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Diane Groseille
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14 août 2004

Le parfum des pots de colle de mon enfance...

Du mal à me réveiller dans ma réalité après toutes ces escapades. Je flane sur certains sites où j'aime retrouver des mots d'humour et d'humeur. Peu de sommeil cette nuit. Neb n'a pas fermé l'oeil. Nous avons retrouvé Marie avec laquelle nous sommes partis en quête du remplissage de frigo. Tout semble mort ici, malgré les mariages (point à traiter de toute urgence) et leur coups de klaxons incessants (je vis au-dessus de la mairie, je me dis à chaque fois qu'il font moins les malins, ces citadins qui se marient quand les deux tiers d'entre eux passent au divorce, on fait moins de bruit dans ces cas-là...).

Tout est déjà gris alors que la rentrée est encore loin. Dans les rayons des supermarchés, les trousses et les cahiers de texte, les odeurs de papier et de protège-cahiers viennent assombrir les derniers ciels bleus. Moi j'ai toujours aimé la rentrée. J'ai toujours bien plus de bonnes résolutions que lors de la nouvelle année. J'aime acheter des cahiers neufs, de nouveaux stylos...

L'heure de passer à table (si si!) et de se lover devant le Dernier tango à Paris...

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24 juin 2004

J'aimerais une armure.

Pas facile les derniers temps à nouveau. J'ai la susceptibilité qui chouine. La moindre remarque me met hors de moi, juste à côté. Hier, une élève qui s'emballe, qui ne trouve pas sa place au sein de l'établissement, qui râle, qui critique, qui casse. Tellement facile. Je me prends une batte de base ball en pleine tronche. On me dit qu'il faut faire fi des remarques gratuites mais je ne peux m'empêcher d'en tenir compte. Du coup, journée un peu maussade.

 

J'aimerais pouvoir avoir cette confiance à toutes épreuves, cette armure.

Hier soir, correction de copies jusqu'à tard. Je suis dans les choux. Mal au dos et yeux qui piquent. Je suis toujours au taf mais je vais prendre la route du retour. Encore une soirée en compagnie de mon stylo rouge. Ce week-end, on décompresse avec de la bière et du rock.

15 août 2004

Mariage

                Ce que je pense sur le sujet... Vaste sujet. Mais faut que je me prononce, ça me travaille depuis que j'ai passé ces quelques jours chez Mim'. Elle se marie dans une quinzaine de jours et je suis le témoin de cette union.

Les petites filles ont souvent comme rêve de se voir un jour en robe blanche face à l'homme de leur vie, avec leurs familles derrière elles, ce qu'elles appelleront volontiers le plus beau jour de leur de leur vie. Elles pensent à "l'après" les gamines? Non, je sais pas, je demande, parce que moi, ça n'a jamais fait partie de mes rêves, pas même de mes objectifs à long terme.

Alors voilà, je vais pas faire la mauvaise tête, je respecte les gens qui se marient mais je ne les comprends pas. (C'est possible ça, de respecter quelque chose que l'on ne comprend pas? Admettons. ) Je peux comprendre que l'on ait une foi religieuse, que l'on croit en une force divine (même si je suis athée). Je ne saisis pas par contre ce besoin de prouver par convention à sa famille, à ses amis, à un Dieu quel qu'il soit, à un maire, à une société et j'en passe... Ce que l'on ressent pour la personne avec laquelle on a envie de passer sa vie.

Encore tout à l'heure, j'évoquais le sujet avec mon père, brièvement, qui résumait ce que je pense en quelques mots. On a jamais signé de contrats pour l'amitié et pourtant ce sont des liens très forts. Pourquoi avoir recourt à une signature au bas d'une page, dans un registre de mairie, pour officialiser un SENTIMENT...

Oui, il s'agit bien d'un sentiment. Je respecte la notion d'amour, tout aussi belle que celle de l'amitié. Je pense déjà à ceux qui vont ricaner "tiens, encore une vieille fille frustrée qu'a pas trouvé son prince charmant". Pas du tout. Je pense même que l'amour peut être une force que l'on estime plus à sa juste valeur. D'ailleurs, si tous les hommes d'états aimaient et étaient aimés, ce serait peut-être moins le bronx.... Alors pourquoi , je le répète, ma question est bien là, pourquoi vouloir prouver aux autres (en particulier en passant devant un maire qui représente une société que peu respectent encore ou devant un Dieu) ce que l'on ressent pour une seule personne. C'est quelque chose de tellement intime, de si personnel. Comment peut on devant un parterre de personnes, aussi proches soient-elles, étaler ses promesses et ses voeux de bonheur et d'amour....

