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Diane Groseille
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4 décembre 2005

Plaidoyer contre les marchés de Noël.

Pour quelles raisons je déteste les marchés de Noël:

  1. Trop de monde, des bus entiers sont "vidés" toutes les dix minutes à l'entrée même du marché et plus de cinquante personnes armées de leurs appareils photo et de leurs porte-monnaie se ruent dans les allées étroites déjà bondées.
  2. Plus d'esprit de Noël, si ce n'est la petite musique agaçante en fond et l'odeur du vin chaud.
  3. Des bricoles made in Taiwan en vente à tous les stands,  presque plus d'artisanat.
  4. Des prix exorbitants: cinq euros la boule pour le sapin.
  5. Des gens qui trouvent intelligent de venir avec des poussettes pour vous massacrer les tibias et les mollets ou avec leur chien pour que celui-ci se fasse piétiner pendant trois heures.
  6. Pas de place pour se garer, jamais, sinon, c'est pas un vrai marché de Noël.
  7. Une foule énervée de s'être déplacée pour si peu, tant d'attente et tant de monde, rien à voir au bout du compte. "On m'y reprendra pas à venir au marché de Noël".
  8. Des dames qui se sont faites belles comme pour aller à un mariage, qui ont sorti la fourrure et qui sentent le parfum à trois cents mètres.
  9. Trois quarts d'heures d'attente pour une crêpe chocolat banane.
  10. Une foule de beaufs qui défilent avec des bonnets de père Noël lumineux, qui clignotent, qui chantent, voire qui vibrent.
  11. Des gens qui crient, toujours, avec leurs gosses ou leurs conjoints.
  12. Une sale odeur de fric, partout.
  13. Des manèges flashy avec de la musique à fond, des loupiottes partout.
  14. Des animaux qui sont parqués et tripotés toutes la journée par tous les gens qui passent.
  15. Des ventes de voiture téléguidées, de remèdes contre les verrues, de pipes à eau, où est l'esprit de Noël ?
  16. Au bout du compte, on quitte les lieux énervé, parce qu'on a mis deux heures pour se garer, qu'on s'est fait écrabouiller les doigts de pieds et qu'on repart les mains vides puisqu'on y vend que de la daube.

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Et pour vous, c'est ça l'esprit de Noël?

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22 décembre 2005

En flagrant délit de niaiseries.

En vacances depuis quelques jours déjà, je me blottis chez moi, je corrige mes copies, je prends de l'avance sur les bulletins (que j'ai embraqués comme j'étais la dernière à quitter le lycée et que je serai la première à m'y rendre), j'aligne mes notes sur mon violon (encore fausses pour le moment, j'ai droit à la main gauche depuis quelques semaines), je révise mes cours d'arabe et j'essaye de donner corps à mes cours du CNED qui pour le moment ne représentent que des tas de papier (peu de temps jusqu'à maintenant pour y jeter un oeil).

Et comme pour toutes les fêtes de fin d'année , j'aménage mon emploi du temps (qui n'en est d'ailleurs pas un) pour me coller régulièrement devant le film "cake" de la 6 (je me dois de ne pas égratigner les traditions familiales même si je suis seule). Souvent plus par flemme que par véritable passion, je me jette donc dès le départ de mon homme dans le canapé. J'ai beaucoup de mal à suivre un téléfilm en entier, mais je m'en imprègne bêtement avant de partir vers d'autres occupations tout aussi futiles. J'attendais la fameuse saga qui ressort tous les ans, dans le genre de la Caverne à la rose d'or, histoire de m'abrutir de troncs d'arbres qui parlent et de trolls en tous genres. Et je constate alors, en consultant le programme, la richesse de M6.

