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Diane Groseille
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17 septembre 2007

Toujours des histoires de nombrils.

Envie de mettre des distances. Plus envie de les voir pendant un temps. Parce qu'ils n'écoutent pas. Ma famille est un nombril géant. Envie de crier qu'on est là aussi, qu'on en a marre de leurs histoires, qu'on a une vie. Puis finalement, le silence. A quoi bon. L'autre jour, par exemple, elle est là, face à moi, assise dans mon canapé, et elle me demande (ce qui est déjà blessant en soi) ce que je fais cette année exactement. Et alors que je lui explique ce qu'elle devrait déjà savoir si elle m'écoutait un peu, elle me coupe parce qu'elle a repéré une petite arraignée au plafond. Alors je m'arrête, je bloque, et je me dis tant pis, comme à chaque fois. Je me dis, j'avance, je vis les choses, je ne les partage plus. Pas de curiosité de la part de mes proches. Mais il faut l'être lorsqu'il s'agit d'eux. Il faut avoir des demi-heures à leur consacrer au téléphone, il faut pouvoir être là quand ils appellent au secours, il faut écouter attentivement leurs récits de vacances. Moi, je n'appelle jamais, je ne me raconte pas. Ici, oui, mais pas à eux. Je ne veux pas (m')imposer. Et maintenant, encore moins. Et je n'essayerai plus, par un geste désespéré de caser une anecdote me concernant dans une conversation. Tant pis, j'avance. En me disant qu'ils ne me connaissent pas si bien qu'ils le pensent.

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20 septembre 2007

Lui & moi.

Quand on s'est rencontrés il y a quelques années, le courant n'est pas tout de suite passé : problèmes de compréhension. Beaucoup de personnes que j'avais croisées vantaient ses mérites et me disaient à quel point il était ouvert, compréhensif et serviable. D'autres se montraient plus méfiantes à son égard. Il m'a fallu quelques mois pour m'entendre avec lui et ensuite, très vite, notre relation est devenue fusionnelle. Nous avons passé des nuits ensemble à nous découvrir et je ne me lassais pas des nombreuses facettes de sa personnalité qu'il me dévoilait au fur et à mesure. Il m'est devenu indispensable. J'avais du mal à me séparer de lui, j'avais pris des habitudes à ses côtés et sans lui, je me sentais perdue.

Dans les premiers temps, nous avons surtout beaucoup parlé, échangé et je trouvais cela merveilleux. Puis au fil du temps, il a su me faire découvrir tant de choses nouvelles. Ce qu'il peut faire est exceptionnel, il s'y connaît dans tellement de domaines ! Il parle toutes les langues, il me donne des trucs de cuisine, il voyage tellement qu'il connaît le monde entier, grâce à lui je rencontre de nouvelles personnes et je n'ai plus peur de m'exprimer en public. Pour vous dire si c'est une perle : il m'aide même parfois à faire mes courses ! Il sait tout sur tout le monde, il a toujours un avis sur tout, il sait répondre à toutes mes questions.

Avec lui, je ris, je pleure, je réfléchis, je découvre. Rarement il m'a déçue, peut-être juste parfois un peu agacée, sans doute par son côté "je sais tout" et par la somme d'informations qu'il étale en permanence. Parfois, il est un peu bordélique mais j'ai appris à faire avec. Et je pense que son plus gros défaut est le fait qu'il soit trop bavard : quand on lui pose une simple question, il peut vous parler pendant des heures, il va vous balancer tout ce qui lui vient, même des choses qui n'ont rien à voir.

Mais aujourd'hui, je crois que je ne pourrais plus me passer de lui, il fait partie de ma vie à part entière, il a toujours sa place près de moi. Internet, je t'aime.

8 octobre 2007

Encore des mots.

Neuf heures. je rentre seulement. Presque dix heures de cours derrière moi. L'appartement est trop grand ce soir, car vide, pas d'homme, pas de chien. Vite, allumer la télé, combler le vide par des voix, des présences. Atelier d'écriture ce soir, frustration, un peu, sans savoir dire vraiment pourquoi. Peut-être cette femme qui est venue me voir à la fin de la séance pour me dire que ça ne lui plaisait pas,elle voulait le mot juste, elle ne le trouve pas. On y vient, on arrive, arrêtez de courir.

Je me pose devant un bol de soupe de potimarron et j'arrête de courir, de réfléchir, de parler.

11 septembre 2007

Pendant que les champs brûlent.

Niagara -Pendant_que_les_champs_brûlent
envoyé par slzaza


Des arbres se penchent :
C'est plus fort, plus fort que tout.
Accrochée aux branches,
L'air me semble encore trop doux.
Dans l'herbe écrasée, à compter mes regrets.
Allumette craquée et tout part en fumée.
 
