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Diane Groseille
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4 décembre 2014

Si tu avais le temps...

Hibernation : nom féminin (zoologie). Etat d’hypothermie régulée, durant plusieurs jours ou semaines qui permet aux animaux de conserver leur énergie pendant l'hiver. Durant l’hibernation les animaux ralentissent leur métabolisme jusqu’à des niveaux très bas, abaissant graduellement la température de leurs corps et leur taux respiratoire, et puisent dans les réserves de graisse du corps qui ont été stockées pendant les mois actifs.

***

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... Tu dormirais des journées entières, te levant pour te nourrir, t'étirer longuement, aller faire pipi... Tu dessinerais, des heures durant, au crayon, à l'aquarelle, installée sur un coin de trottoir, une table de bistrot, une souche d'arbre pour prendre le temps de regarder... Tu écrirais, aussi pour dépeindre ce monde qui te plaît tant, que tu aimes, de plus en plus... Tu passerais des journées en pyjama, à ne rien faire, blottie dans les vêtements superposés qui gardent la chaleur de la nuit... Tu rédigerais de longues lettres, à tes amis, à celui que tu aimes, à ta famille, laissant filer une plume noire sur une feuille blanche et tout juste rugueuse... Tu danserais dans ton salon, de longs instants, interminables, sur des musiques dont tu ignores le nom, pour puiser dans ton corps une énergie sauvage et libre, qu'on ne contrôle pas, qui explose dans des mouvements laids... Tu lirais plus, beaucoup plus, attaquant cette pile de promesses installées sur ta table de chevet... Tu regarderais des films, de ces films qui projettent dans des univers nouveaux, inconnus, impressionnants... Tu cuisinerais, manipulant des ingrédients, des épices, des matières, expérimentant de nouveaux goûts, de nouvelles textures... Tu t'inventerais des épisodes de pauses sous une couette épaisse, coupée du monde, silencieusement... Tu n'attendrais rien... Pas même le printemps, pas même la lumière... Si tu avais le temps, cette saison serait presque douce, serait presque chaude...

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20 août 2014

Encore un matin.

Chaque rentrée s'accompagne de bonnes résolutions. Chaque année, avec la même motivation, chargée de bonne conscience et d'énergies positives, je fais des listes (celle-ci a dix ans, comme le temps file, et me semble toujours d'actualité), comme si cette période si particulière était la première page blanche d'un cahier tout neuf, qui sent le papier frais. Mes rentrées ont toujours été fascinantes : il y a une part de mystère qui flotte sur ces jours spéciaux, des promesses de bonheur, d'épanouissement, de satisfaction. L'idée, devant une porte ouverte, que tout est possible. Voilà des années que j'enchaine ces épisodes, assez pour savoir que les promesses sont rarement tenues dans leur intégralité et les bonnes résolutions sont souvent estompées par la fatigue ou la paresse. Aujourd'hui, je fais ma rentrée, avec calme, courage et motivation. Les bonnes résolutions sont bien là, nombreuses, fourmillantes, belles...

 

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6 juillet 2014

Inquiétude.

L'inquiétude est ma matière grise.

Elle est cette tension qui me brise.

Elle s'insinue où jamais on ne l'attend,

Dans les interstices de chaque instant.

 

Elle est irritation, comme l'étiquette d'une chemise,

La lanière d'une sandale, la poignée d’une valise,

Et sans prévenir elle devient douleur ou sang.

Elle fait du passé et du futur le présent,

Pour écraser le moment.

 

Incantation de craintes,

Chant de lamentation.

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«S’inquiéter, c’est comme prier pour ce qu’on ne veut pas»

3 juillet 2014

Comment casser son image.

Une station service au bord d'une route très fréquentée, en sort une jeune femme splendide, perchée sur des escarpins qui semblent le prolongement de ses longues jambes brunes. Elle ne marche pas, elle danse pour rejoindre sa voiture, une superbe Porsche 911 Carrera rouge (majuscules s'il vous plaît) garée en diagonale sur le parking. Sa chevelure ondulée accentue un port de tête majestueux et ses lunettes de soleil laissent imaginer un regard de star. Elle s'installe au volant du bolide, en claque la porte et cherche son reflet dans le rétroviseur. Elle attrape son sac, son smartphone qu'elle tapote, semble attendre quelqu'un ou quelque chose. Puis arrive le drame : en quelques secondes, l'image se disloque. Elle fourre son index droit dans son nez, le ressort, observe au bout de son doigt ce qui ne peut malheureusement pas être autre chose qu'une crotte de nez, inspecte méticuleusement la prise et... La gobe.

Assise à quelques mètres de là, j'en reste bouche bée. L'élégance incarnée vient de se muer sous mes yeux en une harpie obscène. Je viens d'assister à une transformation digne des plus belles scènes de Miyazaki, en pleine rue.

mini-jupe

***

 

 

27 juin 2014

Une journée de puces.

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Deux jours sur un trottoir, pour y vendre des livres. Deux jours sous le soleil d'une grande ville, la poussière sèche soulevée par les passages lents, ni vraiment dedans (pas de murs, pas de toit), ni vraiment dehors (un espace limité par le bord de la route, les limites du stand, cette ligne de pavés). Une attente. De l'acheteur, du moment d'un repas pris sur un coin de table, de la prochaine pause pipi, de la fin. Mais aussi le temps qui s'étire, qui s'effiloche comme un tissu déchiré. Et au-dessus de nous le disque de l'église qui temporise. Alors, prendre le temps. Ouvrir un livre, parmi les milliers exposés ici. Toutes ces couvertures bien alignées qui cachent des univers de mots. Sous chaque dos cartonné se recroqueville une histoire, un effort, un monde. Alors parfois feuilleter, sans perdre de vue le stand et gloutonner juste quelques lignes, sorties de leur contexte, les laisser ensuite se fondre et se diluer dans une imagination qui pour une fois n'a pas besoin de se concentrer sur un cadre. Puis c'est ça, hors cadre, avec ce temps qui fait des fils, on a de la place. On regarde les gens aussi, on leur imagine une vie, une identité, des envies et leurs frustrations. On les voit jouer la comédie du dehors, celle qui impose une image. On peut prendre le temps de voir aussi comment ils sont vraiment, ces stries de lumière qui passe à travers le masque. On a envie de les dessiner, et d'ailleurs, on le fait, sur un petit bloc, papier trop fin. On capte le mouvement d'une jupe, un regard derrière d'épaisses lunettes, une barbiche, des bras croisés trop serrés. Ce sont tous des lecteurs, une espèce de communauté qui se reconnaît. Qu'il lise de la BD ou de l'esothérisme, qu'il soit bibliophile ou fan de Marc Levy, le lecteur partage quelque chose avec tous les autres lecteurs. Cet amour de l'objet, celui qu'on va ouvrir, renifler, caresser, celui qui nous fait des promesses... Il est en quête de la "bonne" promesse, de ce petit livre qui, pour quelques euros saura lui donner satisafaction. On discute aussi, on s'écoute, on commente, on chipote, on réfute, on concède, on rit. On attend. A la fin des deux jours, la peau tannée et les jambes crayeuses, on remet chaque univers non adopté dans un carton, jusqu'à la prochaine fois...

