jeudi 10 septembre 2015

L'autre bord.

J'écris de plus en plus, de mieux en mieux. Je ne parle pas forcément de la qualité, car je n'ai pas la prétention de bien écrire, mais je pars vers de nouveaux formats et je m'impose plus de régularité. J'ai opté cet été pour un journal en ligne. J'y note ce que je fais au quotidien, un vrai journal de bord : les faits, les constats, des traces, une mémoire, l'évidence. Je m'accorde chaque jour quelques minutes pour lister mécaniquement et objectivement tout ce qui s'est passé dans ma journée. La base. Mais je ne l'avais jamais fait, pas sous cette forme en tout cas. Plus jeune, il y a quelques années encore, j'écrivais dans un cahier, sans savoir m'y tenir au jour le jour. Puis plus le temps passait, plus cela devenait fastidieux et décourageant. Ce nouveau journal existe donc en ligne, il m'est accessible rapidement et je me limite à l'essentiel pour que ce soit facile. Je recense également chaque jour de petites idées positives, mes efforts et la satisfaction qui en résulte.

J'y vois à la fois l'outil et la récompense. Il m'impose de tenir mes objectifs puisqu'ils apparaissent là noir sur blanc (les écarts, les oublis, la nonchalance aussi, par la force des choses). Il est aussi satisfaction quand je peux y noter, toujours noir sur blanc, la réussite qui découle de ces exigences, mes petites victoires personnelles.

J'aime et j'ai toujours aimé l'idée de me transmettre à moi même, comme un cadeau pour plus tard, de créer du souvenir, de produire de la fidèlité.

Il reste cependant en "off", à l'état de brouillon, pour que je ne me censure pas, par peur d'être lue par des gens qui se reconnaîtraient, qui me reconnaîtraient. Rien de secret, juste toujours cette même peur de tronquer la réalité à se savoir observée. Je peux ainsi nommer les personnes, nommer les lieux et accéder à une vraie transparence. Et Diane reste là, en vitrine, pour tous ses états d'âmes, pour détailler des impressions, des critiques, des images. Elle reste celle qui s'arrête et qui regarde.

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jeudi 6 août 2015

Pourquoi est-il si difficile d'écrire ?

Journée de grosse chaleur. Je suis enfermée dans mon appartement, dans l'obscurité et le silence, seuls le ventilateur et la respiration des deux chiens produisent un souffle régulier. J'écris et je lis depuis ce matin. Gab est parti dans les montagnes pour y rejoindre sa famille pour quelques jours. Je ne tenais pas à l'accompagner, je crois qu'il a besoin de ce temps pour lui, j'avais besoin de ce temps pour moi. Je relis, au détour de mes divagations, un article que j'ai enregistré il y a des mois, sans avoir alors eu le temps de le détailler. Il évoque justement l'écriture. Comme une barrière, une souffrance. Écrire à mes yeux n'est pas souffrir.

Je ne m'impose pas de barrière (peut-être le faudrait-il pourtant pour aller vers plus de qualité, de but, d'exigences), et je vois alors l'écriture comme un guide, un tuteur, une ligne directrice. Elle me permet l'ordre et la lucidité, en cas de tempête ou de brouillard. Elle me permet l'évasion en cas d'ennui. Elle me permet le cadre de l'introspection en cas de chahut.

Je comprends bien sur les difficultés évoquées ci-dessous, celle surtout de la rigueur d'un médium qu'on ne maîtrise pas et qui effraie. Je le constate au quotidien dans mes classes : combien savent s'exprimer correctement, voire brillamment à l'oral, et perdent tous leurs moyens face à une feuille blanche ? Je voudrais, et cela se profile dans mes projets de vie nouvelle, trouver une place sérieuse à l'écriture. J'aimerais "travailler" avec elle et non plus simplement la transmettre comme une fin en soi : savoir écrire. Je voudrais transmettre l'amour que je lui porte et montrer comme elle peut être bénéfique, voire salvatrice. Dans le cadre d'une salle de classe c'est possible bien sur, mais limité. C'est pourquoi je cherche à réinventer mon métier. Des ébauches sont en cours et (compte tenu des difficultés que je rencontre en ce moment) pourraient bien se précipiter.

