main_dans_la_main

Parfois l'envie d'écrire se fait si évidente que les mots se bousculent et que je pourrais arrêter sur le champs les activités en cours pour mettre sur le papier ce qui risquerait de s'envoler. Mon carnet brun a d'ailleurs toujours sa place dans mon sac, pour les urgences que je griffonne à la va-vite, sur un coin de table.

Parfois, comme en ce moment, je me trouve ridicule à continuer à mettre des mots ici, sur ces pages jaunes et virtuelles. J'ai cette image de la gamine avec son carnet rose et je me dis que j'ai passé l'âge de plier ainsi devant ce phénomène de mode, qui passera peut-être, sans doute avec le temps. Et quand nous serons vieux, nous dirons, nostalgiques : "tu te souviens, j'étais jeune et con, je roulais à l'essence, je regardais Ruquier à la télé et je tenais un blog".

Parfois, j'ai envie de remettre les mots sur le papier, pour toujours, juste pour moi. Envie de sentir la plume griffer le papier, envie de plus de sincérité, besoin d'aller au fond des choses, de l'encre plein les doigts.

Parfois, je veux donner aux gens que j'aime, juste par les mots, sans parler. Laisser une lettre sur une table de nuit, un papillon de papier sur un pare-brise, un mail dans une boîte sûrement vide, une carte de voeux à quelqu'un que je n'ai pas vu depuis des années.

Parfois, je voudrais vivre sans écrire, arrêter de réfléchir, de chercher les mots qui collent aux moments, et vivre pleinement chaque instant.

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