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Diane Groseille
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27 novembre 2007

Le pouvoir des mots.

Rien, je n'ai rien. Juste cette petite malformation qui a créé tant d'angoisse, généré tant de peur. Rien. Les mots dans la bouche de cette femme ce matin qui sont venus soulager. Rien. Ce n'est rien. J'ai vu des images, celles qu'on ne sait pas lire, trop obscures et pourtant si personnelles. Rien. Et la légèreté, l'évidence de l'après. Forcément, ce n'était rien. Même pas une ponction en vue, plus d'analyse, pas d'inquiétude en vue. Tout va bien, je n'ai rien. Merci à vous tous pour vos mots, pour votre soutien. Que les mots peuvent être doux quand on est dans l'ombre... A nouveau la lumière. Et toutes ces saveurs, et toute cette routine qui reprend du goût et les valeurs de chaque chose. Une évidence.

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24 décembre 2007

Joyeuses fêtes.

Malgré le silence évident qui règne ici
(du sans aucun doute au caractère insipide des précédents messages)
je souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année à tous les égarés et courageux qui passeraient par là.
Je pars pour trois jours d'orgie chez mes parents,
retour prévu le 26 avec quelques kilos de plus et une bonne gueule de bois.

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12 décembre 2007

Chrono.

Le ciel est gris comme les murs d'un bord de national. Et ma vie va aussi vite que les voitures qui roulent dessus. Jolies comparaisons du jour, nous ne parlerons pas de figures de style. Quelque quatre vingts copies à corriger pour la fin de la semaine et encore seize heures de cours d'ici là. ensuite, ça ira mieux. Les copies correspondent à des examens blancs qui, pour les voir déjà parcourus, me déçoivent vraiment, il est ainsi encore plus difficile de s'y mettre. Deux semaines de vacances se profilent à l'horizon, dès le 19 au soir et me laisseront le temps de dormir, d'écrire, d'avancer en douceur, en prenant le temps de regarder à nouveau autour de moi, même si ça reste ponctuel puisqu'en janvier je reprends pour ne m'arrêter qu'en juillet.

Parfois, le matin très tôt devant une tasse de thé, ou en coup de vent, je me perds dans la lecture de vos blogs, je m'évade un instant dans vos univers, si différents du mien et pourtant si proches.

Parfois aussi, en pleine action, je prends une seconde pour regarder autour de moi et je pense aux trois singes de la sagesse. Je voudrais être plus honnête, je voudrais arrêter de penser que j'ai le temps, et faire vite. Je voudrais plus de concret. Je voudrais tant de paradoxes, je voudrais juste être logique.

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5 décembre 2007

Rembobiner.

Pour en revenir à cette hypothèse, je raisonne volontiers comme Stella K, heureusement qu'une telle chose n'existe pas, j'y passerai une bonne vingtaine d'années (parce que je ne pousserais quand même pas le vice à me regarder dormir), mais j'ai bien réfléchi et si je ne devais en sélectionner que quelques uns...

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  • Les premières minutes de ma vie de vraie prof, il y a sept ans, face à une classe de 3emes. J'avais essayé de trouver une tenue qui me vieillissait un peu et je ne sentais plus mes jambes. (Pour la petite anecdote, je retrouve aujourd'hui une élève de cette même classe dans une de mes classes de BTS.)
  • Les balades dans la nature avec Whawha, disparue il y a trois ans déjà.
  • Ce jour de 2002 où ma tête est violemment allée s'écraser sur le bitume d'une rue pleine de lumière.
  • Mon premier amour, la naïveté, la simplicité, le fusionnel.
  • Premier séjour en Martinique avec Lo, la passion, la sensualité, l'insouciance.
  • L'accident de voiture où j'aurais pu perdre la vie.
  • Des clichés de mon enfance, toute petite, avec mon chien de l'époque, ma coupe à la Mireille Mathieu, toutes les bêtises que j'ai pu faire avec ma soeur et mes voisins, mes robes à fleurs...
13 mai 2007

Cours particuliers.

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Ce fut mon premier job. Avec toutes les animations commerciales et autres colonies de vacances. Prof de cours particuliers. Et j'ai toujours adoré ça : aller chez les gens, découvrir les élèves dans leurs univers, trouver la faille et la combler, le mieux possible, avec un ciment de mots et de confiance...

Puis, sur les trois dernières années, j'ai plus pu. Ou alors si peu. Triste. Parce qu'avec quarante heures hebdomadaires dans un lycée, c'est plus possible.

Et ce fut un grand bonheur lorsque je pris, il y a un an, la décision de démissionner. Et dès septembre, j'ai repris contact avec ces organismes qui m'ont très vite remise en relation avec des parents, des lycéens, des jeunes en rupture de scolarité. J'ai aussi trouvé certains élèves par les petites annonces. J'ai été surprise de voir à quel point la demande avait augmenté en trois ans. Je refuse des cours presque chaque semaine, surtout en ce moment, à l'aube des examens. J'ai une dizaine d'élèves qui viennent compléter un emploi du temps irrégulier, et qui me proposent malgré eux une régularité. J'aime...

