien dit devant cette femme même pas "au fait est-ce qu'il pleut ?"
Et l'enfant que vous êtes encore Madame me met les larmes aux yeux.

Puis il y a des mésanges qui viennent picorer des graines sur le bord de ma fenêtre. Elle sont belles, on dirait qu'elles sont maquillées pour partir à un défilé de carnaval...

[J'ai toujours rêvé de voler, sans doute que lui aussi]

8 juillet 2004

Eurockéennes 2004: chronique (2).

 

Ouais, je m'étais promis de le faire. Je vais pas refaire la prog', ce serait inutile. Juste à préciser qu'elle était particulièrement pointue cette année... Alors venons en aux faits.

Départ vendredi midi avec Neb, Pit le frère et Simon (prononcez Saymone). Les trois gars me cherchent à la sortie du taf et nous prenons la direction de Belfort après être repassés ici. Arrivés sur place, kro de rigueur à la main, sardine dans l'autre, nous montons l'igloo des deux jeunes. Neb ayant oublié la notre, nous étions condamnés à la première nuit dans la voiture. A perte de vue, des tentes, des couleurs, des véhicules, de l'enthousiasme. On rejoint le site via la voie ferrée comme chaque année. Réjouissance. Pourquoi ce soleil, c'en est presque inquiétant, y'a jamais de soleil aux eurocks, y'a anguille sous roche. On revend nos billets en rab arrivés sur place. Facile, le premier soir était complet et on cherchait pas à faire de bénéf', donc ça va vite. Arrivés devant les barrières, chacun sort son billet ET LA, C'EST LE DRAME. Simon (prononcez toujours Saymone) n'a plus son billet. Volé? Perdu? Que faire?

Après quelques minutes de réflexion, je traine Simon chez les gendarmes. Il avait a son bras le bracelet du camping qui prouvait que quelques minutes plus tôt, il avait encore son forfait. Les gentils gendarmes interrogent Simon (ne prononcez plus Saymone) et finissent par établir une déclaration de vol qui permet à ce dernier de récuperer un forfait sans avoir à débourser le moindre centime.

La bonne humeur est sauve. On pénetre sur le site. trois jours de 4eme dimension peuvent débuter. Une fois l'entrée passée, le temps perd de sa valeur. Rupture du continuum espace temps. De la bière, du son en permanence. Souvent assis dans l'herbe, souvent devant des scènes, à s'en mettre plein les oreilles et marcher, marcher, marcher... Il me restera de belles images. Des enfants qui galopent. La sieste dans la tente avec mon homme. Mes larmes sur certains morceaux de Pixies parce que c'était un peu comme d'entendre jouer Jim Morrison (j'écoutais Pixies quand j'avais 18 ans et je percevais alors une légende). La pluie uniquement le vendredi soir où on se dit c'est partit pour trois jours. Les dynamiques !!! (tchik tchik tchik) qui ondulent et dont la force set contagieuse. La tête des deux élèves que j'ai croisés et qui ont failli se sauver en me voyant (vous vous rendez compte, p'tain, c'est pas possible ça, y laissent même rentrer les profs!). Les cris de joie qui parcourent tout le camping même en pleine nuit. Ce type qui a dormi contre une bâche avec son chapeau de mexicain pendant plusieurs heures. Patach (d'ailleurs, je fais un appel à qui connait Patach, ce jeune homme qui s'est baladé vendredi avec une pancarte dans le dos / Peut-être que patach était un revendeur et que je passe encore pour une niase).

Dans l'ensemble, pas mal de frissons, mais moins que les autres années. Pas mal de fatigue aussi. Faut dire que la semaine précédente avait pas été de tout repos. Je remarque aussi un public de plus en plus jeune (ou est-ce moi qui me prends une claque de quart de siècle?) et toujours cette déferlante commerciale sur tout le site qui va jusqu'à pourrir les attentes de concerts. Certains diront que Placebo n'ont pas pris de risques, d'autres que Pixies avaient un son de m... Pour ma part, j'ai été assez bon public cette année. Mais foncièrement déçue par les Korn et Slipknot, que je présageais violents, mais desquels je pensais quand même pouvoir tirer quelque chose: je me suis sauvée. Aussi bien aimé la pèche de Goove armada, les petillants Seeed (du reggae allemand, si si!). Un peu déçue aussi par le Peuple de l'herbe que j'avais déjà vu plusieurs fois en concert (Peuple-peuple!). Trop court et un peu vide.

Voilà ma chronique, complètement désordonnée, je l'admets. J'avais besoin de balancer comme ça mes impressions. L'année prochaine peut-être...

15 octobre 2005

aUtOmNe.

C'est en mettant de l'ordre dans mes liens que je tombe sur sa note. Comme il faut bien un début à tout, je vais être un maillon de la chaîne. Je n'ai pourtant jamais répondu à ces lettres qui arrivaient dans ma boîte aux lettres et qui m'annonçaient les plus grands maux si je brisais la chaîne. Je suis plutôt heureuse jusqu'à maintenant, dans une bonne moyenne. Lui ne menace pas, il veut juste donner ses mots et je fais comme lui. Thématique: "Pourquoi j'aime / je n'aime pas l'automne / l'hiver". On se lance, y'a de quoi faire.

