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Diane Groseille
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18 juillet 2007

Machine à remonter le temps.

Petit patchwork de mon voyage dans le temps effectué hier soir.

Le premier, sans doute le meilleur, Clémentine, qui gagne à être connu. J'étais une toute petite fille et la bulle me fascinait vraiment. Curieusement, à chaque fois que j'entends ce générique, j'ai l'odeur d'une poupée Charlotte à la fraise qui me revient...
Generique Clémentine
envoyé par baddak

Winnie et sa forêt des rêves bleus à plus ou moins consolidé ma géographie enfantine. J'ai longtemps cru, à cause du réalisme des personnages que cette forêt existait quelque part. Avec un Jean Rochefort assis dans un fauteuil de Grand-mère qui passe ses journées à raconter des histoires.

Winnie L'ourson - Generique
envoyé par hakim93200

Punki était alors le symbole de la liberté, de ce qu'on pouvait faire sans risquer d'être puni puisqu'elle le faisait à la télé. J'avais un chien qui ressemblait à Bandit, mais pas les chaussettes multicolores qui allaient avec.

PUNKY BREWSTER
envoyé par GREG1205

Curieusement, le générique, quand je l'ai revu hier soir, a fait naitre en moi des sensations de sécurité et de douceur, d'insouciance et de plénitude. Pourtant, je n'ai pas souvenir d'avoir apprécié plus que ça les Bisounours, mais ça doit correspondre à une époque, à un univers.
 

Les Bisounours
envoyé par donbanania

Petite perle collector, si quelqu'un se souvient de foofur, qu'il se manifeste au plus vite...

Foofur
envoyé par GREG1205

Jayce et les conquerants de la lumiere
envoyé par dantyZ


Village Dans Les Nuages
envoyé par goldywilson


Remi Sans Famille
envoyé par goldywilson

Je retrouve avec émotion les petits bruitages de Tom sawer, et j'écoute le générique d'une oreille bien plus critique, "c'est l'Amérique, le symbole de la liberté",  "il n'a peur de rien c'est un Américain", z'avaient pas honte de faire de la propagande auprès de gamins de huit ans ?

Je pense Nils figure aussi parmi mes préférés, c'était pour moi une sorte de fantasme quand j'étais petite : être minuscule. Ainsi, les minipouce trouvent égalzment très bien leur place dans mon palmares. J'ai d'ailleurs des souvenirs très précis des jeux fascinants que ces dessins animés m'inspiraient...
Nils holgersson et les oies sauvages (generique)
envoyé par Settlersman


Les Minipouces
envoyé par ninoudesiles


Les Maitres De L'univers
envoyé par donbanania

Et le fameux délire des animaux qui parlent, alors ça, c'est encore meilleur que tout le reste...

LES TROIS MOUSQUETAIRES
envoyé par GREG1205


 


Sherlock Holmes
envoyé par doug321

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11 juillet 2007

Bonnes ondes.

Dans le brouillard depuis vendredi
et pas seulement à cause de la météo
Encore une sortie ce soir
et tellement de projets en vue
pour faire en sorte de rattraper cet été
le temps perdu, oublié ou sacrifié,
le temps trop court, le temps qui court...

Ici bientôt,
et ailleurs aussi,
plus de mots, des images
un retour.

8 août 2007

Hors saison.

Rentrés dans la nuit de lundi à mardi.
Mes cuisses et les épaules dorées me permettent de savoir qu'il y a quelques jours encore j'ai profité du soleil.
Depuis, c'est le déluge, un été pire qu'un automne.
Je trie des papiers, je tombe sur les traditionnels vieux souvenirs.
Demain nous allons treminer la peinture de l'appart'.
On traine, dedans, alors qu'il faudrait profiter du dehors.
C'est sinistre comme un dimanche soir après un week-end creux.
Pas de nuances.

Nos huit jours aurons été futiles à souhaits.
De l'eau, de l'air, la vie.
Peut-être juste cette impression
trop pesante parfois
d'être à nouveau une gamine
ou en tout cas prise comme telle.

10 août 2007

Optimiser, positiver.

Révélation qui simplifie la vie,
C'est si simple que je me demande pourquoi
je n'applique pas ce concept depuis ma naissance :

Faire les choses quand on y pense.
Comme ça, c'est l'évidence, mais je vous assure que c'est révolutionnaire.


Alors voilà à quoi on pense quand novembre se pointe en août :
De nouveaux concepts pour optimiser le temps*.

Pour exemples :

  • Répondre aux courrier, aux messages et aux textos quand on les reçoit pour ne pas se brouiller à cause de ceux qu'on oublie et pour éviter les rappels de factures qui ressemblent à des menaces de mort.
  • Cesser les listes à ralonges qui procurent une certaine bonne conscience parce qu'on a l'impression que ce qui est sur le papier est fait au moins à 50%.
  • Corriger les copies quand on les ramasse pour les corriger mieux et oublier la technique de l'urgence (=stress, frustration et approximation).
  • Rentabiliser une semaine de vacances, ou même une journée de repos pour ne pas se retrouver à la dernière minute à se dire que finalement on a pas fait grand'chose.
  • Ranger les papiers au jour le jour, avoir un bureau organisé (ma maison, c'est ma tête, si c'est le bronx, je suis perdue) pour éviter les fouilles archéologiques le jour de la déclaration d'impots.
  • Idem pour le repassage, la technique au jour le jour devrait éviter les pyramides textiles qui demande une demi-journée devant la table à repasser....