  • J'aime découvrir une personne dans son monde, au milieu de ses objets, dans les odeurs de sa maison, sous les posters de sa chambre.
  • J'aime l'élève, le jeune seul, entité unique, électron libre, ce qu'on a beaucoup de mal à percevoir dans un "groupe-classe".
  • J'aime les parents qui veulent être là, mais pas trop, qui sont souvent un peu gênés, comme s'ils devaient eux aussi reconnaître une faiblesse : "on a pas pu l'aider".
  • J'aime le thé qu'on me sert, même s'il est amer, les petits gâteaux laissés sur un coin de table par une maman pressée, le petit panier de fraises avec lequel je repars parfois, les petits pains d'épices.
  • J'aime la satisfaction d'un élève qui voit ses résultats remonter, ses fragilités renforcées, et qui m'annonce la dernière bonne note avec un grand sourire.
  • J'aime le "tu" qui apparaît parfois à la place d'un "vous" et qui n'aurait sans doute pas pu s'échapper dans une salle de classe.
  • J'aime être autre chose qu'une prof, être aussi une confidente, une référence.
  • J'aime avoir un chat sur les genoux, qui vient s'installer pour suivre un cours de grammaire.
  • J'aime m'installer sur un bureau trop petit, sur une nappe "toile cirée" dans la cuisine, après avoir poussé les miettes du petit-déjeuner, sur une table de salle à manger immense qui ne sert que les jours de fête, sur la terrasse, dans le jardin ou sous le sapin de Noël...
  • J'aime me sentir utile.

Et la maîtresse, quand elle pose une question, elle ne connaît pas toujours la réponse.

N.B. : Je redécouvre Mafalda qui a éveillé en moi une certaine philosophie et qui m'a posé des questions qu'aucune maîtresse ne m'avait jamais posées.

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24 juin 2007

Milouze.

On nous dit aujourd'hui sur Canal + (et ils ne sont pas les premiers) que l'Alsace grince des dents à la vue de Jean Marie Bockel accédant au gouvernement. Les Guignols parlent d'un député de Moselle. Et pourquoi pas en Allemagne tant qu'on y est ? Ils ne seraient pas les seuls à se planter. Je ne suis pas de cette Alsace. Et je ne suis pas d'accord. Et tant pis pour Arlette que l'on voit dans tous les journaux et qui tire la tronche. Je suis heureuse pour lui, heureuse qu'on ait su reconnaître ses qualités et qu'on lui ait proposé des responsabilités, heureuse qu'il ait su voir en cette proposition une possibilité de faire avancer les choses et non une potentielle trahison. Je crois qu'il n'y a plus rien à trahir. Le PS se trahit tout seul (et je porte pourtant toujours ses idées dans le coeur), il n'a pas besoin qu'on le quitte, ou qu'on "pactise avec l'ennemi". Ségolène, elle-même, ne sait plus ce qu'elle dit ou ce qu'elle a pu dire : "1500 euros brut, mais je n'ai pas dit ça, ce n'est pas possible, je n'y ai jamais cru". Comment avoir encore envie de se battre au sein d'un parti qui semble prêt pour mener bataille contre lui-même. Il ne s'agit pas de se tirer dans les pattes, de critiquer un tel ou son voisin, ou son conjoint, ou mieux encore son ex-conjoint, pour telle ou telle raison. Il ne s'agit même pas de tirer dans les pattes de celui qui est maintenant président d'ailleurs. Il s'agit avant tout de faire avancer les choses, quel que soit le parti, quelle que soit la personne, pourvu qu'il y ait les idées. Navrée si mon discours ce soir a un petit goût de "modem", ce n'était pas forcément le but.

J'ai vécu huit ans à Mulhouse. Les premières années là-bas ont été difficiles : étudiante alors, j'y ai découvert la rudesse de la vie, la vraie valeur de l'argent, la solitude parfois, mais surtout une ville, ses habitants, si différents les uns des autres, hostiles à première vue et finalement si généreux. Mulhouse était alors triste et morne, sa Tour de l'Europe faisait grise mine au coeur d'un centre qu'on désertait et qu'on disait même dangereux, les sorties se faisaient rares, faute d'argent, faute d'envie. Puis au fil du temps, le coeur s'est attaché aux ruelles, à ce que proposait la municipalité, au programme culturel et social. Je me suis fait une place dans cette cité qui m'a liée à elle. Puis je l'ai quitté, en devenant adulte. Études achevées, job dans une autre ville. Aujourd'hui, la ville que j'ai laissée est belle, transformée par l'arrivée d'un tramway, agréable disent même ceux qui y vivent encore. Et le hasard m'a trouvé un poste là-bas en septembre dernier, ce qui me mène dans ses quartiers plusieurs fois la semaine. Alors j'ai toujours eu du respect pour Jean-Marie Bockel. Je ne dis pas qu'il a été seul, je ne dis pas qu'il est parfait (j'ai entendu récemment parler, par exemple, de la suppression des subventions aux postes d'enseignement du FLE à Mulhouse), et encore moins magicien. Je dis simplement qu'aujourd'hui, il a eu raison de préférer l'efficacité (ça reste bien sur à mettre en pratique) à une espèce de fraternité terne qui sonne faux.


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J'ai vécu pendant huit ans dans la deuxième maison en partant de la gauche.
Encore maintenant, lorsque je passe sous ces fenêtres,
je lève le nez, nostalgique,
pour voir s'il y a de la lumière derrière les carreaux.

22 mai 2007

I've got sunshine on a cloudy day, when it's cold outside, I've got the month of may.

Un week-end festif : les parents de Neb ont passé quatre jours chez nous. Nous avons découvert les joies de la vie à quatre dans un trois pièces. Quelques belles balades, des terrasses, de bonnes bouffes. Curieusement, une ouverture différente sur notre ville, notre quartier pendant ces quelques jours, sur le "dehors". Une belle avancée des travaux aussi avant leur arrivée (portes de la cuisine enfin posées, penderie fixée dans la chambre d'amis)... Quelques petits agacements aussi, des remarques parfois sournoises ou moqueuses qui passent mal. Mais on passe l'éponge, on est une grande fille maintenant, la frustration et la méchanceté des autres doivent nous faire sourire.