Récemment, avec des amis, j'ai réitéré l'expérience de l'atelier d'écriture (tenté il y a des années avec des inconnus alors, dans le cadre d'une association de loisirs). Ce fut très productif et poétique, les résultats sont allés bien au-delà de mes espérances, ce fut un très beau moment de partage et de créativité, composée à plusieurs mains. Une nouvelle date est d'ailleurs déjà arrêtée et j'en suis ravie...

Plus que jamais, je me cherche donc le courage de faire "de ma vie un rêve et de mes rêves une réalité". Et sans aucun doute, l'écriture y occupera une place centrale.

atelier6

 

"L’écriture ne sert pas seulement à s’exprimer ou
mémoriser. Elle suppose de mettre à distance la langue que l’on parle et d’oser se confronter au jugement d’autrui.

« Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire… », répète inlassablement le perroquet du bistrotier ami de Zazie, comme un encouragement à faire mieux. Faire mieux que parler, c’est par exemple écrire, mais un romancier comme Raymond Queneau en sait quelque chose : c’est nettement plus fatigant. Si lui-même n’a jamais fait état de soucis particulier de ce côté, beaucoup de ses confrères, dont Victor Hugo, Stendhal et Gustave Flaubert, ont avoué souffrir de la fameuse angoisse de la page blanche. D’autres se sont ligués pour dénoncer le mythe du poète inspiré, en répétant qu’écrire, c’est toujours du travail. Quant au petit Nicolas de René Goscinny, il trouvait tout simplement que « téléphoner, c’est rigolo », alors qu’écrire, « c’est embêtant ». Pourquoi est-il laborieux d’écrire ?


D’abord, évidemment, il y a un apprentissage à faire pour maîtriser les lettres et les mots, ou tout autre moyen graphique véhiculant du sens. Au bas mot, trois ans de travail scolaire acharné, avant de pouvoir envoyer sa première lettre au père Noël. À ce stade, les problèmes ne font pourtant que commencer : viennent la maîtrise de l’orthographe et l’art de composer un texte compréhensible, choses qui ne sont pas garanties à tout le monde. Même pour un adulte bien entraîné, voire pour un professionnel, se mettre à écrire est presque toujours envisagé avec une certaine appréhension, alors que soutenir une conversation avec des amis est plutôt une détente.

L’écrivain Jules Renard a laissé dans son journal intime un aphorisme célèbre : « Écrire, c’est une façon de parler sans être interrompu. » On ne peut pas mieux dire, et a priori, tout le monde préfère ne pas être interrompu. Mais ça n’a pas que des avantages. À moins de répondre à un QCM ou de rédiger sous la dictée d’autrui, écrire c’est se lancer dans le vide. Il faut avoir quelque chose à dire, et entrevoir dans quel ordre on va l’énoncer et par où commencer. Comme le souligne Michel Fayol, l’écriture est monologique : pas d’interlocuteur, pas d’interruption, pas de questions et pas de réponses. Il faut donc tout faire soi-même, sans être sûr du résultat. Sera-t-il correct et intéressant ? Pour tenter de le savoir, on se relit : tout scripteur est en même temps son premier lecteur. Est-ce vraiment conforme à ce que l’on voulait dire ? Est-ce vraiment cela que l’on aimerait que les autres comprennent ? Oralement, on peut toujours se reprendre, reformuler autrement. À l’écrit, il faut détruire et recommencer, à moins de tomber sous le coup de la remarque acerbe de Buffon : « Ceux qui écrivent comme ils parlent, quoiqu’ils parlent très bien, écrivent mal. »

Deuxième motif de difficulté : écrire demande de la concentration. Il y a plusieurs raisons à cela. La première est que la technique, qu’elle soit manuelle ou mécanographique, accapare une partie de l’attention. Mais surtout, elle impose une forte contrainte à la pensée. Nos idées peuvent venir en paquets, simultanément ou comme un flot sans interruption. Combien de fois avons-nous fait l’expérience que ce que nous imaginions vouloir dire ne pouvait pas se formuler tel quel par écrit ? L’écriture, elle, est strictement linéaire et scandée par des discontinuités entre les mots et les phrases. Il y a donc une pénible conversion à faire. De plus, sauf cas exceptionnel, nous écrivons beaucoup moins vite que nous parlons, et donc que nous pensons. Des spécialistes ont montré que nous faisions plus d’erreurs en milieu et en fin de mot qu’au début. C’est la conséquence de ce décalage : nous sommes déjà en train de penser au mot suivant alors que nous finissons d’écrire le précédent, et cela seul crée une fatigue pour la mémoire, exige un surcroît d’attention.