Je ne parle pas de l'importance que prend le divorce dans cette institution, car en aucun cas, ça ne répond aux questions que je me pose, ça vient seulement accentuer encore plus mes doutes quant à la valeur du mariage.

Alors voilà. Dans quinze jours, je traverse la France en diagonale, pour aller assister à un mariage. Je me tape plus de 1500 bornes, je taxe deux nuits d'hotel à 40 euros, j'offre un cadeau que je n'ai même pas encore déniché, je fais des sourires et des politesses à des gens que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, je claque une heures et demi de messe (et moi, quand je rentre dans une église, faut au moins que ce soit pour dire adieu à quelqu'un), je fais la grue dans ma robe verte avec mes talons aiguilles et mon maquillage de poupée russe, juste parce qu'une de mes meilleures amies à toujours rêvé de porter une robe blanche devant un curé.

Si encore elle avait pu me convaincre qu'il y a vraiment un sentiment là derrière, mais ça sonne tellement creux... Mes meilleurs voeux Mim'...

20 juillet 2004

Cigales.

                Dans le Sud de la France, web café avec la clim' et Gothan Project en fond. Passage ici, pendant que Mim' est à l'église pour préparer son mariage. Je quitte cette région douce et calme pour rejoindre mon homme demain. Il me tarde de retrouver ses bras et sa tendresse. Dépendance à la douceur. J'ai besoin de retrouver notre complicité qui n'a pas toujours besoin de mots. J'adore Mim', mais elle parle trop et le silence me manque quand parfois j'aimerais profiter d'un paysage ou d'un souffle. Puis je découvre quelqu'un qui n'est pas toujours très cohérent. L'idée du mariage m'avait toujours parue absurde. Je sais encore mieux maintenant pourquoi. Beaucoup de choses à prouver aux autres et tellement de risques de se perdre en route.

                 Malgré ces désaccords dans nos conversations, je prends du bon temps. Je lis les journaux, je dévore des bouquins, j'écris dans mon journal qui frémit de retrouver ma plume, je dors... Douces vacances...

1 juillet 2004

Only when I sleep

         Peu de sommeil. Je boucle mon année. Je vois mes dernières classes aujourd'hui et demain. J'ai passé une partie de la nuit sur les bulletins et mes yeux picottent. Encore quelques heures difficiles puis je suis en vacances. La semaine prochaine, ce ne sera que de la formation. Faut que je mette à jour mes cours pour l'année à venir, j'ai des idées qui fourmillent (fond documentaire, aide personnalisée, lectures complémentaires...) et qui représentent une certaine préparation.

Je pense beaucoup aux nouvelles classes que je vais accueillir en septembre. Ce qu'il faut améliorer, tant au niveau du rapport humain que de la pédagogie et de l'évaluation. Envie de bien faire. De très bien faire. Y'a finalement eu pas mal de ratés sur cette première année dans ces nouveaux batiments...

J'ai besoin d'écrire aussi et le temps me manque. J'ai lu ici et ailleurs des choses décevantes. J'ai envie de me prononcer... Mais ce sera pour plus tard.

 

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17 août 2004

Clash

T'es pas venu pour être loin

Alors je te laisserai pas partir à côté de moi.

Les mots/maux de la veille, c'était pour ça:

pour pas que tu oublies qu'on se gâchera pas.

Ma solitude était toujours douillette et agréable,

j'ai jamais eu peur d'être seule

mais avec toi, je veux donner, partager, rire, évoluer

pas meubler, ni juste avancer.

La routine est un canapé trop confortable où le couple pose son Q et ne peut plus le relever.

On va pas se poser tout de suite.

Je veux pour nous des surprises violettes au petit matin, des câlins à la vanille et des mots frizzy pazzy.