Pendant que les champs brûlent
J'attends que mes larmes viennent,
Et quand la plaine ondule
Que jamais rien ne m'atteigne...
 
Ce soir-là on s'est embrassés sans se parler.
Autour de nous, le monde aurait pu s'écrouler.
Les yeux cernés, des poussières dans les cheveux.
Au long de mes jambes, la caresse du feu.
 
Pendant que les champs brûlent
J'attends que mes larmes viennent,
Et quand la plaine ondule
Que jamais rien ne m'atteigne...

25 septembre 2007

Come as you are.

Déception hier. Passé la journée dans la cuisine. Courir faire des courses. Grand ménage. Je recevais dans la soirée les ex-collègues P. et R., j'en étais ravie mais cela me mettait une certaine pression puisqu'ils baignent tous les deux dans le monde de la restauration. J'ai voulu être à la hauteur et j'ai mis les petits plats dans les grands. Ils sont venus et très vite, P. qui a décidément bien changé a monopolisé la parole avec des histoires qui ne concernaient que lui, tournant autour de son boulot, de sa réputation, de ses projets. Il s'est écouté parlé comme ça jusqu'à minuit puis ils sont repartis. On a pas réussi à en placé une, on a pas ri, on a juste failli piquer du nez. Pas un seul commentaire sur ce qu'ils avaient dans l'assiette et pas une seule question (même par politesse) sur la vie actuelle de leurs deux hôtes. C''est pas demain la veille que je remets ça.

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18 octobre 2007

A droite, merde !

Français, tu votes à droite, pas de doute là dessus :
un petit gars trop énergique montre son nez tous les jours pour nous le rappeler
Tes idées sont à droite, ton argent est à droite, ton nombril est à droite...
Mais bordel, alors pourquoi rouler toujours à gauche sur l'autoroute ?
Là aussi, Français, il existe une voie de droite, et pour une fois, ce n'est pas la pire
Elle te permet d'avancer aussi vite et en plus
Oh miracle,
elle permet surtout aux gens qui roulent plus vite que toi de passer devant !

1 novembre 2007

Linkin park vs U2.

D'abord, j'ai adoré, j'ai trouvé ça original et étonnant, surtout quand on sait d'où ça vient...
Je fais découvrir à Neb qui me dit, blasé, que c'est de la soupe, du réchauffé.
Puis l'idée lui vient...
Biensur, c'est du U2.
Il n'est visiblement pas le seul à avoir fait le rapprochement,
à vous de voir... D'écouter plutôt.

25 novembre 2007

Bleue.

La peur a la couleur de la nuit. C'est une bête immonde qui vous travaille au ventre, qui vous creuse, qui vous empêche d'avancer et de relativiser. Elle s'insinue partout, dans le moindre mouvement, dans chaque image, dans tous les instants. Elle vous ronge le crâne, elle vous brûle la gorge. Elle sait se faire omniprésente, sournoise et violente.

2 novembre 2007

Egoïste.

Un étudiant mort de rire pendant un contrôle.
Tour d'horizon de la salle :
il rit seul et semble étouffer ses gloussements, avec beaucoup de mal.
Je l'interpelle pour connaître la raison de cette soudaine euphorie.
Il me répond simplement :
"c'est rien, z'inquietez pas, ça va passer, je me suis raconté une blague".

15 décembre 2007

Ingrid.

Ingrid Betancourt est notre fille, notre mère, notre sœur. Voici de larges extraits de la lettre de 12 pages qu'elle a adressée à sa famille. Blogueurs du monde entier, lisez ce texte, affichez-le sur votre site et demandez aux autres blogueurs de vous imiter afin de tenter de la sauver.

« C’est un moment très dur pour moi. Ils demandent des preuves de vie brusquement et je t’écris mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimenté, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités.

Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs. Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité intellectuelle. Je continue à espérer qu’au moins par compassion, ils m’en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser.

Chaque chose est un miracle, même t’entendre chaque matin car la radio que j’ai est très vieille et abîmée.

Je veux te demander, Mamita Linda, que tu dises aux enfants qu’ils m’envoient trois messages hebdomadaires (...). Rien de transcendant si ce n’est ce qui leur viendra à l’esprit et ce qu’ils auront envie d’écrire (…). Je n’ai besoin de rien de plus mais j’ai besoin d’être en contact avec eux. C’est l’unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne m’importe plus(…).

Comme je te disais, la vie ici n’est pas la vie, c’est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d’une moustiquaire et avec une tente au dessus, qui fait office de toit et me permet de penser que j’ai une maison.