  • Je n'aime pas l'automne/l'hiver
  1. Parce qu'il fait froid/gris/mouillé.
  2. Parce que le vert disparaît et aussi la lumière et la chaleur.
  3. Parce qu'on est obligés de s'emballer dans des gros pulls, des vestes, des manteaux pour finir par ressembler à des bibendums.
  4. Parce que ma Whawha est partie à cause de ces saisons, du brouillard et de la nuit et... de mon inattention.
  5. Parce qu'on ne peut plus sortir, faire du vélo, se balader, respirer la nature sans se retrouver pétrifié par le froid.
  6. Parce que le froid et le vent tuent les odeurs, les parfums.
  7. Parce que j'ai besoin de trois fois plus de sommeil.
  8. Parce que les journées sont trop courtes.
  9. Parce que ça tire en longueur.
  10. Parce que ça a tendance à m'anesthésier les émotions.
  • J'aime l'automne/ l'hiver
  1. Parce qu'on mange bien: soupe de potiron, pain d'épices, chocolats, petits gâteaux de Noël, le vin chaud et tout un tas de bonnes choses pour se réchauffer.
  2. Parce que le Saint Nicolas vient nous voir.
  3. Parce que c'est l'anniversaire de mon papa et de ma maman
  4. Parce que forcément, y'a Noël, les cadeaux et toute cette chaleur qui se dégage des gens qu'on aime.
  5. Pour les couettes, les couvertures en pilou, les chaussettes en laine, pour se blottir bien au chaud et regarder le froid derrière les carreaux.
  6. Pour attendre la belle saison avec impatience parce qu'on sait qu'elle revient toujours même si elle sait se faire attendre.
  7. Parce que la lumière bleue d'un ciel glacé est parfois merveilleuse.
  8. Parce que c'est l'occasion de lire/écrire/regarder de bons films/ aller au cinéma/faire du courrier.
  9. Parce que je peux mettre mes collants de toutes les couleurs que je peux pas sortir en été.
  10. Parce que Tété chante "A la faveur de l'automne".

rouge

Qui prend la suite?
Il en faut quatre...

13 novembre 2014

Marie.

Marie a 18 ans. Elle vient de laisser derrière elle une journée de cours et se régale à l'idée de ce jour férié qui lui permet d'aller faire la fête avec les potes de sa promo. Elle a soigné la tenue et le maquillage. Marie est discrète mais souriante. Elle sourit quand elle monte dans sa voiture. Elle sourit aussi quand elle reçoit ce message quelques minutes plus tard. Elle sourit toujours en y répondant. Puis sa voiture va s'enrouler contre un arbre. Marie n'est plus.

Lundi prochain, je serai l'enseignante qui va retrouver cette classe à son retour dans son centre de formation. Avec une élève de moins sur la fiche d'émargement. Une chaise vide. Marie n'est plus.

chaises

1 septembre 2014

Mariage heureux.

C'est un soir d'été qu'on annonce pluvieux. Pourtant les épaules des convives sont dorées, parfois même rougies par l'émotion et le soleil. La magie du lieu fait pousser des Oh" de surprise et de "Ah" de plaisir. Les couleurs et les codes s'emballent et trépignent de bonheur : un mirabellier aux fruits roses, un agneau noir de trois jours, une mariée pieds nus, un baiser lointain sur les vagues de la colline, des jupes qui volent et des sachets de thé sur cartes postales... Les sourires se répondent et le temps se suspend à la ligne verte des montagnes. L'espace du temps d'un double oui, c'est le partage d'un projet de vie.

Le lendemain, autour d'une autre table, j'ai levé un verre de bulles aux quarante ans de mariage de mes parents.

Moi qui ai souvent vociféré et grogné pour faire savoir à quel point je détestais les mariages, j'ai trouvé cet été un peu de beauté, un peu de sens.

coiffure

colline2

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***

 

18 décembre 2011

La grosse sieste.

Diane groseille s'est endormie. Je pourrais vous pondre un truc bien poetique avec des références à Morphée ou à Rimbaud mais en fait non, allons droit au but : elle a pioncé comme un gros sac, épuisée de me voir galoper dans tous les sens. Elle m'a laissé toute la place pour aller faire son gros roupillon dans son coin. Et j'avoue que les derniers temps, je pensais même plus à elle, débordée que j'étais par mes objectifs, mes priorités. J'aurais pu aller la réveiller, la bousculer un peu, histoire qu'elle vienne ici proposer quelques mots, mais ça ne m'est même pas passé par la tête.

Je me demande aujourd'hui ce qu'elle devient, si elle sait toujours écrire, si elle a toujours quelque chose à dire. Je vais lui faire un signe, un petit câlin du matin et nous verrons bien...

coucher-de-soleil

***

30 août 2011

Fil de saisons, bobine de temps qui passe.

Une salle de cours retrouvée. Des élèves en plein examen blanc, ça attaque sévère. Six heures de travail derrière moi, des trombes d'eau au dehors et je m'accorde un temps de repos avec l'éciture de quelques mots sur les pages de Diane. Deux saisons de silence et je repasse par ici, cette vie virtuelle en pointillés se poursuit, comme celle réelle que j'ai laissée filer les derniers mois.