Puis il y a les détails de la vie qui avance, joliment, sûrement, tranquillement...

  • Un rapport d'ingénieur à corriger pour demain soir : deuxième lecture. Boulot intéressant. Beurre dans les épinards. Je vais m'y mettre plus sérieusement dans les prochains temps, c'est un créneau qui me correspond.
  • Un rendez-vous avec une autre association la semaine prochaine, pour animer des groupes d'impro, peut-être même des ateliers d'écriture (j'adorerais)...
  • Prise de bec avec mon deuxième employeur : ils voudraient que je reste l'année prochaine, que je prenne un temps plein, avec des classes comme celles que j'ai quittées l'année dernière, pas très intéressantes, où l'on passe plus de temps à fliquer qu'à enseigner. Pour cela, ils m'envoient des courriers, me laissent des mots dans mon casier, j'ai même droit aux mails de rappel. J'ai mis tout cela dans une balance et pendant quelques semaines, elle aurait pu pencher de leur côté. Puis leur secrétaire m'a involontairement aidée à faire un choix. Foutage de gueule en puissance concernant un emploi du temps qu'elle me dit immuable depuis la rentrée et qui n'a pourtant jamais été le même. J'ai du annuler des heures de cours, et pour le principe (et comme c'est pas la première fois), ça me gonfle. Donc, mon choix va pencher davantage vers les classes de BTS qu'on me propose à M., même si là aussi, il va encore falloir négocier.
  • Merveilleuse foire bio ce week-end. Transférée pour la première année dans un grand parc expo, ce qui a un tant soit peu tué l'authenticité et la magie, mais je retrouve les petits stands que j'aime tant, l'état d'esprit des gens, les sourires. Je repense toujours à cette citation de Mark Twain "Ils ne savaient pas que ce qu'ils désiraient faire était impossible... alors ils l'ont fait!"... J'ai acheté quelques graines pour le jardin, un ou deux bouquins, du vin, des babioles... Dommage que je n'aie pu y aller qu'une fois, mais les parents de Neb n'étaient pas fascinés...
  • Des nouvelles d'un ex', directeur de colo avec qui j'ai eu une amourette de vacances, puis il partait à l'époque pour Berlin et je ne voulais pas d'une relation longue distance. Le courant ne passait pas vraiment, il était si différent dans la "vraie vie", sorti du contexte centre de vacances. On s'est arrêtés là. Tout ça date de 2003. Il vit aujourd'hui à Paris et m'appelle pour m'annoncer qu'il est sur l'Alsace cette semaine. Il veut me voir. A réfléchir.
  • J'entame une journée de jeun, pour éliminer un peu les toxines et les tensions de ces quatre jours. Tisane et bouillon de légumes, repos. Mon sixième et dernier jour de "pseudo vacances". Ensuite reprise du boulot, pour quelques heures bien tranquilles. Mon mois de juin sera aussi calme que mon mois de mai.

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16 mai 2007

Good news & beautiful flowers.

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La bonne nouvelle de l'avant-veille: Assis dans nos canap', ma soeur avec de la teinture rouge sur la tête, Mat' avec sa bière à la main et moi mon verre de martini (le quatrième). On avait prévu un barbec' et dehors c'est le déluge. On s'écoute ces fameux tubes motown que j'ai retrouvés et qui collent une patate d'enfer. Puis Mat', anodinement, entre deux phrases creuses, nous annonce Le Retour : Grey's anatomy, mardi 22 mai, sur TF1. Sur le coup, après avoir vérifié l'info sur le net, j'ai effectué une petite danse de joie dans mon salon. Oui, je sais, je casse peut-être le mythe de la fille un tant soit peu intelligente qui a des centres d'intérêt nobles et valorisants. Mais j'adore ! Allez savoir...

roses_et_mauves

La bonne nouvelle de la veille : Rendez-vous pour un entretien à dix heures, pour donner des cours de théâtre à partir de septembre. Pas de verre de martini sur ce coup là. J'arrive, pas angoissée du tout, je sais ce que je vaux et je veux la place. Une petite dame blonde m'accueille et m'installe sur une chaise devant son bureau. Et là, je passe pendant une heure et demi l'entretien d'embauche le plus étrange que je n'ai jamais passé. Elle ne m'a posé aucune question, pas la moindre, ni sur mon CV, ni sur mes objectifs, ni sur ma motivation. Elle m'a fait tout l'historique de la boîte, m'a montré tous les petits détails insignifiants tels que l'emplacement des clés pour ouvrir les portes des salles ou la couleur des différents formulaires de réinscription pour les participants. J'ai compris au bout d'une bonne heure que j'étais prise, un peu automatiquement, sans qu'elle ne me le dise vraiment, puisqu'elle m'a remis entre les mains le calendrier de mes premières dates de cours ainsi que la fiche sur laquelle je mettrai le texte d'amorce. Donc, la bonne nouvelle est là, je suis prise, je (re)donne des cours de théâtre dès septembre, dans cette charmante ville de M....

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Une bonne nouvelle aujourd'hui ? Encore une journée de cours bien remplie et à partir de ce soir, j'ai cinq jours de vacances. Qui dit mieux ?

26 mai 2007

Un autre monde.

