samedi 17 février 2007

Violent violon.

fleurs_de_neige

Il est tôt. Levée trop tôt toute la semaine, donnez-moi la recette de la grasse matinée. Comme tous les samedis matin, l'idée de mon cours de violon de midi me pèse sur les épaules. J'avance peu. Beaucoup de travail. Puis j'ai du mal en rentrant après sept heures à me coller à mes exercices. Peut-être juste par respect pour mes voisins. Voilà trois semaines que je n'ai pas eu cours. Et le dernier cours s'est très mal passé. Je ne suis pas allée au suivant pour raison de clash avec Neb homme de moi* et mon prof n'a pas jugé utile de m'annoncer l'annulation du dernier, auquel je me suis pointée pour rien.

Notre dernier cours d'il y a trois semaines portait sur mes capacités à enregistrer ce qu'il me disait. En fait, il a commencé à s'énerver à cause d'un tout petit signe qui reliait deux notes sur ma partition. Et moi, j'ai eu le malheur de lui demander ce que ça signifiait. Et il m'a parlé comme à une gamine de six ans. Et j'ai pas trop apprécié. Parce que je ne l'avais jamais vu de ma vie ce petit signe. D'ailleurs, ça fait longtemps que ça dure. Mais jusqu'à maintenant, je me disais que c'était forcément de ma faute, parce que sans doute, je ne travaillais pas assez chez moi.

Puis je me suis imaginée, avec une gamine de six ans, qui essaye bien sagement d'apprendre à lire. Lui coller sous le nez une jolie phrase pleine de lettres et de mots. Et lui dire "Allez ma grande, lis !"... Puis la traiter de blonde parce qu'elle n'y arrive pas.

Certes, je n'ai pas six ans (bien que lui semble disposé à bien vouloir le croire), et il ne s'agit pas de cours de français ... mais la pédagogie doit bien occuper une petite place là-dedans non ? Je ne suis pas née avec la maîtrise du solfège en moi, qui coule dans mes veines, ce n'est pas inné ces choses là, si ? L'école où je me rends travaille avec des méthodes inductives, mais il devrait y avoir un minimum quand même...

Alors j'hésite à continuer, avec lui en tous cas. Le courant ne passe pas, et ceux qui me connaissent savent que c'est une phrase qui résonne rarement dans ma bouche (il n'y avait guère que Tête de Briques qui y avait droit). Alors continuer à perdre mon temps et mon argent pour me faire traiter de gosse... A réfléchir sérieusement.


* si si, toujours homme de moi, n'en déplaise à ceux qui attendent un changement de ton.

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vendredi 16 février 2007

Belle île en mer.

1985. Je suis une petite fille. Ce morceau correspond à des vacances en famille, pour beaucoup de monde sans doute. L'été. On charge des valises dans la voiture en fin de journée, on va partir tard le soir, parce que mon papa il aime pas rouler le jour avec tous les autres. Moi et ma soeur sommes impatientes, c'est l'époque de notre complicité de gamines, nos jeux, nos secrets, nos rivalités futiles. On nous avait dit de dormir avant de partir, mais on avait pas réussi, on était trop excité par l'idée du départ, puis en plus, à la télé ce soir là, y'avait un épisode des Dents de la mer et on était pas rassuré. On part justement pour la mer, mieux, l'océan, la Bretagne. Arrive enfin l'heure. Avec ma soeur, on s'installe confortablement, on a même pris nos oreillers et nos peluches. J'ai déjà cette trouille à l'époque de l'accident de voiture puis je trouve que, franchement, Papa, t'as trop chargé la voiture, elle tiendra jamais, ça risque de craquer, non ?

Départ, on regarde par la fenêtre dans la nuit, défiler les paysages, jusqu'à ce qu'on ne les reconnaisse plus, passé notre petit monde... Finalement, on s'endort vite. On ouvre un oeil de temps en temps, parce que Papa a allumé sa pipe. Maman râle, elle aime pas qu'il fume dans la voiture. Nous non plus. On regarde dehors, Quand est-ce qu'on arrive ? On voit pas encore la mer. On se rendort. Maman nous réveille plus tard, parce Regardez les filles, on est à Paris. Dans la nuit, je vois la capitale, pour la première fois sans doute. Elle me parait immense et insaisissable, comme une grande Dame dont vous aviez beaucoup entendu parlé et qu'on vous présente enfin. Je découvre ses rues, qui à elles seules font la largeur de ma cour de récréation. Je regarde défiler ces gens qui errent dans les rues, ne semblant pas vouloir dormir.

