dimanche 11 décembre 2005

Un matin d'hiver.

bic

Monter sur nos vélos ce matin, tout emballés pour ne pas se faire pincer par le froid.
Pédaller jusqu'aux champs encore tout couverts de givre.
Regarder les biquettes rondes comme des ballons.
Rentrer au chaud et se régaler d'un bon chocolat à la cannelle.

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vendredi 9 décembre 2005

A propos de Tête de Briques entre autre...

Les gens méchants ne sont-ils pas au fond des gens profondément tristes ?

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mardi 6 décembre 2005

You just want.

From the top of your first page
To the end of the last page
From the start in your own way
You just want
Somebody listening to what you say
It doesn't mater who you are.

Square one. Coldplay.

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J'y avais même pas pensé.

Il y a quelques mois, j'ai du choisir une langue. Pas de langue de boeuf, ni de langue pendue et encore moins de langue de bois. Une langue vivante. Me mettre à la place d'une personne qui se trouve face à une langue "vraiment" nouvelle pour valider la mention FLE que je passe par le CNED. Langues romanes interdites. J'ai longtemps hésité comme une fillette devant une vitrine de pâtisseries. Les attirances étaient multiples et le choix difficile. Le chinois me tentait puisque c'est la langue la plus parlée. L'esthétique du japonais m'attirait. Une langue scandinave m'aurait aussi plu. Mais je me suis finalement tournée vers l'arabe. Plus précisément l'arabe littéraire. Pour de nombreuses raisons. Par exemple l'Amie et ses origines berbères qu'elle transmet à la petite Lilou. Mais aussi l'écriture qui ressemble à des dessins fins et sculptés. La proximité et le mélange. La complexité.

 

Alors je me suis lancée. Décision prise, j'ai attendu un moment des cours qui ont mis le temps à débuter et qui m'ont bien déçue (non pas le contenu, mais la personne qui était là pour transmettre). Puis le temps passe et je me rends tous les lundis soirs dans cette petite salle de classe où j'apprends à écouter de nouveau, à apprendre. J'ai appris par coeur un alphabet que je trouve magnifique. Vient le temps moins facile de la conjugaison.

 

Là où je tombe des nues, c'est quand les gens réagissent. J'en parle peu car c'est un projet personnel et ce n'est pas une fin en soi, mais un moyen d'y parvenir, une condition. Mais quand j'en parle, on ne m'écoute que peu et on se focalise tout de suite sur mon choix sans chercher à comprendre mon objectif. "Pourquoi l'arabe?".  Question outrée. On me regarde d'un oeil inquiet, comme si je pouvais représenter une menace. On me demande ce qui a pu m'attirer dans cette culture, comme si j'avais fait le choix de faire le ramadan ou de porter le voile. On me voit déjà convertie et pourquoi pas avec une ceinture d'explosifs autour de la taille. Je pactise avec l'ennemi ?

 

J'étais moi même étonnée en me rendant à mon premier cours de découvrir à mes côtés une demoiselle qui avait effectivement fait le choix de se convertir et qui était là pour pouvoir lire les versets coraniques dans le texte. C'est une langue profondément liée à la culture et à la religion. Mais je ne comprends toujours pas qu'on puisse cataloguer à ce point une langue. Personne ne m'aurait demandé, si j'avais choisi le japonais, "mais alors tu vas bouffer plus que des sushis?"

arabe2

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dimanche 4 décembre 2005

Plaidoyer contre les marchés de Noël.

Pour quelles raisons je déteste les marchés de Noël:

  1. Trop de monde, des bus entiers sont "vidés" toutes les dix minutes à l'entrée même du marché et plus de cinquante personnes armées de leurs appareils photo et de leurs porte-monnaie se ruent dans les allées étroites déjà bondées.
  2. Plus d'esprit de Noël, si ce n'est la petite musique agaçante en fond et l'odeur du vin chaud.
  3. Des bricoles made in Taiwan en vente à tous les stands,  presque plus d'artisanat.
  4. Des prix exorbitants: cinq euros la boule pour le sapin.
  5. Des gens qui trouvent intelligent de venir avec des poussettes pour vous massacrer les tibias et les mollets ou avec leur chien pour que celui-ci se fasse piétiner pendant trois heures.
  6. Pas de place pour se garer, jamais, sinon, c'est pas un vrai marché de Noël.
  7. Une foule énervée de s'être déplacée pour si peu, tant d'attente et tant de monde, rien à voir au bout du compte. "On m'y reprendra pas à venir au marché de Noël".
  8. Des dames qui se sont faites belles comme pour aller à un mariage, qui ont sorti la fourrure et qui sentent le parfum à trois cents mètres.
  9. Trois quarts d'heures d'attente pour une crêpe chocolat banane.
  10. Une foule de beaufs qui défilent avec des bonnets de père Noël lumineux, qui clignotent, qui chantent, voire qui vibrent.
  11. Des gens qui crient, toujours, avec leurs gosses ou leurs conjoints.
  12. Une sale odeur de fric, partout.
  13. Des manèges flashy avec de la musique à fond, des loupiottes partout.
  14. Des animaux qui sont parqués et tripotés toutes la journée par tous les gens qui passent.
  15. Des ventes de voiture téléguidées, de remèdes contre les verrues, de pipes à eau, où est l'esprit de Noël ?
  16. Au bout du compte, on quitte les lieux énervé, parce qu'on a mis deux heures pour se garer, qu'on s'est fait écrabouiller les doigts de pieds et qu'on repart les mains vides puisqu'on y vend que de la daube.

manege


Et pour vous, c'est ça l'esprit de Noël?

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Ralentir la machine.

On se calme un peu. Il faut prendre le temps sur cette fin de semaine de ne rien faire. Avons juste pris la voiture hier après-midi pour aller acheter un sapin. Ce n'était pas une très bonne idée, parce que tout le monde a eu la même idée. Je déteste avoir la même idée que tout le monde, ça a toujours des conséquences facheuses. Le sapin choisi, emballé, payé et chargé dans la voiture, nous faisons la route dans l'autre sens. Jusque là, tout va bien. Arrive le moment redoutable : trouver une place pour se garer. Il faut savoir que notre nid douillet est perché au troisième étage d'un immeuble situé au carrefour de trois marchés de Noël. Et il faut savoir aussi que je déteste les marchés de Noël. Ma région vit Noël à 200% chaque année et moi, ça me sort par les trous de nez. M'enfin bref, trois quarts d'heures pour se garer au retour. Du coup, nous ne sortons plus, plus envie. On a décoré le sapin, on a trainé, j'ai fait un émincé de champignons, un brin de ménage et la glande. Ce sera pariel aujourd'hui, hors de question de mettre le nez dehors, on reste dans la chaleur et le calme de notre refuge alors que dehors se bousculent les visiteurs agacés par leur propres présences.

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samedi 3 décembre 2005

"Mes souliers sont rouges."

Autre registre, autre ambiance. Hier soir, on prend les quatre mêmes, on les met dans une voiture et on recommence. Destination plus proche cette fois et moins de dégats au retour. Un concert plein de finesse et de délires, une poignées de gars avec la patate et du bonheur à transmettre, des voix en or et quelques bonnes recettes pour mettre le feu. J'ai beaucoup aimé malgré mes jambes qui me disaient merde. Puis je pense que j'avais la mâchoire qui se décrochait à chaque fois qu'ils sortaient le violon (et c'était pourtant pas pour verser une petite larme, bien au contraire). Quand je serai grande, je veux faire comme eux... Aïe, je crois que j'ai raté un épisode.

Bref, une semaine musicale, contrastée, alcoolisée (ça c'est pour la soirée de mercredi qui n'a pas été abordée ici mais faisons vite: un R., une quinzaine de bière et un portefeuille qui s'évapore) où j'ai été heureuse de partager tant avec des gens que j'aime.


Prendre le temps d'éxister,
prendre le risque de vivre.


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vendredi 2 décembre 2005

28 novembre : concert de Coldplay 2.

Le matin déjà, la tension est forte. Je me réveille avec ce son dans les oreilles et je fais un bond de mon lit, la voix de Chris Martin à 6h30 et le compte à rebours est vraiment lancé : on compte "en heure". Chaque minute qui s'écoule n'est plus qu'attente. Comme une gamine à qui on a promis un tour de manège. Devant mes classes dans la journée, trop souvent l'idée me traverse, scintillante et électrique et elle colle sur mon visage un sourire niais que mes élèves ne comprennent pas. "Vous êtes de bonne humeur aujourd'hui Madame !". Ils ne croient pas si bien dire. Tellement pire que ça. Une bombe à retardement. Arrivent 16 heures, sortie de la salle de classe en trombe, je balance mes pochettes de documents sur le bureau, et je pars en courant. Tête de Brique qui me dit juste dans le couloir "et tache d'être à l'heure". J'écoute pas. En sortant du lycée, je me retourne en me disant que quelques heures seulement me séparent de ce lieu, mais quelles heures ! Je rejoins le Pooh et mon frère devant la gare, nous montons dans la voiture déjà chargée de vivres et de friandise pour la route. Neb homme de moi saute dans la voiture cinq minutes plus tard et nous partons pour quatre heures de route, direction la Halle Tony Garnier de Lyon.

