lundi 31 mai 2010

De l'écriture et autres futilités.

Je n'écris plus. J'écris moins. Pas que je n'en ai pas le temps, car depuis début mai, mon emploi du temps s'est considérablement allégé. C'est surtout que je prends plus de recul. Je n'écris plus à chaud. Je laisse le temps filer, puis finalement, souvent, je ne juge pas utile de revenir sur certaines choses.

Il y a six ans, quand j'ai ouvert ce blog, chaque élément de quotidien m'interrogeait : n'y avait-il pas matière à écrire ? Aujourd'hui, la question se pose moins souvent. Elle reste en suspens. Puis j'écris ailleurs, comme je l'ai déjà dit souvent. Dans ce petit carnet aux pages jaunies. Dans la marge de certains documents. Sur des feuilles volantes.

Je dessine aussi beaucoup. Je ne sais pas d'où cela a bien pu me venir, mais je me plais à griffonner depuis quelques semaines sur des feuilles, des visages (ceux que j'ai en face de moi le plus souvent), des perspectives, des objets... Gamine, j'adorais dessiner en toutes circonstances, mes cahiers de cours étaient les supports parfaits. Je voulais devenir styliste. Je suis devenue enseignante et j'ai cessé de dessiner.

J'aimerais reprendre ici mes mots avec plus de régularité. J'atteins bientôt les mille messages et je ne voudrais pas voir ce "lieu" à l'abandon. Lui qui m'a tant de fois laissée dans le doute me procure pourtant beaucoup de satisfaction. Alors attendez-vous au retour de Diane !

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trousse

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samedi 1 mai 2010

La photo de Thomas K.

miroir

Un grand bonhomme tout de noir vêtu au milieu d'une salle d'un blanc impressionnant. Il nous parle de peinture et de photographie. Je suis en sortie avec mes élèves dans une expo d'art contemporain. Les photos suspendues aux murs laissent mes étudiants songeurs. Intimidés par ce lieu qui ne leur est pas familier, ils osent vaguement quelques questions. Le grand monsieur en noir leur explique que la photo est un instant. Qu'elle prend de l'importance pour celui qui la voit, même si elle est mal cadrée, même si la technique a totalement échappé à celui qui l'a capturée. Elle peut devenir aux yeux de certains une richesse, même si pour d'autres, elle n'évoquera absolument rien. Et je repense à toutes ces photos jaunies et cornées qui s'empilent au fond de boites à chaussures...

Et une en particulier me revient. J'ai quinze ans. Je suis amoureuse. Pour la première fois, je crois bien. C'est quelque chose qui me ronge, qui m'obsède, qui me torture. Je ne peux plus penser à autre chose, plus rien ne m'intéresse. Je ne travaille plus en classe, je ne communique plus avec ma famille, mes amis ne me reconnaissent plus. Le jeune homme en question est blond, il a de longs cheveux, c'est un ange. Je l'ai rencontré quelques semaines auparavant alors que j'étais partie au bout de la France avec ma meilleure amie et ses parents. Pendant les vacances de Pâques, nous avions pris la route. Le beau temps n'était pas au rendez-vous et nous étions arrivés dans une station balnéaire déserte. Tout pourtant laissait imaginer l'effervescence de l'été. Elle et moi, sur des bicyclettes rouillées avons fait le tour de cette petite ville aux centaines de maisons identiques et abandonnées par des vacanciers qui ne reviendraient les occuper qu'avec l'apparition des belles journées.

Puis, dans ce contexte si particulier arrive l'ange. Il est grand, ses yeux sont rieurs, il a le même âge que moi, vit dans la même région, est en vacances avec ses parents et est le cousin de ma meilleure amie. Je suis immédiatement perdue, possédée par un sentiment dont j'ignore tout. Il ne semble pourtant pas me voir un instant. Il me paraît beaucoup plus âgé, plus responsable et sure de lui que moi. Je me souviens en particulier de cette soirée passée sur une plage déserte et froide. Il est tout prêt de moi et je bois ses paroles. Sa voix est douce et sa main touche la mienne. Nous sommes quatre assis à même le sable. Nous discutons, de tout, de rien, nous observant et nous jaugeant. Le temps passe trop vite. La semaine touche à sa fin. Il nous faut déjà repartir vers le Nord, avec l'idée impossible de retourner en cours.

