mercredi 9 avril 2008
Rouge et jaune à petits pois.
Il y a ces matins où tout est plus difficile. D'abord, bien sur, il y a ces réveils trop précoces et de plus en plus désagréables. A cinq heures et demi, les gens normaux dorment. Plus moi. Je m'affaire trop machinalement à des tâches que mon corps effectue sans réfléchir. L'autre matin, j'ai passé un coton de dissolvant sur mes yeux, parce que je m'étais trompée de flacon. Mes rêves me poursuivent plus tard dans ce trajet en voiture que je fais machinalement, slalomant entre des camions que je ne vois plus. Encore plus tard, le thé se dilue trop lentement dans ma tasse blanchâtre sous les néons de la salle des profs. Le grognement de la photocopieuse tend à me rendormir. Les gloussements puérils émanant des couloirs me fatiguent déjà. L'envie de dormir me terrasse. Mes épaules semblent trop lourdes.
Et ce matin, pourtant plus difficile encore que les autres, quelques minutes avant de rejoindre ma salle de classe, les mots sont revenus. Comme le printemps après l'hiver, comme le soleil après la nuit. Tout naturellement. J'avais voulu les chasser. J'avais voulu ne plus vivre à travers eux. Je voulais que chaque instant soit à l'état brut. Je ne voulais plus de ce filtre. Il avait fallu désenclencher les réflexes, chasser les mauvaises habitudes. Puis c'était arrivé. Ne plus voir en chaque instant les mots qui l'ont grattera sur la papier, les lettres que l'on tapotera sur le clavier. Je m'étais aussi posé trop de questions sur la valeur des mots ici, sur cette zone de dialogue qui n'en est peut-être pas une. Puis les questions se sont évaporées, laissant place à nouveau à la spontanéité.
Alors, me revoilà.
lundi 14 janvier 2008
Words don't come easy.
Parfois l'envie d'écrire se fait si évidente que les mots se bousculent et que je pourrais arrêter sur le champs les activités en cours pour mettre sur le papier ce qui risquerait de s'envoler. Mon carnet brun a d'ailleurs toujours sa place dans mon sac, pour les urgences que je griffonne à la va-vite, sur un coin de table.
Parfois, comme en ce moment, je me trouve ridicule à continuer à mettre des mots ici, sur ces pages jaunes et virtuelles. J'ai cette image de la gamine avec son carnet rose et je me dis que j'ai passé l'âge de plier ainsi devant ce phénomène de mode, qui passera peut-être, sans doute avec le temps. Et quand nous serons vieux, nous dirons, nostalgiques : "tu te souviens, j'étais jeune et con, je roulais à l'essence, je regardais Ruquier à la télé et je tenais un blog".
Parfois, j'ai envie de remettre les mots sur le papier, pour toujours, juste pour moi. Envie de sentir la plume griffer le papier, envie de plus de sincérité, besoin d'aller au fond des choses, de l'encre plein les doigts.
Parfois, je veux donner aux gens que j'aime, juste par les mots, sans parler. Laisser une lettre sur une table de nuit, un papillon de papier sur un pare-brise, un mail dans une boîte sûrement vide, une carte de voeux à quelqu'un que je n'ai pas vu depuis des années.
Parfois, je voudrais vivre sans écrire, arrêter de réfléchir, de chercher les mots qui collent aux moments, et vivre pleinement chaque instant.
***
dimanche 21 octobre 2007
Ubiquité.
Je suis là & là, chez lui et chez elle, sans vraiment savoir où cela va mener...
...Je suis aussi là, où pour la première fois, je fais du blog quelque chose qui pourrait bien être utile...
... Je suis aussi là, et toujours là, puis même là et là...
Et j'expérimente quelque chose qui ne fait que débuter là...
Inspiration gonflée par mes ateliers d'écriture.
D'ailleurs si la plume vous titille,
vous pouvez m'y rejoindre...
Parfois en attente, jamais vraiment laissés à l'abandon, ces lieux virtuels sont comme autant de zones de repos, de passage, de liberté : pour rire, se souvenir, imaginer, échanger, avancer. Vos mots y sont attendus...
vendredi 7 septembre 2007
Etat d'âme.
Chape de plomb au-dessus de ma tête depuis deux jours. Impression d'anesthésie générale. L'année se profile, de plus en plus difficile. Les semaines vont s'enchaîner jusqu'à mi juillet sans aucun moment de répit.
Bien sur, je reviens ici.
Comme une évidence après ce qui n'a pas été de la réflexion. Au contraire. Oublier un temps que ce non-lieu existe. Mais il existe. Il fait partie de moi. Intégralement. Pendant quelques jours cependant, j'ai oublié de mettre systématiquement des mots sur tout ce que je peux vivre. J'ai seulement vécu. Veni, vidi.
Bien sur, je reviens ici.
Lire vos commentaires, dans lesquels vous avez essayé chacun de me donner votre propre définition du blog. Mais mon problème n'était pas dans la définition. Il était dans la finalité. Il l'est toujours d'ailleurs. Pourquoi partager. Pourquoi avoir envie de donner ce qui est à moi. Est-ce que ce don valorise où dégrade ce que je suis ? Est-ce vraiment utile ? Ai-je trouvé ici des solutions, un mode de pensée ? Je ne crois pas. Le partage est d'ailleurs tout relatif. Les remarques laissées sont souvent consensuelles, pas de véritable échange. Et tant passent et regardent, mais ne disent mot.
Bien sur, je reviens ici.
Je suis un peu perdue face à quelque chose qui était finalement inscrit en moi depuis le début. Un leurre. Celui d'être lue. Mais le blog n'est qu'un passage, une zone de standby. Lost in translation. On sait que l'essentiel n'est pas là. Et soyons franc, on voit dans chaque lecture bloguesque un miroir de soi-même, de ce qu'on aurait aimé écrire ou vivre, de ce qu'on ne voudrait pas devenir. On jalouse ou on méprise, mais c'est toujours dans un rapport profondément narcissique.
