Canalblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Diane Groseille
Publicité
3 décembre 2010

Marguerite dans le macadam a besoin d'un doliprane.

Réveil à huit heures et demi ce matin. Moi assise dans mon lit à l'heure exacte où mon cours débute à trois quarts d'heure de chez moi. Je réalise très vite que je suis encore toute habillée. Je remets les morceaux de la nuit dans l'ordre et j'en arrive à la conclusion que je suis rentrée très tard, ou plutôt très tôt et que je n'étais pas très fraîche. Je ne le suis d'ailleurs vraiment pas au moment de cette constatation. Je me change, je me brosse les dents, je passe un coup de fil pour dire que j'arrive et je saute dans ma voiture. Je suis hilare pendant tout le trajet, pourtant, y'a rien de drôle. J'appelle Gab, toute guillerette pour lui laisser juste un message.

made_in_italy

 

Puis en replaçant les éléments du puzzle, je me souviens de ceux avec qui j'ai passé la soirée, de celui qui m'a ramenée chez moi, de ce baiser échangé devant ma porte. N'importe quoi ! Je ne donne aucune valeur à ce baiser alcoolisé, mais je suis sure que pour lui, c'est important. Je retombe plus tard sur un message de lui qui confirme mes impressions. Je le connais depuis si longtemps, ça ne pouvait pas être insignifiant. Il me dit qu'il ne voulait pas d'une nuit, mais de bien plus. Aïe, encore.

J'attaque finalement une journée de cours dans le gaz total. Ce soir, Suite au prochain épisode.

Publicité
4 septembre 2010

Quand on se tate le bulbe.

Parenthèse refermée. Enfin, c'est ce qu'on dit. Une réponse est arrivée mardi soir. Il était temps. Avec le peu de recul que j'ai, je trouve le personnage détestable. Je résume la situation. Mi-juin, je prends mon courage à deux mains pour lui exprimer avec difficultés les "sentiments" que j'ai pour lui. Il me répond en toute franchise (ce que j'apprécie) qu'il n'est pas prêt et ce, avec le traditionnel couplet "tu es une fille exceptionnelle et nous resterons toujours amis". Parenthèse refermée. Deux mois et sept mille kilomètres plus tard, il me dit que la situation n'est pas si simple, qu'il y a beaucoup réfléchi et qu'il a encore besoin de temps. Parenthèse rouverte. Nait en moi un espoir qui me bouffe rapidement. Partagée entre la nécessite de me protéger et les papillons d'une possibilité, je ne mange plus pendant près d'une semaine. Gamine poireautant à côté de son téléphone. Bien entendu, celui-ci ne sonne pas. Il faut que moi-même je mette fin par mail à cette macération douteuse pour qu'il en vienne à m'écrire que lui aussi en était arrivé à la même conclusion : ça n'évoluera pas. Détestable parce qu'il m'a fait joué le rôle d'une ado de quinze ans. Pourquoi avoir fermé puis rouvert, puis refermé cette porte ? J'en viens à me dire que moi-même je n'aurais jamais du l'ouvrir, que je m'étais sans doute trompée sur sa personne. Je voyais quelqu'un de fort, de déterminé, de spontané. Je vois aujourd'hui quelqu'un de torturé et d'indécis, un courant d'air. Il avait raison sur un point : il ne sait pas où il en est. Mais qui le sait ?

Cette dernière boucle qui finit en cul-de-sac me conforte encore dans cette idée décidément tenace que je ne suis pas faite pour une histoire à deux. Mon histoire s'écrira seule dans les prochains temps. Nam avait déjà tracé les premières lignes de cette réflexion, j'y mets un point. A quoi bon chercher à construire ou à connaitre l'autre quand cela génère tant de doutes et d'affres ? La tranquillité et la sérénité passent par la solitude. Une indépendance qui me permet tellement de choses.

Je passe le week-end chez mes parents absents. Je suis de garde de Grand-mère. J'avais lancé les invitations à gauche à droite, mais personne ne semble bien motivé. Je suis d'ailleurs agacée de devoir courir après les gens pour obtenir des réponses. Je vais sans doute troquer un week-end festif contre deux jours de solitude à la campagne. Curieusement, la seule personne à m'avoir répondu avec certitude, c'est lui, l'homme aux mille questions. Pas de nouvelles de lui jusqu'à maintenant. Viendra-t-il ? J'en doute. Se savoir seul face à moi, alors qu'il n'a pas su m'affronter les derniers jours, va certainement lui coller une belle frousse. J'aurais eu des questions à lui poser : pourquoi avoir agi ainsi, pourquoi m'avoir fait languir, qu'est ce qui a pu susciter ces doutes ? Mais je sens qu'il ne viendra pas et que je n'ai pas besoin de poser ces questions. Et finalement, l'idée de passer deux jours seule me convient. J'ai besoin de temps pour moi, je me sens mieux maintenant que la question ne se promène plus au-dessus de ma tête, je mange à nouveau et je pense avec joie aux événements à venir.

J'ai eu mes premières classes. Ils sont pleins de bonnes résolutions et de motivation pour attaquer cette rentrée. J'ai été surprise de les voir fourmiller de questions et de projets. Bien que l'idée de poursuivre les cours à M. ne m'enchantait pas, les premiers contacts que j'ai eus avec eux m'ont donné envie de m'engager sur une nouvelle année. Une année qui s'annonce plus légère que la précédente : moins d'heures de cours, plus de temps pour moi, pour des projets qui s'éloignent un peu de l'enseignement. Le théâtre fait partie de mes priorités. Interventions pour des associations, mise en scène, création de nouveaux ateliers... L'écriture aussi. Si je parvenais à trouver le temps, à m'aménager des moments à moi, j'aimerais donner naissance à des écrits concrets : nouvelles, pièces de théâtre...

***

escargots_maria_2

10 mars 2011

Le voile.

Anesthésiée (étymologiquement "sans sensibilité"). Une espèce de voile de coton diffuse une lumière blanche et douce sur mes jours. Sur ma vie.

gab_carte_postale

Je suis intouchable. Quelques heurts pourtant ont bousculé ces derniers jours. La source : Neb et des éléments que je n'ai vraiment pas saisis, une urgence, une décision à prendre vite, puis finalement des vieux dossiers qui se retrouvent étalés sous formes de petites lettres sur l'écran de mon téléphone portable. Deux ans après notre séparation, il a encore des choses à me reprocher. Je rentrais pour ma part de trois jours sur la côte Belge avec Gab. Trois jours d'air frais et de rupture avec mon quotidien. Et je crois que malgré les quelques larmes immédiates qu'ont provoqué ces attaques, ça me glisse finalement sur la peau comme de fines gouttes d'eau. J'en suis déjà à me dire que tout ça n'a aucune importance, que je vais juste remettre de la distance entre Neb et moi, qu'un ex ne devient jamais un ami. Je n'ai pas envie d'essayer de lui expliquer, de lui rédiger les longues lettres qui tombaient dans l'incompréhension il y a deux ans. Je ne lui dois rien, ça ne servirait à rien.

Le voile s'est également posé sur Gab. Je crois en fait qu'il y est depuis le début. Je regarde toujours ce que nous vivons de l'extérieur et il y a comme un flou sur les instants et les sentiments que nous partageons. Je crois que je me/nous l'impose pour me/nous protéger. Les risques sont pourtant déjà pris, les barrières de protection sont franchies. Je tiens beaucoup à lui même s'il n'y a pas cette passion qui habituellement nous fait courir si vite vers la démesure. J'aime sa douceur, cette impression si présente qu'il me comprend sans que je dise, ce respect dans lequel nous baignons. Parfois aussi, je vois les limites de cette apesanteur. Il dit les mots que je formule moi-même et l'effet miroir fait peur.

Puis tout cela s'inscrit sur un rythme maintenant bien rôdé. Après la glande du premier semestre, il a fallu rattraper le coup avec trois tonnes de travail intensif et je suis finalement maintenant bien dans le bain. Il y a toujours cette impression cruelle de rendre trois paquets de copies pour en récupérer sept, d'essayer de vider un lac avec une petite cuiller, mais on fait avec. Et j'ai retrouvé cette conviction de bien faire les choses, même si mes classes sont cette année bien plus difficiles que les années précédentes (beaucoup d'immaturité et peu de motivation, l'un appelant l'autre en conséquence).

