lundi 28 mai 2007

Compression de kangoo.

4h39, dans la nuit de samedi à dimanche. Dans mon rêve, des pneus crissent, sur une longue distance, puis, en toute logique, vient le choc de la tôle. Ce bruit qui n'était pas venu me réveiller depuis des années. Alors, je suis là, assise dans mon lit, les yeux grand ouverts. Puis je me dis, "ça faisait longtemps, pourtant". Et je mets quelques secondes à réaliser que je ne suis pas seule. Neb à côté de moi est réveillé, assis dans notre lit, comme moi, il me regarde "tu as entendu aussi ?". Bien sur, alors, pas de doute, il y a bien eu un impact là dehors, dans la nuit, très violent sans doute. Neb se lève, me dit qu'il faut aller voir, mais très vite, on entend des voix, des gens sont déjà dehors, on entend quelqu'un qui crie de sortir de la voiture. Puis très vite, des portes claquent et des véhicules s'arrêtent à proximité. Le quartier est grand, les gens dont les fenêtres donnent sur la rue ont déjà du appeler les pompiers. Neb se recouche en me disant que de toute façon, ça ne sert à rien de descendre. J'ai du mal à me rendormir, le bruit court encore dans ma tête, comme il a couru trop longtemps autrefois.

Puis le lendemain, j'ai presque oublié, comme si ç'avait été un rêve. Je prends ma douche quand je vois Neb qui remonte de sa balade matinale avec Lucius. Il est crispé, ses mâchoires sont serrées. Il me dit "tu te souviens de cette nuit ?". Bien sur, je me souviens. C'est sa voiture. Sur sa voiture que l'impact a eu lieu. Elle est littéralement explosée, elle a été poussée par le choc sur le trottoir. Nous étions pourtant sûrs que le bruit provenait de l'autre côté, de la place. Il doit partir au poste. Il revient deux heures plus tard. Pas de blessés. Délit de fuite, la voiture des coupables a été enlevée dans la nuit, ils l'avaient abandonnée sur la chaussée après l'accident. Sans doute pas mal de choses à se reprocher... La voiture de Neb va sans doute partir à la casse, toutes les roues sont déformées, voilà à peu près ce que ça donne.

krash_kangoo


krash_kangoo_avant

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Coup de coeur.


Paolo Nutini - Jenny Don't Be Hasty
envoyé par slzaza

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samedi 26 mai 2007

Un autre monde.

Il s'appelle Nicolas, une vingtaine d'années, des yeux bleus et un sourire timide. Je lui donne des cours depuis janvier : trois à quatre fois la semaine, je me rends chez lui et nous nous installons sur la table de la cuisine. Nous nous connaissons bien maintenant. Il me fait plus de sourires qu'au début, davantage confiance aussi, et comprend mieux ce que j'attends de lui, comment il peut progresser, quels sont nos objectifs. Parfois, il s'énerve, il va trop vite, il trouve les choses injustes, je vois qu'il a envie de taper sur la table, de se lever et de partir.... Mais il reste. Il voudrait que tout soit toujours "juste". Mais pour lui, rien ne l'est  vraiment.

Nicolas est sourd. Alors tout se complique, et en même temps, tout devient plus simple, dans son monde à lui. Je me suis posé beaucoup de questions, j'ai essayé de me mettre à sa place, ce qui est impossible, j'ai essuyé très rapidement la pitié et la compassion qui n'avaient pas leur place dans notre relation. Il est exigent, il veut passer un examen, et je suis là pour faire en sorte qu'il l'obtienne. Pour cela, nous travaillons dans des fascicules du CNED, il lit sur mes lèvres et je dois faire attention à tout, chacun de mes gestes, de mes regards peut avoir un rôle dans notre communication. Nous avons été mal à l'aise tous les deux au départ, nous nous contentions du minimum et c'était déjà très fatigant, pour moi comme pour lui. Puis les habitudes se sont installées, les plaisanteries, la bonne humeur. Nicolas est devenu un élève comme les autres, je suis rentrée dans son monde, il en est un peu sorti pour venir vers moi.

crane



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jeudi 24 mai 2007

Camera obscura.