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Lundi:

  • Une fiancée pour Noël
  • Le Mensonge de Noël
Mardi:
  • Un Noël pas comme les autres
  • Une Promesse pour Noël
Mercredi:
  • Un Papa tombé du ciel
  • Le cadeau de Noël
Jeudi:
  • L'espoir de Noël
  • La Romance de Noël
Vendredi:
  • Le Cadeau de Carole
  • Un Noël inoubliable
J'adore. Si vous aviez un doute sur la période (mais comment y échapper ?), vous êtes certains de vous plonger dans l'ambiance "Happy Christmas". La recette est toujours la même : vous prenez les schémas actanciel et narratif dans toute leur puissance et vous rajoutez à cela une petite dose de religion bien moraliste, un soupçon de pub pour coca (si ce ne sont des canettes, ce sera au moins la tenue du père Noël) et Mac Do, quelques personnages on-ne-peut plus niais (choisissez les bien mures), de petites chansons qui vous plombent la tête et une petite larme à verser à la fin quand tout va bien et que tout le monde est heureux (parce que bien entendu, tout le monde est heureux à la fin)... Joyeux Noël !

30 décembre 2005

Elle et moi.

Plus d'un an et demi que je suis Diane Groseille ici.
Peu de gens qui me connaissent la connaissent.
Diane Groseille est plus calme que moi.
Diane Groseille n'a honte que rarement.
Diane Groseille est un "miroir, oh mon beau miroir" de moi-même.
Diane Groseille ne vit que quelques heures dans la semaine, le reste du temps, elle est endormie.
Diane Groseille me fait signe de temps en temps alors que je ne m'y attends pas du tout,
pour me faire penser aux mots que je vais noter ici.
Diane Groseille n'a pas de visage.
Diane Groseille oublie souvent de parler de certaines choses pourtant importantes pour moi, mais qui n'ont pas leur place ici.
Diane Groseille dit des choses que je ne pourrais pas confier autour de moi.
Diane Groseille parle presque toujours seule, quelques fois, elle répond, mais elle est timide.
Diane Groseille est comme une soeur, une autre moi qui n'existe qu'ici,
à la fois bavarde et secrète, paradoxale.
Belle vie à toi Diane Groseille.

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16 février 2006

Midi, un jour plus court.

Prendre le temps de rentrer à pied, parce qu'il ne faudra pas revenir l'après-midi. Remarquer que l'air est moins froid et que ça plaît aussi aux oiseaux. Errer dans les ruelles, avec ce paquet de feuilles serré contre moi. Les parfums mitonnés des petits plats du midi. Des gens qui s'activent, cet homme qui sort du bureau de tabac avec son journal sous le nez et qui rit tout seul. Cette femme qui est arrêtée sur le trottoir les mains dans les poches, un homme est debout à sa gauche, elle lui dit sans le regarder, avec des larmes et de la force dans la voix, "tu me prends pour une conne". Ce n'est pas une question, ça semble être une certitude. Passer à côté et faire comme si on avait rien entendu. Trouver dans la boîte aux lettres le colis attendu, déchirer l'emballage dans les escaliers. Rentrer chez soi, pousser la porte et sentir cette bonne odeur de pain, de propre, de chaleur, et de confort. Après: avoir le temps. Une petite salade, une tartine, quelques carreaux de chocolat. Frotter les cordes du violon pendant quelques minutes avec l'impression de le découvrir à chaque fois que son bois touche ma peau, que son poids vient se poser sur ma clavicule, contre mon cou. Presque aussi bon qu'un dimanche matin.

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Puis j'ai posté hier mon premier devoir au CNED. J'ai passé quelques heures dessus et j'ai redécouvert cette satisfaction de composer, de structurer ma pensée, d'épuiser le texte. J'ai fait un bond de quelques années en arrière pour oublier le temps de la réflexion les préoccupations du moment. L'attente de la note sera longue.

17 février 2006

Neb homme...