Les semaines ont roulé comme de petits cailloux ronds. Il y a eu cette fin d'année des plus douloureuses. Crise d'angoisse violente pour des clopinettes et fatigue accumulée au point d'exploser. Les larmes ont coulé souvent et je ne trouvais pas les mots pour expliquer cette matière visqueuse et sombre qui coulait alors en moi. J'ai reconnu à certains moments cette obscurité qui s'était emparée de moi deux ans plus tôt. Je me suis retrouvée face à face avec elle. Je me suis battue pour ne pas la laisser s'installer à nouveau dans ma vie.

Ensuite, il y a deux mois très particuliers. Dès la fin de mes cours, j'ai jeté quelques affaires dans un sac à dos et je suis partie trois semaines en Grèce pour y vadrouiller avec une vingtaine de jeunes. La fatigue toujours là, des appréhensions et du mal à m'affirmer : au final, une formule bien différente de mon séjour en 2010. Des souvenirs d'eau bleu turquoise, de pierres blanches, de rues crasseuses à Athènes, d'îlots paradisiaques. De belles rencontres, mais aussi de belles prises de bec. Au retour et aujourd'hui encore, des questions sans réponses autour de ces difficultés à communiquer.

29

Puis mon mois d'aout est celui du repos et du partage. Gab et moi, tranquilles, virevoltant entre siestes crapuleuses, lectures à l'ombre d'un bel arbre, balades en montagne et bons repas. Beaucoup de temps passé avec mon Lu aussi et ma solitude retrouvée.

champ-neuve-eglise

Puis sur les dernières semaines, les doutes qui s'installent méchamment. Mon emploi du temps de rentrée était des plus flous et il l'est toujours. J'ai appris les derniers jours à composer avec, à avancer sans trop savoir où je vais exactement. Je récupère cette année de nouvelles classes dans de nouveaux centres de formation. J'avais pour objectif de ne plus travailler à M., mais je ne cumulerai finalement pas assez d'heures pour me permettre ce caprice. Il va falloir continuer les aller-retours et accepter ce qu'on veut bien me donner.

Côté famille, j'ai eu beaucoup de peine pour mon frère, pris cette année dans les pâles géantes de l'éducation nationale, se retrouvant, tout jeune-bébé enseignant, à 500 kilomètres de chez lui, à se débattre pour la première fois, seul, devant des classes de lycée professionnel. Je l'ai entendu dire dimanche dernier "je veux pas être prof !". Il a en fait passé un concours "pour voir" et s'en retrouve titulaire, presque par accident. Bien sur, il doit y aller, savoir à quoi ça ressemble, se faire une idée. Mais je tremble pour lui, je sais quelles claques on peut se prendre en pleine face les premiers temps. Et c'est mon petit frère, faut pas lui faire de mal...

Gab me faisait remarquer à juste titre à quel point je compare. Ma rentrée avec la précédente, mon séjour en Grèce avec celui de l'an passé, l'expérience de mon frère avec la mienne... Et je réalise à travers cette remarque simple mais pertinente, à quel point ma vie est faite de cycles. Ma vie de prof d'abord qui impose un rythme et un éternel recommencement. Mes mécanismes de réflexion finalement qui sont sans doute calés sur mon mode de vie et qui semblent parfois tourner en rond. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas peur et j'avance avec une énergie retrouvée vers des mois de découverte...

 

11 avril 2011

Magnolias.

Un soir, rouler dans la lumière déclinante vers l'Ouest. Avaler la route vers l'horizon. Courir après ce soleil fuyant. Lumières rouges & ocres. Puis des déclinaisons de turquoises, de fushias et de pourpres, comme voilées et mutées en pastels. Sur les bords du bitume, des touffes de buissons fleuris, qui semblent se blottir dans les prés, moutons pudiques du printemps.

plateau_lorrain

Chez moi, je ne vois jamais ces couleurs. Jamais tout à fait les mêmes car conjuguées différemment, selon le mode impératif de la ligne bleue des Vosges qui nous prive des queqlues minutes de soleil en plus.

J'ai fait cette route, quelque deux heures et demi, pour passer trois jours avec Gab. Trois jours dans la ville jaune de Metz. Trois jours à faire barrage au temps. Ce temps si précieux en ce moment qui fait faner si vite les fleurs des magnolias, bijoux  fragiles qui se retrouvent en quelques journées ensoleillées pourriture au sol.

magnolia

***

26 octobre 2010

Les écorchés.

Emmène-moi danser
Dans les dessous
Des villes en folie
Puisqu'il y a dans ces
Endroits autant de songes
Que quand on dort
Et on n'dort pas
Alors autant se tordre ici et là
Et se rejoindre en bas
Puisqu'on se lasse de tout
Pourquoi nous entrelaçons-nous ?

Allez enfouis-moi
Passe-moi par-dessus tous les bords
Mais reste encore
Un peu après
Que même la fin soit terminée
Encore un effort
On sera de nouveau
Calmes et tranquilles, calmes et tranquilles

nappe_rouge

***

19 mars 2010

Tomber est permis, se relever est ordonné.

tulipes_floues

Une fin de semaine. Encore de longues heures de surveillance devant moi et je file chez le Pooh. Nous nous rendons ce soir au concert de Gérald. Comme un vieil ami que l'on retrouve. Elle est fan depuis des années, depuis le début. Et je la suis, à chaque fois, avec le même plaisir. Puis je la vois si peu que chaque moment passé avec elle est précieux.  Je pense à sa vie qui a tant changé les dernières années. Elle vit maintenant avec ce grand gaillard si gentil, ils ont acheté une maison, ils ont un chien et un chat, ils voudraient un enfant, mais la nature leur complique un peu la tâche. Ce soir, il sera forcément doux de passer ce moment avec elle.

