dimanche 12 avril 2015

Avril, sans fil.

{ Mode brouillon / idées en vrac on }[ Plusieurs semaines que je me fais à nouveau discrète. La réflexion autour du sens et de l'enjeu de l'écriture ici (et ailleurs) est récurrente. A mon "retour" l'an passé, j'y avais vu, pleine de motivation et d'espoir, l'opportunité d'échange, de partage. Mais les quelques pages laissées ici sont souvent restées solitaires, rares ont été les réactions. Puis moi non plus, je n'interragis pas. L'identité "Diane Groseille" reste cloisonnée à ces pages blanches que je noircis. Alors souvent, depuis quelques temps, j'écris ici, mais laisse le message à l'état de brouillon, sans y réfléchir vraiment. Comme si je préférais le garder au fond d'un tiroir, projet à remodeler, plutôt que de l'exposer en vitrine. Car c'est bien cela dont il s'agit : une vitrine. On me regarde et on me lit de l'extérieur, mais la vitre me sépare de ceux qui passent ici, curieux passants silencieux. Encore les Quatre bords]

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L'automne fut des plus doux et des plus simples. Je commençais cette année de travail exceptionnelle, à la rencontre de classes formidables. Tout semblait facile et l'énergie était une évidence. Janvier et février furent très difficiles, sombres, écrasés et tendus : une bonne claque après les vacances de Noël, une de celles qu'on ne voit pas venir. Début mars, nous avons pris le large pour retrouver de l'air, pour sortir de ce cadre épuisant. Et nous voilà déjà fin avril. Ces années scolaires qui me semblaient des siècles il y a peu filent maintenant si vite. Le temps de tourner une page. Le temps de corriger une copie.

J'ai justement terminé hier soir mon traditionnel marathon de correction. Chaque année, sur la même période, il s'agit de corriger en quelques jours seulement des dizaines, que dis-je, des centaines de copies d'examen blanc, de les faire remonter dans les bulletins. A cela s'ajoutent en général les copies dont je n'ai pas encore pu me débarrasser. Et comme chaque année, je dois condenser tout ça sur quelques jours, nuits courtes, fatigue, tension. Hier soir, à onze heures, je validais mes dernières remarques sur mes derniers bulletins, laissant échapper un cri de victoire.

Il me reste maintenant deux jours et demi de cours avant de filer pour la tout aussi traditionnelle semaine entre filles dans le Sud. La tradition s'est installée il y a quatre ans : a quatre, nous descendons pour une dizaine de jours sur la Riviera, dans un appartement magique, des terrasses, vue sur le bleu de la mer, farniente, jeux, siestes, apéros. Une parenthèse turquoise d'insouciance et de nonchalance...

Les autres années, ces deux "traditions" précédemment évoquées se chevauchaient et je partais donc souvent avec plusieurs paquets de copies et ma mauvaise conscience sous le bras. Cette année, c'est légère et détendue que j'aborde ces dernières journées de travail, ma tête déjà un peu en vacances, pleine de vent salé et de grains de sable.

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Mon corps, ces derniers temps, me questionne beaucoup. Je chute moins, il semblerait que j'ai retrouvé le sens de l'équilibre, peut-être grâce à mes ateliers du jeudi soir. Mais j'interroge souvent ma carcasse. J'ai fêté mes trente-sept ans il y a quelques jours. Cet hiver, j'ai eu l'impression d'avoir pris dix ans. Mon visage est plus marqué, des lignes sombres cerclent mes yeux. La fatigue est parfois plus installée, indécrottable. Je m'ébroue comme mon Lu pour m'en débarrasser, mais elle est incrustée à mes chairs. La vieillesse.

Je me pose aussi beaucoup de questions liées à une volonté d'avoir un enfant. La question est vaste, étendue, sournoise. On la contourne, on ne l'affronte pas, mais elle se représente à nous, souvent. Il faudra l'évoquer ici de façon plus... Sérieuse. Un jour, plus tard.

Puis comme je l'ai déjà évoqué ici, ma silhouette est source d'une réflexion bien ancrée.

Alors, face à toutes ces questions, j'ai changé mes habitudes. J'envisage d'ailleurs de confirmer/compiler tout cela dans un "journal de corps", car ces réflexions sont importantes. L'on pourrait y voir une simple fascination égocentrique pour mon image, mais c'est bien plus que cela. C'est même autre chose. C'est que voilà, à bientôt quarante ans (il m'en aura fallu du temps) je comprends que c'est moi. Je saisis à quel point cette enveloppe est importante. Bien plus qu'une enveloppe, une entité : je suis mon corps, il me parle et je dialogue avec lui. Je l'écoute, calmement, même quand ses messages sont douloureux. J'apprends de lui, beaucoup. { Mode brouillon / idées en vrac off }

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mercredi 11 février 2015

... Mais à part ça tout va très bien.

Définition

Avoir un petit souci, un tracas.