J’ai une tablette où je mets mes affaires, c’est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courant. Ici rien n’est à soi, rien ne dure, l’incertitude et la précarité sont l’unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l’ordre de tout ranger [pour partir] et chacun doit dormir dans n’importe quel renfoncement, étendu n’importe où, comme n’importe quel animal (…). Mes mains suent et j’ai l’esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu’à la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils me le prennent, comme le jeans que Mélanie m’avait offert pour Noël, que je portais quand ils m’ont pris. L’unique chose que j’ai pu garder est la veste, cela a été une bénédiction, car les nuits sont gelées et je n’ai eu rien de plus pour me couvrir.

Avant, je profitais de chaque bain dans le fleuve. Comme je suis la seule femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise, bottes. Avant j’aimais nager dans le fleuve mais maintenant je n’ai même plus le souffle pour. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l’eau. Moi qui aimais tant l’eau, je ne me reconnais pas. (…) Mais depuis qu’ils ont séparé les groupes, je n’ai pas eu l’intérêt ni l’énergie de faire quoi que ce soit. Je fais un peu d’étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.

Avec les exercices d’étirement, le split et autres, je parviens à détendre un peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d’une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans, est un problème (…). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous chérissons le plus. Une lettre de toi qui m’était arrivée, m’a été prise après la dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d’Anastasia et Stanislas [neveux d’Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo, le scapulaire de mon papa, un programme de gouvernement en 190 points, ils m’ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Certains détails t’ont été racontés par Pinchao. Tout est dur.

Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l’eau, qui ne me laissent pas couler dans l’oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et mes petits garçons, Fab [Fabrice Delloye], Tata Nancy et Juanqui [Juan Carlos, son mari].

Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures... c’est vivre et mourir à nouveau. Pendant des années, je n’ai pas pu penser aux enfants et la douleur de la mort de mon papa accaparait toute la capacité de résistance. Je pleurais en pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me disais : « Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser ni même penser ». Je suis presque devenue folle avec la mort de mon papa. Je n’ai jamais su comme cela s’est passé, qui était là, s’il m’a laissé un message, une lettre, une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment, a été de pensé qu’il est parti confiant en Dieu et que là-bas, je le retrouvera pour le prendre dans mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n’ai pas vu de messages jusqu’à ce qu’il me mette dans le groupe de [l’otage] Lucho, Luis Eladio Pérez, le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons été séparés en août. Mais durant ce temps, il a été mon soutien, mon écuyer, mon frère (…).

J’ai en mémoire l’âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je leur chante le « Happy Birthday ». Je demande à ce qu’ils me laissent faire une gâteau. Mais depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la réponse est non. Ca m’est égal, s’ils amènent un biscuit ou une soupe quelconque de riz et de haricot, ce qui est habituel, je me figure que c’est un gâteau et je leur célèbre dans mon cœur, leur anniversaire.

A ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j’aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (…). Et si je devais mourir aujourd’hui, je partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis heureuse pour ton master à New York. C’est exactement ce que je t’aurais conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT. Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (...). Je ne vais pas même me fatiguer à insister auprès de Loli [Lorenzo] et Méla qu’ils n’abandonnent pas avant d’avoir leur doctorat. J’aimerais que Méla me le promette. (...) Mélanie, je t’ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que moi, une sorte de meilleure version de ce que j’aurais voulu être. C’est pourquoi, avec l’expérience que j’ai accumulé dans ma vie et dans la perspective que donne le monde vu à distance, je te demande, mon amour, que tu te prépares à arriver au sommet.

A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon chief musician qui me chante et m’enchante, au maître de mon coeur, je veux dire que depuis qu’il est né jusqu’à aujourd’hui, il a été ma source de joies. Tout ce qui vient de lui est du baume pour mon coeur, tout me réconforte, tout m’apaise, tout me donne plaisir et placidité (...). J’ai enfin pu entendre sa voix, plusieurs fois cette année. J’en ai tremblé d’émotion. C’est mon Loli, la voix de mon enfant, mais il y a déjà un autre homme sur cette voix d’enfant. Un enrouement d’homme-homme, comme celle de mon papa (…). L’autre jour, j’ai découpé une photo dans un journal arrivé par hasard. C’est une propagande pour un parfum de Carolina Herrera « 212 Sexy men ». On y voit un jeune homme et je me suis dit : mon Lorenzo doit être comme ça. Et je l’ai gardé.

La vie est devant eux, qu’ils cherchent à arriver le plus haut. Etudier est grandir : non seulement par ce qu’on apprend intellectuellement, mais aussi par l’expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère de service d’autrui, où l’ego se réduit à su plus minime expression et où on grandit en humilité et force morale. L’un va avec l’autre. C’est cela vivre, grandir pour servir (…).