... Tout ce qui devrait au final permettre une vie plus sereine et plus calme, avec finalement peut-être plus de temps pour des choses vraiment épanouissantes, surtout quand on veut cumuler autant que moi (nouvel emploi du temps à nouveau bien serré à la rentrée).

Verdict après application.

* Tempus fugit, drame de ma vie.

7 mars 2007

Il était une fois...

Un peu blasée par la toile. Fut un temps, je prenais un certain plaisir à me lever tôt, à boire mon thé devant mon écran, à lire certains blogs dont j'appréciais les mots, immuables, justes. Puis tout s'effiloche. Nombreux sont ceux qui mettent les voiles. Il est de bon ton en ce moment de se faire désirer. De mettre ces pages virtuelles entre parenthèses. Voire de clore définitivement une virtualité, au nez de tout ceux qui avaient su s'y attacher. Je ne retrouve plus les mots que j'aimais tant. Ni la régularité. Rien ne me permet cependant de m'en prendre à ces personnes que j'ai toujours appréciées. Elles ont choisi la liberté, jugeant souvent le blog trop étouffant. Mais parfois, je me retrouve orpheline...

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24 février 2007

Les mystères de la toile.

Je vous en ai parlé chers lecteurs, il y a quelques temps déjà, certains se sont offusqués de ma question, me répondant que ces jeunes gens avaient droit à un lien vers mon blog... Mais il n'y a aucun lien, et aujourd'hui, je reviens à la charge, car c'est reparti, l'invasion des skyblogs ! Quelqu'un aurait-il une réponse ?    

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                
AccèsProvenance
1jerome0169.skyblog.com/
1tchernobylpictures.murder2000.com/liens_amis.php
1www.modia.org/pageiran4.html
1www.prolea.com/index.php?id=3093
1www.baseballquebec.com/jo/turin_resultats_bobsleigh.html
1rronaldinho.skyblog.com/
1www2.rfc1149.net/gallery/Hanoi/dsc04080
1un-dos-tres1887.skyblog.com/
1miss-morocco77.skyblog.com/3.html
1www.esl-france.com/script/Telechargement/tarifs.asp
1www.apple.com/downloads/macosx/submit/
1www.hallyday.com.fr/Son/Chante/fanvie.html
1homepage2.nifty.com/yokyou-shop/
1www.plain-pied.com/A_MV/contact.php
16emenonsens.over-blog.com/contact.php
1www.pjlhwh.com/vr2/index.asp
1lalandelle.free.fr/scout.htm
1melinda6205.skyblog.com/6.html
1davina62.skyblog.com/4.html
1breakeuse6901.skyblog.com/6.html
21 mars 2007

Mikado.

Fatiguée, plus le temps de grand chose.
Tajets en voiture.
Heures de cours.
Souvent huit-dix heures de suite.
Manger-dormir.
Au radar.
Les jambes avancent toutes seules.
Je crois que je passe à côté de moi même,
et parfois,
dans la journée,
mes yeux aimeraient juste se fermer.
C'est un peu trop.
Besoin d'une pause.

7 mai 2007

La bonne idée du jour.

Pour ceux qui ne connaissaient pas encore,
un site de dons, pour éviter de jeter tout,
Parce que ça peut toujours servir à quelqu'un,
rien ne se jette, tout se recycle...

ça s'appelle Conso récup'
et ça vaut le détour...
Si vous faites vite, vous aurez peut-être encore la possibilté de tomber
sur cette annonce de don d'un ami qui s'appelle Piaf.
Toi aussi, donne tes amis quand ils ne te servent plus à grand'chose, ça fera des heureux...

3 novembre 2006

Cinq heures plus loin et des poussières de coquillage.

Revenue ce matin.
Maintenant déjà il fait nuit alors que là-bas et dans ma tête il est encore dix sept heures, plein de soleil et de moiteur.
Le dos en compote, de la lumière plein les yeux et tellement froid dans cet hiver qui s'est installé pendant notre absence.
Je prendrai le temps de conter tout ça,
plus tard, après avoir vidé ma valise,
après avoir dormi.


[ Bonne nouvelle : nous signons la semaine prochaine pour l'appartement ]

4 décembre 2006

Et ça circule.

Des bonnes et des moins bonnes, à vous de faire le tri, en hommage à ce message du voisin que j'avais adoré.

On ne dit pas "POLEMIQUER" mais "Paul et sa souris"
On ne dit pas "Le Massif Central" mais "Le gros du milieu"
On ne dit pas mon corridor, mais mon corps se repose.
On ne dit pas c'est l'Amazone, mais c'est là que j'habite.
On ne dit pas il est chétif, mais il est chez le coiffeur.
On ne dit pas la maîtresse d'école, mais l'institutrice prend  l'avion.
On ne dit pas jerrycan, mais je rigole.
On ne dit pas le ton monte, mais la fille moche prend l'ascenseur.
On ne dit pas javéliser, mais j'ai lu.
On ne dit pas un ingrat, mais un nain gros.
On ne dit pas le petit poucet, mais le gosse était constipé.
On ne dit pas mine de rien, mais gisement épuisé.
On ne dit pas démanger, mais vomir.
On ne dit pas un poète, mais un klaxon.
On ne dit pas un enfoiré, mais une année de perdue.
On ne dit pas une biroute, mais une route à deux voies.
On ne dit pas dégâts des e aux, mais des marins.
On ne dit pas je suis paniquée, mais je cherche un mec.
On ne dit pas adéquation, mais y a-t-il des questions.
On ne dit pas je suppute, mais je suis péripatéticienne.
On ne dit pas un conquistador, mais un imbécile narcissique.
On ne dit pas j'ai vaincu, mais je suis pluri-anal.
On ne dit pas faire des vendanges, mais péter comme un Dieu.
On ne dit pas un microprocesseur, mais un petit prof.
On ne dit pas un homme hors pair, mais un eunuque.
On ne dit pas couper le beurre, mais circoncire.
On ne dit pas un pinailleur, mais un mari infidèle
On ne dit pas barbecue, mais poils aux fesses.
On ne dit pas la bonne paella, mais la femme de ménage est absente.
On ne dit pas mélodie en sous-sol, mais gare la voiture au parking souterrain.
On ne dit pas je tripote, mais j'ai trois amis.
On ne dit pas le processus de paix est enclenché, mais je vais lâcher une caisse.
On ne dit pas c'est alligator, mais c'est Mouloud qui a raison.

