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Diane Groseille
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9 mai 2005

Boulot.

Un petit soleil. Toujours une patate à la place du nez. Qui empire, qui se déforme et qui pelle. Maintenant, ça descend dans la gorge, ce qui fait bien marrer les élèves. Oui, aujourd'hui, votre prof a une voix de Robert. Retour au lycée dans la joie et la bonne humeur. Je ne mange plus là-bas, ça minimise les risques de croiser Tête de Brique (et ça me permet de passer plus de temps avec mon Neb). Je suis sure qu'elle va chouiner chez les autres, parce que je la cause plus et que je suis plus sa copine. J'ai jamais été sa copine, et je déteste cet amalgame qu'elle fait de ses vies privée et professionnelle. A vrai dire, elle n'a pas de vie privée, donc le malaise s'installe vite. Bref, le contexte dans lequel je travaille les derniers temps me laisse entrevoir un autre futur: faut que je me sauve! C'est sans doute dommage pour tout le travail accumulé, mais ma place n'est pas là-bas.

J'y serai encore sans doute pour une autre année. Neb homme de moi doit finir ses études. Je dois me laisser le temps de chercher autre chose, mieux. Car ce n'est pas un caprice. C'est une réelle volonté de réussir ma vie. Et l'étape par laquelle je passe est plus qu'enrichissante. Elle me permet déjà de savoir avec certitude ce que je ne veux plus. Tous mes collègues sont dans cette boîte avec l'idée fixe que c'est une finalité. Tous ou presque. Quand je parle d'autre chose, de mes projets, je passe pour la fine bouche qui crache dans la soupe. "Tu t'rends compte, tu devrais être contente, y'a tellement de personnes qui bossent à l'usine". Mouais, c'est vrai qu'avec mon diplôme, j'aurais du penser à aller bosser à l'usine...

M'enfin. Semaine d'examens qui s'annonce. V'là les gamelles en vue. La sadique qui est en moi se réveille. Je vais leur faire regretter tant de fumisteries...

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8 mai 2005

Pitoyable.

On est allés se promener effectivement. Mais la promenade ne fut pas bonne. Du vent, moi, malade, mon nez qui coule et l'impression d'avoir un bulldozer qui s'affaire entre mes deux yeux. Je me souviens m'être entr'aperçue dans une vitrine cet après-midi là et je me suis trouvée plus que moche avec mes cheveux tirés, mon pif rouge et mes yeux vitreux pas maquillés. Nous ne sommes pas allés plus loin que le bout de la rue. Pitoyable promenade.

Puis hier matin, réveil sept heures et demi. Pas la pêche (suffit que j'aie quelques jours de repos pour que je choppe la première merde qui passe): courbatures et nez en chou-fleur. Mais contente parce que y'a ma soeur et l'Amie qui me rejoignent dans la matinée et on va ensemble au marché bio (événement annuel qui s'étale sur quatre jours et que je ne manque jamais de fréquenter deux fois au moins, c'était donc la deuxième). On avait rendez-vous à dix heures, le temps donc pour moi de me faire un bon thé au miel, de blinder mon quota de vitamines C, et de saturer l'air de l'appart' d'huiles essentielles pour mieux respirer. On décolle à onze heures et quart (si, si)puisque les demoiselles ont des problèmes de ponctualité. Là-bas, on se retrouve garées le plus loin possible de l'entrée, avec des champs de boue à traverser et un vent à décorner les boeufs. On entre sur le site vers midi. L'Amie m'annonce que de toute façon, vers une heure, elle s'en va, elle a des trucs à faire. Mouais. Y'aura toujours la soeur. Vers une heure et demi alors qu'on a bien mangé et que tant de merveilles se présentent à nous, le téléphone de la soeur sonne. S'en suit une conversation que je connais déjà trop concernant son ex' qui devrait être présent à la soirée où elle comptait se rendre. Dix bonnes minutes. Je la vois contrariée, on quitte le marché. Elle s'égosille alors que nous retraversons les champs venteux.  Elle pleure dans la voiture. Retour à C. Elle récupère sa voiture et se sauve, une larme au coin de l'oeil. A vrai dire, ça faisait plusieurs semaines que je ne l'avais pas vue. A deux heures, j'étais chez moi. Me suis collée sur le canap', sous ma couverture polaire bleue et j'ai regardé "Monstres et Cie" avec Neb homme de moi. Me suis endormie. Pitoyable journée.

Il me reste un dimanche avant de rejoindre le lycée et Tête de Briques. On aurait dû se rendre chez le Furêt à midi, mais leur petite Crevette n'est pas immunisée et moi et mes microbes ne sommes donc pas les bienvenus (heureusement que j'y ai pensé). On va quand même sortir le bout de notre nez...