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6 août 2015

Pour me faire du bien !

  • Valoriser ce que j'ai déjà fait et non ce qui reste à faire
  • Me détacher du jugement et du regard des autres
  • Penser au présent avant de ruminer le passé et de projeter le futur
  • Arrêter de craindre l'échec et oser
  • Cesser la comparaison avec ceux qui ont plus/moins/mieux
  • Etre prêt, choisir, agir
  • Fréquenter les personnes positives, les bonnes ondes, les énergies
  • Ne plus se plaindre, valoriser
  • Accepter l'imperfection
  • Affronter les difficultés pour les relativiser et gommer les inquiétudes
  • Donner, écouter, aimer, inviter, partager
  • Savcoir s'arrêter, se poser

goutte

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6 août 2015

Recherche de fraicheur.

Plusieurs mises à jours depuis ce matin : de nouveaux messages (dont certains ont été postés à la date où ils avaient été débutés, il y a bien longtemps déjà), des liens actualisés*, et même la création d'une page facebook, toute nouvelle, toute fraîche et même carrément vierge mais je compte bien alimenter en relayant des articles, des photos, etc...

courrier

*n'hésite pas lecteur de passage, à me faire découvrir tes propres lieux d'écriture, je suis à la recherche de nouveauté, de fantaisie, de fraicheur (c'est de saison ma p'tite dame). J'ai erré ce matin de lien en lien, guidée par l'hypertexte et le hasard, sans quête précise... Je crois que je cherche des mots miroirs, des idées symbiose, des pistes de convivialité. Si tu te reconnais, laisse un signe !

4 juin 2014

Le téléphone jaune.

Ou

Chronique d'une époque déconnectée.

téléphone

 

2000. Je travaille sur mon mémoire. A propos d'elle, entre autres. Postmodernisme et érotisme. Je cogite, je tourne les idées et les retourne. Je vis seule depuis peu. Dans mon grand loft au cinquième étage. J'ai une "vie de barreaux de chaise" comme dit alors ma mère. Je sors, je traine la nuit, dans des bars, dans des boîtes, avec des gens que je connais à peine, avec d'autres que je connais trop. Ensuite, je peux passer une semaine enfermée chez moi à travailler, à regarder la télé et à manger des coquillettes, à boire du café et à fumer. Je peux dormir toute la journée et travailler la nuit entière, sous la lumière crue de mon bureau. Les paramètres Espace/temps me bouleversent.

Dans mon appartement, il y a une poutre et sur cette poutre, j'ai fixé mon téléphone jaune. Mon seul téléphone. D'autres ont déjà à l'époque fait l'acquisition d'un "portable", entrant dans une révolution qui les dépasse déjà. Moi, je n'en veux pas. Lorsque je sors de chez moi, on ne peut plus me joindre. Je deviens un életron libre, coupé de toute connexion. C'est un choix, j'organise la vie autrement. C'était avant. C'est une équation que les moins de vingt ans ne peuvent pas comprendre.

Alors, parfois, lorsque j'attends un appel important, j'évite de sortir. Ou alors je sors vite. Je m'organise pour faire ce que j'ai à faire à l'extérieur le plus vite possible, mission commando. Et je rentre ventre à terre vérifier si on a appelé, si on a laissé un message.

Septembre. J'attends son appel. Ça fait trois jours que je n'ai pas bougé. Tout mon apparetment gravite autour du combiné jaune, il en devient le centre. L'idée même de prendre une douche et de ne pouvoir le décrocher s'il sonne me panique. Je me souviens que lorsqu'il m'appelle, sa voix est lointaine, éteinte, blanche. Il m'annonce qu'il viendra peut-être, je sais déjà, intimement, que tout basculera. Ce jour là, lorsque je raccorche le combiné sur son socle, un clic déclenche en moi une colère, une rage physique. Ce n'est pas à lui que j'en veux, c'est à moi, et à ce petit boitier jaune dont j'attendais tant. Je m'en veux d'avoir cru...

Un autre jour de cette même année. Le téléphone jaune sonne. Une voix de femme que je ne connais pas. Cest elle, l'auteur des écrits que je décortique depuis des mois. Elle me pose des questions, des dizaines. Je suis rongée par la timidité, l'émotion, l'incrédulité. Nous échangeons longuement et je lui promets de lui envoyer mon travail losrqu'il sera fini. Après avoir reposé le combiné jaune, des centaines d'autres questions me viennent. Jamais plus pourtant je n'entendrai le son de sa voix.

2000. Je commençais ma vie d'adulte. Quelques mois plus tard, je faisais l'acquisition d'un "portable" et internet entrait dans ce même petit appartement, me connectant à d'autres, à des personnes que je ne rencontrerai jamais. Aujourd'hui, je n'ai plus de téléphone fixe. Et je vis dans un monde dans lequel les gens téléphonent dans la rue, dans les trains, dans les supermarchés et choisissent le plus souvent de se "connecter" à d'autres lointains plutôt qu'à ceux qui sont juste à côté d'eux. Pour ma part, je résiste toujours, dans une moindre mesure, je refuse les tablettes et autres smartphones. Je choisis encore souvent de regarder les gens autour de moi, de croiser leur regard, quand ils veulent bien lever les yeux de leurs écrans.

29 octobre 2013

Oh ! Tonne !

Dans les feuilles rouges de savonnier,

Pousser les pieds

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Face à un emploi du temps sans cesse remanié,

Se démerder

***

Avec une nouvelle vie à inventer,

sourire et avancer

***

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C'est un bonhomme hiver qui se présente, et moi toujours si sensible à ces variations climatiques, à la lumière qui s'éteint, aux journées qui semblent s'étriquer, se racornir sur elles-mêmes, je reste un peu sans voix, dans l'ombre de sa grande silhouette qui s'avance vers moi. D'autant plus que cette année, les heures de soleil nous aurons été comptées. On les a attendues des mois, elles sont parties aussi vite qu'elles n'étaient arrivées Alors, je suis là, face à lui, toute petite, manquant de courage, n'ayant pas eu le temps de reprendre des forces.

De plus, cette saison est chargée de nouveautés. Ma vie est nouvelle, un virage. Après de longues hésitations, Gab s'est décidé à se rapprocher. Et c'est donc une nouvelle vie de couple qui démarre. Avec toutes les craintes que cela éveille en moi. Mais après trois ans d'hésitations, d'éloignement et de doutes, il fallait trouver une solution.

Ma vie de prof est en pleine restructuration aussi. "On vous avait dit, ma p'tite dame, que la crise allait vous tomber sur la coin de la figure". La voilà. Avec son cortège de fermetures de section, de réductions d'effectifs, de regroupements de classes. Et c'est sans compter les centres qui ne jouent pas le jeux et se montrent écœurants de mauvaise foi et d'hypocrisie (ou comment dégager une intervenante mi-septembre après des années de collaborations, via un mail de deux lignes)...

