mercredi 14 septembre 2005

Message pour la prof d'anglais.

Tu parles trop
Tu n'écoutes plus personne
Et plus personne ne t'écoute

Donnez-lui quelque chose à manger
Ou bien quelqu'un à embrasser
N'importe quoi pour l'occuper
Pour l(a) faire taire sans se fâcher

Pousse-toi, laisse passer les anges
Et les modestes et les timides
Tais-toi, tu gagneras au change
Fais se remplir quand on se vide

Et ce n'est pas que ton discours
Ne semble pas intéressant
Tu parles peut-être même d'amour
Ouais, mais tu parles
Tu parles tout le temps

Tu doubles tout le monde et tu te vautres
Tu sais, c'est du pareil au même
Quand on passe à côté des autres
On passe à côté de soi-même

La Rue Kétanou, En attendant les caravanes, 2000.

***

Elle meuble la salle des profs avec ses mots. Ils viennent se glisser dans tous les espaces vides, dans les conversations des autres, entre moi et mon écran, dans les casiers et se faufilent jusque dans les couloirs. Des mots vides mais lourds malgré tout. Le divorce de sa soeur, le prix de l'essence, l'anniversaire de sa nièce, le trajet jusque chez elle, ses insomnies, son régime alimentaire, ses anciens collègues, le bruit de la photocopieuse, ses nouvelles chaussures, la dernière expo qu'elle a vue, le site internet "trop bien" où elle a trouvé de la doc... Et pire, il faut qu'elle glisse des mots anglais partout. Vous pensez ! Je la connais depuis trois semaines. Et j'aimerais tellement moins la connaître.

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vendredi 10 juin 2005

La tarte aux cerises.

 

img_62482Elle me trotte dans la tête cette tarte aux cerises. Pas de gourmandise pour une fois. Même écoeurée. J'ai regardé l'autre soir l'émission "2025, le Futur en face". Je n'ai pas appris grand-chose. Je m'attendais même à un scénario plus "catastrophe" que ça. Je pense franchement que ce qui nous attend est pire. J'ai apprécié cependant le discours tenu par les quelques invités après le docu-fiction (z'adorent faire des docu-tout-ce-que-tu-veux maintenant... Fiction, drama, réalité...). Pour une fois, on ne passe pas de pommade, pour une fois, on dit les choses telles qu'elles sont. J'entends encore notre Jean-Luc national qui tente d'édulcorer certaines réponses.

J'en viens à ma tarte aux cerises. Parfaite métaphore de la merde que nous bouffons. Oui, nous, je n'ai pas la prétention de me mettre à l'abri... Pour ceux qui ont râté ça, petit résumé de la tarte aux cerises: Plan large, un jeune homme qui a une trentaine d'années en 2025, se trouve face à une journaliste, il lui raconte son souvenir de la tarte aux cerises que sa gentille môman lui achetait quand il était petit dans le supermarché du coin (parce qu'elle avait pas le temps de la faire). Il explique à la journaliste que dans cette tarte, il y avait de la farine, chargée de pesticide, du beurre, chargé aussi de pesticides que la vache avait mangés, des oeufs, blindés de toutes les saloperies dont la poule avait été gavée, sans parler de toutes les merdes qui avaient été pulverisées sur les cerises. On apprend rapidement que le type en question est stérile, à cause de ce qu'il bouffe depuis qu'il est gosse. c'est une fiction. C'est pas de la science-fiction. Le type en question aurait cinq ans aujourd'hui.

Alors moi, depuis ce soir, je suis encore plus méfiante. Je savais déjà tout ça. mais la réalité a pris un visage. Et ce n'est pas celui de la tarte aux cerises.

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dimanche 8 mai 2005

Constitution?

Il parait que tout le monde l'a eue. Fabius qui l'affirmait y'a cinq minutes sur TF1. Mais je l'ai pas moi. Et je vais encore devoir faire une lecture dans l'urgence. Je me souviens de ce fameux contrôle de lecture sur l'Odyssée d'Homère un jeudi matin, en sixième. J'avais passé une partie de la nuit sur le bouquin. Faudrait pas m'envoyer les centaines de pages de la constitution le 28 mai, j'ai passé l'âge...

Ceci dit, j'ai déjà mon idée. J'ai consulté quelques sites, fouiné, très peu écouté les hommes politiques, lu pas mal d'articles, cherché la neutralité. Bien belle exegèse. Mais faudrait quand même le TEXTE.

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samedi 26 février 2005

Juste?

Est ce que tout le monde pense être dans le juste? Moi, je pense être juste. Dans ma façon de faire, de penser, d'être avec les autres, de dire les choses. Peut-être parfois un peu crispée en ce moment, à cause du boulot, mais j'ai l'impression que je gère de mieux en mieux. Et j'ai denouveau cette impression d'être à ma place. Et en regardant les gens autour, je me demande s'ils se sentent bien à leur place, s'ils ont l'impression d'être justes.

