lundi 27 décembre 2004

Elle raconte.

La demoiselle raconte sa vie, sa rupture, sa nouvelle liberté, et elle raconte bien. A reprendre depuis le début.

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samedi 25 décembre 2004

Mon château.

Ce soir, ici, j'aimerais que tout foute le camp. Des grains de folie pourpre dans ma tisane, envie de regarder dehors dans le noir sans voir sa couleur et son petit corps couché dans la terre froide. Et le reflet dans la vitre de mes yeux encore (toujours) pleins de larmes. Je me cache, je me faufile entre les guirlandes du sapin et le bonheur de chacun pour ne pas déranger avec cette tristesse qui fait pas ton-sur-ton.

J'ai comme une sécurité partout autour de moi, même dans mes pensées. Une petite corde de secours à laquelle je me raccroche quand denouveau le film est lancé.

Puis je dors. Parce que dans le sommeil rien n'a vraiment jamais existé. Alors je me roule en boule sous des couvertures douces qui consolent en me chuchotant des mots d'une langue que je ne comprends même pas.

En fait, ce qu'il en ressort, mis à part le fait que je l'ai perdue, c'est que tout peut arriver n'importe quand. A nouveau cette image du château de cartes que vous avez soigneusement construit, qui semble consolidé de béton armé, et que le souffle inattendu d'un inconnu vient démolir. Puis votre fauteuil en cuir, votre façon de marcher, le siège arrière de votre voiture, les perles rondes de ce collier, la sonnette de la porte d'entrée, les balles de tennis, ce torchon de cuisine un peu effiloché... Rien n'est plus pareil. Alors que le château de cartes semblait être le refuge idéal. Pourtant tout est toujours là, mais plus pareil.

Alors on dit toujours: "quelques secondes avant, quelques secondes après, tout aurait été différent". Le destin. L'effet papillon. La chance. La fortune. La vie. Ah que la vie est belle!. Le hasard.

Et je me rattache à cette idée que j'ai toujours le choix. Que ma vie n'est rien d'autre que ce que j'en fais. Même aujourd'hui. Toujours.

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Le commerce mondial?

Mais si, c'est possible!

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vendredi 24 décembre 2004

Arc en ciel.

Petit cadeau de Noël.

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Pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens...

Alors voilà, la vie continue, même quand on perd un être cher. Ce soir, on fête Noël en famille, chez mes parents. J'ai passé les derniers jours à courir dans tous les sens comme beaucoup de gens (si, si, j'ai constaté par moi -même). Comme je fonctionne au coup de coeur, j'ai mis le temps. Puis j'ai eu des compagnes de courses différentes à chaque fois, alors j'ai vu plusieurs fois les mêmes boutiques. J'ai trouvé de jolies choses chez Artisans du monde, des babioles qui peuvent faire plaisir. Pour le reste, j'espère que ça conviendra.

Je mange avec Neb homme de moi et ses collègues à midi. La semaine prochaine nous partons ensemble dans sa région, pour voir sa famille et pour fêter la nouvelle année. Ce sera pas avec mes amis pour la deuxième année consécutive, mais je m'en fous, je veux être avec lui.

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A vos souhaits.

Mes meilleurs voeux à ceux qui me lisent,

à ma famille et à mes amis qui ne me lisent pas

et que ce Noël soit joyeux et convivial pour chacun de vous, que vos souhaits les plus chers de bonheur et d'amour se réalisent en cette période de fête.

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jeudi 23 décembre 2004

Ma tristesse

Oui, elle est morte. J'ai sans doute laissé passer trop de temps pour pouvoir en parler vraiment. Les trois premiers jours ont été cauchemardesques. Le quartier s'est teinté de noir et de brouillard. Je ne réalisais pas bien qu'elle n'était plus là, et qu'elle ne le serait plus jamais...

Il était sept heures et demi, un peu plus peut-être. Ma Whawha se montrait pressée de sortir. Dans ma routine, je ne lui ai pas mis sa laisse que j'ai gardée à la main, au cas où. Ma tête était déjà au lycée. Elle galopait sur le trottoir. Whawha était un très bon chien. Elle était très obéissante et restait toujours au pied. Elle ne descendait pas les trottoirs sans en avoir l'autorisation. Mais ce jour là, elle était pressée, je ne saurai jamais pourquoi. J'ai salué mes cousines que j'ai croisées et qui se rendaient au collège. Elle a sauté du trottoir, mais j'ai à peine eu le temps de la voir, il y avait un brouillard très épais. C'est ce même brouillard qui a empêché le type avec la grosse bagnole de voir Whawha. Il est passé dessus. Je crois qu'elle n'a pas crié. Je l'ai vue sur la route, roulée en boule. Je pensais, j'étais sure, qu'elle se relèverait. Mais elle a juste étendu ses pattes, ses petits coussinets vers le ciel et de sa gueule est sortie une flaque de sang très épais. Le type est sorti de la voiture et a dit "j'ai roulé sur quoi". J'ai répondu "mon chien". Il ma parlé, mais je ne saurais pas dire à quoi il ressemblait. Je criais sur ce chemin, que c'était mon chien, que c'était pas possible, qu'il fallait faire quelque chose, mais quoi... Puis je me suis agenouillée, j'ai mis ma main sur son ventre. Elle était encore chaude et je sentais son coeur qui partait, qui filait, qui battait trop vite. Je lui ai parlé, je lui ai dit que c'était un bon chien, qu'on l'aimait très fort et encore plein de choses dont je ne me souviens même pas. Elle ne vivait déjà plus. Un type est arrivé et m'a aidé à la mettre dans un sac poubelle. Y'avait là une jeune fille qui portait un classeur et qui m'a dit "je vais vous raccompagner chez vous, faut pas rester seule mademoiselle, vous avez quelqu'un chez vous?"... Oui, oui, il est là, il va m'aider, il saura quoi faire.