Mais on tient le coup. Et je ne cesse de me dire "à deux on est plus forts". Je veux y croire, je ne suis pas de ces trentenaires désabusées qui, frustrées et dégoutées, braillent "plus jamais" à ceux qui veulent bien l'écouter. Je sais, et il le sait aussi, que la vie de couple n'est pas une adaptation moderne d'un Walt Disney. Je sais que c'est dur, et que derrière les clichés dégoulinant de romantisme se cache à peine le monstre du quotidien. Je suis pleine d'envie et de joie.

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3 octobre 2014

Torpeur.

Un rêve cette nuit plein de transparence et de désir. Le contenu m'échappe mais il me reste des sensations douces liées à toute cette eau. Il y a une nuit, puis le jour. La ligne de l'horizon est celle de la mer, observée depuis le hall d'un hôtel, baie vitrée panoramique. Des bassins diffusent une lumière claire, bleutée. En se glissant dans l'eau tiède, on accède à des passages qui communiquent avec l'extérieur, on se retrouve dans l'immensité de l'océan.

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9 février 2014

Madagascar.

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Il y a quelques mois déjà... Une nuit...

Le jour, ailleurs, loin. Un soleil bluffant, aveuglant. Des menaces : je me cache, je cours, je m'enfouis. C'est la guerre, on nous veut du mal. Je ne suis pas seule, mais je crois que je ne connais pas ceux qui m'accompagnent. Comme moi, il sont là pour témoigner, pour dire la vérité, pour raconter ce qu'ils ont vu. Un énorme bateau est sur le point de quitter le port. La lumière écrase le sol. Nous n'avons pas le droit de monter à bord, nous attendons de voir l'énorme animal de métal se mettre en mouvement. Puis nous sautons sur une plateforme avant qu'il ne soit trop tard pour rejoindre le pont. Plus tard, nous sommes sur une île. Nous roulons sur une route qui surplombe l'océan, la mer en contre-bas est vivante, mouvante, énrgique et pleine de nuances de bleus. Nous nous rendons sur les lieux de la violence, la tension gronde, mais je sens le vent dans mes cheveux, je me sens libre et utile.

6 septembre 2015

Paul ou la mémoire fascinante.

Alors que je travaille "activement" sur ma mémoire et ses méandres, je repense à un épisode très récent.

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Il y a quelques jours, Gab et moi nous rendons chez un ami qui, pour nous remercier de services rendus, nous invite à partager avec lui une copieuse raclette végétarienne dans son minuscule appartement. Quadra, il vit dans un studio où il a accumulé une vie. Nous y trouvons une petite place, nous entamons une soirée festive. Récemment opéré de la hanche, il nous confie des taches qui lui sont difficiles, dont celle d'ouvrir la porte à ses invités.

La deuxième fois que j'ouvre la porte, je me retrouve face un un homme dont le visage m'interpelle immédiatement. Mais ça ne semble pas réciproque. Il se présente, "Paul" et salue tout le monde. Ses yeux noirs, sa peau matte, son regard calme évoque une époque. Je cherche tant bien que mal à restituer son corps, ses traits, ses attitudes dans un contexte. Je lui pose cette question stupide, que je trouve si connotée : "on se connaît non ?". Il me jauge... "Non, je ne crois pas". La soirée se poursuit, mais je cherche, j'écoute, il y a une espèce de boule de flipper molle qui, à chacun de ses gestes, vient titiller des souvenirs. Je suis les conversations, j'écoute, mais ça scintille en moi à chaque fois.

Puis, je ne sais pas comment ni pourquoi, ça revient. Fac de lettres, 1997. Je ne parviens pas à restituer un souvenir précis, je sais juste que c'est là, à cette époque, dans ce cadre. Les mots sortent immédiatement et il confirme. C'est de toute évidence pour lui un épisode lointain et insignifiant. Il n'évoque que des choses assez désagréables, sentiment d'échec de ces quelques années qui n'ont abouti à rien. La conversationn bifurque à nouveau sur autre chose (la cuisson des patates, la météo, la dernière série télé captivante...). Mais une partie de ma réflexion reste posée sur ces mystères : où était passé Paul ? Dans quel tiroir de ma mémoire l'avais-je rangé ? Combien d'autres personnages/objets/paroles sont ainsi camouflés dans les obscurités de ma caboche ?

***

 

11 février 2015

Vertige bleu.

Je suis dans une salle de cours, il me semble que c'est arrivé il y a longtemps. Élèves agréables, contenus inconnus. Puis soudain, nos cinq sens brutalisés. On déverse dehors dans un fracas puant des tonnes de déchets, objets non identifiés. On entre dans la salle et on nous demande de la quitter au plus vite. Un danger ? On se rassemble dans la rue (une rue familière, à côté de chez moi). On attend.

Plus tard, nous réalisons que l'école a été transformée en parking souterrain. En y entrant, je comprends devoir payer mon emplacement. J'évolue dans des galeries sombres puis je me retrouve dans une salle de théâtre, un hémicycle à ciel ouvert, avec des gradins en pierre. Je m'installe, je reconnais des amis, ceux de ma troupe de théâtre. On vient nous expliquer sur scène que c'est notre nouvelle salle, qu'il faudra la partager avec une autre troupe. Je réalise à ce moment que je tiens dans mes mains une petite peluche de lion orange. Son visage est cerclé de plastique et sa fourrure est synthétique. Je tente de le manger mais ses poils m'étouffent, je suffoque. Je cherche de l'eau et je trouve en haut des gradins une fontaine faite de grosses pierres blanches. Je me dis que l'eau n'est peut-être pas potable, je repense alors au monticule de déchets infectes et  puants... Et je déglutis. Et je sens le pelage de cette affreuse peluche qui m'étrangle. Je manque d'air. Je finis par l'avaler. Au bas des gradins, je retrouve C. et C. qui attendent pour payer. Oui, il faut aussi payer pour ressortir.

Plus tard, je marche avec mes deux chiens sur un chemin de montagne. Tout est calme, blanc et beau. Puis, arrivant sur un carrefour, je vois un attroupement. Une personne est blessée au sol. Une femme debout parle de clavicule cassée. Je ne regarde pas, je ne veux pas gonfler les rangs des voyeurs déjà présents, je poursuis mon chemin en choisissant de partir à gauche, sur une petite voie étroite qui descend. Mais il me faut quelques pas seulement pour me rendre compte que sous mes pieds, le sol se dérobe. Il semble couvert de neige, mais sous mes pas, je vois du vide, matérialisé par un ciel bleu et impeccable. Je glisse, vers le néant bleu clair. Je peux juste me raccrocher au chemin. Je murmure pour appeler une des femmes présentes auprès du blessé. J'ai peur que seule ma voix me fasse tomber. Elle s'approche de moi et chuchote elle aussi comme si nous étions sur le point de désamorcer une bombe. Elle porte une combinaison violette, et son visage rond est entouré de cheveux courts et bruns qui font comme un soleil. Je lui dis que mes chiens sont avec moi. Elle me répond en souriant qu'il n'y a pas de soucis s'ils sont en laisse. Elle s'accroche aux jambes d'une autre femme et à elles deux, elles m'extirpent du vide qui semble vouloir m'avaler. Je me retrouve debout et m'empresse d'appeler mes chiens. Je vois s'approcher ma petite demoiselle-chien, mais Lu ne revient pas...

neige

Réveil à 5h30, sueur. Impression de lourde fatigue. Mais soulagement en ouvrant la porte de ma chambre, de trouver mes deux amis-chiens frétillant dans le couloir.