Et puis des nouvelles de cette truffe de Nam malheureusement. J'avais perdu mon portable pendant deux jours, il s'était faufilé sous le siège de ma voiture. Lorsque je l'ai retrouvé hier soir, il y a avait plusieurs messages de lui : "il faut qu'on parle", "je te rappellerai"... Je ne comprends pas. Pour ma part, les ponts sont coupés depuis son retour calamiteux début janvier. Tout avait été si décevant, j'en étais arrivée à le trouver insupportable, arrogant et torturé (les trois étant liés). Après lui avoir clairement expliqué mon point de vue sur la situation, j'avais simplement mis fin à tout échange avec lui et je pensais que les choses étaient ainsi suffisamment explicites, que tout avait été dit. Il y avait eu si peu entre nous qu'il n'y avait rien à regretter, bien au contraire... Mais il insiste. Je ne donne pas suite. Rien de plus à dire. Je suis cependant obligée de le voir dans un contexte bien différent (celui où je l'ai rencontré) et ce qu'il peut y proposer est de plus en plus navrant. Est-ce un moyen pour lui de me faire réagir ?

Le contexte en question : le théâtre d'impro. Depuis septembre, je suis à la tête d'une association. Nous sommes une petite vingtaine et les choses prennent forme tout doucement. Il est tellement gratifiant d'en être arrivée là. Lundi soir, nous avons fait nos premiers pas devant un public. Tout le monde a été excellent. J'étais si fière d'eux ! Mais au milieu de ce tableau, il fallait une touche sombre : ce fut Nam.  Je n'arrive pas à savoir pourquoi, mais il a fait n'importe quoi ! Aucune écoute, aucun respect des règles, froid, distant, agressif. Ensuite, nous sommes tous allés célébrer notre réussite autour d'un bon repas, et lui en a profité pour boire plus que de raison (il lui en faut si peu d'ailleurs). Il est parti avec une tête de chien battu que personne n'a comprise.  Je ne pensais pas avoir encore l'occasion de développer autour de ce sujet, mais je suis abasourdie par tant de bêtise et de puérilité !

Mais tout cela ne parvient pas à me pourrir la vie, plus cette fois. Je suis forte et je garde mon énergie. Il ne me fera pas plier. Le rhume qui m'a plongée trois jours en apnée non plus. L'absence de Lu et le silence de Neb à ce sujet : je n'y pense pas. Les factures que j'ai du mal à payer  : et alors ? Pas même ces tas de copies qui s'amoncellent sur mon bureau !

***

4 février 2010

Quid novi sub sole ?

Des jours plus difficiles. J'ai trébuché. On appelle ça "rechute". Mon médecin avait voulu réduire les doses. J'étais confiante. J'avais presque fini par croire que cette force en moi ne pouvait venir que de moi. Mais non, une feinte de la part des médicaments. C'est venu vite. D'abord, du mal à se lever le matin. Des envies qui se font plus timides : aller travailler, se faire à manger, sortir voir du monde...

Puis l'autre soir, après l'atelier théâtre, comme tous les lundis soirs, nous nous sommes retrouvés autour d'une table. En fin de repas, alors que nous parlons de l'amour avec un grand A, Christophe me dit qu'il me souhaite "bonheur et douceur". Je rétorque comme à chaque fois, convaincue, que je suis heureuse comme ça. Plus tard, je monte dans ma voiture pour le trajet retour. Je me sens fatiguée, lassée. En roulant, sans réfléchir, je sens cette vague qui gronde en moi. Je ne veux pas pourtant, mais je sais que je ne peux rien y faire. Les mots de Christophe résonnent. Puis elles arrivent, douloureuses et rassurantes à la fois, les larmes qui n'avaient pas coulé depuis des mois. Ça a duré toute la soirée et je me suis endormie avec des sanglots dans la gorge. Le matin au réveil, elles étaient toujours là, plus sournoises, lancinantes.

J'ai filé chez le médecin. Il m'assure que c'est une erreur de sa part, qu'il était sans doute trop tôt, que les failles étaient encore là. Il dit que ce n'est pas un signe de dépendance, simplement la preuve que la dépression était sérieuse et que les médicaments sont efficaces. J'ai besoin de temps pour me reconstruire. Je me sentais pourtant si bien. Alors je suis repartie pour trois mois de traitement comme au début.

Je me sens seule. Il y a encore quelques semaines, quelques jours à peine, je trouvais cette solitude douce et tellement confortable. Puis là, une présence me manque, je suis prise de panique parfois. Je ne parviens pas bien à gérer le temps lorsque je suis chez moi toute seule. Je retrouve les angoisses de cet été que je pensais disparues à jamais. J'ai du mal à me mettre au travail, j'ai l'impression d'être toujours débordée.