Neb homme de moi est sorti nu de la salle de bain quand je suis arrivée en criant. Il m'a crue quand il a vu le sac que j'avais posé sur le parquet et que je montrais en hurlant. Il est resté avec moi, a téléphoné à sa boîte pour dire qu'il irait pas bosser. Ensuite, tout s'est enchaîné. Appeler le véto, le lycée pour dire que je viendrai pas, aller à la voiture, appeler ma soeur, mon père, trouver du réconfort, quelqu'un qui saura me dire que ce n'est pas ma faute, que c'est une blague, qu'elle reviendra, filer chez mes parents, creuser un trou dans le sol gelé...

On l'a mise dans le trou avec une balle jaune et un petit mot écrit au feutre violet, pour qu'elle sache toujours qu'elle a été un très bon chien, même plus que ça, que je l'oublierai pas, jamais, qu'elle devait me pardonner... On a mis son petit corps au fond du trou après lui avoir enlevé son collier rouge et on a remis la terre par-dessus, avec ce bruit terrible que fait la terre sur un corps. Et moi, je criais et je pleurais que c'était un bon chien, ma Ninouche, mon Moïzi, ma petite Bécasse...

Depuis, y'a un vide, en moi et autour de moi. Je revois cette scène en boucle, avec des détails qui sont comme des coups de couteau. C'est la mort.

J'emmerde les gens qui me disent que putain, c'était qu'un chien et que j'ai qu'à en "acheter" un autre. J'emmerde ceux qui trouvent ça dingue de s'attacher autant à un animal. J'emmerde celui qui roule trop vite quand il y a du brouillard et qui aurait pu se choper une de mes deux cousines sous le capot au lieu de mon petit chien et qui aurait pas dit "j'ai roulé sur quoi?". J'emmerde ceux qui pensent que je pourrais être plus pudique avec mes sentiments. J'emmerde ceux qui veulent me coller un chiot dans les pattes pour Noël [je ne veux plus de chien, pas tout de suite, j'ai pas été capable de la sauver, je ne veux plus ça].

Je tiens à remercier Nin (Whawha), pour sa fidélité, pour sa présence toujours près de moi. Pour ces quelques années (six) que nous avons passées ensemble, souvent seules. Je pense à elle encore et toujours. Je voudrais croire qu'il existe un paradis des chiens (avec des nonos, des balles, des paniers rembourrés pour faire de longues siestes et des champs à perte de vue avec des lapins à courser), mais je ne crois déjà pas au paradis des humains. Je comprends l'intérêt de certains pour la religion, cette foi qui en fait va plus vers ceux qui nous quittent que vers un Dieu.

Il y a en moi une grande et profonde tristesse, mes yeux sont encore des plaies, et j'ai tant de culpabilité qui me pèse. Je voudrais prendre Whawha contre moi et lui dire à quel point je suis désolée. Je voudrais me souvenir de tous ces bons moments passés avec elle, et seulement de ça.

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mardi 14 décembre 2004

Muette de larmes

Whawha morte. Ma Nin ce matin écrasée par une voiture. Moi démolie, vide, et tellement coupable.

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lundi 13 décembre 2004

La quête du soleil.

Sommes partis en quête...

Au bout du chemin...

Cherché le soleil au loin...

Avons traîné dans le manteau blanc...

Puis au-dessus d'une mer de brume...

Avons fini par trouver ce soleil juste avant qu'il ne parte...

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Sent le souffre?

Crémaillère bouclée. bonne chose de faite. Y'avait trop de monde, surtout en début de soirée. Puis nous avons passé la journée à préparer des tartes, des quiches, des gâteaux (j'avais jamais fait un si bon gâteau au chocolat)... Me suis même coupé dans le doigt... On a eu du mal à suivre, puis ça s'est calmé vers dix heures, les enfants étant partis, y'avait moins de risques de s'en prendre dans les pattes. Les derniers sont partis vers trois heures... Rien de bien méchant... Je me suis sentie sur les nerfs à plusieurs reprises et j'en viens à me dire que j'aime de moins en moins le monde. Je me fais solitaire, peut-être trop...

Dimanche, j'avais besoin de soleil, j'ai traîné Neb homme de moi au-dessus des nuages, au-dessus d'une mer de brume. La luminosité m'a fait beaucoup de bien.

Et là, j'entame la dernière semaine officielle de cours... Avec une prise de bec avec le directeur ce matin. Il paraît qu'il est comme ça avec tout le monde. Cette boîte commence à sentir le gaz...

Posté par Diane Groseille à 17:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]