11 novembre 2006

Bison pas futé.

Bon conseil à l'instant sur France 2, dans l'émission "Point route". La belle blonde nous met en garde : il fait froid et il y a des "trucs" pour dégivrer nos pare-brises. Éviter l'eau bouillante et les raclettes qui peuvent abîmer le verre et aggraver les impacts (c'est nouveau, ça vient de sortir). Laissez plutôt tourner votre moteur une demi-heure avant de prendre la route ! Bien sur, en espérant que les millions d'automobilistes français ont bien perçu le message, le réchauffement climatique en avait bien besoin ! Et si vous avez déjà un impact, rendez-vous vite chez un professionnel qui réparera cela en quelques minutes. Là aussi, merci, on avait un doute, carglass ne fait pas suffisamment de bourrage de crâne à la radio !

13 novembre 2006

Et sinon...

  • Hier soir, j'ai vu une femme en manteau de fourrure, à quatre pattes dans la rue, en train de vomir des boyaux.
  • Cette année, j'aime presque l'automne.
  • Les yeux de Boucle d'or hier, plus loin, grâce à moi.
  • Mickaël, que j'ai eu en classe tout l'après-m', a beau avoir vingt-cinq ans, c'est un petit con.
  • Le matin, le ciel sur ma gauche quand je vais à M. est magnifique, surtout les petits clochés qui se dessinent en contre-jour.
  • Les images de la Martinique s'effacent petit à petit, entrant dans une virtualité chaude et humide.
  • Et même que je m'en sors niveau fric.
  • Ma soeur me sort par les trous de nez.
  • Première page de canalblog = trois cents visiteurs un jour, quelques dizaines le lendemain.
  • Lucien jappe comme un grand chien.
  • J'aime Neb, le matin et le soir, même quand il râle, même quand il ronfle, même quand il fait semblant de m'écouter.
  • Et vous ?
1 décembre 2006

A cause du voisin.

Trouvé chez le voisin, et comme ça faisait bien longtemps que j'avais pas cédé à un questionnaire...

1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :

"Quant à la circonstance de sa production elle n'est guère plus artificielle que celle du contexte littéraire de fiction pour l'écrivain" P. XVIII du Nouveau Petit Robert (Il ne reste pas d'autre livre, ils sont presque tous dans les cartons, on en reste à l'essentiel)
2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
17 heures 15
3) Vérifiez :
17 heures 18. Aucun mérite, j'avais regardé l'heure juste avant.
4) Que portez-vous ?
Mon pull en coton beigé préferé, un pantalon de toile bleu, des chaussettes roses avec Snoopy dessu, une barette dans les cheveux...
5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Lu qui dort dans son panier.
6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
Niente.

7) Quand êtes-vous sorti la dernière fois, qu'avez-vous fait ?
Vers deux heures, je suis allée me promener dans les rues de ma ville avec mon chien.
8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Oh oui, malheureusement : une histoire sordide de fête ridicule, avec ma soeur (et son nombril), qui ralaît avec tout le monde. J'attendais quelqu'un qui n'est jamais venu.
9) Quand avez-vous ri la dernière fois ?
A midi, à cause de Neb, mais je ne sais plus pourquoi.
10) Qu'y a t-il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Plus rien, tout est dans les cartons.
11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Une ferme toute perdue dans la brousse ou Un voyage en Martinique.
12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Malabar Princess hier soir, après avoir saturé de cinq minutes de Sarkozy sur la 2.
13) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Non, pas grand chose à part ces taches  noires devant mes yeux, mais ça devient quotidien, donc banal.
14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Il fait appel à ma mémoire, et je réalise qu'elle est en stanby.
15) Dites-nous quelque chose de vous que nous ne savons pas encore
Mon deuxième prénom est Pauline, ça vous fait une belle jambe.
16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
Diane, pourquoi pas...
17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Aucune idée, je n'y ai jamais vraiment réfléchi
18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Oui, mais je suis effrayée par la barrière de la langue
19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
"Je te paye une bière, on en parle..."

20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
L'argent.
21) Aimez-vous danser ?
Oui, et j'aimerais SAVOIR danser, parce que pour le moment, ce n'est qu'un vague flou artistique.
22) George Bush ?
Comment est-ce possible ?
23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Un morceau de téléfilm devant lequel je me suis endormie.
24) Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
A vous de voir...

19 juin 2006

Un pion.

