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Diane Groseille
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13 septembre 2004

Youhouhou...

         Au dessus de moi, le ciel, le velux grand ouvert qui me laisse voler au dehors. Je parcours la pièce du regard. Encore les cartons. Les pièces à vivre sont installées mais cette pièce qui sera mon bureau est encore en chantier. Première fois que j'écris ici. Le temps file à une vitesse folle entre ces nouveaux murs. Tout reste à faire pour que ce petit nid douillet soit vraiment parfait.

Cela fait des semaines que je n'ai pas regardé la télé. J'ai envie ce soir d'un bon film. De me laisser bercer par une fiction. Qu'on m'embarque, qu'on me raconte des histoires. Mais mon histoire est ici, la réalité à plus d'importance et baigne dans une urgence permanente. Elle me rattrape. Je garde l'oisiveté pour plus tard et me laisse encore entrainer par cette exitation de gosse qui m'envahit si souvent les derniers temps, envie de faire de petits sauts sur place en poussant des cris de joie. Je me sauve.

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19 novembre 2004

Charlotte aux fraises

Je me souviens, quand j'étais petite, j'avais une poupée en tissu, juste sa tête était en plastique, une tête ronde avec juste un petit nez qui ressortait. Et le souvenir me paraissait étrange parce qu'il y avait un parfum avec... Et, il y a quelques semaines, j'ai vu dans les rayons d'un supermarché Charlotte aux fraises. Oui, il la relance, elle existait bien, une poupée qui sent la fraise (tagada, plus précisément) et ce souvenir était rangé dans un petit tiroir fermé à clé, mais y'avait quand même l'odeur qui s'échappait!
19 novembre 2004

Matin calme

                Grand soleil, mais d'où viens tu? On ne t'attendait plus. Ma matinée de liberté de la semaine, vivent les 35 heures (mouais, je suis à quarante, voire plus, mais bon, on s'accorde du temps, ça fait partie des bonnes résolutions)... Déjà un paquet de copies corrigées, un gros câlin, une bonne douche et une promenade avec la chien. Y'aurait du ménage à faire, y'a eu comme une bombe au rez-de-chaussée de notre maison-appart'. Disons les traces du pas-de-temps de la semaine écoulée. Y'a de la vaisselle collée dans l'évier et des épluchures d'oranges sur la table du salon, une couverture polaire bleue roulée en boule sur la canap' et ma jupe rouge qui traîne sur le parquet, des emballages en plastique et le balai sur un pan de mur qui attend qu'on se serve de lui, un meuble à monter et du linge à repasser, des journaux à découper et du courrier à classer... Décourageant. Dans une heure et demi, je me lance pour les quatre dernières heures de cours de la semaine...

Les cours sont intéressants en ce moment, les jeunes accrochent bien, si ce n'est quelques exceptions dont le niveau est vraiment trop faible (savent ni lire ni écrire). Les ambiances de classe sont bien maîtrisées (mis à part l'incident de mercredi soir, mais j'ai considéré ça comme un cadeau de la part de l'élève en question puisque je ne vais du coup pas voir sa tronche avant un moment, merci A., bien joué, j'aurais pas trouvé mieux). Il est toujours délicat de voir encore à cette période de l'année débarquer des nouveaux éléments, faut les intégrer, c'est pas évident. Quant aux collègues, faudra que je leur accorde un post rien qu'à eux un de ces quatre, ils le méritent bien, de vrais phénomènes, des clichés ambulants...

Ce week-end, faut impérativement que je mette en place cette crémaillère qui nous traîne dans les pattes depuis trois mois. Envoyer des invit', passer des coups de fil... On a laissé passer trop de temps, mais y'a tant de monde à prévenir.... Ce sera l'occasion de revoir ceux que je boude un peu depuis le déménagement faute de temps (toujours...).

30 novembre 2004

Jalousie.

Ma soeur Spö chez moi hier soir. Elle est en stage pas loin, elle veut éviter de tracer la route. Ma soeur est une future "maîtresse" (excusez-moi Messieurs Mesdames les instit's et les professeurs des écoles, mais je trouve que maîtresse c'est tellement plus joli)... Elle gère. Elle avait déjà une classe l'année dernière puisqu'elle était sur liste complémentaire. Hier soir, devant la télé (très bon film: les Evadés) elle reçoit un texto du frère, qui lui demande juste comment s'est passée sa journée. Juste ça. Elle me le dit, elle sourit. Je tourne la tête et se déclenche en moi une vague de jalousie. Maintenant encore quand j'y pense, je ne comprends pas pourquoi moi, je n'ai pas droit de temps en temps à cette complicité. C'est la première fois que je ressens ça vis-à-vis d'eux. Sentiment étrange, égoïste, futile et incalculable. Je m'en veux, je devrais être contente pour eux.
30 août 2004

