Aujourd'hui, je vais être directe, je m'adresse à vous et je pousse une gueulante. Je m'adresse plus précisément à ceux qui passent sans doute tous les jours, ou même  seulement une fois la semaine. A ceux qui viennent gonfler mes statistiques  de "visiteurs déjà connus". Il y en a beaucoup. Vous revenez je le sais, je vous vois. Alors aujourd'hui, je vous parle.

A toi là-bas, le blondinet un peu timide.
A toi,  les yeux-noisette avec le sourire coquin.
A toi, Mademoiselle, "je le ferai demain, j'ai encore le temps".
A celle qui se ronge les ongles pendant qu'elle lit.
A toi, qui te dit que c'est pas la peine...
A ceux qui pensent qu'il est inutile de laisser un commentaire sur un blog.

Je vous vois, comme mes élèves les plus discrets, qui se collent sur la rangée du fond, près du radiateur de préférence, pour avoir une chaleur, comme un réconfort, et qui jamais, pas même sous la contrainte, voire la torture, ne lacheront un mot pendant mes cours... Pour vous c'est pareil, et aujourd'hui, je voudrais vous lire, comme j'aimerais entendre mes élèves. Même si ce que vous avez à dire n'est pas transcendant, je veux voir un signe de votre passage, un signe de vous, même très discret. Si vous saviez comme c'est important pour moi, d'avoir ce retour, d'avoir ces quelques lettres. Même si je n'écris pas toujours pour vous...

Parce que ce matin, moi, j'ai besoin de vous, de vos mots vers moi. Entretien d'embauche à neuf heures. Et pas des moindres. Rien à voir avec la mauvaise blague de la dernière fois. Un vrai entretien pour un job en or... Merde à moi !