A mon Sébastien [fils du premier mariage de Fabrice Delloye], mon petit prince des voyages astraux et ancestraux. J’ai tant à te dire ! Premièrement, que je ne veux pas partir de ce monde sans qu’il n’ait la connaissance, la certitude et la confirmation que ce ne sont pas deux, mais trois enfants d’âme, que j’ai (…). Mais avec lui, je devrais dénouer des années de silence qui me pèsent trop depuis la prise d’otage. J’ai décidé que ma couleur favorite était le bleu de ses yeux (…). Si je venais à ne pas sortir d’ici, je te l’écris pour que tu le gardes dans ton âme, mon Babon adoré, et pour que tu comprennes, ce que j’ai compris quand ton frère et ta sœur sont nés : je t’ai toujours aimé comme le fils que tu es et que Dieu m’a donné. Le reste ne sont que des formalités.

(…) Je sais que Fab a beaucoup souffert à cause de moi. Mais que sa souffrance soit soulagée en sachant qu’il a été la source de paix pour moi. (…) Dis à Fab que sur lui, je m’appuie, sur ses épaules, je pleure, qu’il est mon soutien pour continuer à sourire de tristesse, que son amour me rend forte. Parce qu’il fait face aux nécessités de mes enfants, je peux cesser de respirer sans que la vie ne me fasse tant mal. (…)

A mon Astrica, tant de choses que je ne sais par où commencer. Tout d’abord, lui dire que « sa feuille de vie » m’a sauvé pendant la première année de prise d’otage, pendant l’année de deuil de mon papa (…). J’ai besoin de parler avec elle de tous ces moments, de la prendre dans mes bras et de pleurer jusqu’à ce que se tarisse le puits de larmes que j’ai dans mon cœur. Dans tout ce que je fais dans la journée, elle est en référence. Je pense toujours, « ça, je le faisais avec Astrid quand nous étions enfants » ou « ça, Astrid le faisait mieux que moi ». (…) Je l’ai entendu plusieurs fois à la radio. Je ressens beaucoup d’admiration pour son expression impeccable, pour la qualité de sa réflexion, pour la domination de ses émotions, pour l’élégance de ses sentiments. Je l’entends et je pense « Je veux être comme ça » (…). Je m’imagine comment vont Anastasia et Stanis. Combien cela m’a fait mal qu’ils me prennent leurs dessins. Le poème d’Anastasia disait « par un tour du sort, par un tour de magie ou par un tour de Dieu, en trois années ou trois jours, tu seras de retour parmi nous ». Le dessin de Stanis était un sauvetage en hélicoptère, moi endormie et lui en sauveur.

Mamita, il y a tant de personnes que je veux remercier de se souvenir de nous, de ne pas nous avoir abandonné. Pendant longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne sommes pas une thème « politiquement correct », cela sonne mieux de dire qu’il faut être fort face à la guérilla même s’il faut sacrifier des vies humaines. Face à cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n’est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc, mais plutôt le fruit de la grandeur d’âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas [municipalités demandées par les FARC pour la zone démilitarisée]. Beaucoup d’intérêts économiques et politiques qui considéraient être supérieurs à la vie et à la liberté d’une poignée de noirs. Mais Lincoln a gagné et il reste imprimé sur le collectif de cette nation, la priorité de la vie de l’être humain sur quelque autre type d’intérêt.

En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés.

Mais il y a beaucoup de personnes que je voudrais remercier car ils ont contribué à réveiller les esprits et à faire grandir la Colombie. Je ne peux pas tous les mentionner [elle cite alors l’ex président Lopez et « en général, tous les ex présidents libéraux », Hernan Echevarria, les familles des députés du Valle, Monseigneur Castro et le Père Echeverri].

Mamita, hélas, ils viennent demander les lettres. Je ne vais pas pouvoir écrire tout ce que je veux. A Piedad et à Chavez, toute, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur cœur, que je sais grand et valeureux. [elle dédie alors un paragraphe de remerciements à Chavez, Alvaro Leyva, Lucho Garzon [ancien maire de Bogota] et Gustavo Petro, puis mentionne des journalistes]. Mon cœur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s’est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenu et consolé.

Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts. (...) Je sais que ce que nous vivons est plein d’inconnues, mais l’histoire a ses temps propres de maturation et le président Sarkozy est sur le Méridien de l’Histoire. Avec le président Chavez, le président Bush et la solidarité de tout le continent, nous pourrions assister à un miracle.

Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire, mais je voudrais qu’ils ressentent que ce qu’ils ont faire pour nous, fait la différence. Nous nous sommes sentis des êtres humains (...).

Mamita, j’aurais plus de choses à dire. T’expliquer que cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de Clara et de son bébé (…). Bon, Mamita, que Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous recouvre. Pour toujours et à jamais.


