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Diane Groseille
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5 avril 2006

En avril ne te découvre pas d'un fil.

Toujours la même difficulté le mercredi à cette heure ci, je tombe de sommeil. Il y a cette heure creuse en plein milieu de cette journée trop pleine. Tellement pleine que je ne rentre pas à midi, je mange une banane en me pen,chant sur un paquet de copies. Et là, le rythme s'arrête un instant et c'est traître. C'est comme de s'arrêter pour respirer pendant une course, on ne peut plus repartir, on a les jambes coupées. Le coup de pompe phénoménal s'empare de moi, à chaque fois. J'en suis au stade où je pourrais me rouler en boule par terre dans un coin et dormir sur le champ.

Je ne sais pas si j'ai bien fait, mais j'ai parlé de mon départ à certaines collègues ce matin (elles aimeraient arrondir leurs heures et s'inquiètent de voir les effectifs en baisse pour la prochaine rentrée). Le creux de la vague-motivation des élèves, l'oubli de mon anniversaire par certains, la distance qui se creuse en ce moment, ce fossé entre ce que je veux faire et ce que je peux faire... Tant de détails qui m'encouragent à officialiser tout ça (je veux dire que jusqu'à maintenant, c'est les collègues qui auraient su me motiver pour rester, aujourd'hui, il n'y a même plus ça). Je n'aimerais pas cependant que la nouvelle arrive aux oreilles de la direction avant que je ne l'annonce. Tête de Brique pourrait me pourrir la vie jusqu'à fin juin. Quoi que, ça n'y changerait rien. Je suis décidée.

Puis il neige aujourd'hui. Un comble. Et moi avec ma jupette noire, je frissonne depuis ce matin.

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24 avril 2006

S'il fallait mettre un titre...

Les heures viennent à nouveau s'aligner. Elles me semblent pires que jamais. Certains élèves s'endorment, je ne cesse de les rappeler à l'ordre "je suis là, on écoute, un effort". Boulot de flicaille. Ils travaillent en entreprise, je sais, le rythme de l'alternance est dur pour eux. Pourtant, je fais mon maximum pour qu'il y ait encore un sens à tout ça. Tout à l'heure, alors que ma voix résonnait dans les oreilles d'un somnolent, une petite demoiselle m'a dit, tout sourire, comme une évidence: "Mais, Madame, faites comme la prof d'allemand, elle laisse dormir ceux qui sont fatigués". C'est la fête du slip. Je veux partir. Il est temps que ça s'arrête, je suis blasée, je n'ai plus ma place, j'ai cherché trop d'excuses.

Appel ce matin pour une annonce de boulot vue sur le site de l'ANPE. Petit pincement mais ça ne collera pas. Le poste est à pourvoir immédiatement. La voix me dit d'envoyer un CV, on ne sait jamais, des postes pourraient se libérer pour septembre. Pourtant, c'était plaisant, bon salaire, pas de trajet, profil souhaité, expérience dans le domaine. Je me rassure : s'il y en a eu une, il y en aura d'autres.

Puis il y a un cours prépa-bac qui se profile jeudi après-midi. J'ai dit oui à la maman que j'ai eu au téléphone il y a une heure, mais ça me contrarie vraiment. Je comptais sur ces quelques heures pour boucler ce fameux rapport d'apprentissage. Je lisais il y a peu sur le forum des inscrits que beaucoup passeraient les examens en mai mais se contenteraient de rendre le rapport en août, pour avoir plus de temps et de recul. L'idée me séduit. D'autant que je n'ai pas vraiment mon quota d'heures et qu'il me manque la signature de la prof.

Et comme ça, sans s'en rendre compte, en moins de vingt quatre heures, on replonge dans la réalité.

22 avril 2006

Déjà de retour.

Quelques jours de pause qui viennent de glisser. Quelques jours ailleurs, pour respirer, faire le vide. Efficacité maximum, à tel point que j'ai du mal à m'imaginer reprendre les cours lundi matin. Mais c'est la dernière ligne droite. Une longue droite noire tracée à la règle et au stylo à bille sur une feuille à carreaux. J'ai déjà beaucoup d'idées pour la suite, tellement que je ne sais trop que choisir : un retour aux cours particuliers, des remplacements, un ou deux CDD... Je suis aussi bien contente de moi, j'ai déjà pris beaucoup d'avance pour le rapport que je dois renvoyer avant le 30 avril. J'ai encore dans la tête tout ce bleu et ce pur des montagnes. Nous avons été étonnés de retrouver tous les arbres verts ici à notre retour. Quelques petites factures contrariantes aussi, mais le ciel reste clair. Demain midi, premier barbecue de l'année.

3 mai 2006

Rien que ça !