Il ne dit rien, il dit "peut-être", il dit "demain", il dit "si tu veux".
Et après il me demande ce qu'il a fait pour que je fasse cette tête.
Rien justement, ou si peu.
J'ai souvent l'impression de ne plus être là, comme si tout ce qu'on avait à faire ensemble était fait.
Il passe ses soirées à se battre virtuellement dans un monde qui est sans doute plus excitant que ma compagnie.
Il aimerait toujours qu'un bisou efface les silences entre nous.
Il pense que tout ça n'est qu'une question d'argent.
Il ne décide rien. Il répond à une question par une question.
Il n'y a plus grand chose qui nous unit encore et pourtant je croyais qu'on avait tant de points communs.
Nous partageons encore un lit mais il se couche plus tard que moi, se lève plus tard aussi.
Je l'aime encore mais j'ai l'impression que ce mot n'a pas la même définition pour lui que pour moi.


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26 février 2006

Avoir envie de plus tard.

Pas sommeil ce soir.


Neb homme de moi parti ce matin, loin, et il me semble difficile de me coucher dans ce grand lit froid, en sachant qu'il ne viendra pas m'y rejoindre. Une semaine de douce solitude qui m'attend et je réalise comme la dernière fois que les personnes autour de moi se font lointaines, que notre couple les a un peu éloignées.

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Mes soirées seront malgré tout bien remplies même si je suis seule. Carte annuelle de piscine depuis hier donc je peux y aller "sans compter". Puis demain soir je reprends mes cours d'arabe, "leurs" vacances (celles que je n'ai pas eues) étant finies. Je vais essayer de passer une soirée avec P. et R., que je n'arrive à voir qu'entre deux portes les derniers temps... Ces quelques jours vont filer si vite ! Les jours ne sont que des "copier-coller", je n'arrive pas à leur donner une teinte différente chaque jour malgré mes efforts, je m'essouffle. Le printemps pourrait se presser un peu, non ? Encore ce froid pénetrant aujourd'hui, même si les minutes de lumières en plus sont palpables. J'ai acheté hier après-midi la verdure parfumée et aromatique de la belle saison, je vais sans doute rempoter et semer durant les jours qui viennent, comme un appel au soleil.

***********


Journée passée chez mes parents, j'avais dormi là-bas en rentrant de chez Le Pooh hier soir, dans mon petit lit de lycéenne. Seule avec eux depuis ce matin, frère et soeur absents. Alors c'est simple: prendre des photos de mésanges, corriger un paquet de copies sur la grande table familiale en bois, où ça semble plus facile et plus rapide, s'installer autour de la même table, avec ma mère et deux tasses de thé qui refroidissent et parler... ou se taire.

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11 juillet 2005

Officielles...

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Les vacances,

cette fois, pour de vrai. Plus de réunions-mauvaise-blague en vue. Je rentre chez moi à l'instant après un dernier déjeuner avec P. et R., histoire de boucler la boucle. C'est toujours agréable avec eux. S'ils n'étaient pas là, j'aurais mis les voiles la semaine dernière. Maintenant, un mois va filer. Sans doute du bonheur en vue. On part dans nos Alpages, prendre l'air, faire du sport. J'ai déjà les images de la piscine pastelle sous le nez et le rire de Polo qui résonne dans mes oreilles. On va pédaler, nager, trotter, caliner, buller, lire, respirer, oublier, aimer... Mes projets prennent corps, de plus en plus, j'y crois.


2 mars 2006

Des nuits.

Ce soir, ne pas être raisonnable.
Quitter un instant, le temps d'une nuit, la réalité.
Oublier qu'il faudra se lever demain matin et assumer six heures de cours.
Oublier qu'il faudra être debout tôt pour corriger encore quelques copies.
Oublier qu'il faudra sans doute zapper la pause de midi pour corriger d'autres copies.
Oublier que je suis encore en formation demain soir.
Oublier que je n'ai pas fait les trois quarts de ce que je voulais faire cette semaine (devoir CNED, réponse mail, rempotage plantes...)

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Insouciance, s'enivrer, juste ce qu'il faut pour oublier les légères contraintes et les responsabilités du quotidien.
Avoir dix-sept ans le temps d'une nuit.
Parce qu'on est pas sérieux quand on a dix-sept ans.