5 mai 2005

Exploit de Tête de Brique

Hier matin, j'ai été réveillée par un arc-en-ciel. Je dormais quand dans ma tête, y'a eu plein de couleur et quand j'ai ouvert les yeux, il y avait dehors cet arc aux couleurs si vives, tellement vives qu'il y en avait un deuxième un peu plus loin. Et il avait vraiment un début et une fin. On se croyait dans un épisode des bisounours.

Après, ce fut moins drôle. Arrivée au lycée fracassante. Accueil de Tête de Briques qui pête un boulon et qui, hors d'elle, sans aucune raison apparente, me braille dessus devant tout le monde. J'étais en train de demander quelque chose à la secrétaire quand ça l'a pris, je ne lui parlais même pas. Elle criait toute seule en agitant les bras et quand elle s'est rendue compte qu'elle passait pour une cinglée auprès de tous les gens présents, elle a quitté la pièce en continuant de beugler. Pathétique.

La journée fut longue et désagréable. Des heures qui s'étirent, des jeunes décourageants de fainéantise, une motivation en chute libre pour tout le monde, un temps exécrable (chaud, froid, pluie) et la méchante impression que je pouvais tomber sur Tête de Brique à chaque coin de couloir. Je suis revenue ici à midi pour manger. Pas envie de voir sa sale gueule. Maintenant, quatre jours me séparent du lycée, faut que je zappe. Nous partons en vadrouille aujourd'hui au marché bio, dommage que le soleil ne soit toujours pas là.

16 août 2004

L'aura ou l'aura pas?

                            Je suis à la poste, je viens chercher un recommandé, je me dis que ça va prendre trois ou quatre minutes, mais en franchissant la porte vitrée, je réalise que j'aurais pu penser à prendre un bouquin: la salle d'attente de mon gynéco à côté, c'est gentil. Alors, je me positionne dans la file. Ils ont jugé intelligent de faire des zig-zags pour que les gens n'attendent pas sur le trottoir. Je laisse comme à mon habitude un bon mètre entre mon corps et celui de la personne qui est devant moi. Pourquoi? Car je suis dans une file anonyme et que je ne connais pas cet individu, je ne suis pas dans une queue-leu-leu de mariage, à quatre heures du mat', fin bourrée (à ce sujet, voir post précédent)(au, fait, vous connaissez l'origine du mot queue-leu-leu?). Donc, je laisse, surtout par éducation, un bon mètre. Et v'là ti pas que le gars derrière arrive et se colle contre moi. Il semble bien pressé, bien énervé, et doit se dire que s'il me bouscule comme ça, ça va avancer plus vite. Nada. L'a pas inventé l'eau tiède lui, puis l'a pas du en utiliser non plus récemment Je me retourne: regard noir. Il ne me voit pas, il cherche des yeux son sale gosse qui court dans tous les sens en poussant des cris aigus. Et j'ai donc passé une vingtaine de minutes avec cet abruti collé dans le dos qui gesticule en grommelant, parce que sans doute, il a des trucs bien plus important que les autres à faire dehors.

Tout ça pour dire, et j'ai eu le temps d'y réfléchir, que je pense que les gens ne sont pas un simple corps. Scientifiquement, oui, y'a que de la viande et des nonos, c'est physique. Mais je crois, comme le dispensent certaines croyances et certains mythes, que le corps est entouré d'une sorte d'auréole invisible, impalpable. Je ne me suis pas particulièrement renseignée sur le sujet, c'est juste quelque chose que je ressens. La proximité de certaines choses me les rend presque palpables sans qu'elles ne le soient. Ainsi, lorsque certaines personnes que je ne connais pas se tiennent trop près de moi, je ressens une certaine gène. De la même façon, lorsque quelqu'un se tient dans mon dos sans que je ne puisse le voir, je le sens.

J'ai rencontré quand j'étais enfant une amie de mes parents qui vit en Italie. Je ne me souviens plus de sont prénom car j'étais toute petite. Je me souviens que son gros chien s'appelait Georges et qu'elle avait une grande maison aux murs couverts de chaux. Sur l'un d'eux étaient accrochées des centaines de vieilles clés métalliques. C'était la première et la seule fois que je rencontrais cette femme. Elle me laisse l'image de quelqu'un de bien portant et de souriant, mais pas de traits particuliers. Pourtant, il me reste de cette personne une force, que je rencontrais aussi pour la première fois et que je rencontré encore depuis. Un magnétisme. Rien à voir avec le charme ou la beauté, quelque chose qui se dégage de l'intérieur.

