lundi 7 novembre 2005

"Appelez-moi Robert"

Une autre rentrée sous un soleil pale qui s'accroche. Sans voix. Gorge douloureuse et presque muette. Un son viril qui en sort. De quoi ébouriffer mes élèves qui me trouvaient mauvaise mine ce matin. En espérant que le filet grave qui sort encore de ma bouche sera assez courageux pour tenir cette mini-semaine. Jeudi midi, c'est treminé. Et le Pooh, Neb et moi partirons en Allemagne pour un concert "Yellow". Réjouissance et petites paillettes de couleur partout autour dès que l'idée me traverse.


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dimanche 6 novembre 2005

Revenant.

Hier après-midi, autour de la table familiale et de deux tasses de thé, j'écoute ma mère me conter les dernières nouveautés. Mon portable qui sonne , alors que j'engouffre un quartier de clémentine. Un numéro que je ne connais pas s'affiche. En temps normal, je n'aurais pas décroché. J'aurais laissé l'inconnu déposer un message sur ma boîte vocale après le pléonasmique "bip sonore". [Il faudra d'ailleurs que j'explique le rapport conflictuel que j'entretiens avec mon portable]. Mais hier, je ne saurais dire pourquoi, j'ai décroché. J'étais assise,  heureusement. Le Jules. L'ex dans toute sa splendeur, celui qui a disparu de la circulation sans donner d'adresse, sans même laisser transparaître un signe de vie. Un ex un peu particulier malgré tout puisque pendant deux ans c'est une complicité très forte qui nous a unis: une relation unique et magique qui nous a permis de partager énormément sans jamais vivre ensemble, en se faisant si peu de promesses, en ne faisant aucun sacrifice. Pas de corde au cou. La liberté. Mais bien sur, il y a eu le revers de la médaille. Une seule promesse cependant: être toujours là l'un pour l'autre quoi qu'il advienne. Et il n'était plus là depuis plus d'un an. Parti au bras d'une demoiselle qui préferait ne pas avoir ma tronche dans le champ de vision. J'avais compris. Je n'attendais plus de nouvelles.

Sa voix hier, naturelle, presque enfantine dans ses intonations, me cloue sur place. Comme si je parlais à un fantôme. Et pourtant c'est bien lui. Il est parti. A été muté en Bourgogne. Vit seul puisqu'elle a repris ses études ailleurs. Mais ils se sont mariés la semaine dernière pour éviter d'être loin lors des prochaines mutations. Il me dit ça comme s'il me racontait ses achats de la journée. Naturellement. Rien ne m'étonne vraiment en fait. Il avait besoin de s'attacher, d'avoir ces cordes qui rassurent, comme s'il avait jeté l'ancre.

Je l'écoute me raconter sa nouvelle vie si différente. Je lui parle de moi, vite, une caricature de ma vie du moment: le violon, la reprise des études pour la mention, le bahut, les projets. Et il me dit cette phrase alors que je lui demande pourquoi il m'appelle, si tard, comme ça. Il me répond qu'il devait toujours être là pour moi, qu'il est toujours là. Je retrouve son monde, son univers dans ses mots, sa chaleur, sa simplicité. C'est un ami qui reprend position dans ma vie pendant une demi-heure. Lorsque je raccroche, il y a comme un soulagement, une douceur, une caresse rassurante qui est passée sur mon visage. Savoir qu'il est toujours là.

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vendredi 4 novembre 2005

Pour ne pas couper les cheveux en quatre.