Je veux pas te regarder et plus te voir, t'entendre sans t'écouter.

Je le dis déjà, parce que ça va si vite.

Tu es en moi.

 

30 juin 2004

Tumeur

               Ce matin, ma nectarine m'a laissé dans la bouche un gout de prune.  J'ai mis un vieux jean et mon pull rouge en laine à même la peau et je suis sortie dans la fraicheur avec Whawha alors que Neb dormait encore. Dehors, ils arrosaient les pelouses et ça sentait bon. Je suis dans un point d'interrogation depuis quelques jours...

TUMEUR: prolifération pathologique des cellules d'un tissu organique.

C'est pas joli, mais c'est comme ça que s'appelle mon "?". C'est le mot prolifération qui me gène le plus. Quand on parle de prolifération, ça implique qu'on a du mal à l'arrêter et que c'est rapide, non?

Je suis un peu perdue. Je reçois ces résultats d'analyse qui datent d'il y a plus d'un mois à mon retour de week-end. Sans plus d'explications. Neb me prend rendez-vous dans l'urgence dès lundi. Verdict dans deux heures environ. Elle va ma farfouiller et me sonder. Je me sens à la fois vide et pleine. Ma raison me demande de ne pas m'affoler.

22 août 2004

Dernier tango à Paris.

 

                  Voilà quelques jours, j'ai enfin regardé Le dernier tango à Paris, film de Bernardo Bertolucci. J'avais adoré ses films les plus récents, en particulier Beauté volée dont la sensibilité des dialogues et des regards m'avait émue. Jérémy Irons est époustouflant dans ce film qui est pourtant passé presque inaperçu lors de sa sortie. Puis le fameux Little Bouddha, dont la poésie et les couleurs laissent des images inoubliables, tout comme Un thé au Sahara ou Le dernier empereur.

Alors, j'ai voulu le voir ce Dernier tango. Si peu d'histoire au début, tellement décousu qu'il est difficile de s'accrocher. Puis les éléments se raccrochent les uns aux autres. Eros rejoint Thanatos et on comprend mieux cette relation anonyme qui s'installe entre les deux protagonistes. Les images, en 1972 sont jugées pornographiques. Certains passages sont censurés, mais les mots n'en restent plus crus et c'est ce huis clos, cette "faille spatio temporelle" qui fait finalement de leur relation une exception, c'est là qu'est l'érotisme du film et non dans les scènes qui peuvent sembler choquantes. Ne rien savoir de l'autre et se couper du monde au point de ne plus pouvoir se retrouver dans sa réalité. Il y a chez ces personnages un détachement qui les rend attachant. La naïveté apparente de cette demoiselle, face à l'autorité de l'inconnu qu'elle retrouve. Une sorte de rite initiatique qui ne pouvait pas aboutir sur une relation dans la norme.

Comme dans nombreux de ses films, des images restent gravées. Certains regards, certains gestes. Et l'on en garde une ambiance, fascinante et effrayante.

30 juin 2004

Billets eurockeennes 3 jours.

        Je profite de mon blog pour essayer de trouver des personnes interessées par des places pour aller passer trois jours aux eurockéennes de Belfort ce week-end (2,3,4 juillet 2004). Je disposais moi-même des billets quand on m'en a proposés alors que les forfaits ne se vendent plus depuis quelques semaines déjà. Il ne s'agit donc pas de forfaits, mais de trois billets pour les trois jours,qui donnent, parait-il, accès au camping aussi. A bon entendeur. Faut bien que ce blog rende service. Je retourne à mes copies, je suis débordée.
30 juin 2004

Formation.

Je sors de deux jours de formation. On met une vingtaine de profs dans une salle, avec un prof qui est un peu plus prof que les autres et qui va faire le prof pour les profs. Et les profs deviennent élèves. Il y a ceux qui sont très disciplinés et qui ont toujours été, il ya les lèche-bottes et ceux qui s'en balancent, il y a ceux qui viennent pour apprendre quelque chose et ceux qui pensent perdre leur temps. Il y a surtout un pourcentage bien trop élevé de personnes qui pensent tout savoir et qui sont sans doute devenues prof pour ne plus entendre quelqu'un leur dire ce qu'elles doivent faire.