Le contact physique peut aller jusqu'à me déranger. Une amie de ma ma soeur a pour habitude de toucher les gens avec lesquels elle parle. Elle leur tient le bras pour retenir leur attention peut-être. Elle perd la mienne à chaque fois car le contact de son corps me trouble. Bien au contraire, prendre un ami dans mes bras ou faire l'amour sont des gestes qui sont alors d'une force exceptionnelle.

Bref, il parait que certains appellent ça l'aura. Et (je mélange peut-être certaines choses) que certains sont capables de voir les couleurs qui se dégagent des corps. Il y aurait plusieurs couleurs, selon la force et les énergies. Je ne m'y connais pas du tout, je ressens seulement les choses. Mais je crois que le gars de la poste cet après-midi, il avait pas une jolie couleur....

8 mai 2005

Constitution?

Il parait que tout le monde l'a eue. Fabius qui l'affirmait y'a cinq minutes sur TF1. Mais je l'ai pas moi. Et je vais encore devoir faire une lecture dans l'urgence. Je me souviens de ce fameux contrôle de lecture sur l'Odyssée d'Homère un jeudi matin, en sixième. J'avais passé une partie de la nuit sur le bouquin. Faudrait pas m'envoyer les centaines de pages de la constitution le 28 mai, j'ai passé l'âge...

Ceci dit, j'ai déjà mon idée. J'ai consulté quelques sites, fouiné, très peu écouté les hommes politiques, lu pas mal d'articles, cherché la neutralité. Bien belle exegèse. Mais faudrait quand même le TEXTE.

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30 octobre 2004

A la mode?

              Eh les jeunes, faut m'expliquer! Y'a un truc que je comprends pas. Il y a quelques temps déjà, je croise une petite famille bien gentille. Le papa qui fume la pipe, veste classe avec petite pochette, la maman, sac chanel, chaussures vernies, et le djeun's, petit ado blondinet même pas encore boutonneux qui porte un sweat rouge sur lequel flashent en grosses lettres " Produit de banlieue*". Mais alors quoi? C'est "in" de faire comme si on avait grandi dans une tour HLM alors qu'on a fait ses premiers pas dans un jardin qui bordait une maison tout confort? Je vois pas. Je trouve même ça lamentable: se donner un genre caïd-racaille, méchant garçon... Et les parents qui cautionnent ça...

Depuis, je revois ça souvent, j'en ai même plusieurs specimens en cours... On se dit: " pov' gosse, pour être aussi chiant, il a du en baver!" puis le jeune entretient cette image de gosse de banlieue, révolté, insolent, ce qui certes, ne change en rien la façon dont je le considère, mais change très nettement la façon dont le traitent les autres. Puis surprise, à plusieurs reprises, à la réunion parents-profs, quand on voit le dit-jeune débarquer, un peu penaud, encadré par papa-maman, bien BCBG (pour ne pas dire puant le fric). Déduction? Faut ressembler à un Ouaich pour inspirer le respect, pour être pris au sérieux par des gens de son âge? Ou alors il y a vraiment une mode téci, mauvais garçon. Peut-être même que ça plait aux filles...

Mon respect à ceux qui grandissent dans ces quartiers. J'y ai bossé, ça forge. Par contre, honte à ceux qui veulent ressembler à ceux qu'ils ne sont pas. Misérable falsification de "rebelle" qui reprend des clichés contre une autorité quelle qu'elle soit, alors qu'il ont le Q bordé de nouilles et qu'il pètent dans la soie...

*¨Précisé en petit: "matière extrêmement dangeureuse". CQFD.

14 juillet 2004

Préparatifs.

              Se préparent les vraies vacances. Je fais des piles de vêtements (essentiellement petites robes, jupettes et débardeurs...), je m'épile les jambes, je fais des listes de choses à ne pas oublier, je consulte le site de la SNCF pour prendre le billet qui me conduira de Lyon à Montélimar, je range, je fais le ménage, je me demande quel sac sera le mieux approprié, je pense aux piles, à la lampe de poche, au coupe-ongles et autres petits accessoires indispensables...

Pendant ce temps là, Neb homme de moi combat vaillamment Diablo, qui, semble-t-il est un très méchant qu'il faut impérativement vaincre avant de partir en vacances.

Mon homme est sensationnel.

10 mai 2005

Portrait.

Elle s'appelle N. C'est une de mes élèves. Une parmi 300. Elle a vingt quatre ans. Je lui en donnais seize avant de le savoir. Elle a un visage de petite fille. Il n'y a pas de papier peint là où je travaille, mais s'il y en avait, elle trouverait des vêtements assortis pour qu'on la voit encore moins. Un caméléon. Faudrait qu'on ne la voit pas. Je pense que c'est pour cette même raison qu'elle est si fine. Je réalisais à quel point elle était maigre cet après-midi alors qu'elle était assise juste devant mon bureau, en situation d'examen. N. a des mains très fines, ses bagues semblent vouloir s'envoler à chaque mouvement. Elle a déjà du les perdre souvent. Ses mains s'agitent au-dessus de sa feuille, avec comme une perfection dans son écriture trop régulière. Ses doigts crispés sur sa plume. Son corps est en permanence emballé dans de larges pulls, elle se glisses dans ma salle de cours comme un lynx et va se blottir sur une chaise à l'abri des regards. N. est jolie, ses cheveux tirés en arrière, son regard un peu perdu. Elle rougit toujours quand je l'interroge, pourtant elle sait toujours répondre.