Bien sur je reviens ici.
Comme on reviendrait chez un ami qui a déçu, mais il n'en reste pas moins un ami.
mardi 21 août 2007
Tempus fugit.
Ces temps ci, il fait un temps à ne pas mettre le nez dehors, un temps de chien.
Alors, je passe le temps, sans emploi du temps, j'ai du temps à moi.
Je perds ou je gagne mon temps?
Un gain sans doute, puisque la plupart du temps, le temps c'est de l'argent.
Je prends mon temps, car dans quelques temps reviendra la fuite du temps.
Le temps file et pourtant le temps nous manque toujours.
C'est dans l'air du temps de dire que les temps sont durs.
Le temps nous presse,
toujours cette peur de ne pas y arriver à temps,
cette trouille qui nous obsede à temps plein.
Si seulement on pouvait se contenter de chaque chose en son temps.
On a jamais le temps, mais l'avait-on dans le temps ?
Au temps pour moi, j'en mets du temps...
Avec le temps va, tout s'en va.
samedi 9 juin 2007
Silence radio.

Plus de nouvelles de Timbre, Zim, Fred et les autres...
Ils sont passés,
ils sont restés un temps,
ils ne reviendront sans doute plus...
La magie des lectures et des échanges bloguesques,
ils peuvent être très profonds :
confiance,
partage,
aveux,
...
puis s'évanouir et faner.
jeudi 31 mai 2007
J'avoue...
... Oui, bon d'accord,
j'ai passé une bonne partie de ma journée
devant l'écran de mon ordinateur,
ça se voit tant que ça ?
Et puis, alors, ça vous dérange ?
Non mais, de quoi je me mêle...
Et même que ça fait vachement du bien.
Jonglage de mots,
temps passé avec le corps,
pas si somnolent aujourd'hui,
Découvertes,
déambulation,
chez ceux quon connaît,
chez les inconnus,
ailleurs,
écrire,
écrire,
écrire...
jeudi 24 mai 2007
Camera obscura.
Plus j'y pense et plus je me dis...
Le blog est une chambre sombre, fraîche et silencieuse
où l'on laisse un corps somnolent, presque endormi, sur un lit défait.
La fenêtre est ouverte sur la rue bruyante et agitée
et les passants curieux peuvent jeter un oeil.
Lorsque l'on revient chez soi, on va doucement, avec des gestes tendres,
réveiller le corps endormi encore engourdi de fatigue,
on lui parle lentement, on lui raconte ce qu'on a fait dans la journée,
ce qui nous a ému ou attristé.
Puis on referme à nouveau la porte derrière nous, pour repartir vivre, pour le laisser dormir.
lundi 14 mai 2007
Constat de spontanéité.
Y'a des notes comme ça, que vous mijotez pendant des jours, voire des semaines. Elles vous tiennent à coeur, vous les maternez, c'est presque une grossesse... Suivie d'un accouchement, presque dans la douleur. Les phrases tournent dans votre tête, pendant les longs trajets en voiture, dans l'ascenseur ou juste avant de vous endormir. Même qu'il y a des notes, vous les avez pas encore accouchées tellement elles sont présentes. Peur peut-être de ne pas pouvoir trouver le mot juste, l'exactitude de la notion. Et ce serait "gâché"...
Puis y'a les "spontanées", comme celle que je suis en train d'écrire, comme d'autres qui sont arrivées comme ça, vite et bien, et qu'on a collées en ligne sans réfléchir, je pose mes fesses cinq minutes devant l'ordinateur et c'est fait, "poster et publier".
Et curieusement, les lecteurs réagissent toujours mieux, plus en tout cas, à la spontanéité. Allez savoir pourquoi...
jeudi 1 mars 2007
"Crie le bien fort, use tes cordes vocales"
J'écoutais Lou Doillon hier soir sur Canal + parler de son journal intime, de ses lectures, des écrits que lui ont laissé ses parents, de la valeur des mots. Elle disait aussi que l'on écrit que lorsqu'on est triste, que l'on écrit mieux quand on est triste.
Et je me dis que ces pages virtuelles ici doivent continuer d'exister. J'écris plus ici que ce que je ne notais dans mes carnets. Davantage d'anecdotes, de regards jetés autour de moi. Mais moins d'introspection, moins de détails sur la précision de ma vie, les noms, les dates. Toujours cette peur de me dévoiler. Se savoir lue transforme les mots et les thèmes abordés. Je voulais, il y a trois ans bientôt, à mon arrivée ici, faire de ce blog un "journal". Je trouvais merveilleuse cette formule proposée. Les lecteurs ne faisaient pas peur, ils peuvent juger mais ils sont loin, ils ne me connaissent pas, alors on est libre. Mais je me rends compte que finalement, leurs commentaires, leur simple passage sur mes pages modifie mes mots... On se veut pertinent, on veut le mot juste, celui qui fait sourire, on veut le succès. On veut tout ce que l'on a jamais recherché dans son cahier clairefontaine à grands carreaux qui ne s'adressait qu'à nous. Et pourtant, je m'écris à moi même.
Trois ans bientôt et déjà le sourire et la nostalgie en relisant certaines notes qui sont bien loin de moi. Les débuts avec Neb, certaines décisions qui ont fait prendre des virages à 180 °, les souvenirs de Whawha, les coups de gueules, les coups de fatigue...
Alors on continue à pousser la voix, on reste là et on aligne les mots, la fluidité de la vie, quoi qu'il en soit, même si on se sent toute petite sur cette toile qui recouvre la planète.