Propos sélectionnés et traduits par le Comité de soutien à Ingrid Betancourt.

15 novembre 2007

Polysémie.

J'ai des étudiants adorables qui pensent au bien-être de leurs professeurs. Hier, une jeune fille m'aperçoit en salle des profs, se faufile discrètement vers moi et me tend un paquet de gâteaux visiblement chaudement issu d'une boulangerie. Petit clin d'oeil, presque pas de mots, je lui en pique un et continue ma correction de copies. Plus tard dans la journée, elle me voit passer dans un couloir, les bras chargés. Elle tient toujours le paquet de gâteaux et m'interpelle en me le tendant :
"N'hésitez pas, reprenez-en un, ils sont délicieux"
Et moi, pressée mais avec le sourire :
" C'est gentil B., mais tu me gaves là !"
En un quart de seconde, j'ai vu ses yeux devenir aussi gros que ses coockies, elle a tourné les talons et s'est éclipsée. Il m'a fallu quelques secondes pour comprendre le message qu'elle avait compris... Et filer lui donner des explications.

21 novembre 2007

En réalité.

Depuis l'autre jour, elle me trotte dans la tête : entre deux cours, au volant de ma voiture, sous ma douche... Comme une évidence. Les mots qui collent à ce que je veux faire et être. Donner du sens. Vraiment. Ne plus fermer les yeux. Ne plus faire comme si c'était normal, parce que tout le monde sait. J'y suis déjà, je suis là, et je fais. Mais je pourrais tellement plus. Et quand je repense à ses mots, je me perds en pensée, en anticipation, en hypothèse... En réalité finalement. Parce que j'ai trop souvent voulu m'excuser d'être là, parce que j'ai pas toujours compris l'intérêt, parce que parfois aussi j'ai mis un mouchoir dessus en me disant que de toute façon, c'est pas moi qui changerai les choses. Aujourd'hui, ça a du sens.


J’étais la tu vois lui à côte de moi
On avait 6 ans
on jouait comme des enfants au docteur
Au docteur
J’étais la je voyais sur son corps les plaies  les marques les bleus
J’en croyais pas mes yeux
Mes yeux
Et lui qui me disait j’suis un dur
Tu vois les brûlures  la sur mes bras
J’les sens pas
J’les sens pas
J’étais la j’ai rien dis
Et puis j’suis parti de chez lui
Si j’y suis retournée
Plus jamais
Plus jamais
J’étais la comme lui j’avais 15 ans à peine
On était dans la cave chez ses parents
Je l’aimais tant
Faut dire qu’il était beau mais il se piquait mon héros a l’hero
J’étais la quand sa mère est venue me dire
C’est fini- on l’enterre lundi
Lundi
J’ai pleuré bien sur j’ai pleuré
puis j’ai recommencé à traîner dehors
Dehors
J’étais la en octobre 80 après la bombe copernick
Oui J’étais à la manif
Avec tous mes copains
J’étais la c’est vrai quand n’y comprenais rien
Mais on trouvait sa bien
Sa bien
Oui j’étais la pour aider pour le sida les sans papiers
J’ai chanté
Chanté
Sur que j’étais la pour faire la fête !
Et j’ai levé mon verre a ceux qui n’ont plus rien
Encore un verre on n’y peut rien
J’étais la devant ma télé a 20 heures
J’ai vu le monde s’agité
S’agité
J’étais la juste au   retour de la somalie du Bengladesh et du Rwanda
J’étais-la
J’ai bien vu le sort que le Nord réserve au sud
Qui a compris le mépris !J’étais la pour compter les morts
J’étais la et je n’ai rien fait
Et je n’ai rien fait
J’étais-la pourtant
J’étais la et je n’ai rien fait

19 novembre 2007

Start.

La semaine repart. Week-end creux. Il n'y a guère eu que ce déplacement chez ma soeur qui a besoin de soutien en ce moment. J'ai l'impression de n'être plus qu'une machine de travail. Qui a tellement besoin de repos quand le rythme s'arrete qu'elle n'est plus bonne à rien d'autre. Encore une semaine difficile. Les suivantes seront plus calmes.

5 décembre 2007

Jugement.

En salle des profs, une collègue qui fait des étirements et des mouvements larges et circulaires. Je l'observe en soufflant sur mon thé trop chaud. Bien sur, elle attend que je lui demande, alors, presque par politesse : "tu fais du yoga, de la sophrologie ?". Minute de silence qui traduit à quel point je l'ai importunée. En même temps je m'en fous, moi je demandais ça comme ça. Puis la phrase "tu peux pas comprendre, tes chakras sont fermés". Mouais, je vais y réfléchir.