21 octobre 2014

Octobre lumineux.

Une douceur incroyable. Je dors toujours la fenêtre ouverte et les cris des oiseaux au petit matin sont presque ceux d'un mois de mars.

S'il n'y avait ces quelques indices... Il y a la nuit qui dure un peu plus longtemps, qui rogne un peu de jour de semaine en semaine. Et les couleurs vives qui s'installent sur les coteaux de ma région.

Ce matin, sur mon destrier métallique, j'ai fendu l'air, traversant la ville encore silencieuse jusqu'à l'école, sous un ciel rose. Déjà quelques égarés sur les terrasses des cafés. Comme un air de printemps...

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ruisseau

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mousse

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***

Pâle septembre,
comme il est loin,
le temps du ciel sans cendres
il serait temps de s'entendre
sur le nombre de jours qui
jonchent le sol
d'octobre

Mâle si tendre
au début de novembre
devint sourd aux avances de l'amour
mais quel mal me prit
de m'éprendre de lui ?

Sale décembre
comme il est lourd le ciel
sais-tu que les statues de sel
ont cessé de t'attendre ?


Pâle septembre
Entends-tu le glas que je sonne ?

Je t'aime toujours d'amour
je sème l'amour

Les saisons passent mais de grâce
faisons semblant qu'elles nous ressemblent

Mais qui est cet homme qui tombe de la tour ?
Mais qui est cet homme qui tombe des cieux ?
Mais qui est cet homme qui tombe amoureux ?

Pâle septembre,
comme il est loin,
le temps du ciel sans cendres
il serait temps de s'entendre

*

Camille

4 juin 2014

La cabine.

Charlotte est amoureuse.

Ça remonte à quelques semaines. Une journée de septembre ensoleillée. Elle voulait prendre des nouvelles de son amie Clémence et s'était donc rendue à la cabine. Comme tout le monde, elle aurait pu se servir de son smartphone qui lui aurait permis de ne pas quitter sa chambre, mais à la maison, on lui avait refusé ce "caprice". A chaque fois qu'elle voulait entendre la voix de Clémence, elle sortait donc dans la rue, pas très loin, à quelques dizaines de mètres, et s'isolait dans la petite cabine vitrée, sans doute l'une des dernières de la ville à ne pas avoir été déboulonnée. Elle aimait ce petit habitacle en pleine ville, comme une bulle.

Puis un jour, sur le banc, de l'autre côté de la rue, alors que dans son oreille droite la voix de son amie se lamentait, elle l'a vu. Il était installé sur ce banc avec son ami en grande conversation. Bien sur, il ne l'a pas vue, il n'a même prêté aucune attention à sa présence. Mais depuis ce jour là, Charlotte fait tout pour sortir plus souvent encore, elle passe de longues heures dans la cabine et trouve de multiples sujets pour lancer son amie Clémence dans d'interminables conversations, ce qui lui laisse tout le loisir d'observer celui qui la fait vibrer. Parfois même, elle simule et n'appelle personne : elle mime simplement une conversation. Bien sur, il n'est pas toujours là, et c'est parfois un déchirement lorsqu'elle ne le trouve pas sur ce banc. Mais les jours où il est là, elle a l'impression que cela lui donne une énergie, une force pour affronter sa famille et ceux qui semblent ligués pour lui gâcher la vie. Elle voudrait trouver le courage de traverser la route et d'aller lui parler. Mais Charlotte est d'une timidité maladive. Et elle est tellement impressionnée par son charme qu'elle reste planquée dans sa cabine, de l'autre côté de la rue. 

Puis vient ce jour où elle prend son courage à deux mains. Elle a tout prémédité, elle s'est pomponnée et a réussi le matin même à obtenir l'autorisation de sortir en début d'après-midi pour téléphoner et aller se balader. Le repas de midi lui semble alors élastique, elle compte les minutes. On lui fait des remarques sur sa tenue, sur son maquillage, mais ça lui est égal. Vers deux heures, elle quitte la maison pour marcher calmement vers la cabine. Alors qu'arrive le coin de la rue, elle ferme les yeux pour se faire la surprise : il est là, assis au soleil, détendu et seul cette fois. L'occasion parfaite. Charlotte ne peut pas la laisser passer, il faut qu'elle aille lui parler. Et c'est donc de quelques mètres seulement qu'elle modifie son itinéraire habituel pour aller s'installer sur ce banc. En silence, elle observe la cabine juste de l'autre côté de la route dans laquelle elle ne rentrera pas aujourd'hui, puis ose enfin un "bonjour". Elle se sent tremblante, maladroite et idiote. Pourtant, naturellement, la conversation s'engage. Il s'appelle Pierre, il avoue vite avoir remarqué ses va et vient sur les jours précédents. Au début, il sourit mais ne tourne pas les yeux vers elle. Puis la conversation se tisse avec évidence et leurs regards se croisent, émus. Ils parlent d'eux, de leurs vies, de leurs familles, de leurs envies. L'heure tourne et quand Pierre se relève, les ombres s'étirent, il est déjà tard. Ils se séparent sans s'être touchés, avec la certitude de se revoir très vite.

C'est légère que Charlotte rejoint sa maison. Elle pousse la porte d'entrée et se dirige toute guillerette vers sa chambre. Elle reste bouche bée en y découvrant sa fille et ses trois petits-enfants venus ce dimanche lui rendre visite et sur le point de repartir après l'avoir attendue tout l'après-midi.

***

cabine

6 janvier 2015

Après Noël.

Deux semaines qui semblent s'être condensées en une petite sieste, douce et confrotable. Ce matin, je m'étire, je m'ébroue et on repart pour six bons mois de travail. Et comme d'habitude, avant de basculer dans cette parenthèse endolorie, j'avais tout un tas de projets. Je repars ce matin, avec l'impression de n'avoir fait que trop peu, de m'être prélassée, ponctuant cette "hibernation" de quelques balades, de quelques rencontres.

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22 juillet 2014

Fragments de chemin.

Un soir d'été, dans la diagonale du territoire, après une longue balade à travers champs, loin de tout, loin du temps, écouter des fragments de Fragment d'un discours amoureux de Roland Barthes par le talentueux Guillaume Galienne

coquelicots

Au passage, je me dis depuis notre arrivée ici sur ce sol breton que les petits chemins, les grands champs et la lumière écrasante ont quelque chose de l'été du Grand Chemin de Jean Loup Hubert.