Everything in its right place

Aujourd'hui, rentrée des classes. Un peu le vide dans le ventre au moment de commencer puis c'est parti, l'élan est donné pour l'année. Je découvre mes nouveaux jeunes. qui sont plus jeunes cette année que l'année précédente. Qui me semblent aussi intéressants. Mon programme semble au point, j'ai plus d'assurance. Mes "deuxiéme année" me semblent plus matures, z'ont pas perdu leur sens de l'humour, z'ont pas forcément retrouvé leur motivation non plus.

Puis je sors de chez le dentiste et même que j'ai pas de caries.

Et enfin, ce soir, je récupère les clés de notre nouvel appartement.

Une bonne journée. Il fallait bien ça après ce foutu mariage ce week-end: une horreur. J'ai compté chaque minute. 16 heures sur la route pour passer une demi-journée à faire des politesses, écouter des "alleluias" et des "mon seigneur fait que", et emballer nos chers mariés dans du PQ sous un parapluie pour rigoler (qu'ils disent). On a dormi dans la voiture, j'en ai pleuré de rage tellement j'ai eu cette affreuse sensation de perdre mon temps, mon argent, mes convictions, la confiance d'une amie, ma sincérité. Y'a rien de plus à dire. Plus jamais.

 

Hier, je me suis levé en suçant un citron.

Il y a deux couleurs dans ma tête.

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10 septembre 2004

Nouvelle vie

A peine le temps de quelques mots, dans cette nouvelle ville où je travaillais déjà. Mes cours reprennent dans un quart d'heure. Je prends doucement mes marques dans ces ruelles que pourtant je connaissais déjà. Maintenant, c'est chez moi, difficile de l'admettre, comme pour ce grand appartement. Encore l'impression d'être en vacances et que bientôt, je replierai mes bagages et je retournerai dans MON appartement... Il me faut juste le temps de l'apprivoiser. Les cartons sont presque vides, quelques piles de bouquins et de vêtements s'entassent encore. Whawha comprend pas tout non plus. Neb a repris les cours, maintenant, ça va filer et une tendre routine va s'installer.
26 août 2004

Cabin fever.

Envie de cinéma? Ouais, j'ai ce qu'il vous faut: le navet de l'année. Hier soir, je suis allée manger vapeur avec ma voisine Marie. Finalement, les plats vapeur étant hors menu, on a mangé classique chinois et c'était pas fameux. Mais je m'égare. On a voulu se faire une toile parce que dans la région, cette semaine, c'est 4 euros. Alors on est allées trainer devant les affiches. Puis on s'est décidées pour le truc pas trop cérébral, parce que les horraires correspondaient.

Jamais vu telle merde. C'est la première fois que j'entends une salle de cinoche glousser autant devant un film interdit au moins de 16 ans: Cabin fever.Du ketchup à gogo et du Q en-veux-tu-en-voilà, pire qu'une série B, le navet par excellence. A se demander si le réalisateur est conscient de sa connerie. Entre le gars, pour la petite anecdote du film, qui s'étouffe avec son harmonica et les coups de pelles dans la tronche, vous en avez pour votre argent. N'empêche, ça faisait longtemps que j'avais pas autant rigolé devant une toile.

7 juillet 2004

She's alive, ALIVE...

         Ouaip, enfin en vacances. Une légèreté tendance boule de gomme et marguerites. Je respire. Avec en moi tant de non-projets pour les semaines à venir ( note pour plus tard: faire la liste des choses que j'ai jamais le temps de faire). Une semaine ici avant de prendre la fuite dans le Sud pour rejoindre ma Mim' avec laquelle je vais passer une autre semaine. Ensuite, y'aura quelques jours dans les alpages et on trace sur la Corse avec Neb pour l'aventure, le rien-faire (traduire farniente, mais j'aime pas ce mot), la découverte et l'oubli. INSOUCIANCE.
6 décembre 2004

Et alors quoi?

201e post. Soleil éclatant. Plus personne ne lit mon blog. Passés les 200 posts, on intéresse plus les gens (si on les a déjà intéressés avant). Je parle seule. M'enfous, c'est chez moi ici, je fais ce que je veux. De toute façon, je cours acheter des mannelas, on fête la Saint Nicolas ce soir. J'ai mieux à faire (mieux???). Je ne veux plus te voir trainer ici...