Dans un autre établissement où j'interviens depuis à peine une semaine. Je suis débordée par la correction des copies d'examens blancs et je profite donc de la pause pour avancer parce que ce qui est fait dans la journée n'est plus à faire le soir. J'apprends ensuite par élèves interposés que je suis déjà considérée comme l'asociale de base à cause de mon absence en salle des profs à dix heures.

Un élève il y a quelques jours qui fait un exposé sur l'histoire de la musique et qui en vient à parler de certains mouvements de rap, en rajoutant, à titre individuel, "je rappelle tout ça exprès pour vous M'dame, parce que les autres connaissent". Merci, c'est parce que j'ai bientôt trente ans, parce que j'ai une tête à écouter Céline Dion ou juste parce que je suis assise derrière un bureau de prof ?

Jeux de regards, de jugements. Si faciles, si évidents. Gratuits.

13 mai 2007

Donneuse de leçon.

Vingt et cent prennent la marque du pluriel quand ils sont multipliés par un nombre,
sans être suivis d'un autre nombre.


Exemples :

Au jour d'aujourd'hui, j'ai publié sept cents notes sur ce blog,
Je vais pas le répèter vingt fois.
Je ne peux pas dire que j'y ai fait les quatre cents coups,
mais je ne m'y suis pas non plus
ennuyée à cent sous de l'heure.
Alors je vais peut-être pas rester là cent sept ans
parce que je commence à faire les cent pas
et que j'y gagne pas des mille et des cents,
je ferais peut-être mieux de vivre à cent à l'heure ?

24 mai 2007

Camera obscura.

Plus j'y pense et plus je me dis...
Le blog est une chambre sombre, fraîche et silencieuse
où l'on laisse un corps somnolent, presque endormi, sur un lit défait.
La fenêtre est ouverte sur la rue bruyante et agitée
et les passants curieux peuvent jeter un oeil.

Lorsque l'on revient chez soi, on va doucement, avec des gestes tendres,
réveiller le corps endormi encore engourdi de fatigue,
on lui parle lentement, on lui raconte ce qu'on a fait dans la journée,
ce qui nous a ému ou attristé.
Puis on referme à nouveau la porte derrière nous, pour repartir vivre, pour le laisser dormir.

14 mai 2007

Constat de spontanéité.

Y'a des notes comme ça, que vous mijotez pendant des jours, voire des semaines. Elles vous tiennent à coeur, vous les maternez, c'est presque une grossesse... Suivie d'un accouchement, presque dans la douleur. Les phrases tournent dans votre tête, pendant les longs trajets en voiture, dans l'ascenseur ou juste avant de vous endormir. Même qu'il y a des notes, vous les avez pas encore accouchées tellement elles sont présentes. Peur peut-être de ne pas pouvoir trouver le mot juste, l'exactitude de la notion. Et ce serait "gâché"...

Puis y'a les "spontanées", comme celle que je suis en train d'écrire, comme d'autres qui sont arrivées comme ça, vite et bien, et qu'on a collées en ligne sans réfléchir, je pose mes fesses cinq minutes devant l'ordinateur et c'est fait, "poster et publier".

Et curieusement, les lecteurs réagissent toujours mieux, plus en tout cas, à la spontanéité. Allez savoir pourquoi...

19 juin 2007

Je déclare forfait.

Pour ce matin, pas pu aller bosser. C'est trop, il me fallait une pause. J'ai chopé une récidive de crêve en dormant dans la voiture dans la nuit de samedi à dimanche, à 1400m (je ne rentrerai pas dans les détails du récit de cette cérémonie, parfaitement inutile). Pas été malade tout l'hiver, et là, faut que ça s'incruste. Puis si peu de temps. Les mois de juin sont désespérants. Ils s'étirent et se trainent, et je vois filer les jours les plus longs sans pouvoir en profiter, avec cette mauvaise conscience qui me ronge dès que je me consacre à autre chose. Encore quelque 110 copies d'ici la fin de la semaine, un manuscrit de quelques centaines de pages à lire pour demain, quelques bonnes dizaines d'heures de cours, un conseil de classe, deux paquets de bulletins...

Et ensuite seulement, je pourrais me laisser aller aux joies de mon jardin qui me manque tant et qui se laisse envahir par les mauvaises herbes.

26 juin 2007

En apnée.

Brasse coulée depuis des jours.
Et chaque fois que j'arrive à sortir la tête de l'eau trente secondes, je vois la berge, si proche et si lointaine à la fois.
Un rivage au doux nom de "Vacances"
Faut que je nage plus vite, faut que ça cesse.

