mardi 20 septembre 2005

Une bonne bière et une vérité.

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Entre chien et loup.

Je retrouve mon rendez-vous quotidien devant l'ordinateur, au crépuscule, Neb homme de moi roupille encore. Premier réveille dans le noir, dans la nuit. La fatigue du premier mois se fait déjà sentir. Les nouvelles têtes ne sont pas faciles. Facile de faire déjà un bilan, les monstres ont montré de quoi ils étaient capables, ils veulent tester les limites. Plus que les autres années pour certaines classes. Ils cachent leur niveau catastrophique derrière des clowneries dignes de petiots de maternelle. Si peu de maturité et de motivation. On a l'impression qu'ils sont là parce qu'ils ont vu de la lumière, alors ils sont rentrés. Je pense que beaucoup ne tiendront pas le choc. Il n'y a de toute façon pas de place pour les fumistes en entreprise.


Je me dis que ces premières semaines sont encore softs. Le vrai rythme n'est pas encore pris. Il y a tous ces éléments qui vont se greffer dessus. Et j'ai peur de ne pas encore avoir assez de recul. J'ai trop la tête au lycée. Encore les jambes trop lourdes en rentrant le soir. Je veux pourtant qu'il y ait de la place pour autre chose. Et j'y arriverai. Impératif.

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dimanche 18 septembre 2005

Colchiques dans les prés...

Belle journée d'automne. Oui, ce n'est déjà plus l'été. Quinze degré ce matin. Les feuilles des arbres jaunissent, se flétrissent, tombent. Rien ne nous empêchera cependant d'aller pédaler un peu dans les champs cet après-midi. J'ai aussi plusieurs plantes à rempoter et je voudrais essayer cette recette de raviolis vapeurs. Belle journée en perspective. Naïve.

Hier, je suis allée rejoindre Le Pooh et une amie pour un vernissage. L'art ne fait pas partie de mes passions, la curiosité fait par contre partie de mes défauts. J'ai voulu voir. J'ai surtout vu des vieilles croûtes en costards cravates qui se seraient arraché un bras pour saluer bien bas Monsieur le Maire ou Monsieur le Préfet (remarquez la majuscule du respect !). J'ai vu aussi à quel point l'art pouvait être du foutage du gueule. Le plus marquant restera cette salle pleine de lumière dans laquelle avait été installées des bouées en plastique made in China partout, en forme de vaches, de téléphones portables ou de coquillages.

Le thème étant la couleur, ce fut un défile de kitsch et de flashy. Il n'y a guère que cette vidéo qui tournait en boucle, une fête indienne appelée Holi où les gens se couvraient de couleurs, s'aspergent de pigment, de paillettes...


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Stephen Dean, vidéo still de Pulse, 2001
© Courtesy Galerie Xippas et Gloria films.

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samedi 17 septembre 2005

Welcome!

35000 visites.

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Rêve O.

Ma journée d'hier, dernière de la semaine fut la plus longue. Presque douze heures en non-stop. Pas de vraie pause déjeuner, un quart d'heure pour bâfrer un mini sandwich avec le téléphone collé sur la joue et ma soeur qui me vante les qualités de son nouvel appart futur (un quart d'heure au téléphone, pas une seule question me concernant, si ce n'est "ah, tu manges...", oui, je répondais la bouche pleine). Des heures de cours qui se sont enfilées les unes aux autres. Rendez-vous avec le directeur dans l'après-m' qui prendra peut-être en charge ma mention complémentaire. Puis je monte dans ma voiture pour le premier cours particulier de l'année. A une trentaine de bornes de C., dans une famille pour laquelle j'ai travaillé il y a deux ans. Le grand frère a eu son bac, il faut maintenant coacher la petite soeur. Je la découvre, gauche, bien moins dégourdie que l'ainé, timide, avec les réflexes d' une gamine de cinq ans qui se cacherait dans les jupes de sa mère. Elle en a pourtant dix-sept. Le niveau n'est pas mauvais, mais elle manque cruellement de confiance en elle, il y du travail. Les deux heures filent très vite. Retour vers dix-neuf heures, sous une pluie battante, un ciel noir et déchaîné, chauffage dans la voiture car j'ai la tenue d'un été indien et Keane bien fort pour faire vibrer l'habitacle. Je m'endors sur la canapé quelques minutes après mon arrivée chez moi.

Je me réveille ce matin, après douze heures de sommeil. Des rêves trop mouvementés qui vont me poursuivre une bonne partie de la journée. Je me souviens avoir croisé hier en un éclair dans les couloirs du lycée un jeune homme qui e eu son examen en juin dernier, que j'avais suivi pendant deux ans. J'ai vu son visage me sourire. Il semble que ce soit la seule chose que mon cerveau ait retenu de cette longue journée puisque le jeune homme en question (ses yeux clairs et son sourire) m'a suivi toute la nuit dans des rêves tientés de guerre, de mort et de fuite. Je revois les images de ces bombes qui tombent du ciel pour venir exploser en pluie de cailloux au-dessus de nos têtes. Je revois sa main dans la mienne pour courir vite et loin. Mais où ma tête va-t-elle chercher tout ça ?