Un coup de fil d'une maman d'élève hier, calé entre deux cours, chrono en tête. Je me dis que je vais pouvoir faire vite, il n'y a rien de vraiment grave à première vue. Dès les premières secondes de communication, je comprends qui est au bout du fil: je ne peux pas en placer une... Et je sais que mon estimation tombe à l'eau, je vais devoir être impolie si je souhaite prendre la classe suivante dans les temps. La maman parle toute seule. Après quelques minutes de son monologue (elle se plaint des difficultés de sa fille qui est livrée à elle-même), je lui demande ce qu'elle attend de moi, quel est vraiment l'objet qui justifiait que je la rappelle. Elle attend de moi un soutien individualisé. Je lui explique que ni mon emploi du temps, ni celui de sa fille ne le permettent. Puis comme elle s'énerve et monte le ton, je lui précise que lorsque je donne des cours particuliers, ça se passe en dehors de l'établisdsement et que je le facture une vingtaine d'euros de l'heure. Elle continue à aboyer en finissant sa phrase par "faudra pas venir pleurer". Je lui réponds alors calmement que ce n'est pas moi qui chouinais depuis dix minutes au téléphone, et qu'en aucun cas, je ne travaillerais à la place de sa fille qui a décidé de glander sec pour qu'elle réussisse. Sur ce, alors que je suis sur le point de lui raccrocher au nez, elle beugle que certains formateurs l'ont accueillie mieux que moi et affirme avoir passé quatre heures en entretien avec une de nos formatrices. Je me marre bien et je raccroche. Quatre heures...  mais bien sur. "Et la marmotte...".

Sur ce, je monte en salle des profs pour y récupérer mes affaires et avant de filer en cours, je raconte la bonne blague des "quatre heures d'entretien" aux collègues présents. Et là, alors qu'un sourire se dessine sur les visages, je vois ma pie de prof d'anglais qui baisse la tête honteusement et qui marmonne "Si, c'est vrai, c'était avec moi". Je suis restée la bouche ouverte. Je n'ai rien trouvé d'autre à répondre que "chacun ses loisirs !..."

1 mai 2006

Ces journées qui pourraient ne pas exister.

Alors samedi, j'ai pris la fuite. Je voulais partir dans les bois, mais c'est finalement dans un centre commercial que je suis allée éponger ma colère. Au milieu d'âmes préoccupées. J'ai lu des livres, écouté des disques, acheté un bouquin de nouvelles recettes de pains... Pas si désagréable finalement de flâner quand les autres sont pressés. Pendant ce temps là, l'homme s'est réveillé à la maison et mon portable vibrait sans arrêt dans ma poche. Même ma soeur a pris le relais puisqu'il était allé l'inquiéter au téléphone. J'ai encore trainé, dans d'autres boutiques, je suis allée acheter mes farines et comme à mon habitude, j'ai trainé dans les rayons de Truffaut. Puis je suis rentrée. Rage sortie, j'ai même pas voulu écouter son blabla.

Nous sommes finalement allés à ce festival. Bien mais sans plus. J'ai bien aimé Da Silva mais j'imagine que c'est plus agréable à voir dans une petite salle, son côté intimiste avait du mal à résonner dans ce grand hall. Un peu déçue par les Têtes Raides, beaucoup plus électrique que ce que j'avais entendu. Et un bon Lo'Jo, sur une scène plus petite. L'impression globale est d'être en dehors, loin de tout ça. J'ai regardé ces gens s'agiter autour de moi. Si jeunes. Parfois la sensation de ne pas être très loin d'une salle de cours. Puis ce qui attire surtout mon regard, c'est une fois de plus, tout ce côté "tape-à-l'oeil". La petite miss qui se balade en débardeur pour qu'on assiste à  la naissance de ses seins alors qu'il fait moins de dix degrés. Toutes ces nanas aussi avec des fils multicolores et fluo tressés dans les cheveux. Bof, je me sens loin. Je suis emballée dans mon gros pull et j'ai encore froid. On s'agite vaguement devant la scène de "Mon côté Punk", y'a du Kusturika dans ce qu'ils font, j'adore. R. nous a rejoints, il est venu avec  sa fille. Nous avons bu quelques bières... Puis comme le type qui était avec moi avait fait la bringue jusqu'à six heures du mat' et que c'est lui qui roulait, il a voulu rentrer.

Hier, une de ces journées qui auraient pu ne pas exister sur le calendrier. J'ai beaucoup dormi, regardé des bétises à la télé. Puis dans la soirée, homme est reparti. Il est rentré ce matin à cinq heures. Notez, y'a du mieux. J'avoue que je suis perdue. Je n'ai pas envie de jouer à la chieuse, bien sur il a le droit de se faire plaisir avec ses potes. D'un autre côté, je me dis que n'importe quelle fille se poserait des questions. C'est pas comme s'il s'emmerdait avec moi, je le motive en permanence pour faire plein de choses. Et puis la conclusion de ce matin : "il veut vivre sa vie, je vais vivre la mienne".

