samedi 4 avril 2015

Nous entendons dans les rêves ce que dit la matière...

Mes rêves sont, les derniers temps rassurants, épais et très heureux.

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Il y a deux jours :

Je vole, c'est une évidence, je vole !

Sur ma tête, un chapeau de soleil, aux larges bords. Dans mes mains, de longs crayons en bois souple. Le sol s'éloigne sous mes pas. Je me dis, comme à chaque fois, que c'est facile. Et je me demande encore pourquoi je ne vole pas plus souvent. La sensation est si agréable.

Je survole des lieux qui me sont familiers, ceux de mon enfance. Les personnes que je vois en contre bas de mon vol, sont mes amis qui me sourient. Ils ne peuvent pas voler mais ne semblent pas étonnés que je le fasse.

Plus tôt, dans le même rêve, je faisais la fête dans une grande maison de bois construite sur une petite crique, au dessus d'une plage. Mon père, des amis très proches, du rire, de l'insouciance.

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Cette nuit, l'endormissement est difficile, je me suis coincé un nerf en faisant des acrobaties hier soir, lors de mon atelier du jeudi. Je peine à trouver une position confortable, le sommeil se fait attendre... Pourtant, dans la nuit, je voyage.

Je suis dans une rue de M. Une rue que je traversais souvent autrefois, lorsque je vivais encore là-bas. Dans cette rue se trouvait le garage où je laissais ma voiture. J'ouvre une porte, cette même porte qui menait à mon emplacement de parking. A l'intérieur, tout a changé. De petits espaces sont aménagés, de très petits espaces (sans doute quelque chose à voir avec les "capsules" des hotels japonais). Des gens sont installés et jouent, ou regardent la télévision. Certains dorment, ou font l'amour. Je me joins à certains, j'échange du plaisir, naturellement. Je retrouve d'ailleurs Rémi, un camarade de classe que je n'ai pas vu depuis des années. Nous faisons l'amour dans l'une de ces petites alcôves.

Je déambule ensuite dans des couloirs, je descends des escaliers et je me retrouve dans un hall désert, dont les baie vitrées donnent sur la nature. Une nature vierge et sauvage. J'avance dans cet espace et les vitres sont maintenant autour de moi. A ma gauche, je découvre une forêt majestueuse et sombre, de grands sapins bleus. A me droite, ce sont des prairies à perte de vue, très lumineuses. Et devant moi, alors que je m'avance vers la dernière vitre, je découvre une pinède. de grands arbres parasol donc les troncs secs et noueux dessinent des courbes irrégulières. Au sol, plusieurs bassins d'eau pure et profonde appellent à la baignade...

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eau

Voler encore. Toujours de l'eau, encore ces eaux rassurantes, apaisantes.

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mercredi 11 février 2015

Vertige bleu.

Je suis dans une salle de cours, il me semble que c'est arrivé il y a longtemps. Élèves agréables, contenus inconnus. Puis soudain, nos cinq sens brutalisés. On déverse dehors dans un fracas puant des tonnes de déchets, objets non identifiés. On entre dans la salle et on nous demande de la quitter au plus vite. Un danger ? On se rassemble dans la rue (une rue familière, à côté de chez moi). On attend.

Plus tard, nous réalisons que l'école a été transformée en parking souterrain. En y entrant, je comprends devoir payer mon emplacement. J'évolue dans des galeries sombres puis je me retrouve dans une salle de théâtre, un hémicycle à ciel ouvert, avec des gradins en pierre. Je m'installe, je reconnais des amis, ceux de ma troupe de théâtre. On vient nous expliquer sur scène que c'est notre nouvelle salle, qu'il faudra la partager avec une autre troupe. Je réalise à ce moment que je tiens dans mes mains une petite peluche de lion orange. Son visage est cerclé de plastique et sa fourrure est synthétique. Je tente de le manger mais ses poils m'étouffent, je suffoque. Je cherche de l'eau et je trouve en haut des gradins une fontaine faite de grosses pierres blanches. Je me dis que l'eau n'est peut-être pas potable, je repense alors au monticule de déchets infectes et  puants... Et je déglutis. Et je sens le pelage de cette affreuse peluche qui m'étrangle. Je manque d'air. Je finis par l'avaler. Au bas des gradins, je retrouve C. et C. qui attendent pour payer. Oui, il faut aussi payer pour ressortir.