Assise en cet instant dans une grande salle vide, je respire après quelques heures de cours. Le soleil qui entre par la porte ouverte  me rappelle que maintenant il ne fait plus nuit. J'attends aujourd'hui le souffle qui chaque année à cette période lève le voile.

***

 

5 septembre 2010

Episodes du possible.

Dans les rues de Berlin, une solitude la nuit. Mes tongs évoluent sur ces trottoirs vides. Au loin, un carrefour. J'y aperçois une silhouette en mouvements. En m'approchant, je constate le va-et-vient de la balançoire. Une jeune fille est installée sur une petite planche et se balance dans la pénombre. Pas un regard pour ce qui se passe autour, l'important est ici, les autres n'existent plus. En plein cœur de la ville, seule et insouciante. Un instant, cette jeune fille, c'est moi.

Plus tard, la grande place de Cracovie, baignée d'un soleil au zénith. Je traverse l'espace. Je suis seule, encore. Sur mon dos, mon sac vert contient tout ce dont j'ai besoin. Se résoudre à n'avoir que le minimum. Tout ce qui serait utile à une nouvelle vie. Et mes pas rythment alors une réflexion pleine de lumière : tout est possible. Ici et ailleurs, je suis celle que je n'osais pas être, je peux le faire.

Le Pont Charles un matin dans les premières lueurs du jour. S'être levé pour l'avoir pour nous tout seuls. Les cohortes de touristes ne sont pas encore arrivés jusque là. Et il est bon alors de déambuler dans ce contraste vide. Aller ensuite siroter un chocolat chaud et trop sucré dans le Starbucks des arcades et s'étouffer de ce muffin truffé de pépites. Satisfaits de cette petite récompense.

Puis les routes, la nuit et le jour. Ces paysages qui défilent et qui ne nous appartiennent que pour quelques secondes. Dans l'habitacle, l'effervescence de ce qui doit suivre. Partager la surprise de la découverte, être ensemble sans aucune autre raison. Se sentir responsable de tout ce que l'on construit.

Les belles étoiles, je suis là sur cette terrasse, dans ses bras, sous les lumières de quelque chose que je n'attendais pas avec cette possibilité. Je glisse mes doigts dans ses cheveux un peu trop longs, juste comme j'aime, je sens la chaleur de son cou et son souffle sur ma joue. Sans savoir alors que tout cela est éphémère, que tout cela n'aura que la saveur du moment.

Un soir d'aout, les gradins d'un concert. A mes côtés, ces personnes que j'aime tant. Je marche entre des inconnus, me faufilant au milieu d'une évidence : le volume. Il y a partout autour ce morceau. Un an plus tôt, je l'avais écouté en boucle pour tout ce qu'il symbolisait de liberté et de bonheur, alors que j'étais enfermée dans mon malaise et mon appartement. Les images qui l'accompagnaient alors étaient celles d'un idéal que j'ai atteint entre temps. Une fois de plus, la possibilité. Un an plus tôt, les notes étaient creuses et sourdes. Elles sont alors gonflées de joie et de réalité. Et je saute de cette évidence. Cours ! Cours ! Poney poney !

Hier, marcher aux côtés de ma Grand mère sur le carrelage chauffé par le soleil. Lui passer la main dans le dos alors qu'elle me raconte le rêve qui a interrompu sa sieste : elle, assise sur les bancs de son école.

Demain, d'autres possibilités. Ne pas fermer les portes, savoir que tout peut être interrompu à tout moment et tout peut commencer à chaque seconde. Élaboration d'une vie nouvelle : la savoir fragile pour mieux la modeler.

***

fleurs_001

8 octobre 2010

God put a smile on my face.

[Attention lecteur, ce blog est en train de se transformer en mauvaise reproduction du Journal de Bridget Jones]

rose_s_ch_es

On croit que ça va s'arrêter, et ça reprend de plus belle. Comme dans ces manèges à grande vitesse quand ça ralentit pour finalement repartir au quart de tour. Sensations fortes.

J'en étais arrivée à me dire que maintenant, tout allait rentrer dans l'ordre. j'avais su à nouveau un peu anticiper mes journées et mes semaines. J'avais recommencé à manger et à dormir "normalement". Le rythme effréné des dernières semaines semblaient s'apaiser. Moins d'idées folles qui me trottaient dans ma tête. On range soigneusement chaque chose dans son petit tiroir et on se concentre sur le quotidien.

Trois jours, j'ai tenu trois jours et mes bonnes résolutions sont parties en fumée. Et une fois de plus, les rebondissements ne sont pas de mon fait.

Mardi soir, avant mon cours de théâtre (de la mise en scène sur une pièce qui me casse les bonbons parce que les acteurs ne se décident pas à apprendre leur texte), je me rends chez un ami qui a des explications à me donner quant à une de ses décisions. Il fait partie d'un de mes groupes de théâtre et souhaite s'en éloigner. Je le sais avant de m'y rendre et je pense savoir ce qu'il va me dire à ce sujet car je crois bien le connaître. Arrivée chez lui, nous rions de bon cœur devant une bière en échangeant les banalités habituelles lorsqu'il se lance. Je sais que son départ du groupe est dommageable, il est un excellent élément, il apporte beaucoup et tout le monde l'apprécie. Cependant, j'écoute avec respect les différentes explications qu'il me fournit. Tout ça se défend, il a d'autres priorités et ne trouve plus forcément de satisfaction à jouer pour le moment. Puis, il y a autre chose... Je le vois gêné et hésitant. Je lui tire les vers du nez sans soupçonner un instant ce qui va me tomber sur le coin de la tronche. Il lâche le morceau : il a des sentiments forts pour moi, depuis longtemps, trop longtemps. Il s'est tu parce que le contexte ne permettait pas qu'il dise. Parce qu'il ne savait pas comment je pouvais réagir. Impression de disque rayé. Je reste comme deux ronds de flan. Impossible de lui articuler une réponse. Je le connais depuis des années, nous avons passé de nombreuses soirées ensemble, nous nous sommes confiés l'un à l'autre et derrière tout cela, je n'avais jamais rien vu.Bien sur, il me demande de me positionner par rapport à ça. Il veut une réponse. Et moi, confuse, je ne sais que lui dire. Je campe sur mes positions, je ne veux aucun engagement. Ni avec lui, ni avec un autre. Je ne m'imagine pas un instant construire quelque chose de solide avec quelqu'un, je n'en ai aucune envie. Vivre seule est un épanouissement de chaque jour, je me retrouve. 

Petite pensée à toutes mes copines, Tine en tête de file, qui ne pensent qu'à se caser. Et ma sœur à midi, alors que je lui explique la situation qui me dit avec amertume et ironie "Oh ma pauvre !". Et moi qui ne sait que faire de tous ces mots/maux. On ne jongle pas avec les sentiments des gens. Bien sur, cet enchainement des éléments est flatteur, bien sur, ça met du piquant dans cet automne naissant et ça me colle un sourire (ravageur, je vais finir par le croire) sur le visage. Mais je ne peux pas jouer indéfiniment à ce petit jeu.

Et je repense à cette même situation, il y a des années. Je sortais alors d'une relation de cinq ans avec celui en qui j'avais vu l'homme de ma vie. Pleine de désillusions et gonflée par cette nouvelle liberté, je rencontrais Jules. Il arrivait comme une fleur dans ma vie, je le connaissais pourtant depuis des années, il était l'ami, le complice de tous les délires d'étudiants, le confident. Puis sans l'avoir vue venir, une tendresse s'est installée entre nous. Il sortait lui aussi d'une relation longue et douloureuse. Nous nous sommes aimés de façon toute singulière, sans aucune promesse, sans aucun engagement. Et ça a duré deux ans, durant lesquels j'ai eu mal souvent, de ne pas lui offrir plus, de ne pas savoir voir loin. Je ne lui ai pas toujours été fidèle, il y a eu d'autres personnes, pour la tendresse, pour se prouver qu'on plait, pour le plaisir. Il le savait.

Est-ce de ça dont j'ai envie aujourd'hui ? Et est-ce possible avec lui ?

***

Publicité
2 décembre 2010

Corpus delicti.