 

Parler, c'est faire figure. Ecrire, c'est disparaître.

Pascal Quignard, extrait d'une interview dans Lire, septembre 2002.

 


 

14 octobre 2004

Une à l'envers, une à l'endroit

 Devant mon poste de travail, les yeux dans le vide, stylo rouge abandonné sur une copie, je détricote un rêve.

Ils sont plusieurs, dont moi je crois, dans une maison aux murs de verre, aux premières lueurs du jour, à préparer ce qui va se passer dans la journée. Y'a des relents de Star'Ac (que je ne regarde pas, donc allez savoir pourquoi) et de colonies de vacances. Y'a une personne imposante, autoritaire, un homme bien sur. Toutes les autres présences sont des femmes, soumises me semble-t-il.

Il y a quelques fils qui restent tricotés, je n'arrive pas à me souvenir et ça m'agace, comme de chercher un mot, l'avoir au bout de la langue et ne pas pouvoir le sortir. J'ai mon rêve au bout des yeux, mais il ne revient pas. Ce mécanisme me fascine.

14 octobre 2004

Au programme

        Du monde qui va circuler chez nous ce week-end. Ce soir déjà, Le Pooh et Nicotom, qui ne se connaissent pas du tout. Y'a moyen de se faire plaisir. Demain soir ma Marie ex-voisine. Et elle aussi, je suis très contente de la revoir. Puis ce week-end, les parents de Neb homme de moi qui viennent de loin et dont la venue m'enchante.

Petit à petit, je reprends contact avec le monde réel, je me resociabilise. Je ne suis pas qu'une prof!

5 décembre 2004

Boomerang

De retour chez nous. Pas aimé plus que ça les moments passés là-bas. C'est toujours agréable mais je me retrouve face à certains constats. Nous n'y étions pas allés depuis plusieurs semaines et je ne me sens plus forcément chez moi. Ma chambre est toujours ma chambre, mais c'est un désert sans vie, un musée de souvenirs, de bouquins poussièreux et de vêtements que je ne mets plus. Je constate que mes parents ne savent plus se parler sans crier, et ça en devient ridicule. On me confirme également qu'ils font chambre-à-part. La venue d'amis de Nancy a rendu heureusement cette journée festive et copieuse (curry d'agneau aux fruits frais). Ma mère a soulevé lors de discussions sur la violence mes épreuves de l'automne 2002. C'est comme si elle parlait de quelqu'un d'autre. Je ne veux plus y penser.

Puis la soirée d'hier a su respecter le rituel de la cérémonie des miss. Non, non, non, ma soeur et moi n'avons jamais été des petites filles modèles entourées de barbies et rêvant de prince charmant et de diamant (bien au contraire, on galopait dans les prés et on faisait des batailles de boules de terre). Nous ne nous collons donc pas aujourd'hui devant la télé en tant que frustrées-jalouses. C'est plutôt un regard de pseudo sociologue fan du kitsch et du cake qui planent autour de cet événement. Attention, on se prend très au sérieux et on établit de notre côté aussi une cérémonie à base de gourmandises en tous genres (truffes, langues citriques, chokinis et autres) et de statistiques pour émettre nos pronostics... Miss Normandie ne nous a pas déçues, elle était dans nos favorites dès le début...

Puis il y a eu cette secousse cette nuit. 4.5 parait-il. J'y reviens mais je suis toujours fascinée par tant de force. Je n'ai pas trouvé le sommeil et ma nuit a été agitée. Puis ce soir nous avons pris la route dans l'autre sens et j'ai eu droit à un bel éclair-flash dans ma direction alors que je passais sur une zone de travaux limitée à 70 km/h. J'étais en excès mais je ne sais pas si c'est moi où le véhicule devant moi. Va falloir être patient pour le verdict....

Maintenant, faut que je me mette sérieusement au boulot... Ces dimanches après-midi ont un sale goût de lundi matin....

12 octobre 2004

Je vis, et oui...

Oui, Pancake a raison. Je déserte. Je fais pourtant ce que je peux, mais je me fais courant d'air. Je suis bousculée par ma vie et j'aime ça. Certes, j'aimerais me poser. Oublier un instant cette course, mais ce ne sera pas pour tout de suite.

Je me souviens que mes premiers pas sur mon blog étaient un rien effrayants car je développais une dépendance fulgurante à cette forme d'écriture. Je suis soulagée d'avoir su prendre du recul. De ne venir ici qu'en touriste, poster quelques impressions passagères. Souvent, je me dis que tel ou tel fait mériterait bien un petit post, mais ma vie se fait plus urgente et j'oublie.