J'aurais aussi pu parler d'Après la guerre du même réalisateur ou de l'Eté meurtrier avec Souchon. Petits villages de province, de campagne, qui semblent n'être pas touchés par le progrès, la modernité. Ici, nous vivons depuis quelques jours dans un hameau, les maison ne se regardent pas, les façades attendent. Très peu de gens, parfois une voix au loin. Et si peu d'indices pour nous rappeler qu'on est en 2014 (un panneau solaire sur un toit, une kangoo garée devant une maison, le générique d'une emission télé en passant devant une fenêtre ouverte...)

23 mai 2014

Dix années d'écriture.

Il y a dix ans exactement :

Je débute ici. C'est ici que ça recommence. Je n'ai que peu de temps maintenant, j'en aurai plus ce soir. Je suis face à la bécane du taf. Va falloir que je file donner mes cours ailleurs. J'avais envie de balancer quelques mots sur la toile avant cette nuit, juste pour voir mes lettres au milieu de tant d'autres. Ce qui me fait peur ici, c'est cette profusion. Jamais connu ça sur le papier. Le temps me presse. Plus tard.

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26 mars 2010

Tempête.

Ce matin, encore un soleil timide puis il a pris la fuite. Normal, voilà le week-end. On aurait pu en profiter. Il a fait beau toute la semaine et... Depuis quelques heures, c'est le déluge, vent et pluie. Moi, ici, toujours enfermée dans une salle de cours à surveiller des étudiants épuisés par une semaine d'examens blancs, je subis une tempête intérieure.

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Je ne suis pas susceptible, il n'y a pas grand chose qui puisse me froisser. Mais quand on touche à ma façon de travailler, je deviens une lionne. Et là, j'enrage depuis hier soir. Voilà quelques semaines que la tension était palpable dans un des centres où j'interviens. Le seul où les gens ont pris pour habitude de s'aboyer dessus, plutôt que de communiquer poliment. Puis il y avait également tous ces petits dysfonctionnements : plus de photocopieuse, changements d'emploi du temps dont on m'informe le matin même, retours des élèves déçus, heures de cours non payées... Alors, au bout de trois mois de ce régime, je prends ma plume virtuelle pour en faire part à la directrice (que je ne vois jamais car mes heures ne sont de toute évidence pas les siennes). Je m'applique dans les tournures de phrase et dans la diplomatie... Je sais qu'il ne doit pas être facile de recevoir ce type de message, et qu'en plus, je n'étais sans doute pas la première à manifester mon mécontentement. En gros, je lui mettais son museau dans le caca, mais en douceur. Je m'attendais à ce qu'elle me rassure quant au délai et à une amélioration à venir. Et celle-ci, vexée sans doute par mes remarques, m'a renvoyé hier soir un mail dans lequel elle remettait en question mon implication et se servait de cet élément pour expliquer tous les désagréments rencontrés. La formule était savante : "On s'est toujours adapté. Pour cela il faut de l'implication ce que je ne ressens pas forcément chez toi ces derniers temps." Une colère liquide m'a envahie. Celle qui fait des vagues. Celle qui ne supporte pas la goutte de trop. Et depuis, comme un acide, elle me ronge. J'ai besoin de mettre des mots dessus, de rabattre son caquet à l'incompétente. Sa mauvaise foi me dégoutte. Et je vais le lui faire savoir...

22 octobre 2010

Monologue.

Assise aux côtés d'un ami fidèle, à une heure tardive, dans un bar fashion du centre ville, une jeune femme semble tenir en équilibre sur un tabouret de bar. Petite jupette et bottes noires, mais attitude et vocabulaire de troisième mi-temps A l'ami imbibé, elle tint à peu près ce langage :

"Oh Roger, tu me remets une pression ! ... Nan, tu vois, je n'accepte plus ça. Je ne vois pas pourquoi je devrais encore l'accepter. Ce système me débecte, on en est tous là, à s'accrocher à cette idée écœurante que le bonheur passe par l'autre. Et pour ça, on est prêt à tout. On est formaté. Parce que depuis qu'on est minots, on nous fourre ça dans la crâne, ces conneries de prince charmant, de mariage, de couple, de finir sa vie avec l'autre. Eurk ! De la propagande ! On baigne dans un monde de mensonges. On se ment et tout le monde finit par adhérer à cette imposture. On en vient à mettre au second plan tout ce qui pourrait nous apporter vraiment du bonheur et tout ce qui devrait vraiment être important pour nous. On est corrompu par cette idée, tu comprends. Regarde tous ces stratagèmes minables qu'on est capable de mettre en place pour arriver à ses fins, la séduction, cette image vicieuse qu'on peut donner de soi pour convaincre l'autre... Prêt à manipuler, à embellir, à esquiver. Prêt à s'oublier soi-même. Pour finir dans un premier temps à l'horizontal et quelques mois plus tard déçu de découvrir que derrière tout ça, on est toujours soi-même, plus dégoutant encore qu'on ne l'était avant, d'avoir essayer de devenir un autre. On est des consommateurs, on consomme l'autre comme on achèterait un paquet de chips ou une paire de chaussettes. On veut que ça aille vite, que ce soit parfait et qu'on en ait pour nos efforts. Puis quand ça convient pas, on jette. On est dans une cour de récréation, à faire semblant d'être des adultes, mais on est resté ces sales gosses capricieux et égoïstes. Derrière l'autre, il n'y a que le reflet de nous-même, celui qu'on voudrait être et qu'on ne parvient pas à assumer seul. Un leurre je te dis, une mauvaise blague. De la lâcheté tout ça ! Je suis blasée et autour de moi, je vois défiler ces coqs qui paradent sur leur tas de virilité, plus faux les uns que les autres, avec juste cette volonté de se prouver qu'ils peuvent le faire, avec cette conviction qu'ils sont courageux de le faire. Et persuadés d'être de valeureux guerriers d'avoir ainsi jouer le jeu. Et ça vient te parler de sentiments, et ça te fait des promesses que tu n'as jamais demandées, et ça roucoule et ça envoie des textos pour se rappeler à ton bon souvenir et gagner des points. Ce n 'est qu'un jeu ! Et c'est pathétique, tu entends !... Oh Roger, ça vient cette bière ? Je suis à sec depuis dix minutes ! Qu'est ce que t'en penses ? Quoi je suis une vieille aigrie ? mais non, au contraire, moi j'ai tout compris, les autres baignent dans leurs illusions merdiques et vont de désillusions en désillusions. Y'a que moi qui vais m'en sortir, les autres vont baigner dans ce Walt Disney mielleux toute leur vie, à additionner les raclées et à cultiver malgré tout l'espoir qu'ils peuvent être heureux. Mais pour moi, plus jamais tu entends, plus jamais on m'y reprendra ! J'ai compris, Euréka, je suis sauvée... Et je vois tous ces trentenaires autour de moi, en quête du Graal, de l'idéal, de celui ou celle qui comblera leur vie creuse. Ils pensent que tout ce qu'ils ont pu accomplir ne sera rien tant qu'ils n'auront pas trouvé leur "moitié". Quelle erreur ! L'autre ne règle rien, il n'est pas la solution miracle à tous les problèmes ! Au contraire, vivre à deux c'est multiplier les problèmes ! ... Puis c'est pas une question d'hommes et de femmes. Cette opposition systématique entre l'homme et la femme ne tient jamais la route, on est tous pareils ! J'ai longtemps cru que dans ce domaine, les nanas éteint bien pires. On les voit toujours "fleur bleue", en attente désespérée de l'homme idéal, par opposition aux machos de base qui ne pensent qu'au sexe (et qui ont peut-être tout compris depuis longtemps au final). Mais même là j'avais tort, les hommes entrent dans le même jeu et ils le jouent à fond, attachant une telle importance à l'image qu'ils peuvent renvoyer d'eux mêmes, à tel point qu'ils finissent pas être aussi niais que les gonzesses... Je suis fatiguée moi, tu comprends. Et je crois que j'ai trop bu.... Mais bon, j'ai soif... Oh Roger, tu te sors les doigts du cul ou quoi ? Faut que je me la serve seule cette bière ou quoi ?..."