Fatiguée, lassée, je ne vois pas le bout du tunnel. Encore des copies et des notes à enregistrer. Je n'en vois plus l'utilité. Plus le temps de travail s'allonge, plus j'assimile tout ça à une perte de temps ridicule. Je me suis endormie cet après-midi, parce que couchée tard hier soir. Puis du coup, je n'ai toujours pas terminé. La dernière copie sera magique. Elle signera la fin de toute cette mascarade. Je ne suis qu'un petit soldat, une espèce de Guignol qui doit faire en sorte que les rouages de l'usine à gaz fonctionnent. Pathétique. J'aurais plus que la musique à fêter mercredi soir.

12 juillet 2006

Noeud de ventre.

Nouée, mais à peine finalement. Je me rends ce matin à S., plutôt sereine, je n'ai rien à perdre et tout à gagner. J'ai un peu préparé ce que je pourrais être amenée à raconter. J'ai beaucoup de choses à dire, il ne faudra pas que je me montre trop bavarde. C'est curieux comme cet entretien que je n'attendais pas me pose face à un bilan. Ma décision de quitter le lycée est pourtant prise depuis des mois et ce n'est que maintenant que je regarde par dessus mon épaule tout le temps passé. Une petite carrière de huit ans dans l'enseignement, hors des sentiers battus, il faut bien le dire, à cheval sur mes années d'études, souvent un peu par hasard...

Merci à Fred (quel plaisir de te relire!), à Barbara, à Alya, à Neb et à Lucien pour leurs encouragements... Et merde !

11 juillet 2006

La bonne nouvelle.

Les vacances sont là, enfin. Mon dernier jour au lycée s'est déroulée sur le ton de l'émotion. Tous mes collègues m'avaient mijoté une surprise de taille. Ils se sont encore éclipsés à la pause de dix heures alors que nous étions en réunion (pour mettre au point les derniers détails), et je n'ai rien vu venir. J'ai même ralé parce que je ne les voyais pas revenir et que j'étais impatiente d'en finir. On triturait pour la Xieme fois le réglement intérieur, pour savoir, entre autre, si oui ou non, on pouvait laisser sortir un élève pendant les cours pour aller faire pipi. Je rappelle que notre lycée accueille des jeunes de quinze à vingt-cinq ans et que ce genre de considération n'a pas sa place. J'ai donc proposé ironiquement de munir tous les profs de rouleaux de PQ l'année prochaine, histoire de mettre fin à un débat aussi futile, puis je me suis intéressée à autre chose.

A midi, nous nous sommes retrouvés autour d'un apéritif, et j'ai eu droit à mon discours d'adieu. Notre cher directeur a salué mes compétences, mon efficacité et le climat de confiance qui s'était établi avec les élèves. Il a insisté sur le fait qu'il faut savoir dire aux gens ce qu'ils font de bien. A ma droite, P. marmonnait à juste titre qu'il vaut mieux le leur dire lorsqu'ils sont en fonction et non pas le jour de leur départ. Puis une ribambelle de cadeaux et de bouquets m'est tombée dessus, avec tablier dédicacé pour garder trace de tout le monde. J'en ai versé ma petite larme, discrète, mais tenace... Nous avons encore mangé ensemble, puis après le repas, chacun est parti de son côté après la série de bises obligatoires... R. et moi nous sommes encore retrouvés pour la dernière fois, presque nostalgiques sur la terrasse de notre troquet...

Depuis, je profite de mes vacances. Ce week-end, Neb et moi sommes allés à un festival qui se déroule dans le village de mes parents. Là aussi, nostalgie. J'ai revu des copains de classe que je n'avais pas revus depuis des années. De vieux fantômes aussi, mais qui ont définitivement perdu de leur capacité à m'effrayer. Nous avons passé la soirée avec le Furet et sa copine (qui est aussi la mère de son fils). J'étais étonnée de voir à quel point elle lui serre la vis. Je ne me serais jamais permis ça autrefois (et même maintenant, j'ai du mal à imaginer qu'on puisse imposer tant de choses à la personne avec laquelle on vit). Elle me demandait même si je n'avais pas ramené la laisse de Lucien pour garder son homme au pied (la meilleure solution pour le perdre d'après moi).

Puis il y a quelques jours, LA bonne nouvelle. J'avais répondu il y a plusieurs mois à une annonce pour un poste intéressant dans cette bonne vieille ville de S. ( que je n'aime toujours pas, mais va peut-être falloir s'y faire). Je ne pensais plus avoir de réponse, et à dire vrai, je pensais simplement ne pas être à la hauteur. J'ai eu la responsable au téléphone ce matin et je passe un entretien demain. Trouille au ventre à chaque fois que j'y pense, mais il faut que j'y aille zen, j'ai rien à perdre. Je croise les doigts... Et merde !

23 août 2006

Arriver. Partir. Etre là. Etre ailleurs.

Drôle de rêve. Une grande maison aux volets clos, peinture écaillée sur le bois, comme une ancienne école, plusieurs étages, tapisserie à fleurs délavées aux murs. Plusieurs personnes dedans, des gens que je connais très bien dans mon rêve mais que je ne connais plus maintenant que je suis réveillée. Des collègues de travail me semble t-il. Un chien loup au pelage gris-brun qui se faufile entre nos jambes. Des couloirs très étroits aux plafonds très hauts. La lumière vient d'au-dessus. Un sentiment fort, celui de se sentir vivante, aimée, quelque chose de nouveau, d'instable, de particulier. Indéfinissable. Je suis à table, avec des gens, mais je crois que des animaux prennent part à ce repas. Un homme en fauteuil roulant. Toujours ce sentiment. Je sais qu'on doit partir. On ouvre et on referme des portes et des fenêtres. La lumière et l'obscurité dans les grandes pièces. Il faut sortir de la maison. Dehors, des personnes crient, attendent notre arrivée. Réveil. Comment mettre plus de mots sur ces impressions si fortes qui s'évaporent partiellement dès que les yeux s'entr'ouvrent...

