samedi 17 octobre 2015

Le lapin blanc.

Tant travailler

Trop longtemps tâtonner

Autant t'en tamponner

Tutoyer les tensions

Tant de thé pour tenir

Temps dégoûtant

Instant distant

Entêté clignotant

Tâter l'ereintant

...

Pierre, poids, poing.

***

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Etre pressé :

  • Avoir été comprimé, tassé, avoir subi l'effet d'une pression : Fromage à pâte pressée.
  • Être urgent : Ce travail n'est pas pressé.
  • Avoir quelque chose d'urgent à faire, manifester de la hâte : Je vous quitte, je suis pressé. Marcher d'un pas pressé.
  • Avoir hâte de : Je ne suis pas pressé de le voir.

***

L'automne est venu vite. Fort. Et avec lui, ce rythme si dur.

Je relis ces "envies de rentrée", postées il y a quelques jours à peine et je m'en agace, je m'en indigne. J'ai dessiné non pas des envies, mais ce tableau parfait de cet automne que j'aimerais vivre, tout en sachant déjà qu'il me sera lointain, voire inaccessible.

J'ai pris cet été la décision difficile de me séparer d'un de mes employeurs. Les dernières années, dans ce centre, la mauvaise foi, le manque de transparence et l'enseignement dans des conditions lamentables m'avaient découragée. Mais ce choix fait et tout le soulagement digéré, il a fallu faire face à la réalité et retomber sur mes pattes. Très vite, j'ai retrouvé un autre centre de formation pour remplacer : autre cadre, autre public, nouvelles tensions, appréhensions, réorganisation. Je bouffe une énergie et un temps incroyable pour faire en sorte d'être à la hauteur et pourtant, je me sens fragile et bousculée tout le temps.

C'est légitime et fondé. J'enchaine des semaines à plus de 35 heures de cours (48 cette semaine) et ce aux quatre coins du département. Je rencontre chaque jour de nouvelles têtes, je ne sais plus où j'ai garé ma voiture, je mange rarement à midi, je suis déjà envahie de paquets de copies, de photocopies et de mauvaise conscience. J'évolue en permanence dans un passé contrarié et imparfait que je tente de recomposer et un futur à la fois fuyant et trop proche.

L'autre jour, à 11h, un de mes collègues me piste dans les couloirs, il tient dans ses mains à bout de bras ma thermos dans laquelle il a joliment shooté alors qu'il prenait ma relève dans une salle de classe. Résultat : inondation de thé sous le bureau du prof. Je me précipite dans la dite salle pour éponger le sol, devant mes nouvelles élèves amusées. L'anecdote est drôle, mais je ressors de cette classe avec une boule dans la gorge et une vraie envie de chialer. Cette flaque de thé au sol est à l'image de ma fatigue nerveuse : liquide, brulante, incontrôlable.

Et je relis ces "bonnes" résolutions. Et je me dis que c'est déjà bien d'arriver à avancer. Je me sens seule. Je me sens loin. Injonctions de perfection qui me piquent les yeux.

 

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***

Posté par Diane Groseille à 19:21 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Retour vers le futur.

Quelques mots retrouvés à l'état de brouillon, rédigés très vite, au printemps...

***

On m'apprend que Mc Fly est delà revenu dans le futur, tôt le matin.

Je surveille 4h de BTS blanc.

Je pédale dans les rues de la ville puis attache mon vélo, deux fois (à un grillage, à un socle), puis à chaque fois, je m'éloigne, je bascule mon trousseau de clé derrière moi pour biper et vérifier que mon vélo est bien fermé. Conclusion, je suis encore obligée de prendre ma voiture trop souvent.

Plus tard, je longe une terrasse de café. Des gens ont le temps. Souvent, je me serais dit que ces mêmes gens auraient pu m'impresssionner. Mais aujourd'ui, si j'avais eu le temps, je me serai installée là et comme eux, j'aurais pris le temps de siroter un truc frais, de consulter mes informations récentes (oui, parce que j'ai un smartphone tout neuf)

Finalement, je pars en cours, parce que je n'ai pas le choix, puis c'est une classe que j'aodore. Mais aujourd'hui, ils sont difficiles, très. Ils m'empoisonnent, ils crient, rient pour un rien, me prennent à partie. Ils me font penser à une classe de maternelle, or je n'ai jamais voulu travailler avec des petits.