Les jours passent. Je ne pense qu'à lui, je saoule mes amies de paroles creuses et futiles. J'écris son nom partout. Ma meilleure amie me dit qu'il est possible de le voir dans la matinée, tôt, alors que notre bus nous dépose devant le lycée. Elle connaît son trajet, lui qui se rend dans le lycée situé à l'autre bout de la ville. Nous l'attendons alors sur les marches froides d'un escalier, l'air de rien. Je ne sais plus s'il passe le premier jour, mais très rapidement ce rendez-vous devient incontournable : toute ma journée semble concentrée dans ces quelques minutes où j'ai l'occasion de le voir et de parler avec lui. Je pense qu'alors je devais lui paraitre complètement niaise, mon sourire naïf et mes yeux plein de petites fleurs bleues. J'aimerais revoir une de ces matinées...

Un jour, ma meilleure amie eut la bonne idée d'immortaliser un de ces instants. Elle a pris une photo avec un appareil gadget que son père lui avait ramené d'une foire. Quelques jours plus tard, elle me remettait le précieux cliché, mal cadré, flou et dont les couleurs paraissaient déjà jaunies. Et pire que tout, il n'y avait sur cette image que la moitié de son visage qui apparaissait. J'ai regardé cette photo jusqu'à l'user. Elle a trainé dans mes affaires des mois durant, je l'avais toujours sur moi. Elle s'est vite froissée, cornée. On y voyait les fameuses marches de l'escalier, la devanture d'une boutique, moi et lui, à demi. Des murs. J'aurais donné alors n'importe quoi pour la recarder et y voir l'intégralité de son sourire.

Puis un matin, sous un grand soleil, je lui ai demandé si quelque chose pouvait se passer entre nous deux. Je ne sais pas comment j'ai posé la question. Sans doute très maladroitement. Il m'a souri, il m'a dit non. Et je m'en suis retournée, honteuse et pleine de chagrin. Je n'avais pourtant rien fait pour qu'il puisse en être autrement. J'étais insignifiante, banale, effacée.

Cette passion m'a dévorée pendant quelques mois. J'en étais au point d'avoir cherché le numéro de ses parents dans l'annuaire et de laisser parfois sonner son téléphone jusqu'à entendre sa voix. Un matin de juin, ce fut le drame : je l'ai vu devant mon propre lycée avec une brune aux boucles soyeuses qui ce jour là portait des collants verts. J'ai vite su son nom, comme j'avais réussi à savoir celui de sa sœur, de ses parents, son adresse, sa classe et tout le reste. L'été a passé. Il était toujours présent pour moi, mais je me suis faite à l'idée que jamais rien ne pourrait m'aider.

A y repenser aujourd'hui, rien ne nous liait, nous n'avions que peu parlé et si peu en commun. Il ne se souvenait peut-être même pas de mon nom. Je ne sais pas ce qu'est devenue cette photo. Petit morceau de papier qui immortalise une fraction de seconde.

Après cette expo, le souvenir m'étant passé par la tête, j'ai recherché son nom sur le net. Je l'ai trouvé. Il a coupé ses cheveux. Il est photographe.

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jeudi 15 avril 2010

Mélancolie aigre douce.

Je cumule. Y’a des semaines comme ça. Celles où tout vous file entre les doigts et où les objets qui paraissent animés d’une intelligence malsaine semblent déterminés à vous gâcher la vie.

J’ai rayé l’écran de mon appareil photo, j’ai cassé ma machine à pain, j’ai le phare droit de ma voiture qu’est fusillé, j’ai pris trois éclats sur le pare-brise rien que cette semaine, dont un qui part en étoile et qui semble déjà « plus gros qu’une pièce de deux euros », parait que j’ai une fuite sur le balcon et ma voisine se plaint de problèmes d’infiltration, mon PC plante en permanence, mon téléphone portable se coupe quand bon lui semble, en particulier quand je suis en ligne.