23 août 2006

Un soir ici et pourtant ailleurs.

Assise dans mon salon avec Mathieu et Neb, parler de lui et d'elle, sa copine absente ce soir, de leur avenir, encore fragile. Boire ce vin, à peine épicé, sur l'étiquette c'est écrit "Mexico" [c'est R. qui nous l'a ramené un soir chaud de juin]. Puis il y a cette toute petite fenêtre ouverte derrière moi et un vent frais soudain qui rentre dans mon dos et qui me fait EXISTER. Je suis là où j'aurais du être tout l'été, vivante, sur un port breton, dans une ville côtière, l'océan, la vie. Et j'ai le sentiment en quelques secondes d'être passée à côté d'un été. De soirées colorées, de fraîcheur libératrice et de douceur parfumée. J'aimerais recommencer cet été que j'ai finalement passé à attendre. Attendre devant la télé que le temps veuille bien de moi, que les gens viennent vers moi, qu'on oublie que bientôt c'est la rentrée.

Et il y a mon corps. Un corps qui me trahit, qui tue ma confiance. Encore un fois trop ronde, loin de ce que j'aimerais être, des formes qui cachent mon visage. Je me revois il y a quelques années onduler sans complexe, fière de ce que j'avais à offrir aux regards, mais farouche malgré tout. Maintenant, je m'éclipse. Je contourne les terrasses de café trop fréquentées, les zones trop touristiques, les rues et les regards. Je ne veux pas qu'on contemple cette carcasse. Et pourtant, nombre de demoiselles me mettraient des baffes si elles me voyaient. Je reste fine, j'en suis consciente. Mais si loin de mon coprs de jeune fille. Et puis finalement, c'est quoi un coprs ? Un masque, une enveloppe, un leurre. C'est sans doute dedans que je ne suis pas au clair. Un peu perdue avec moi même en tout cas.

13 août 2006

Liban, son pays.

" Le ciel gronde, le bruit est incessant. Les volets fermés, cloîtrés dans une maison que la chaleur de l'été a rendu étouffante, la peur rode à présent dans tous les esprits. Le temps, le soleil ont laissé leur empreinte sur ces "créateurs de nuit" qui vous imposent l'obscurité en plein jour. Par ses traces du temps qui passe, pareilles à une érosion inarrêtable, s'engouffrent dans le lieu angoissant les rayons d'un soleil brûlant, indiquant aux occupants que la nuit n'est pas encore tombée. On ne peut distinguer de flash lumineux, de trainées électriques déchirant le ciel avec majesté. Lorsque l'on glisse un oeil inquiet à travers la meurtrière, on est rapidement ébloui par la beauté du ciel, l'absence de nuage. Quel est donc ce grondement qui vient ainsi poser un masque sur le visage de ses habitants tétanisés? Pour le savoir, il faut aller dehors, oser sortir de cette torpeur. Seule la folie peut vous entrainer dans les ruelles de Baalbeck à cet instant. Un bruit, il s'intensifie, augmente encore, devient assourdissant, déchire les tympans. Puis il se convertit en image, celle d'un oiseau de fer venu faire regner l'enfer sur cette ville de l'est libanais. La peur vous paralyse sur place, sans doute parce que l'esprit a déjà compris qu'il n'était pas de taille à lutter. Le combat est bien plus qu'inégal, il est surhumain. Des dizaines de jambes engourdies par l'émotion face à ce monstre de malheur, prêt à tout dévaster. Dès lors tout va très vite et, dans un nuage de poussière et d'effroi, le prédateur d'acier s'en retourne aussi soudainement qu'il était arrivé. Le grondement laisse place à un nuage de poussière, duquel s'échappe déjà des ruines de construction, survolées par des cris de femmes effondrées. Il faut s'approcher de la scène. Bientôt, le rouge ne tardera pas à venir recouvrir ce théâtre macabre. Des rivières de ce liquide devenu noir avec la poussière tapissent déjà le sol. Elle est à genoux, hurle, la douleur semble intense, indescriptible. Dans sa main, une autre, déchirée, déchiquetée, décharnée, au bout de laquelle gît une enfant de 5 ans. Son visage est écrasé sur la terre ocre de la rue. Ses yeux sont encore grands ouverts, comme hallucinés par cette chose venue l'arracher à la vie. Là bas, un homme attend des secours qui arriveront trop tard. Il n'a pas eu le temps d'apporter le poulet à sa famille, il s'est montré trop imprudent, ou n'a pas eu de chance pour certains médias. Dans la maison, le dos de l'homme est trempé de sueur. Appuyé contre le mur, il a sous ses bras ses deux petites filles. Elles n'ont que 8 et 4 ans. Dans un concert de larmes, elles s'interrogent, se perdent de confusion et de peur. Dans leur tête, l'image de l'été précédent, jouant dehors et gambadant dans le parc. Robuste, le père n'arrive pas à calmer ses enfants, il ne sait pas ou plus trouver les mots pour apaiser ces craintes incessantes. La plus grande semble avoir compris. Lui, se remémorant les mêmes attaques lorsqu'il avait 15 ans sait que l'horreur peut frapper à chaque porte. Alors, lorsque le grondement recommence, il sait que seul le ciel et ce dieu auquel il a fait allégeance pourra le grâcier. Mais pour combien de temps encore ?