Je marche dans la rue avec ma sœur. Une rue de novembre illuminée de cannelle et d'effluves sucrées. Je me dois de lui parler de moi, de ce que je ressens. Parce que c'est ma sœur. Mais je n'aime pas le faire. Je peux lui parler de tout, mais... A chaque fois que je soulève avec elle une histoire de cœur ou une histoire de corps, elle se braque. Je la sens qui me juge, qui se crispe, qui rentre dans sa coquille. Ce soir là, je le lui dis. Alors que j'essaye de mettre des mots sur ce que je vis, je m'interromps en lui disant "De toute façon...". Et je capte un regard triste. Et elle m'explique. De la jalousie, seulement de la jalousie, dit-elle. Et ça me fait mal...

Point de départ d'une réflexion pas cohérente et pourtant menée depuis très longtemps. Commençons par le début. De l'importance accordée à l'image. Quelque chose qui me trotte dans la tête depuis des années. Et avant de rédiger cette note, j'ai eu envie de relire les mots des années passées. Je suis repartie des années en arrière, ici et ailleurs, pour y observer l'évolution de la question. Et je constate que pendant longtemps et souvent j'ai eu beaucoup de mal avec ce reflet de moi-même. Impression de décalage, impression de n'être pas à ma place, impression que cette image de moi-même ne me correspond pas. Et si souvent cela m'a freinée dans mes envies, dans mes projets, dans mes ambitions. Je me suis embourbée. Je me souviens avoir refusé des sorties, avoir été pétrifiée par l'idée de simplement marcher en ville, m'installer à la terrasse d'un café, supporter le regard des autres sur moi. De la timidité ? Un manque de confiance ? Une image faussée ? Peut-être même derrière tout ça, une dépression déjà présente depuis des années.

Celle-ci arrive officiellement l'été 2009. Avec elle, ces sentiments de mal-être liés au corps s'accentuent encore. La simple éventualité d'aller faire mes courses, de descendre ma poubelle me paralyse. Ma présence est à justifier partout, je ne me sens à ma place nulle part, je n'ai plus aucune légitimité, j'en suis à m'excuser d'exister. Je crois lire dans le regard des gens du dégout, de la rage. Je ne sais plus alors comment me gommer.

Mais je me soigne. Et la guérison vient de l'intérieur. Je sais aujourd'hui que ma tête était malade. Je sais que tout était faux. Je ne prends plus de traitement depuis mi-juillet et je suis de nouveau moi-même, avec une image réelle. Il aura fallu un an pour guérir. Ce fut un apprivoisement progressif et inconscient. Sans le savoir, j'ai avancé dans ma tête et avec mon corps. Aujourd'hui, je l'accepte, je l'aime.

Cela fait un an et demi que je suis séparée de Neb. Au milieu il y a eu la tempête. Après, il y a eu la renaissance. Mot lourd mais juste. Je le sais avec le recul que j'ai aujourd'hui. Je m'accepte. Bien sur ce n'est pas évident tous les jours, mais je m'écoute. Mon rythme de vie a changé. Avec lui mon corps s'est transformé. J'ai perdu quelque huit kilos. J'ai repris la cigarette, je l'ai arrêtée. Je dors très peu. Je mange moins, seulement quand j'ai envie. Je m'écoute. Mon corps est aujourd'hui mince et plein d'énergie. Je le sens souple et noueux à la fois. Résistant et docile. J'aime les pleins et déliés, les courbes et les creux. Mais c'est surtout ma tête qui a changé...

Et s'accepter permet d'être acceptée. Et c'est là que ça se corse finalement, je le constate à mes dépends. J'ai aimé dans un premier temps les regards bienveillants, flatteurs, les impressions de plaire. Plaire est un jeu. Une satisfaction. Se sentir libre et forte. Il y a eu l'admirateur secret d'abord, Nam plus tard. Puis l'ancien élève et la déclaration d'octobre. Gab maintenant. Chacun arrive avec son lot de sentiments, d'attentes. Je prends comme ça vient. Je me pose trop de questions, mais pas les bonnes. Et je me retrouve à chaque fois embarrassée. Parce que la réciprocité n'est pas là. Parce que pour certains, il a fallu faire mal et que ce n'est jamais une partie de plaisir que de faire souffrir quelqu'un. Et cela, personne ne le comprend. Je pense à Micahuete qui envie ces nombreux prétendants. Je pense aux paroles agressives de ma sœur que je saisis mieux maintenant. Certes, cela met du piquant dans une vie quotidienne  éteinte, en relançant à chaque fois les questions, en flattant. Mais que faire de ces personnes pour lesquelles je ne ressens rien ? A part les blesser...

Alors non, ce n'est pas forcément drôle. Ce n'est pas forcément agréable. Ce n'est pas forcément enviable.

Dentelle_noire

***

4 octobre 2010

Savoir freiner.

Il est temps pour moi de reprendre une vie normale, plus calme et plus saine.

Hier, chez mes parents, après un repas copieux et bien arrosé, je me suis allongée dans l'herbe. Chacun est parti de son côté pour la traditionnelle sieste dominicale. Je me suis laissée aller sous cette luminosité généreuse et inattendue de début octobre. Ma tête a basculé sur la côté, bras et jambes en croix, j'ai senti dans mon cou la morsure du soleil. Sur une ligne allant de la naissance de mon oreille à ma clavicule, il est venu planter ses dents. Se laisser chatouiller par cette douleur  discrète et envahir par des idées réchauffées par sa bienveillance. Le moment d'une pause.

Je regarde avec un peu de recul mon mois de septembre. La vitesse et les prises de risques. La violence aussi des sentiments nés trop rapidement. Les premiers jours d'une relation ont toujours cette beauté naïve. J'ai su cette fois-ci les regarder avec l'objectivité de celle qui sait déjà. J'ai été spectatrice de cette aventure. Je me regardais d'au-dessus. D'abord, il y a toute cette tendresse. Les gestes sont doux car tellement nouveaux. On se découvre, le corps de l'autre, son parfum, la façon dont il peut murmurer des choses à l'oreille, tout ce qui le caractérise de sensualité et de nouveauté. Avec pour moi en plus cette fois le bonus de la transgression. Faire quelque chose qu'il ne faudrait pas faire. L'interdit et le danger donnent du goût, une saveur supplémentaire. L'idée de l'impossible et de l'impensable aussi. Et je me suis vue, à la fois victime et coupable, m'embarquer dans cette histoire, jouer le jeu des premières fois, me laisser ravager le ventre et la tête par ses mots et ses mains, tout en sachant qu'il y avait quelque chose d'artificiel. Jouer la comédie de celle qui y croit. Et j'aurais pu finir par y croire. Je pense que la boucle est bouclée même s'il aura été moins évident d'y mettre fin que je ne le pensais. On devrait toujours se contenter de ces premiers jours. Après, la passion s'évanouit, pour laisser place à des habitudes et des promesses. Je repense à ce roman d'Alexandre Jardin, Fanfan où le héros entretient cet amour naissant, prenant grand soin de ne pas franchir la barrière qui mène à la routine et à l'engagement. Jusqu'où peut-on aller ainsi ? Jeu dangereux !

Mercredi dernier, révélation. Il m'avait invitée à venir chez lui malgré la décision qui avait été prise deux jours plus tôt. Il vit chez sa mère et cette dernière avait été hospitalisée pour une opération prévue de longue date. Il avait lourdement insisté pour que je vienne le voir. Déjà alors, je savais qu'il fallait que je lui parle, que je sois plus claire quant à notre relation, bien que je l'avais déjà été quant à mon non-engagement. Je savais que ça n'irait pas plus loin. Mais j'y suis allée quand même, l'appel du corps sans aucun doute. Arrivée là-bas très en retard à cause de déviations et de routes barrées (autant de symbole qui auraient dû me faire rebrousser chemin), j'ai découvert un garçon différent. On ne connaît jamais vraiment quelqu'un tant qu'on ne l'a pas vu dans son élément. Il m'a accueillie dans un appartement qui aurait fait la joie de Valérie Damido, déco kitsch à souhait, canevas au mur, statuettes de chevaux lancés au galop, napperons brodés sur la télévision. Et au cœur de ce spectacle, ce garçon de 25 ans en survet' et claquettes ! De quoi vous assécher un océan de désir. Je me montre indulgente, il n'est pas responsable des choix esthétiques de sa mère. Mais quelques minutes plus tard, alors qu'il m'attire dans sa chambre, je suis prise d'un fou rire intérieur difficile à contenir. Des murs bleus recouverts de posters, un cadre de Scarface sur fond de dollar, un drapeau Bob Marley accroché devant la fenêtre. Et mon grand gaillard tout souriant planté au milieu. Et là, il a à peine quatorze ans. Et moi, je me sens une vraie buse de m'être foutue dans un tel pétrin. J'ai finalement passé la nuit là-bas, épuisée pour me lancer dans la route retour. Brutalité et tendresse pour cette nuit irréelle. Au réveil le lendemain, je saute dans mes fringues pour partir au plus vite. Il ne se lève pas et me dit juste comment rejoindre ma voiture.