Bientôt chez moi à nouveau internet, du moins, je le souhaite...

12 juin 2004

Merci...

          Je constate que certaines personnes me lisent, et même qu'elles me recommandent dans leurs propres blogs. Je suis étonnée car, en toute franchise, je ne pensais pas que mes cogitations et mes petits commentaires pouvaient interesser qui que ce soit. L'objectif premier étant de mettre en ordre mes pensées, comme une sorte d'herbier après une balade, faut que je colle mes idées quelque part le soir ou le matin, mettre à plat mes émotions. Oui, bien entendu, je voulais qu'on me lise. De la même façon que moi j'aime entrer dans d'autres univers, m'imprègner de l'ambiance d'une autre vie l'espace de quelques minutes....
12 septembre 2004

Vue d'au-dessus

            Je reviens ici alors que je suis de passage chez mes parents. Je regarde ce blog avec un certain recul, comme après avoir passé trois semaines en vadrouille à l'autre bout de la France. Il perd de son importance, en devient presque futile (j'ai passé la barre des 10000 visites et ça me fait à peine sourire). J'ai toujours du mal à retrouver mes repères. Je me regarde d'au-dessus en train de courir dans tous les sens, monter descendre, m'essouffler...

Hier, état des lieux de mon ancien chez moi. Ju, l'ami de ma soeur a emménagé l'après-midi même et dans la soirée (après une course folle à la recherche d'une penderie et autres babioles), je les ai tous retrouvés là-bas pour une crémaillère au milieu des cartons. Drôle de se retrouver là-bas. Neb homme de moi est rentré chez nous, il était mort de fatigue et avait mal aux dents. J'avais pour ma part besoin de cette transition pour bien comprendre que c'était plus chez moi. Puis j'avais besoin de me perdre un peu dans l'alcool d'une soirée de délire pour mieux me retrouver. Et j'ai retrouvé aussi ce goût de séduction que Boucle d'or ne parvient pas à effacer dans ses canettes de Kro. Jamais je pense que je ne saurais ce qu'il pense vraiment de ça, s'il a des regrets. Puis Ju aussi, c'est pareil pour lui. Il sont les deux personnages les plus lâches que je n'ai jamais rencontrés. Alors il y avait tous ces non-dits et on fait comme si RIEN. C'est vrai que c'est si peu.

Puis on a joué à un jeu dont j'ignore le nom et dont le but est de connaître l'autre et de pouvoir imaginer ses réponses. Quelques jolies révélations. Je me suis endormie sur le tapis du salon après avoir vidé un dernier canon accompagné de pain et de fromage.

Le week-end prend déjà fin. Attaquer une nouvelle semaine. Encore un peu du mal à gérer le temps plein, mais maintenant que le déménagement est terminé, tout va être plus facile.

JE SUIS, vue d'au-dessus, PLUTOT HEUREUSE, même si un peu perdue encore. Et j'aime Neb homme de moi très fort.

 

12 juin 2004

Liste au père Noël

   OUI? JE SAIS, c'est pas l'heure, et alors?! Quand on me demande à Noël, je ne sais jamais que répondre.... Alors, comme ça, je me prépare... Père Noël, j'aimerais:

  • Une machine à laver (avec quelqu'un qui est très très fort et qui me la monte au 5eme) paske j'en ai marre du lavomatic ou de la machine des parents.
  • Un nouveau canap' paske le mien est défoncé.
  • Une coupe de cheveux. Sont trop longs et commence à faire chaud.
  • Quelques semaines de vacances en plus pour avoir le temps de faire tout ce que j'ai jamais le temps de faire*.
  • Une culotte de zèbre, je peux plus voir ma culotte de cheval, besoin de changement. (Ohhhhhhh, je suis exigente là, y'a pas de drame, pour ça, on attendra).
  • Une nouvelle garde-robe (p... !Ce que je suis cliché comme fille, on me met face au père Noël et je suis pas fouttue de trouver autre chose que ce qu'on tente de nous refourguer à tout va dans les magazines pour donzelles!!!)
  • Un nouveau job, le job idéal dont je parlais plus bas.
  • Un dos qui tient le coup. J'ai toujours pas trouvé le SAV pour le mien.

                         Je cherche, mais je vois rien de plus pour le moment père Noël et je me dis que finalement, j'ai vraiment pas de quoi me plaindre, je suis heureuse et j'ai tout ce qu'il me faut...

