Déjà la nuit. Muse dans mes oreilles. J'ai le temps d'écrire maintenant, même si ce n'est pas évident de se lancer comme ça. J'ai flané au détour de quelques blogs, comme je l'aurais fait dans les ruelles d'une ville inconnue, à la recherche de je-ne-sais-quoi, avant de me lancer. Ecriture bordeau, comme un bon verre de vin pour se donner du courage, pour accompagner un moment agréable. Un peu d'appréhension...

     Jusque là, je n'écrivais que sur du papier [si ce n'est quelques mots sur un site où je n'ai pas trouvé ma place, entre les journaux intimes (qui n'ont d'intime que leur rapport avec la grammaire française) de demoiselles de 15 ans]. J'ai toujours entretenu avec ma plume un rapport sensuel. La fluidité de l'encre sur le papier qui traduit des émotions: la colére, la joie, l'impatience, la peur ou l'incompréhension. Depuis l'age de sept ans. Depuis que je sais écrire en fait. J'ai besoin de mettre des mots sur ce que je vis. D'autres ont besoin de le raconter... A leur conjoint, leur meilleur ami, au téléphone, à un barman ou à un psy. Moi je préfère écrire, car je ne peux pas dire aussi facilement. Mais mettre des mots sur ce que je traverse m'a toujours permi de RANGER. Je m'éforce de trouver le mot juste et simple. De pas perdre le fil, de pas trop tirer dessus non plus.

    J'ai 26 ans. Je suis une fille. Ou faut-il dire une femme? Je vis dans un loft sous les toits d'une ville pas si jolie que ça. Plus seule depuis quelques semaines. Ouaip, y'a un jeune homme qu'a réussi à prendre une place dans ma vie. Et c'était pas facile. Et d'ailleurs c'est pas gagné non plus... Mais ça, j'y reviendrai... Puis j'enseigne. Je suis professeur. Pas toujours facile non plus. Je fais face chaque jour à l'inexistante motivation de mes élèves. Sont gentils mais z'ont vraiment autre chose en tête. Entre 15 et 25 ans. De futurs cuistos. Et moi, au milieu, je rame avec un enseignement général dont ils se battent les miches. M'enfin. J'y suis et je passe en temps plein en septembre.

    Sinon, que dire. J'aime les couleurs, les contrastes, la lumière, la spontanéité, les choses éphémères, le chocolat, pleurer, ma soeur, le vent, mon chien, partir, demain et aujourd'hui, le rire des bébés, les soirées entre amis, me laisser transporter par une fiction, faire des listes, cuisiner, marcher sans aucun but. Je n'aime pas courir, le froid, les certitudes, choisir (car c'est renoncer), mon inconstance, avoir mal, vomir, attendre, la mauvaise foi, Michel Sardou et les betteraves.