C'est venu comme ça. Ce matin, au réveil, ma longue tignasse ébouriffée dans la glace. Blasée. Envie de fraicheur, ras-le-bol des longueurs fades et strictes. A chaque fois que je vais chez le coiffeur ça se passe comme ça. Un coup de tête. J'ai attrapé ma veste et j'ai trainé dans les ruelles de ma ville humide. Je suis entrée dans un petit salon qui semblait chaleureux. C'est une femme brune et énergique qui s'est occupée de moi, je lui ai parlé de mes envies rapidement, pour ne pas avoir le temps de changer d'avis. Elle semblait ravie d'avoir le droit de tailler dans cette longueur qui me pesait jusqu'au milieu du dos. Elle a pris les choses en main très vite, comme inspirée, presque autoritaire. Une fois les cheveux mouillés, lissés, elle a commencé à tailler, de grands coups de lames et des mèches sont venues se poser sur mes genoux. Les gestes étaient précis, presque brutaux, le peigne et les ciseaux valsaient dangeureusement autour de mon visage. L'opération a duré une demi-heure, évolution rapide et radicale. Je suis ressortie avec des mèches dans tous les sens, dans l'ensemble bien plus courtes, et une tête de sauvageonne (des petits cheveux qui gratouillent le décolleté aussi). J'enroule mes doigts autour de mes cheveux depuis que je suis rentrée chez moi. Je cherche la matière qui n'existe plus. Je pense que je ne pourrais plus natter mes cheveux avant un bon moment mais cette nouvelle tête me convient.

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jeudi 3 novembre 2005

La réalité.

Ai passé ma journée à ne rien faire. Plutôt que de sortir, pourtant il faisait si beau. Et maintenant, la nuit est là, trop tôt, déjà. Cette nuit que je craignais tant, qui souffle en moi le sommeil et la morosité.

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J'ai regardé des photos sur internet, des photos d'ailleurs, de ce que je voudrais, pour rêver, des pierres chaudes et irrégulières, de la verdure, une lumière, une étincelle. Tout est si loin et si proche. Je me renseigne sur des formations futures qui me permettraient de réaliser : de rendre réel. Je m'égare. En traversant la ville ce matin pour rejoindre Neb au resto, c'est ces images que j'avais devant les yeux, fortes et lumineuses. C'était pareil hier soir alors que je me rendais à un cours particulier. Je ne vois pas ce qui se déroule devant moi, mes yeux sont ailleurs et cela fait naître une chaleur en moi. Plus le temps passe en plus les doutes s'effacent. Ce qui a été un fantasme prend forme. Et je ne vois plus l'avenir autrement.

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Puis quand je rêve ainsi, les projets concrets et quotidiens m'échappent. Je devais passer à la bibliothèque. Je pensais partir à travers champs avec mon vélo. Je voulais me promener dans les ruelles de ma ville pour fixer cette lumière si inhabituelle. Mais je n'ai rien fait. Pas envie d'affronter le regard, le dehors, ce dehors plein de gens. Envie d'être seule. Je me penche à la fenêtre, j'observe la vieille dame qui nourrit les chats du petit parc. J'écoute les bruits citadins. Je lis. J'oublie. Une idée glisse pour laisser place à une autre. Je respire.

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Note pour plus tard.

C'est à peu de choses près à cette période là qu'est née pour la première fois une envie d'enfanter.
Ephémère ou réelle ?

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Soleil vide.

vignesMagnifique week-end derrière nous, sous le soleil du Jura, avec quelques gourmandises, de l'air frais, et du bonheur. Rien que de la simplicité. De retour depuis deux jours et les vacances sont déjà bien entamées. La lumière du dehors m'appelle, même si l'idée de partir seule à vélo ne me tente que moyennement. Demain, visite du Pooh et de Jéjé. Le Pooh vient en célibataire, nous n'aurons pas encore l'honneur de la rencontre du Prince Charmant qui a un match de ping-pong (et oui, les Princes aussi ont besoin de se divertir). Sinon, quelques dizaines de paquets de copies qui me narguent sur la table du salon, mon alphabet à revoir, le violon, des tonnes de linge à repasser et ranger, le bouquin de Pennac à finir (à commenter plus tard), une ou deux siestes pour prendre de l'avance... Pourquoi les vacances sont elles toujours l'occasion de lister ? Pour avoir encore plus le moral de traviole à la rentrée ? En tous cas, le soleil laisse entendre qu'il faut profietr de chaque minute. Je me fais à nouveau plus rare ici et j'ai l'impression que chacun de mes passages laisse derrière moi des mots soporifiques et fades.