7 juin 2005

Les jambes de Sophie.

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J'ai cherché cette photo. Il me la fallait. Il y a quelques semaines déjà, nous sommes allés voir "Anthony Zimmer". Le film en lui même est très bien, tranchant, étonnant. Mais ce qui m'a coupé le souffle, c'est cette présence, cette force que dégage Sophie Marceau. Et ce jeu de jambes dès les premières images du film m'a profondément marqué. Une grâce et une élégance que je jalouse.

J'ai vaguement entendu parler de l'incident de la bretelle à Cannes. Accident ou provocation? Elle reste pour moi somptueuse, voire idéale.
10 septembre 2005

La première fois.

Il a été gentil avec moi. Il a peut-être vu mes mains trembler quand j'ai sorti l'instrument de sa boîte. Je n'ai pas fait grand chose. Il m'a parlé de lui, je lui ai parlé de moi. Il m'a montré comment tenir correctement mon instrument. D'après lui, pas d'archet pour le moment, pas avant deux bons mois. Et je suis tellement impatiente. Ne pas aller plus vite que la musique. Alors, jusqu'à mon prochain cours, je dois enchaîner ces mouvements, pour que l'instrument vienne se caler tout naturellement au creux de mon cou. Et cet enchaînement qui n'a en fait rien de naturel ressemble plus à une mauvaise macarena qu'à des gestes artistiques et souples. Mais je suis contente de pouvoir déjà le manipuler, en sachant que c'est juste, que c'est ma persévérance qui est mise à l'épreuve, qu'il faudra du temps. Le toucher est toujours tellement sensuel.

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***


Fête de quartier ce week-end. La famille qui a mangé ici hier soir. Sympa. Tour en vélo en vue, même si le soleil se planque. Je suis heureuse, satisfaite d'aller au bout de certaines choses, des rêves qui se réalisent, une année qui s'annonce bien. Chut... Faut pas le dire...

17 septembre 2005

Rêve O.

Ma journée d'hier, dernière de la semaine fut la plus longue. Presque douze heures en non-stop. Pas de vraie pause déjeuner, un quart d'heure pour bâfrer un mini sandwich avec le téléphone collé sur la joue et ma soeur qui me vante les qualités de son nouvel appart futur (un quart d'heure au téléphone, pas une seule question me concernant, si ce n'est "ah, tu manges...", oui, je répondais la bouche pleine). Des heures de cours qui se sont enfilées les unes aux autres. Rendez-vous avec le directeur dans l'après-m' qui prendra peut-être en charge ma mention complémentaire. Puis je monte dans ma voiture pour le premier cours particulier de l'année. A une trentaine de bornes de C., dans une famille pour laquelle j'ai travaillé il y a deux ans. Le grand frère a eu son bac, il faut maintenant coacher la petite soeur. Je la découvre, gauche, bien moins dégourdie que l'ainé, timide, avec les réflexes d' une gamine de cinq ans qui se cacherait dans les jupes de sa mère. Elle en a pourtant dix-sept. Le niveau n'est pas mauvais, mais elle manque cruellement de confiance en elle, il y du travail. Les deux heures filent très vite. Retour vers dix-neuf heures, sous une pluie battante, un ciel noir et déchaîné, chauffage dans la voiture car j'ai la tenue d'un été indien et Keane bien fort pour faire vibrer l'habitacle. Je m'endors sur la canapé quelques minutes après mon arrivée chez moi.

Je me réveille ce matin, après douze heures de sommeil. Des rêves trop mouvementés qui vont me poursuivre une bonne partie de la journée. Je me souviens avoir croisé hier en un éclair dans les couloirs du lycée un jeune homme qui e eu son examen en juin dernier, que j'avais suivi pendant deux ans. J'ai vu son visage me sourire. Il semble que ce soit la seule chose que mon cerveau ait retenu de cette longue journée puisque le jeune homme en question (ses yeux clairs et son sourire) m'a suivi toute la nuit dans des rêves tientés de guerre, de mort et de fuite. Je revois les images de ces bombes qui tombent du ciel pour venir exploser en pluie de cailloux au-dessus de nos têtes. Je revois sa main dans la mienne pour courir vite et loin. Mais où ma tête va-t-elle chercher tout ça ?