Plus tard, je marche avec mes deux chiens sur un chemin de montagne. Tout est calme, blanc et beau. Puis, arrivant sur un carrefour, je vois un attroupement. Une personne est blessée au sol. Une femme debout parle de clavicule cassée. Je ne regarde pas, je ne veux pas gonfler les rangs des voyeurs déjà présents, je poursuis mon chemin en choisissant de partir à gauche, sur une petite voie étroite qui descend. Mais il me faut quelques pas seulement pour me rendre compte que sous mes pieds, le sol se dérobe. Il semble couvert de neige, mais sous mes pas, je vois du vide, matérialisé par un ciel bleu et impeccable. Je glisse, vers le néant bleu clair. Je peux juste me raccrocher au chemin. Je murmure pour appeler une des femmes présentes auprès du blessé. J'ai peur que seule ma voix me fasse tomber. Elle s'approche de moi et chuchote elle aussi comme si nous étions sur le point de désamorcer une bombe. Elle porte une combinaison violette, et son visage rond est entouré de cheveux courts et bruns qui font comme un soleil. Je lui dis que mes chiens sont avec moi. Elle me répond en souriant qu'il n'y a pas de soucis s'ils sont en laisse. Elle s'accroche aux jambes d'une autre femme et à elles deux, elles m'extirpent du vide qui semble vouloir m'avaler. Je me retrouve debout et m'empresse d'appeler mes chiens. Je vois s'approcher ma petite demoiselle-chien, mais Lu ne revient pas...

neige

Réveil à 5h30, sueur. Impression de lourde fatigue. Mais soulagement en ouvrant la porte de ma chambre, de trouver mes deux amis-chiens frétillant dans le couloir.

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dimanche 12 octobre 2014

De la vigne.

Un week-end pour moi. La bonne conscience qui veut que j'avance sur mes projets polymorphes est en pleine lutte avec ma procrastination glandeuse qui pourrait me clouer au canapé deux jours durant. Première journée écoulée, je suis malgré tout satisfaite de l'avancée des choses...

Cette nuit fut réparatrice. De celles où je me réveille blottie dans une position identique à l'endormissement.

Des images de vignes aux couleurs chaudes et saturées me restent sous les yeux. Des coteaux qui dominent la ville, des amis avec moi, ou des connaissances qui deviennent alors des amis (un ancien élève par exemple). Une boutique dont la devanture vend/vante toutes sortes de produits étalés sur des tissus. Une attente. Je pense que je n'ai pas pris mon violon alors que j'ai cours, que c'est dommage. Mon appareil photo, extension de moi-même, est bien là, mais il ne m'obéit plus vraiment* : un papillon très bleu qui contraste fortement avec tout ce décor de feu se pose sur l'objectif et je tente vainement d'en capter l'image.

Plus tard/tôt, je suis sur mon vélo, nue comme un ver, et je pédale sur des artères très fréquentées (axe routier, voie d'insertion d'autoroute). Je me dis alors que je n'ai sûrement pas le droit de monter sur l'autoroute à vélo (mais je ne m'inquiète pas de ma non-tenue). Je me retrouve dans un garage ou un parking souterrain et je veux m'habiller. Des gens me croisent, leurs regards insistent sur mon corps, ils rient. On vient me chercher. On me mène dans un petit local vitré, on m'impose des explications, maintenant qu'on m'a trouvée. Je réalise vite que ça n'a rien à voir avec ma nudité mais qu'il s'agit d'une faute que j'ai commise. Je ne sais plus laquelle. Un crime ? Un meurtre. Je pense à chercher mes chiens, ils sont seuls, il faut que je les aide, je ne peux pas les oublier. Lucien est là, comme souvent, un soutien, une présence.

Plus tard/tôt, je suis dans une chambre, couchée dans un lit et plusieurs personnes que je connais très bien sont là autour de moi (lui entre autres). Je suis recouverte d'épaisseurs de draps blanc éclatant. Entre alors une soigneuse. Elle soulève les draps pour accéder à mon intimité. Je supplie les gens dans la pièce de ne pas bouger, j'ai si peur qu'ils me voient ainsi. Pourtant, l'idée de traverser la ville nue sur un vélo ne me dérangeait pas, il me semble que je militais pour quelque chose, qu'il y avait une revendication saine.