          [LISTE POUVANT ETRE COMPLETEE A TOUS MOMENTS]

* objet d'une prochaine liste: tout ce que j'ai jamais le temps de faire... Je l'avais jamais dit? J'adore faire des listes, ça me rassure, me demandez pas pourquoi.

12 juin 2004

Je suis qui au fait, moi?

          C'est vrai, j'ai pas vraiment pris le temps de me présenter. Je suis arrivée ici, j'ai trouvé ça plutôt douillet et je me suis installée comme si y'avait personne autour alors que niveau voisinage, ça ressemble à une plage de Saint-Trop' un jour de juillet. Ceux qui lisent comprennent pas tout. Je pourrais dire "je m'en fous, je n'écris pas pour les autres", mais si c'était le cas, je me contenterais de quelques pages sur word.... Alors je vais essayer d'être polie et de dresser au fil des jours un portrait de moi à travers mes posts en donnant davantage de détails sur ma vie. On arrète de la jouer perso!

          Si j'en viens à ça, c'est parce que j'ai déjà eu de nombreuses questions sur mon emploi, qui, il faut le dire, me perturbe les derniers temps. Je ne suis pas prof de français. Je suis formatrice indépendante. J'enseigne plusieurs matières, à plusieurs niveaux et le domaine d'intervention numéro un est la méthodologie. Et forcément, comme je le fais remarquer à Nushy, dans cette polyvalence, je n'atteins aucune perfection. Je touche à tout. En ce moment, j'enseigne effectivement le français, l'histoire et la géographie, mais dans le cadre particulier d'un établissement privé à enseignement spécifique (j'entrerai pas dans les détails). J'ai jamais voulu passer de CAPES ou autre diplôme qui m'aurait ouvert les portes magiques de l'éducation nationale. [Je sens le coup de gueule qui revient] En effet, je ne vois pas l'intéret de trimer plusieurs années sur la préparation d'un concours qui va vous envoyer loin de votre chère région le temps de faire vos preuves sur un poste en ZEP que personne ne veut. Je ne vois pas l'intéret d'emmagasiner des connaissances en ancien français ou en latin pour faire la flicaille dans une classe de 5eme parce que les parents ne savent plus ce que signifie l'éducation, et n'ont même plus aucune notion de ce qu'est la politessse et que, du coup, les enfants se fondent dans un moule. Je ne veux pas être dépendante du ballets incessants des changements de gouvernements qui s'accompagnent de réformes plus novatrices les unes que les autres, pondues par des gens qui n'ont jamais vu à quoi ressemblait un élève de 4eme. Non, je ne veux pas des presque quatre mois de vacances. Je ne veux pas non plus entendre les syndiqués en salle des profs râler à longueur de journée parce que le rectorat ou le ministère sont "que des cons". Je ne veux pas travailler aux côtés de gens blasés, planqués, frustrés, qui ressortent chaque année les mêmes photocopies et qui comptent leurs jours jusqu'à la retraite. Je ne veux pas considérer les élèves comme une "classe", mais comme des individus, qui ressentent des choses, qui ont une vie en dehors de la salle dans laquelle on intervient.

[Je souffle]

               Alors, j'enseigne un peu partout. Mes journées ressemblent à un puzzle dont je cherche les pièces aux quatre coins du département. Si je parle si froidement de l'éducation nationale, c'est que j'y ai fait des remplacements plusieurs années (et j'y ai rencontré des gens géniaux, contrairement à ce que les lignes là-haut pourraient laisser entendre). Maintenant, j'ai donc un poste dans un établissement un peu particulier, à mi-temps. Et je donne des cours à des jeunes en rupture de scolarité, pour raisons médicales ou psy. Je donne des cours particuliers classiques aussi. Et j'aime beaucoup le rapport qui peut se développer dans ces conditions: la confiance et le respect (que l'on peut obtenir dans une classe aussi bien entendu). Je fais en quelques sortes ce que des gens ont cru inventer il y peu de temps et qu'ils ont baptisé coaching (z'auraient pas pu trouver un mot français). J'encadre des enfants, des jeunes et des adultes, je leur redonne les moyens de se sentir en confiance. Cours de methodo, d'expression orale, écrite, cours de théâtre, etc... Mais je recherche toujours autre chose. Ma quète? Un établissement, un contexte, dans lequel l'enfant, le jeune, est considéré comme une personne et non un pion, avec tout le potentiel qu'il peut avoir, tant emotionnel que manuel ou intellectuel. Un contexte dans lequel le prof n'est pas considéré comme celui qui fait règner l'ordre et qui applique des règles, mais comme quelqu'un qui transmet un savoir, dans un cadre de respect et de partage ("j'ai aussi quelque chose à apprendre de vous, je ne suis pas Dieu").