Plus j'y pense et plus je me dis...
Le blog est une chambre sombre, fraîche et silencieuse
où l'on laisse un corps somnolent, presque endormi, sur un lit défait.
La fenêtre est ouverte sur la rue bruyante et agitée
et les passants curieux peuvent jeter un oeil.

Lorsque l'on revient chez soi, on va doucement, avec des gestes tendres,
réveiller le corps endormi encore engourdi de fatigue,
on lui parle lentement, on lui raconte ce qu'on a fait dans la journée,
ce qui nous a ému ou attristé.
Puis on referme à nouveau la porte derrière nous, pour repartir vivre, pour le laisser dormir.

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mardi 22 mai 2007

I've got sunshine on a cloudy day, when it's cold outside, I've got the month of may.

Un week-end festif : les parents de Neb ont passé quatre jours chez nous. Nous avons découvert les joies de la vie à quatre dans un trois pièces. Quelques belles balades, des terrasses, de bonnes bouffes. Curieusement, une ouverture différente sur notre ville, notre quartier pendant ces quelques jours, sur le "dehors". Une belle avancée des travaux aussi avant leur arrivée (portes de la cuisine enfin posées, penderie fixée dans la chambre d'amis)... Quelques petits agacements aussi, des remarques parfois sournoises ou moqueuses qui passent mal. Mais on passe l'éponge, on est une grande fille maintenant, la frustration et la méchanceté des autres doivent nous faire sourire.

Puis il y a les détails de la vie qui avance, joliment, sûrement, tranquillement...

  • Un rapport d'ingénieur à corriger pour demain soir : deuxième lecture. Boulot intéressant. Beurre dans les épinards. Je vais m'y mettre plus sérieusement dans les prochains temps, c'est un créneau qui me correspond.
  • Un rendez-vous avec une autre association la semaine prochaine, pour animer des groupes d'impro, peut-être même des ateliers d'écriture (j'adorerais)...
  • Prise de bec avec mon deuxième employeur : ils voudraient que je reste l'année prochaine, que je prenne un temps plein, avec des classes comme celles que j'ai quittées l'année dernière, pas très intéressantes, où l'on passe plus de temps à fliquer qu'à enseigner. Pour cela, ils m'envoient des courriers, me laissent des mots dans mon casier, j'ai même droit aux mails de rappel. J'ai mis tout cela dans une balance et pendant quelques semaines, elle aurait pu pencher de leur côté. Puis leur secrétaire m'a involontairement aidée à faire un choix. Foutage de gueule en puissance concernant un emploi du temps qu'elle me dit immuable depuis la rentrée et qui n'a pourtant jamais été le même. J'ai du annuler des heures de cours, et pour le principe (et comme c'est pas la première fois), ça me gonfle. Donc, mon choix va pencher davantage vers les classes de BTS qu'on me propose à M., même si là aussi, il va encore falloir négocier.
  • Merveilleuse foire bio ce week-end. Transférée pour la première année dans un grand parc expo, ce qui a un tant soit peu tué l'authenticité et la magie, mais je retrouve les petits stands que j'aime tant, l'état d'esprit des gens, les sourires. Je repense toujours à cette citation de Mark Twain "Ils ne savaient pas que ce qu'ils désiraient faire était impossible... alors ils l'ont fait!"... J'ai acheté quelques graines pour le jardin, un ou deux bouquins, du vin, des babioles... Dommage que je n'aie pu y aller qu'une fois, mais les parents de Neb n'étaient pas fascinés...
  • Des nouvelles d'un ex', directeur de colo avec qui j'ai eu une amourette de vacances, puis il partait à l'époque pour Berlin et je ne voulais pas d'une relation longue distance. Le courant ne passait pas vraiment, il était si différent dans la "vraie vie", sorti du contexte centre de vacances. On s'est arrêtés là. Tout ça date de 2003. Il vit aujourd'hui à Paris et m'appelle pour m'annoncer qu'il est sur l'Alsace cette semaine. Il veut me voir. A réfléchir.
  • J'entame une journée de jeun, pour éliminer un peu les toxines et les tensions de ces quatre jours. Tisane et bouillon de légumes, repos. Mon sixième et dernier jour de "pseudo vacances". Ensuite reprise du boulot, pour quelques heures bien tranquilles. Mon mois de juin sera aussi calme que mon mois de mai.