Il s'appelle Nicolas, une vingtaine d'années, des yeux bleus et un sourire timide. Je lui donne des cours depuis janvier : trois à quatre fois la semaine, je me rends chez lui et nous nous installons sur la table de la cuisine. Nous nous connaissons bien maintenant. Il me fait plus de sourires qu'au début, davantage confiance aussi, et comprend mieux ce que j'attends de lui, comment il peut progresser, quels sont nos objectifs. Parfois, il s'énerve, il va trop vite, il trouve les choses injustes, je vois qu'il a envie de taper sur la table, de se lever et de partir.... Mais il reste. Il voudrait que tout soit toujours "juste". Mais pour lui, rien ne l'est  vraiment.

Nicolas est sourd. Alors tout se complique, et en même temps, tout devient plus simple, dans son monde à lui. Je me suis posé beaucoup de questions, j'ai essayé de me mettre à sa place, ce qui est impossible, j'ai essuyé très rapidement la pitié et la compassion qui n'avaient pas leur place dans notre relation. Il est exigent, il veut passer un examen, et je suis là pour faire en sorte qu'il l'obtienne. Pour cela, nous travaillons dans des fascicules du CNED, il lit sur mes lèvres et je dois faire attention à tout, chacun de mes gestes, de mes regards peut avoir un rôle dans notre communication. Nous avons été mal à l'aise tous les deux au départ, nous nous contentions du minimum et c'était déjà très fatigant, pour moi comme pour lui. Puis les habitudes se sont installées, les plaisanteries, la bonne humeur. Nicolas est devenu un élève comme les autres, je suis rentrée dans son monde, il en est un peu sorti pour venir vers moi.

crane



29 mai 2007

Relax, take it easy.

Encore des nouveautés.
Animation d'un atelier d'écriture à la rentrée.
Relecture d'un roman avant fin juin.
Des mots et des idées fusent.
Des projets de fil en aiguille, ça fourmille.
Du coup, la pluie et le froid me font presque plaisir.
Et on en oublie la somme de travail
qui reste à fournir sur les prochaines semaines.

main_herbe

12 juin 2007

Mais que ce ciel est gris.

Je ne vois pas le bout du tunnel
Les fins d'année sont tellement étouffantes
Encore quatre vingts copies pour demain
Trempée jusqu'à l'os cet après-midi, sous une pluie battante
et la cerise : un mariage ce week-end

ciel_bleu_gris

***

Mais heureusement:
Un excellent cours juste avant : humour, détente et intelligence
Des kilos de framboise à gloutonner à longueur de soirées, en remplissant les derniers bulletin
Le bout du tunnel, finalement, pas si loin que ça
Faut y croire

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26 juillet 2007

Empêcheuse de tourner en rond.

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Pour la beauté du geste ?

Ras le bol du Tour de France. Pathétique course où les participants sont comme autant de robots, de machines qu'on aurait mis sur un circuit à tourner en rond. Course du fric, des sponsors, des medias, et des petits pantins avec des piquouzes dans les bras. Course de l'hypocrisie, du mensonge, de la mauvaise foi.

Où en est le sport ? Où est l'exploit.  Pourquoi les chaînes de télé insistent pour nous montrer tant de bétise ? Comment les coureurs qui participent encore à cette comédie peuvent-ils se regarder en face. Comment croire ceux qui se disent propres et indignés ? A midi, je suis restée perplexe devant la tête de ce coureur qui disait avoir envie de coller son poing dans la gueule à certains. C'est ça la solution ? Taper dans le tas ? Et si c'était simplement une parade, et si lui aussi, "à l'insu de son plein gré" était dopé... Personne ne sait rien. Mais si cette énorme machine à fric n'était pas médiatisée ainsi chaque été le sport aurait peut-être encore une valeur. Quelle image renvoit-on aux jeunes en manque de modèle ? L'image d'une société ou tricher c'est gagner. Et pourquoi tout le fric générer ne permet pas des contrôles systématiques. Pourquoi se fout-on de nous avec des joueurs qui parviennent à passer entre les mailles du filet ?

Si vous avez des réponses à mes questions, elles sont les bienvenues, parce que là, je reste sans voix devant tant de connerie !

31 mai 2007

En manque d'inspiration ?

Pour les poètes en herbe
(et aussi ceux en sable, en coton, en malabar, en satin, en poudre de pétale de coquelicot...),
une découverte géniale aujourd'hui,
dictionnaire en ligne,
que beaucoup connaissent sans doute déjà,
un peu particulier,
à découvrir, pour ceux qui l'ont toujours sur le bout de la langue.

ombres_chinoises

20 juillet 2007

Tu vois loin.

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Depuis ce matin, le temps est maussade. Depuis des jours en fait. Ce matin, même une averse de grêle a failli ruiner toutes mes plantes sur la balcon... Alors, je traine ici. Chez moi, dans mes murs, je fais trois mouvements de ménage pour la forme, pour la bonne conscience, puis je passe des heures sur le net, à traîner de site en site, à traiter des photos, à lire des bétises, journée ponctuée par les émissions de la télé, papillon presque éteint qui se pose sans grand intérêt. Ça me dispense d'avoir à faire l'effort de faire face aux fameux regards, de prendre mon courage pour avoir à affronter le dehors. J'ai la bonne excuse de la pluie pour rester dans mon cocon. Douceur et confort de la lacheté, de la glande.

Des idées d'écriture toujours. De plus en plus sérieuses. Mes lecteurs réguliers me diront si l'hypothèse elle-même est sérieuse. Ai-je mes chances ? Ça me trotte dans la tête, ça m'empêche de penser à autre chose. Il va y avoir du neuf, ailleurs bien sur. Je muris aussi les projets de théâtre et d'écriture pour les ateliers de la rentrée. Il faudra que ça tienne le coup, je veux en mettre plein la vue, avec une machine bien huilée, pour que chacun (moi y compris) puisse avancer, construire. Autres projets, encore plus loin, et plus hypothétiques.