Puis, il y a quelques minutes, j'assiste à une scène épouvantable. Devant mon bureau, une de mes élèves. D'habitude douce et souriante, se livre devant moi à un exercice démoniaque digne des meilleures scènes de l'Exorciste. Elle hurle, trépigne, pleure, ses yeux manquent de sortir de leurs orbites, elle bave, m'insulte, me menace, tourne plusieurs fois sur elle-même dans une espèce de tourbillon satanique, est prise d'un fou rire nerveux pour remettre des torrents de larmes par dessus et finit par quitter la salle en me traitant de connasse, dans un violent courant d'air haineux. De la drogue ? Un envoûtement ? Une scène d'impro ratée ? Rien de tout ça, je lui ai juste confisqué son téléphone.

J'ai encore des dizaines de copies à corriger pour demain.

Je réfléchis à la vie que j'aimerais avoir. A ce qui me plaît dans celle que j'ai.

***

J'apprends ce matin que Marty Mc Fly reviendra dans le futur Mardi.

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jeudi 24 septembre 2015

I think I'm allergic to morning.

Course du matin. Sensation dégeulasse quand tu sautes de ton lit et que tu sais que de toute façon, il va falloir faire des choix : tu ne pourras pas tout faire avant de partir bosser. Priorités : la douche, trouver des fringues correctes, rassembler les affaires de cours qui te seront indispensables. Tu oublies l'idée même de ton thé et de la lecture des infos que tu t'accordes d'habitude. Passer par la case maquillage, cheveux nattés en accéléré. Ton homme est assis dans son fauteuil avec son café et il te regarde, l'oeil vide, galoper dans tout l'appart', presque dérangé dans sa quiétude matinale. Il daigne te déposer à la gare, parce que franchement, sinon, c'est pas possible.

Mais que s'est il passé ? Où es-tu tombée dans une faille temporelle ? Quelques heures semblent s'être évaporées entre le premier clignement de paupières et les pieds au sol. Pourtant, tu as bossé tard, tu as fait en sorte d'anticiper, pour ne pas trébucher. Mais ça foire. Tu le vois bien. Et les journées qui commencent comme ça te foutent en rogne. Tu te détestes, tu te maudis, tu te foutrais des baffes.

Arrivée sur le quai de la gare, sur lequel tu n'as pas mis les pieds depuis des années, tu râles intérieurement contre la SNCF et les aller-retours à 20 boules, tu te brûles en lapant le thé de ta thermos, tu désespères en pensant aux 8 longues heures de cours qui t'attendent et tu t'englues définitivement dans ta mauvaise humeur quand tu réalises que tu n'as ni trousse, ni agenda, ni repas de midi, parce que tout est resté à la maison.

Putain de rentrée difficile. Note pour plus tard : S'ORGANISER MIEUX !

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mercredi 2 septembre 2015

Chaque espace.

Reprendre le chemin  de l'école

Entrer dans une nouvelle année

Naviguer vers d'inconnus espaces

Trouver la voie juste et claire

Respirer chaque instant

Et prendre le temps

Encore et encore

...

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lundi 10 février 2014

La salle des profs.

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Salle des profs : groupe nominal étendu composé d'un nom commun féminin singulier et de son complément, nom commun masculin pluriel. Le complément introduit par l'article partitif "des" (contraction de "de les") marque ici l'appartenance. La salle est aux profs. Cette appartenance est à comprendre comme un titre de propriété, elle exclut de fait logiquement tous ceux qui ne sont pas profs. On notera aussi l'opposition significative dans le groupe nominal entre singulier (l'unité "la salle") et le pluriel ("des profs")

***

La salle des profs est un écosystème. Les éléments le constituant développent un réseau d'échange d'énergie et de matière permettant le maintien et le développement de la pédagogie et de la discipline. La salle des profs est un écosystème très particulier composé principalement d'individus enseignant mais qui précisément, n'enseignent pas lorsqu'ils s'y trouvent. Des individus d'autres types peuvent interagir avec eux ponctuellement et bousculer les hiérarchies établies. On notera par exemple l'intervention souvent perturbante du chef d'établissement ou encore les passages rapides de surveillants ou de CPE. Les enseignants y interagissent et établissent une hiérarchie qui peut être changeante et cruelle. La salle des profs est le plus souvent délimitée par quatre murs mais peut à l'occasion comprendre des annexes (type salle informatique ou espace détente) dans lesquelles la hiérarchie peut être aussi bousculée ou remise en question temporairement. On assiste souvent au sein de cet écosystème à des influences de domination ou de soumission et, cas fréquent et cyclique, à des parades de séduction. Il arrive ponctuellement que cet écosystème soit le lieu d'humilition de certains individus ou encore de violences verbales, voire (rares cas observés) physiques.