J’ai pris cinq kilos cet hiver. Je mange des raviolis en boîte et je me goinfre de chocolats de Pâques sous prétexte que faut bien les finir. Je me fâche avec les gens, en particulier ceux qui seraient en mesure d’assurer la pérennité de mon poste l’an prochain. Je suis débordée par des copies, des bulletins, des livrets scolaires, des rapports à corriger… Je traine. Putain de procrastination. Je me retrouve à travailler dans l’urgence et à rendre des éléments en retard.

Et pire que tout. J’ai repris la clope. J’avais arrêté en octobre 2002, après un accident de voiture. J’avais eu peur et on m’avait dit que j’avais eu beaucoup de chance. Je pensais alors que c’était dommage de gâcher cette chance qui m’était donnée avec la cigarette qui me dégoutait profondément. J’ai arrêté très facilement, l’aversion et l’inquiétude aidant. Je pensais être à l’abri car plus de sept années avaient filé. Puis je ne sais pas ce qui s’est passé. Je n’ai pas réfléchi. Tout a commencé par quelques bouffées tirées sur la cigarette d’une autre pendant des soirées un peu arrosées, puis par une cigarette taxée avec interdiction de l’allumer moi-même. Puis en début de semaine, j’ai acheté un paquet. Comme un zombie, je me suis rendue dans le bureau de tabac le plus proche. Je me regardais faire de l’extérieur, comme si ce n’était pas vraiment moi qui faisais ça. J’ai été étonnée du prix qu’on m’a annoncé mais j’ai payé. Personne n’aurait pu m’en empêcher : c’est une histoire entre moi et cette autre que pensais endormie et qui s’est réveillée. Tout est revenu très vite : la cigarette qu’on fume le matin au réveil, celle si douce qui vient clore un repas, ou encore celle que l’on fume au volant de sa voiture. Accompagné d’un plaisir parfois, mais aussi très souvent d’un écœurement rapide. Je voudrais croire que je vais arrêter très vite, que ce n’est, une fois de plus qu’une mauvaise chute. Je ne sais pas. J’ai honte de moi. Vraiment. Pas même par rapport aux autres, mais pour moi-même. J’avais écrasé un démon qui revient.

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vendredi 26 mars 2010

Tempête.

Ce matin, encore un soleil timide puis il a pris la fuite. Normal, voilà le week-end. On aurait pu en profiter. Il a fait beau toute la semaine et... Depuis quelques heures, c'est le déluge, vent et pluie. Moi, ici, toujours enfermée dans une salle de cours à surveiller des étudiants épuisés par une semaine d'examens blancs, je subis une tempête intérieure.

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Je ne suis pas susceptible, il n'y a pas grand chose qui puisse me froisser. Mais quand on touche à ma façon de travailler, je deviens une lionne. Et là, j'enrage depuis hier soir. Voilà quelques semaines que la tension était palpable dans un des centres où j'interviens. Le seul où les gens ont pris pour habitude de s'aboyer dessus, plutôt que de communiquer poliment. Puis il y avait également tous ces petits dysfonctionnements : plus de photocopieuse, changements d'emploi du temps dont on m'informe le matin même, retours des élèves déçus, heures de cours non payées... Alors, au bout de trois mois de ce régime, je prends ma plume virtuelle pour en faire part à la directrice (que je ne vois jamais car mes heures ne sont de toute évidence pas les siennes). Je m'applique dans les tournures de phrase et dans la diplomatie... Je sais qu'il ne doit pas être facile de recevoir ce type de message, et qu'en plus, je n'étais sans doute pas la première à manifester mon mécontentement. En gros, je lui mettais son museau dans le caca, mais en douceur. Je m'attendais à ce qu'elle me rassure quant au délai et à une amélioration à venir. Et celle-ci, vexée sans doute par mes remarques, m'a renvoyé hier soir un mail dans lequel elle remettait en question mon implication et se servait de cet élément pour expliquer tous les désagréments rencontrés. La formule était savante : "On s'est toujours adapté. Pour cela il faut de l'implication ce que je ne ressens pas forcément chez toi ces derniers temps." Une colère liquide m'a envahie. Celle qui fait des vagues. Celle qui ne supporte pas la goutte de trop. Et depuis, comme un acide, elle me ronge. J'ai besoin de mettre des mots dessus, de rabattre son caquet à l'incompétente. Sa mauvaise foi me dégoutte. Et je vais le lui faire savoir...