Mauvaise nouvelle tout à l'heure : Neb homme de moi devait être en vacances ce soir, il s'est planté dans les dates, ce ne sera que pour vendredi prochain. Heureusement que nous n'avons rien réservé. Il faudra de toute façon faire simple cet été, ce sera juste un petit détour dans les Alpes avec belles randos, parapente, piscine tous les jours, et vélo... Nous pensions à la côté Atlantique, j'ai des souvenirs de gosse iodés qui me tournent autour en ce moment. Mais ce sera pour plus tard. Parce que j'ai une bagnole à changer pour la rentrée et que tout est hors de prix avec les contraintes que nous avons (un Lucius, peu de temps, peu de fric et un jardin à arroser (même si en ce moment, la météo se charge de me dispenser de pomper)). Les folies martiniquaises, bretonnes et autres délires seront pour plus tard, quand les gens seront tout blancs et tout déprimés, nous irons loin.

Puis, maintenant, elle va la fermer, sinon, dans cinq minutes, elle va trouver le moyen de se plaindre d'être en vacances.

2 juillet 2007

Si c'est bon comme ça...

Sortir trop tôt.
Quelques personnes qui courent pour se rendre sur leurs lieux de travail.
Un pluie fine mais forte, régulière, qui vient arroser la rue, la place et nous.
Laver la nuit qui s'attarde.
Savoir qu'aujourd'hui, je peux prendre mon temps et que cette pluie n'est pas celle des jours tristes.

Alors...

J'ai levé mon visage vers le ciel et j'ai ouvert les yeux.

nuages_bleus

19 juillet 2007

Encore toute petite.

petits_malins

Il y a quelque temps déjà, j'ai retrouvé chez mes parents, dans une grosse caisse en bois, tous les petits objets qui faisaient le monde miniature de mon enfance. Fascinée par tout ce qui était petit, j'avais une maison de poupée (fabriquée par les mains de mon regretté grand-père, et à l'identique pour ma petite soeur, pour que ça ne fasse pas de drame) que je meublais de petites peluches très réalistes et toutes douces, avec un soucis du détail et de la proportionnalité presque maladif. Nous inventions autour de ces maisonnettes des scénarii dignes de toutes les séries que nous ne regardions alors pas à la télé. Chaque anniversaire, chaque Noël était l'occasion pendant des années de compléter le mobilier de ces petites demeures bien douillettes. En été, on partait même en vacances avec toute la petite famille, et on installait tout ce petit monde dans les arbres, avec des ascenseurs et des hamacs.

Quelle ne fut pas mon émotion en retrouvant les bestioles (écureuils, lapins et souris) au fond d'un placard. Aussi fort que de retrouver un ami d'enfance, qui aurait partagé mes jeux et mes délires, mes peines et mes rêves. Et j'ai été soufflé par ma mémoire, qui a su ressortir de tiroirs poussiéreux les noms donnés à chaque petit animal... Pissenlit, Coton, Mirabelle, Noisette, ...

16 août 2007

Arrêt sur image.

Un rayon de soleil. Un Lucien dans son panier. Neb a repris le boulot aujourd'hui, ces deux dernières semaines grises ont filé, au rythme de films d'animation japonais*, d'épisodes de Heroes, de petites balades, d'escapades, de rangement et de travaux.

Virée à Mulhouse, chère et tendre ville, il y a deux jours. Quelle surprise ! La ville est transformée. J'ai beau y travailler, je n'avais pas mis les pieds dans le centre depuis des mois et je suis tombée des nues. Les rues sont métamorphosées et je suis restée la bouche ouverte devant tant de mutations. Nous avons flâné dans les rues et les petits recoins de mes années étudiantes. Nous avons fini dans un petit restaurant japonais* très bon marché par rapport à ce qu'on nous propose à Colmar. Je suis rentrée pleine de nostalgie et d'étonnement. Ça m'a fait l'impression d'un retour de voyage dans la maison familiale pour me rendre compte qu'on a redécoré ma chambre pendant mon absence : la surprise est agréable, mais déroutante.

Jolie balade hier entre Hunawihr et Riquewihr. Rafraîchissante et lumineuse. Bouclée par un apéro en terrasse avec le canard du jour.

La rentrée se précise. Mais j'aurais bien l'occasion de m'étaler sur le sujet, y'a de quoi faire.

vignes_eguisheim

*Explications très prochaines sur cette récurrence.

5 février 2007

Flash back.

Un peu de calme après la tempête.

night_club

Week-end particulier. La nostalgie m'avait prise en fin de semaine avec mes notes. Puis samedi soir, deux amies et moi avions planifié une sortie pèlerinage dans cette bonne ville de M. Drôle d'impression en me rendant chez l'ex-voisine, en passant dans ces couloirs à la lumière synthétique, dans lesquels j'ai galopé tant de fois, avec Whawha. La soirée fut festive en toute simplicité. Quelques belles rencontres et de bons fou-rires. La lumière et la musique ont su me replonger au coeur de mes années d'étudiante. Et quel bonheur de déconnecter un tant soit peu.

Tout cela m'a permis d'atténuer le clash de samedi matin avec Neb. Dernière chance pour nous deux. On croise les doigts et on fait de son mieux.

14 février 2007

La flamme.