Prononciation

p'tite crotte su'l coeur

Nota bene

Légèrement enfantin.

- See more at: http://www.wikebec.org/avoir-une-petite-crotte-sur-le-coeur/definition/#sthash.5ixaQbFg.dpu

coucher-de-soleil2

p'tite crotte su'l coeur
p'tite crotte su'l coeur

Journée de lumière froide. Après deux heures de cours tôt ce matin, je suis libre toute la journée. Alors je prends le temps de mettre à jour, d'écrire, de dire. J'écoute aussi, je relativise, je cherche le sourire. Dans l'après-midi, aller traîner dans les vignes, dégourdir les muscles. Avec mes trois poilus. Prendre le soleil et plisser les yeux de tant de lumière. Puis à notre retour, nous nous sommes vautrés sur le canapé, dans la luminosité de notre petit appartement, un roïbos et de la chaleur, nous nous sommes lu des nouvelles du recueil de Ray Bradburry ... Mais à part ça tout va très bien, notamment Sur la route et Qui se souvient de Sacha

...

On attend la douceur. On se ménage de petits moments de répit. On se décourage pas. On avance.

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lundi 2 juin 2014

Une sieste.

Allongée. Pièce obscure, rideaux tirés. Dehors, le vent se lève annonçant l'orage qui mettra fin à de longues heures trop chaudes. J'entends le bruit de la rue, de cette journée de semaine, moteurs et klaxons, voix sur un trottoir, échanges de banalités, cris aigus et excités de cour de récréation à deux patés de maison. Toute cette compote de bruits est étouffée par les voilages et les ombres de la chambre. Ici, presque le silence. Et qu'il est doux et précieux, alors que le dehors court pour répondre aux urgences du quotidien, aux injonctions de la ponctualité, aux exigences sournoises de la bienséance, de se laisser aller à la somnolence d'un moment creux, suspendu.

olivier-volet

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mardi 29 octobre 2013

Oh ! Tonne !

Dans les feuilles rouges de savonnier,

Pousser les pieds

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Face à un emploi du temps sans cesse remanié,

Se démerder

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Avec une nouvelle vie à inventer,

sourire et avancer

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erable

C'est un bonhomme hiver qui se présente, et moi toujours si sensible à ces variations climatiques, à la lumière qui s'éteint, aux journées qui semblent s'étriquer, se racornir sur elles-mêmes, je reste un peu sans voix, dans l'ombre de sa grande silhouette qui s'avance vers moi. D'autant plus que cette année, les heures de soleil nous aurons été comptées. On les a attendues des mois, elles sont parties aussi vite qu'elles n'étaient arrivées Alors, je suis là, face à lui, toute petite, manquant de courage, n'ayant pas eu le temps de reprendre des forces.

De plus, cette saison est chargée de nouveautés. Ma vie est nouvelle, un virage. Après de longues hésitations, Gab s'est décidé à se rapprocher. Et c'est donc une nouvelle vie de couple qui démarre. Avec toutes les craintes que cela éveille en moi. Mais après trois ans d'hésitations, d'éloignement et de doutes, il fallait trouver une solution.

Ma vie de prof est en pleine restructuration aussi. "On vous avait dit, ma p'tite dame, que la crise allait vous tomber sur la coin de la figure". La voilà. Avec son cortège de fermetures de section, de réductions d'effectifs, de regroupements de classes. Et c'est sans compter les centres qui ne jouent pas le jeux et se montrent écœurants de mauvaise foi et d'hypocrisie (ou comment dégager une intervenante mi-septembre après des années de collaborations, via un mail de deux lignes)...

Mais on tient le coup. Et je ne cesse de me dire "à deux on est plus forts". Je veux y croire, je ne suis pas de ces trentenaires désabusées qui, frustrées et dégoutées, braillent "plus jamais" à ceux qui veulent bien l'écouter. Je sais, et il le sait aussi, que la vie de couple n'est pas une adaptation moderne d'un Walt Disney. Je sais que c'est dur, et que derrière les clichés dégoulinant de romantisme se cache à peine le monstre du quotidien. Je suis pleine d'envie et de joie.

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samedi 1 décembre 2012

Un temps, un samedi.

Une petite pièce sombre, loin de chez moi, la lumière de la table de chevet. Les volets sont fermés pour ne pas laisser entrer la lumière du jour, insignifiante, fade, éteinte. Blottie sous la couette, je me protège du temps qui passe sans moi. Entre deux semaines trop denses, trop longues, trop pleines, j'arrête le temps en lisant en quelques heures Capri et moi de Philippe Fusaro. Il se projete sur une terrasse baignée de soleil et de chaleur à Capri. J'en fais de même. Et j'imagine, le temps de ce samedi, premier jour de décembre, une autre vie que la mienne, insulaire, solaire, ouverte sur le ciel. Un instant seulement.

27Toujours ici, je suis.

Posté par Diane Groseille à 15:20 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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