vendredi 1 juillet 2016

La déstruction.

Qu'il est difficile de dire, d'écrire, de crier la douleur intérieure.

Celle qui ne se voit pas, mais dont les mots/maux s'époumonent et hurlent au dedans.

Depuis un mois maintenant, à grand renfort de médicaments, on a soulagé ce mal, il est en sommeil, il se tait, je ne pleure plus, je ne dis rien, je dors beaucoup, mais je sais que la bestiole est toujours là, tapie dans l'ombre de mon apaisement.

Il y a quelques jours, une amie m'a signalé la diffusion d'une émission Dans les yeux d'Olivier, je l'ai regardé et des larmes ont coulé, en continu, durant toute la durée de ces témoignages. Ces gens, détruits, formulaient mes mots, mes blessures, ma démolition.

 

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vendredi 13 novembre 2015

Tuer.

Battue, foutue, exténuée

Tu tues tout

Tu tues ton foetus, sorte de tumeur

Tu évacues tes vétustes tuyaux, tubes et utérus

Tunnel éteint

Tu tutoies le tumulte brut

Inutile statue sans but

Aux seins pointues, dévêtus

Tu chuttes, tu buttes

Upercute de pute

Tueuse. 

***

tunnel

On m'impose une semaine d'arrêt de travail. Je passe par trois phases. La première, les complications : il va falloir prévenir mes différents employeurs qui vont râler, sans aucun doute et il va falloir par la suite rattraper tous ces cours. Phase deux, on comprend à la tête du médecin que c'est non négociable, que c'est utile, qu'elle ne cèdera pas, on se soumet alors et on se dit qu'on va forcément s'emmerder. Troisème phase, on liste mentalement tout ce qu'on n'a jamais le temps de faire (ces satanaées listes à rallonges dont on ne voit jamais le bout et qui pourrissent la conscinece de tout moment de repos) et on se dit donc, mais oui, allons bon, pourquoi pas...

 

Puis on m'a injecté ce poison, dans la fesse droite. Et je n'avais pas imaginé à quel point il allait m'être impossible de travailler...

 

On ne m'avait pas dit la tristesse à venir. Sur le moment, je n'avais pas compris le deuil. Je n'avais pas mesuré la vie qu'il fallait saluer, laisser s'en aller, chasser.

On ne m'avait pas prévenu que j'allais manger sans fin, sans faim, pour remplir ce vide intersidérale que mon corps creuse dans mon ventre, ce trou noir, ce néant.

On ne m'avait pas signalé que mon corps allait saigner, autant, tellement, par vagues, par morceaux, par torrents de larmes noires.

On ne m'avait pas prédit la douleur. Les crampes fourbes et prolongées, élastiques de souffrance. Les pliures de l'âme au coeur du corps. Origami d'uterus pour faire des formes que personne ne reconnaîtra jamais.

On ne m'avait pas avertie pour l'attente, les longueurs, les vides, le non espoir, le silence.

On ne m'avait pas évoqué les hormones. Les montagnes russes d'émotions. Les crises de suffocation à s'en étrangler avec des sanglots et des cris. Une pelote de nerfs qui te tricote des angoisses. Un sac de noeud de merde.

On ne m'avait pas informée qu'il me fallait prendre ce temps, cette douleur, ces efforts, pour tuer.

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samedi 4 avril 2015

Nous entendons dans les rêves ce que dit la matière...

Mes rêves sont, les derniers temps rassurants, épais et très heureux.

***

Il y a deux jours :

Je vole, c'est une évidence, je vole !

Sur ma tête, un chapeau de soleil, aux larges bords. Dans mes mains, de longs crayons en bois souple. Le sol s'éloigne sous mes pas. Je me dis, comme à chaque fois, que c'est facile. Et je me demande encore pourquoi je ne vole pas plus souvent. La sensation est si agréable.

Je survole des lieux qui me sont familiers, ceux de mon enfance. Les personnes que je vois en contre bas de mon vol, sont mes amis qui me sourient. Ils ne peuvent pas voler mais ne semblent pas étonnés que je le fasse.

Plus tôt, dans le même rêve, je faisais la fête dans une grande maison de bois construite sur une petite crique, au dessus d'une plage. Mon père, des amis très proches, du rire, de l'insouciance.

***

Cette nuit, l'endormissement est difficile, je me suis coincé un nerf en faisant des acrobaties hier soir, lors de mon atelier du jeudi. Je peine à trouver une position confortable, le sommeil se fait attendre... Pourtant, dans la nuit, je voyage.

Je suis dans une rue de M. Une rue que je traversais souvent autrefois, lorsque je vivais encore là-bas. Dans cette rue se trouvait le garage où je laissais ma voiture. J'ouvre une porte, cette même porte qui menait à mon emplacement de parking. A l'intérieur, tout a changé. De petits espaces sont aménagés, de très petits espaces (sans doute quelque chose à voir avec les "capsules" des hotels japonais). Des gens sont installés et jouent, ou regardent la télévision. Certains dorment, ou font l'amour. Je me joins à certains, j'échange du plaisir, naturellement. Je retrouve d'ailleurs Rémi, un camarade de classe que je n'ai pas vu depuis des années. Nous faisons l'amour dans l'une de ces petites alcôves.

Je déambule ensuite dans des couloirs, je descends des escaliers et je me retrouve dans un hall désert, dont les baie vitrées donnent sur la nature. Une nature vierge et sauvage. J'avance dans cet espace et les vitres sont maintenant autour de moi. A ma gauche, je découvre une forêt majestueuse et sombre, de grands sapins bleus. A me droite, ce sont des prairies à perte de vue, très lumineuses. Et devant moi, alors que je m'avance vers la dernière vitre, je découvre une pinède. de grands arbres parasol donc les troncs secs et noueux dessinent des courbes irrégulières. Au sol, plusieurs bassins d'eau pure et profonde appellent à la baignade...

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eau

Voler encore. Toujours de l'eau, encore ces eaux rassurantes, apaisantes.

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lundi 12 janvier 2015

Mon hiver orphelin.

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