Le visage halé, les épaules larges, M. se tient debout, comme pour garder une fierté qui semble l'abandonner chaque jour un peu plus. C'était la semaine dernière, le jour de la trève, celui où le ciel n'a pas résonné de peur. Il en a profité pour fuir dans sa belle famille à Baalbeck. Mais avant, il se doit de vérifier une chose. L'édifice est situé non loin de l'aéroport de Beyrouth, pilonné dès le début du conflit par l'armée de Tsahal. Lorsque le taxi s'arrête dans le quartier, M. est inquiet. Il est saisi d'une angoisse indescriptible. Cela fait 25 ans qu'il travaille au sein de cet établissement banquaire libanais. 25 ans d'économie, de souffrance, de courage, pour arriver au rêve, devenir propriétaire. Tout cet argent durement gagné, lui et sa femme l'ont donc investi dans leur troisième bébé, cette construction sans chichi d'une centaine de mètres carré censée abriter la famille pour les nombreuses années de bonheur à venir. Mais lorsque l'homme s'avance dans la rue, le spectacle ressemble plus à une apocalypse qu'à un ensemble de construction. Ses mains se replient sur elles mêmes, elles serrent les clés de la porte du bonheur. Il lui faudra encore parcourir 50 mètres avant de comprendre que cet objet lui sera désormais inutile. Debout face à l'Histoire, M. contemple les "dommages collatéraux" d'une guerre programmée. Lui n'a jamais possédé de fusil, il n'en a jamais eu. Lui qui aspirait juste à vivre en paix avec sa famille dans ce quartier de la capitale libanaise. Lui qui a toujours condamné la violence au proche-orient d'une parole mature et sage. Lui qui espérait encore que le sort aurait épargné son bonheur. Déjà un goût salé lui envahit la bouche. Les lèvres n'ont pas pu rester hermétiques, entre ouvertes pour laisser passer la douleur, de petits gémissements sortent de sa cage thoracique. A ses pieds, le sol s'humidifie au compte goutte. Déjà les larmes ont dessiné leur chemin sur le visage de ce père désabusé, s'engouffrant dans la bouche ou venant s'écraser par terre. Des sons, il n'y aura que des sons, parce qu'il n'y a pas de mots, parce qu'il n'y a plus de force, même pas celle de parler. Le rêve vient de s'envoler à jamais. Il n'y aura pas d'expert, pas de dédommagement, car il n'y a pas d'assurance au Liban. L'homme a tout perdu. Mais il faut faire vite, Baalbeck est à 4 heures de route, des routes qui sont déjà massivement encombrées par des civils en fuite, profitant de l'acalmie qui leur est offerte pour préparer leur barricade. Il s'engouffre déjà dans un taxi, laissant la chaleur de l'été sécher ses larmes, et rejoignant en vitesse sa femme et ses deux filles qui l'attendent patiemment. Lorsque M. sort de la voiture, toute la famille vient aux nouvelles. Il porte alors la petite sur ses épaules, se laisse embrasser, et se force à dessiner sur son visage un sourire laissant penser que tout va bien qu'ils seront bientôt de retour. La famille est rassurée. Il voit de la vie dans les yeux de ses deux filles pour la première fois depuis 10 jours. Il sait que la vérité éclatera tôt ou tard, mais il sait aussi que c'est sans doute ça qui aidera ses enfants à tenir les prochains jours. Le poing serré, M. regarde sa femme charger la voiture encerclée par ses deux petits êtres revigorés par la nouvelle qu'elles viennent d'apprendre. Il doit maintenant retenir ses larmes...

F., le coeur en arabe. Celui de mon grand père dont c'est aussi le prénom. Assis dans le salon il semble chercher des réponses dans les yeux de sa femme qui l'accompagne depuis maintenant plus de 50 ans. A Tripoli, au nord, la guerre n'a pas encore tué trop de civils. Les dégâts sont pourtant déjà largement visibles. Des routes éventrées, des ponts écroulés, des immeubles détruits. Les images de la guerre lui reviennent en tête à une vitesse folle. Il se souvient lui aussi d'avoir eu à protéger ses enfants. Il se souvient des missiles qui s'écrasaient non loin. Il se souvient de cette horreur que les mots les plus vils ne serviraient à exprimer. Il a vécu dans la guerre, ne semble pas avoir trouver la paix à près de 75 ans. La vie lui a laissé toute sa tête, et une santé de fer. Mais F. est fatigué, il n'a plus la force. Celle d'entendre ses enfants au téléphone lui assurer que tout va bien, qu'ils sont en vie, celle de se lever chaque matin pour établir le même constat, depuis dejà tant d'années. Jamais le Liban ne sera en paix, jamais mes enfants ne le seront eux aussi. Déjà une semaine que l'un des fils ne donne plus de nouvelles. L'inquiétude commence à se lire sur le visage du vieil homme. Ses traits trahissent soudain une lueur d'espoir lorsque le téléphone sonne. Sa main décroche fébrilement le combiné. C'est M., il lui dit que tout va bien, que la maison est intacte, et qu'il part rejoindre Baalbeck avec sa femme et ses deux filles dans la journée. F. est rassuré, mais si son fils va bien, ce n'est pas lui qu'il espérait avoir au bout du fil. A ce moment, il est épris d'une étrange émotion. Comment ne peut il pas se réjouir pour son fils ? Ce n'est pas ça, il est juste terriblement inquiet pour l'autre... F., ma grand-mère, prépare le thé et le narguilé. Elle sait que son enfant n'a pas donné de nouvelles. Elle sait aussi que son mari s'en va doucement. L'envie a disparu, elle a abandonné ses yeux. Quand la nouvelle s'abattra, qu'elle drainera avec elle toute la tristesse et la violence de la mort, il n'y survivra sans doute pas. Elle le sait, le sent. Il faut déjà qu'elle s'apprête à perdre deux hommes dans sa vie, si tant est que l'un ne soit pas déjà parti. Lorsqu'elle prépare le tabac dans la cuisine, F. ne peut, elle aussi, retenir ses larmes... Une question la taraude déjà : à quoi bon donner la vie si la guerre vous la reprend ?

