jeudi 31 décembre 2015

Tzara.

Visite hier de l'exposition de l'ingénieur de la spontanéité, Tristan Tzara au musée d'art moderne de Strasbourg : ouverture du champs des possibles, stimulation de créativité, réflexions autour de l'écriture, du dessin, de l'improvisation...

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« Ce que nous voulons maintenant c’est la spontanéité. Non parce qu’elle est belle ou meilleure qu’autre chose. Mais parce que tout ce qui sort librement de nous-mêmes sans l’intervention des idées spéculatives, nous représente. Il faut accélérer cette quantité de vie qui se dépense dans tous les coins. L’art n’est pas la manifestation la plus précieuse de la vie. L’art n’a pas cette valeur céleste et générale qu’on se plaît à lui accorder. La vie est autrement intéressante. »
«Conférence sur Dada», Tristan Tzara.

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dimanche 6 septembre 2015

Mon frère triste, Mon frère libre.

J'ai un frère.

On le dit "petit" car il a dix ans de moins que moi. Mais il est bien sur plus grand que moi.

Il est loin, mais si proche. Il est inscrit en moi, comme ma soeur, comme mes parents. Il est toujours là quelque part. Ces dix ans qui nous séparent ne sont rien. Nous avons le même âge, nous avons le même sang.

Aujourd'hui, mon frère a mal. Il y a quelques semaines, mon téléphone a sonné. Après plusieurs tentatives pour se parler, j'entends enfin sa voix. Je comprends dès les premiers mots que ça ne va pas. Je n'entends pas son sourire habituel. Il m'annonce une rupture. Voilà sept ans qu'il partageait sa vie avec la plus belle fille du monde. Une jolie brune, silhouette parfaite, bonne humeur, gentillesse. La formule idéale. Je tombe des nues. L'an dernier, il avait déjà fait un choix similaire. Après un trimestre de tentatives vaines, il avait fait le choix irraisonné aux yeux de certains de démissionner de l'éducation nationale.

Aujourd'hui, il est libre. Il a défait tous les liens. Il lui reste des amis, et nous, sa famille. Pour le reste, il avance sans filet, sans attache. Il prend des risques. il a laissé derrière lui le confort de la vie de couple, du charmant appartement coquet, du contrat de fonctionnaire, de la petite vie bien sage. Il avance sans savoir vers quoi il va et il ouvre de nouvelles portes.

J'ai eu peur pour lui. Je me suis inquiétée de le voir prendre de tels virages. Mais je crois qu'il voit juste. Je crois qu'il a compris. Je crois qu'il a le courage de vivre.

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lundi 29 juin 2015

A l'aube des promesses.

Ma fin d'année scolaire s'accompagne comme chaque année de multiples angoisses. Certaines, raisonnées, sont dues à ces perpétuelles incertitudes et aux difficultés financières déjà présentes qui vont sans doute s'accentuer sur les trois mois à venir. D'autres, plus tacites et sourdes sont de l'ordre du rapport au corps, à la perfection, au temps, au désir, à l'enfantement... Des constantes pour moi, comme pour tant d'autres. Je réfléchis beaucoup les dernières semaines à cet empoisonnement et aux solutions qui s'offrent à moi. Je veux regarder devant et je vois comme chaque année ces longues semaines comme tant d'opportunités. Voilà quelques projets pour mon été, parce qu'il est doux de les écrire, comme des promesses que l'on se fait à soi-même :

  • Dessiner : aquarelle, croquis
  • Lire des livres (une pile qui tient de plus en plus difficilement en équilibre au pied de mon lit)
  • Lire le journal
  • Ecrire (carnet de voyage, blog, feuilles volantes, cartes postales, lettres d'amour ou d'amitié)
  • Développer mes connaissances en photo, participer à des concours, faire des sorties thématqiues, ressortir mon Diana
  • Faites quelque chose qui m'effraie
  • Me relaxer, méditer, prendre conscience du moment (j'entame la lecture fascinante du livre de Christophe André, je me trouve face à des évidences lumineuses)
  • Cuisiner (des tentatives nouvelles, pâtés et laits végétaux, nature comestible, agar-agar...)
  • Faire du yoga, travailler ma souplesse et mon équilibre, si possible, dehors...
  • Marcher, au moins une heure par jour
  • Danser
  • Courir
  • Nager
  • Faire l'amour
  • Ne rien faire
  • Boire des tisanes (j'ai encore hier cueilli de la mélisse sur le bord d'un canal)
  • Aider mon homme à faire évoluer son projet
  • M'éssayer à la céramique
  • Jongler
  • Visiter des musées de la région
  • Faire venir le cinéma à la maison, grace à notre vidéo-projecteur
  • Faire du vélo
  • Passer une journée au lit
  • Multiplier les soirées avec les amis, soirées cocktails, balade nocturne, nuits à la belle
  • Faire des balades avec les chiens de la SPA
  • Faire de l'Affut
  • Lire des articles ou des textes en italien et en anglais
  • "Photographier" des sons
  • Aller au théâtre, notamment , parce que ça fait des années que j'en ai envie
  • Prendre soin de moi, et des gens qui m'entourent, en multipliant des petites attentions simples
  • Coudre
  • Faire de l'Origami
  • ...

ciel

Je trouve par hasard cette illustration qui résume les contraintes satisfaisantes que je tente de me fixer au quotidien :

journée

Posté par Diane Groseille à 09:20 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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samedi 6 juin 2015

On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

Cheveux attachés, assise sur un banc, mains plaquées sur le bois, dos droit. Attente.

Souvent les derniers temps, je n'ai pas mon âge.

Souvent les derniers temps, je suis bien plus jeune.

 

lunettes-bières

 

 

 

I

On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,

Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !

- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !

L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;

Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -

A des parfums de vigne et des parfums de bière...

II

- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon

D'azur sombre, encadré d'une petite branche,

Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond

Avec de doux frissons, petite et toute blanche...

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.

La sève est du champagne et vous monte à la tête...

On divague ; on se sent aux lèvres un baiser

Qui palpite là, comme une petite bête...

III

Le coeur fou Robinsonne à travers les romans,

Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,

Passe une demoiselle aux petits airs charmants,

Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,

Tout en faisant trotter ses petites bottines,

Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...

- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.

Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.

Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.

- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire... !

- Ce soir là,... - vous rentrez aux cafés éclatants,

Vous demandez des bocks ou de la limonade...

- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans

Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.

 

Arthur Rimbaud - 29 septembre 1870

Posté par Diane Groseille à 19:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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samedi 10 janvier 2015

Je suis...

Perdue

Emue

Aphone

Charlie

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