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29 avril 2006

Amertume.

Homme rentré à six heures ce matin. Je suis triste et écoeurée. Je ne sais pas où il a traîné, les boîtes de la région ferment à quatre heures. C'est amer et froid. Il dort encore. Nous devons partir dans peu de temps à ce festival. Aucune envie d'aller le réveiller, même plus envie d'y aller d'ailleurs. Y'a comme un bloc de confiance qui s'effrite les derniers temps, ça et d'autres détails. J'hésite encore, mais je crois que je vais mettre les voiles avant qu'il ne se réveille. Je ne sais pas où aller, j'ai pas envie d'être la quand il voudra bien pointer sa gueule enfarinée.

11 mai 2006

Dans les couloirs que je quitte.

Il y a toutes ces odeurs ce matin, omniprésentes. Pourquoi y suis-je plus sensible aujourd'hui? Le papier chaud qui sort de la photocopieuse, le détergent utilisé dans les salles de cours, la fumée de cigarette qui monte de la cour de récréation et vient s'insinuer dans les couloirs, la javel des sanitaires, les odeurs de repas qui montent des cuisines... Je me sens comme une éponge.

6 mai 2006

****

Tout l'appartement sent le lila. Spö est arrivée hier soir avec quelques belles branches odorantes. Dans une demi heure, cours de violon. A cause des vacances, je n'y ai pas été depuis plusieurs semaines et je n'ai pas assez travaillé. Je vais me faire gronder par mon prof. Mes doigts sont engourdis et l'archet semble vouloir resté collé sur les cordes. Encore quelques rayons de soleil ce matin. On nous promet des nuages et de la pluie pour la suite. Si nous avons encore un sursis, nous irons faire du vélo cet après-midi.

26 mai 2006

Happy B.

Voili, voilà, passé le cap des deux ans.
Le blog a toujours autant d'importance pour moi.
Un repère/repaire, une échappatoire, un exutoire.
Un petit nid douillet où j'arrive de plus en plus à être moi-même.
Un miroir qui essaye tant bien que mal de faire abstraction du regard des autres.
Et pourtant sans ce regard, Diane Groseille n'existerait pas.

Je me demande ce qu'il en sera dans un an, dans dix ans.
La mode bloguesque sera évaporée,
avec celle du coiffé-décoiffé, celle des chaussures pointues, celle des "quoi" en fin de phrases.
Et je serai peut-être toujours là, parce que pour moi, ça n'a rien d'un phénomène de mode.

6 novembre 2005

Revenant.

Hier après-midi, autour de la table familiale et de deux tasses de thé, j'écoute ma mère me conter les dernières nouveautés. Mon portable qui sonne , alors que j'engouffre un quartier de clémentine. Un numéro que je ne connais pas s'affiche. En temps normal, je n'aurais pas décroché. J'aurais laissé l'inconnu déposer un message sur ma boîte vocale après le pléonasmique "bip sonore". [Il faudra d'ailleurs que j'explique le rapport conflictuel que j'entretiens avec mon portable]. Mais hier, je ne saurais dire pourquoi, j'ai décroché. J'étais assise,  heureusement. Le Jules. L'ex dans toute sa splendeur, celui qui a disparu de la circulation sans donner d'adresse, sans même laisser transparaître un signe de vie. Un ex un peu particulier malgré tout puisque pendant deux ans c'est une complicité très forte qui nous a unis: une relation unique et magique qui nous a permis de partager énormément sans jamais vivre ensemble, en se faisant si peu de promesses, en ne faisant aucun sacrifice. Pas de corde au cou. La liberté. Mais bien sur, il y a eu le revers de la médaille. Une seule promesse cependant: être toujours là l'un pour l'autre quoi qu'il advienne. Et il n'était plus là depuis plus d'un an. Parti au bras d'une demoiselle qui préferait ne pas avoir ma tronche dans le champ de vision. J'avais compris. Je n'attendais plus de nouvelles.

Sa voix hier, naturelle, presque enfantine dans ses intonations, me cloue sur place. Comme si je parlais à un fantôme. Et pourtant c'est bien lui. Il est parti. A été muté en Bourgogne. Vit seul puisqu'elle a repris ses études ailleurs. Mais ils se sont mariés la semaine dernière pour éviter d'être loin lors des prochaines mutations. Il me dit ça comme s'il me racontait ses achats de la journée. Naturellement. Rien ne m'étonne vraiment en fait. Il avait besoin de s'attacher, d'avoir ces cordes qui rassurent, comme s'il avait jeté l'ancre.