Voilà deux ans que N. suit mes cours. Je pense que c'est celle qui a suscité le moins de remarques, d'observations, de réflexions, de remises en questions. c'est pourquoi aujourd'hui, en l'observant, si appliquée devant moi, je me suis dit qu'il fallait que je parle un peu d'elle, pour me faire pardonner. Mais sans doute qu'elle n'aimerait pas que je parle d'elle. Alors elle ne s'appellera que N.

7 octobre 2004

L'automne s'installe.

Hier soir. Whawha au bout de sa laisse me promène. Je suis en pilote automatique. Il pleut. Sur la terrasse d'un café, sous un pauvre coin de toiture, un monsieur boit une bière dont la mousse est venue se loger dans ses moustaches. Je me dis que si j'avais son temps, j'irais plutôt me blottir dans un salon de thé devant un chocolat viennois.

Ici, les collègues me fatiguent, à se plaindre sans arrêt. Je suis le bureau des pleurs. Est-ce que je raconte ma vie moi? Heureusement, non, sauf  sur ce blog où je me fais de plus en plus rare, et je n'impose rien à personne. Ici, on chouine, on médit, on râle en douce, jamais en face. Quand parfois je dis ce que je pense vraiment à une personne, on me dit jeune et impétueuse alors que tout le monde le dit tout bas dès qu'une porte se referme. Cette hypocrisie me pèse. L'écouter relayée par chacun me fatigue.

Alors, je travaille beaucoup. Parce que ça me plait. Je le ressens dans les réactions des élèves. Pas tous les jours bien sur. Mais je suis contente d'être là.

Puis Neb homme de moi est toujours aussi adorable. Notre nid prend forme jour après jour et nous prenons doucement un rythme de croisière plus agréable. Ce début d'année scolaire aura été des plus difficiles.

30 octobre 2004

Saturday night

           Chez moi seule. Et en même temps dehors. Dehors car je flâne depuis plus de deux heures sur des blogs. Je retrouve le net et j'entre à nouveau dans la blogosphère. Plus que jamais. J'observe des visages, je m'imbibe de phrases, de sensations qui ne sont pas les miennes, j'entre dans des univers qui ne m'appartiennent pas. Et soudain, je me sens seule et à nouveau tellement futile sur ce blog, alors que j'aurais tant de choses plus utiles à faire.

Neb homme de moi est parti pour le week-end. Je suis seule dans notre appartement. Etrange sensation. J'ai jamais eu peur d'être seule, j'aime même beaucoup... Mais j'avais jamais été seule ici. C'est plus grand que mon chez moi de "avant", alors je maitrise pas bien l'espace et le temps qui passe. Puis aussi, depuis que je vis ici, je suis toujours dans l'urgence de quelque chose. Aujourd'hui, j'ai le temps et je n'ai plus l'habitude. Alors comme si j'avais du mal à faire face à cette solitude, je vais dans la vie des gens...

Dehors, des personnes qui crient, qui fêtent ce halloween que je n'ai jamais fêté et que je ne fêterai jamais. Il y a un type déguisé en mariée qui se couche sur le capot des voitures qui passent au pas. Un autre avec un sifflet semble avoir vraiment arrosé son après-midi... Encore une bonne occasion de picoller. Je vais me faire une soupe et finir mon bouquin. Pas envie de faire la fête, besoin de repos.

15 juillet 2004

Fahrenheit 9/11

       Sortie de cinéma. Michael Moore et sa palme d'or. Je suis profondément révoltée par tout ce que je savais déjà: le napalm, le fait que z'avaient rien demandé ces pov' civils irakiens, le fric, le fric, le fric... Maintenant, oui, c'est un film destiné au public américain,très manichéen (les gentils qu'on sait même plus très bien qui c'est VS les méchants et même qu'on dirait que c'est Bush tout seul le gros méchant (trop d'honneur pour lui)). Relativement subjectif ce qui est surprenant pour un doc, mais pas très étonnant quand on sait qui tient les ficelles et la caméra. L'impression aussi qu'on se sert de la même propagande dont ont su faire preuve les télés américaines pour convaincre la populace que la guerre en Irak, c'est vachty bien, mais là, c'est dans l'autre sens... Quoi qu'il en soit, il en a une bonne paire le Michael, et si ça peut au moins faire réagir les Américains aux prochaines élections, ce sera toujours une bonne chose...
14 août 2004