bouquet_tricolore


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mercredi 16 mai 2007

Good news & beautiful flowers.

boutons_de_roses

La bonne nouvelle de l'avant-veille: Assis dans nos canap', ma soeur avec de la teinture rouge sur la tête, Mat' avec sa bière à la main et moi mon verre de martini (le quatrième). On avait prévu un barbec' et dehors c'est le déluge. On s'écoute ces fameux tubes motown que j'ai retrouvés et qui collent une patate d'enfer. Puis Mat', anodinement, entre deux phrases creuses, nous annonce Le Retour : Grey's anatomy, mardi 22 mai, sur TF1. Sur le coup, après avoir vérifié l'info sur le net, j'ai effectué une petite danse de joie dans mon salon. Oui, je sais, je casse peut-être le mythe de la fille un tant soit peu intelligente qui a des centres d'intérêt nobles et valorisants. Mais j'adore ! Allez savoir...

roses_et_mauves

La bonne nouvelle de la veille : Rendez-vous pour un entretien à dix heures, pour donner des cours de théâtre à partir de septembre. Pas de verre de martini sur ce coup là. J'arrive, pas angoissée du tout, je sais ce que je vaux et je veux la place. Une petite dame blonde m'accueille et m'installe sur une chaise devant son bureau. Et là, je passe pendant une heure et demi l'entretien d'embauche le plus étrange que je n'ai jamais passé. Elle ne m'a posé aucune question, pas la moindre, ni sur mon CV, ni sur mes objectifs, ni sur ma motivation. Elle m'a fait tout l'historique de la boîte, m'a montré tous les petits détails insignifiants tels que l'emplacement des clés pour ouvrir les portes des salles ou la couleur des différents formulaires de réinscription pour les participants. J'ai compris au bout d'une bonne heure que j'étais prise, un peu automatiquement, sans qu'elle ne me le dise vraiment, puisqu'elle m'a remis entre les mains le calendrier de mes premières dates de cours ainsi que la fiche sur laquelle je mettrai le texte d'amorce. Donc, la bonne nouvelle est là, je suis prise, je (re)donne des cours de théâtre dès septembre, dans cette charmante ville de M....

pois_de_senteur_gros_plan


Une bonne nouvelle aujourd'hui ? Encore une journée de cours bien remplie et à partir de ce soir, j'ai cinq jours de vacances. Qui dit mieux ?

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lundi 14 mai 2007

Constat de spontanéité.

Y'a des notes comme ça, que vous mijotez pendant des jours, voire des semaines. Elles vous tiennent à coeur, vous les maternez, c'est presque une grossesse... Suivie d'un accouchement, presque dans la douleur. Les phrases tournent dans votre tête, pendant les longs trajets en voiture, dans l'ascenseur ou juste avant de vous endormir. Même qu'il y a des notes, vous les avez pas encore accouchées tellement elles sont présentes. Peur peut-être de ne pas pouvoir trouver le mot juste, l'exactitude de la notion. Et ce serait "gâché"...

Puis y'a les "spontanées", comme celle que je suis en train d'écrire, comme d'autres qui sont arrivées comme ça, vite et bien, et qu'on a collées en ligne sans réfléchir, je pose mes fesses cinq minutes devant l'ordinateur et c'est fait, "poster et publier".