Je l'écoute me raconter sa nouvelle vie si différente. Je lui parle de moi, vite, une caricature de ma vie du moment: le violon, la reprise des études pour la mention, le bahut, les projets. Et il me dit cette phrase alors que je lui demande pourquoi il m'appelle, si tard, comme ça. Il me répond qu'il devait toujours être là pour moi, qu'il est toujours là. Je retrouve son monde, son univers dans ses mots, sa chaleur, sa simplicité. C'est un ami qui reprend position dans ma vie pendant une demi-heure. Lorsque je raccroche, il y a comme un soulagement, une douceur, une caresse rassurante qui est passée sur mon visage. Savoir qu'il est toujours là.

16 mai 2006

Une grande fille.

Encore un jour de formation. Pour cela, il a fallu que j'aille à S., et vous savez sans doute que je n'aime pas cette ville puisque je trouve moyen de le caser à chaque fois que j'y vais. Tout est trop grand là-bas et moi trop petite. Alors hier matin, je suis partie de chez ma soeur chez qui j'avais dormi pour cette journée (last one) de formation. Traverser la ville de long en large pour trouver ce lycée professionnel, sous un petit soleil frais. Arriver dans cette cour aux marronniers et retrouver le groupe de profs, des têtes que l'on connaît déjà, ils font la même chose que moi ailleurs, ils se battent aussi, certains, d'autres ont baissé les bras mais ne sont pas partis, et n'ont pas honte de le dire. La situation s'annonçait ridicule, je le savais avant d'y être puisque je quitte mon établissement dans un mois et demi. Alors écouter bien sagement les consignes de mise en place des examens pour l'année prochaine fut difficile : beaucoup de bâillements et quelques beaux moments de somnolence. Mais pour une fois que c'est moi qui somnole dans une salle de cours... J'ai cependant été ravie de côtoyer à nouveau ce formateur de formateur qui a su me motiver encore davantage pour la suite et qui appuie ma décision. D'autant plus qu'il a vu en janvier dans quelles conditions je travaillais (je peux déjà le mettre à l'imparfait là ?) et il m'a dit courageuse d'être restée si longtemps. Il m'a aussi parlé des éventuels concours à venir, ne pas hésiter à le contacter si besoin est, il peut me filer des tuyaux. Je fais un premier bilan. Il est le seul depuis trois ans a avoir su me donner envie d'enseigner, ces trucs et astuces, sa façon de voir une salle de classe, ce ne sont plus quatre murs autour des élèves.

Un sandwich à midi en relisant les cours du CNED dans les jardins du palais U. Encore trois heures l'après-midi où la somnolence est renforcée par la phase de digestion. Puis vers quatre heures et demi, direction la gare, passage sous la cathédrale, se sentir encore plus petite sous cette masse rose. S'asseoir dans le train, ça rappelle tous les souvenirs de matins gris quand on partait de l'autre bout de la région. Croiser un collègue arrivée sur l'autre quai de gare, qui dit entre deux trains "ça a fait tout vide de ne pas te voir aujourd'hui". Le vide ne fait que commencer. Je pars en examens à Grenoble jeudi et vendredi. Puis l'année prochaine, je ne suis plus là, il faudra vous habituer au vide, le combler avec quelqu'un d'autre, personne n'est irremplaçable.

Je rentre ici, les jambes lourdes et les pieds en compote, quelque sept ou huit kilomètres trottés dans la journée. Je me sens fière de moi. Je me sens plus grande.

19 novembre 2005

Honte.

A l'instant sur TF1, Star'Ac en bruit de fond (non, c'est vrai, si je regardais vraiment, j'aurais pas honte de le dire). Ils commencent avec une reprise de la plus connue des Enfoirés. Plutôt bonne d'ailleurs. J'aime toujours entendre cette chanson. Mais c'est l'autre connard qui me fait froid dans le dos juste après en clamant avec sa voix nasillarde "et oui Mesdames et Messieurs, aujourd'hui en France, des gens meurent encore de froid et de faim" et tous ces abrutis dans le public de crier "ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiis".... Je reste la bouche ouverte. Honte à eux. Nan, mais je rêve, il font un test de QI pour les laisser entrer ?

11 novembre 2005

Mon rêve.

Du mal à reprendre la réalité en cours de route. C'est un jour férié où tout semble s'être arrèté. Je me suis arrètée cette nuit.  Un rêve hier soir a sauté dans ma réalité. Hier soir. Une nuit de grand bonheur. Une nuit de lumière.


Quand tu essayes de faire de ton mieux mais que tu n'y arrives pas.
Quand tu obtiens ce que tu veux, mais pas ce dont tu as besoin.
Quand tu te sens si fatigué mais que tu ne peux pas dormir.
Coincé en arrière.
Quand les larmes coulent le long de tes joues.
Quand tu perds quelque chose que tu ne peux pas remplacer.
Quand tu aimes quelqu'un mais que c'est foutu d'avance.
Est-ce que ça peut être pire?

