jeudi 19 novembre 2009
Zombies.
Peu de sommeil les derniers temps. Je repense à la marmotte que j'étais l'an passé. Je me couchais parfois dès mon retour du boulot pour ne me réveiller que le lendemain matin, toute pâteuse. Cette année, je ne suis pas fatiguée, je suis portée par une énergie inconnue. Par contre, mes nuits sont toujours si agitées. Les antidépresseurs me collent des sueurs froides impressionnantes. Je me réveille en sursaut, trempée jusqu'à l'os et glacée.
Cette nuit, j'ai évolué dans un monde étrange. J'étais accompagnée de nombreuses personnes dont je me sentais proche et responsable. Nous étions obligés de fuir et de nous méfier de nous-même. Je ne sais pas pourquoi, mais certains d'entre nous pouvaient devenir des dangers pour les autres et nous étions alors obligés de les abandonner. C'était la nuit. Je me souviens avoir couru, être passée de maison en maison, avoir sauté du haut de balcons, prise de vertiges douloureux, même en rêve, m'être heurtée à des portes closes. Je me souviens également de la peur, si réelle.
Ce matin, j'ai tapé sur mon réveil lorsqu'il a sonné, sans m'en rendre compte je l'avais éteint. Je me suis rendormie. J'ai tout de même su être à l'heure et sans même paniquer. Pas besoin de sauter de mon balcon.
L'autre jour, j'ai rêvé qu'on me coupait les cheveux. Et cette idée m'avait paniqué bien plus encore que l'idée de fuir.
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mercredi 1 avril 2009
Herbe tendre.
Nous sommes comme fous. Ses doigts s'enroulent autour des miens. Le souffle court, il m'embrasse pour la troisième fois. La première fois, il me l'avait demandé : "je peux t'embrasser ? ". Nous courons, nous dévalons une pente d'herbe. Nous nous arrêtons encore, mon dos s'appuie contre un grillage. Ses mains glissent sous mes vêtements, naturellement. Je sens la douceur de ses cheveux blonds trop longs sur ma joue. Je sens l'évidence de ce moment, l'importance et l'émotion. Il me regarde dans les yeux quand...
Cinq heures trente. Chanson de merde que beugle mon radio-réveil. Tout était si réel quelques secondes auparavant que je mets un bon moment avant d'identifier la pièce, ma maison. Je me lève et tout semble recouvert d'un voile gris. J'attaque une journée de cours. Et tout au long de la journée, j'ai l'impressiopn de sentir sous mes pieds nus l'herbe tendre.
vendredi 27 juin 2008
Lumière noire derrière mes yeux clos.
Je dors entre huit et dix heures par nuit. Pourtant, au petit matin, je suis épuisée. Toujours. Il me faut quelques longues minutes pour revenir dans le rassurant de ma réalité, pour me reposer. Les dernières nuits, j'ai couru, j'ai volé, je me suis noyée, emportée par une vague qui m'a trainée vers des abimes noirs, mort lente et effrayante. Il y a aussi ces courses effrénées, répétitives, poursuivie par des tueurs fous. Il y a la mort, la mienne, celle de mes proches. Il y a eu aussi il y a quelques jours cette explosion chimique en plein cœur de ma ville. Ridicule avec ces simples mots, paralysante dans mes rêves trop réels. Faut peut-être que je songe à dormir moins.
mercredi 9 janvier 2008
Je suis un adverbe.
Bien. Trop. Évidemment. Affreusement.
Mes matins sont des cauchemars, devant mes yeux qui ne veulent pas s'ouvrir, des images sombres grésillent.
Mes yeux sont, cette nuit dans mon rêve, ouverts. Je viens de les ouvrir, comme un réveil intérieur, trop tôt.
Je suis pieds nus, sur un tout petit rebord, le visage face à un mur. Je sens le vide derrière moi, la vase sous mes pieds. La pierre devant moi est verte et gluante. Le mur devant, l'humidité et le vide derrière. Et je sens cette angoisse qui gonfle, immobile. Je me dis très fort dans ma tête qu'une fois de plus, bien sur, ce n'est qu'un rêve, mais la panique s'empare de moi, elle se faufile dans ce silence. Cette peur du vide. Il est derrière mais je ne me suis toujours pas retournée. Je le sens seulement. Et ma tête pivote pour découvrir l'horreur. Mon horreur.
Un cri strident dans mon ventre.
Je suis toujours sur le rebord mais derrière moi, je vois maintenant ce rectangle, plusieurs mètres plus bas : un rectangle d'eau vert sombre et autour, quatre murs qui l'encadrent, très hauts, recouverts de cette matière visqueuse. Un ciel gris et loin, trop haut. Plus loin, j'entends le ressac de l'océan, derrière les murs, où suis-je ? Je ne vois que ce rectangle dans la lumière blafarde, et sa profondeur, les abîmes, le néant. Ce rebord si petit ne me permet pas de me retourner, je ne peux pas bouger, je calcule mes gestes alors que mon corps me dit de fuir et l'angoisse me ronge. Mes mains se plaquent, mes ongles griffent le mur mais je suis prisonnière. Je veux crier mais ma bouche ne s'ouvre pas, elle ne s'ouvre pas, elle ne veut pas s'ouvrir, je crie comme bâillonnée par une main invisible et verte.