Levée à cinq heures et demi.
Chauffe-eau bousillé qu'a pas chauffé dans la nuit, je me rince vite fait, je râle déjà.
Partie travailler à sept heures moins le quart.
Déposer ma soeur dont la voiture est en panne, quarante bornes de détour.
Bouchons sur la sortie d'autoroute.
Arrivée à huit heures deux devant le bahut.
Plus de place de parking, se garer loin et courir.
Plus le temps pour les photocop'.
Copies pas finies d'être corrigées.
Classe de trente-cinq et des pas faciles.
Une jeune fille qui fait un malaise et qui manque de me vomir sur le bureau.
A midi, déjà épuisée.
Je file faire quelques courses.
Je traîne les pattes dans les rayons tristes et déserts d'un supermarché fantôme.
Je mange un sandwich saumon fumé-ciboulette au volant de ma voiture.
Arc-en-ciel.
Au retour au bahut, papotages avec mes collègues.
Puis c'est reparti pour quatre heures.
Travail dans l'urgence et improvisation.
Dix sept heures trente, conseil de classe.
Dure deux heures, pour quinze élèves.
Faut le faire.
Route du retour.
Mais avec re-détour de quarante bornes parce que la soeur attend.
Arrivée à la maison à vingt-et-une heures.
Un peu fatiguée.

miroir

Mais le plus important dans tout ça,
c'est que j'adore mon job,
je l'échangerais pour rien au monde.

16 février 2007

Debrayage - Point mort.

Une journée pour moi.
Que deux heures de cours ce soir.
Alors je souffle.
Je vais faire mon premier pain ici.
Pas pu jusqu'à maintenant, pas de place.
Faire tourner quelques machines aussi.
Laver Lucien qui est jaune de crasse.
Écrire quelques broutilles, ici ou ailleurs.
De la correspondance.
Peindre un mur capuccino.
Me poser devant quelques bêtises télévisuelles.
Et peut-être même finir ma relecture de 1984.

noisettes

Et savourer plus tard la douceur du dehors,
certes inhabituelle et inquiétante mais tellement agréable...

16 février 2007

Belle île en mer.

1985. Je suis une petite fille. Ce morceau correspond à des vacances en famille, pour beaucoup de monde sans doute. L'été. On charge des valises dans la voiture en fin de journée, on va partir tard le soir, parce que mon papa il aime pas rouler le jour avec tous les autres. Moi et ma soeur sommes impatientes, c'est l'époque de notre complicité de gamines, nos jeux, nos secrets, nos rivalités futiles. On nous avait dit de dormir avant de partir, mais on avait pas réussi, on était trop excité par l'idée du départ, puis en plus, à la télé ce soir là, y'avait un épisode des Dents de la mer et on était pas rassuré. On part justement pour la mer, mieux, l'océan, la Bretagne. Arrive enfin l'heure. Avec ma soeur, on s'installe confortablement, on a même pris nos oreillers et nos peluches. J'ai déjà cette trouille à l'époque de l'accident de voiture puis je trouve que, franchement, Papa, t'as trop chargé la voiture, elle tiendra jamais, ça risque de craquer, non ?

Départ, on regarde par la fenêtre dans la nuit, défiler les paysages, jusqu'à ce qu'on ne les reconnaisse plus, passé notre petit monde... Finalement, on s'endort vite. On ouvre un oeil de temps en temps, parce que Papa a allumé sa pipe. Maman râle, elle aime pas qu'il fume dans la voiture. Nous non plus. On regarde dehors, Quand est-ce qu'on arrive ? On voit pas encore la mer. On se rendort. Maman nous réveille plus tard, parce Regardez les filles, on est à Paris. Dans la nuit, je vois la capitale, pour la première fois sans doute. Elle me parait immense et insaisissable, comme une grande Dame dont vous aviez beaucoup entendu parlé et qu'on vous présente enfin. Je découvre ses rues, qui à elles seules font la largeur de ma cour de récréation. Je regarde défiler ces gens qui errent dans les rues, ne semblant pas vouloir dormir.

Quelques heures plus tard, on nous réveille et il fait jour. On a la trace de l'oreiller sur la joue. On roule dans une petite ville qui a tout de différent de chez nous, jusqu'aux murs de pierres. Papa se gare dans une petite ruelle et dès que nous ouvrons la portière de la voiture, on sent cette odeur toute particulière du bord de mer, le sel et le vent. Les sandalettes claquent sur le bitume. On a envie de dévaler en courant cette pente qui mène sans doute à la mer, mais on se fait gronder parce qu'il faut attendre les parents. Petite danse de joie pour ma soeur et moi. Puis enfin se déroule devant nous ce paysage magique et sauvage, que même on nous l'avait dit, mais on y croyait pas vraiment. Je me souviens de ce petit déjeuner pris sur une terrasse ensoleillée, les jambes toutes engourdies qui pendent dans le vide et les yeux gonflés de sommeil, les meilleurs croissants du monde, avec en fond dans le petit bistrot derrière nous cette chanson de Voulzy dont je ne comprenais pas tous les mots, mais qui a soufflé sur les vacances qui ont suivi, comme une douce brise tiède.

mur

Belle-Ile-en-Mer
Marie-Galante
Saint-Vincent
Loin Singapour
Seymour, Ceylan
Vous c'est l'eau c'est l'eau
Qui vous sépare
Et vous laisse à part
 
Moi des souvenirs d'enfance
En France
Violence
Manque d'indulgence
Par les différences que j'ai
Café
Léger
Au lait mélangé
Séparé petit enfant
Tout comme vous
 
Je connais ce sentiment
De solitude et d'isolement
 
Comme laissé tout seul en mer
Corsaire
Sur terre
Un peu solitaire
L'amour je 1' voyais passer
Ohé Ohé
Je 1' voyais passer
Séparé petit enfant
Tout comme vous
Je connais ce sentiment
De solitude et d'isolement
 
Karudea
Calédonie
Ouessant
Vierges des mers
Toutes seules
Tout 1' temps
Vous c'est l'eau c'est l'eau
Qui vous sépare
Et vous laisse à part
Oh oh...