 Donc, c'est tendu. Puis le prof aime pas. Il râle si on lui dit comment il doit faire, mais il râle aussi quand on ne lui donne pas de consignes. Il râle quand il doit sucrer des heures de cours pour une formation, mais il râle encore plus si cette formation tombe sur des jours où il n'a pas cours. Il râle parce qu'il n'est que celui qui met à execution la nouvelle réforme. Et il râle encore plus parce qu'il avait enfin réussi à se faire à la précédente. Une fois de plus, je ne jette pas la pierre à ce pov' prof qui n'est finalement pas si mauvais que ça. Mais c'est un véritable puzzle et personne ne semble avoir la tête à recoller les morceaux. Chacun fait un petit morceau dans son coin et quand on veut mettre le tout ensemble, ça ressemble à rien.

Alors, quand on se retrouve à ses formations, on est tout content de pouvoir râler tous ensemble contre le grand con qui arrive pas à recoller tous nos morceaux.

11 juillet 2004

Diane Grognon

         Nous partons chez Lilou et ses parents, après un repas chez mes parents. Hier soir déjà, nous étions là. A chaque fois, y'a du monde invité. Je me sens fatiguée, j'ai froid et ça crispe mon dos. Envie de voir personne, pas de goût à la conversation, ou si peu, surtout que ça en revient sans arrêt à "y'a plus de saison" et à "vous vous rendez compte...". Voilà à quoi ressemblent mes vacances: un week-end de la Toussaint. Je sais, c'est pareil pour tout le monde. [Elle est grognon aujourd'hui, un peu trop souvent en ce moment, faudra que ça change, fallait pas l'inviter...]
24 août 2004

Brève de comptoir II.

"40% des accidents de la route sont causés par l'alcool. C'est à dire que 60% des accidents sont causés par des buveurs d'eau. C'est grave".

Toujours Jean Carmet in Palace.

.......................Allez savoir, y'a des jours comme ça où on ferait mieux de s'abstenir, non? Moi, ça me rappelle des souvenirs de gosses.

Hey, hoy, palace, palace, ça c'est palace!

Mouais, vous êtes trop jeunes pour comprendre. Ce que je suis blasée aujourd'hui moi, ça doit être le deuxième effet de la pré-rentrée...

22 août 2004

Message au connard...

.... Qui a grillé un feu sous mon nez hier soir aux alentours de minuit. 

 [Bien sur que ce jeune homme, même s'il était amené à lire ces quelques lignes (ce qui est déjà peu vraisemblable, la toile est grande et quand on ne sait pas faire la différence entre du vert et du rouge, y'a des risques pour qu'on ne sache pas lire) ne se reconnaîtrait pas forcément. C'est vrai, combien de connards ont grillé des feux en ce samedi d'août? Et moi, j'en ai eu un sous le nez: un beau spécimen à casquette et 205 rouge (toujours le rouge pour le symbole phallique, ben voyons!). Oui, je sais messieurs les connards, vous êtes nombreux, avec vos casquettes et vos 205 rouges à griller les feux.]

Bref, toi, oui toi, qui est arrivé à plus de 100 km/h en centre ville alors que j'étais engagée sur le carrefour et que ton feu était rouge depuis un bon moment, et bien, je suis contente, ravie, que tu sois allé exploser ta pourriture de caisse dans le terre plein central en face, ravie aussi d'avoir eu ce réflexe qui m'a permis de donner un coup de frein pour t'éviter de justesse, sans quoi, ta pourriture de caisse, tu l'explosais dans ma voiture et tu entrais peut-être même dans une bonne partie gauche de mon corps. Alors je n'ai pas peur des mots, en plus d'être un connard de première, tu es un assassin qui s'ignore.

En esperant que tu n'aies pas de quoi te racheter une autre 205.

27 août 2004

Journée prépa.

Je pars bosser toute la journée au lycée, préparer les cours, mettre en ordre les documents de l'année passée, corriger quelques copies qui trainent, faire des recherches de documents... Je suis pleine de bonnes intentions et d'idées nouvelles... Lundi, je reçois ceux dont je vais voir les têtes toute l'année... Mais avant, il y a encore ce mariage dans le Sud!