Un trajet sans encombre malgré une excitation croissante. On comble notre impatience avec des Schoko bons et des Cola Biz. Le Pooh crie à côté de moi dès qu'apparaît un panneau indiquant les bornes nous séparant de Lyon. Entrée dans la ville. Pas la bonne sortie, mais on se débrouille. A 21 heures, nous sommes dans la salle, chaude, trop grande, un peu vide (concert pas complet, un des seuls de la tournée). Il y a ces grandes tribunes perdues tout au fond, un brouhaha calme. On se boit une bière bien méritée, juste le temps de dire ouf et les lumières s'éteignent. La batterie de "Square one" dans toute sa puissance, tout ça pour ça, mais tellement fort que finalement on regrette presque que ça commence, ça va finir trop vite. La machine est lancée, les images resteront longtemps, plus belles et claires encore qu'à Mannheim. Pendant une heure et demi, les notes s'enchaînent, il ne faut pas penser à la suite, c'est juste beau, ce moment. Parfois ma main dans celle de Neb, parfois le bras du Pooh autour de mon cou, je regarde les yeux de mon frère qui s'illuminent. C'est bon d'entendre Chris Martin parler français, c'est même bon de l'entendre planter son intro de "Trouble" et d'enchaîner sa boulette d'un merveilleux "shit!", c'est bon de voir le groupe soudé, de voir Chris courir à l'autre bout de la salle. On attend chaque morceau mais pas la fin. Il faudrait que ça dure. On profite de chaque seconde. On se regarde, on se sourit. "Fix you" et la petite ampoule viennent clore cette merveille.

Et c'est le retour : improbable retour. On se décide à passer par la Suisse pour éviter de payer les trente euros de péage, ça nous ajoute une demi-heure de trajet mais nous ne sommes plus à ça près. Entrée sur le sol suisse et là, c'est le drame : tempête de neige. L'autoroute est couverte par endroits de plusieurs centimètres qui nous poussent à rouler au pas. Cela s'accompagne de brouillard, de vent et de chutes de neige très épaisses. Nous osons à peine nous relayer sur les aires d'autoroutes par peur de rester enlisés et de ne pouvoir repartir. La fatigue se fait sentir et les kilomètres défilent si lentement au compteur. La voiture glisse sur la route et nous fait de belles frayeurs. Je me souviens de ce moment en particulier où tout le monde a fini par somnoler à force de fixer la route et ses violents flocons. Je suis au volant, la route est déserte depuis si longtemps, X&Y tourne en boucle, je me dis que nous n'arriverons jamais. Puis les roues patinent, je vois le compte tour qui s'emballe et je me dis que nous allons rester là, sur cette route morte, à attendre le jour. Pas possible, je suis responsable de tout le monde, je dois réagir, coup de volant, accélération, on repart, ni vu, ni connu.

Arrivée chez nous vers sept heures. Nous avons mis presque huit heures pour rejoindre le bercail (le double de l'aller). Je suis épuisée et j'irais volontiers me blottir sous ma couette pour calmer toute ces émotions si je n'avais pas six heures de cours en vue. Alors, douche froide, vêtements chauds et c'est parti. Au garde-à-vous, mardi matin, à huit heures et demi, j'étais donc face à ma classe, comme un bon petit soldat, avec des jambes en coton et un sourire encore plus niais que la veille sur le visage. Je me permets le pléonasme : souvenir mémorable !

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Les compteurs tournent...

... Le temps passe et je suis toujours là :
400 messages sur ce blog.

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Je ne reconnais plus personne.

Compteur bloqué aux alentours de 200, je regarde en face, j'ai plus le temps de regarder le paysage, il n'y a plus que ces images éblouissantes qui restent devant mes yeux. Quatrième dimension. J'ai l'impression que chaque journée est collée à la suivante, les nuits n'ont plus de valeur, il me faut du repos. Faut dire que cette semaine en particulier est à classer dans les extrêmes (explication plus tard). Alors je garde le pied au plancher, si je ralentis, j'ai peur de caler.


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Posté par Diane Groseille à 06:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]