Quelques heures plus tard, on nous réveille et il fait jour. On a la trace de l'oreiller sur la joue. On roule dans une petite ville qui a tout de différent de chez nous, jusqu'aux murs de pierres. Papa se gare dans une petite ruelle et dès que nous ouvrons la portière de la voiture, on sent cette odeur toute particulière du bord de mer, le sel et le vent. Les sandalettes claquent sur le bitume. On a envie de dévaler en courant cette pente qui mène sans doute à la mer, mais on se fait gronder parce qu'il faut attendre les parents. Petite danse de joie pour ma soeur et moi. Puis enfin se déroule devant nous ce paysage magique et sauvage, que même on nous l'avait dit, mais on y croyait pas vraiment. Je me souviens de ce petit déjeuner pris sur une terrasse ensoleillée, les jambes toutes engourdies qui pendent dans le vide et les yeux gonflés de sommeil, les meilleurs croissants du monde, avec en fond dans le petit bistrot derrière nous cette chanson de Voulzy dont je ne comprenais pas tous les mots, mais qui a soufflé sur les vacances qui ont suivi, comme une douce brise tiède.

mur

Belle-Ile-en-Mer
Marie-Galante
Saint-Vincent
Loin Singapour
Seymour, Ceylan
Vous c'est l'eau c'est l'eau
Qui vous sépare
Et vous laisse à part
 
Moi des souvenirs d'enfance
En France
Violence
Manque d'indulgence
Par les différences que j'ai
Café
Léger
Au lait mélangé
Séparé petit enfant
Tout comme vous
 
Je connais ce sentiment
De solitude et d'isolement
 
Comme laissé tout seul en mer
Corsaire
Sur terre
Un peu solitaire
L'amour je 1' voyais passer
Ohé Ohé
Je 1' voyais passer
Séparé petit enfant
Tout comme vous
Je connais ce sentiment
De solitude et d'isolement
 
Karudea
Calédonie
Ouessant
Vierges des mers
Toutes seules
Tout 1' temps
Vous c'est l'eau c'est l'eau
Qui vous sépare
Et vous laisse à part
Oh oh...


Laurent Voulzy,
Belle île en mer, Marie Galante*.


* Et Quand j'étais petite, je croyais dur comme fer que Marie Galante, c'était le nom d'une dame très polie.

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Debrayage - Point mort.

Une journée pour moi.
Que deux heures de cours ce soir.
Alors je souffle.
Je vais faire mon premier pain ici.
Pas pu jusqu'à maintenant, pas de place.
Faire tourner quelques machines aussi.
Laver Lucien qui est jaune de crasse.
Écrire quelques broutilles, ici ou ailleurs.
De la correspondance.
Peindre un mur capuccino.
Me poser devant quelques bêtises télévisuelles.
Et peut-être même finir ma relecture de 1984.

noisettes

Et savourer plus tard la douceur du dehors,
certes inhabituelle et inquiétante mais tellement agréable...

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jeudi 15 février 2007

La sagesse du Paternel.

"Pour bien gagner ta vie ma fille, tu devrais passer le CAPES"

Voilà dix ans que j'entends ça. Mon père, qui ne veut que mon bonheur, mon épanouissement, ma sécurité de l'emploi, mes vacances pour "quand t'auras des gosses, parce que t'as beau dire, ça va bien finir pas arriver" trouve toujours moyen de me caser sournoisement sa petite rengaine. Mais moi, j'en ai jamais voulu de ce CAPES après lequel tout le monde court. Les mauvaises langues diront que j'ai la trouille... Ou peut-être même que j'ai pas le niveau. Et bien, je vais vous dire une chose, ce qui me fait le plus peur avec l'idée de passer le CAPES, c'est... De l'avoir. Je suis désolée si mes paroles blessent ces pauvres bougres qui passent toutes leurs nuits sur des textes d'ancien français sans même savoir à quoi ressemble un élève de quatrième (et les hormones qui vont avec). Encore plus désolée pour ceux qui ont déjà perdu trois ans de leur vie, voire plus (et même que c'est sans doute pas fini) à essayer vainement d'obtenir le "précieux" qui vous envoie tout droit pour deux ou trois ans dans une banlieue charmante bien loin de vos amis, votre région, votre famille.