 

27 août 2004

Luxe.

Cette nuit, rêve étrange d'un hotel quelquepart dans un autre pays. La suite somptueuse du dernier étage, avec toujours ce vertige qui devient physique même en rêve. Toujours un acolyte mais je ne sais pas qui c'est alors qu'il est proche de moi. Des piscines, aux fonds bleu marine. On fuit quelqu'un, on se perd dans ce dédale aux papiers peints sombres.
27 août 2004

Je pourrais avoir tort.


I Might Be Wrong
 
Je Pourrais Avoir Tort
 
I might be wrong (x2) Je pourrais avoir tort (x2)
I could have sworn J'aurais juré
I saw a light coming on Avoir vu une lumière venir
   
I used to think (x2) J'avais l'habitude de penser (x2)
There is no future left at all Qu'il n'y a pas de futur du tout
I used to think J'avais l'habitude de penser
   
Open up, begin again Mets-toi à nu, recommence
Let's go down the waterfall Descendons jusqu'aux chutes d'eaux
Think about the good times Pense aux bons moments
Never look back (x2) Ne regarde jamais en arrière (x2)
   
What would I do ? (x2) Qu'aurais-je fais ? (x2)
If I did not have you ? Si je ne t'avais pas eu ?
   
Open up and let me in Mets-toi à nu et mets-moi au courant
Let's go down the waterfall Descendons jusqu'aux chutes d'eaux
Have ourselves a good time Prenons nous-mêmes du bon temps
It's nothing at all Ce n'est rien du tout
Nothing at all (x2) Rien du tout (x2)

 

Radiohead, Amnesiac, 2001.

12 juillet 2004

Should I stay or should I go?

               Demain, emploi du temps chargé. Neb et moi partons à la découverte de ce que pourrait être notre nouvel appartement. J'ai passé la matinée au téléphone pour organiser au mieux le temps, mais ça va se jouer à la minute. Je suis curieuse, certaines descriptions faites par les propriétaires me laissent songeuse. Il y a même un appartement avec une cheminée. Certains en plein centre ville, d'autres presque à la campagne.

                Puis parfois, je regarde autour de moi et l'idée de vider mon univers de ses meubles et de ne plus remettre les pieds ici me panique. Nous avons marcher en ville cet après-midi, entre deux averses, le temps de passer à la poste et d'acheter quelques fruits. Même cette ville qui est pourtant plutôt laide pourrait bien me manquer.

             Demain, ça fera sept ans que j'occupe cet appartement et donc plus de huit ans que je suis dans cette ville. Curieuse impression. Il y a la réjouissance d'un côté et l'angoisse de l'autre. Encore un paradoxe.

[ aujourd'hui Whawha a 6 ans: joyeux nanni Whawha!]

 

15 septembre 2004

Jour de pluie, je souris.

            Je retrouve ici mes marques. Au boulot. Plus facilement que dans ma vie quotidienne qui est toujours très décousue. Ici, les mêmes gestes s'enchainent, et pourtant aucune routine ne s'installe puisque chaque minute apporte de nouvelles surprises. Le confort sans l'ennui. Je reproduis des gestes que j'aime. Tourner la clé dans la serrure et attraper le trousseau en entier dans ma main, me retrouver face à une salle vide et savoir que les élèves qui y entrent vont faire filer le temps. Rester des heures devant l'écran à taper des cours, imaginer la mise en situation, ne pas se rendre compte qu'il n'y a plus de lumière. Passer ma main sur une page blanche avant d'y mettre mes annotations. J'ai mes repères, il a des enjeux, il y a un défi. A la fois l'aise et la motivation permanente. Je me sens bien. Je suis peut-être quand même faite pour ça. Je resterai peut-être toujours à l'école!

Je vais rentrer CHEZ MOI. Ce soir, ma maman vient manger avec nous, c'est pas coutume! 

 Et cette année, l'automne ne me fait même pas peur!

25 septembre 2004

En bas

     J'habite un immeuble de trois étages. J'habite le dernier étage. Il y a de grandes fenêtres et des poutres partout. Les murs sont blancs. Plein de lumière.

En bas de chez moi, il y a une route que l'on qualifie de grande, et qui a du l'être un jour mais qui est maintenant toute petite avec ses pavés irréguliers.