Retour

           Tard dans la nuit, je retrouve ma ville, mon appart', mes parfums de chez moi, les draps qui sentent la lessive, l'odeur des poutres de bois... Je trouve aussi sur la table de la cuisine le courrier que ma voisine Marie m'a gentiment récolté. Je découvre au milieu de quelques rassurantes et tendres cartes postales une armée de factures et de lettres de rappel. La banque, la sécu, la CAF, et tout ceux qui pensent à moi pendant les vacances alors que je ne leur envoie pas même une petite carte postale. Au milieu de tout ça, aussi, mon emploi du temps pour la rentrée. Ce canevas d'heures sur une feuille A4 qui va définir toute cette ribambelle de semaines.

Il est bientôt cinq heures. Nous n'avons pas sommeil. Trop de choses derrière nous et trop de choses à venir.

Derrière, il y a un mois de bonheur, de découverte. Découverte de la Corse, mais aussi découverte l'un de l'autre. Il me reste des images douces et turquoises dans les yeux, avec des paillettes de discorde dorée. Au retour, quelques jours encore passés dans la montagne, air revigorant, eau chlorée, bonnes bouffes et ivresse. Des grasses mat' qui s'éternisent dans la fraîcheur des murs de pierre.

Puis le retour, cette nuit. Passage par la Suisse. Neb homme de moi est au volant et je suis recroquevillée sur mon oreiller à m'en briser la nuque.

Devant il y a ce nouvel appartement à trouver encore, une ou deux randos dans la verdure fraîche, les amis à revoir (coupée du monde pendant un mois, pas même de portable, certains s'en trouvent presque vexés)... Puis la rentrée avec toutes ces nouvelles têtes et des projets qui fusent... Heureuse aussi de retrouver ce blog que je n'ai que rarement consulté pendant le mois écoulé. Il faut dire que les rares passages ici m'ont confrontée à des insultes bien salées. Certes, elles m'ont fait sourire, mais la bêtise et la méchanceté qui s'en dégageait ne m'ont pas forcée à plus d'assiduité. On en revient à ce que je soulevais avant de partir, à savoir certaines choses décevantes....

L'heure est venue dans ce petit matin, de rejoindre homme de moi sous la couette...

 

12 novembre 2004

Ecrire.

          Mes mots se perdent les derniers temps. J'écris ailleurs, j'écris beaucoup, dès que je le temps. dans cette virtualité qu'est le net ou sur une feuille à carreaux, sur une enveloppe qui finira à la poubelle, sur des sites éloignés... Je me lance dans des fictions dont je ne vois pas l'utilité mais qui pourtant me fascinent. Je ne sais pas si je ne suis pas en train de me perdre dans toute cette écriture, entre les lignes, entre les mots. Parfois, ça me dépasse un peu, faudrait que j'en vienne à un jeûne, abstention d'écriture momentanée et bénéfique...
23 octobre 2004

Transport

                J'aime rouler. Prendre la route. Y'a toujours un goût de vacances. Je ne roule plus depuis que j'habite à quelques centaines de mètres de l'établissement où je travaille. Plus de musique le matin, de France info, de chauffage sur les pieds. Plus de pleins d'essence, de speed, de Cauet (ouais, ouais, ouais!). Je ne prends plus le train non plus. C'est une période que j'aimais bien. Sur le coup, on ne se rend jamais compte qu'on aime le train. C'est trop souvent vécu comme une contrainte. Maintenant que je ne le prends plus, je lui trouve un certain charme. Je me souviens de ce temps que ça me laissait le matin, alors que le froid glace les sangs, pour réfléchir ou pour ne penser à rien. Vingt minutes de trajet, souvent enfoncée dans un siège avec de la musique plein les oreilles. De toute façon, maintenant, je cours.
25 août 2004

Vous lisez?

Certains arrivent, d'autres repartent. De plus en plus de bonnes choses. Les mauvaises semblent finalement (dans l'ensemble) se décourager assez vite. J'aime toujours autant lire et écrire ici. De plus en plus, ce sont les commentaires qui m'intéressent. Pas forcément sur mon blog. Plus sur celui des autres. Je remarque comme le disait une bloggueuse, que les lecteurs de blogs s'inscrivent dans un phénomène particulier. Ils savent être discrets, voyeurs ou furtifs. D'autres laissent une trace de leur passage. Dans le but qu'on vienne les voir? Ou alors simplement pour commenter. C'est parfois gentil, parfois infondé, souvent consensuel, et, je le remarque de plus en plus, il arrive que ce soit gratuitement bête et méchant. Esprit de contradiction sans doute: juste pour dire le contraire. Y'a aussi tous ceux qui font des efforts pour faire des mots d'humour (pas toujours compris, souvent mal pris) et ceux qui mettent inlassablement trois fois de suite le même commentaire (si si, il est passé, mais je voulais être sure). Puis y'a les vulgaires, y'a les pompeurs qui viennent juste piocher des idées par manque d'inspiration, y'a ceux qui ont rien compris à ce que vous vouliez dire (hors-sujet jeune homme, vous repasserez!), ceux qui font réfléchir et ceux qu'on aimerait bien rencontrer à la longue...