Puis c'est l'idée de "gagner sa vie". Je gagne de l'argent moi, pas de la vie. Ma vie, je vais pas dire qu'elle est ailleurs, mais elle a pas grand chose à voir avec mon compte en banque. Et d'ailleurs le paternel est bien placé pour le savoir, il est le premier à dire que l'argent, faut en avoir juste assez pour ne pas y penser. Après, ça devient tout de suite encombrant. Mes plus grands bonheurs n'ont rien à voir avec l'argent. C'est souvent les gens, mes élèves, mes amis. La lumière, la chaleur, un regard. Quelques graines qui poussent dans un pot. Là où je risque vraiment de blesser mes lecteurs, c'est en leur annonçant que de toute façon, je gagne plus qu'avec un CAPES.

Et je suis libre. Certes, quelques journées sont sans fin. Mais quel enseignant de l'éducation nationale peut prétendre à des journées de liberté quand bon lui semble, à un emploi du temps qu'il aménagerait lui même à sa guise, à deux mois de vacances en été, à des élèves qu'il choisit en fonction de leurs motivations, de leurs attentes...

pa

Alors non Papa, je ne passerai pas le CAPES, même pas pour te faire plaisir.

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mercredi 14 février 2007

La flamme.

Levée à cinq heures et demi.
Chauffe-eau bousillé qu'a pas chauffé dans la nuit, je me rince vite fait, je râle déjà.
Partie travailler à sept heures moins le quart.
Déposer ma soeur dont la voiture est en panne, quarante bornes de détour.
Bouchons sur la sortie d'autoroute.
Arrivée à huit heures deux devant le bahut.
Plus de place de parking, se garer loin et courir.
Plus le temps pour les photocop'.
Copies pas finies d'être corrigées.
Classe de trente-cinq et des pas faciles.
Une jeune fille qui fait un malaise et qui manque de me vomir sur le bureau.
A midi, déjà épuisée.
Je file faire quelques courses.
Je traîne les pattes dans les rayons tristes et déserts d'un supermarché fantôme.
Je mange un sandwich saumon fumé-ciboulette au volant de ma voiture.
Arc-en-ciel.
Au retour au bahut, papotages avec mes collègues.
Puis c'est reparti pour quatre heures.
Travail dans l'urgence et improvisation.
Dix sept heures trente, conseil de classe.
Dure deux heures, pour quinze élèves.
Faut le faire.
Route du retour.
Mais avec re-détour de quarante bornes parce que la soeur attend.
Arrivée à la maison à vingt-et-une heures.
Un peu fatiguée.

miroir

Mais le plus important dans tout ça,
c'est que j'adore mon job,
je l'échangerais pour rien au monde.

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vendredi 9 février 2007

Grrrrrr...

Y'a le ménage à faire, de la vaisselle dans l'évier, un max de trucs à ranger, des caissons à monter, j'en passe et des meilleurs. Je cours partout, avec mon sac en cuir en bandoulière et mes classeurs sous le bras, aux quatre coins du département. Dix minutes pour écrire ce post. Parce que j'ai une boule de rage dans la gorge. Et pourtant, il y a à peine une semaine, on avait fait table rase et il avait promis de faire des efforts. Puis là, il rentre, avec le premier vrai sourire de la semaine sur le coin de la gueule. Alors que j'ai moi même eu une pêche d'enfer toute la semaine et que j'étais déçue que de son côté, il me ramène la sale gueule du boulot. Alors son sourire... J'étais ravie. Puis je l'ai vu prendre ses affaires et passer la porte. "Tu vas où". "Je vais prendre l'apéro avec Mat". A cinq heures, avec tout ce qu'il y a à faire ici, il va prendre l'apéro, et ça, ça lui colle un sourire sur la gueule. Va falloir que je trouve le moyen de me métamorphoser en apéro de fin de semaine pour coller la pêche à mon homme.

Sur ce, moi, je vais encore me taper une heure de route et deux heures de cours, donc pas de retour avant huit heures. Et à ce moment là, j'aurais tellement à faire avec le bordel qu'il y a ici, que mon apéro, je pourrais me le coller.

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mardi 6 février 2007

A titre de rappel.

Je tenais juste à informer mes chers lecteurs que les photos présentes sur ce blog
sont les miennes et qu'elle ne sont pas libres de droit.
Je sais bien que la Toile vous permet de les exploiter comme bon vous semble,
moi même, je me permets parfois l'utilisation un tant soit peu frauduleuse de quelques photos,
de tout récents béguins, par exemple.