Sur ces mots, elle tape sur le bar, en perd l'équilibre déjà mis à mal par ses gesticulations et s'étale de tout son long dans l'allée menant aux toilettes.

***

pression

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

5 janvier 2009

Douce torpeur.

Écriture en pause depuis de longues journées. Autre chose à faire. Tant de choses à faire. Ne rien faire !

Et de nombreux fidèles lecteurs ont mis les voiles, les statistiques sont en chute libre. Besoin de nouveauté constante pour ces curieux éphémères. Or ici, rien n'a bougé les derniers temps. Alors on échoue ici en tapant dans un moteur de recherche la requête "à quoi sert un DEA de littérature comparée ?" par exemple. Tu apprendras cher internaute qu'il ne mène à rien : voie de garage, cul de sac, morceau de papier cartonné sans valeur aucune. Il t'apportera sans doute beaucoup sur le plan personnel et saura peut-être flatter ton ego mais ne vaut pas un clou sur le marché du travail. Et je me dis que si ces quelques égarés ne venaient plus ici par hasard, ce blog s'éteindrait sans doute comme la flamme d'une allumette.

Si ce n'est cette misérable vie virtuelle, la vraie vie est belle et épanouissante. Je suis en vacances depuis deux semaines et j'en ai profité, il me reste la journée avant la reprise, et curieusement, ces six longs mois qui m'attendent avant les prochains congés ne me font pas peur cette fois-ci !

Mon mois de décembre a pourtant été difficile, ce qui explique mon silence. J'ai cumulé en deux semaines la correction de toutes les copies d'examen blancs du moment (une centaine de copies, chacune me demandant environ une demi heure de correction puisque elles ont été composées en quatre heures d'examen, faites le calcul) et mes heures de cours habituelles. Donc réveils à l'aube, (que dis-je, bien avant) et couchers souvent très tardifs ! Il y aura eu de nombreuses paniques de dernières minutes, des notes manquantes, des fichiers qui ne passent pas par mail, des copies introuvables... Et il y a aussi eu cette belle guerre ouverte avec un de mes employeurs qui ne m'avait pas payée depuis octobre et qui trouvait cela tout a fait excusable, se cachant derrière une situation économique difficile (non, parce que nous on roule sur l'or, hein !) et des bobards plus monstrueux les uns que les autres (j'ai eu droit à une nouvelle version à chaque coup de fil, il aurait au moins pu faire l'effort de ne pas changer de disque à chaque fois, pour la crédibilité, ç'aurait été mieux.) J'en suis quand même arrivée à passer un coup de fil à l'inspection du travail et les prud'hommes ne sont pas loin. Au final, les interventions ont été payées, mais il a fallu hausser le ton et menacer. Beaucoup de temps et d'énergie perdus, et je ne parle pas de l'ambiance pourrie qui règne maintenant !

sapin_de_man

Les vacances sont arrivées comme un cadeau avant l'heure après toute cette course. La première semaine aura été familiale. Ma sœur a passé deux jours avec nous. Mon père nous a installé les éléments de la cuisine qui manquaient toujours. Puis nous avons passé trois jours chez mes parents. Ce fut cette année un vrai flash back en enfance. Des heures de discussion, passées au coin du feu, des films regardés en famille (merveilleux Jean de Florette et Manon des sources par exemple), dévorage de bredeles et autres friandises, siestes blotties sur un canapé. Insouciance du temps qui passe. Noël a été festif : oncles, tantes et cousines, mais aussi Boucle d'or qui nous rejoints tous les ans depuis quelques années. Je lis encore la surprise sur le visage de certains à l'ouverture des cadeaux. Le lendemain encore, alors que nous nous étions couchés très tard, les monticules de cadeaux sous le sapin, plus farfelus les uns que les autres, m'ont fait rire.

Je lisais alors La honte d'Annie Ernaux. Elle y revient sur un épisode noir de son enfance et par la force des choses tente de fixer par les mots tout ce qui a composé cette période de sa vie : les objets, le langage, son rapport aux autres. Et j'ai moi même, par décalcomanie, essayé de retrouver ces petites miettes de mon enfance.Les mots, les jouets, les vêtements, ces petits détails qui marquent une époque de vie.

Après trois jours, il a cependant été agréable de rentrer chez nous. L'ambiance était tendue. Ma grand mère vit chez mes parents. Elle est fragile, elle s'accroche à la vie mais ne sait plus franchement pourquoi. Sa santé, pourtant pas si mauvaise, lui devient un prétexte pour s'éloigner de nous, pour ne plus faire d'efforts. Il a été question d'hospitalisation. L'idée a crispé tout le monde. Mon père en particulier qui a abusé de sa grosse voix et de son autorité pour l'occasion, gratuitement. J'ai été bien contente aussi de rentrer pour retrouver mes draps ! J'ai en effet fait une allergie violente à la lessive de ma mère : visage boursoufflé, couvert de cloques et démangeaisons atroces. Il m'aura fallu une semaine pour m'en débarrasser, et encore ! Y'a qu'à moi que des trucs pareils arrivent !

brillance

Puis depuis, nous prenons soin de notre appartement (de gros rangements ont été mis en place et nous ont permis d'y voir plus clair). Incroyable de se dire que ça fait deux ans déjà qu'on vit ici. Nous avons longuement hésité à prendre le large pour fêter la nouvelle année (La Normandie nous avait fait tant de bien l'an dernier) mais nous sommes finalement restés ici, bien au chaud, avec notre Lu et de bons petits plats. A minuit, après avoir regardé la Croisée des mondes, nous avons regardé les feux d'artifice par la fenêtre. Même pas envie de sortir. Pas envie de faire comme tout le monde, parce que c'est comme ça, de fêter quelque chose qui n'a pas d'importance, qui ne correspond au final qu'à un mouvement de  planètes. Cette semaine encore, j'ai beaucoup lu, pas de scrupules à me mettre sous la couette, à somnoler, à regarder de bons films, à faire des gâteaux et mitonner de bons petits plats. Je découvre aussi les petites joies que peut procurer une Wii (mon cadeau de Noël). Je joue comme quand j'étais petite, redécouvrir la joie simple de jouer. Et j'aime cet hiver qui est vrai, le froid est vif et sain, j'avais détesté les précédents, fades et humides.