Au même moment, un jeune homme assis dans son canapé, regarde honteux et inquiet les informations du jour. Le Liban fait la une. Toujours les mêmes images, la même horreur. Et puis, aussi, toujours ces pseudo tentatives d'explications stupides et saugrenues. Quiconque connait un tant soit peu l'actualité au proche orient sait que tout ceci était déjà planifié, du jour où la Syrie s'est vu chassée du pays du cèdre. Voilà donc une situation que la famille E. H. n'a sans doute pas bien accepté. Tout le reste n'est que manipulation et autres intimidations. Alors, entre deux pseudo commentaires éclairés sur la situation, le jeune homme sent sa main se crisper sur la télécommande en prenant conscience que quelques soit les raisons de ce conflit, ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix, les civils. Ce jeune homme, c'est moi. Inquiet, soucieux, perdu, je me demande comment va ma famille, si ils sont encore en vie ? j'ai été rassuré il y a 3 jours, mais, en temps de guerre, ces heures vous paraissent une éternité. Je m'imagine le pire. Et puis je me reprends, non, je n'ai pas le droit. Je dois me montrer aussi courageux qu'eux et garder la tête haute. Mais je manque de courage, de force, de volonté. Je sais que je ne les reverrais peut-être jamais. Je sais, je sens que l'Histoire me vole la moitié de moi même, qu'elle marque au fer rouge la chair de gens qui me sont si proches et si étrangers en même temps. Drôles de vacances où je n'ai envie de rien. Le sourire délaisse chaque jour un peu plus mon visage. Moi aussi je n'ai plus envie. Oui, j'ai de la chance d'être dans un pays en paix, mais je suis écoeuré. Honteux de voir ce que le monde entier cautionne tout en nous faisant croire qu'il s'indigne. L'hypochrisie règne en maître sur le monde de l'argent, et j'ai de plus en plus de mal à penser pouvoir m'épanouir dans ce monde là. Aujourd'hui, moi aussi, mon rêve s'est brisé. Je ne peux pas retenir longtemps les larmes qui caressent mes joues et qui ne peuvent révéler à elles seules la tristesse dont je suis épris... Je suis désolé pour ces mots...  "

29 août 2006

Ils. Le silence après la tempête.

Les mots me manquent.
Les mots me manquent.
Les mots me manquent.

Il est rare que je ne sache pas comment dire les choses. Je finis toujours par trouver le mot juste. Mais là non... Rester abstraite. Trop de souffle en moi ce week-end. Trop d'émotion. Et hier soir dans ma voiture, seule, alors que je rentrais de chez mes parents (à la radio, un animateur trouvait drôle de passer "Voilà l'été" alors que c'était une journée de novembre), des larmes colorées, glacées et brûlantes, sont venues couler, très rapidement le long de mes joues. Comme une purge, le début d'un aveu à moi-même, un moment pour me prouver que ç'avait été vrai. Comme une soupape pour laisser sortir ce que j'ai gardé en moi, qui est presque animal.

J'en parlerai plus tard. Tout est épineux en ce moment. Aujourd'hui, je poste ce rapport d'arabe sur lequel j'ai encore travaillé tard cette nuit. La difficulté réside dans les quinze pages imposées alors que je pourrais traiter le sujet sur une centaine de feuillets. Je ne veux rien oublier. Ce n'est pas la note qui m'importe, c'est l'exactitude des informations et la pertinence de mon travail. Et aujourd'hui encore, à treize heures trente, je prends contact entre quatre murs et pendant quatre heures avec  ma première classe de BTS. Curieusement, il n'y a  pas trop d'angoisse.

Tout est contenu. Toutes ces vagues qui pourraient me traîner au sol...
Elles sont en moi, violentes mais contenues.

***

P.S.: Quelqu'un m'a lue cette nuit, longtemps, jusqu'à tôt ce matin. Quelqu'un est resté là à veiller, errant d'archives en archives. Qui ?

24 août 2006

Hic et nunc.