Je pense par exemple à ces gens, ici, qui ne peuvent s'empêcher d'être agressifs dans leurs commentaires. Ont-ils l'impression d'exister comme ça? C'est peut-être ce qui les ronge tous les jours, avec les gens dans la rue, dans la file d'attente d'un supermarché ou encore sur leur lieu de travail. "Non, mais connard, tu vois pas que tu m'emmerdes!". Mais comme ils sont incapables de faire ça dans la réalité, ils viennent prendre des forces virtuelles ici et balancent sur des blogs et sur des forums la rage accumulée dans la journée. Se sentent-ils justes après?

Ou alors, je pense aussi à cette soirée pathétique vendredi dernier, l'anniversaire d'une copine de l'Amie. Z'avaient réservé la salle au-dessus d'un bistrot pour une bouffe avec une trentaine de personnes. Je la connais pas vraiment, mais j'ai accepté l'invitation pour passer un moment avec l'Amie. Puis, dès que nous sommes arrivés, j'ai senti que ça n'irait pas. Les nanas étaient pomponnées comme pour un bal, faisait froid parce que tout le monde fumait et qu'y avait pas d'aération et tout le monde avait déjà un coup dans le nez au point de plus pouvoir parler sans crier. Y'avait un décalage, ç'aurait pu être drôle, mais au bout de quelques heures, après avoir mangé d'ignobles choses qui avaient pourtant un joli nom sur la carte, ils ont commencé à chanter la fameuse chanson de la beaufitude (dont ils ne connaissaient même pas les paroles: on est d'accord, tronche, ça rime pas avec ivrogne). Oui, oui, on s'amuse, c'est comme Cauet, y'en a encore qui vont me dire que j'ai un balai mal placé, mais je ne vois pas où est la joie, où est le plaisir là-dedans. Faire du bruit peut-être, pour se sentir exister aussi. Je n'ai pas aimé, j'ai détesté, mais j'ai rien dit, c'est leur délire. Retour de bâton, certaines personnes m'ont trouvé antipathique (dixit l'Amie). Comme dit Neb homme de moi, on s'en pète. Mais je me demande si ces personnes qui se permettent de juger quelqu'un à qui elle n'ont pas adressé la parole se sentent justes.

Il y a aussi A., ma collègue de travail, qui retourne sa veste systématiquement, en adaptant son discours à son interlocuteur, sa devise: "toujours brosser dans le sens du poil", mais se rend elle compte que très rapidement, ça mène à des incohérences, parce que forcément, ON NE PEUT PAS être d'accord avec tout le monde. Se sent-elle juste?

Je pense souvent à ça, et j'ai du mal à l'exprimer clairement. Ce n'est pas par rapport à l'image que l'on peut renvoyer, c'est justement par rapport à ce qui se passe à l'intérieur...

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mercredi 24 novembre 2004

Ma boulangère a raté sa Star'Ac...

        Ouais, elle a raté sa vocation. Pourtant elle avait pas le look. Elle est pas du style maquillage à paillettes ou tenues affriolantes. Mais elle chante. Non, non, pas des vraies chansons, avec des paroles apprises par coeur. Disons qu'elle met l'intonation de la politesse au degré maximum. Alors, ça donne une sorte d'improvisation chantée sur le thème "lèche-moi les bottes, j'adore ça". Et elle remet des couches de "que puis-je pour vous Madame" et de "je vous en prie Madame" et de "mais c'est moi", à croire qu'elle va s'étouffer avec et tout ça, en partant dans les aiguës, à penser qu'on est en train de lui pincer les fesses. Non, vraiment, je me fais du soucis pour elle. S'il existait une police de la politesse, elle serait verbalisée depuis longtemps pour excès et pour fausse note.

Maintenant, avant de rentrer dans la boulangerie, quand je vois son sourire mielleux et ses hochements de têtes excessifs derrière son comptoir, j'entends déjà sa voix qui monte et qui descend et je regarde Whawha (qui attend toujours devant) et qui a la chance de ne pas supporter ça.

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samedi 6 novembre 2004

Inconscients

       Encore dépassé tout à l'heure sur une nationale des parents assassins qui s'ignorent, avec leur gosse debout entre les deux sièges, morfalant des gateaux. Tu vas voir ta tronche dans le pare-brise!

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vendredi 5 novembre 2004

Toujours Cauet...

Je trouve encore un commentaire concernant ce fameux post de Cauet. Il aura fait couler beaucoup d'encre virtuelle. Mais ça m'énerve. Que certaines personnes réagissent comme si je les agressais personnellement. Je trouve la réaction assez puérile. Ils ne sont pas tous, que je sache, animateurs télé ou radio (heureusement?). Ce qui me fait rire cependant, c'est cette réaction quasi unanime de la part de tous les fans de Cauet: à savoir, si on aime pas, c'est qu'on a un balai dans le Q. " Faut sortir ma grande" qu'on me dirait même. Alors là, je me marre. Cauet serait devenu LA référence culturelle. Et même un humoriste que l'on va jusqu'à comparer à Desproges (paix à son âme). Ehh, calmez-vous les gars!... Puis de là à dire qu'il ne se moque jamais, oui, effectivement, jamais les personnes connues qui pourraient lui en retourner une méchante (là, il se fait d'ailleurs maître dans le lécheur de bottes de tout ce qui sort de la Star'Ac et autre feuilletons débiles). Mais d'un autre côté quel humaniste ce Cauet...

