vendredi 1 juillet 2016

La déstruction.

Qu'il est difficile de dire, d'écrire, de crier la douleur intérieure.

Celle qui ne se voit pas, mais dont les mots/maux s'époumonent et hurlent au dedans.

Depuis un mois maintenant, à grand renfort de médicaments, on a soulagé ce mal, il est en sommeil, il se tait, je ne pleure plus, je ne dis rien, je dors beaucoup, mais je sais que la bestiole est toujours là, tapie dans l'ombre de mon apaisement.

Il y a quelques jours, une amie m'a signalé la diffusion d'une émission Dans les yeux d'Olivier, je l'ai regardé et des larmes ont coulé, en continu, durant toute la durée de ces témoignages. Ces gens, détruits, formulaient mes mots, mes blessures, ma démolition.

 

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samedi 2 janvier 2016

Faire passer la pilule.

piluleIl y a maintenant près de deux mois, je sortais de l'hopital avec de bien mauvaises nouvelles. Je suis restée à la maison pendant plus de deux semaines, dans un petit cocon de sécurité et de douceur, le temps de faire disparaître cette graine de bébé dans mon ventre, cette graine d'espoir dans ma tête. Gab m'a bichonnée, il a coffré ma peine de sa tendresse, à l'étouffer. Nous avons pris soin l'un de l'autre et nous avons pu "tourner la page". J'ai repris le travail avec motivation et énergie. J'ai repris ma place dans ma vie.

Mais depuis, sur injonction du médecin, je reprends la pilule. Le methothrexate est présent dans mon corps trois mois et serait toxique pour une petit bébé qui voudrait s'y installer. Il faut donc impérativement se protéger, de ce que nous souhaitons pourtant.

Voilà presque trois ans que je ne la prenais plus. Bien sur, il y a l'envie d'avoir des enfants, mais il y avait aussi ce refus de cette dose chimique quotidienne, de ce muselage hormonal. Alors, quand aux urgences, après m'avoir annoncé que je devais tuer cette grossesse, le médecin me demandait de reprendre la pilule, j'ai étranglé des larmes.

Mais, contre toute logique, tous les soirs, je gobe de nouveau, comme je l'ai fait des années durant auparavant, cette petite pilule, petit morceau de poison qui vient souvent se loger dans ma gorge si je ne la bouscule pas d'une gorgée d'eau pour la noyer. Se coincer comme pour faire savoir qu'elle ne veut pas passer.

Elle s'appelle Optilova. Romantique ! On dirait le nom d'un sex toy, ou d'un aphrodisiaque. Rien de tout cela. Une plaquette avec des pilule blanches et d'autres roses, à prendre en continu quotidiennement. Comme le petit chocolat du calendrier de l'avent, sauf que ça dure plus longtemps et que ça n'a pas de goût.

Je commence la troisième plaquette. Je termine ce mauvais cycle. Et puis on pourra repasser aux choses sérieuses.

Posté par Diane Groseille à 18:20 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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