Je pourrais me contenter d'être flattée
en découvrant mes images ailleurs, mais ce n'est pas le cas.
Et je suis toujours surprise de constater
que ceux qui se permettent d'utiliser mes photos
ne prennent même pas la peine de me le signaler,
à défaut de m'en demander l'autorisation.

Certes, ce ne sont pas des chefs-d'oeuvre,
mais voilà, ce serait sans doute une toute petite preuve de respect
dans l'immense indifférence de cette virtualité,
que de me faire part de votre choix avant.
A bon entendeur !

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lundi 5 février 2007

Flash back.

Un peu de calme après la tempête.

night_club

Week-end particulier. La nostalgie m'avait prise en fin de semaine avec mes notes. Puis samedi soir, deux amies et moi avions planifié une sortie pèlerinage dans cette bonne ville de M. Drôle d'impression en me rendant chez l'ex-voisine, en passant dans ces couloirs à la lumière synthétique, dans lesquels j'ai galopé tant de fois, avec Whawha. La soirée fut festive en toute simplicité. Quelques belles rencontres et de bons fou-rires. La lumière et la musique ont su me replonger au coeur de mes années d'étudiante. Et quel bonheur de déconnecter un tant soit peu.

Tout cela m'a permis d'atténuer le clash de samedi matin avec Neb. Dernière chance pour nous deux. On croise les doigts et on fait de son mieux.

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vendredi 2 février 2007

Les fameux 7 trucs.

Je me décide à répondre à ma Midinette préférée, avec un bon mois de retard, saura-t-elle me pardonner ?

7 choses possibles que j'aimerais faire avant de mourir:

*Avoir des enfants.
*Publier un livre ou plusieurs.
*Racheter un corps de ferme, y vivre, y travailler, y recevoir plein de monde, avoir plein de chiens.
*Apprendre plein de langues étrangères.
*Faire le tour du monde.
*Être et rester heureuse, et transmettre le bonheur autour de moi
*Faire l'amour avec deux hommes (chut...)

7 choses improbables que j'aimerais faire avant de mourir:

*Devenir une comédienne célèbre.
*Devenir présidente de la République.
*Vivre une folle histoire d'amour avec l'une des célébrités citées ci-dessous
*Être très belle.
*Être garde forestier.
*Un exploit sportif, peu importe lequel, juste pour le dépassement.
*Devenir très riche, et pouvoir me montrer très généreuse.

7 choses que je fais bien:

*Enseigner, transmettre, aider, expliquer.
*Le pain/ les bons petits plats en général.
*Écrire (enfin, je crois...), r
aconter.
*Aimer.
*Jardiner.
*Les photos.
*Dormir.

7 choses que je ne peux pas/ne veux pas faire 

*Sauter à l'élastique (putain de vertige).
*Manger du foie gras.
*Mettre mes clés toujours au même endroit/trouver mes affaires au dernier moment.
*Relativiser.
*Chanter (pour le bien de tous)
*Choisir.
*Anticiper.

7 choses qui vous attirent dans le sexe opposé:

*Les mains et les poignets.
*La capacité à s'en foutre ou au contraire à prendre des décisions et à les assumer.
*La peau.
*La tendresse.
*L'humour.
*Le regard.
*La voix.

7 choses que vous dites souvent:

* Oh merde...
* Faut arrêter de se tourner le doigt dans le Q.
* Faut arrêter de se tirer sur la nouille.
* Espèce d'excité du bulbe.
* Oui, mais en même temps...
* Motus
* Minute papillon.

7 béguins pour des célébrités:

Jeremy Irons

irons

Thom York

york

Chris Martin

chrismartin2jy

Charlotte Gainsbourg

charlotte

Romain Duris

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Edouard Baer

baer

Jim Morrison

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Insomnie.

Cette nuit, tard, je me réveille quand il vient se coucher. Et je ne parviens pas à retrouver le sommeil. Fait rarissime pour être souligné puisque je dors d'habitude comme un loir et une fanfare tzigane aurait du mal à me réveiller. Pendant une heure, je me tourne et me retourne dans le plumard, cherchant vainement le numéro du marchand de sable pour au moins lui envoyer un SMS. Rien à faire. Je me suis levée, et c'était sans doute pas la chose à faire. Constat d'échec : oui, je suis bien réveillée.

Et les mots trottaient dans ma tête. Des mots auxquels je ne veux pas donner vie. Des mots pour dire ce que je ne veux pas dire ici, ce que je ne veux pas concrétiser. Et pourtant, c'est tellement là, partout autour de moi.

Posté par Diane Groseille à 09:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]