dimanche 25 décembre 2005

Soir de Noël.

Avec ceux que j'aime. Et pourtant les cils de mes yeux sont maquillés et mouillés. Et tant d'humidité sur mon visage et tant de tristesse dans mon corps. De la tristesse gratuite et partagée. Pour ces canards qu'on tue, pour ces gens qui meurent de faim, pour ceux qui se goiffrent malheureux, pour ceux qui ne comprennent pas malgré la musique "so this is goodbye". Stina Nordenstam. Et tant de gens passent à côté, vivent à côté et ces rubans qui scient mes chevilles en collant ne comprennnent pas non plus. Et vous ?

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jeudi 22 décembre 2005

En flagrant délit de niaiseries.

En vacances depuis quelques jours déjà, je me blottis chez moi, je corrige mes copies, je prends de l'avance sur les bulletins (que j'ai embraqués comme j'étais la dernière à quitter le lycée et que je serai la première à m'y rendre), j'aligne mes notes sur mon violon (encore fausses pour le moment, j'ai droit à la main gauche depuis quelques semaines), je révise mes cours d'arabe et j'essaye de donner corps à mes cours du CNED qui pour le moment ne représentent que des tas de papier (peu de temps jusqu'à maintenant pour y jeter un oeil).

Et comme pour toutes les fêtes de fin d'année , j'aménage mon emploi du temps (qui n'en est d'ailleurs pas un) pour me coller régulièrement devant le film "cake" de la 6 (je me dois de ne pas égratigner les traditions familiales même si je suis seule). Souvent plus par flemme que par véritable passion, je me jette donc dès le départ de mon homme dans le canapé. J'ai beaucoup de mal à suivre un téléfilm en entier, mais je m'en imprègne bêtement avant de partir vers d'autres occupations tout aussi futiles. J'attendais la fameuse saga qui ressort tous les ans, dans le genre de la Caverne à la rose d'or, histoire de m'abrutir de troncs d'arbres qui parlent et de trolls en tous genres. Et je constate alors, en consultant le programme, la richesse de M6.

caverne_de_la_rose_d_or

Lundi:

  • Une fiancée pour Noël
  • Le Mensonge de Noël
Mardi:
  • Un Noël pas comme les autres
  • Une Promesse pour Noël
Mercredi:
  • Un Papa tombé du ciel
  • Le cadeau de Noël
Jeudi:
  • L'espoir de Noël
  • La Romance de Noël
Vendredi:
  • Le Cadeau de Carole
  • Un Noël inoubliable
J'adore. Si vous aviez un doute sur la période (mais comment y échapper ?), vous êtes certains de vous plonger dans l'ambiance "Happy Christmas". La recette est toujours la même : vous prenez les schémas actanciel et narratif dans toute leur puissance et vous rajoutez à cela une petite dose de religion bien moraliste, un soupçon de pub pour coca (si ce ne sont des canettes, ce sera au moins la tenue du père Noël) et Mac Do, quelques personnages on-ne-peut plus niais (choisissez les bien mures), de petites chansons qui vous plombent la tête et une petite larme à verser à la fin quand tout va bien et que tout le monde est heureux (parce que bien entendu, tout le monde est heureux à la fin)... Joyeux Noël !

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mercredi 21 décembre 2005

Manifeste pour l'abolition du gavage.

Je relaie ce que je peux lire au fil de la presse et des pages web.
Parce que c'est très important.
Ne mangez pas de foie gras.
Regardez la vidéo.
Comprenez.
Et signez ici.

gavage

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Pénombre.

arbres_b_w

Aujourd'hui,
Pas de lumière,
Comme si tout restait éteint du matin au soir,
On oublie d'appuyer sur l'interrupteur,
On en oublie de se réveiller vraiment.

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lundi 19 décembre 2005

Rien de grave.