En bas de chez moi, il y a une petite boulangerie et quand je pars au travail tôt le matin, les odeurs de pain chaud parviennent jusqu'à mes narrines. La boulangère me connaît déjà et elle connaît même Whawha.

En bas de chez moi, il y a une petite fontaine ronde encastrée dans le mur voisin. Souvent les gens s'y arretent, y trempent leurs mains ou se penchent pour en regarder le fond.

En bas de chez moi, le jeudi matin, c'est marché. On y vend essentiellement des fruits et des légumes et ça sent très bon.

En bas de chez moi, il y a plein de touristes avec des appareils photo et des caméscopes, qui viennent souvent de très loin et qui semblent tout émerveillés.

En bas de chez moi, il y a un bureau de tabac où j'aime bien flaner quand j'ai le temps parce qu'ils vendent des journaux.

Au dessus de chez moi, y'a le ciel, que du ciel et sans doute une bonne étoile aussi, parce que pour le moment, c'est que du bonheur.

 

 

8 juillet 2004

Liste de ce que je n'ai jamais le temps de faire.

Voici la liste non-exhaustive des choses que je veux faire depuis longtemps et que je n'avais pas le temps de faire jusqu'à maintenant et que je vais enfin pouvoir faire puisque me voilà lancée sur cinq semaines de vacances.

  • faire cette liste que jusque là, je n'avais pas le temps de faire...
  • Faire du pain
  • me faire les ongles
  • trainer, perdre mon temps
  • dormir, faire des siestes, me prélasser sous ma couette
  • lire lire lire (Barjavel m'a fait tant de promesses, je ne peux plus le faire attendre, il y a encore trop de choses qu'il ne m'a pas dites)
  • écrire écrire écrire
  • ranger mes papiers, paperasse et factures
  • aller plus souvent à la piscine
  • correspondre, envoyer des lettres, des cartes postales, des dessins à ceux que j'aime, pour leur faire plaisir, pour me faire plaisir
  • faire l'amour au moins trois fois par jour
  • prendre un petit déjeuner au lit parfois et tant pis pour les miettes, avec de la confiture, du nutella et du thé
  • faire une coupe à Whawha (c'est fait, admirez le résultat juste en dessous... Et si y'en a un pour me dire qu'elle est moche.... Gare à lui....)
  • préparer mes cours pour l'année prochaine, du bétonnée, du bien motivant, pour moi et pour eux
  • jouer avec Lara Croft, cette coquine, elle m'attend depuis des mois
  • me promener, faire des randos, partir en montagne
  • ranger mes dernières photos papier
  • visister de nouveaux appartements puisque le déménagement se précise pour la rentrée
  • glander, glander, glander
  • faire de bons petits plats
  • regarder des films
  • visister des musées
  • aller au cinoche
  • sourire, rire plus souvent
  • découvrir encore Neb
  • rêver
  • partir
  • raconter ici encore plein de choses
  • terminer ou au moins continuer tous ces textes commencés sur des brouillons, des morceaux de nappes en papier, des enveloppes... mettre à jour toutes ces idées, les murir
  • sortir tôt le matin, se coller sur une terrasse ensoleillée et lire le journal avec un thé citron
  • aller au marché, renifler, écouter, regarder
  • faire de la confiture (je vous en bouche un coin là?)
  • ....

Sans doute encore beaucoup de choses, plus futiles encore...

 

10 juillet 2004

Où perdre son temps?

                Bon, je suis allée perdre mon temps ailleurs, c'est pas forcément mieux qu'ici. Puis en fait, j'en ai plus tant que ça de temps à perdre. Faut chercher un appart' et un peu vite puisque les visites doivent s'effectuer la semaine prochaine. Départ pour le Sud prévu jeudi au plus tard et je me suis pas encore renseignée sur les horaires de train. Des images de ce futur cocon d'amour me traversent l'esprit, il y aura tant de lumière et de confort. Chaleur et douceur. Je vois du bois et de la pierre, des couvertures en pilou rouge et des murs blancs, des tentures multicolores et une grande cuisine qui sent la tarte aux pommes...

