mercredi 6 mai 2009

Quota.

labo

Juste pour aujourd'hui :

  • Onze heures de cours: quatre le matin à C., quatre l'après-midi à M., trois en soirée à S.
  • Une déclaration par personnes interposées
  • Trente copies corrigées
  • Quinze minutes perdues avec une collègue qui m'a raconté du vide
  • Un plein de diesel
  • Quinze euros de courses rapides
  • Quelques centaines de sourires
  • Un moment où je me suis dit "je vais mieux"
  • Un coup de fil de ma sœur
  • Cent kilomètres parcourus
  • Vingt cinq livrets scolaires remplis
  • Trois mails envoyés, une vingtaine lus
  • Une dizaine de fiches bilans d'interventions remplies
  • Un conseil de classe inutile avec une vieille grue
  • Dix minutes d'énervement avec la même grue qui s'écoute parler
  • Deux nouvelles personnes rencontrées : Hélène et Didier.
  • Deux fous rires justifiés, merci Michael et Alessandra
  • Deux écoutes de In Rainbow de Radiohead, une vers le Sud, une vers le Nord
  • Une promesse que je découvre non tenue
  • Un barbecue avorté : trop froid et fatiguée
  • Les cinq dernières minutes d'un match de foot
  • Quelques minutes de précieux dialogue neutre avec Neb
  • Un épisode de Dr House devant lequel je me suis endormie

Par contre

  • Pas assez de sommeil, ni grasse mat', ni sieste, même pas le temps de finir mon rêve.
  • Pas de promenade de Lucien (il est sorti, mais pas avec moi, ne contactez pas la SPA)
  • Pas de projets
  • Pas d'envie si ce n'est solitude et repos
  • Pas le temps de manger

Demain, encore quelques heures et je souffle : écriture, rangement, cuisine, jardinage, siestes, balades... Besoin de décomposer le temps.

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vendredi 1 mai 2009

Force centrifuge.

Dans le désordre, éparpillés et de tailles variables.

J'ai à l'intérieur de moi des courses dans les herbes folles qui chatouillent les jambes, le souffle coupé, derrière ma maison de "quand j'étais petite", là où le ruisseau raconte la fraicheur et les promesses. Des baisers épicés sur des plages de Martinique, le temps arrêté, concentré sur ces sensations si fortes. Des ivresses secouées sous les stroboscopes colorés, sourds et inconscients, le corps engourdi. La peau contre ma peau et le plaisir violent d'une nuit unique, à chaque fois. Des couvertures rassurantes au coin d'une cheminée, le temps d'une pause. Le papier qui crisse sous une plume. La rugosité de la main d'un homme dans la mienne.

J'ai à l'intérieur de moi des mots isolés dans des instants : "jamais", "capricieuse", "merci", "je t'aime", "peut-être". Des cloches qui annoncent la sortie de l'école à midi. Des numéros de téléphone, des dates et des adresses, comme des notes de musique. Des échos de voix qui me poursuivent plusieurs minutes après la fin des cours. Des rires, des éclaboussures de mots, des cris. Des violons qui m'ont donné envie de m'y mettre et qui resteront toujours. Des chansons d'enfants, ritournelles entêtantes. La voix de Jeff Buckley, bien avant que l'on récupère son Alléluia pour le diffuser partout en boucle. Les cris de Jim Morrison derrière son corps de lézard. L'émotion de la voix de Thom Yorke, ses peines et sa force. 

J'ai à l'intérieur de moi des clémentines et du pain d'épices pour les longues soirées d'hiver. Les soupes de légumes des dimanches soirs pour se guérir de la tristesse de la semaine à venir. Mais aussi le colombo qui n'est plus pareil depuis 2000, découvert sur les trottoirs chauds de Fort de France. Les bonbons à la violette, et ceux trop acides, mais jamais assez, ceux qui crépitent dans la bouche et qu'on ne trouve plus nulle part. Les fruits, le parfum des fraises, le jus des cerises, l'acidité d'un abricot trop ferme. Le surprenant poisson cru, le gluant des vermicelles de soja, les épices du monde entier. La fraicheur d'un fromage de chèvre trop frais, mangé sur le trottoir d'un marché plein de soleil. Le goût du vin quand on en a déjà trop bu. La saveur du tabac sur les lèvres de celui qu'on embrasse. Les goûts que je ne connais pas encore et tous ceux que je vais encore découvrir.