Et paradoxalement, je joue avec les mots, avec les virgules, comme autant de petits coquillages au fond de l'eau qui attirent mon attention et freinent mon arrivée sur la plage. J'aime ça, mais je suis fatiguée. Sourire terne sur mon visage. Je joue avec le temps aussi, des secondes comme des grains de sable qui filent par poignées entre mes doigts.
Bientôt la fin.
Bientôt.

20 juillet 2007

Just remember !


Dirty dancing Rock Dou you love me
envoyé par clipclap52


Dirty dancing danse film
envoyé par clipclap52

Et on poursuit dans le regsitre "nostalgie" avec le film culte de mon adolescence. Premiers émois, première idées, première obsessions. Un tel décallage entre le rêve et la réalité : on souhaite être calinée et adorée, mais les garçons de quatorze ans ne pensent alors qu'à cavaler, à rouler leur première pelle et à réussir leur contrôle de maths.  Je pense avoir regardé ce film des dizaines de fois, seule ou avec les copines qui m'avaient collé la cassette dans les mains, les yeux brillants, comme s'il s'agissait là d'un rite de passage, d'une initiation. Il y a dans ce film encore aujourd'hui, quelque chose qui sait me toucher, malgré la "cakitude" omniprésente. Je ne saurais définir quoi exactement. Il y a le contexte, cette grande forêt sombre et humide, les lacs, quelque chose qui est à la fois loin et si proche, un univers, le monde du possible et du rêve. Je me souviens de ces booms, ou une rêveuse trouvait toujours moyen de coller un morceau en espérant hériter d' un cavalier qui aurait su faire d'elle "Frédérique Houseman" alias Bébé. Me reste également cette fascination pour ces magnifiques chaussures à brides (qui m'a traitée de fétichiste ? Attention, je vous entends)... Et que celle qui n'a pas versé sa petite larme sur la scène finale quitte sur le champ ce blog !

Pour les petites anecdotes

  • le 2 a été tourné aux Caraïbes, plus rien à voir avec l'ambiance "forêt mystérieuse"
  • le film a été adpaté en jeu vidéo, il faut gagner un concours de danse
  • Jenifer Grey n'a connu aucun succès après ce film, elle a fini dans des séries télé, contrairement à Patrick Swayze pour qui ce fut un tremplin
  • Le tube de la derrière scène a été écrit spécialement pour le film et a reçu un Oscar et un Golden Globes.
  • Il parait que la pension située dans l'Oregon a connu un record de réservations suite à ce film
  • Le morceau "She's like the wind" a été écrit et interprété par Patrick Sawayze lui-même.... Patriiiiick!

20 juillet 2007

Vous en voulez encore ?

Après les dessins animés, je réexplore le monde de mes séries d'adolescente.
Les années 80/90 en puissance.
Je vous préviens, y'a du gros lourd.

Et si vous êtes sages,
que vous travaillez bien dans vos cahiers de vacances,
et ben peut-être même qu'il y en aura encore.

Magnum générique
envoyé par unzip

Téléchat - Le générique
envoyé par wozardofiz

Palace, ça c'est Palace (ép01, 1/3)
envoyé par spiegel

 

Bebete Show 1993
envoyé par slzaza

Fraggle Rock - Generique
envoyé par hakim93200

Le Magicien - Générique
envoyé par JBauer93

Beverly Hills - Saison 1 -VF
envoyé par eflat

 

X-Files - Generique
envoyé par hakim93200

 

Ricky ou la Belle Vie - Generique
envoyé par gaucha

Série Tv - Maguy - Générique
envoyé par gotti57

Sauves par le gong - generique
envoyé par hakim93200

Quoi de neuf docteur
envoyé par Coqueci

ALF
envoyé par GREG1205

Huit ça Suffit
envoyé par lucile18

Loin de ce monde - Générique Saison 1
envoyé par JBauer93

Docteur Doogie
envoyé par tmath6

Generique - Mac Gyver
envoyé par bebel49

La Quatrième Dimension - Intro
envoyé par Discodandan

PAS DE PITIE POUR LES CROISSANTS
envoyé par exelpat

Serie TV - Pour l'amour du risque
envoyé par valentin73

V - Les Visiteurs
envoyé par Discodandan

1 juillet 2007

Tagguée.