Après ces quelques semaines tumultueuses, j'en arrive à une conclusion sage : on ne construit jamais une histoire à deux, on la construit seul. Je suis aujourd'hui convaincue, au regard des expériences passées que la notion de partage dans un couple n'est qu'un leurre, une illusion. On vit l'histoire qu'on se raconte, les paroles et les gestes de l'autre pouvant être interprétés librement, la confiance étant souvent toute relative. Vieille fille aigrie et frustrée me direz vous ? Désenchantée au moins, c'est une certitude. Et aujourd'hui, à bien repensé à mes relations passées, j'en arrive à me dire que tout ce que j'ai aimé, c'est moi qui l'ai apporté. Je suis donc capable seule d'être heureuse. Je suis capable d'être heureuse seule. Et je ne veux plus m'accrocher à cette idée chère à toutes les trentenaires célibataires que le bonheur arrivera avec mon prince charmant, ni même avec un quelconque compagnon. Le bonheur, c'est moi.

***

matin_flou_1

28 septembre 2010

La raison.

Je ne devrais pas aller plus vite que ma vitesse, pourtant tout s'accélère. Je ne parviens déjà plus à suivre le rythme qu'on m'impose, que je m'impose.

Arrivent à grands pas des représentations théâtrale. Premier match d'impro de l'année jeudi et dans deux semaines, trois représentations de ma pièce sur un week-end. Côté boulot, j'ai tardé à m'y mettre et je me retrouve déjà avec des délais dépassés, des progressions qui n'ont pas été rendues à temps, des copies qui s'étalent sur mon bureau. A ne pas vouloir mesurer l'urgence de certaines situations, je me retrouve déjà coincée après un seul mois de cours. Il faut vite que je reprenne un rythme mais ma tête est ailleurs, elle se laisse aller à des futilités si agréables !

Hier soir, du haut de mes dix-sept ans, j'ai envoyé un texto à mon "amoureux". Je lui ai dit que ça ne pouvait pas durer, que c'était mieux si on s'en tenait à ça. Par texto. Comme une ado. Et je m'en suis mordu les doigts. Mais je souffle sur la flamme avant qu'elle ne me brûle. Très vite, ce qui ressemblait à un petit jeu sans conséquences m'a déstabilisée. Puis je repense à sa peau, à ses mains, à sa bouche et une vague lourde et innommable m'envahit. Il est venu à moi sans aucune raison, avec tout son courage et son culot. Il est venu me chercher alors que ça paraissait impossible. Il a su me trouver. C'était impensable. Et j'ai tellement aimé ça. J'avais besoin d'être bousculée. Le mot est si juste. Ma tête et mon corps. Il a su tout faire. Il a su me brusquer avec toute sa douceur, les mots, les gestes et tous ces éléments si inattendus. J'ai voulu dire stop sans savoir si c'était une bonne chose, mais je sens en moi les fourmillements d'un attachement et ça, je ne le veux pas. Ni avec lui, ni avec un autre. Je ne suis pas prête pour ça...

Alors, aujourd'hui, c'est comme après un incendie. Doutes et terres brûlées. Je ne sais pas ce que ça va donner, s'il va insister, si nous allons nous revoir. Je ne m'imagine pas construire quelque chose avec lui car nous sommes si différents, nos âges, nos centres d'intérêt, notre façon de voir les choses. Et pourtant, le courant passe. Ce serait réducteur de dire que nos corps se comprennent, mais c'est une réalité, il y a des choses qui n'ont pas à être dites. Il dit vouloir "être avec moi", "me voir encore et encore". Et moi, si impalpable, si fuyante, si hésitante. Je ne comprends pas. L'idée de laisser venir est tentante, mais je pourrais bien y laisser des plumes.

Et je me dis que si je devais vraiment prendre le risque de m'engager, il faudrait que ce soit vraiment fort, vrai, impeccable et imparfait à la fois, douloureux et délicieux.

Et toute cette vitesse qui m'ébouriffe.

romance

***

20 mars 2014

Marcher vite.

Se réveiller sans bruit et s'étirer. La fenêtre est entrouverte et laisse entrer l'air frais. Se lever, boire un thé, dans le silence. Retrouver le fidèle compagnon à quatre pattes, blanc, frétillant. Ensuite, s'habiller vite pour sortir, appelée par la lumière. Prendre le rythme des pas, de la respiration. Ouvrir les yeux, encore un peu fripés de sommeil. S'émerveiller de trouver tout ce quartier dans le soleil, comme de le retrouver après un long sommeil. Marche vite, marcher loin. Voir un chien sans laisse arriver au loin, toujours les mêmes mots "attachez votre chien s'il vous plaît", toujours la même réponse "mais il est gentil"... Lu n'est pas "gentil", surtout avec les mâles, mais les propriétaires s'en balancent, de savoir que leur chien va peut-être se faire bouffer une oreille. Tant pis pour eux. Marcher encore. Ne plus y penser. Partout des arbres en fleurs. Les magnolias ouvrent leurs gueules en un cri qui va pourrir dans quelques jours. Plus loin, les vignes, plus personne, de l'air frais, le ciel trop clair, éreinté. Le souffle fluide. Sentir. Oublier. Puis penser à rentrer. Par un autre chemin. C'est un dimanche matin. On y avait pas pensé, mais on réalise. C'est sensuel un dimanche matin. Fin de matinée. Milieu de journée. Les fenêtres grandes ouvertes sur le dedans des maisons. Les odeurs de repas. Ceux qui mijotent depuis des heures, les viandes grillées, les épices. Tout ça se tricote à des odeurs de lessives gonflées par le vent. Par ces ouvertures se faufilent aussi les sons, des assiettes que l'on pose sur la table, de la vaisselle que l'on prépare, d'une discussion ponctuée d'un éclat de rire, d'une musique orientale un peu trop forte. Retrouver ma maison après plus d'une heure de marche, la tête vide d'idées, pleine de sens.

1

3

5

7

9

18 octobre 2010

Dégout.

Y'a ces trucs qui sont dits au coin d'une table, un dimanche soir fatigué, devant une assiette de pot-au-feu. Une soirée improvisée avec des improvisateurs qui vient clore un week-end théâtral trop long, fatigant et décevant. Et ces mots anodins s'échappent de la bouche de mon interlocutrice, la blondinette. Des mots qui viennent sans le savoir mettre en évidence un énorme mensonge. Pas le sien et il est d'ailleurs sans importance de savoir qui, quand, où et pourquoi. Et dégoutée, épuisée, lassée, je laisse de grosses larmes rondes rouler sur mes joues. Nerveusement, je me dirige vers la fenêtre où j'allume une cigarette de rage. Je leur tourne le dos pour qu'ils ne voient pas ma fatigue. L'homme aux mille questions est là. Et je me dis à ce moment là, une fois de plus, que s'il ne devait y'en avoir qu'un, ce serait lui. Je sens bien que ma réaction met tout le monde mal à l'aise. Ils n'ont pas l'habitude de me voir comme ça. Je suis la fille forte, celle qui lâche rien, celle qui tient tout à bout de bras et qui se décourage pas devant la difficulté. Mais là, c'est trop. Ce n'est pas tant le mensonge, ni même son auteur qui me dérangent, c'est cette impression alors persistante d'avoir "pauvre buse" écrit en gros caractères sur mon front et ce depuis quelques semaines déjà.

