mercredi 15 mars 2006

Et si on oubliait que le temps passe...

Entre deux heures de cours cet après-midi, je dois me précipiter à la poste. Prise dans cette course quotidienne, je n'ai que quelques minutes pour  filer mettre dans la boîte mes deux derniers devoirs  du CNED (dont un n'a pas été fait, je souhaite juste obtenir le corrigé). J'enfile ma veste, enroule mon écharpe autour de mon cou, gestes automatisés par une saison, je dévale les escaliers, me rue sur le trottoir et là... La douceur me surprend comme quelqu'un qui viendrait derrière moi mettre ses mains sur mes yeux, celui qu'on attend depuis des mois semble pointer le bout de son nez. Et je ne m'y attendais tellement pas. Juste un petit clin d'oeil comme ça, de la caresse des rayons sur le visage. Il arrive. Enfin. A pas de loup.

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mardi 14 mars 2006

Quand ça en devient physique - Suite du message à la prof d'anglais.

Dès le départ, je n'ai pas aimé sa façon de monopoliser une discussion, une personne, une pièce. J'ai d'emblée trouvé qu'elle parlait trop. Maintenant, je ne le dirais plus, c'est devenu un euphémisme. Au début, je pensais qu'elle optait pour cette attitude pour "se faire une place", arrivée après l'ensemble des profs, fallait qu'elle fasse un effort de communication. Là où j'ai commencé à m'inquièter, c'est quand elle a commencé à me suivre aux toilettes pour me raconter sa vie ou à prendre mon bras pour que je ne quitte pas la salle . Sa vie ? parlons en, c'est tout un poème. Elle en fait trois tonnes, Sous le soleil à côté, c'est platonique. Elle a des amours, des emmerdes, des exemples, des soucis, des anecdotes, des "faut que je te raconte", des amis partout qui ont tout fait-tout vu, des expériences extraordinaires, des "si tu savais". Un vrai scénario à rebondissements multiples. Puis pour suivre toujours sa vie à la seconde, parce qu'il ne faudrait pas perdre le contact en bossant trop, elle a son téléphone portable collé à l'oreille dès qu'elle ne trouve pas un interlocuteur sur place, ce qui lui donne toujours une bonne accroche, dès qu'elle raccroche pour raconter sa vie au pauvre bougre qui passait par là. "Tu sais pas ce qu'on vient de me dire au téléphone ? Nan, mais là, faut que je te raconte..."

Vous pensez que j'exagère, alors fixons le contexte actuel, sans en rajouter, juste pour l'exemple. Épisode 359: elle réalise que le type avec lequel elle vit depuis plusieurs mois (je ne saurais pas préciser la durée puisqu'elle change en fonction de l'interlocuteur) qui a les clés de son appart' profite de son absence pour faire des rencontres via sa connexion internet. Ce n'est qu'un détail dans la masse des péripéties dont elle nous inonde quotidiennement.

Puis s'il n'y avait que ça. J'ai développé une allergie. Je reste discrète sur les symptômes, mais ça devient gênant. Son parfum par exemple m'insupporte, je ne dois plus mettre ma veste sur le porte-manteaux si je veux éviter des nausées en rentrant chez moi le soir. La première fois où je m'en suis rendue compte, je rentrais à pieds et j'ai enlevé ma veste alors qu'il faisait moins dix pour ne pas être prise de haut-le-coeur. Puis il y a sa voix, mielleuse, enrobée, plastifiée avec des phrases à rallonges que Proust envierait. Elle marche comme elle parle, vite et trop. Ses talons claquent le sol, trop lourds, trop souvent, faisant ainsi résonner tout son poids dans les salles de cours en permanence.

Bien entendu, je ne dis rien. Je garde cet agacement qui enfle pour moi et je m'assieds dessus. Mais il s'est développé une sorte de réaction en chaîne auprès des autres profs. Nous ne sommes pas des langues de putes et il a donc fallu un certain temps pour que chacun se rende compte de la gravité de la situation. Mais maintenant, c'est efficace. Elle rentre dans une pièce, tout le monde en sort.

Je dois être celle qui a osé être la plus sèche avec elle, ses dérapages concernant son intimité me dérangent et je le lui fais savoir. Non pas que je sois choquée, c'est juste que je m'en bats de sa vie. Ce n'est pas parce que c'est ma collègue qu'elle en devient mon amie. Et pourtant il faut bien rester polie.


POURQUOI CERTAINS ONT BESOIN DE RACONTER LEURS VIES POUR SE SENTIR EXISTER ?

Arrêter de saouler vos collègues de travail, créez votre blog !

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lundi 13 mars 2006

Par curiosité se regarder en face.

Un jour, j'aimerais pouvoir m'assoir
dans le fond d'une salle de classe,
près d'un radiateur bien chaud,
à la fenêtre bien entendu
...
Pour assister à un de mes cours, une heure ou deux,
juste pour voir ce que ça donne
quand on est de l'autre côté du bureau.

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Anticipation.