Mouais, je ne me lance pas dans une thèse sociologique sur les lecteurs de blogs, d'autres ont déjà ce projet. Je pars manger vapeur.

15 août 2004

Pomme de reinette et pomme d'api...

                Tiens, ils nous ont mis du soleil aujourd'hui. C'est gentil ça. J'en avais presque oublié qu'on avait encore des vacances. Virée chez les parents aujourd'hui. Je retrouverai Whawha qui était en pension au grand air. L'aurait pas supporté la Corse, elle aime pas les vadrouilles, trop casanier ce chien...

Bouffe avec Marie hier soir. Elle ne savait pas plus que ça pour le déménagement. Je ne sais pas si elle le prend bien. Elle nous a montré ses photos de vacances, parlé de son homme et de l'alcool. Elle est repartie vers une heure.

Appel de la soeur dans la nuit. Elle fait comme chaque année un marathon-colo en Bretagne et joue avec ses limites nerveuses. Spö faut pas déconner...

Neb ronfle quand il a bu. C'est exponentiel quand il a fumé.

 

23 octobre 2004

Saveur d'automne

          J'ai dormi dans mon lit de lycéenne. Je suis à la campagne, chez mes parents, sans mon homme et j'ai un peu de temps devant moi. Je vous raconte ma vie?

Hier soir, invitation de Le Pooh. Y'avait du monde, des amis, une soirée socialement correcte, pour se rassurer sur ses capacités de compatibilité et de bonnes manières. Petit Jungle Speed (do you know jungle speed? It's fantastic!) bien gentil, même pas de dents cassées ou de griffures profondes. Pas picolé comme pas de chauffeur. Le Pooh me semble plus en forme que ce vendredi soir où nous avons du aller chez elle en urgence suite à un coup de fil alcoolisé. Elle m'a présenté son Yvon, drôle de personnage qu'a son monde bien à lui.

Permission de minuit, je suis rentrée sur cette route noire, au milieu de la forêt, coldplay en B.O., et je me suis retrouvée ici, dans la nuit profonde, à errer dans une maison en sommeil. Aujourd'hui, mon homme est en vadrouille. Je le retrouve ce soir. Lilou et ses parents viennent manger avec nous. Ils fêtaient l'anniversaire du papa la semaine dernière mais nous n'y sommes pas allés car les parents de Neb homme de moi étaient chez nous tout le week-end (quelle douceur de week-end ce fut!)...

Sinon, aujourd'hui soleil, (tout le week-end disent-ils). Whawha va sans doute être d'accord pour aller courir avec moi dans les champs.... Autour, il y des vignes de couleur et des feuilles dans lesquelles trainer les pieds.

 

27 octobre 2004

Wacances!

Je ne vois plus le jour. Déjà, quand je pars le matin et quand je rentre le soir, il fait nuit.

Encore deux jours de cours et je suis en pause, en standbye, en "grass'mat' forcées", en week-end prolongé, en VACANCES. J'ai besoin de ce temps pour moi. Souvent, l'envie d'écrire me prend et je n'ai pas le temps. Alors, ça glisse sur moi comme des gouttes sur une vitre. J'y pense et puis j'oublie, je fais autre chose, j'ai trop de choses à faire. Et les mots me filent entre les doigts alors que je les ai au bout de la langue ou qu'ils me chatouillent le stylo.

Ce week-end, nous avons fait connaissance avec nos voisins. Bien sympas, ceci dit si le petit Robin, deux ans pouvait faire moins de cauchemars la nuit, on s'en porterait pas plus mal. J'ai picollé du crémant jusqu'à onze heures dans leur salon alors que j'avais cours le lendemain et que j'étais pas au point. Je suis rentrée pompette, premier vent de vacances, début de cette insouciance qui ne durera qu'une semaine...

 

20 août 2004

La perle rare

                   L'appartement est trouvé. Mercredi, nous sommes tombés sur le coup de foudre que nous attendions. Rien à voir avec les visites de juillet. Nous venions alors de voir un grand F3, bien trop cher... J'avais encore sa lumière dans les yeux quand nous sommes arrivés dans le centre ville. Le proprio bidouillait sa sonnette (pas bon signe) et nous a fait grimper jusqu'au troisième étage d'un immeuble dont les couloirs sombres ne laissent rien présager de bon...