Une autre complication vient du fait que l’écriture est un monomédia, tandis que l’interaction verbale est un multimédia. Il s’agit donc de faire entrer dans un canal unique et étroit toutes sortes d’informations véhiculées à l’oral par l’intonation, le geste, le regard, l’expression du visage, la situation même que partagent les interlocuteurs. La parole est, dit-on, aidée par un contexte et s’appuie sur lui. L’écriture tend à perdre ce contexte et ne peut compter que sur ses propres forces. Si par exemple, je rédige une lettre d’excuses pour avoir oublié de rendre un livre à la bibliothèque, je dois dater, indiquer mon nom et développer des formules telles que « Monsieur ou Madame, je vous prie de bien vouloir excuser le retard avec lequel je vous retourne ce volume des Trois Mousquetaires, etc. » Suivent quelques prétextes fallacieux. Face à la bibliothécaire, je n’aurai qu’à prendre un air navré et tendre le livre en disant que « je suis un peu en retard ».


Les spécialistes de l’écriture savent à quel point cette difficulté n’a été résolue que très progressivement dans l’histoire. Les icones, les glyphes et les idéogrammes ont en général précédé les écritures logographiques, c’est-à-dire celles qui reproduisent la parole. Leur capacité à coder le discours était encore très partielle et leur usage limité à certains types d’inscriptions. Les systèmes logographiques ont à leur tour mis des siècles à se perfectionner en inventant la coupure entre les mots, la ponctuation, les guillemets, les majuscules, les parenthèses, etc. Tous ces éléments sont venus compenser le cruel appauvrissement qui affecte l’écriture par rapport à la parole : le point remplace le ton de la voix qui baisse, la virgule code un petit silence. Mais c’est encore incomplet. Bien des attitudes et émotions, qui affectent le sens, ne peuvent être exprimées que de manière lexicale : « Tu es parti il y a une heure », dit-elle, d’un air excédé. Le point d’exclamation existe, mais pas celui de réclamation. Conséquence : il faut presque toujours écrire plus que l’on parle pour dire la même chose.


Philippe Meirieu, auteur d’un petit ouvrage intitulé comme le sujet de cet article, souligne, lui, une autre facette intimidante de l’écriture. Il cite deux auteurs, Jean-Louis Chiss et Jacques David, qui résument bien la situation : « L’angoisse de la page blanche, la peur de faire une simple lettre, les réticences, affichées ou non, à remettre un travail écrit, sont autant de symptômes d’une difficulté à accepter que des propos soient irrémédiablement inscrits dans l’histoire d’une personne. » Comme dit le proverbe, « les écrits restent », et peuvent – et sont même destinés en général à – être lus par quelqu’un. Car, même si le scripteur n’a pas d’interlocuteur, il a en général un ou plusieurs destinataires, qu’ils soient connus ou inconnus. Sauf dans le cas des écritures purement mnémotechniques – listes de courses ou journal intime –, nous rédigeons avec l’inquiétude subliminale que ce quelqu’un comprendra ou ne comprendra pas, aimera ou n’aimera pas, jugera notre production, s’il ne s’en moque pas franchement. C’est pourquoi écrire, c’est s’engager, c’est produire des énoncés qu’à un certain moment on ne pourra plus changer et qu’il faudra bien montrer. Ce côté irréversible est, selon P. Meirieu, une source importante de difficultés face à l’écriture d’un texte tant soit peu personnel.