Côté Nam, silence radio. Enfin, j'ai réussi à me débarrasser de cette histoire. Il y avait quelque chose de plaisant à l'idée de séduire mais je savais depuis le début qu'il ne pourrait rien y avoir entre nous. Il a fait "ses preuves" en rentrant de son voyage au bout du monde. Il s'est montré plus odieux que jamais (et pourtant, il avait déjà été bien lourd). J'ai senti la distance se creuser entre nous, j'ai compris que je ne voulais vraiment rien attendre de lui. Je l'ai écouté parlé seul, j'ai pris conscience de la dimension de son égo. J'ai observé patiemment tous ses défauts qui en sont devenus très vite insupportables (sa façon de claquer ses talons au sol, de manger la bouche ouverte, ses ronflements, ses trous de mémoire pour tout ce qui ne le concerne pas, son air blasé...). Il a insisté pour que je ne sois pas sévère avec lui, pour que je lui laisse des chances. Nous avons cumulé des soirées durant lesquelles je n'ai pu qu'affronter l'évidence : un boulet ! Il a fini par me dire que sa séparation était la décision de son ex' et qu'en prime celle-ci était enceinte (ça je l'ai su plus tôt). J'ai fini par lui envoyer un mail pour qu'il ait sous les yeux les mots qu'il ne voulait pas entendre : je ne souhaite plus le voir et maintenant, il sait exactement pourquoi.

Je ne vois pas grand chose devant (là aussi un point commun avec mon état d'esprit estival). Un voyage de quatre jour à l'autre bout de la France, du travail, des échéances sur les quelques projets en cours. Le printemps aussi. Et je gobe tous les soirs ma petite pilule en espérant que mes repères se redessinent.

Mousse_et_glace

2 janvier 2010

Connexions bienveillantes.

La machine ralentit. Tout doucement. Je réalise que j'ai été prise dans un tourbillon. Très agréable pour une fois, plein de paillettes, de sourires, de tendresse, de chaleur et de surprises. Le temps est élastique et j'ai su trouver la place pour tant de nouvelles choses alors que j'avais l'impression de saturer avant. Je voulais sans arrêt cloisonner, anticiper et ça ne me permettait plus de vivre chaque instant. Tout semble plus facile aujourd'hui. Les dernières semaines ont été évidentes : pas d'accrochages, pas de contrariétés ou si peu. Je dis oui quand on me propose quelque chose sans trop réfléchir, sans plus anticiper. Toutes les portes restent ouvertes. J'ai l'impression de m'être (r)éveillée.

Mon premier semestre touche à sa fin, je m'en sors, malgré ce nouvel employeur qui me donne quinze heures hebdomadaires en plus. Les paquets de copies s'entassent et je suis obligée de solliciter la patience de mes étudiants et de certains employeurs aussi qui donnent des délais très courts pour les bulletins et les remises de notes. Heureusement, j'aime ce que je fais. En ce moment en particulier, alors que je retrouve une certaine confiance, je suis souvent emplie par cette sensation d'efficacité et d'utilité. Lorsque je les vois réfléchir, travailler, poser des questions.

Nam est parti mi décembre au bout du monde. Tout est passé si vite. Il m'a fait parvenir quelques mails , mais ce fut une parenthèse silencieuse. J'avoue que je n'en suis pas étonnée. L'exotisme du lieu et l'omniprésence de sa copine m'ont sans doute complètement effacée. Je pense souvent à son retour et je me questionne sur la teneur de notre relation à ce moment là. Il était si tendu avant son départ.

J'ai revu Neb souvent les derniers temps et je l'ai senti si perdu et si fragile. J'ai de la peine pour lui, je n'ai pas pu lui apporter le réconfort dont il aurait eu besoin, je n'ai pas pu être là. Ce n'est sans doute plus à moi de l'être. Pourtant, je me sens toujours responsable. Je crois et j'espère avoir fait pour lui tout ce que j'ai pu. Maintenant, il part rejoindre ses montagnes. Plus rien ne le rattache à ma région, il dit ne plus avoir sa place ici. Bien sur, il reviendra pour voir Lu et ses amis.

J'ai effectué la transition 2009-2010 chez mes parents. Ils sont partis en Italie et je me suis occupée de ma grand-mère. Comme cet été. Il a été doux de se retrouver dans ce cocon d'habitude si agité par la vie familiale, les rires. Là, il n'y a eu que moi et Lu. Le calme de cette grande maison vide. Ma grand-mère vit juste à côté. J'ai essayé de lui tenir compagnie, mais ses propos sont de plus en plus incohérents et elle ne parvient plus a suivre le fil d'une conversation. Parfois, je vois le vide dans ses yeux et j'imagine ces grands ciseaux dorés dans sa tête qui ont coupé le fil. Parfois, c'est arrivé et elle m'a simplement dit "ça y est, c'est de nouveau parti". Je me pose beaucoup de question sur la matérialisation des pensées, comment voit-elle les choses, que comprend elle encore. La vieillesse est quelque chose qui m'interroge : à la fois la difficulté de voir son corps et son esprit ralentir, mais également la perception de ces personnes par la société, si différentes dans d'autres cultures.

J'attaque cette nouvelle année sereine et positive. Cette date n'est que symbolique mais j'espère qu'avec elle se tourne définitivement la page grise de cette période si difficile. J'en ai bavé et je regarde maintenant tout cela avec beaucoup de questions. Comment ai-je pu me sentir si mal, si loin, comment n'ai je pas réussi à trouver les ficelles pour m'en sortir, où étaient passées ma détermination et ma force. Les épreuves n'ont pourtant pas été si dures. Là aussi, les mystères du cerveau me laissent sans voix.