Nous nous somme retrouvés dans l'appartement de nos rêves. Mansardé, un séjour immense, une cuisine toute équipée (ça va des plaques induction au lave-vaisselle), une salle de bain design, un escalier en bois qui mène à l'étage (oui, oui, duplex!) et qui donne sur deux grandes chambres avec vélux. Le tout très lumineux, abordable, à 5 minutes du taf, en plein centre ville, que du bonheur...

Tout ça me ravit et me panique en même temps. Ouaip. Va falloir partir d'ici. Vite. Déménagement prévu début septembre. Je regarde autour de moi, je zyeute ma ville avec déjà un soupçon de nostalgie. Quitter cet appart', c'est fermer définitivement la parenthèse de ma vie d'étudiante (qui s'est achevée l'année dernière), de mes premiers amours, de mes chouilles... Je change de ville, j'ai un boulot à temps plein. Certes, ça ne veut pas dire plus de fiesta, mais c'est une page qui se tourne... J'ai le coeur gros. Je ne suis qu'une stupide matérialiste...

12 octobre 2004

Quantifiable.

Je crois que je suis un peu dingue. J'ai un truc comme ça dans ma tête, un truc que j'ai jamais dit à personne. J'ai besoin de quantifier les choses qui ne sont pas quantifiables. Oui, comme ça, c'est flou, ça ne parle pas; J'explique: j'aimerais savoir. Pouvoir savoir ce qu'on ne saura jamais. Alors j'imagine. Et très souvent, ça me prend, je me surprends à imaginer...

Ouais, ça ne vous parle toujours pas. Je donne quelques exemples pour que ce soit moins abstrait.

J'aimerais visualiser le tas monstrueux de tous les mégots de cigarettes que j'ai fumées.

J'aimerais savoir combien de fois j'ai monté l'escalier qui mène à ma nouvelle chambre.

J'aimerais pouvoir visualiser mes pas en rouge sur le sol pour voir si je passe toujours au même endroit.

J'aimerais savoir quelle longueur auraint mes cheveux si je ne les avais jamais coupés.

J'aimerais savoir combien de Mc Deluxe j'ai déjà mangés.

J'aimerais savoir depuis quand exactement j'appelle ma soeur Spö.

C'est peut-être pour cette raison que je suis aussi attachée à l'écriture. Elle me permet un tant soit si peu de SAVOIR, de VISUALISER, de REALISER... Vous croyez que je suis malade?

23 août 2004

Pré-rentrée

              Demain, les vacances se terminent pour moi. Je retrouve Tête de brique et sa clique. Les collègues aussi, avec sans doute de nouveaux arrivants. Deux jours de formation en vue, et oui, encore, on nous forme, nous reforme, comme de la pâte à modeler. Il veulent obtenir une forme de quoi au juste? Allez savoir!

Puis la semaine prochaine, je retrouve mes élèves et j'accueille les premières années. J'en ai rêvé cette nuit. Même s'il n'y a pas de stress en vue, j'appréhende ce moment. Non, pas vraiment de l'appréhension en fait. Difficile de qualifier cette attente. La première impression qui est toujours si importante. Y'aura tellement de choses à dire sur ces premiers jours. Je ne me souviens déjà plus de l'année dernière.

Puis comme je passe en temps plein, il va y avoir un rythme à prendre. Installer son petit coin tranquille là-bas. Eviter de ramener trop de boulot à la maison. Se fixer des loisirs pour ne pas se faire étouffer par le taf...

25 août 2004

Bonnes résolutions de la rentrée...