Puis aujourd'hui, catastrophe. Le cumule de tout ce que je déteste et redoute. En montant dans ma voiture ce matin, j'étais déjà en retard et je laissais derrière moi un taudis. Mon horoscope auquel je ne prête d'habitude guère attention m'annonce une journée facile et pleine de bonne humeur. Je sais maintenant pourquoi je n'y prête pas attention. Je suis tombée vingt minutes plus tard dans un bouchon phénoménal. Puis la première classe que je vois ce matin me fait sortir de mes gonds : sur les quinze présents, pas un seul n'a fait le travail demandé. Zéro pour tout le monde et zéro fois quinze, ça fait toujours zéro.  La bonne idée me vient à la pause de consulter mon compte en banque : mille euros de découvert et toutes les traites citées plus tôt ne sont toujours pas payées. A midi, je pars errer dans les rayons d'un supermarché. Je me contente du minimum : quelques rouleaux de PQ, un filet d'oranges, de la lessive. Voilà des semaines que je n'ai pas pu faire de vraies courses. En passant à la caisse, j'ai des larmes dans la bouche en repensant aux propos de la veille, à la trahison et à ma naïveté. Dans l'après-midi, je voulais diffuser Harrison's Flowers à mes Bac pro qui travaillent en ce moment sur le journalisme. On me dit que la prise péritel est foutue. Je me laisse pas démonter, il me reste dix minutes pour en acheter une au supermarché du coin. Mais il se trouve que c'est en fait la sortie péritel de la télé qui est morte. Achat inutile, il va falloir trouver une autre solution. Alors, on panique pas, on va tenter avec un PC et un vidéo projecteur. Mais quand je veux sortir le DVD déjà installé dans le lecteur, celui-ci reste bloqué à l'intérieur. Je confie finalement l'engin au directeur, qui sera obligé de mettre un coup de tournevis pour le récupérer. Nouveau contre temps, on a plus le code du PC en question. Personne n'est foutu de me retrouver ce code. Pendant ce temps là, impro oblige, j'ai installé mes loulous dans une salle info et ils font des recherches sur un journaliste célèbre de leur choix. N'importe quoi ! Puis quand on finit pas retrouver le code, on réalise qu'il n'y a pas de sortie son ! On arrive finalement à lancer le film deux heures après l'heure prévue... Puis il y a une demi-heure, alors que mon cours marathon vient de s'achever, ma mère au téléphone qui m'annonce que mon oncle est mourant, il n'en a plus pour longtemps, il faut qu'on s'y prépare. Sinon, j'ai aussi pété ma thermos, foutu trois fois mon téléphone par terre et je me suis pris une châtaigne et tirant sur un câble. Puis il n'est que dix-huit heures, alors j'hésite à monter dans ma voiture, je voudrais juste me téléporter dans mon lit.

***

oeil__toile

Edit : journée qui se termine par des larmes, encore, celles de la fatigue nerveuse que je ne maitrise plus.

15 janvier 2013

Silhouette.

Je marche dans la rue, la nuit, sur un trottoir givré qui semble sans fin. Au loin, à quelques dizaines de mètres, je vois une personne qui marche. Je vois clairement ses gestes se découper dans la pénombre, en ombres chinoises, avec la lumière artificielle d'un réverbère derrière elle. Le soir est froid et figé. J'observe sa démarche, l'amplitude de ses pas, et je crois que je saurais dire, sur ces quelques longues secondes, peut-être minutes, ce que cette démarche peut révéler de cette personne, de sa détermination, mais aussi de sa tolérance, peut-être de sa gentillesse. J'avance sur cette ligne droite et pendant un long moment, j'observe cette silhouette. Je cherche à imaginer le visage perdu dans l'obscurité, effacé, éteint. Et soudain, je réalise que je suis incapable de dire si cette personne, loin là-bas, est en train de s'approcher de moi ou de s’éloigner. Incapable. Et je pense à nous. Ce personnage, ce peut être lui, ce peut être nous.

rouille***

25 mai 2013

La toilette.

C'est une aire d'autoroute, un jour de pluie, un jour de grands voyages. Dans les toilettes d'une grande chaîne se mélangent les populations en pleine migration. Un noeud de routes. Les regards hagards, sonnés par tant de kilomètres, drogués de lignes droites, se croisent le temps d'un claquement de porte, d'un regard dans un miroir. Échanges uniques et éphémères. Une femme s'attarde devant un lavabo. Comme si personne ne la voyait, comme seule au monde. Elle se lave, elle trempe ses mains, ses avant-bras dans de l'eau fraîche, elle s'asperge le visage, le cou. Elle est belle, grande. La vie passée se lit sur sa figure. Elle a vécu, elle a vu. Ses grands yeux ne voient que son reflet. Elle me fait penser à ces photographies de nus de Willy Ronis ou encore à ces tableaux de Degas. Ces portraits d'intimités de femmes exposées. Je l'observe, quelques minutes, peut-être même pas et j'imagine cet homme qui l'attend dehors, cet homme pour lequel elle veut être belle et fraîche. Elle tamponne du papier absorbant sur son décolleté, passe sur sa bouche un tube de rouge au tracé impeccable et rajuste son chemiser avant de quitter élégamment les lieux pour poursuivre sa route.

Ronis_NuProvence

 

29 juin 2012

Blessure.

Un lundi après-midi, alors que la journée semblait des plus banales et que ma vie était en mode "routine", j'ai reçu un mail. Un de ceux qui vous mettent une gifle si violente que votre tête fait trois tours sur elle-même. Gab, par trois lignes froides et sèches, m'annonçait que tout était fini entre nous.

Depuis un an et demi, nous avions su inventer une philosophie et la vie qui va avec. Comment croire qu'il est possible de trouver celui à qui ça peut convenir : vivre seul et pourtant s'aimer fort, vivre libre et pourtant partager autant, être loin et pourtant si proches. Avec lui, c'était possible. Puis soudain, au mois d'avril, j'ai évoqué plus. J'ai eu envie de savoir si c'était possible. J'ai parlé de partager davantage, de se donner plus. Il a sans doute entendu "maison", "gosses", "mariage"... Rien de ce que j'avais dit mais entre ce qu'on dit et ce que l'autre entend, parfois des goufrres se creusent. Puis sont arrivées quelques discussions houleuses, quelques remises en question qui traduisaient nos peurs respectives. Rien d'affolant à mes yeux, des ajustements. La semaine qui a précédé ce message, il m'a même dit que tout irait bien, qu'il voulait me savoir heureuse.

Après ce message, il y a eu, le jour même, quelques éclats de voix qui se voulaient définitifs au téléphone puis deux semaines de silence. Deux semaines de torture. Deux semaines où j'ai lutté contre toute cette tempête. On a beau se regarder d'au-dessus et se dire que c'est pathétique, que ce n'est qu'un chagrin d'amour stupide, ça dévaste. Je mes uis sentie blessée comme je ne crois pas l'avoir été avant par une personne. J'ai réalisé au bout de quelques jours à quel point il était important pour moi, toute cette chance que nous avions. J'ai compris que je ne pouvais pas accepter ça comme ça, je ne devais pas me résigner. Et j'ai décidé de me battre. Pour lutter, j'ai écrit. J'ai trouvé dans l'écriture la force d'y croire. J'ai trouvé la patience et les réponses à mes questions. J'ai trouvé le courage de retisser un lien.vJ'ai compris que la soumission serait de me taire et de baisser les bras.

Deux semaines après, je lui envoyais un message qui rétablissait une communication. Nous avons pu nous parler au téléphone. Une conversation d'une demi-heure où j'ai donné toute la force de ce que j'avais en moi, calmement, sereinement, en gommant toute cette violence qui se manifestait. Nous nous sommes revus trois jours plus tard, sur cette place baignée de soleil, dans cette ville que je n'aime toujours pas. Terrain hostile pour rencontre du troisième type. Puis finalement, tout s'est bien passé. J'ai reconnu celui que je connaissais depuis plus d'un an et que je considérerais alors presque comme mort. J'ai tout de suite retrouvé sa tendresse. Il s'est dit très touché par mon discours, par mon amour, par ma compréhension de la situation.

La semaine suivante, je me rendais chez lui sur sa demande. Ce qui devait simplement nous permettre de discuter, de mettre à plat nos divergences, a finalement permis de nous rapprocher, de racomoder ce qui avait été déchiré. J'ai retrouvé celui que je connaissais, sa franchise, son rire, notre complicité. Nos corps se sont retrouvés aussi. Et pour la première fois depuis que nous nous connaissons, j'ai eu envie de faire des promesses, j'ai eu envie qu'il m'en fasse.