Reste que cette rémanence de l’écrit a été vue de manière très positive par les spécialistes de la « littératie », qui ont vu dans l’invention de l’écriture une véritable « révolution pour l’intellect », ayant eu un impact profond sur l’histoire de la pensée humaine. Selon Jack Goody, Walter Ong, David Olson et quelques autres, l’écriture ne fait pas que transcrire un message : en en fixant la lettre, elle met en évidence les imprécisions et les contradictions qu’il peut comporter. Elle rend donc comparables et critiquables des énoncés qui auparavant ne l’étaient pas. Par retour, l’écriture aurait donc contraint les hommes à plus de cohérence, de rationalité et de précision. Tout en soulageant la mémoire, l’écriture a donc apporté de nouvelles exigences de rigueur, celles-là même qui rendent la formulation d’un texte écrit plus coûteuse en réflexion qu’un propos oral.


À part cette peine, l’écrit a toutes sortes de qualités et d’avantages, dont le premier est de circuler indépendamment de la personne qui en est l’auteur. Cette caractéristique intéressante est aujourd’hui concurrencée par bien d’autres technologies, numériques, ou non, qui nous permettent de faire voyager la voix et l’image. On a donc pu annoncer le déclin programmé de l’écriture. Or rien n’est moins sûr : jamais on a autant écrit que depuis qu’Internet, le courrier électronique et les SMS téléphoniques existent. Face à ce phénomène, deux explications bien différentes sont fournies. L’une, teintée de critique, affirme que cette écriture-là n’est plus ce qu’elle était : les messageries, par exemple, avec leur capacité dialogique en temps réel, en feraient une sorte de bavardage écrit. Quant aux SMS, ils seraient la ruine de la langue et de l’orthographe.


Mais tout cela ne justifie pas qu’on les préfère. L’écrit a des propriétés que l’on oublie souvent de considérer : celles de maintenir une distance entre un auteur et son lecteur, d’autoriser la réflexion et de ralentir les interactions. P. Meirieu cite un exemple frappant : celui d’un adolescent qui préfère de loin laisser un petit mot à ses parents disant « ce soir, je sors. Ne m’attendez pas », plutôt que de leur téléphoner ou d’attendre leur retour. En l’occurrence, l’avantage est simple : cela évite une discussion. Cette prise de distance par l’écrit a de nos jours des applications beaucoup plus larges et visibles. Le 22 août dernier, le journal Le Monde consacrait un article au boom des SMS et autres messageries : 10 milliards par jour de messages sur Facebook dans le monde, 280 SMS par personne et par mois en France. Les adolescents en écrivent 83 par jour, 2 500 par mois. Interrogées, de jeunes personnes expliquaient que ce n’était pas par économie, mais par préférence : moins intrusif, moins stressant que l’appel téléphonique, le SMS est en quelque sorte plus poli et presque aussi rapide que la parole. Une maman lui reconnaissait même les qualités typiques de l’écrit : « À l’oral, je peux bafouiller, chercher mes mots. Par écrit, je prends le temps pour être bien comprise. » Après tout, il n’est pas si difficile d’écrire. On s’y fera peut-être un jour."


Nicolas Journet, Sciences Humaines

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Recherche de fraicheur.

Plusieurs mises à jours depuis ce matin : de nouveaux messages (dont certains ont été postés à la date où ils avaient été débutés, il y a bien longtemps déjà), des liens actualisés*, et même la création d'une page facebook, toute nouvelle, toute fraîche et même carrément vierge mais je compte bien alimenter en relayant des articles, des photos, etc...

courrier

*n'hésite pas lecteur de passage, à me faire découvrir tes propres lieux d'écriture, je suis à la recherche de nouveauté, de fantaisie, de fraicheur (c'est de saison ma p'tite dame). J'ai erré ce matin de lien en lien, guidée par l'hypertexte et le hasard, sans quête précise... Je crois que je cherche des mots miroirs, des idées symbiose, des pistes de convivialité. Si tu te reconnais, laisse un signe !

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vendredi 22 mai 2015

Ma poésie.


Fabrice Luchini : "Prenez conscience du miracle... par franceinter

La poésie serait la résonance (raisonnance) de certains monstres de la littérature avec nos petits vies. Je n'aime pas Luchini. Je n'aime pas sa voix. Je n'aime pas ses excès d'articulation qui se confondent dans des clapotis de salive. Je n'aime pas sa déclamation de "la" vérité et ses envolées lyriques. 

J'écoute pourtant ce matin.

Depuis hier, je cogne dans ma tête certaines idées. Certains mots. Rien à voir avec les siens. Et pourtant, il y a de l'écho. Pour une fois.