J'ai trouvé le livre sur les rayonnages d'Emmaüs. Le titre me disait quelque chose, mais je devais être tombée dans une faille spacio-temporelle au moment de tout le battage médiatique qui a accompagné sa sortie. Puis j'ai jamais été très "people". Alors, j'ai commencé à lire le fameux Rien de grave, un soir sur l'oreiller. Dès le départ, l'écriture me déplaît. Il y a cette façon qu'ont tous les auteurs qui se veulent "fashion" de prendre une certaine liberté avec la ponctuation. "Une virgule ? Pour quoi faire ?". Certains ont su en faire un jeu qui a son charme, chez elle, c'est fatigant. Puis il y a dès le départ quelque chose de lourd dans ces analepses récurrentes. "Je vous parle de moi, mais attendez, il faut aussi que je vous parle de moi avant". Puis plutôt que de commencer par le début, commençons par le milieu, ça n'en sera que plus compliqué. La complication, là aussi, peut trouver son charme chez certains, mais chez elle, c'est d'un ennui mortel. Je ne me décourage pas pour autant, je mets un point d'honneur à finir un livre que j'ai commencé, surtout lorsqu'il ne me plaît pas, j'ai toujours adoré l'effet de surprise "et si ça s'arrangeait sur la fin ?". L'effet de surprise n'est pas venu et j'ai traîné la lecture de ce récit insipide sur plusieurs soirées, m'endormant dessus régulièrement. L'héroïne était comme une compagne à qui on a envie de mettre des baffes, sa faiblesse, son manque de courage, sa sournoiserie, la voir ainsi passer à côté de sa vie et jouer les sales gosses capricieuses m'a dégoûtée au fil des lignes. Ce n'est que sur les dernières pages, alors que ça pue vraiment l'autobiographie que je me dis que l'héroïne Louise, pathétique et pitoyable, est sans aucun doute l'auteur, tant de lacheté ne pouvant être fictive. Quelques recherches sur le net confirment bien qu'il s'agit là de la fille de BHL qui a été larguée par son mari pour la belle Carla Bruni (histoire lamentable que je viens de lire, à peine camouflée par des pseudos). Et là, je me sens trahie, j'ai l'impression qu'on m'a fait gober un "Voici" ou un "Gala" caché derrière une couverture Stock. Beurk. Rien de grave, mais beurk quand même.

rien_de_grave

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vendredi 16 décembre 2005

Phrase du jour.

Examens oraux de la journée de vendredi. Je me fixe un point d'honneur à être juste avec chacun. Pas de traitement de faveur, même sort pour celui qui passe à huit heures que pour celui qui passe à dix-sept heures. Tant d'éléments qui entrent en compte : ce que nous demande l'académie, ce que nous pouvons faire en pratique dans l'établissement (expression favorite de Tête de Brique : "faites au mieux"), ce que veulent bien faire les élèves et ce que ça donne au bout du compte. Des larmes, des ongles rongés au sang, des bégaiements, des mots qui sortent et qui ne devraient pas ("merde je le savais", "ah putain, comment y s'appelle déjà", "yes, ça déchire"), d'autres qu'on demande et qu'on ne trouve plus "je vous assure, Madame, je l'ai sur le bout de la langue". C'est souvent surprenant.

Comme cette demoiselle un peu paumée du haut de ses dix-sept ans qui ont dû venir trop vite. Y'a des choses qu'elle a pas vu passer. Elle me présente ce jour là un dossier sur Hitler. Elle m'apprend qu'il était architecte et qu'il a eu beaucoup de concours. Je tombe un peu des nues mais je la laisse parler. Quand elle en a fini de sa présentation, je lui demande un peu curieuse pourquoi elle a choisi ce sujet (le sens de ma question était en fait, "mais pourquoi avoir choisi de me parler de quelqu'un que tu ne connais pas du tout"), elle me répond, je cite "Hitler est un Monsieur bien, il a fait un tas de choses merveilleuses, il est gentil". Game over. Où est ce que ça n'a pas fonctionné ? J'ai du rater un épisode.

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jeudi 15 décembre 2005

Vision dégoutante.

Hier après-midi, en salle des profs, alors que je respire entre deux oraux, je me colle contre un radiateur et je regarde par la fenêtre, les yeux dans le vide en essayant d'oublier trente secondes le temps qui passe trop vite. Mon regard est tout de suite arrêté par un mouvement rapide. Je fixe sur la chose. Trop tard, j'ai vu ce que je ne voulais pas voir. Un type, là dehors, en plein jour, en train de faire se petite affaire, juste à côté de la route, les yeux révulsés. La rapidité de son geste me restera un moment devant les yeux. Et l'incongruité. Comment est-il possible de se tirer sur la nouille en pleine ville, comme ça, alors que des passants et des voitures circulent. Est-ce un exhibitionniste ou y'avait-il une urgence qu'il ne pouvait plus maîtriser ? Quoi qu'il en soit, un sérieux pète au casque. Je ne regarde que quelques secondes et je tourne les talons avec l'espoir de me sortir cette image de la tête. Plus tard, assise face au stress de mes élèves qui passent leurs oraux, l'idée me traverse à plusieurs reprises que j'aurais dû ouvrir la fenêtre et crier à ce gros dégueulasse d'aller faire ses horreurs ailleurs. Plus tard encore en rentrant chez moi, je me dis même que j'aurais dû appeler les flics. Et dans la soirée, l'idée assez horrible qu'il n'y a qu'un pas entre cette attitude et la volonté de coller une gamine contre un  mur me traverse. Je songe à signaler tout ça à la direction du lycée, même si je risque de passer pour une jeune fille prude et choquée, et que cela s'accompagnera sans doute de blagues bien douteuses pendant un moment. A bas les pervers et les frustrés, les ramollis du bulbe et les excités de la nouille ! Il n'y a guère que lui que je tolère encore dans ce domaine...

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mercredi 14 décembre 2005

Triste anniversaire.

Un an aujourd'hui que Whawha a traversé la route trop vite.
Petites pensées toute la journée pour celle que je n'oublierai jamais.