J'ai à l'intérieur de moi la lumière verticale de la Martinique. Celle horizontale d'un chant de maïs de mon enfance. Les nuits étoilées et froides qui voyaient passer le Saint Nicolas. Les regards de centaines, de milliers de personnes, leurs sourires. Des papillons brillants qui tombent du ciel sur une chanson. Des milliers de photos que mon appareil n'a pas prises et que mon œil a captées. Des cardamines sur un talus lumineux. Des valises qui contiennent des tonnes de paysages. Des endroits que je n'ai jamais vus si ce n'est en rêve.

J'ai à l'intérieur de moi des parfums de lessive imprégnés sur des vêtements. Le Cacharel pour homme. Les huiles de bronzage qui ont toujours eu les mêmes odeurs et qui correspondront toujours à des vacances. L'odeur du crépis trop récemment passé dans cette maison de bord de mer. Le moisi, toujours et encore, comme la pire des odeurs, et sans doute juste derrière, le pipi de chat. Des dimanches matins qui sentent le pain chaud. La lavande, la noix de coco, le thym et la cannelle. La magie, l'alchimie de ces mélanges qui ont la capacité de nous plonger dans des univers pourtant évaporés.

Je suis riche.

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samedi 18 avril 2009

Rémission.

Il y aura eu ces quatre jours en Italie avec ma famille. Cela faisait près de quinze ans que nous n'étions pas partis tous les cinq ensemble. Nous avons profité du week-end pascal pour aller rendre visite à une cousine qui vit à Turin. Cela venait mettre fin à 37 heures de cours étalées sur quatre jours. Épuisée, je suis montée dans la voiture vendredi matin à six heures. Ensuite, ça n'a été que fous rires, festins et joie à partager. Quel bonheur d'évoluer dans cette région que je sais être le berceau de ma famille. Quel plaisir de voir mon père si épanoui, comme un gosse parti en vacances avec sa bande de copains. Quelle satisfaction de comprendre la langue de mes ancêtres, de jouer à deviner les conversations, comme autant d'énigmes informelles.

Il y aura eu cette endurance désormais habituelle à cette période de l'année qui nous impose corrections, remplissages de bulletins et autres livrets scolaires à la pelle. Je ne suis pas encore au bout de la course et je joue cette année des délais, au grand désespoir de la secrétaire qui attend toujours mes fichiers. A la difficulté de ce type d'exercice s'ajoute cette année un cruel manque de motivation et d'anticipation.

Il y aura eu comme chaque année les dernières heures de cours avec les deuxièmes années, ceux qui basculent maintenant sur les périodes de révision. Comme chaque année, il est ridicule de réaliser qu'on se fait plus de soucis qu'eux pour un examen qu'on ne passera pas. Petit pincement au cœur de les voir filer vers d'autres sphères.

Il y aura eu mon couple qui s'effrite tout doucement. Ce matin, je me suis levée à cinq heures et quelques, pour prendre mon temps, et parce que je m'étais couchée tôt. Qu'il est dur de tomber sur celui qui occupe toujours ma vie et surtout ma maison, ivre de fatigue et d'alcool, poussant la porte d'entrée.

Il y aura eu la maladie. Les angoisses de l'attente des résultats. La peur au ventre qui aura gâché certains bons moments. La trouille toujours aujourd'hui de ne pas en être débarrassée. La frustration de ne pas avoir de réponse.

Il y aura samedi le mariage d'un collègue, auquel je suis invitée, seule. Et cette note qui m'est revenue en tête lundi matin et qui m'a expliqué mon appréhension.

Il y aura eu le printemps, parfois saisi par une fenêtre entrouverte, trop vite, parfums entêtants des lilas. On le sent filer, éphémère. Lorsqu'on prendra le temps d'en profiter, il ne sera déjà plus là. J'aimerais que cette douce période dure toute l'année.

fleurs_d_arbres

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dimanche 5 avril 2009

Tulipes forever.

Une maison propre, cuisine impeccable, linge lavé et rangé, juste ma paire de talons qui traine sur la parquet du couloir.  La télévision et à travers elle Harrison Ford marmonnent des choses que je n'écoute pas. Il me reste des documents à classer pour attaquer sereinement cette trop longue semaine pourtant raccourcie par le vendredi férié spécifique à ma région. Je vais boucler près de quarante heures de cours en quatre jours. Journées qui vont souvent s'achever après neuf heures. Il va également falloir corriger au plus vite ces quatre-vingts-dix copies dont les notes sont à enregistrer pour le quinze du mois. Et comme je pars quatre jours en Italie avec ma famille, il faudra terminer ça avant !