La rentrée se profile pour demain, une semaine courte pour recommencer. Curieusement, ça ne me contrarie pas. Les mois à venir seront faciles, ils vont nous mener vers des journées plus longues, plus lumineuses. J'ai de nouveaux projets pour ce nouveau semestre : j'ai été contactée par une personne qui souhaite faire de l'impro avec un groupe de son village, ils ont entendu parler de moi par le bouche à oreille et sont visiblement très motivés.

Je pense aussi fort à mon frère, qui fête aujourd'hui ses vingt-et-un ans et qui monte cet après-midi dans un avion pour l'Australie. Je suis heureuse pour lui, j'imagine tout ce qu'il va pouvoir trouver là-bas, en un mois. Sans aucun doute bien plus que des boomerangs et des kangourous. Je repense à mon escapade de 2000, à tout ce que ça m'a apporté, tellement plus que le cliché des cartes postales. Pourvu qu'il se montre prudent !

bougies

Je finis ce long message (trop long sans doute) par vous : que cette année 2009 vous soit douce et belle, qu'elle vous apporte ce qui vous manque, de bonnes surprises, de la satisfaction, un épanouissement personnel constant, une évolution professionnelle, la santé et un minimum d'argent pour ne pas avoir à y penser. De grosses bises virtuelles à ceux qui sont toujours là, malgré mes silences, mes coups de gueules et mes doutes.

***

 

18 mai 2009

Paroles, paroles, paroles.

" Un de perdu, dix de retrouvés "
" Fais toi plaisir, drague, sors, fais la fête ! "
" Tu verras, ça va passer, c'est qu'une question de temps "
" Il ne te méritait pas "
" Oublie ! "
" Bienvenue au club des célibataires "
" T'es forte, tu vas t'en sortir "
" Ah, les mecs, tous les mêmes "
" Moi j'aurais pas eu ta patience "
" Il avait besoin d'un bon coup de pied au cul "

***

jeux_de_mains_1

***

22 juin 2009

Et merde !

Voilà plus de trois mois que je traine une cochonnerie. Je n'en ai que peu parlé ici jusqu'à maintenant car "ça ne se fait pas". Puis justement, cette bienséance m'est revenue à plusieurs reprises en tête. Pourquoi ne dit on pas ces choses là, sur quelles abstractions repose ce tabou ? Ne trouvant aucune réponse concrète à mes questionnements, j'ai décidé de traiter ici le sujet, aussi difficile soit-il : âmes pudibondes s'abstenir !

Alors voilà où j'en suis : depuis des semaines, mon ventre me fait des misères, on peut même considérer ça comme de mauvaises blagues. C'est souvent au moment où je m'y attends le moins que le processus se met en marche, c'est toujours la même chose : d'abord une grande sensation de fatigue et des fourmillements qui semblent me parcourir. Puis on passe aux choses sérieuses : une main invisible et vicieuse semble alors me saisir les tripes pour les tordre à sa guise. L'effet est instantané, les crampes sont dans les minutes suivies de diarrhées violentes. Nous voilà dans le vif du sujet : top glamour !

Bien entendu, c'est très douloureux : les crampes sont une torture qui peut durer plusieurs heures. Elles n'étaient au début que très courtes et ponctuelles, elles viennent aujourd'hui clore presque tous mes repas. Mais si ça n'était que ça, tout serait très simple. Il se trouve que ce genre de surprise compromet un tant soit peu ma vie sociale, aussi pauvre soit elle déjà au départ. Car bien entendu, il est délicat de s'absenter en plein cours/repas/dialogue/séjour, sans paraître incompétente/mal polie/grossière. Je repense au premier incident. J'étais pour la première fois chez mon ami K., un collègue avec lequel j'ai vraiment sympathisé. Il me présentait alors sa femme, qui porte l'enfant qui doit voir le jour en août. Ils étaient en train de m'expliquer avec émotion dans quelles conditions ils s'étaient rencontrés quand j'ai tapé un sprint vers leurs toilettes. Heureusement, j'avais en face de mois deux personnes très compréhensives qui se sont contentées de s'inquiéter de mon état. Entre temps, j'ai reproduit la course (départ arrêté et nouveau record à chaque fois) au restaurant, dans un musée, dans un bar, en cours, en voyage en Italie, etc.

Je me pose depuis de nombreuses questions quant à la perception sociale de la chose. Vous allez sans doute trouver mon questionnement tordu et futile, mais je me lance. Comment se fait il que la nourriture soit à ce point et depuis toujours le centre de toutes les convivialités alors que son expulsion est au contraire, auréolée d'un tel tabou ? On imagine avec plaisir se retrouver autour de plâtrées de bouffe pour célébrer tout et n'importe quoi (d'ailleurs si la bouffe était absente de ces célébrations, ce serait un scandale) alors qu'il serait déplacé, ne serait-ce que d'évoquer le bon fonctionnement de nos intestins.

Pourtant, son vocabulaire est omniprésent dans notre langue et semble occuper toutes nos pensées. Mon titre n'en est qu'un exemple. Je ne vous épargnerai pas les "tu me fais chier", "tu m'emmerdes" et autre "crotte". Être dans "la merde" ou dans "le caca" est tout aussi fréquent. On retrouve également les dérivés du type "chier dans la colle", "chier dans les bottes", "chier des rondelles de chapeau"... Il s'agit même de dire "merde" à quelqu'un pour lui souhaiter bonne chance. Pourtant, malgré cette omniprésence dans le verbe, vous resterez un malotru si vous osez aborder le sujet autrement que par des expressions imagées. J'ai d'ailleurs découvert il y a peu que la question "ça va" repose étymologiquement sur des questions de digestion. Pourtant, une fois de plus, il ne viendrait à personne l'idée de poser clairement la question.

Je me demande alors comment gérer cette nouveauté. Les semaines passant, je m'y habitue, dans la mesure où on peut prendre des habitudes dans ce domaine. Je refuse certaines sorties, j'annule certains cours lorsque les signes avant coureurs me permettent de le faire. J'évite d'en parler à mes proches que ça inquiète. J'ai vu deux médecins, j'ai fait des analyses de sang., une coproculture et  la semaine prochaine, je me présenterai avec une joie non dissimulée à ma première coloscopie : youpi ! Plusieurs hypothèses se profilaient, intolérance alimentaire, virus, parasite... mais les résultats sont venus "rassurer" tout le monde, tout est en ordre. Si ce n'est que mon ventre n'a pas été informé de ce fait.

Je repense avec le sourire à ces rares épisodes de la littérature ou du cinéma qui viennent traiter le sujet. Marcel Pagnol décrit avec la tendresse d'un adulte qui regarde son enfance la belle Isabelle Cassignol, qu'il considérait alors comme une référence de grâce et de féminité, jusqu'au jour où celle-ci, prise de violentes coliques, perd tout intérêt à ses yeux. Ou encore le personnage de Patrick Cauvin dans Nous allions vers les beaux jours, qui décrit les crampes de la dysenterie comme une horde de chevaux lancés au galop.