Noter mes rêves les derniers temps me fait du bien. Je vide mon esprit et je sollicite ma mémoire. Je m'apprète maintenant à aller travailler, débarrassée d'une bonne partie de ces constructions nocturnes.

vignes-jaunes

*il filme alors qu'il n'a jamais eu cette fonction et je cherche longtemps comment rétablir ce que je connais. Il est dans mes rêves un prolongement de mon corps, un troisième oeil, une mémoire. dans mes rêves seulement ?

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vendredi 3 octobre 2014

Torpeur.

Un rêve cette nuit plein de transparence et de désir. Le contenu m'échappe mais il me reste des sensations douces liées à toute cette eau. Il y a une nuit, puis le jour. La ligne de l'horizon est celle de la mer, observée depuis le hall d'un hôtel, baie vitrée panoramique. Des bassins diffusent une lumière claire, bleutée. En se glissant dans l'eau tiède, on accède à des passages qui communiquent avec l'extérieur, on se retrouve dans l'immensité de l'océan.

étincelles-piscine

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vendredi 6 juin 2014

Magali.

On se croise sur un pont, je les vois arriver de loin mais je ne reconnais leurs visages que l'orsqu'ils passent à mon niveau. C'est lui, c'est Jules, j'identifie ses traits tirés, ses joues creuses, je le trouve fatigué, vieilli. Il est accompagné de sa femme qui porte dans ses bras un enfant. Je me dis à ce moment là qu'elle ressemble à la vierge. Lui ne me regarde pas, je sais par contre qu'il m'a vue, qu'il veut éviter mon regard, des paroles, une conversation...

Plus tard, je suis assise à la petite table d'un salon de thé situé en sous-sol, elle est en face de moi, elle me parle, détendue. Je la trouve jolie alors que j'ai toujours connu son visage chiffonné de contrariété et d'inquiétude. Elle se confie, elle me dit tout ce que je n'ai jamais compris, sur sa volonté d'éloigner Jules de tous ceux qu'il a connus. Elle me dit aussi à quel point elle a peur de moi. Elle a l'air soulagée. Je sens la sincérité de ses paroles, ce qu'elle n'a jamais su me dire. Tout semble alors transparent, évident.

Au réveil, je pense avoir compris, je me dis que c'est simple, puis tout s'évapore. Je n'ai pas vu Jules depuis septembre 2006. Je ne sais plus qui il est. Et même en rêve, il refuse de me parler.

tasse-de-thé

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dimanche 9 février 2014

Madagascar.

mer3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a quelques mois déjà... Une nuit...

Le jour, ailleurs, loin. Un soleil bluffant, aveuglant. Des menaces : je me cache, je cours, je m'enfouis. C'est la guerre, on nous veut du mal. Je ne suis pas seule, mais je crois que je ne connais pas ceux qui m'accompagnent. Comme moi, il sont là pour témoigner, pour dire la vérité, pour raconter ce qu'ils ont vu. Un énorme bateau est sur le point de quitter le port. La lumière écrase le sol. Nous n'avons pas le droit de monter à bord, nous attendons de voir l'énorme animal de métal se mettre en mouvement. Puis nous sautons sur une plateforme avant qu'il ne soit trop tard pour rejoindre le pont. Plus tard, nous sommes sur une île. Nous roulons sur une route qui surplombe l'océan, la mer en contre-bas est vivante, mouvante, énrgique et pleine de nuances de bleus. Nous nous rendons sur les lieux de la violence, la tension gronde, mais je sens le vent dans mes cheveux, je me sens libre et utile.

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lundi 2 septembre 2013

L'hôtel.