Les lumière vont te guider jusqu'à chez toi et raviver la flamme
Et j'essayerai de te redonner la force.


Départ à dix sept heures pour une terre inconnue: concert de Coldplay, tournée 2005, parmi les premières dates. Trois heures de route pour se retrouver à Mannheim, ville qui semble immense et inhabitée. On trouve la salle tout de suite, comme guidés, aimantés. Entrée dans ce qui ressemble à un énorme gymnase, pas de gradins, difficile d'apercevoir la scène, petit moment de panique. C'est le groupe qui assure la première partie qui joue. Le Pooh, Neb et moi nous tortillons dans tous les sens pour voir quelque chose. On finit par se déplacer vers l'avant, pour se caler sur la droite de la scène.

Ce n'est que vers 21h30 que les lumières s'éteignent. Une écran lumineux de la taille de la scène s'allume, sur celui-ci des chiffres défilent, comme un  compte à rebours. Les musiciens sont là et la voix de Chris Martin égrenne les premières notes. On voit sa silhouette encore calme en ombres chinoises derrière l'écran lumineux. Puis il s'élance sur scène pour y bondir comme à son habitude. C'est parti pour une heure et quart de concert. La mise en scène est merveilleuse, les effets de lumières surprenants car variés, beaucoup plus recherchés que lors de la tournée de 2003. Les titres se suivent, le groupe enchaîne des morceaux de leurs trois albums. Un merveilleux Yellow avec d'énormes ballons jaunes qui viennent se balader au-dessus du public. Quelques morceaux en acoustique. De belles images, bien filmées qui apparaissent sur l'écran de fond. Quelques oublis de paroles qui font rire le public. Quelques messages maladroits en allemand ou en anglais adressés à la foule, des sourires, des bonds, des regards. Un rappel, avec In my place et Fix you, des frissons et quelques larmes.
Retour à la maison avec l'impression d'avoir vraiment partagé quelque chose ( malgré un public mou et dissipé). Un moment magique.



18 novembre 2005

Tirer sur la corde.

Je voulais pas y aller pourtant, j'avais prévu une soirée couette-canap'-bon bouquin parce que c'est dans mes dernières journées de célibataire et qu'il faut profiter de ce calme à double tranchant. Puis le téléphone a sonné "aller boire un verre, c'est tout" m'annonce R. qui a cèder à la proposition d'anciens élèves avec qui nous avons pris l'habitude de faire la fête. Mouais, encore plusieurs paquets de copies qui traînent, mais on va y aller et pas rentrer tard, parce qu'on les aime vraiment beaucoup. Après deux bières, l'éventualité du resto se profile à l'horizon. Pourquoi pas, de toute façon, j'avais pas envie de me faire à manger. Puis vers 23 heures, après avoir couiné que c'était hors de question et que j'allais rentrer chez moi, je me suis laissée traîner dans ce bar-ambiance où nous avons déjà nos marques. Nous en sommes ressortis à quatre heures et demi. J'ai dormi deux heures ce matin, entre cinq et sept à peu de choses près. J'ai assuré mes six heures de cours du vendredi avec des jeunes qui sentent la neige ou la pleine lune. La fatigue commence seulement à me gagner, mais je sens qu'elle va me suivre une bonne partie du week-end. J'ai plus vingt ans.

12 décembre 2005

Marché de Noël -bis-.

Levée trop tôt, le visage encore chiffoné, une lourde semaine qui m'attend, mais c'est la dernière avant les vacances de Noël. Il faudra sortir à un moment ou un autre avant le 24 pour acheter des cadeaux. Je voulais cette année passer commande intégralement sur internet, mais les idées ne sont pas venues et je n'ai pas pris le temps de les trouver. Alors il va falloir s'armer de courage.

Comme samedi après midi. Mon prof de violon m'avait enfin donné les références de ma nouvelle méthode. Impatiente, je me suis dit qu'il me fallait "seulement" traverser la ville pour la tenir dans mes mains. Armée de mes gants, de mon courage et de ma patience, je suis donc descendue dans la rue. Dès l'ouverture de la porte, je fais un bond en arrière. Juste là, devant moi sur le trottoir, le Saint Nicolas et son âne créé un attroupement digne de Britney Spears. Je prends ma respiration et me jette dans la masse, presque en apnée. Dix minutes pour parcourir les deux cents premiers mètres. Ensuite, plus facilement, je me faufile entre les poussettes et les appareils photos en expectative devant une boule de Noël. J'élabore vite les itinéraires les plus farfelus pour éviter les axes principaux. Je l'ai déjà dit précédemment, je déteste les marchés de Noël, mais je ne pensais pas que ça pouvait atteindre de tels sommets. En me glissant entre les passant, très rapidement, j'absorbe leur mauvaise humeur contagieuse. Ils sont tous scandalisés de ne pas être les seuls, tous profondément outrés par la présence de leurs semblables. Du coup, les conversations ne tournent pas autour du choix des cadeaux ou de l'esprit de Noël, mais autour du dernier connard qui a écrasé les doigts de pieds de Madame, "non, mais tu t'rends compte, c'est inadmissible une telle attitude". Madame qui recule en disant cela écrase les doigts de pieds de Monsieur qui éructe son vin chaud. J'observe en essayant d'avancer et je me dis que mon message était bien loin de la réalité.