Et curieusement, les lecteurs réagissent toujours mieux, plus en tout cas, à la spontanéité. Allez savoir pourquoi...

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dimanche 13 mai 2007

Donneuse de leçon.

Vingt et cent prennent la marque du pluriel quand ils sont multipliés par un nombre,
sans être suivis d'un autre nombre.


Exemples :

Au jour d'aujourd'hui, j'ai publié sept cents notes sur ce blog,
Je vais pas le répèter vingt fois.
Je ne peux pas dire que j'y ai fait les quatre cents coups,
mais je ne m'y suis pas non plus
ennuyée à cent sous de l'heure.
Alors je vais peut-être pas rester là cent sept ans
parce que je commence à faire les cent pas
et que j'y gagne pas des mille et des cents,
je ferais peut-être mieux de vivre à cent à l'heure ?

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Cours particuliers.

mafalda2

Ce fut mon premier job. Avec toutes les animations commerciales et autres colonies de vacances. Prof de cours particuliers. Et j'ai toujours adoré ça : aller chez les gens, découvrir les élèves dans leurs univers, trouver la faille et la combler, le mieux possible, avec un ciment de mots et de confiance...

Puis, sur les trois dernières années, j'ai plus pu. Ou alors si peu. Triste. Parce qu'avec quarante heures hebdomadaires dans un lycée, c'est plus possible.

Et ce fut un grand bonheur lorsque je pris, il y a un an, la décision de démissionner. Et dès septembre, j'ai repris contact avec ces organismes qui m'ont très vite remise en relation avec des parents, des lycéens, des jeunes en rupture de scolarité. J'ai aussi trouvé certains élèves par les petites annonces. J'ai été surprise de voir à quel point la demande avait augmenté en trois ans. Je refuse des cours presque chaque semaine, surtout en ce moment, à l'aube des examens. J'ai une dizaine d'élèves qui viennent compléter un emploi du temps irrégulier, et qui me proposent malgré eux une régularité. J'aime...

  • J'aime découvrir une personne dans son monde, au milieu de ses objets, dans les odeurs de sa maison, sous les posters de sa chambre.
  • J'aime l'élève, le jeune seul, entité unique, électron libre, ce qu'on a beaucoup de mal à percevoir dans un "groupe-classe".
  • J'aime les parents qui veulent être là, mais pas trop, qui sont souvent un peu gênés, comme s'ils devaient eux aussi reconnaître une faiblesse : "on a pas pu l'aider".
  • J'aime le thé qu'on me sert, même s'il est amer, les petits gâteaux laissés sur un coin de table par une maman pressée, le petit panier de fraises avec lequel je repars parfois, les petits pains d'épices.
  • J'aime la satisfaction d'un élève qui voit ses résultats remonter, ses fragilités renforcées, et qui m'annonce la dernière bonne note avec un grand sourire.
  • J'aime le "tu" qui apparaît parfois à la place d'un "vous" et qui n'aurait sans doute pas pu s'échapper dans une salle de classe.
  • J'aime être autre chose qu'une prof, être aussi une confidente, une référence.
  • J'aime avoir un chat sur les genoux, qui vient s'installer pour suivre un cours de grammaire.
  • J'aime m'installer sur un bureau trop petit, sur une nappe "toile cirée" dans la cuisine, après avoir poussé les miettes du petit-déjeuner, sur une table de salle à manger immense qui ne sert que les jours de fête, sur la terrasse, dans le jardin ou sous le sapin de Noël...
  • J'aime me sentir utile.

Et la maîtresse, quand elle pose une question, elle ne connaît pas toujours la réponse.

N.B. : Je redécouvre Mafalda qui a éveillé en moi une certaine philosophie et qui m'a posé des questions qu'aucune maîtresse ne m'avait jamais posées.

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samedi 12 mai 2007

J'aime pas les garçons.


Florence foresti J'aime pas les garçons
Uploaded by misssy

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