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20 septembre 2005

Y'a plus d'saisons ma petite Dame...

Ce matin, je traverse la ville à pieds pour me rendre au lycée. Mon sac sous le bras. Emballée dans un gilet en laine, un foulard autour du cou, le froid se faufile dans les espaces vides. Le ciel est d'un bleu glacial, je vais vers l'ouest, en face de moi, une lune blanche, et derrière moi, le soleil, fort et faible à la fois, encore bas. J'aime cette ville le matin. Ma ville. Tout s'éveille. Je passe près du grand carrousel qui dort encore, je traîne la patte, dans les cafés, certains s'attardent devant des petits dej' et les nouvelles du jour, ils ont déserté les terrasses, les femmes que je croise ont troqué leurs tongs fuchsias contre des bottes d'où sortent des fourrures extravagantes, les lycéens qui me doublent à vélo se font plus rapides, le froid doit leur glacer les mains. Moins de dix degrés parait-il. Je traîne, je me poserais bien moi aussi sur une de ces banquettes rouges pour prendre le temps de laisser refroidir un thé-citron en lisant la presse locale ou le Libé du jour. Mes jeunes vont m'attendre. Qu'une heure trente de cours ce matin. Une babiole. Encore quatre tout à l'heure. Elles s'enchaînent sans que je ne les vois. Et pendant ce temps là, l'automne s'installe.

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18 septembre 2005

Colchiques dans les prés...

Belle journée d'automne. Oui, ce n'est déjà plus l'été. Quinze degré ce matin. Les feuilles des arbres jaunissent, se flétrissent, tombent. Rien ne nous empêchera cependant d'aller pédaler un peu dans les champs cet après-midi. J'ai aussi plusieurs plantes à rempoter et je voudrais essayer cette recette de raviolis vapeurs. Belle journée en perspective. Naïve.

Hier, je suis allée rejoindre Le Pooh et une amie pour un vernissage. L'art ne fait pas partie de mes passions, la curiosité fait par contre partie de mes défauts. J'ai voulu voir. J'ai surtout vu des vieilles croûtes en costards cravates qui se seraient arraché un bras pour saluer bien bas Monsieur le Maire ou Monsieur le Préfet (remarquez la majuscule du respect !). J'ai vu aussi à quel point l'art pouvait être du foutage du gueule. Le plus marquant restera cette salle pleine de lumière dans laquelle avait été installées des bouées en plastique made in China partout, en forme de vaches, de téléphones portables ou de coquillages.

Le thème étant la couleur, ce fut un défile de kitsch et de flashy. Il n'y a guère que cette vidéo qui tournait en boucle, une fête indienne appelée Holi où les gens se couvraient de couleurs, s'aspergent de pigment, de paillettes...


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Stephen Dean, vidéo still de Pulse, 2001
© Courtesy Galerie Xippas et Gloria films.

23 septembre 2005

Elle n'est plus.

Disparition d'une entité. Programmée. Des larmes quand même. Chaudes sur mes joues hier soir quand j'ai su. Elle ne sera plus toute seule la petite. On le savait, mais c'est pour tout ce que ça remue que ça fait mal. Il me dit que l'année dernière, c'était plus dur. Les conditions. "Pleuré comme un fou" m'avoue-t-il. On fait un bon en arrière, on soulève tout ce qui a existé et qui avait été rangé dans des petites boîtes en carton. Je pense surtout à l'année passée et a la difficulté de faire face. Je me répète "elle ne sera plus toute seule la petite". Un douloureux soulagement, une blessure qui s'ouvre sans n'avoir jamais cicatrisé, partage de tristesse avec lui qui ne confiait jamais ses mots/maux. Il est plus grand maintenant, je l'espère heureux avec elle et lui. Il n'est plus tout seul.