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jeudi 15 septembre 2005

Paresse.

Tant de choses à faire cet après-midi (macarena, tri des photos, courrier, ménage, copies, mises à jour, coups de téléphone, préparation des cours bac de demain, derniers détails inscription, etc) . Et il a fallu que je m'endorme sur le canapé. Obligée maintenant de mettre le turbo. A commencer par ce rendez-vous pris il y a plusieurs semaines. Faudrait vraiment pas le rater. Même si j'ai aucune envie d'y aller.

REVEILLE-TOI !

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Ses mots (2)

Couchée vers une heure du mat. Maux de tête, comme une perceuse-visseuse dans ma tête. Maintenant, ça va mieux. Encore des mots de ce jeune homme ce matin dans ma boîte mail. Plein de mots. Trop peut-être, trop en même temps. L'impression soudaine d'être ici observée. Je n'avais jamais eu cette sensation. Jusqu'à maintenant, je voyais toujours les visiteurs comme des personnes de passage. Mon blog comme un hall de gare. Certains passent plus souvent que d'autres, ils ont pris un abonnement. D'autres passent furtivement. Tous me voient, mais ne me regardent pas forcément. Il y en a qui se sont attardés, avec lesquels j'ai échangé quelques mots. Un retour utile. J'ai toujours souhaité ce retour, souhaité que ce blog soit un point accueillant. Mais là, ces mots changent les règles du jeu. Mon hall de gare se transforme en une vitrine devant laquelle on va vraiment s'arrèter, observer chaque détail... Je me sens momentanément épinglée comme un papillon à chaque fois que je tape des mots ici. Je ne sais pas s'il comprendra. Il est huit heures et mes classes seront au garde-à-vous dans une demi-heure. Il faut que je me sauve. J'aurais le temps de mettre des mots plus précis sur cette étrange sensation cet après-midi.

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mercredi 14 septembre 2005

Message pour la prof d'anglais.

Tu parles trop
Tu n'écoutes plus personne
Et plus personne ne t'écoute

Donnez-lui quelque chose à manger
Ou bien quelqu'un à embrasser
N'importe quoi pour l'occuper
Pour l(a) faire taire sans se fâcher

Pousse-toi, laisse passer les anges
Et les modestes et les timides
Tais-toi, tu gagneras au change
Fais se remplir quand on se vide

Et ce n'est pas que ton discours
Ne semble pas intéressant
Tu parles peut-être même d'amour
Ouais, mais tu parles
Tu parles tout le temps

Tu doubles tout le monde et tu te vautres
Tu sais, c'est du pareil au même
Quand on passe à côté des autres
On passe à côté de soi-même

La Rue Kétanou, En attendant les caravanes, 2000.

***

Elle meuble la salle des profs avec ses mots. Ils viennent se glisser dans tous les espaces vides, dans les conversations des autres, entre moi et mon écran, dans les casiers et se faufilent jusque dans les couloirs. Des mots vides mais lourds malgré tout. Le divorce de sa soeur, le prix de l'essence, l'anniversaire de sa nièce, le trajet jusque chez elle, ses insomnies, son régime alimentaire, ses anciens collègues, le bruit de la photocopieuse, ses nouvelles chaussures, la dernière expo qu'elle a vue, le site internet "trop bien" où elle a trouvé de la doc... Et pire, il faut qu'elle glisse des mots anglais partout. Vous pensez ! Je la connais depuis trois semaines. Et j'aimerais tellement moins la connaître.

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Avis de recherche.

Depuis le 23 juillet, pas de nouvelles de Lily Bauer. Lily, reviens!

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Un petit con.

Jusqu'à maintenant, c'était comme sur des roulettes. Pas la moindre contrariété. Les rouages étaient bien huilés: toujours les photocops sous le bras, les copies dans les temps, des cours calculés à la minute, le sourire aux lèvres et des jeunes en face qui respirent la motivation et la bonne humeur (...).

Hier: bug. Premier couac. Nouvel arrivant. Tout petit grincement dans cette machine qui fonctionnait si bien.  Il doit avoir une vingtaine d'années. Se tient sur sa chaise comme s'il n'avait pas de colonne vertébrale. Me sourit bêtement en permanence avec ses dents pourries: foutage de gueule en puissance. Coupe la parole à tout le monde, pour, surtout, avoir le dernier mot. Chipote. Fait preuve d'une mauvaise fois sans limite. Refuse d'enlever ses lunettes de soleil prétextant qu'il s'agit de ses lunettes de vue. Et mon cul c'est du poulet? En tous cas, je vais te botter le tien mon petit gars, tu ne feras pas long feu. Pas moyen que tu m'empoisonnes une classe (dont le niveau était déjà ras des pâquerettes) avec ta petite gueule de caïd. Je vais pas jouer au flic, j'ai autre chose à foutre. Alors tu vas dégager vite fait. Ici, c'est moi le chef. Et je t'emmerde !

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