           Je ne crache pas sur le systême scolaire actuelle (quoique...). Il est ce qu'il est et j'ai rencontré des gens merveilleux qui avaient réussi à y trouver leur place et à s'y épanouir. Je trouve juste que ce n'est pas ma place et que ce systême n'est pas adapté à beaucoup, dont on ne tient pas compte et qui vont être catalogués "échec scolaire". Aujourd'hui, du haut de mes 26 ans, je cherche donc à m'épanouir. Le cadre dans lequel j'évolue actuellement ne me le permet pas. J'étouffe. On me demande de mettre à execution un règlement carcéral avec lequel je suis en total désaccord. J'assiste tous les jours à des scènes de conflits entre élèves et "supérieurs" pour des raisons de discipline ou d'autorité. Les cris me fatiguent. Et je suis presuadée que cette ambiance n'est pas de la responsabilité des élèves (dont l'éducation est bien souvent "en pointillé") mais bel et bien celle de la direction.

          Alors pour le moment, ça continue encore et encore, c'est que le début d'accord, d'accord.

       

9 juillet 2004

La pression redescend

               Deuxième journée de vacances écoulée. Mmmhhhhhhhhh, c'est bon de ne rien faire. Une douce torpeur me suit toute la journée. Je me pose, je m'endors. Plus de chrono, plus de timing, aucun emploi du temps à respecter. Je laisse filer les premières heures, le temps de laisser toute cette pression redescendre. Après ce week-end, j'organiserai les semaines à venir...

Aujourd'hui, Neb homme de moi m'a offert un maillot de bain rouge, très joli. Et mon corps dans cette cabine d'essayayge se voit transposé sur les blanches plages de Corse. Le soleil est au bout de nos doigts. Même si les nuages d'automne s'accrochent au-dessus de nos têtes depuis trois jours. Puis, je vais jouer la fille et dire que je trouve que j'ai pris du Q, juste pour que ma conscience ne sois pas si légère que ça...

Elle n'est pas si légère que ça. Les résultats de mes analyses ne tomberont pas avant quelques semaines. Je ne dois pas m'inquiéter, mais parfois, mon ventre se noue et je me dis que je suis stupide, que ça ne sert à rien....

16 juin 2004

Susceptible S...

          Bon alors.... Je suis amusée. Par un commentaire de quelqu'un réagissant à un de mes posts (concernant mon ami Cauet) et qui se dit lui même amusé. Je suis sceptique. La violence de sa réaction ne traduit en rien de l'amusement. Je croyais que le blog était un lieu de libre expression et je ne comprends donc pas vraiment qu'on se froisse si facilement, surtout pour si peu, on peut se voir contrarié tout au plus, mais vexé comme un pou... Oui, ça me fait sourire. L'anonyme S. me traite de frustrée bien-pensante puant la démago et de pseudo intellos à 2 balles. Pourquoi pas. Je m'en défends avec le sourire, à moitié en fait, à quoi bon?! Je réfléchis depuis le début à l'intéret de l'écriture ici, j'en viens à me poser de sérieuses questions. Mais ce ne sont pas ce genres de remarques qui m'apporteront les réponses... Et je souris encore quand je repense à Nushy et son fameux Lent feu... Oui, je souris...

12 juillet 2004

Arrêtez de fumer!!!

                 Non, je ne fais pas la morale, je cherche à faire réagir les gens. Je lisais ce week-end un édito d'Alix de Saint André dans l'Express à propos de la cigarette. A lire à tout prix. Parce que NON NON et NON: on ne prend pas 10 kilos quand on arrête de fumer, on ne stresse pas comme un(e) barjo, on est pas insupportable (à moins qu'on ne l'ait déjà été avant), on ne tombe pas dans un gouffre de désespoir, on ne consomme pas des anxiolytiques par boîtes de 40 et on ne devient pas un héros (à moins que ce ne soit l'image que l'on cherche à donner). Il n'y a rien de lâche et il n'y a rien d'héroïque dans le fait d'arrêter de fumer: simplement, on se rend compte.

 Je trouve incroyable qu'on laisse paraître un article aussi décourageant pour toutes les personnes qui souhaitent arrêter de fumer. Je ne cherche pas à faire un discours pompeux ou moraliste. Je parle juste en connaissance de cause et je ne suis pas une "survivante". J'ai arrêté de fumer en septembre 2002, à la suite d'un accident de voiture (que je relate ici-même d'ailleurs) que j'ai mal vécu. On m'a alors dit que le moment était mal choisi pour entreprendre ça... Parce qu'il y a un moment? Réfléchissez bien, ce n'est JAMAIS le bon moment.