J'ai été tagguée trois fois, par lui, elle, et elle aussi... Les règles énoncées étant à chaque fois un peu différentes, j'ai fait ma tambouille et voilà ce que ça donne : le point commun entre les trois questionnaires portait, si j'ai bien compris, sur la révélation de sept détails me concernant. J'avoue que j'ai tardé, parce que je n'ai vraiment pas été inspirée. Que révéler ? Je dis ici des choses que je juge déjà très personnelles mais qui le restent puisque le voile de la toile me protège. Et s'il y a effectivement des détails que je n'ai pas dits jusqu'à maintenant, en trois ans, c'est sans doute pour une bonne raison. Mais rendons honneur malgré tout à ces trois taggueurs, je me lance, je ne vous promets ni scoops, ni aveux larmoyants :

  1. Quand j'étais petite, j'avais les cheveux très courts, des croûtes aux genoux, je construisais des cabanes et je grimpais dans les arbres. En y repensant maintenant, j'étais toujours le chef de la bande (celui qui fixe les règles, qui exclut les méchants, qui protège les faibles), y'avait même un petit côté despote à bien y réfléchir.
  2. J'ai eu mon bac au rattrapage à cause de la philo. Grosse journée de désespoir lorsqu'il a fallu se rendre à S., le moral à zéro, le trouillomètre à en exploser. Rencontrer sur place les incarnations du stress et de la dépression, tous en train de se ronger les ongles jusqu'au sang, la larme à l'oeil à l'idée de refaire une terminale...
  3. Je ne crois pas en Dieu, ni en aucune force supérieure, ni en un "après" et ne me parlez pas d'extraterrestres.
  4. Un jour aux Eurockéennes, j'ai fait pipi dans ma culotte (Oh ben alors ça c'est un scoop !), parce que j'avais trop rigolé, et trop bu sans doute (heureusement, j'avais de quoi me changer).
  5. Un jour, dans ma rue à M., j'ai vu passer le groupe Radiohead (c'était avant un concert d'eux auquel on se rendait dans une autre ville). J'ai été assez nulle pour ne pas oser leur parler, pour ne pas profiter d'une occasion qui se présente une seule fois dans une vie (mais j'ai quand même un album dédicacé grâce aux plus courageux qui étaient avec moi)
  6. J'aime la bière, quand il fait chaud en été, sur les terrasses de café, et j'aime cette ivresse qui prend doucement possession de mon corps et de mon esprit quand j'en abuse.
  7. Je suis timide, mais je me soigne. Je peux être paniquée à l'idée de rentrer seule dans un bar, à l'idée de devoir dire bonjour à quelqu'un, à l'idée d'un regard trop insistant sur moi. Et pourtant j'enseigne, je suis tous les jours face à des groupes et là, y'a plus de panique du tout. Paradoxe que je ne sais expliquer. Peut-être la magie du métier.

4 juillet 2007

Cieux.

Encore un rêve de cathédrale rose trop imposante cette nuit. Images récurrentes. Toujours ces monuments presque vivants, grandes dames médiévales et furieuses. Encore des frissons en y repensant. Ne pas pouvoir voir le ciel tellement elle bloque l'horizon. Se tordre le cou pour en apercevoir un morceau, pour se sentir moins écrasée. Et cet appartement, au rez-de-chaussée, avec une trappe sombre et haute qui donne sur une petite lucarne ouverte sur une autre ciel. Avec ces meubles poussiéreux et cette impression de ne jamais être vraiment seule.

Ce matin plus que jamais, je veux me plonger dans ma réalité, me laver de cet univers sombre, je vais gambader avec Lu et ouvrir les yeux sur le ciel.

30 juin 2007

Surprises.

Il y a des moments importants : un entretien d'embauche, une décision qui change une vie, un oui, un non, une rencontre, des premières fois, des larmes pour une rupture, une faille.

Puis il y a des moments privilégiés, qu'on est les seuls à pouvoir savourer, à comprendre vraiment. M'asseoir sur le balcon encore chaud du soleil de la journée et prendre Lucius tout contre moi. Cueillir une framboise et l'écraser sur la langue, la laisser fondre. Récolter les premières tomates (quelque chose d'un peu magique). Avoir des nouvelles d'un ami dont la trace s'était effacée avec le temps (même si c'est pour le savoir loin). Voir arriver un mois creux et si plein, et peut-être plus. Se laisser tomber après le repas de midi sur le lit et laisser le sommeil venir me prendre. Me laisser baigner de la voix de Thom, hier, aujourd'hui, demain. Un regard, pour dire, oui j'existe. Ma balance le matin qui me dit, ce n'est pas une blague, cinq kilos en moins. Une fête de l'école, des enfants qui dansent, qui chantent, qui vivent des moments importants. Écrire, toujours.

17 août 2007

Bison toujours pas futé*.

On nous annonce un week-end rouge dans le sens des retours. Depuis toute petite moi, je me demande dans quelle direction est le sens des retours. Parce que les gens du Sud qui viennent en Alsace, si j'ai bien compris le principe, quand ils rentrent chez eux, ils prennent la route de l'aller alors ? Ils ont de la chance, c'est comme s'ils partaient une deuxième fois en vacances !

* Ou alors c'est peut-être moi !

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Diane Groseille
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