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vendredi 19 mars 2010

Tomber est permis, se relever est ordonné.

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Une fin de semaine. Encore de longues heures de surveillance devant moi et je file chez le Pooh. Nous nous rendons ce soir au concert de Gérald. Comme un vieil ami que l'on retrouve. Elle est fan depuis des années, depuis le début. Et je la suis, à chaque fois, avec le même plaisir. Puis je la vois si peu que chaque moment passé avec elle est précieux.  Je pense à sa vie qui a tant changé les dernières années. Elle vit maintenant avec ce grand gaillard si gentil, ils ont acheté une maison, ils ont un chien et un chat, ils voudraient un enfant, mais la nature leur complique un peu la tâche. Ce soir, il sera forcément doux de passer ce moment avec elle.

Et puis des nouvelles de cette truffe de Nam malheureusement. J'avais perdu mon portable pendant deux jours, il s'était faufilé sous le siège de ma voiture. Lorsque je l'ai retrouvé hier soir, il y a avait plusieurs messages de lui : "il faut qu'on parle", "je te rappellerai"... Je ne comprends pas. Pour ma part, les ponts sont coupés depuis son retour calamiteux début janvier. Tout avait été si décevant, j'en étais arrivée à le trouver insupportable, arrogant et torturé (les trois étant liés). Après lui avoir clairement expliqué mon point de vue sur la situation, j'avais simplement mis fin à tout échange avec lui et je pensais que les choses étaient ainsi suffisamment explicites, que tout avait été dit. Il y avait eu si peu entre nous qu'il n'y avait rien à regretter, bien au contraire... Mais il insiste. Je ne donne pas suite. Rien de plus à dire. Je suis cependant obligée de le voir dans un contexte bien différent (celui où je l'ai rencontré) et ce qu'il peut y proposer est de plus en plus navrant. Est-ce un moyen pour lui de me faire réagir ?

Le contexte en question : le théâtre d'impro. Depuis septembre, je suis à la tête d'une association. Nous sommes une petite vingtaine et les choses prennent forme tout doucement. Il est tellement gratifiant d'en être arrivée là. Lundi soir, nous avons fait nos premiers pas devant un public. Tout le monde a été excellent. J'étais si fière d'eux ! Mais au milieu de ce tableau, il fallait une touche sombre : ce fut Nam.  Je n'arrive pas à savoir pourquoi, mais il a fait n'importe quoi ! Aucune écoute, aucun respect des règles, froid, distant, agressif. Ensuite, nous sommes tous allés célébrer notre réussite autour d'un bon repas, et lui en a profité pour boire plus que de raison (il lui en faut si peu d'ailleurs). Il est parti avec une tête de chien battu que personne n'a comprise.  Je ne pensais pas avoir encore l'occasion de développer autour de ce sujet, mais je suis abasourdie par tant de bêtise et de puérilité !

Mais tout cela ne parvient pas à me pourrir la vie, plus cette fois. Je suis forte et je garde mon énergie. Il ne me fera pas plier. Le rhume qui m'a plongée trois jours en apnée non plus. L'absence de Lu et le silence de Neb à ce sujet : je n'y pense pas. Les factures que j'ai du mal à payer  : et alors ? Pas même ces tas de copies qui s'amoncellent sur mon bureau !

