Voilà quelques jours, j'ai enfin regardé Le dernier tango à Paris, film de Bernardo Bertolucci. J'avais adoré ses films les plus récents, en particulier Beauté volée dont la sensibilité des dialogues et des regards m'avait émue. Jérémy Irons est époustouflant dans ce film qui est pourtant passé presque inaperçu lors de sa sortie. Puis le fameux Little Bouddha, dont la poésie et les couleurs laissent des images inoubliables, tout comme Un thé au Sahara ou Le dernier empereur.

Alors, j'ai voulu le voir ce Dernier tango. Si peu d'histoire au début, tellement décousu qu'il est difficile de s'accrocher. Puis les éléments se raccrochent les uns aux autres. Eros rejoint Thanatos et on comprend mieux cette relation anonyme qui s'installe entre les deux protagonistes. Les images, en 1972 sont jugées pornographiques. Certains passages sont censurés, mais les mots n'en restent plus crus et c'est ce huis clos, cette "faille spatio temporelle" qui fait finalement de leur relation une exception, c'est là qu'est l'érotisme du film et non dans les scènes qui peuvent sembler choquantes. Ne rien savoir de l'autre et se couper du monde au point de ne plus pouvoir se retrouver dans sa réalité. Il y a chez ces personnages un détachement qui les rend attachant. La naïveté apparente de cette demoiselle, face à l'autorité de l'inconnu qu'elle retrouve. Une sorte de rite initiatique qui ne pouvait pas aboutir sur une relation dans la norme.

Comme dans nombreux de ses films, des images restent gravées. Certains regards, certains gestes. Et l'on en garde une ambiance, fascinante et effrayante.