Je fumais alors un paquet de 30 cigarettes par jour et ceci depuis une dizaine d'années (oui, j'ai commencé très tôt) et j'étais la première à dire que je n'avais aucune envie d'arrêter de fumer, que je ne serai pas malade et que j'avais largement de quoi de payer ce que certains qualifiaient de "briques" (à cause de la taille des paquets). Puis soudainement, j'ai réfléchi. Je venais de passer à côté de la mort  (oh! grand mot qui ne vous percute pas si vous ne l'avez pas un jour tutoyé). J'avais furieusement envie de vivre. Et je ne comprenais plus à quoi "rimait" ce geste que je reproduisais plus de 30 fois par jour. J'en étais au stade de m'allumer une cigarette alors que j'en avais une aux lèvres. J'ai décomposé le mécanisme dans ma tête. Le cylindre qui roule entre les doigts. Le filtre que l'on pose sur ses lèvres. Le briquet qui entre en contact avec la cigarette. La fumée qui entre dans la bouche, descend dans la gorge, emplit les poumons. Où est la DEPENDANCE? Uniquement dans le geste.

J'ai voulu chercher plus loin. J'ai trouvé en bibliothèque un livre qui m'a fait plus que sourire, j'ai éclaté: La méthode simple pour en finir avec la cigarette. La quatrième de couverture annonçait qu'il n'y avait aucun stress, aucune prise de poids, aucune déprime en vue. Je restai sceptique. J'ai lu, en entier. Et au moment où je lisais la dernière page, j'écrasais ma dernière cigarette.

Je ne fais aucunement de publicité pour l'auteur de ce livre (il n'en a pas besoin), je n'ai rien à gagner. Sa méthode fait prendre conscience de notre lavage de cerveau (si si!), il n'y a aucun miracle. C'est un lavage de cerveau à l'envers. La dépendance physique est quasi inexistante. Tout est dans la tête. Et le type d'article que produit Alix de Saint André alimente cette idée universelle selon laquelle nous ne pouvons nous passer de la cigarette. C'est faux. Il suffit de comprendre que nous n'en avons pas besoin. Elle n'est pas vitale comme le sont l'eau, l'air, la nourriture.

IL N'EST PAS QUESTION DE VOLONTE, IL S'AGIT D'OUVRIR LES YEUX.

A l'heure actuelle, je ne fume plus. Je n'ai pas pris un seul kilo et ce fut un véritable bonheur que de cesser cette merde. J'ai retrouvé le goût des aliments (vivent les groseilles), l'odeur de parfums qui m'étaient devenus inconnus depuis presque dix ans, un souffle incroyable... J'ai failli retomber dans le cercle vicieux puisque j'ai fumé pendant un court laps de temps des beedies, pensant retrouver le geste sans retrouver le vice. Je me suis vite rendue compte que le processus était le même et j'ai laissé tomber du jour au lendemain. Aujourd'hui, je n'ai plus aucune envie de cigarette et pourtant Neb homme de moi fume (que je n'aime pas les bisous goût tabac!)

Rien ne doit vous freiner. Je ne fais de pub pour personne, je ne parle au nom de personne, je veux faire ouvrir les yeux: c'est facile, c'est évident. Et fumer tue.

 

 

27 juin 2004

Marmelade.

            Je souris. Quelques jours que je ne suis pas venue ici. Je consulte les entrées et je constate que beaucoup de personnes arrivent sur ce blog en pensant y trouver les nombreuses recettes qu'ils pourraient faire avec des groseilles. Non, je ne suis pas une Maïté de la groseille, loin de là, pas de confiture, ni de tarte, ni même de gelée. C'est vrai que c'est la saison. A la saint Jean, on fait des feus, les journées sortent les rallonges et on mange des fruits rouges à volonté. Toute ces personnes là ne viendront plus sur mon site dès l'été passé. Faudra que je change de nom... Diane Chataigne, ou Diane Pain d'épice, Diane Potiron...