***

champ_de_neige

23 mai 2009

J'ai dû me gourer dans l'heure, j'ai dû me planter dans la saison.

Un samedi soir. Entre chien et loup, lu et moi sortons errer dans la quartier. Partout, des éclats de voix, des éclaboussures de rire s'échappent des fenêtres ouvertes. Ce sont les plus beaux jours de l'année, ceux de l'amitié, des amours naissantes, des alchimies de rencontres nouvelles. J'imagine ce qui se passe derrière les haies d'arbustes ou au dernier étage de cette grande maison : des groupes d'amis partagent les choses évidentes de la vie, un bon repas, des moments simples. Lu ne semble pas perturbé. Il renifle ce que la journée a laissé derrière elle d'odeurs nouvelles. Je traîne mes sandales sur le bitume chaud, j'emplis mes poumons de l'air lourd du parfum des fleurs, je n'ai pas envie de rentrer... Dans l'ascenseur, je trouve mon reflet dans le miroir agréable, malgré mes yeux fatigués.

Voilà une semaine que je vis seule. Je pensais d'abord que c'était une bonne période pour aborder sereinement cette solitude toute neuve. Et ce soir, en rentrant chez moi après cette douce balade, j'ai trouvé mon appartement plongé dans le noir. Il est difficile de se retrouver entre ces murs qui sont aujourd'hui les miens et qui ont été  il y a peu les nôtres. Neb vide au fur et à mesure des placards. Il passe ici comme un fantôme, remplis des cartons, me salue à peine. J'essaye tant bien que mal de me réapproprier ces lieux qui se vident de sens jour après jour. J'ai planté cet après-midi des tomates et quelques herbes aromatiques sur le balcon, J'ai trié des affaires, je m'apprête à faire un peu de peinture. Mais tout ceci ne comble pas le vide laissé.

ciel_rose_et_bleu

J'ai accepté par erreur ton invitation

J'ai dû me gourer dans l'heure

J'ai dû me planter dans la saison

Si j'ai confondu avec celle qui sourit pas

mais celle qui est belle bien entendu

et qui dit beau dit pour moi

tu sais j'ai pas toute ma raison

si j'ai toujours raison

tu sais j'suis pas une fille sympa

et j'merde tout ça tout ça

tu sais j'ai pas confiance

j'ai pas confiance en moi tu sais

j'ai pas d'espérance et je merde tout ça tout ça

si tu veux on parle de toi , si tu veux on parle de moi

parlons de ta future vengeance que tu auras toi sur moi

disons entrecoupé d'silence

qu'on est bien seul pour une fois

qu'on est bien parti pour une danse

ça ira pas plus loin tu vois

J'ai accepté par erreur ton invitation

j'ai dû m'gourer dans l'heure

j'ai dû me planter dans la saison

Reste à savoir si on trace

un trait un point dans notre espace

Si j'ai pas toute ma raison si j'ai toujours raison.

22 mai 2009

Un autre été.

Une carte mémoire perdue l'été dernier a fait sa réapparition,
à l'occasion du déménagement de Neb
qui a brassé des sacs, des meubles,  des contenus de placards...

Je ne pensais pas revoir un jour les images
de cette belle randonnée faite au-dessus de Barcelonnette...

Et aujourd'hui, alors que je n'ai pas pris un cliché depuis des semaines
et que l'idée d'un départ en vacances cet été semble pure abstraction,
il est tendre de voir comment lumière et couleur savent parler de bons moments;

papillons

Bien plus par ici sur "petit nid"

***

18 mai 2009

En rose et gris.

Arrive le temps du concret. Voilà deux mois que la décision est prise et Neb est parti ce week-end J'ai envie de dire "enfin" mais je n'y arrive pas. Depuis début mars, nous vivons sous le même toit, j'observe la facilité avec laquelle il rebondit, il reconstruit sa vie et son réseau d'amis. De mon côté, bien que la décision m'appartienne, je coule assez régulièrement, je bois la tasse pour finalement venir récupérer un peu d'air à la surface. J'essaie désespérément d'y voir clair :

Voir la vie en rose, c'est positiver cette décision. Bien sur, j'ai fait le bon choix, ça ne pouvait pas continuer comme ça, nous n'étions plus un couple et je nous ai rendu service à tous les deux en prenant une décision qu'il n'aurait jamais prise. Aujourd'hui, je me sens libre d'avancer et de construire quelque chose de solide, seule. J'exerce un métier qui me plait, au travers duquel je m'épanouis car je me sens utile. Le rapport que j'entretiens avec mes collègues, mes étudiants et mes patrons est excellent. Des liens se sont tissés cette année avec certains, je ne crois pas avoir déjà passé une année aussi riche professionnellement. Je me sens également bien dans mon corps, j'ai perdu quelques kilos et ce n'est qu'un début (j'aime l'idée en ce début d'été de "me débarrasser d'un poids"). Je vais me remettre au sport et dépasser mes limites : me fixer des objectifs. J'ai un appartement que je garde (malgré les complications que ça va représenter), je m'y sens bien et le départ concret de Neb et de ses meubles va me permettre de m'y réinstaller, de modifier certaines choses pour marquer cette rupture. Ma famille est un soutien de tous les jours, ils sont là et ne me jugent pas, ils m'appuient dans chacune de mes décisions, ils m'écoutent malgré les sautes d'humeur qui me caractérisent en ce moment  J'ai mon Lu, cette petite vie qui va rester près de moi, qui m'apporte tant, que je me dois de protéger. Je veux préserver cette solitude naissante et fragile, cette autonomie précieuse, j'ai envie de structurer ma vie autour de ce/ceux que j'ai déjà. Je veux réapprendre à savourer cette indépendance que j'ai tant aimée.

demi_cosmos

Puis certains jours, malgré tous ces éléments positifs, le gris prend le dessus. Alors que l'on  connaît les plus belles journées de l'année, un voile sombre vient ternir mon quotidien.