Dans la salle des profs, le tutoiement est de rigueur, le port de cartables et autres trieurs est imposé, le stylo rouge est dégainé plusieurs fois par jour, certains individus ont même envisagé la greffe. La plupart des individus présente des similitudes, mais ils se distinguent quand même sur certains points et correspondent à une typologie particulière. Notons la présence de plusieurs espèces particulières dans cet environnement, ci-dessous, une classification sommaire :

La pie : même si vous ne l'avez pas vue, vous savez qu'elle est là. Elle signale sa présence par un flot ininterrompu de paroles, souvent inconsistantes et presque toujours sans interlocuteur identifié. Son seul objectif : combler le silence et le vide par ses babillages. Aucune connaissance des notions de respect et de politesse. Qualités d'écoute inexistantes.

Le paresseux : animal de l'ordre des fonctionnarus faineantus, invertébré proche du mollusque, il saura par contre se montrer étonnamment vif au moment de la dernière sonnerie de la journée et vous donner l'heure précise puisqu'il n'est pas question qu'il perde une seconde de son temps pour du travail supplémentaire. On identifie sa tanière aux tas de copies en phase de biodégradation qui s'y accumulent. Notez qu'il vaut mieux brosser l'animal dans le sens du poil car il est souvent syndiqué et pourrait bien se montrer contrarié.

Le cochon : c'est à son oeil brillant et à ses regards en coin que vous identifierez cet énergumène. Il ne manque jamais le décolleté de la jeune TZR ou la jupe cigarette de l'assistante d'éducation. Méfiez-vous, il semblerait qu'en période printanière, il laisse traîner ses grosses paluches.

Le vieux singe : il est toujours là, il guette les entrées et les sorties, commente chaque déplacement et semble avoir pris racine dans l'écosystème. Son casier (qu'on peut considérer comme un nid) contient tous les éléments indispensables à sa survie : petits gâteaux secs (DLUO juillet 1993), stencils, tisane d'épilobe bio... Il saura vous dire tout ce qui se passe et peut même vous proposer un arbre généalogique et de rares images d'archive du lieu et de certains spécimens qui y évoluent encore, tels des fossiles. En voie d'extinction. Nota bene : il peut vous apprendre à faire des grimaces. 

La dinde : on reconnaît cet individu à ses gloussements et à sa naïveté. Dans un premier temps, cette espèce peut sembler attachante, mais il faut se méfier, elle peut vite se transformer en parasite ou vous voler dans les plumes sans que vous ne compreniez pourquoi. A noter : on observe des comportements identiques chez la morue et la buse (qui peut être trois à elle seule les bons jours).

La vipère : attention, spécimen dangereux, sournoise par excellence, elle vous mordra quand vous vous y attendrez le moins, juste après vous avoir dit "bonjour" ou "merci pour le café". Elle sait aussi cependant très bien cacher son jeu et préférera distiller son venin en votre absence, ce qui ne manquera pas de vous empoisonner la vie. L'attaque est souvent gratuite et cruelle. Comportement proche de celui de la teigne.

Le caméléon : peu impliqué dans la vie de l'écosystème, il fera tout pour s'y fondre discrètement et en éviter les vicissitudes, il sait filer et adopter des tenues de camouflage. On le remarque au fait qu'on ne le remarque pas. Il est même parfois difficile de le nommer.

Le blanc bec : titulaire depuis peu de l'agrégation, le blanc bec est un volatile qui aime à souligner qu'il a été tri-admissible, qu'il envisage "un retour aux fondamentaux" et une «révolution culturelle de l'essentiel». En cas de doutes, on peut l'identifier avec certitude à l'utilisation d'un jargon pédagogique particulier, notamment les formules "il faut savoir que" et "force est de constater" ou encore des termes tels que "didactisation", "sémiologie" ou "apprenant". Curieusement, avec le temps, cette espèce peut évoluer en blaireau.

 

 

 

Posté par Diane Groseille à 10:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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