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lundi 31 octobre 2005

Attention, faut le dire vite!

En vacances depuis vendredi soir officiellement (fin des cours), et depuis hier matin officieusement puisque nous avons encore eu la visite de la famillede Neb (et c'est pas vraiment des vacances). Un brouillard pèse sur la ville et dans une heure, nous partons pour le Jura, histoire de changer d'air : marcher, voir, écouter...

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vendredi 28 octobre 2005

Adios.

Ai viré Louison et Lily Bauer de mes liens,
leurs mots n'étant plus apparus sur le toile depuis trop longtemps.
Petit pincement au coeur.
Lily en particulier à été une de mes premières lectures suivies.

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jeudi 27 octobre 2005

P.

Il est assis en face de moi: il parle, il parle, il parle. Il y a R. aussi. Ils m'ont passé un coup de bigo parce qu'ils étaient à une terrasse et avaient envie de me voir. Mais depuis que j'ai posé mes fesses sur la chaise en osier, il ne fait que parler, se plaindre, geindre, chouiner. A propos du boulot. Encore et encore. Quand je ne le regarde pas, il prend mon bras ou tape sur mon genou pour rappeler mon attention. Il parle encore. A propos de cette remarque que Tête de Briques lui a faite hier, à propos de l'incompétence du dirlo, à propos des collègues qui lui pompent l'air. Je regarde R. qui a la chance de ne pas être en face et qui peut donc rêver à son gré en regardant passer les dernières mouches déboussolées par la douceur de ce mois d'octobre. Il continue, parle trop vite, s'énerve parce que ça lui va bien, sort de grandes phrases, rit tout seul, méchament, puis tape encore sur mon bras parce que j'avais perdu le fil, je regardais les mouches de R. qui vidait sa troisième bière. Puis il rajoute encore "tu t'rends compte". Silence, je vais pouvoir en placer une pendant qu'il reprend son souffle. "Tu sais P., tout ça, ça me passe au-dessus, c'est pour ça que je ne mange plus là-bas et que j'ai pris mes distances, je ne veux pas me laisser pourrir par des futilités, alors dès que je sors du taf, je zappe... Et là, c'est mon jeudi après-m', je suis pas au taf, et j'aimerais bien zapper tu vois". Réponse illico de l'intéressé qui a respiré: "Ah non, mais tu sais, je me laisse pas pourrir non plus moi". Du tac au tac; "si, la preuve, et pourtant ça fait qu'une demi-heure qu'on est assis là". Sans doute été sèche, mais il commençait a empiéter sur mon temps de décompression, c'est sâcré!

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Le dehors.

estiveJe disais hier "affronter le dehors", mais en fait le dehors m'appelle, d'une voix forte et de plus en plus convaincante. La journée s'étirait dans un grand soleil inhabituel pour cette fin d'octobre. La lumière passait au-dessus de nos têtes, escaladait le bâtiment, se levait d'un côté pour aller se coucher de l'autre, derrière les petits bouts de montagnes qui osent dépasser des immeubles. Les fenêtres sont restées ouvertes toute la journée dans ma salle de cours. Comme un printemps. Et souvent, la voix du dehors semblait couvrir la mienne qui résonnait entre quatre murs de béton. Envie de sentir l'air dans mes cheveux, le soleil sur ma peau, envie de voir l'horizon. Et je suis prisonnière de quatre murs qui font de moi ce que je suis. Envie de fuite en avant. Et le clicher devient besoin vital.

Comme s'il avait senti cet étouffement, Neb homme de moi met un film hier soir. Je ne connaissais pas et pourtant. Une hirondelle a fait le printemps. Un scénario écrit sur mesure. En me glissant dans l'histoire, je respire par procuration grâce aux grands espaces et aux cris des biquettes. Le projet se dessine, de moins en moins d'utopie, même si ça devait être du long terme.

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