Etrange le mot "ailleurs" qui revient sans cesse dans mes lignes sur les dernières semaines. Sans que je ne m'en rende compte. Et pourtant toujours ici. Trop là. Justement. Nous partons demain matin. Pour deux jours seulement. Les voir eux. Il faudra attendre samedi soir pour que la pression explose. 21h30. Après une journée où nous déambulerons probablement sous la pluie. Il y aura mon frère. On est condamnés à dormir dans la voiture, plus de place au camping. Il y aura de la fatigue. Il y aura les jambes lourdes de marcher en long en large et en travers, les mollets qui tirent de se mettre sur la pointe des pieds pour voir le haut de la tête du chanteur. Il y aura les sandwichs trop gras achetés trop chers. Mais il y aura aussi la lumière et la cage thoracique qui vibre, et la chair de poule et les promesses qu'on se fait dans la tête et les frissons et la magie. Troisième fois. Et sans doute pas la dernière.

18 août 2006

Eureka*.

Coup de fil ce matin. Je pensais qu'il s'agissait encore d'un de ces agents immobiliers qui m'appellent en ce moment dix fois par jour. Mais c'est un voix grave et sérieuse qui m'a annoncé que j'avais le poste pour lequel j'ai passé un entretien début août. Belle surprise qui arrive avant l'heure (il m'avait dit ne pas pouvoir me donner de réponse avant le 21). Beau salaire aussi si tout va bien et une liberté nouvelle qui se présente à moi puisqu'il ne s'agit que d'une petite vingtaine d'heures dans la semaine, ce qui me permettra de repartir en cours particuliers, d'animer des ateliers ou de faire de la formation BAFA. J'ai déjà quelques noeuds qui crispent mon ventre quand je pense au niveau de mes futurs élèves, à la nouveauté, au fait de devoir se faire sa place avec de nouveaux collègues. Mais...

Je suis ravie, ravie, ravie.
Qui avait dit que c'était une erreur de lâcher mon job ?
Je suis le maître du monde !
Enfin, appelez-moi maîtresse, ça ira aussi...

*Oui, je sais, du latin mercredi, et maintenant du grec, il est tant de se remettre à la modernité, promis, demain j'arrête.

6 septembre 2006

Petit trésor.

Hier soir, fin d'un cours, un remplacement, une classe de bac pro que je ne reverrai plus, je m'étais fait plaisir avec eux, pas de règles à instaurer, pas de gros yeux à imposer, parce que pas de futur commun, alors on a pu laisser une part importante à l'humour et le courant est très bien passé, avec quelques bonnes heures de travail efficace. En moi à ce moment là, une angoisse. Toujours pas d'appartement, l'impression de jouer l'interim professionnellement, pas de certitude sur le futur, tant de nouveautés, la rencontre de mes nouveaux collègues qui se profile sur la demi-heure à venir.

Un jeune homme s'avance vers moi alors que la classe s'est vidée et que je range encore mes affaires. C'est ce moment où on est fier de soi, où on entend encore sa propre voix se répercuter sur les murs. Il fourre ses mains dans ses poches et me dit "c'est dommage". Il a un sourire en coin. "Non, vraiment, vous êtes une très bonne prof, c'est dommage qu'on ne continue pas l'année avec vous...". Et je souris, flattée mais embarrassée, farfouillant dans mon sac pour me donner une contenance. "Merci, vous étiez une bonne classe aussi... A bientôt peut-être".

Plus tard, les nouvelles sont mauvaises, plus que contrariantes (emploi du temps très décevant, avis d'imposition dans la boîte aux lettres...) et en me couchant hier soir, c'est la voix de ce jeune homme qui vient me réconforter, m'aider à trouver un sommeil qui joue à cache-cache. Parce que s'il dit vrai, j'ai toujours une raison d'être là, et j'ai sans doute fait le bon choix...

13 septembre 2006

Plus.

Satisfaction. Plein de portes qui s'ouvrent à moi. Je cumule les entretiens, beaucoup de choses positives en ressortent, d'éventuelles vacations sur l'année se profilent. J'ai rencontré plusieurs classes, agréables, motivées. Beaucoup de changements, je passe beaucoup de temps dans ma voiture. Je reprends le rythme que j'avais il y a trois ans, il y a un parfum de liberté dans l'air. Je jongle entre les employeurs, deux pour le moment, mais sans aucun doute plus dès les semaines à venir. Les premiers cours particuliers débutent cet après-midi. Je suis contente de retrouver cette forme d'enseignement toute particulière.

Puis l'appartement que j'ai visité la semaine dernière est à nous ce soir. Enfin, nous signons le compromis. En espérant que les formalités se bouclent vite.

Seule ombre au tableau, la relation que j'entretiens avec Neb en ce moment. Tellement superficielle. On se voit à peine. Il se montre tendre mais j'attends autre chose de lui. Du dynamisme, de l'initiative. Je n'ai pas envie de lui répêter ce qu'il sait déjà. Je n'ai pas envie de le quitter. Je ne cesse de me dire qu'on verra plus tard, que ça ira forcément mieux. Tout semble lui convenir comme ça et le problème est là. Si cette situation le satisfait, le changement ne viendra pas de lui...

7 avril 2006

Je tombe des nues.

Constater hier soir, amorphe devant la télévision (une fois n'est pas coutume), le recul de la démocratie. Voir arriver sur un plateau de télévision un fantôme. On nous le présente comme étant un député, en grève de la faim depuis cinq semaines, il a perdu quinze kilos. C'est semble-t-il la seule solution qu'il ait trouvée pour empêcher la délocalisation d'une usine de sa région. Philippe Vandel prononce les mots que je viens de beugler à mon voisin de canapé: 

Comment un citoyen peut-il être entendu
si c'est le chemin que doit prendre un député pour l'être ?


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Diane Groseille
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