Je vois une vieille dame me filer un violent coup de canne dans les tibias alors que je tente de la doubler. Je vois une maman tirer son gamin par le col de la veste parce que le malheureux s'attarde devant une cage de lapins. Je vois les pauvres lapins à l'intérieur de ces mêmes cages, et plus loin de pauvres biquettes dans un enclos d'un mètre carré qui se font tripoter par tous les passants. Je vois une femme assise sur un trottoir en plein milieu des colonnes de passants, elle pleure. Je vois un type sur un vélo qui doit essayer d'avancer sur ce qui était autrefois une route et qui, visiblement à bout de nerfs, insulte tout le monde, très fort. Je vois une vieille dame qui a rien trouvé de plus intelligent que de venir traîner un chat en laisse dans cette cohue. Je vois un adolescent qui écrase volontairement sa gaufre au chocolat sur la veste du gars devant lui qui n'avance pas. Plus loin, dans un concert de klaxon, je vois des gens qui s'égosillent seuls dans leur voiture, d'autres, plus intelligents ouvrent la fenêtre et crient avec qui veut bien l'entendre. Plus violent encore, un vieux Monsieur qui se tape la tête sur son volant. Ils ne sont plus courageux, ils sont stupides d'être montés dans leurs voitures un samedi après midi.

Alors si quelqu'un peut ici témoigner d'un agréable passage dans un quelconque marché de Noël, qu'il parle je commence à me poser sérieusement des questions.

12 décembre 2005

Eternal sunshine of the spotless mind. Paradoxe.

Y'avait ce film que j'avais bien envie de voir. Il passait sur canal + et j'ai voulu en savoir plus parce que le scénario était intriguant. Alors, je ne suis pas allée chercher très loin, j'ai ouvert mon programme télé du Nouvel Obs. Comme je le lis depuis plusieurs mois, je sais qu'ils n'y vont pas avec le dos de la cuiller, et j'irais même plus loin en disant qu'ils prennent un malin plaisir à démolir la plupart des films avec des remarques souvent dignes de cours de récréation. Mais là, en fait, je me marre bien, a vous de juger, deux critiques dans le même journal, à propos du même film:

Semaine du 3 au 9 décembre: c'est aussi philosophique qu'une devinette de carambar et aussi agréable à regarder qu'une flaque de cambouis. Images moches( tons verdâtres), (...)impression générale de gâtisme avancé. (vous voyez où je veux en venir quand je parle de cour de récréation ? Les références sont toutes trouvées)

Semaine du 10 au 16 décembre: Inventif, touchant, d'une originalité extrême.

Faudrait se mettre d'accord non ? Ou peut-être simplement regarder les films en question. Si quelqu'un l'a vu et peut "mieux" me conseiller, j'écoute.

30 décembre 2005

52eme semaine.

Dernière journée officielle de vacances, le reste sera du week-end. Et quel week-end ! Quelle idée ridicule de coller le réveillon sur un samedi soir, quelle honte pour tous ces gens, comme moi qui vont retourner travailler le lundi matin... Mais qui est l'idiot ? Moi sans doute. Alors on fait un petit truc sage. Le Pooh et son prince charmant (on en est à un stade où on peut déjà enlever les majuscules), Jéjé toujours célibataire, l'ex-voisine et son malheureusement toujours "actuel" copain, et quelques égarés de service qui seront ravis de se joindre à notre soirée pour ne pas la passer seul. 

Quand je dis, "on va faire sage", c'est que ça s'impose. Abus évident d'alcool sur la dernière semaine. Il y a eu bien sur cette soirée de Noël qui a trainé quelques larmes ici en fin de soirée, mais qui a surtout drainé quelques fou-rires mémorables. Premier Noël aussi trash. Y'avait aussi Boucle d'or et Neb a fait venir un copain qui était seul pour le coup, alors y'a toujours une assiette pour l'invité de Noël. Lendemain difficile quand il faut réattaquer presque au réveil. Puis plus tard dans la semaine, y'a l'Amie et son homme qui sont venus passer une soirée ici. On s'est terminés au crémant à quatre heures du mat', dans un bar de la rue de la gare. J'en ai encore les genoux et les fesses bleus car il n'y avait que l'alcool pour ne pas geler cette nuit là.