Laurent Voulzy,
Belle île en mer, Marie Galante*.


* Et Quand j'étais petite, je croyais dur comme fer que Marie Galante, c'était le nom d'une dame très polie.

17 février 2007

Eclairages IV.

dans_la_lumi_re

Merveilleux film l'autre soir sur Arte : Une histoire vraie de David Lynch. J'en avais beaucoup entendu parlé, et j'ai toujours eu un rapport étrange aux film de David Lynch. Ses images me restent souvent greffées longtemps dans le cerveau. Je fus donc déçue par les premières images du film et ce rythme un peu trop lent qui ne correspondait pas à ce que je connaissais. J'attendais l'apparition d'un nain ou de quelque autre figure particulière et peinturlurée. Puis finalement, je me suis laissée embarquer par ce conte, et je n'en ressors pas indemne. Une chose en particulier me reste de l'histoire de cet homme, c'est sa chaise métallique. J'aimerais avoir moi aussi une chaise métallique toujours prêt de moi, pour proposer à chacun de venir s'asseoir à mes côtés, partager quelques mots, un moment.

dans_l_ombre

Petit message à l'attention des animateurs radio qui ne me lisent pas : cessez de fredonner sur la fin des chansons, bordel, vous êtes pas payés pour ça, et déjà que c'est souvent lourd de vous supporter, vous, vos fautes de français, vos accents parisiens, vos schhhh en fin de phrase, laissez-nous au moins apprécier les quelques morceaux musicaux qui nous éloignent de vous et de ces pages pub à rallonge...

17 février 2007

Violent violon.

fleurs_de_neige

Il est tôt. Levée trop tôt toute la semaine, donnez-moi la recette de la grasse matinée. Comme tous les samedis matin, l'idée de mon cours de violon de midi me pèse sur les épaules. J'avance peu. Beaucoup de travail. Puis j'ai du mal en rentrant après sept heures à me coller à mes exercices. Peut-être juste par respect pour mes voisins. Voilà trois semaines que je n'ai pas eu cours. Et le dernier cours s'est très mal passé. Je ne suis pas allée au suivant pour raison de clash avec Neb homme de moi* et mon prof n'a pas jugé utile de m'annoncer l'annulation du dernier, auquel je me suis pointée pour rien.

Notre dernier cours d'il y a trois semaines portait sur mes capacités à enregistrer ce qu'il me disait. En fait, il a commencé à s'énerver à cause d'un tout petit signe qui reliait deux notes sur ma partition. Et moi, j'ai eu le malheur de lui demander ce que ça signifiait. Et il m'a parlé comme à une gamine de six ans. Et j'ai pas trop apprécié. Parce que je ne l'avais jamais vu de ma vie ce petit signe. D'ailleurs, ça fait longtemps que ça dure. Mais jusqu'à maintenant, je me disais que c'était forcément de ma faute, parce que sans doute, je ne travaillais pas assez chez moi.

Puis je me suis imaginée, avec une gamine de six ans, qui essaye bien sagement d'apprendre à lire. Lui coller sous le nez une jolie phrase pleine de lettres et de mots. Et lui dire "Allez ma grande, lis !"... Puis la traiter de blonde parce qu'elle n'y arrive pas.

Certes, je n'ai pas six ans (bien que lui semble disposé à bien vouloir le croire), et il ne s'agit pas de cours de français ... mais la pédagogie doit bien occuper une petite place là-dedans non ? Je ne suis pas née avec la maîtrise du solfège en moi, qui coule dans mes veines, ce n'est pas inné ces choses là, si ? L'école où je me rends travaille avec des méthodes inductives, mais il devrait y avoir un minimum quand même...

Alors j'hésite à continuer, avec lui en tous cas. Le courant ne passe pas, et ceux qui me connaissent savent que c'est une phrase qui résonne rarement dans ma bouche (il n'y avait guère que Tête de Briques qui y avait droit). Alors continuer à perdre mon temps et mon argent pour me faire traiter de gosse... A réfléchir sérieusement.


* si si, toujours homme de moi, n'en déplaise à ceux qui attendent un changement de ton.

5 avril 2007

Un pas de plus vers le bonheur.

La bonne nouvelle, celle qui me plonge un peu plus dans mon rêve. Le téléphone qui sonne il y a moins d'une semaine de ça. Une voix bien alsacienne au bout du fil. A propos de la petite annonce sur internet, le jardin. On me propose ce que je n'espérais plus. Un terrain à l'autre bout de la ville, 9 ares, quelques euros par mois, un petit cabanon...

jonquilles

Dès samedi, nous sommes allés voir l'eldorado. Et c'est peut-être juste ça le bonheur. Il est tout en friches, des herbes et des tiges hautes comme moi. Mais très vite, nous apercevons au loin les limites de cet espace qui se fait immense à nos yeux. On se promène dessus. Le type qui est là ne dit pas grand'chose. Il nous laisse faire. Le terrain est à ses filles, il n'en sait presque rien. On découvre un pommier, un poulailler tout au fond, de longues tiges plus sur la droite. Le petit cabanon dont on a du mal à ouvrir la porte, à l'intérieur, une petite table, un pot de mayonnaise ouvert au milieu, depuis quand, quelques outils, un frigo, des sacs en plastique. On dit "oui", bien sur. A partir de là, j'ai de petites étoiles, des jonquilles et des papillons dans les yeux. Le soir même, quelques amis, les plus importants qui viennent manger. Et toute la soirée, j'élabore silencieusement, avec un sourire en coin, le futur sur ce lopin de terre.

