vendredi 22 mai 2015

Ma poésie.


Fabrice Luchini : "Prenez conscience du miracle... par franceinter

La poésie serait la résonance (raisonnance) de certains monstres de la littérature avec nos petits vies. Je n'aime pas Luchini. Je n'aime pas sa voix. Je n'aime pas ses excès d'articulation qui se confondent dans des clapotis de salive. Je n'aime pas sa déclamation de "la" vérité et ses envolées lyriques. 

J'écoute pourtant ce matin.

Depuis hier, je cogne dans ma tête certaines idées. Certains mots. Rien à voir avec les siens. Et pourtant, il y a de l'écho. Pour une fois.

A propos de ma poésie. Celle que je cherche dans ma routine, celle de mon quotidien. Et je donnais à peu de choses près cette même définition. Ma poésie, celle qui m'appartient, peut être laide, peut être crue, peut être abrutie de clichés ou au contraire, échaper à toute règle et compréhension. Ma poésie est dans l'imperfections, dans l'instantané, dans le mouvement, dans la solitude, dans le vide.

Mais je la guète.

Je voudrais la représenter. L'écrire, la dessiner. Pour écrire, il faut vivre. Et vivre en grand laisse trop peu de temps pour écrire. Alors souvent, on laisse fuire certains moments, certraines images, certains mots. Ils ne s'écrivent pas, ils se vivent, et ils s'oublient. 

Je réalise que j'écris souvent dans ma tête, sur l'instant, perchée en équilibre. Puis j'accepte d'oublier. J'accepte car je n'ai pas le choix. Et tous les stratagèmes de petits papiers ou de carnets, toujours à portée de main, qu'on fourre dans un sac déjà trop plein de bricoles, ne permettent pas d'empècher cette fuite des mots et des idées.

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lundi 6 avril 2015

La couleur des sons que tu vois.

J'avais déjà évoquée ici la synesthésie, cette perception croisée des différents sens.

Je découvre avec joie il y a peu cette peintre, ce petit cadeau esthetique.

Elle peint les tableaux de ses morceaux préférés.

Sans partager forcément ses choix de représentation,

je suis fascinée par le travail technique,

par la recherche et le jeu au niveau des couleurs.

lucky__880

Lucky de Radiohead.

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vendredi 27 juin 2014

Une journée de puces.

cahiers

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Deux jours sur un trottoir, pour y vendre des livres. Deux jours sous le soleil d'une grande ville, la poussière sèche soulevée par les passages lents, ni vraiment dedans (pas de murs, pas de toit), ni vraiment dehors (un espace limité par le bord de la route, les limites du stand, cette ligne de pavés). Une attente. De l'acheteur, du moment d'un repas pris sur un coin de table, de la prochaine pause pipi, de la fin. Mais aussi le temps qui s'étire, qui s'effiloche comme un tissu déchiré. Et au-dessus de nous le disque de l'église qui temporise. Alors, prendre le temps. Ouvrir un livre, parmi les milliers exposés ici. Toutes ces couvertures bien alignées qui cachent des univers de mots. Sous chaque dos cartonné se recroqueville une histoire, un effort, un monde. Alors parfois feuilleter, sans perdre de vue le stand et gloutonner juste quelques lignes, sorties de leur contexte, les laisser ensuite se fondre et se diluer dans une imagination qui pour une fois n'a pas besoin de se concentrer sur un cadre. Puis c'est ça, hors cadre, avec ce temps qui fait des fils, on a de la place. On regarde les gens aussi, on leur imagine une vie, une identité, des envies et leurs frustrations. On les voit jouer la comédie du dehors, celle qui impose une image. On peut prendre le temps de voir aussi comment ils sont vraiment, ces stries de lumière qui passe à travers le masque. On a envie de les dessiner, et d'ailleurs, on le fait, sur un petit bloc, papier trop fin. On capte le mouvement d'une jupe, un regard derrière d'épaisses lunettes, une barbiche, des bras croisés trop serrés. Ce sont tous des lecteurs, une espèce de communauté qui se reconnaît. Qu'il lise de la BD ou de l'esothérisme, qu'il soit bibliophile ou fan de Marc Levy, le lecteur partage quelque chose avec tous les autres lecteurs. Cet amour de l'objet, celui qu'on va ouvrir, renifler, caresser, celui qui nous fait des promesses... Il est en quête de la "bonne" promesse, de ce petit livre qui, pour quelques euros saura lui donner satisafaction. On discute aussi, on s'écoute, on commente, on chipote, on réfute, on concède, on rit. On attend. A la fin des deux jours, la peau tannée et les jambes crayeuses, on remet chaque univers non adopté dans un carton, jusqu'à la prochaine fois...

Posté par Diane Groseille à 20:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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