Aujourd'hui, tout semble très fragile, mais je ne me suis pas battue et débattue pour rien. J'aurais au moins compris sa décision et je crois que cela nous a rendus plus forts. Je ressens beaucoup de respect pour lui malgré cette blessure qu'il m'a infligée. Je devrais peut-être me sentir mal, trahie, soumise, mais ce n'est pas le cas. Je pense que nous avons gagné beaucoup. Bien sur, la peur est très présente, elle peut encore tordre mon ventre. J'ai besoin d'être rassurée. Je sais aujourd'hui plus que jamais qu'une vie à deux reste avant tout une vie seule et que l'autre ne peut pas répondre à toutes nos questions, à toutes nos exigences. 

Alors qu'une page semble s'être tournée, je suis bouleversée de constater, une fois encore, à quel point les mondes que nous élaborons sont fragiles...

***

zz_ écrire est à publier le 15-09

26 janvier 2013

O sole mio !

Un matin, trop tôt, encore. J'ouvre les yeux pour une fois toute seule, sans mon réveil et j'ai la tête pleine d'énergie. Je comprends pourquoi en me souvenant de mes rêves de la nuit.

C'est l'été, tout est noyé de soleil. Je me baigne dans de belles rivières, à l'eau fraiche et pure, cachées par de grands arbres forts. J'utilise les cours d'eau pour me déplacer, je les suis comme on fait en canyoning, en se laissant glisser sur la pierre, dans les courants. Je sens le soleil sur ma peau, dans le regard des gens, dans la bonne humeur et la facilité à vivre. Je rejoins des amis, on est heureux, on partage de belles énergies et de belles émotions simples. Plus tard, je suis en voiture, à l'arrêt, il semblerait que j'aie un long trajet à faire. Je suis sur une grande place lumineuse et je regarde des familles qui y évoluent, nombreuses, joyeuses, belles. Des enfants qui sourient, des femmes épanouies, des hommes tendres. Je suis seule dans ma voiture, sur le point de prendre la route, la radio joue en boucle les mêmes titres, des voix de filles geignardes. Je suis seule dans ma voiture, dans ma vie, je vais rouler, mais je ne sais pas vers quoi, vers qui. Il fait chaud, mon bras passé par la fenêtre se pose sur la carrosserie brulante. Je démarre, je pars...

Quand j'ouvre les yeux, il me semble que la vraie vie est mon rêve. Pourtant non. Dehors, il fait encore nuit et les toîts que je devine depuis mon lit sont encore recouverts de neige. Je crois que je manque de lumière cet hiver...

coucher-de-soleil2

20 septembre 2008

Fade out.

Peut-être absente de ma vie.
Comme spectatrice de l'extérieur.
Rajouter des morceaux d'histoires,
qui ne sont pas les miennes.
Pour donner une autre teinte.
Accéléré - Ralenti.
Et des mots pour marquer le tempo.
Preuve pour le futur.
Marque d'atmosphère.

***

aneth

Finalement, il ne reste de la vie que quelques mots, une image et des notes de musique.

Et on passe notre temps à essayer de redessiner des moments et d'en effacer d'autres.


20 août 2008

Miroir.

Grâce au texte de Stella K,
je fais l'effort de rechercher cette phrase
lancée en voix off par Norah Jones
dans My blueberry Nights de Wong Kar Waï :

“on attend parfois des autres qu'ils servent de miroir,
qu'ils nous cernent, qu'ils nous disent qui on est.
Chaque reflet me réconcilie un peu plus avec moi même.”


***

my_blueberry_nights

15 juillet 2008

Merci Eddie.

Tagguée par Eddie, je me lance pour un petit questionnaire, juste avant de partir...

Les règles :

  • Mettre le lien de la personne à l'origine du tag.
  •  Mettre le règlement du jeu.
  •  Répondre aux questions.
  • Tagguer 5 - 6 personnes.
  • Les avertir sur leur blog.

***

1/ Couleurs préférées: j'aime toutes les couleurs.

2/ Matières préférées: le coton, la soie, le lin...

3/ Odeurs préférées : le parfum des fruits bien mûrs, l'herbe coupée, l'odeur de Lucien qui sent comme un petit chiot, les odeurs d'une ferme, de la nature, de la pluie dans la forêt...

4/ Gourmandises préférées : les sushis, presque tous les bonbons, les fruits frais...

5/ Le style de ma décoration: des matières simples, du rouge, du marron, du beige, du confort, moins de bibelots qu'autrefois, des objets authentiques.

6/ Ce que j'aime recevoir: des fleurs, des livres, des surprises, des amis, des compliments, des lettres manuscrites et des cartes postales, des remerciements, des bonnes nouvelles.

7/ Un aliment ou un produit que je n'aime pas du tout: la betterave, je trouve que ça a un goût de pourri.

8/ Trois aliments préférés: tomates, pain fait maison, cerises.

9/ Recette favorite: En ce moment j'élabore et je parfais mon poulet au lait de coco. Mais j'adore la blanquette de veau de ma maman, inimitable.

10/ Boisson de prédilection: Crémant d'Alsace.

11/ Le plat que je rêve de réaliser mais que je n'ai pas encore fait: Je ne rêve pas, je fais.

12/ Mon meilleur souvenir culinaire: un délicieux couscous préparé seule pour quarante personnes en centre de vacances, il y a cinq ans.

petits_pains

Pas le temps de tagguer,

je ferme ma valise et je me sauve,

à vous de voir si le questionnaire vous tente !

***

15 juillet 2008

A vos marques...

Départ pour trois semaines de vacances dans quelques heures.
Aucun programme, aucune étape obligatoire.
Juste un retour impératif pour le 7 août : concert d'Iam, et le 8, Alanis Morisette.
Pas le silence total pour autant puisque je pars avec mon EEEpc sous le bras...

fleurs_de_courgettes

Par ici, quelques images de notre jardin de balcon...

***

1 septembre 2008

Fragile.

Cette nuit, le ciel est tombé sur notre toit, en gros grondements colériques et en menaces lumineuses. J'ai observé tout cela sous ma couette, bien blottie, à l'abri. Ce matin au réveil, mon balcon-jardin est lavé de toute la poussière des jours trop chauds, les plantes rayonnent et ça sent la rentrée...

Aujourd'hui justement, c'est la pré-rentrée de ceux qui suivent le calendrier de l'éducation nationale. Naturellement, j'ai le cœur un peu serré pour ma petite sœur qui se jette dans l'arène, dans l'inconnu parce qu'on la pousse violemment dans le dos. On la pousse à la faute, à se retrouver à mal faire son travail. C'est normal, ce n'est pas son travail. Et si elle n'y va pas, elle perd le bénéfice de son concours. Je repense à toutes ces fêtes de fins d'années auxquelles j'ai assisté : elle, resplendissante, les enfants, épanouis, le résultat d'une année de complicité, de progression, de courage, de travail. On lui enlève ça et on l'enferme dans un bureau, elle qui s'est battue pour en arriver là, qui n'a jamais moufté malgré les incohérences des décisions du rectorat. Je suis avec elle par la pensée depuis mon réveil.

De mon côté, je profite du temps qui ne m'est pas encore compté, je passe des heures à lire, à ronronner sous la couette. Pas de mauvaise conscience, je sais que c'est du luxe par rapport à ce qui va suivre : les journées chronométrées, les courses effrénées avec le temps et ses ruses sournoises. Je passe en ce moment du temps avec La Part de l'autre d'Éric Emmanuel Schmitt que je suis en train de finir, histoires torturées et parallèles, écriture fluide et évidente. Une pile de livres m'attend sagement sur ma table de chevet et je compte bien poursuivre cet élan estival qui m'a précipitée dans des univers nouveaux et surprenants... J'ai redécouvert cet été l'art de prendre mon temps, de ne plus le compter, de ne plus lui courir après. Le fait de ne plus avoir le jardin à joué en ma faveur, plus de culpabilité parce que ce qui est à faire n'est pas fait. J'avais les années passées ce besoin de "rentabiliser" mon été et je courais toujours après autre chose, envie de nouveauté, d'activités, de cumul, comme pour créer un album de souvenirs qui me permettait d'attaquer au mieux les mois gris. Tout cela pour arriver à la rentrée essoufflée. Et de toute façon, j'ai décidé que cette année, j'avais le temps ! Fini les bonnes résolutions en pagaille qui nous obligent au final à galoper et nous collent mauvaise conscience quand on les tient pas.  Elles viendront spontanément. Cette année, je respire !