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10 octobre 2005

Point.

Plus de grasse matinée avant un moment. Le week-end prochain n'existe pas et c'est donc une double semaine que je commence là. Multiplier par deux les efforts et la fatigue. Puis le vrai rythme commence et ça me contente. Le rythme qui va m'essouffler pendant les deux saisons à venir. Ce soir, les premiers cours de langue. Appréhension: est-ce que ça saura me plaire ? Le violon déborde déjà sur la semaine puisque les samedis matins sont contrariés. Deux belles journées viennent de passer et il faudra se raccrocher à elles, à leur lumière et leur douceur pour trouver du courage les matins difficiles et noirs...

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27 octobre 2005

Le dehors.

estiveJe disais hier "affronter le dehors", mais en fait le dehors m'appelle, d'une voix forte et de plus en plus convaincante. La journée s'étirait dans un grand soleil inhabituel pour cette fin d'octobre. La lumière passait au-dessus de nos têtes, escaladait le bâtiment, se levait d'un côté pour aller se coucher de l'autre, derrière les petits bouts de montagnes qui osent dépasser des immeubles. Les fenêtres sont restées ouvertes toute la journée dans ma salle de cours. Comme un printemps. Et souvent, la voix du dehors semblait couvrir la mienne qui résonnait entre quatre murs de béton. Envie de sentir l'air dans mes cheveux, le soleil sur ma peau, envie de voir l'horizon. Et je suis prisonnière de quatre murs qui font de moi ce que je suis. Envie de fuite en avant. Et le clicher devient besoin vital.

Comme s'il avait senti cet étouffement, Neb homme de moi met un film hier soir. Je ne connaissais pas et pourtant. Une hirondelle a fait le printemps. Un scénario écrit sur mesure. En me glissant dans l'histoire, je respire par procuration grâce aux grands espaces et aux cris des biquettes. Le projet se dessine, de moins en moins d'utopie, même si ça devait être du long terme.

3 octobre 2005

Pauvre langue.

J'entends des horreurs. Aux infos hier soir, Madame tailleur brillant lâche la phrase magnifique "après qu'il ait retrouvé son calme". Après que + indicatif. Je lis samedi dans une notice explicative les mots "disfonctionnement" (un Y s'il vous plaît) et l'expression "doublez par deux les capacités de conservation"(très joli pléonasme). Puis le plus beau, dans la bouche d'un commissaire de je-ne-sais-quoi qui s'est fait tout beau pour passer à la télé. Pour définir une intervention à laquelle il a participé, il utilise sans aucun doute l'expression "in extrémiste", joli mélange de la locution latine et d'un mot bien à la mode les derniers temps. Je passe sur les "voye", "croye", "croivent" et autres massacres. Je ne compte plus les erreurs qui me font frissonner. Bien entendu, on peut se tromper, "bouletter", interprèter poétiquement, s'approprier, oublier, gaffer... Mais pas quand on se prétend journaliste et qu'on veut passer dans la boîte à images ! Arrètez de maltraiter la langue française !

dico

8 octobre 2005

Infinitif.

Hier soir. Rentrer du boulot. Faire un gâteau au choc'. Le laisser cramer dans le four. Partir en courant avec lui sous le bras. Pour avoir le temps de se poser encore sur une terrasse de café pour boire une bière (et non une terrasse de bière pour boire un café). Boire la bière, trop fraîche pour la saison mais dont on savoure chaque bubulle parce que c'est peut-être la dernière que l'on boit en extérieur avant le retour des hirondelles. Monter dans la voiture pour rouler jusqu'à M., trajet qui n'avait pas été fait depuis des mois, petit 140 sur l'autoroute. Admirer le beau Jéjé et la belle table qu'il nous a dressée et sentir le fumet du repas à venir. Manger, boire, rire, écouter, partager. Etre un loup garou. Bailler et prendre la route du retour. S'endormir contre Neb homme de moi.