          Week-end festif qui s'achève. Beaucoup de son, beaucoup de bière et beaucoup de têtes que j'avais pas vues depuis longtemps. J'ai pas donné autant d'importance à ça que ça avait pu en avoir les autres années. Neb et moi nous sommes couchés plus tôt. Avons traversé les champs. Maintenant coup de blues. Pas envie d'en dire plus;

17 juin 2004

Jeudi rose

                 Alors voilà que mon avenir se précise. Réunion hier. On nous parle de l'année prochaine. Mon temps plein est presque assuré mais ils ne peuvent pas faire de promesses. J'envisage de plus en plus sérieusement ce déménagement qui, s'il doit avoir lieu, aura lieu cet été, donc va falloir se décider. Je me sens à un carrefour. Avec plein de nouvelles choses devant et c'est toujours excitant. Neb m'assure un retour pour vendredi, ça ne fait qu'une semaine de plus que ce qui était prévu. J'ai tellement besoin qu'il revienne. Addict.
15 juillet 2004

Bip bip Je ne suis pas là pour le moment, mais vous pouvez me laisser un message bip bip bip

Départ prévu pour demain matin. Dernières lignes ici, au grand plaisir de mon Watterman qui me trouvait bien infidèle les derniers temps. Je ne sais comment je vais pouvoir me passer de ma consultation plus que quotidienne de mon blog... Sans doute en sirotant un cocktail sur la plage avec mon Neb... On se rassure comme on peut.

Je passe d'abord quelques jours chez Mim' comme c'était prévu. Ce fut d'ailleurs un sujet de discorde il y a quelques heures avec mon homme de moi. C'est la première fois qu'il vit une relation si intense et de mon côté, je ne veux pas reproduire les erreurs déjà commises. Après, c'est toujours difficile de faire marche arrière. Il est même sorti prendre l'air tellement l'ambiance ici devenait oppressante. Puis l'est revenu et on s'aime toujours...

Ces vacances m'angoissent un peu. Parce qu'il y a toutes ces histoires d'appartement et de déménagement en vue, parce que je ne roule pas sur l'or, parce que je vais découvrir mon homme de moi dans un autre cadre, un nouveau contexte, parce que le retour voudra déjà dire rentrée... Mais qu'elle est conne. Elle se barre trois semaines et elle trouve le moyen de chouiner.

[ peut-être homme de moi emmène son Mac. je pourrais alors relater mes escapades]

15 juillet 2004

Rêve de gosse

  Quand j'avais une quinzaine d'années, je répondais à ceux qui me demandaient ce que je voulais faire quand je serai grande: "j'élèverai des chèvres en Ardèche!". Provocation d'ado, mais aussi réel rêve de baba qu'a raté son époque de quelques décennies. L'été dernier, je l'ai passé en Ardèche, deux mois, avec des gosses de banlieues, à crapahuter dans les gorges pour les épuiser et pour leur laisser de bons souvenirs. J'ai craqué: la nature sauvage et l'état d'esprit...

Et si je plantais tout: job, appart', et projets ici, pour réaliser mon rêve de gosse: une bâtisse de vieilles pierres claires sur les collines, avec la rivière en contrebas et de grands arbres autour, un petit troupeau de bics, de quoi vendre quelques fromages au marché du coin, un potager et un petit verger, et un poste de prof pas trop loin...

18 juin 2004

Anecdote

              Neb rentre ce soir. Encore quelques heures de cours d'ici là, sept. A gauche à droite. Puis il fait chaud, déjà si tôt. Je suis contente de ne pas passer la journée ici, marteau piqueur dans la rue. Après, ce sera le week end et je compte bien prendre l'air. Mes journées toutes pareilles me blasent. Rentrer le soir, ne plus avoir le temps de mettre le nez dehors parce qu'il y a encore 70 copies à corriger... Faut que l'année prochaine, où que je travaille, j'aménage mon emploi du temps de façon à me retrouver encore le soir: piscine, bibliothèque, cinoche, balade, lecture... Faudra faire preuve d'un peu de motivation aussi... J'ai presque plus le temps de lire. C'est pas que corriger mes copies soit si chiant, j'aime mon job malgré le peu de motivation des élèves. J'aime enseigner, mais il me faut plus de temps pour moi.

              Tout à l'heure, je marche dans la rue avec Whawha. Une femme s'approche de moi, je la vois qui marche droit sur moi avec un air très faché. Elle marche vite. Je me dis, mais qu'est ce que j'ai bien pu lui faire??? Elle arrive juste devant moi et me dit, toujours en me regardant droit dans les yeux: "ohhhhhhh oui, oh ben c'est facile ça!". Je reste la bouche ouverte. Elle me contourne et monte dans sa voiture qui était juste derrière moi et je vois à ce moment là qu'elle a un kit main libre et qu'elle est au téléphone. Ridicule.

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Diane Groseille
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