On commence dès ce soir : nous retrouvons Coldplay. Quatrième concert pour moi. C'est comme de retrouver des bons copains, rien n'a été prévu, on est une bonne bande à se retrouver sur place, réjouissance !

gramines

25 août 2008

Sac d'école et nouveau cahier.

Je me disais que j'aurais le temps. Je me le dis encore d'ailleurs. Mais l'échéance est proche. Demain matin : rentrée des classes. Quelques heures me séparent encore des premiers mots écrasés sur le tableau.

Ce sera avec quelques élèves seulement. Je commence demain matin dans un nouvel établissement de ma ville. Je commence avec deux heures  de cours qui seront hebdomadaires et qui vont filer vite (j'ai l'habitude de tranches de quatre heures) Par contre, c'est un nouveau lieu, il y aura des nouveaux collègues, une nouvelle photocopieuse, de nouvelles habitudes à prendre... Puis demain après-midi, par contre, beaucoup plus sereinement,  je retrouverai mes marques, je vais faire ma troisième rentrée à Mulhouse. Là-bas, je fais presque partie des meubles. Je connais tout le monde y compris les élèves que j'ai déjà eu en première année.

Alors voilà comment se profile l'année : jonglerie entre les deux établissements. On rajoutera la-dessus les cours de théâtre dès octobre. Je garde bien sur mes quelques heures hebdomadaires avec Nicolas (les points ont été mis sur les i avant les vacances car il baissait les bras, je suis curieuse de voir quelle sera son attitude après un mois et demi de vacances). Peut-être quelques autres cours particuliers viendront se greffer dessus, mais je laisse les gens venir à moi, je ne veux pas reproduire le schéma de l'an passé et me retrouver avec des semaines puzzle impossibles à boucler. Il y aura sans doute quelques élèves très satisfaits de l'an passé (notamment de leurs notes au bac français) qui feront appel à moi ponctuellement. Par contre, plus de FLE, j'en ai trop sué avec cette boîte américaine qui me payait après quatre mails de rappel et en dollars s'il vous plait !

Alors on relance la machine. Avec cette certitude que ça ne durera pas comme ça, même si c'est plaisant et très avantageux. La vie de vacataire a ses inconvénients à long terme...  Je regarde en arrière ces quelques semaines de vacances. Depuis notre retour des Alpes, beaucoup de pluie, comme pour nous faciliter l'idée que les vacances s'achèvent. Nous avons malgré tout connu une semaine de bringue avec des amis venus de Grenoble : la collocation, les repas à pas d'heure, les fiestas, les abus... Je sais que mon emploi du temps du mois de septembre est toujours light, les premières années n'arrivent qu'en octobre, j'ai donc encore de belles journées devant moi...

aubure_de_loin

***

7 août 2008

Innocence.

Un été difficile à regarder en face. Du mal à le croire, à chaque fois les questions tournent et restent sans réponses.

Une pierre sur le crâne d'un bébé qui meurt dans les bras de sa mère, un coupable de treize ans dont la vie est foutue. Une fillette grièvement blessée par un arbre tombé sur la tente de sa colonie de vacances, son amie qui dormait à ses côtés ne se réveillera pas. Deux enfants "oubliés" à l'arrière de véhicules en plein soleil, à quelques semaines d'écart. Un petit garçon de onze ans poignardé d'une quarantaine de coups de couteau, sans aucune raison, quelle pourrait-elle être de toute façon ? Un enfant plus loin, sur une plage méditerranéenne, victime d'un attentat alors qu'il jouait à la balle, comme tous les enfants du monde sur toutes les plages du monde. Un peu plus au Nord, un adolescent victime de balles perdues ne deviendra jamais adulte. Et ces gosses et leurs familles qui ont tout perdu dans le passage d'une imprévisible tornade et qui voient aujourd'hui les pelleteuses racler les restes de leurs maisons. Un autre enfant, considéré comme un petit roi, déjà victime de son image et des médias, qui se donne en spectacle dans des arènes, à faire la poupée devant un taureau déchainé. Et plus récemment, un enfant retrouvé mort dans son bain, violemment puni par son papa pour avoir fait pipi au lit.

Pourquoi ? Comment ?

mimi_cracra
***

13 septembre 2008

It's raining outside.


Tasse de thé et gouttes de pluie. Plusieurs semaines déjà ont filé. J'ai aimé les retrouvailles avec mes étudiants. Je les retrouve comme si je ne les avais jamais quittés. Tous pareils et pourtant si différents. Cette année encore je me retrouve face à l'évidence : c'est mon métier. Et les projets de toujours attendront encore. Ça a plus de formes, de précision et de contours que ça n'en a jamais eu. Je sais où je vais, ce que je veux pour eux et je me montre plus exigeante et rigoureuse que jamais. La façon dont ils vont me percevoir a moins d'impact encore et elle n'en avait jamais eu beaucoup. Et paradoxalement, alors que je leur en fais baver toute l'année pour l'obtention de cet examen, ils me remercient. J'aime leurs sourires, leurs envies, leur motivation de mois de septembre qui va s'envoler comme les feuilles des arbres.

Ce matin encore trop de pluie. On avait osé espérer un été indien, un sursis, des week-ends de randonnée dans les Vosges. On se retrouve cloîtré avec un travail assommant et des idées plein la tête. Je pense au marché qui se tient sur la place en bas de chez moi et que je n'ai aucune envie d'aller fréquenter ce matin. J'imagine ces pauvres gens sous leurs abris, se frottant les mains pour se réchauffer. Je vais travailler toute la journée, comme hier. Hier, c'était pour avancer dans mes propositions de cours, histoire de ne pas me retrouver coincée dans l'année. Aujourd'hui, je corrige un mémoire professionnel d'une quarantaine de pages qui va me demander quelques bonnes heures de réflexion.

Heureusement, il n'y a pas que le travail. J'écris beaucoup et je lis toujours autant. J'ai retrouvé la Sylvie Testud de mes vacances alpines. Elle est parmi les seules à me faire rire les derniers temps. Je ne dis pas "sourire", je dis bien "rire". Un rire de lecture, voilà un moment exceptionnel !

Puis je mincis, encore. Je ne pensais pas que ce serait aussi efficace sur mon mental. Voilà quelques mois que je ne me sentais vraiment plus à l'aise. Je n'avais jamais eu le courage de faire des efforts, donnant trop d'importance à la place de la nourriture dans ma vie. : une récompense, une douceur, un plaisir... J'aime tant cuisiner et manger ! Puis finalement, c'est facile et très positif comme expérience. Je mange moins et mieux. Je me fais toujours plaisir en cuisinant. Et je me sens vraiment mieux dans ma peau. Mon objectif est de "récupérer" ma silhouette d'il y a quelques années, celle qui me permettait de mettre ce levi's que je garde dans mon placard depuis, comme un défi personnel. Je me réjouis à l'idée de courir de nouveau, d'aller à la piscine et de retrouver cette satisfaction et ces ondes positives...

tomates_cerise

Et le petit jardin de balcon est plus beau que jamais, même sous la pluie....


5 septembre 2008

See you soon...


Encore un sourire...

  • J'ai retrouvé quelques classes, j'en ai découvert d'autres. J'ai attaqué sur les chapeaux de roues, avec une progression béton, avec des consignes de la mort (tu dors = tu sors, pour l'exemple !) et avec tout plein de projets sur l'année et même que cette fois-ci, je vais tenter les sorties culturelles !
  • Merveilleux concert de Coldplay lundi soir au Zénith de Strasbourg : le groupe a fait un show exceptionnel, des papillons, des images, des couleurs, de l'acoustique
  • J'ai perdu plus de deux kilos, juste en arrêtant les conneries goinfrées pendant toutes les vacances. Je me sens mieux dans mes pompes, enfin surtout dans mes jeans en fait ! On mange surtout des fruits et des légumes. D'ailleurs il y a marché ce matin sur la place en-bas de chez nous et je vais aller faire un stock (notamment les quetsches, très chères cette année, mais j'adore !)
  • Ma petite sœur a finalement récupéré des classes : une de ses collègues a réalisé que de toute façon elle passerait son temps à rectifier le tir derrière ma sœur, donc elle a accepté de prendre une partie de son emploi du temps.
  • Retrouvailles en famille prévues dimanche. Voilà plus de deux mois qu'on s'est pas vus tous ensemble.
  • Notre appartement est plus douillet que jamais, il a subi quelques transformations cet été et je me suis mise ces derniers jours à un sérieux tri de mes affaires (vêtements, paperasses...) histoire de faire de la place dans les placards. J'ai du mal à croire que cet hiver, ça fait deux ans qu'on y vit.
  • Mon petit jardin de balcon tiendra jusqu'à l'automne : les tomates sont magnifiques, une aubergine m'attend toujours et j'ai trois poivrons qui sont en train de rougir, malgré ce temps de chien.
  • Je lis encore et encore. Du bon et du moins bon, me plongeant dans des univers si différents, à la découverte des mots de personnes qui savent jongler pour faire d'une phrase une évidence qui nous arrête à la fin de la ligne.