Voir la vie en gris, c'est voir cette décision comme la fin de quelque chose, et rien d'autre, c'est ne pas réussir à voir devant. Ne voir que l'instant présent, un arrêt sur image, étouffant, pétrifiant. Je fais le point sur tout ce que j'ai voulu construire, sur ces projets que je pensais communs et qui n'appartenaient qu'à moi, aujourd'hui avortés. Je me sens cruellement seule, et je vois le passé comme une grande parenthèse glauque, une trahison, alors que je pensais être comprise et partager. Je ne sais pas comment je vais réagir à la solitude qui suivra puisque je ne l'ai pas connue depuis longtemps. Neb me renvoie en permanence la richesse de son carnet d'adresses au visage. Il sort, en revient souvent ivre et agressif. Je me fais du soucis pour lui. Je ne sais pas comment il va reconstruire sa vie et s'il ne va pas basculer. Tout le monde me dit que ça ne me regarde plus, si seulement c'était si simple. De mon côté, je n'ai que peu d'amis, je n'ai pas envie d'en trouver d'autres, les gens me déçoivent, je me sens blessée et je suis envahie par une volonté de m'isoler. Je vois les vacances arriver comme une épreuve. J'imagine de longs passages à vide. Je ne me pense plus capable de faire confiance, peut-être même plus à moi-même. Un pan de moi-même, de ma force, s'est écroulé, lourdement, peut-être définitivement.

mur

J'essaye de trouver une constance dans cette période de doute. J'ai besoin de me retrouver. Les questions se bousculent. et restent sans réponse. Suis-je capable de vivre seule ? Peut-on reconstruire sa vie à trente ans ? Ai-je envie de la reconstruire? Puis-je encore aimer ?

***

5 avril 2009

Tulipes forever.

Une maison propre, cuisine impeccable, linge lavé et rangé, juste ma paire de talons qui traine sur la parquet du couloir.  La télévision et à travers elle Harrison Ford marmonnent des choses que je n'écoute pas. Il me reste des documents à classer pour attaquer sereinement cette trop longue semaine pourtant raccourcie par le vendredi férié spécifique à ma région. Je vais boucler près de quarante heures de cours en quatre jours. Journées qui vont souvent s'achever après neuf heures. Il va également falloir corriger au plus vite ces quatre-vingts-dix copies dont les notes sont à enregistrer pour le quinze du mois. Et comme je pars quatre jours en Italie avec ma famille, il faudra terminer ça avant !

Ce programme me convient : il me permet d'écarter les idées sombres, celles qui ne me laissent pas entrevoir un avenir après tant de projets avortés. Sentiment d'échec, de blocage net en pleine course. Envie de me blottir sous ma couette et de ne me réveiller que dans quelques mois, quand la tempête sera passée. Parce qu'elle va passer.

tulipes_roses

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20 juin 2008

La grande ville.

J’ai grandi à la campagne, la maison familiale était située à quelques centaines de mètres de la forêt, au pied d'une petite montagne bleue. Il suffisait de quelques foulées pour arriver essoufflé, dans la fraicheur des sous-bois. Ma sœur, mes voisins et moi y construisions des cabanes dans lesquelles nous cachions des trésors de pacotille et qui nous servaient de refuges les journées trop chaudes d’été. Il y a avait à chaque coin de rue dans mon village des fontaines dans lesquelles nous pataugions, et dont l’eau glacée que nous buvions malgré les interdictions maternelles, nous collait des crampes abominables. Je me souviens des limites de nos territoires, ces zones obscures et sauvages qui s’étendaient au-delà de nos habitudes de jeux et qui nous effrayaient sans qu’aucun de nous n’ose l’avouer. Il me reste l’ivresse de nos virées à bicyclette, courses folles dans la verdure dont on revenait avec les jambes griffées et des bleus aux genoux. Tout est aussi flou que ces fins de journées estivales où l’on restait dehors le plus tard possible, sans se soucier de la nuit, sans savoir quelle heure il était, criant et chantant pour ne pas entendre les appels des parents qui nous voulaient au bercail. Les odeurs de chacun de ces moments sont par contre toujours là, intactes, écrites quelque part avec une précision que le temps ne gomme pas. Il me reste de mon enfance cette sensation de liberté et d’insouciance, et je pèse avec le temps la chance que j’ai eu de grandir dans cet écrin de verdure.