A propos de ma poésie. Celle que je cherche dans ma routine, celle de mon quotidien. Et je donnais à peu de choses près cette même définition. Ma poésie, celle qui m'appartient, peut être laide, peut être crue, peut être abrutie de clichés ou au contraire, échaper à toute règle et compréhension. Ma poésie est dans l'imperfections, dans l'instantané, dans le mouvement, dans la solitude, dans le vide.

Mais je la guète.

Je voudrais la représenter. L'écrire, la dessiner. Pour écrire, il faut vivre. Et vivre en grand laisse trop peu de temps pour écrire. Alors souvent, on laisse fuire certains moments, certraines images, certains mots. Ils ne s'écrivent pas, ils se vivent, et ils s'oublient. 

Je réalise que j'écris souvent dans ma tête, sur l'instant, perchée en équilibre. Puis j'accepte d'oublier. J'accepte car je n'ai pas le choix. Et tous les stratagèmes de petits papiers ou de carnets, toujours à portée de main, qu'on fourre dans un sac déjà trop plein de bricoles, ne permettent pas d'empècher cette fuite des mots et des idées.

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lundi 22 novembre 2010

Note ronde.

Et de mille !
Mille mots magiques.
Mille messages miroirs de moi-même,
et mémoires de moments, murmurés ici.
Mille mercis à vous tous de faire que cette magie dure.
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mercredi 27 octobre 2010

Graphomanie.

En cette période de confusion et d'égarement, je multiplie les mots. Comme des bouées qui me maintiennent la tête hors de l'eau, comme des tuteurs pour ne pas partir dans tous les sens, comme des boussoles pour 'indiquer le chemin. Je griffonne, je tapote, je liste, j'élabore des plans d'écriture. Je reprends de vieux projets laissés en friche et j'en imagine de nouveaux. Je raconte la réalité et la fiction. Et dans cette brousse verbale, j'en viens à me demander si je ne vais pas m'égarer.

Diane en particulier connaît les derniers temps une vraie renaissance, après des mois de présence en pointillés. Elle a d'ailleurs eu droit hier soir à un petit ravalement de façade ! J'y viens très volontiers quand le besoin de mettre de l'ordre dans des idées confuses se fait sentir. J'exige structure de la pensée et sincérité. Ensuite, j'ai l'impression d'y voir plus clair. Mais n'est-il pas finalement plus risqué de vouloir à tout prix tout verbaliser et donner du sens ? N'y a-t-il pas un danger à tourner en rond ainsi autour de questions auxquelles seul le temps peut donner des réponses ?

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lundi 31 mai 2010

De l'écriture et autres futilités.

Je n'écris plus. J'écris moins. Pas que je n'en ai pas le temps, car depuis début mai, mon emploi du temps s'est considérablement allégé. C'est surtout que je prends plus de recul. Je n'écris plus à chaud. Je laisse le temps filer, puis finalement, souvent, je ne juge pas utile de revenir sur certaines choses.

Il y a six ans, quand j'ai ouvert ce blog, chaque élément de quotidien m'interrogeait : n'y avait-il pas matière à écrire ? Aujourd'hui, la question se pose moins souvent. Elle reste en suspens. Puis j'écris ailleurs, comme je l'ai déjà dit souvent. Dans ce petit carnet aux pages jaunies. Dans la marge de certains documents. Sur des feuilles volantes.

Je dessine aussi beaucoup. Je ne sais pas d'où cela a bien pu me venir, mais je me plais à griffonner depuis quelques semaines sur des feuilles, des visages (ceux que j'ai en face de moi le plus souvent), des perspectives, des objets... Gamine, j'adorais dessiner en toutes circonstances, mes cahiers de cours étaient les supports parfaits. Je voulais devenir styliste. Je suis devenue enseignante et j'ai cessé de dessiner.

J'aimerais reprendre ici mes mots avec plus de régularité. J'atteins bientôt les mille messages et je ne voudrais pas voir ce "lieu" à l'abandon. Lui qui m'a tant de fois laissée dans le doute me procure pourtant beaucoup de satisfaction. Alors attendez-vous au retour de Diane !

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trousse

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mercredi 9 avril 2008

Rouge et jaune à petits pois.