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3 octobre 2005

Trop de nuit.

L'éclipse m'a plongée ce matin dans cette pénombre inquiétante. Un élève a laché le mot "apocalypse" en regardant par la fenêtre et j'ai réalisé à quel point j'avais besoin de
LUMIERE:
mon moteur,
mon souffle.
Je sens, l'automne approchant, que déjà j'étouffe, j'agonise, mes sens s'endorment, mon cerveau s'anesthésie.

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3 novembre 2005

Soleil vide.

vignesMagnifique week-end derrière nous, sous le soleil du Jura, avec quelques gourmandises, de l'air frais, et du bonheur. Rien que de la simplicité. De retour depuis deux jours et les vacances sont déjà bien entamées. La lumière du dehors m'appelle, même si l'idée de partir seule à vélo ne me tente que moyennement. Demain, visite du Pooh et de Jéjé. Le Pooh vient en célibataire, nous n'aurons pas encore l'honneur de la rencontre du Prince Charmant qui a un match de ping-pong (et oui, les Princes aussi ont besoin de se divertir). Sinon, quelques dizaines de paquets de copies qui me narguent sur la table du salon, mon alphabet à revoir, le violon, des tonnes de linge à repasser et ranger, le bouquin de Pennac à finir (à commenter plus tard), une ou deux siestes pour prendre de l'avance... Pourquoi les vacances sont elles toujours l'occasion de lister ? Pour avoir encore plus le moral de traviole à la rentrée ? En tous cas, le soleil laisse entendre qu'il faut profietr de chaque minute. Je me fais à nouveau plus rare ici et j'ai l'impression que chacun de mes passages laisse derrière moi des mots soporifiques et fades.

15 octobre 2005

Le dirlo.

Mon directeur, c'est tout un poème de mauvaise foi.

Il parle trop, tout le temps, sauf quand on a besoin d'une réponse. Là, il se sauve.

Il commence souvent ses phrases par "moi, j'peux vous dire", ses seuls arguments étant basés sur son ancienneté et son expérinece infaillible, il est persuadé d'avoir toujours raison et a toujours un avis bien arrêté sur tout.

Il sent la transpiration et ses mains sont froides.

Il dit que chaque problème a sa solution et qu'il faut toujours en parler. Mais quand il y a un problème, il ne parle jamais.

Il a toujours des petites bulles de salive qui se forment au coin de sa bouche quand il tient un long discours.

Il n'écoute pas,
coupe la parole aux gens
et leur reproche de ne pas le laisser parler,
ne regarde jamais son interlocuteur dans les yeux
et se permet de dire pendant les réunions que la communication est le pilier le plus important d'une entreprise.

Il n'est respecté ni par ses employés, ni par les jeunes qui fréquentent l'établissement.

Il trouve que les gens ont mauvaise mine, qu'ils ont grossi où qu'ils semblent fatigués. Il le leur dit en face, sans doute pour ne pas avoir à se regarder, pour se rassurer.

Il se fait traiter de tous les noms par ses collègues les plus proches dès qu'il a le dos tourné.

Il est maîtrisé ès "économie de bouts de chandelles".

Il fait des promesses qu'il ne tient pas,
lance des projets qui n'aboutissent pas,
parle de primes qui ne tomberont jamais
et oublie ce qu'il vient de dire dans la minute.
"Moi ? J'ai jamais dit ça !"

Il fuit les problèmes.

Il marche vite, la tête baissée.

Il parle très mal, fait tout un tas de fautes de français avec un accent épouvantable.

Il ne va sans doute plus rester bien longtemps, il a fait son temps et il est le premier à le rappeler. On le sent lassé et blasé. On se demande tous ce qui pourrait suivre. Est-ce possible de faire pire ?

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3 juin 2005

La recette.