Comme d'habitude, mauvaise conscience de fin de vacances car j'aurais dû en faire quatre fois plus. Les bulletins sont toujours là sur la table basse et ont si peu avancé. J'aurais aimé prendre vraiment de l'avance. J'ai pas pris trop de retard, positivons.

25 décembre 2005

Soir de Noël.

Avec ceux que j'aime. Et pourtant les cils de mes yeux sont maquillés et mouillés. Et tant d'humidité sur mon visage et tant de tristesse dans mon corps. De la tristesse gratuite et partagée. Pour ces canards qu'on tue, pour ces gens qui meurent de faim, pour ceux qui se goiffrent malheureux, pour ceux qui ne comprennent pas malgré la musique "so this is goodbye". Stina Nordenstam. Et tant de gens passent à côté, vivent à côté et ces rubans qui scient mes chevilles en collant ne comprennnent pas non plus. Et vous ?

8 janvier 2006

Watch out, the world's behind you

Y'a toujours un moment où on s'arrête.
Comme un dimanche matin où on va prendre le temps, parce qu'on arrivait plus à dormir et que finalement ça tombe bien.
Alors, on fait du pain, on laisse le temps à la pâte de monter et de respirer sa bonne odeur partout dans la maison.
On lance une machine de linge.
On regarde des clips à la télé, pas encore réveillée, la bouche ouverte devant la souplesse de Madona ou les déchirements de Chimène Badi.
On corrige un paquet de copies et c'est bon de savoir qu'après, il ne faudra pas courir pour les rendre aux élèves.
On se fait un thé rouge, une théière pleine pour avoir le temps de la siffler, siroter, voir la tasse fumer sur le coin de la table.
On traîne sous la douche, toujours trop chaude, même depuis qu'ils ont changé le chauffe-eau, passer de la crême sur la peau qui tire et qui vieillit.
On prend le temps d'aller s'allonger près de lui qui dort encore, de le regarder respirer, de passer une main sur sa joue.
On lit trois pages d'un bouquin acheté il y a trois mois et on le repose.
On caresse son violon, on en tire quelques notes, on le repose et on le regarde parce qu'il a quelque chose de rassurant là, sur cette commode, comme pour dire "tu as su le faire".
On feuillette le Nouvel Obs'.
On vient ici taper quelques mots sans importance.
On ne pense surtout pas à la suite.

Et ça me trotte dans la tête depuis le premier janvier, j'aimerais avoir moins peur des gens, ces gens qui me poussent à l'intérieur de moi-même trop souvent.

4 janvier 2006

50 %.

Les membres lourds, je me lève après m'être à peine étirée. Mon corps machinalement va se rincer sous l'eau chaude. J'attache mes cheveux qui, électriques, veulent se coller à mes joues. Je mets du noir sur mes yeux pour avoir l'air réveillé, mais je dors encore. J'emballe ce grand corps tout endolori dans des vêtements chauds et confortables, comme une couette pour la journée, pour affronter le dehors, le froid, la vie. Je bois une tasse de thé au goût presque amer d'avoir trop attendu. Je me sauve pour quelques heures de lumière faible et lointaine.

L'hiver, je ne suis qu'une moitié de moi-même.

15 janvier 2006

Youpi...

Aujourd'hui, ils déménagent. J'entends en ce moment même leurs aller-retours pachidermiques dans les escaliers, mais pour une fois, ça me réjouit parce que je sais que c'est la dernière (quoique, je ne sais pas si  ce varcarme va vraiment me réjouir toute la journée, ma patience a des limites, qu'ils fassent vite).  Je pense déjà à nos grasses matinées silencieuses (c'est pas encore pour aujourd'hui, mais ça va venir) et je prie pour que nos futurs  nouveaux voisins ne soient pas trop pressés, pas aussi bruyants, moins vulgaires et surtout moins crados. 
Si ce n'est cela,  il faut aujourd'hui que je fasse du pain (il n'y en a plus), que  je boucle les bulletins avec les trois classes restantes,  que j'envoie quelques cartes de voeux (de plus en plus rares sont les personnes à qui je "souhaite" vraiment quelque chose donc ce sera un plaisir rapide > il faut d'ailleurs à ce sujet que je parle de cette déception permanente que m'inspirent certaines personnes) et il ne faut pas que j'oublie de répondre au questionnaire de Mademoiselle Laureline... Et je continue de me réjouir...

25 février 2006

Le lapin.