Il y a ces matins où tout est plus difficile. D'abord, bien sur, il y a ces réveils trop précoces et de plus en plus désagréables. A cinq heures et demi, les gens normaux dorment. Plus moi. Je m'affaire trop machinalement à des tâches que mon corps effectue sans réfléchir. L'autre matin, j'ai passé un coton de dissolvant sur mes yeux, parce que je m'étais trompée de flacon. Mes rêves me poursuivent plus tard dans ce trajet en voiture que je fais machinalement, slalomant entre des camions que je ne vois plus.  Encore plus tard, le thé se dilue trop lentement dans ma tasse blanchâtre sous les néons de la salle des profs. Le grognement de la photocopieuse tend à me rendormir. Les gloussements puérils émanant des couloirs me fatiguent déjà. L'envie de dormir me terrasse. Mes épaules semblent trop lourdes.

Et ce matin, pourtant plus difficile encore que les autres, quelques minutes avant de rejoindre ma salle de classe, les mots sont revenus. Comme le printemps après l'hiver, comme le soleil après la nuit. Tout naturellement. J'avais voulu les chasser. J'avais voulu ne plus vivre à travers eux. Je voulais que chaque instant soit à l'état brut. Je ne voulais plus de ce filtre. Il avait fallu désenclencher les réflexes, chasser les mauvaises habitudes. Puis c'était arrivé. Ne plus voir en chaque instant les mots qui l'ont grattera sur la papier, les lettres que l'on tapotera sur le clavier. Je m'étais aussi posé trop de questions sur la valeur des mots ici, sur cette zone de dialogue qui n'en est peut-être pas une. Puis les questions se sont évaporées, laissant place à nouveau à la spontanéité.

Alors, me revoilà.

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lundi 14 janvier 2008

Words don't come easy.

main_dans_la_main

Parfois l'envie d'écrire se fait si évidente que les mots se bousculent et que je pourrais arrêter sur le champs les activités en cours pour mettre sur le papier ce qui risquerait de s'envoler. Mon carnet brun a d'ailleurs toujours sa place dans mon sac, pour les urgences que je griffonne à la va-vite, sur un coin de table.

Parfois, comme en ce moment, je me trouve ridicule à continuer à mettre des mots ici, sur ces pages jaunes et virtuelles. J'ai cette image de la gamine avec son carnet rose et je me dis que j'ai passé l'âge de plier ainsi devant ce phénomène de mode, qui passera peut-être, sans doute avec le temps. Et quand nous serons vieux, nous dirons, nostalgiques : "tu te souviens, j'étais jeune et con, je roulais à l'essence, je regardais Ruquier à la télé et je tenais un blog".

Parfois, j'ai envie de remettre les mots sur le papier, pour toujours, juste pour moi. Envie de sentir la plume griffer le papier, envie de plus de sincérité, besoin d'aller au fond des choses, de l'encre plein les doigts.

Parfois, je veux donner aux gens que j'aime, juste par les mots, sans parler. Laisser une lettre sur une table de nuit, un papillon de papier sur un pare-brise, un mail dans une boîte sûrement vide, une carte de voeux à quelqu'un que je n'ai pas vu depuis des années.

Parfois, je voudrais vivre sans écrire, arrêter de réfléchir, de chercher les mots qui collent aux moments, et vivre pleinement chaque instant.

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dimanche 21 octobre 2007

Ubiquité.

Je suis & , chez lui et chez elle, sans vraiment savoir où cela va mener...

                        ...Je suis aussi , où pour la première fois, je fais du blog quelque chose qui pourrait bien être utile...

... Je suis aussi , et toujours, puis même et ...

Et j'expérimente quelque chose qui ne fait que débuter ...
Inspiration gonflée par mes ateliers d'écriture.
D'ailleurs si la plume vous titille,
vous pouvez m'y rejoindre...

***
feuille_de_vigne_rouge


Parfois en attente, jamais vraiment laissés à l'abandon, ces lieux virtuels sont comme autant de zones de repos, de passage, de liberté : pour rire, se souvenir, imaginer, échanger, avancer. Vos mots y sont attendus...

Posté par Diane Groseille à 19:03 - - Commentaires [6] - Permalien [#]