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lundi 12 décembre 2005

Eternal sunshine of the spotless mind. Paradoxe.

Y'avait ce film que j'avais bien envie de voir. Il passait sur canal + et j'ai voulu en savoir plus parce que le scénario était intriguant. Alors, je ne suis pas allée chercher très loin, j'ai ouvert mon programme télé du Nouvel Obs. Comme je le lis depuis plusieurs mois, je sais qu'ils n'y vont pas avec le dos de la cuiller, et j'irais même plus loin en disant qu'ils prennent un malin plaisir à démolir la plupart des films avec des remarques souvent dignes de cours de récréation. Mais là, en fait, je me marre bien, a vous de juger, deux critiques dans le même journal, à propos du même film:

Semaine du 3 au 9 décembre: c'est aussi philosophique qu'une devinette de carambar et aussi agréable à regarder qu'une flaque de cambouis. Images moches( tons verdâtres), (...)impression générale de gâtisme avancé. (vous voyez où je veux en venir quand je parle de cour de récréation ? Les références sont toutes trouvées)

Semaine du 10 au 16 décembre: Inventif, touchant, d'une originalité extrême.

Faudrait se mettre d'accord non ? Ou peut-être simplement regarder les films en question. Si quelqu'un l'a vu et peut "mieux" me conseiller, j'écoute.

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Marché de Noël -bis-.

Levée trop tôt, le visage encore chiffoné, une lourde semaine qui m'attend, mais c'est la dernière avant les vacances de Noël. Il faudra sortir à un moment ou un autre avant le 24 pour acheter des cadeaux. Je voulais cette année passer commande intégralement sur internet, mais les idées ne sont pas venues et je n'ai pas pris le temps de les trouver. Alors il va falloir s'armer de courage.

Comme samedi après midi. Mon prof de violon m'avait enfin donné les références de ma nouvelle méthode. Impatiente, je me suis dit qu'il me fallait "seulement" traverser la ville pour la tenir dans mes mains. Armée de mes gants, de mon courage et de ma patience, je suis donc descendue dans la rue. Dès l'ouverture de la porte, je fais un bond en arrière. Juste là, devant moi sur le trottoir, le Saint Nicolas et son âne créé un attroupement digne de Britney Spears. Je prends ma respiration et me jette dans la masse, presque en apnée. Dix minutes pour parcourir les deux cents premiers mètres. Ensuite, plus facilement, je me faufile entre les poussettes et les appareils photos en expectative devant une boule de Noël. J'élabore vite les itinéraires les plus farfelus pour éviter les axes principaux. Je l'ai déjà dit précédemment, je déteste les marchés de Noël, mais je ne pensais pas que ça pouvait atteindre de tels sommets. En me glissant entre les passant, très rapidement, j'absorbe leur mauvaise humeur contagieuse. Ils sont tous scandalisés de ne pas être les seuls, tous profondément outrés par la présence de leurs semblables. Du coup, les conversations ne tournent pas autour du choix des cadeaux ou de l'esprit de Noël, mais autour du dernier connard qui a écrasé les doigts de pieds de Madame, "non, mais tu t'rends compte, c'est inadmissible une telle attitude". Madame qui recule en disant cela écrase les doigts de pieds de Monsieur qui éructe son vin chaud. J'observe en essayant d'avancer et je me dis que mon message était bien loin de la réalité.

Je vois une vieille dame me filer un violent coup de canne dans les tibias alors que je tente de la doubler. Je vois une maman tirer son gamin par le col de la veste parce que le malheureux s'attarde devant une cage de lapins. Je vois les pauvres lapins à l'intérieur de ces mêmes cages, et plus loin de pauvres biquettes dans un enclos d'un mètre carré qui se font tripoter par tous les passants. Je vois une femme assise sur un trottoir en plein milieu des colonnes de passants, elle pleure. Je vois un type sur un vélo qui doit essayer d'avancer sur ce qui était autrefois une route et qui, visiblement à bout de nerfs, insulte tout le monde, très fort. Je vois une vieille dame qui a rien trouvé de plus intelligent que de venir traîner un chat en laisse dans cette cohue. Je vois un adolescent qui écrase volontairement sa gaufre au chocolat sur la veste du gars devant lui qui n'avance pas. Plus loin, dans un concert de klaxon, je vois des gens qui s'égosillent seuls dans leur voiture, d'autres, plus intelligents ouvrent la fenêtre et crient avec qui veut bien l'entendre. Plus violent encore, un vieux Monsieur qui se tape la tête sur son volant. Ils ne sont plus courageux, ils sont stupides d'être montés dans leurs voitures un samedi après midi.

Alors si quelqu'un peut ici témoigner d'un agréable passage dans un quelconque marché de Noël, qu'il parle je commence à me poser sérieusement des questions.

Posté par Diane Groseille à 07:32 - - Commentaires [4] - Permalien [#]