Ce programme me convient : il me permet d'écarter les idées sombres, celles qui ne me laissent pas entrevoir un avenir après tant de projets avortés. Sentiment d'échec, de blocage net en pleine course. Envie de me blottir sous ma couette et de ne me réveiller que dans quelques mois, quand la tempête sera passée. Parce qu'elle va passer.

tulipes_roses

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mercredi 1 avril 2009

Un peu de moi ce soir.

J'ai su donner enfin, un peu de moi, un peu de ce poids.
Des points communs avec ce qu'elle dit.
Le chien blanc.
Les heures au lit.
Les talons et les robes.
La volonté de voir des sourires.
De tenir.
De voir arriver demain.
Avoir l'air d'aller plutôt bien.
Faire des listes de trucs qui vont bien.
Essayer au moins.

Tamdamtadoudadidamdam


Berry 'demain'

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Maladie.

" Plus tard, j'appris l'étymologie du mot "maladie".
C'était "mal à dire".
Le malade était celui qui avait du mal à dire quelque chose.
Son corps le disait à sa place sous la forme d'une maladie.
Idée fascinante qui supposait que
si l'on réussissait à dire l'on ne souffrait plus. "

Biographie de la faim, Amélie Nothomb, 2004.


Je suis malade depuis plus de deux semaines. J'ai d'abord eu droit à des crampes intestinales qui ne me permettaient plus de manger normalement. Mon ventre s'était transformé en machine à liquéfier les aliments en quelques minutes. Lorsque j'ai cru que j'allais mieux, j'ai commencé à tousser. Ça s'est soldé par une bronchite qui m'a clouée au lit pendant plusieurs jours : fièvres et courbatures, nez-fontaine et quintes de toux épuisantes qui me laissaient épave. J'ajoute à ces deux semaines pleines de bonheur des réactions cutanées plus surprenantes les unes que les autres : plaques rouges, irritantes et gonflées.

Alors, puisqu'Amélie le dit, j'attends avec impatience de pouvoir formuler tous les mots qui s'étranglent pour le moment dans ma gorge, pour ne plus souffrir. Ici, l'autre jour, un grand pas en avant. C'est déjà ça !

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Herbe tendre.

Nous sommes comme fous. Ses doigts s'enroulent autour des miens. Le souffle court, il m'embrasse pour la troisième fois. La première fois, il me l'avait demandé : "je peux t'embrasser ? ". Nous courons, nous dévalons une pente d'herbe. Nous nous arrêtons encore, mon dos s'appuie contre un grillage. Ses mains glissent sous mes vêtements, naturellement. Je sens la douceur de ses cheveux blonds trop longs sur ma joue. Je sens l'évidence de ce moment, l'importance et l'émotion. Il me regarde dans les yeux quand...

Cinq heures trente. Chanson de merde que beugle mon radio-réveil. Tout était si réel quelques secondes auparavant que je mets un bon moment avant d'identifier la pièce, ma maison. Je me lève et tout semble recouvert d'un voile gris. J'attaque une journée de cours. Et tout au long de la journée, j'ai l'impressiopn de sentir sous mes pieds nus l'herbe tendre.

herbe_fraiche
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lundi 30 mars 2009

Une fille et un garçon.

Tout a commencé par une rencontre virtuelle. Quelques mots apparaissant sur des écrans d'ordinateurs qui semblaient réduire la distance et la différence. Des mots dans lesquels chacun pensait lire un idéal. Ils y voyaient la possibilité de se découvrir sans prendre de risques et en prenant leur temps. Elle avait si peur de refaire les mêmes erreurs qu'elle pensait que cette option la protégerait.

Puis très vite, trop vite sans doute, le bouclier est tombé. Elle a voulu le voir, le toucher, savoir si cette alchimie existerait aussi en vrai, mettre fin à cette comédie des mots creux. Elle a pris sa voiture et est partie le rejoindre, loin là-bas, là-haut, seule. Elle a entendu sa voix pour la première fois, quelques minutes seulement avant de le voir, il lui indiquait le chemin. Puis tout s'est accéléré, il vivait dans une maison en bois, de grandes fenêtres laissaient entrer le soleil, il avait un sourire adorable et tout paraissait si simple à ses côtés. Il travaillait beaucoup mais accordait tout son temps libre à celle qui avait fait l'effort de venir le voir. Elle a voulu y croire et voir comme lui la simplicité, sans calculer. Ce premier séjour là-bas fut comme une parenthèse dorée et quand arriva le temps de rentrer chez elle, elle su qu'elle reviendrait forcément. De retour dans sa région, les mots sur les écrans sont à nouveau venus effacer la distance, mais cette fois-ci, ils étaient concrets et correspondaient à une réalité qu'ils avaient voulue tous les deux. Dès qu'elle le pouvait, elle retournait le voir, loin là-bas, pour des week-ends souvent trop courts et réglés comme du papier à musique, par les horaires de la SNCF.