Je change de route, je bifurque à travers champs. Pourtant, je la connais cette route, ses sinuosités et ses rebonds. Alors, les herbes hautes et les talus m'égarent. Puis arrive cette plage, que j'aperçois sous les feuillages. Je connais ce village depuis que je suis enfant et je ne savais pas qu'il y avait une plage ici. Je m'approche et se dessine sous mes yeux un grand bâtiment, de bois et de béton, sur le rivage. Sans trop savoir pourquoi et comment, j'y pénètre. Aux étages, c'est un dédale de chambres et de salles d'eau, des pièces collées, agglutinées les unes aux autres, toutes reliées comme des cellules vivantes. Et au bout, j'aperçois une lumière et des éclats de voix. C'est une grande terrasse qui donne sur l'océan (en pleine montagne ?). Des vagues fortes déferlent en contre bas et des gens s'amusent sur cette plate-forme de bois. Des verres qui tintent, des gens qui dansent, une piscine trop petite dans laquelle la chaleur me fait plonger. Certaines personnes présentes me sont connues, des élèves, des amis. On m'explique que c'est nouveau, tiens, tu ne savais pas, on ne me dit jamais rien à moi... Réveil.

plage

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jeudi 19 novembre 2009

Zombies.

Peu de sommeil les derniers temps. Je repense à la marmotte que j'étais l'an passé. Je me couchais parfois dès mon retour du boulot pour ne me réveiller que le lendemain matin, toute pâteuse. Cette année, je ne suis pas fatiguée, je suis portée par une énergie inconnue. Par contre, mes nuits sont toujours si agitées. Les antidépresseurs me collent des sueurs froides impressionnantes. Je me réveille en sursaut, trempée jusqu'à l'os et glacée.

Cette nuit, j'ai évolué dans un monde étrange. J'étais accompagnée de nombreuses personnes dont je me sentais proche et responsable. Nous étions obligés de fuir et de nous méfier de nous-même. Je ne sais pas pourquoi, mais certains d'entre nous pouvaient devenir des dangers pour les autres et nous étions alors obligés de les abandonner. C'était la nuit. Je me souviens avoir couru, être passée de maison en maison, avoir sauté du haut de balcons, prise de vertiges douloureux, même en rêve, m'être heurtée à des portes closes. Je me souviens également de la peur, si réelle.

Ce matin, j'ai tapé sur mon réveil lorsqu'il a sonné, sans m'en rendre compte je l'avais éteint. Je me suis rendormie. J'ai tout de même su être à l'heure et sans même paniquer. Pas besoin de sauter de mon balcon.

L'autre jour, j'ai rêvé qu'on me coupait les cheveux. Et cette idée m'avait paniqué bien plus encore que l'idée de fuir.

cheveux_longs

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mercredi 1 avril 2009

Herbe tendre.

Nous sommes comme fous. Ses doigts s'enroulent autour des miens. Le souffle court, il m'embrasse pour la troisième fois. La première fois, il me l'avait demandé : "je peux t'embrasser ? ". Nous courons, nous dévalons une pente d'herbe. Nous nous arrêtons encore, mon dos s'appuie contre un grillage. Ses mains glissent sous mes vêtements, naturellement. Je sens la douceur de ses cheveux blonds trop longs sur ma joue. Je sens l'évidence de ce moment, l'importance et l'émotion. Il me regarde dans les yeux quand...

Cinq heures trente. Chanson de merde que beugle mon radio-réveil. Tout était si réel quelques secondes auparavant que je mets un bon moment avant d'identifier la pièce, ma maison. Je me lève et tout semble recouvert d'un voile gris. J'attaque une journée de cours. Et tout au long de la journée, j'ai l'impressiopn de sentir sous mes pieds nus l'herbe tendre.

herbe_fraiche
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vendredi 27 juin 2008

Lumière noire derrière mes yeux clos.

Je dors entre huit et dix heures par nuit. Pourtant, au petit matin, je suis épuisée. Toujours. Il me faut quelques longues minutes pour revenir dans le rassurant de ma réalité, pour me reposer. Les dernières nuits, j'ai couru, j'ai volé, je me suis noyée, emportée par une vague qui m'a trainée vers des abimes noirs, mort lente et effrayante. Il y a aussi ces courses effrénées, répétitives, poursuivie par des tueurs fous. Il y a la mort, la mienne, celle de mes proches. Il y a eu aussi il y a quelques jours cette explosion chimique en plein cœur de ma ville. Ridicule avec ces simples mots, paralysante dans mes rêves trop réels. Faut peut-être que je songe à dormir moins.

colere_et_fatigue


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