      J'ai commencé ce que je voulais faire pour ma petite Lilou, ce n'est qu'une ébauche, mais j'ai des idées en vrac. Je verrai sans doute le trio demain. Faudra que je prenne des photos, je veux garder des traces car je la vois grandir si vite... Chaque fois que je pense à eux, une émotion vive me prend à la gorge, je suis tellement contente pour eux!

22 juin 2004

amour et eau fraiche

               Mouais... Je regarde en arrière. Déjà. Ici, dans ce lieu qui n'en est pas un. Quelques semaines de présence et déjà beaucoup (tout est relatif) de visiteurs (je ne dirais pas lecteurs compte tenu du peu de commentaires / Je pense que certains cherchent des images et c'est vrai qu'ici, il y en a moins qu'ailleurs). Je vois mieux l'utilité de mettre quelques mots de ma vie de temps en temps. Toujours la recherche du mot juste, mais aussi de la sincérité. Pas face à un lecteur, mais face à la future moi, comme dans mon journal-papier.

       Neb homme de moi recroquevillé sur son mac joue à un jeu comme un petit garçon. Il y a des bruits de sabres et des petits pas dans la forêt parfois. Il jette un regard par dessus son épaule sur ma jupe. Me fait sourire. J'ai le hoquet. Avons mangé de la quiche lorraine. Frigo cassé, problème de fusible, fuite d'h2o cette nuit. Faut appeler un électricien demain. Aujourd'hui, c'était trop la course.

           Week-end agréable. Original samedi soir dans un château avec Mademoiselle G. et des amis. Visite guidée en catimini. Vue sur la plaine. Les courants d'air et le noir dans le dos qui fait se retourner avec la peur au ventre. Ensuite, un dimanche et un lundi en amoureux, complicité et fruits rouges. Tendresse et sensualité. Amour et eau fraiche. Hier soir, avons fait quelques kilomètres pour aller voir l'ami Tété qui rendait hommage à la musique. Dans une ville chaleureuse, avec cette pointe rose toujours impressionnante en plein milieu. Joué à Loup avec Spö et les autres sur une terrasse de café ou un groupe jouait des morceaux qui tordaient en moi des souvenirs de Belly... Il a roulé pour le retour, avais trop bu de vodka pomme et ai fait pipi dans un champ de maïs...

     J'instaure la phrase du jour: "Y'en a qui sont morts sans avoir connu cette tendresse" dixit Neb il y a une heure dans mes bras. Toujours des clichés. J'adore.Et si on arrêtait l'anticonformisme pour se contenter de peu? Je répondrais à Monsieur kmlz qu'il n'y a rien de meilleur que la simplicité.

19 juin 2004

LUI

             Il est revenu. Les dernières minutes sans lui ont été trop longues. Danse de bonheur toute la nuit. Il caresse mon visage ce matin pour me réveiller.J'aime sa peau et je me retrouve en lui. Je l'aime. Simple. Comme si la vie reprend maintenant, aujourd'hui. Le reste perd de son importance. Ce n'est pas une dépendance, c'est une évidence.
10 juin 2004

Des matins comme ça

          Ouai, il est reparti, à se demander si finalement il a pas le feu au Q. Moi j'aligne mes journées, toujours les mêmes, de plus en plus gavantes si on y fait attantion. Alors soyons lobotomisé, juste un minimum d'anesthésie avant de partir bosser pour pas penser que tu joues au chien de garde toute la journée. C'est fatigant. Là aussi, j'ai toujours voulu être juste, mais je fais pas ce que je veux. Quelque soit le job, je voudrais être en accord avec moi même et ça me file entre les doigts ici....

          Encore la fraicheur du matin et le pain frais en parfums doux qui rentre chez moi. Je dois me sauver, juste une dernière chose avant de partir: je méprise Cauet et ses hyènes...

16 juin 2004

Humeur & envies.

                   Froid et gris. Sur mon lieu de travail. Je vais me lancer dans une série de copies. Je me sens plutôt bien, disons mieux que les derniers jours. De bonnes choses se profilent à l’horizon, quelques concerts, des festivals, des sorties. J’ai envie de faire plaisir aux gens qui m’entourent. Je vais écrire encore, des idées pleins la tête, des envies…

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