Herbe

Mes grands-parents quant à eux vivaient en ville. Et de temps en temps, souvent le mercredi après-midi, on nous installait dans la voiture après nous avoir débarbouillées ma sœur et moi pour une expédition citadine. La ville représentait pour nous à la fois le danger, l’oppression et l’inconnu : un univers trop lointain et trop différent du notre. Mes grands-parents occupaient le rez-de-chaussée d’un petit pavillon avec jardin, tout près d’une place bruyante et grouillante. Je garde surtout cette image des volets clos de la cuisine qui retenaient la fraicheur des petits matins et laissaient filtrer des rayons de lumière trahis par des poussières en suspension, comme des lucioles. Dans ce petit jardinet auquel on accédait pas un escalier de pierres, des graviers qui crissaient sous les semelles, un grand sapin et cette grille haute qui nous protégeait de la ville toute proche. Parfois nous passions sur cette grande place qui me semblait alors immense : en son centre, une église aux dimensions effrayantes comparées au clocher de mon petit village. Tout autour, des dizaines de commerces, des gens pressés et bien habillés, des voitures. Et cette impression à chaque fois que c’était le cœur de tout, là où tout se passait, une fourmilière. Je sentais ma mère  à la fois émoustillée et intriguée par cette énergie et ce va-et-vient. Ma sœur et moi, avions des consignes strictes : rester sages comme des images et mesurer chacun de nos gestes, ce qui nous confortait encore dans l’idée que cet univers si particulier n’était pas le notre

***

Aujourd’hui, près de vingt ans plus tard, je vis dans ce même quartier. Je m’y suis installée il y a plus d’un an maintenant, un mois après le départ de ma grand-mère qui y vivait seule et qui a choisi de s’installer chez ma mère à la campagne. Comme un échange. Notre nouvel appartement est situé à l’autre bout de la place et chaque jour j’emprunte ces mêmes trajets qu’autrefois, et des images me reviennent de ce qui m’impressionnait alors et qui est devenu si banal aujourd’hui. Ce que je considérais comme une grande ville n'est qu'un petit quartier presque tranquille, comme un village à l'intérieur de la ville.

place_de_l_eglise

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15 décembre 2010

Je vois tes volutes bleues.

Plus d'un mois sans cigarettes. Finie et oubliée la tige puante. Et ce fut déconcertant de facilité. Le plus dur, ce n'est pas de ne plus fumer, c'est d'écraser cette dernière cigarette.

Il y a quelques mois, j'ai recommencé à fumer. D'abord quelques bouffées sur la cigarette des autres, pendant des soirées bien arrosées. Puis, une cigarette entière de temps en temps, mais en refusant de l'allumer moi-même, avec cette illusion de maîtriser encore la situation. Puis de façon réfléchie et consciente, l'entrée dans le bureau de tabac pour y racheter un premier paquet qui sera alors suivi de centaines d'autres.

L'été, on peut trouver ça agréable. S'en griller une avec une bonne mousse sur la terrasse d'un café, en plein soleil. Oui. Mais mon problème, c'est que je n'ai jamais su me limiter. Alors, il y aura eu celle-ci mais aussi toutes les autres. Celles qui n'ont plus rien d'agréable, celles qui font tousser, cracher, se sentir mal, celles que l'on fume au saut du lit, avant même d'avoir bu un verre d'eau, celles qu'on oublie même d'avoir fumées tellement elles deviennent automatiques, celles qui ont un goût dégueulasse, celles qui nous obligent à nous excuser, à nous isoler, à avoir honte.

En reprenant, j'en suis très vite arrivée à ma consommation d'avant, il y a huit ans. Peut-être même plus. Et cette pensée "tant qu'à fumer...", sous entendu : tant qu'à être dans la faute, autant y être pour de bon. Et s'en allumer une dès que c'est possible, même si on en a pas envie. Avec cette culpabilité permanente, sentiment d'échec évident, lâcheté, trahison.

Puis vient dès le début cette décision : je dois arrêter & je vais arrêter. Le plus dur, c'est la peur de ne pas y arriver. Parce qu'on est persuadé qu'on a besoin de la cigarette, qu'elle nous apporte quelque chose. Et dès les premières semaines, j'en suis venue à me demander comment j'avais fait pour passer toutes ces années sans elle. Elle est redevenue omniprésente rassurante. On fume pour s'occuper, pour se déstresser, pour se motiver, pour ne pas s'ennuyer, pour se donner du courage., pour se donner une contenance, pour introduire ou pour conclure. Avant de se coucher, le matin au réveil, en montant en voiture, avant le repas, après le repas... Au bout de quelques jours seulement, elle a fait partie de moi à nouveau.

Ce ne fut pas évident mais voilà donc un mois que grâce à lui et son livre magique j'ai à nouveau supprimé la cigarette de ma vie. Cela peut sembler invraisemblable compte tenu de ce que j'ai décrit jusque là mais c'est pourtant très simple. Et je suis à nouveau libre. Libre de ne plus sentir le tabac froid, de ne plus claquer mon fric, de sentir ce que je mange, de ne plus m'inquiétr à la première douleur ou quinte de toux... Libérée de la cigarette !

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18 avril 2007

Seulement en rêve.

Only in dreams de Weezer.
Redécouvert, sorti d'un petit tiroir poussiéreux grâce à ce blog.

Un petit intermède musical,
selon moi, la montée en puissance d'un orgasme,
faite de notes de musique.
Par pitié, montez le son
fermez les yeux et
écoutez le jusqu'au bout.
C'est une vraie jouissance.
Nostalgie de mes années de lycée.

oeil

Et en bonus, Say it aint so. Toujours de Weezer.

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Diane Groseille
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