Dès le lendemain, mes parents ont voulu voir l'acquisition. Ils sont venus manger chez nous, pour la première fois. Après le repas, nous avons traversé la ville. Nous avons pris plus de temps cette fois pour nous aventurer sur le terrain. Et avons découvert de la rhubarbe, un pêcher, un buisson de romarin, de la vigne partout (quelques pieds le long d'un mur et rampante sur tout le terrain), des groseilliers en pagaille, un figuier, du sureau, des carottes sauvages, des iris, des rosiers à tailler, et quelques autres plantes ou arbustes impossibles à identifier pour le moment.

Lundi, j'ai passé une bonne partie de la journée à débroussailler, à découvrir sous la paille et les herbes hautes de belles surprises. Et ça ne fait que commencer...

notre_jardin

28 février 2007

"Ah les con... trôles techniques".

J'ai déposé la voiture grise de Neb homme de moi ce matin au contrôle technique. J'avais consulté les pages jaunes pour savoir lequel était le plus proche de chez moi. J'ai déposé le véhicule et je suis passée dans le bureau pour y laisser les clés. Un bureau comme ça, j'en avais rarement vu. Des bibelots partout, tous plus kitschs les uns que les autres, de Blanche Neige en plâtre à la peluche de Bob l'éponge. Odeurs de cigarettes et de café-jus de chaussettes. Et de petits panonceaux sur tous les murs, tout jaunis par le temps, bourrés de fautes, pour signaler tout un tas de choses pas importantes du tout (par exemple : "ne jeter pas le porte gobelet brun, il peu reservir"). Et au "beau" milieu de cette scène, une table, et à cette table,  un type édenté installé, buvant son café en me zyeutant de haut en bas. Je comprends vite qu'il s'agit de la personne qui va s'occuper de la voiture, même si son empressement à réagir n'indique en rien qu'il travaille ici. Je pose mes clés sur le comptoir et échange les politesses d'usage avec la secrétaire (tout aussi édentée). Comme je pose quelques questions techniques, j'entends l'autre abruti derrière moi qui marmonne "Oh les femmes". Je me retourne, je souris, presque gentiment. Puis je repars chez moi, un petit kilomètre à pieds, dans l'air frais du matin, ça fait du bien.

Une heure plus tard, même chemin dans l'autre sens. Je suis en retard quand j'arrive dans le bureau, non pas pour récupérer la voiture, mais pour le cours qui suivra. Le bureau est plein de monde. Des gens comme moi, limite mal à l'aise dans ce décor si chargé, qui viennent récupérer/déposer leur voiture. J'attends mon tour, sagement, en regardant les minutes s'égrainer sur la pendule multicolore. Quand vient mon tour, je demande bien gentiment s'il y a contre visite. L'édenté est toujours là et il vient s'accouder tout près de moi sur le comptoir. Il discute avec un autre client qui lui dit qu'il devrait travailler moins. Et l'autre de répondre, "Ouais, va dire ça à ma patronne, en plus paraît que c'est l'année de la femme, ça leur plaît de nous pomper l'air". Puis il se tourne vers moi et marmonne à nouveau un truc macho du même style à mon intention. Je pivote, je me mets bien en face de lui et lui demande s'il m'a parlé. Rien, pas de réponse, sourire en coin. Je règle la secrétaire (qui est peut-être aussi la patronne dont l'autre parlait précédemment) et alors que je suis sur le point de partir, j'entends à nouveau l'autre pourriture lâcher un "Ah les femmes... comprennent jamais rien...". Fallait pas me chercher. "A Quoi je n'ai rien compris Monsieur ?". Sourire de l'autre qui m'offre le spectacle d'Hiroshima reconstituée dans sa bouche. Il est content, j'ai enfin réagi, il pense avoir gagné son coup. Il me répond que de toute façon, les femmes ne comprennent rien aux voitures et qu'elles n'y comprendront jamais rien. Puis il prend un air navré. Je sais que c'est gratuit de sa part, qu'il avait juste envie de caser sa formule (qu'il doit caser trente fois par jour). Mais je lui réponds malgré tout, très calmement que ce n'est pas mon métier, que je le paye pour qu'il s'en charge et que c'est grâce à ça qu'il gagne sa vie, et que de toute évidence, si je savais le faire moi-même, je n'aurais pas à venir le voir et que ça m'arrangerais bien d'ailleurs. Puis je rajoute à ça que je suis moi-même prof de français et que, de toute évidence, je n'allais pas m'amuser à lui faire faire une dictée pour pouvoir lui dire ensuite qu'il n'y comprend rien. Puis pour finir, je lui ai dit que la différence entre lui et moi, c'est que lui il a besoin d'écrire tous les jours, alors que moi, je n'ouvre que très rarement un capot. Sur ce, il lâche un gros soupir suivi d'un "Ah les femmes..." qu'il espérait comme une conclusion à ce que je venais de lui envoyer. Et je me suis gardé le dernier mot, je l'ai regardé droit dans les yeux (valait mieux ça que la bouche), et j'ai rajouté un joli "Ah les cons", avant de claquer la porte du bureau derrière moi, ce qui a fait trembler tous les clients, ainsi que les peluches et autres nains de jardin présents sur les étagères.

Non, mais !

rennes

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Diane Groseille
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