Et quand mes yeux s'ouvrent, ma bouche aussi. Je suis assise dans mon lit, hurlant de terreur, une bête qui me crispe et reste en moi pendant de longues minutes avant de me laisser épuisée, en larmes, à peine rassurée par ma réalité.
mercredi 4 juillet 2007
Cieux.
Encore un rêve de cathédrale rose trop imposante cette nuit. Images récurrentes. Toujours ces monuments presque vivants, grandes dames médiévales et furieuses. Encore des frissons en y repensant. Ne pas pouvoir voir le ciel tellement elle bloque l'horizon. Se tordre le cou pour en apercevoir un morceau, pour se sentir moins écrasée. Et cet appartement, au rez-de-chaussée, avec une trappe sombre et haute qui donne sur une petite lucarne ouverte sur une autre ciel. Avec ces meubles poussiéreux et cette impression de ne jamais être vraiment seule.
Ce matin plus que jamais, je veux me plonger dans ma réalité, me laver de cet univers sombre, je vais gambader avec Lu et ouvrir les yeux sur le ciel.
jeudi 28 juin 2007
Respire !
Cette nuit, encore une histoire de souffle. Petit corps de Lu sous l'eau. Inanimé. Dur comme de la pierre. Quelque part en bord de mer. Je vois sous les vagues la forme de son corps. Chaleur et peau dorée, des gens qui s'amusent autour de moi, euphorie, déjà-vu. Il a fallu que je le sorte seule, que je frappe son petit corps de chien blanc pour qu'il revienne à lui. Je ne te laisserais pas partir. Pas toi.
Les rêves du petit matin sont souvent trop teintés de réalité et ils gardent un pied dans toute votre journée.
vendredi 13 avril 2007
I believe I can fly.
Encore une nuit où je suis en hauteur,
toujours des rêves trop forts qui pompent mon énergie,
qui ne veulent pas me laisser redescendre.
Encore une nuit où je vole, le plus beau des rêves.
Mes jambes sont légères,
le reste de mon corps les accompagne,
et c'est cohérent, comme toujours.
Encore une nuit où c'est la même sensation de bonheur et de plénitude,
de voir d'au-dessus,
sous un angle différent, privilégié.
Encore une nuit où tout est simple,
parce que je ne vis que de mes instincts et de mes envies,
et non de ce que m'impose la société.
...
Encore un matin où le réveil sonne à cinq heures et demi et où je me sens lourde,
mes pieds collés au parquet.
dimanche 3 décembre 2006
Une course horizontale.
Il y a ce rêve encore cette nuit, il y a trop de rêves toutes les nuits. Un sommeil agité où je cours après des fantômes, après moi-même, où je panique, où je m'effraye, où je hurle. Chaque matin, je pourrais m'installer sur le divan de Freud qui se frotterait les mains de tant de symboles. Je n'ai pas besoin de chercher loin pour les voir. Mon vertige, le trou de l'évier, toujours des orifices noirs et étroits pas lesquels je dois me faufiler, et ces hauteurs, suspendu, la chute, ces rails métalliques dans un ciel sans sol...
Neb ne rêve pas, dit-il. En tous cas, il ne s'en souvient pas. Par contre il ronfle. Et ça non plus il ne s'en souvient pas. Et le matin, trop tôt, à cause d'un rêve qui me laisse en sueur, à cause de ma vessie qui crie "il est l'heure", à cause de mon voisin ronfleur, je quitte mes draps, avec cette impression d'avoir fait une course, un exploit sportif. Et avec ces sensations persistantes, si réelles, inscrites en moi pour la journée...
mardi 3 octobre 2006
Journées contrastées par le foin du Nord.
Ouvrir les yeux dans cette opacité grise, les toîts seuls luisent et renvoient un peu de lumière, j'entends le clapotis de l'eau dans les gouttières. Contraste avec toute la lumière de mon rêve. Sur les dernières images, je me préparais à dormir dans un pré qu'on venait de faucher, avec des gens que j'aimais, des amis, nous croquions à pleines dents des quartiers d'agrumes qui explosaient dans nos bouches, les journées étaient longues, et la lumière était celle de ces pays nordiques qui ne connaissent pas la nuit pendant une saison.
mercredi 23 août 2006
Arriver. Partir. Etre là. Etre ailleurs.
Drôle de rêve. Une grande maison aux volets clos, peinture écaillée sur le bois, comme une ancienne école, plusieurs étages, tapisserie à fleurs délavées aux murs. Plusieurs personnes dedans, des gens que je connais très bien dans mon rêve mais que je ne connais plus maintenant que je suis réveillée. Des collègues de travail me semble t-il. Un chien loup au pelage gris-brun qui se faufile entre nos jambes. Des couloirs très étroits aux plafonds très hauts. La lumière vient d'au-dessus. Un sentiment fort, celui de se sentir vivante, aimée, quelque chose de nouveau, d'instable, de particulier. Indéfinissable. Je suis à table, avec des gens, mais je crois que des animaux prennent part à ce repas. Un homme en fauteuil roulant. Toujours ce sentiment. Je sais qu'on doit partir. On ouvre et on referme des portes et des fenêtres. La lumière et l'obscurité dans les grandes pièces. Il faut sortir de la maison. Dehors, des personnes crient, attendent notre arrivée. Réveil. Comment mettre plus de mots sur ces impressions si fortes qui s'évaporent partiellement dès que les yeux s'entr'ouvrent...