Le printemps est venu et avec lui la volonté de réduire les distances. Il vint vivre chez elle et choisit d'y rester. Les années qui suivirent furent belles. Les premières furent faciles et accompagnées de décisions rapides car évidentes. Les suivantes un peu moins, car ternes et fades. Avec elles, des déceptions s'installèrent. Cette maudite routine, toujours la même qui s'insinue partout, dans tous les recoins. Puis les efforts qu'ils n'ont plus faits, les envies qu'ils n'avaient plus. Cette impression te,ace de s'être trompé effacée par la volonté d'y croire quand même. Les blessures, les peines, les "vieux dossiers."  Et l'incompréhension, les cris, les dialogues de sourds. Passer l'éponge et reconstruire sur des bases trop fragiles, trop de fois.

Elle a pris la décision au bout de cinq ans de vie commune. Elle a choisi de s'arrêter là. Elle avait trop souffert et savait qu'avec cette décision elle souffrirait encore. Il n'a pas voulu comprendre et écouter. Il a pensé qu'il avait encore le temps, que tout cela n'était qu'un caprice, qu'elle était juste "compliquée". Il pensait que tout cela était acquis : l'appartement, le futur et elle avec. Il n'avait pas vu non plus que son choix de démission un an plus tôt et son inactivité avait ébranlé leur couple. Il pensait que rien n'était grave, que tout était encore possible. Il voulait juste ne pas vivre seul. Et elle ne voulait pas de ce compromis, la solitude n'avait jamais été un problème et même si tout ce qu'elle avait construit devait s'effondrer, elle ne pouvait plus continuer comme ça.

***

Presque un mois a filé depuis ma décision. Nous vivons toujours sous le même toit car nous n'avons pas d'autre solution pour le moment. Il n'a pas de travail et l'appartement nous appartient à tous les deux. C'est sans doute le plus dur : ne pas pouvoir vraiment tourner la page. Nous ne sommes pas fâchés, juste tristes. Nous avons de toute évidence des vies très différentes aujourd'hui. Je me suis sans doute trompée. je crois que je le savais depuis longtemps mais que je ne voulais pas le voir.

J'ai fêté eu trente-et-un ans ce week-end. Je sors d'une bronchite carabinée (d'ailleurs je tousse encore comme une tuberculeuse) et la semaine précédente, je m'étais littéralement liquéfiée de l'intérieur. Je suis épuisée. Je reprends le boulot aujourd'hui après cinq jours de congés que j'ai passés au lit. Je voulais fuir un temps au bout de la France mais ma petite santé et la météo m'ont immobilisée chez moi. J'ai l'impression d'avoir touché le fond. Je me dis que maintenant je vais pouvoir avancer. Et surtout j'ai trouvé les mots pour le dire...

 

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vendredi 27 mars 2009

Image in.

1. Mentionner qui vous a passé la chaîne : Manu

2. Choisir la sixième photo dans son dossier le plus récent.

3. La publier sur son blog

tulipes_jaunes
Un peu de couleur...
***

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lundi 9 mars 2009

Are you such a dreamer ?

Are you such a dreamer
To put the world to rights?
I'll stay home forever
Where two and two always makes a five

I'll lay down the tracks
Sandbag and hide
January has April's showers
And two and two always makes a five

It's the devil's way now
There is no way out
You can SCREAM and you can shout
It is too late now

Because...
You have not been!

Payin' attention
Payin' attention
Payin' attention
Payin' attention
You have not been paying attention

Payin' attention
Payin' attention
Payin' attention
You have not been paying attention

Payin' attention
Payin' attention
Payin' attention
You have not been paying attention

Payin' attention
Payin' attention
Payin' attention oohh

I try to sing along
But I get it all wrong
Cozimnot
Cozimnot

I swat 'em like flies but like flies the buggers keep coming back NOT
But I’m not

All hail to the thief
All hail to the thief

But I'm not
But I'm not
But I'm not
But I'm not

Don't question my authority or put me in the box
Cozimnot
Cozimnot

Oh go and tell the king that the sky is falling in

When it's not
But it's not
But it's not
Maybe not
Maybe not

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