  1. Aller à la piscine une fois par semaine.
  2. Préparer mes cours sur l'année pour ne plus arriver les mains dans les poches le lundi matin en se disant "j'improvise".
  3. Etre moins chiante avec Neb.
  4. Passer moins de temps sur le net.
  5. Lire plus souvent le journal.
  6. Prendre un petit dej' (au moins une tasse de thé et un fruit).
  7. Ne pas se contenter de peu.
  8. Aller voir Lilou et la petite famille toutes les deux semaines au moins.
  9. Passer plus de temps dehors, même en hiver.
  10. Oublier ma télé qui est de toute façon plus là et se coller juste de temps en temps devant un bon DVD.
  11. Faire de bons petits plats.
  12. Ecrire.
  13. Prendre mon temps s'il est organisé.
  14. Faire l'amour plus souvent.
  15. Sourire.
  16. Jeter toutes ces vieilleries qui trainent (par exemple des revues qui ont plus de 6 ans)
  17. Sentir, renifler, vibrer.
  18. Prendre des photos.
  19. Ne plus s'énerver pour rien, relativiser.
  20. Ecouter de la musique, fort, tranquillement.
  21. Savourer le silence.
  22. Passer du temps avec Whawha qui est une entité et non un meuble (Whawha va d'ailleurs très bien, elle a aussi passé de bonnes vacances pour ceux qui se souciaient de son sort).
  23. Faire des efforts vestimentaires et mettre des bijoux plus souvent.
  24. Envoyer des cartes postales de temps en temps, c'est plus réservé aux vacances.
  25. Passer voir la famille plus souvent, en plus je me rapproche.
  26. Aller vers les gens.
  27. Faire ses courses au marché.
  28. Garder le contact avec les gens qui comptent, enrichir les relations.
  29. Découvrir de nouvelles choses (musique, cinoche, lecture)
  30. Ecrire plus souvent mes rêves
  31. Ne pas stresser pour mes cours, en particulier pour des petits fouteurs de merde qui en valent pas la peine.
  32. Vérifier plus souvent le compte en banque.

etc, etc...

Certaines choses ne sont que des améliorations, d'autres de vraies résolutions. Puis je change de vie. Au carrefour, avec toutes ces bonnes ondes autour.

 

24 août 2004

Mais où êtes vous?

Mouais, ma chance est passée... Ce n'est plus la saison des groseilles, je ne suis plus en page d'accueil de canalblog et pour conjurer le sort, je me suis absentée trois semaines J'ai plus de lecteurs... Les seuls qui arrivent encore ici, ils cherchent des fusibles de clio, des hommes nus sur la plage ou des culottes à matter. Des égarés. Desesperément navrant. Quand je pense que j'aurais pu profiter de ce succès et devenir une star! Je n'ai pas su saisir ma chance. Peut-être que je saurais m'illustrer d'une autre façon... Sinon, vous entendrez parler de moi en juin prochain... Si si, y'a des groseilles tous les ans...
9 novembre 2004

(Se sentir plus heureux)

Plus on est conforme, plus on est heureux
Plus productif
Confortable
Ne pas trop boire
Exercices réguliers au gymnase (3 jours par semaine)
Avoir de meilleures relations avec ses collègues de travail
A l'aise
Bien manger
(plus de repas au micro-onde et de graisses saturées)
Un meilleur conducteur et patient
Une voiture plus sûre
(avec un bébé souriant à l'arrière)
Bien dormir (plus de mauvais rêves)
Pas de paranoïa
Soigneux avec tous les animaux
(ne pas évacuer les araignées dans l'évier)
Rester en contact avec les vieux amis
(s'autoriser un petit verre de temps en temps)
Va souvent vérifier combien il te reste à la banque
(imaginaire : le trou dans le mur)
Faveurs pour faveurs
Aimer par amitié mais pas par amour
Le charité te commande
Le dimanche, faire les supermachés
Ne pas tuer les papillons
Ni mettre de l'eau bouillante sur les fourmis
Lavage de voiture (aussi le dimanche)
Plus jamais être effrayé par l'obscurité
Ou par les ombres de midi
Rien de plus ridicule et désespéré
Rien de plus puéril
A un meilleur rythme
Plus lente et mieux calculée
Pas de chance de s'échapper
Maintenant, tu travailles à ton compte
Inquiet (mais impuissant)
Un membre important et informé d'une entreprise
(pragmatique mais pas idéaliste)
Ne criera pas en public
Moins de chance de maladie
Des pneux qui aggrippent aux sols mouillés
Une bonne mémoire
Toujours pleurer lors d'un bon film
Toujours embrasser avec de la salive
Plus jamais vidé et désespéré
Comme un chat
Attaché à un bâton

L'hiver gelé, c'est de la merde
(capacité à se moquer de la faiblesse)
Calme
Plus on est conforme et en bonne santé
Plus on est productif
Un cochon
Dans une cage
Sous antibiotiques.

OK computer, Radiohead. (www.musikmania.net)

Le bonheur est sous ton nez, peut-être même que tu es assis dessus.

14 septembre 2004

Et mon Q c'est du poulet.

Il parait qu'il y a des droits sur tout, sur ce que l'on dit, sur son image, sur ses écrits. On me parle à l'instant de ma propriété intellectuelle. "Tu devrais pas laisser trainer tes classeurs avec tes progressions, méfie toi, c'est ta propriété intellectuelle". Je savais pas que j'avais une propriété intellectuelle. Je vais mettre des petits copyrights partout autour de moi. Pas touche, j'ai des droits, c'est à moi... N'importe quoi... Moi, je suis à tout le monde et je ne suis à personne, il paraîtrait même que je suis Victoria About! Méfiez-vous!

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Diane Groseille
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