C'est une semaine très lourde qui débute ce matin. Et c'est sans compter les traditionnelles heures de cours et leur cortège de copies à corriger. Il y aura en plus les deux derniers devoirs du CNED à renvoyer avant mercredi. Aussi un cours de rattrapage de violon demain soir. Et le pompon : je bosse samedi toute la journée (rectificatif : je fais la potiche samedi toute la journée). Avant même que ça n'ait commencé, je me sens déjà dépassée, angoissée, débordée. Et il y a cette tripotée de petits détails que j'aurais aimé règlé ce week-end et qui va finalement aussi venir ponctuer la semaine : coup de fil à l'assurance pour règler l'histoire de la bosse, rendez-vous au garage, cascade de correspondance en retard, piscine, cours d'arabe qui a encore été annulé la semaine passée, factures, ... La liste est trop longue, il va falloir prendre un crayon et un papier pour soulager ma mémoire.

Dehors un jour pâle se lève. Il faut que je vive chaque seconde, sans la pourrir avec celles qui suivront. Cette semaine sera belle comme le soleil qui est en train de se pointer. Tout va si vite que j'en ai oublié mes 28 ans qui arrivent trop vite.

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vendredi 10 mars 2006

Giboulées

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Il y a des accords de guitare.

Il y a ces images de marché parfumé et coloré qui donnent envie de printemps.
Il y a le ciel, plus clair le matin, plus tôt.
Il y a l'odeur de la javel sur ma peau, plus souvent.
Il y a les jours qui passent sans que je ne pose de questions.
Il y les clochettes des "autorues" tous les matins vers sept heures qui tintent dirait-on.
Il y a des promesses de voyages, d'ailleurs, même si ce n'est pas le bout du monde.
Il y a plus de sourires pour les collègues.
Il y a la neige qui a fondu, faisant des rigoles boueuses à tous les coins de rue.
Il y a le printemps qui arrive... Si je vous le dis !...

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lundi 6 mars 2006

Parenthèse blanche

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Au début, on ne fait pas trop attention, on se dit que ce ne sont que quelques flocons. Puis c'est finalement le regard des autres, qui se tourne en permanence vers le ciel qui vous réveille, alors qu'ils feraient mieux de regarder où ils mettent les pieds. Les commentaires tournent tous autour de ça, près de la photocopieuse ou de la machine à café. Pour une fois qu'on a quelque chose de vrai à se dire, et qu'on a l'impression de partager l'événement. "Tous dans la même galère". Ce sont ceux qui veulent absolument en rajouter qui me font le plus sourire, comme si c'était la fin du monde. "Tu te rends compte qu'on aurait tous pu mourir". C'est vrai, ça fait trois jours que ça ressemble à l'apocalypse. L'Alsace sous plusieurs dizaines de centimètres de neige... début mars. Un bon coup de pied au cul à la routine, toutes les petites habitudes du quotidien bouleversées.


Prendre le train au lieu de la voiture car on tape tous les trottoirs, une vraie patinoire,
se retrouver coincée à la gare parce que tous les trains ont du retard,
ne pas pouvoir reprendre sa voiture même au retour pour les deux kilomètres restants
car elle est cachée sous une masse de neige et qu'elle patine tout ce qu'elle peut,
se rétamer les fesses par terre à tous les coins de rues (j'ai trouvé LA nouvelle discipline où j'excelle),
recevoir des amis qui ont été assez loufoques pour venir à pieds pour ne pas avoir à prendre la route,
faire deux heures de cours à une classe de dix élèves au lieu des 25 attendus.

autre_plan_te


Il y a une euphorie qui émane de tout ça, une sorte de contrariété du quotidien qui me fait sourire, une parenthèse dans la réalité.
C'est le fait de savoir que ce n'est qu'éphémère qui rend tout cela magique, exceptionnel.


barbel_s_blancs


Il y aura eu ces longues balades en solitaire dans la neige vierge et fraîche, avant que Neb homme de moi ne revienne hier soir. Il fallait en profiter, il fallait garder des images.

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samedi 4 mars 2006

Des nuits, toujours des nuits.

L'ivresse des lumières. Encore.
Même si ça faisait longtemps, on oublie jamais vraiment.

lights1

S'oublier une nuit, en devenir presque une autre.
Pour une fois, faire attention aux regards, un temps.
Drôle de jeu, sans importance, régles floues.

nuit_bleue1

Rentrer sans le vouloir, sans plus savoir,
dans la neige vierge,
dans une autre ville,
pleine de mystère.

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Exister à nouveau le lendemain, difficilement.

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vendredi 3 mars 2006

Lui, tellement important.

Et je ne suis pas encore couchée, du mal à trouver les lettres justes pour faire des mots, et pourtant, ça me fait rire. Je suis rentrée avec R. dans la nuit et la neige. Je suis arrivée ici, recouverte d'une couche épaisse et blanche, trainant mes pieds au sol. Je pense à Neb, si fort, le seul homme de moi.

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jeudi 2 mars 2006

Des nuits.

Ce soir, ne pas être raisonnable.
Quitter un instant, le temps d'une nuit, la réalité.
Oublier qu'il faudra se lever demain matin et assumer six heures de cours.
Oublier qu'il faudra être debout tôt pour corriger encore quelques copies.
Oublier qu'il faudra sans doute zapper la pause de midi pour corriger d'autres copies.
Oublier que je suis encore en formation demain soir.
Oublier que je n'ai pas fait les trois quarts de ce que je voulais faire cette semaine (devoir CNED, réponse mail, rempotage plantes...)

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Insouciance, s'enivrer, juste ce qu'il faut pour oublier les légères contraintes et les responsabilités du quotidien.
Avoir dix-sept ans le temps d'une nuit.
Parce qu'on est pas sérieux quand on a dix-sept ans.


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