Voilà. J'en chie. On ne me trouve rien. L'été approche et je me vide. Certains diront que j'ai besoin de digérer une situation difficile. D'autres préféreront la facilité et mettront ça sur le dos du stress (il a bon dos). Et je n'ai pas de réponse à mes questions.

cabinets

***

25 mai 2008

Contrariété.

Il y a une fois de plus cette importance de l'image. Cette image qui nous attache à la réalité, qui nous lie à un groupe, qui nous enclave dans une communauté. Cette image que j'essaye d'oublier. L4image n'est pas que le corps, elle est aussi chacun de nos actes, ce que nous laissons derrière nous.

L'image que je me faisais de l'été à venir, c'était les siestes et les longues lectures sous le pommier, les légumes frais qui se colorent au soleil, les petits fleurs qui agrémentent sur les bordures, le calme, le temps qui n'a plus d'emprise sur moi.

L'image que les voisins se font de la vie doit être parfaite, angulaire, perpendiculaire et à demi morte.

Alors hier matin, nous avons eu un message du propriétaire de notre jardin qui nous explique (avec des mots différents mais le contenu est là) que notre image de la vie n'est pas au goût des voisins, pour qui notre jardin est un capharnaüm trop vert et sale qui dissémine des mauvaises herbes chez eux. Ils nous perçoivent sans doute comme une bande de hippies qui se refuse à l'usage de produits chimiques et qui font leur jardin en sandales. Quelle honte ! Il faut quand même savoir que nous fauchons et désherbons deux fois la semaine, qu'il n'y a pas une herbe qui dépasse, que nous avons taillé arbres, vignes et rosiers. Mais nous n'avons, certes, pas eu les moyens, humbles locataires, de faire terrasser la parcelle et d'investir dans une tondeuse à gazon qui ferait de notre terrain le golf attendu. Et je me suis toujours, en effet, refusée à déverser des litres de désherbant sur les chemins puisque je mange les légumes qui poussent à quelques mètres et je ne comprends pas cette volonté, dictée justement par l'image renvoyée aux voisins, d'éradiquer la moindre touffe de pissenlit.

Bref, le message se terminait sur l'annonce de la rupture du bail, nous expulsant de "notre" jardin.  Il semble que ce soit un prétexte, une sombre histoire de voisinage et d'achat futur du terrain, de la diplomatie en somme. Je n'y comprends rien. Nous avons joué les gentils locataires qui ont fait sagement l'entretien et qui ont payé leur loyer et maintenant on nous jette. Bien entendu, je suis triste, mais je suis surtout écœurée de savoir que cette bande de maniaco-dépressif qui découpe leurs bordures de piscine aux ciseaux et colle des nains de jardin dans tous les recoins a eu gain de cause en allant cafter comme des élèves de sixième chez notre fouine de proprio. Et là où ça me révolte plus encore, c'est que mon potager est en pleine évolution, les tomates, les aubergines, les poivrons, les potirons, les melons, les radis, les poireaux, les carottes, les fraises et les framboises. Nous laissons tout cela en friche, c'est du temps, de l'investissement, une part de rêve et de l'argent gaspillés. J'avais prévu des bocaux de conserves, des stratégies pour le compost, des techniques pour ne pas perdre les fruits. J'ai même déjà planté des fleurs (lavandes et roses trémières) qui ne sortiront pas avant l'an prochain. On nous avait dit que c'était pour cinq ans au moins. Nous sommes tristes, en plus, de ne pouvoir joindre le proprio qui se mure dans son silence pour ne pas nous affronter.

Et comme nous ne savons pas quand sa décision prendra effet, hier soir, à la nuit tombée pour ne pas voir les sales gueules des voisins, nous sommes allés arroser, avec une boule dans la gorge, nos chers légumes. Le cœur n'y était pas et tout nous semblait tellement incohérent. A notre départ, sur le pas de la porte, je n'ai pu m'empêcher d'interpeler la voisine qui sortait arroser ses fleurs. J'ai su mettre ma rage dans ma poche pour obtenir les renseignements souhaités. Ce n'était pas elle, elle a même réagi de façon surprenante, en traitant notre proprio de salaud qui monte les gens les uns contre les autres. Nous avons pu en déduire que la plainte provenait de nos autres voisins, mais cela n'arrange en rien nos affaires. Elle nous a souhaité bonne chance, serrant son pouce de la main gauche et son arrosoir de la droite.

Depuis, rien de neuf. Aujourd'hui, nous filons chez mes  parents pour la fêtes des mères. Je vais essayer de m'assoir sur cette contrariété. Je suis surprise au final de voir à quel point l'image que les gens se font de leurs vies, de ce qu'ils renvoient aux autres, est déformée. Avoir un beau jardin, parfaitement entretenu : ça n'a pas de prix.   

***

hamacs_pommiers

2 février 2007

Les fameux 7 trucs.

Je me décide à répondre à ma Midinette préférée, avec un bon mois de retard, saura-t-elle me pardonner ?

7 choses possibles que j'aimerais faire avant de mourir:

*Avoir des enfants.
*Publier un livre ou plusieurs.
*Racheter un corps de ferme, y vivre, y travailler, y recevoir plein de monde, avoir plein de chiens.
*Apprendre plein de langues étrangères.
*Faire le tour du monde.
*Être et rester heureuse, et transmettre le bonheur autour de moi
*Faire l'amour avec deux hommes (chut...)

7 choses improbables que j'aimerais faire avant de mourir:

*Devenir une comédienne célèbre.
*Devenir présidente de la République.
*Vivre une folle histoire d'amour avec l'une des célébrités citées ci-dessous
*Être très belle.
*Être garde forestier.
*Un exploit sportif, peu importe lequel, juste pour le dépassement.
*Devenir très riche, et pouvoir me montrer très généreuse.

7 choses que je fais bien:

*Enseigner, transmettre, aider, expliquer.
*Le pain/ les bons petits plats en général.
*Écrire (enfin, je crois...), r
aconter.
*Aimer.
*Jardiner.
*Les photos.
*Dormir.

7 choses que je ne peux pas/ne veux pas faire 

*Sauter à l'élastique (putain de vertige).
*Manger du foie gras.
*Mettre mes clés toujours au même endroit/trouver mes affaires au dernier moment.
*Relativiser.
*Chanter (pour le bien de tous)
*Choisir.
*Anticiper.

7 choses qui vous attirent dans le sexe opposé:

*Les mains et les poignets.
*La capacité à s'en foutre ou au contraire à prendre des décisions et à les assumer.
*La peau.
*La tendresse.
*L'humour.
*Le regard.
*La voix.

7 choses que vous dites souvent:

* Oh merde...
* Faut arrêter de se tourner le doigt dans le Q.
* Faut arrêter de se tirer sur la nouille.
* Espèce d'excité du bulbe.
* Oui, mais en même temps...
* Motus
* Minute papillon.

7 béguins pour des célébrités:

Jeremy Irons

irons

Thom York

york

Chris Martin

chrismartin2jy

Charlotte Gainsbourg

charlotte

Romain Duris

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Edouard Baer

baer

Jim Morrison

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Diane Groseille
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