Levée tôt pour rien, mon cours de violon est annulé. Mais je ne le savais pas. Je me suis rendue à l'école de musique, dans le froid du matin qui pique les joues. J'ai attendu devant la grande porte en bois fermée à clé. Je me suis assise sur les marches grinçantes, j'ai refait mes lassets.  J'ai entendu les voisins de palier qui mangeaient des tartines de confiturtes et des kiwis, odeurs de café au lait jusque dans le couloir. Puis je suis repartie, je me suis encore arrêtée au pied de l'immeuble, devant cette petite boutique qui vend des cartes postales, j'ai zyeuté les tourniquets en espérant que mon prof arrive... Mais rien. Alors j'ai pris le chemin du retour pour trouver chez moi un message sur mon téléphone, datant de hier soir minuit "pas cours demain matin". J'avais pourtant bien appris mon morceau "Ah vous dirais-je Maman"...

Nous partons à la piscine dans une demi-heure. Neb homme de moi est encore au lit, et en vacances depuis hier soir. Il me quitte ce week-end pour rejoindre pendant une semaine sa famille, ses amis, ses alpages. En attendant son réveil, je vais me faire une tartine de confiture, moi aussi, celle que je n'ai pas eu le temps de manger avant de partir. Une matinée qui s'annonce douce comme une chanson de Jack Johnson.

1 février 2006

Le courage.

Du brouillard ce matin. Mais les journées sont de toute façon teintées de brouillard. Je mange pour manger mais rien n'a de goût. Tout est anesthesié cet hiver. Je veux quitter ce boulot. Echéance de deux semaines devant moi. Il y a des annonces sur internet. De la formation pour adultes, des étrangers. Ce sont des CDD. "Folle de quitter un CDI" me diront certains. Si je ne prends pas de risques maintenant, je resterai dans cette boîte toute ma vie, lâche, avec des jeunes dont je connais déjà les limites et le peu de motivation. Que ceux qui y croyaient s'en aillent, je ne suis pas cette prof qui fait des miracles, qui défend les faibles et les opprimés, qui lutte coûte que coûte pour ses élèves. Ils m'ont épuisée, lassée, je travaille trop souvent seule devant une salle de classe qui compte les minutes restantes avant la sonnerie... Il faudrait que j'attende la fin de l'année pour cette fuite, mais ça me ronge un peu plus chaque jour.

Puis il y a eu cette réunion hier soir : on nous impose encore du travail supplémentaire, que je juge parfaitement inutile. Avec cette petite phrase qui blesse "les deux premières années, on vous a laissés tranquilles". Oui, ce n'est pas comme si on avait eu les cours de deux niveaux à mettre en place à raison de douze classes. Une fois de plus, aucune reconnaissance du travail effectué et des heures supplémentaires. C'est à contre coeur que je me rends là-bas depuis plusieurs semaines. Tête de Brique y est pour beaucoup aussi. Je n'ai pas relaté ici le dernier épisode de vulgarité et de violence ordinaire, mais on a encore élevé tout ça d'un cran.

Alors je vais PARTIR.

N.B. : encore cette nuit dans mon rêve, un petit chien noir et frisé qui court derrière moi.

14 février 2006

Fil tendu.

Saint Valentin. Aucun impact. Hier soir, l'Amie (dont je n'ai pas eu de nouvelles pendant presque deux mois) a insisté pour que nous allions au restaurant. Ce fut chinois et plutôt bon, mais malgré tout, je n'étais pas très à l'aise. J'avais froid et il me fut difficile de l'écouter combler en deux heures et demi plusieurs semaines de vide. Les mots voulaient effacer ce silence et son plat refroidissait sous ses mains agitées et ses sourires. Elle m'a semblée perdue. J'avais l'impression qu'elle passait à côté de l'essentiel, que cette énumération de petits détails anodins cachait en fait un aveu qui n'est pas sorti. Je n'ai pas voulu lui tirer les vers du nez. A plusieurs reprises déjà j'ai passé l'éponge sur ses attitudes et ses questionnements à rallonges. Cette fois, je la laisse venir. Il y a de toute façon une place pour elle dans ma vie, elle le sait.

Ce matin, le jour vient plus vite. Je me sens un peu seule dans ma vie. Neb homme de moi est toujours loin en étant juste à côté. Il est sans doute seul aussi, mais je ne sais plus pour quoi j'essayerais encore d'aller vers lui. Impression de déjà-vu. Il y a ce rythme qui nous tient encore l'un près de l'autre et je me dis parfois que si ça devait s'arrêter, ça tiendrait le temps de l'élan et tout se casserait la gueule. J'avance presque seule, sans savoir vraiment où je vais, mais l'essentiel c'est d'y aller.

6 février 2006

Conséquences virtuelles.

Dans mon rêve cette nuit, un crash d'avion dans un pré près de chez mes parents, un concert donné dans une espèce de labyrinthe, des échelles sur lesquelles on ne peut pas grimper, des bus suspendus dans les airs avec des gens qui crient à l'intérieur, et ce jeune homme aux boucles claires qui joue avec mes nerfs. Depuis ce matin, je suis épuisée.

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Diane Groseille
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