Et quelques grimaces... 

  • Première semaine de l'année grise et humide : je me suis fait saucer deux fois jusqu'à l'os. Difficile de faire tenir un courant de motivation pour les dix mois à venir dans ces conditions là. J'attaque le sérieux la semaine prochaine avec une trentaine d'heures de cours sur quatre jours. J'aimerais tellement que l'automne ne s'installe pas si vite !
  • En voulant faire un petit détour pour aller voir ce que devenait notre ex-jardin, j'ai raclé tout l'avant gauche de ma voiture contre un mur. Première fois que ça m'arrive : en dix ans de permis, j'ai eu un seul accident non responsable et ma voiture était partie à la casse. Je me suis dit, "c'est pas grave, je suis assurée!". Au téléphone on m'apprend que j'ai 300 euros de franchise. Je voulais vendre ma voiture avant mi-septembre (d'ailleurs si ça intéresse quelqu'un une 307, sans rayure à l'avant !), va falloir faire vite...
  • J'ai plus une thune ! Vacataire depuis deux ans, je fais mes calculs pour tenir mes deux mois d'été sans aucune rentrée d'argent. Faut croire que cette année, j'ai très mal calculé car, malgré un remboursement des impôts je suis à la cave ! Et les 300 euros suggérés plus haut ne vont pas arranger mes affaires.
  • J'étais chez la dermato hier, elle m'a trouvé plein de maladies de peau aux noms douteux qui se soignent avec des pommades et des médicaments aux noms encore plus douteux.
  • Rêvé de Martinique cette nuit : réveil froid et trop réel.
  • Lucius tire la gueule : avec ce temps, il passe ses journées à l'intérieur et je vois bien que nos longues balades estivales lui manquent déjà...
  • Voilà trois fois que je me rends à la mairie pour faire refaire mon passeport, il me manque à chaque fois une pièce différente. Quand on a pas de tête, on a des jambes.
  • Ce blog fonctionne au ralenti, depuis des mois, pas d'écho, pas de pertinence. Ailleurs, les mots prennent de leur sens et trouvent des oreilles et des yeux. Questions sans réponses pour le moment. Écriture égoïste. J'ai fait l'erreur hier soir, alors que je lisais un mauvais livre, de le poser pour prendre un des cahiers grands carreaux posés sur une étagère.  J'ai retrouvé l'écriture d'il y a plus de cinq ans. Des lettres fluides et régulières sur le papier, des mots sans concession qui ne cherchent pas de lecteurs. Je pensais y trouver la fadeur de plaintes puériles et répétitives, j'y ai surtout trouvé de la précision et le rendu objectif d'époques particulières de ma vie...Bien entendu, ici, je continue, mais ce n'est plus pareil...

sur_un_banc

2 octobre 2008

Instants tannés.

Je suis pourtant heureuse. J'arrive à vivre avec ça. Je continue à avancer d'un pas décidé. Je donne du volume à ma vie, quand même. Je ne me laisse pas écraser.

chou_romanesco2

Début de semaine. Il est 17h26, je suis sur une voie rapide à 110 km/h. J'écoute Europe 1, sans écouter vraiment, Ruquier et sa bande expliquent que nos prénoms auraient une influence sur nos comportements, sur nos choix. Une truffe est en train de développer en disant qu'une fille qui s'appelle Clara par exemple aimera les crevettes et les cornichons parce que ça commence par la même lettre que son prénom. Je suis précisément en train de me dire que c'est complètement crétin quand je vois un camion devant moi, il arrive sur la voie opposée, de l'autre côté de la rambarde de sécurité : sa bâche bleue se détache et l'ensemble du contenu qui était maintenu en-dessous s'envole, des cartons, des palettes, des choses que je ne parviens pas à identifier, qui viennent s'échouer sur ma voie, à quelques mètres de ma voiture lancée à vive allure. J'ai juste le temps de me dire que tout ce fatras posé sur ma route a la taille de plusieurs êtres humains alignés, comme pour empêcher un ballon de rentrer dans un but. Il me faut faire un écart et je suis pourtant cernée. Coup de frein, la voiture à ma gauche passe en se faufilant sur la bande d'arrêt d'urgence et j'ai juste le temps, toujours à vive allure de la suivre. Essoufflée comme si j'étais le buteur qui avait couru depuis l'autre bout du terrain, je coupe la radio, je respire et je profite du paysage.

Plus tard dans la soirée... Je suis assise dans leur cuisine. Le gros chat roux est installé sur le coin de la table et nous regarde travailler, les yeux mi-clos. Nicolas, sous la lumière artificielle du plafonnier rature nerveusement pour la troisième fois la réponse sur sa feuille et me regarde avec ses sourcils froncés comme si c'était de ma faute. Il n'entend pas, bien sur, l'entrée fracassante de son père qui claque la porte derrière lui, semble jeter ses affaires dans le couloir et court à l'autre bout de l'appartement. Par contre moi, j'entends son père saluer les deux chats venus à sa rencontre, complètement gaga. Je constate aussi que le père qui nous entend pourtant dans la cuisine ne juge pas utile de venir saluer son fils.

Puis il y a ce jeudi matin, et cette journée qui a suivi. Les rêves de la nuit avaient été si forts que je n'arrivais plus à les dissocier de la réalité. Je dors trop, je dors bien. Alors que je vis trop vite et que je passe un peu à côte de moi-même. Il y avait de la tendresse ce jour-là dans les heures qui ont filé avant que je ne réalise qu'elle n'était qu'une vapeur de rêve.

Un autre jour, cette femme au téléphone, quelques minutes seulement. Elle a trouvé mes coordonnées sur le net et vient de monter une boîte de correction et de relecture. J'aime entendre sa voie/voix de l'autre bout de la France. J'aime l'idée que les quelques mots échangés l'aideront peut-être, donneront forme à ses projets.

Aujourd'hui, grand soleil froid et lointain. Les journées raccourcissent trop vite. Elles ne sont déjà que des parenthèses lumineuses. Il faut en profiter. Ça sent déjà la soupe de légumes et les clémentines. Nous sommes allés marcher dans les vignes jaunes. Il va falloir que je n'attende pas ce soir pour corriger les paquets de copies qui me restent...

agrumes_jaunes

J'ai envie d'expliquer tout le reste. Tout ce qui n'est pas dit et qui donne de l'abstraction à mes lignes, qui apparaît pourtant en transparence. Mais ces mots ne trouvent pas encore leur place. Ils viendront.

lueur_bleue

***

29 septembre 2008

Gain.

Comme tous les matins... J'ai eu du mal à ouvrir les yeux. J'ai détesté soulever la couette qui a laissé le froid se poser sur ma peau. J'ai frissonné au contact du sol de la salle de bains sous mes pieds et plus encore lorsque l'eau sur mon visage a semblé nettoyer tout le sommeil qui le chiffonnait encore. Il a fallu se maquiller, s'habiller, préparer toutes mes affaires avec cette crainte récurrente d'oublier quelque chose. Je n'ai pas aimé les courants d'air dans les escaliers, le sol glissant d'eau de javel dans le hall d'entrée. J'ai râlé durant ce trajet quotidien de quarante minutes d'embouteillages.

Arrivée sur place, on m'a regardé avec un sourire étonné... Parce que je n'avais pas cours ce matin !

D'abord ça contrarie, parce qu'on a fait tout ça pour rien et qu'on aurait pu rester bien au chaud. Puis ensuite, quelqu'un dit "tu peux rentrer chez toi", et là, ça fait comme quand on était au lycée et qu'on avait un prof absent. On réfléchit à tout ce qu'on va pouvoir faire pendant ce temps gagné...

matinades_4
***

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>
Diane Groseille
Publicité
Archives
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 280 209
Publicité