Puis tant qu'à vous faire réagir à propos des animateurs radio, je tenais à dire que je trouve Maurad encore pire que Cauet: incapable d'aligner des mots pour faire une phrase, pitoyable dans les sujets qu'il traite, souvent complètement à côté de la plaque en ce qui concerne l'actualité. Là je trouve ça profondément révoltant... Et j'ai enlevé mon balai pour vous faire part de tout ça!

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samedi 30 octobre 2004

A la mode?

              Eh les jeunes, faut m'expliquer! Y'a un truc que je comprends pas. Il y a quelques temps déjà, je croise une petite famille bien gentille. Le papa qui fume la pipe, veste classe avec petite pochette, la maman, sac chanel, chaussures vernies, et le djeun's, petit ado blondinet même pas encore boutonneux qui porte un sweat rouge sur lequel flashent en grosses lettres " Produit de banlieue*". Mais alors quoi? C'est "in" de faire comme si on avait grandi dans une tour HLM alors qu'on a fait ses premiers pas dans un jardin qui bordait une maison tout confort? Je vois pas. Je trouve même ça lamentable: se donner un genre caïd-racaille, méchant garçon... Et les parents qui cautionnent ça...

Depuis, je revois ça souvent, j'en ai même plusieurs specimens en cours... On se dit: " pov' gosse, pour être aussi chiant, il a du en baver!" puis le jeune entretient cette image de gosse de banlieue, révolté, insolent, ce qui certes, ne change en rien la façon dont je le considère, mais change très nettement la façon dont le traitent les autres. Puis surprise, à plusieurs reprises, à la réunion parents-profs, quand on voit le dit-jeune débarquer, un peu penaud, encadré par papa-maman, bien BCBG (pour ne pas dire puant le fric). Déduction? Faut ressembler à un Ouaich pour inspirer le respect, pour être pris au sérieux par des gens de son âge? Ou alors il y a vraiment une mode téci, mauvais garçon. Peut-être même que ça plait aux filles...

Mon respect à ceux qui grandissent dans ces quartiers. J'y ai bossé, ça forge. Par contre, honte à ceux qui veulent ressembler à ceux qu'ils ne sont pas. Misérable falsification de "rebelle" qui reprend des clichés contre une autorité quelle qu'elle soit, alors qu'il ont le Q bordé de nouilles et qu'il pètent dans la soie...

*¨Précisé en petit: "matière extrêmement dangeureuse". CQFD.

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mardi 14 septembre 2004

Et mon Q c'est du poulet.

Il parait qu'il y a des droits sur tout, sur ce que l'on dit, sur son image, sur ses écrits. On me parle à l'instant de ma propriété intellectuelle. "Tu devrais pas laisser trainer tes classeurs avec tes progressions, méfie toi, c'est ta propriété intellectuelle". Je savais pas que j'avais une propriété intellectuelle. Je vais mettre des petits copyrights partout autour de moi. Pas touche, j'ai des droits, c'est à moi... N'importe quoi... Moi, je suis à tout le monde et je ne suis à personne, il paraîtrait même que je suis Victoria About! Méfiez-vous!

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dimanche 22 août 2004

Message au connard...

.... Qui a grillé un feu sous mon nez hier soir aux alentours de minuit. 

 [Bien sur que ce jeune homme, même s'il était amené à lire ces quelques lignes (ce qui est déjà peu vraisemblable, la toile est grande et quand on ne sait pas faire la différence entre du vert et du rouge, y'a des risques pour qu'on ne sache pas lire) ne se reconnaîtrait pas forcément. C'est vrai, combien de connards ont grillé des feux en ce samedi d'août? Et moi, j'en ai eu un sous le nez: un beau spécimen à casquette et 205 rouge (toujours le rouge pour le symbole phallique, ben voyons!). Oui, je sais messieurs les connards, vous êtes nombreux, avec vos casquettes et vos 205 rouges à griller les feux.]

Bref, toi, oui toi, qui est arrivé à plus de 100 km/h en centre ville alors que j'étais engagée sur le carrefour et que ton feu était rouge depuis un bon moment, et bien, je suis contente, ravie, que tu sois allé exploser ta pourriture de caisse dans le terre plein central en face, ravie aussi d'avoir eu ce réflexe qui m'a permis de donner un coup de frein pour t'éviter de justesse, sans quoi, ta pourriture de caisse, tu l'explosais dans ma voiture et tu entrais peut-être même dans une bonne partie gauche de mon corps. Alors je n'ai pas peur des mots, en plus d'être un connard de première, tu es un assassin qui s'ignore.

En esperant que tu n'aies pas de quoi te racheter une autre 205.

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