 

groseilles1Mois de juin. Revoilà mes grands chercheurs de recettes de confiture de groseilles. Y'en a pour quelques mois. Sans compter ceux qui ont un congélateur. Non, je ne fais pas de confiture. Ceci dit, pour vous éviter d'être venu ici pour rien, voilà une recette. Ne sais pas si elle est bonne. Me demandez  pas.

7 juillet 2005

Londres.

Etat d'esprit: écoeurée.

Perdue, par tant de violence et de gratuité.
Comme à chaque fois.
Trop de fois.
Je me perds autour de moi.
Je me perds loin.
Envie de vomir quand je vois ces images en boucle sur Euronews, ces visages terrifiés, encore si souriants hier soir.
De l'euphorie à l'horreur.
Après, il n'y a plus que les mots.
De pauvres mots dont les sens n'ont plus de force.
Les "profondes condoléances" de Blair.
Et on se sent petit et faible, menacé, fragile et futile.

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Photo DNA.

12 juillet 2005

Au cinéma hier soir...

madagascar... Madagascar. J'avoue, je craque. Il faut que je me rue sur les dessins animés, tous, je peux pas les rater, et pour cause: fou-rires garantis à chaque fois. Ce coup ci, bien que l'ensemble du dessin animé m'a fait rire, c'est l'arrivée des animaux à la gare centrale de New-York qui a failli m'achever. Entre la girafe qui se prend les pattes dans la batterie d'un pauvre aveugle et le lion qui se fait agresser par une petite vielle qui fait du kung fu, j'ai eu du mal à respirer, de grosses larmes coulaient sur mes joues! Oui, je vous l'accorde, raconté comme ça, ça n'a rien de drôle, c'est même pitoyable, mais je le conseille à ceux qui souhaitent se payer une franche dose de rigolade...

16 août 2005

Vol éphémère.

Assise à côté de ce thé vert  qui semble jaune dans cette tasse rose, j'ai le blues. Un peu. Une première vague de vacances qui vient lècher mes pieds et qui se désintègre. Neb homme de moi a repris le taf ce matin. Comme un grand, il a obéi au réveil qui a grésillé à sept heures. Et moi, sans lui, je suis une handicapée des vacances. J'ai encore "presque" deux semaines devant moi.

(Presque parce que la semaine prochaine, c'est la pré-rentrée. Ouais, c'est encore les vacances. Pour moi, ça commence quand la première sonnerie retentit et que j'ai mes nouveaux monstres en face de moi. J'ai d'ailleurs rêvé d'eux cette nuit. Si si, sans les avoir jamais vus. M'enfin, je mégare.)

Oui, toute seule, je suis une handicapée des vacances. Et pourtant, mon Neb homme de moi n'est pas du genre "prise d'initiatives" et "organisation de journées bien bouclées"... Au contraire. Mais je ne me sens pas de sortir seule. Pour faire quoi, aller randonner seule, aller au zoo, au cinéma? Et oui. Pourtant, va bien falloir ma grande. Il est hors de question que tu passes les deux semaines qui restent à te morfondre devant la télé. En plus, regarde, le soleil revient t'encourager. Alors, tu vas prendre ton appareil, et tu vas te balader... C'est vrai que j'ai plein de choses à faire, de petits bonheurs à emmagasiner encore, qui doivent, comme les autres, scintiller, éblouir...


Puis petit coup de blues aussi parce que notre escapade est déjà si loin derrière nous, comme de petites vignettes de BD, il en reste si peu. Quelques clichés, éphémères.

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Il me reste par exemple ce soleil couchant en face de moi, qui transperce des nuages épais et la montagne, cette pente d'herbe à dévaler qui m'appelle et un jeune homme dans mon dos qui me susurre presque tendrement "et maintenant, tu vas faire un bisou au soleil". Je lance mes jambes, quelques pas encore lourds et ce n'est plus la même gravité... Le vide de plus en plus profond sous mes jambes et la puissance du vent au-dessus de moi.  J'ai volé.


parapente__toiles

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Diane Groseille
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