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jeudi 18 mars 2010

La terrasse des saisons.

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Le printemps.

Le premier jour, ils se sont assis, à cette table de fer forgé, trop petite, dans la fraîcheur d'une matinée de mars. Deux cafés refroidissent entre eux deux, laissant s'échapper des volutes de chaleur. Elle est lumineuse et se laisse envahir par un sourire permanent qui la dépasse. Il est charmant et charmeur, ses yeux pétillent et ne peuvent se détacher du sourire qui lui est offert. Leurs regards se croisent, encore timides mais pleins de promesses. Ils se sont rencontrés la semaine précédente chez des amis communs. Il n'a pas l'habitude de faire ça, mais il lui a glissé son numéro de téléphone au moment de partir. Cliché, mais il ne voulait pas laisser passer sa chance. Il avait été ébloui par sa bonne humeur et sa simplicité. Elle avait hésité trois jours avant de le rappeler. Hésité n'est pas le mot juste, elle avait résisté. Car elle aussi s'était tout de suite sentie bien avec lui. Ce jour là, attablés dans l'insouciance et la timidité, ils comprennent tous les deux, pour des raisons différentes, que quelque chose de fort peut naître. Il est fasciné par sa bouche. Il ne voit que ça. Elle fait de longues phrases dont les sonorités lui plaisent, mais dont il n'écoute pas vraiment le sens. Il la fixe en souriant et apprécie ses minauderies. Elle s'allume une cigarette, inspire une longue bouffée et bascule sa tête en arrière. Puis elle tourne vers elle le bout incandescent pour vérifier s'il est bien allumé. Il aime tant ça. Son envie de la toucher lui ronge le ventre. Il aperçoit d'ailleurs la naissance de ses seins dans l'entrebâillement de son cache-cœur et ça le rend fou. De son côté, elle parle, consciente que ses paroles sont inconsistantes, mais elle cherche à meubler ce silence qui la gêne. Elle semble débordée par toute cette angoisse et en même temps, elle se sent légère et belle. C'est à son regard qu'elle le sait. Ses yeux la caressent. De longues minutes filent ainsi. Ils doivent se rendre sur leurs lieux de travail et le temps les obligent à se quitter. Les bises qu'ils se font avant de partir disent qu'ils vont forcément se revoir.

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pavot

L'été.

Les premières semaines passent, ils se retrouvent à la même table en fer forgée, celle qui donne sur les quais, celle qu'ils considèrent  désormais comme la leur. Bien sur, ils se sont revus. Le soir même de ce jour de mars. Ils ne pouvaient pas attendre plus. Ils avaient mangé ensemble, il l'avait raccompagnée chez elle. La suite était logique. C'était il y a trois mois. Depuis, ils ne se quittent plus. Et ce  soir de juin, sur l'une des journées les plus longues de l'année, dans la chaleur persistante, leurs mains s'enlacent, leurs bouches ont du mal à se quitter. Ils ne voient pas le temps qui passe. Ils prennent des risques. Ils disent vouloir prendre leur temps, mais grillent toutes les étapes, poussés par l'envie, le bonheur d'être ensemble. Ce soir là, dans les dernières lueurs du jour, il lui dit "je t'aime" alors qu'elle boit la dernière gorgée de son panaché.  Deux jours plus tard, ils décident de vivre ensemble et cette idée leur emplit le cœur d'une joie folle.

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L'automne

Les premiers mois ont filé si vite. Ils sont partis en vacances ensemble, dans le Sud de la France. C'était parfait. Ils se sont installés dès leur retour dans un charmant petit appartement qu'elle a choisi pour son cachet. Il aurait préféré cet appartement proche de son bureau mais il a fini par céder. Elle en a soigné la déco et les couleurs et se bat pour que monsieur veuille bien ranger ses affaires. Elle a aujourd'hui rendez-vous avec lui à leur table de fer forgé. Une fin d'après-midi d'octobre, les gens flânent encore dans les rues et dans cette lumière orange, certains courageux tentent même les dernières terrasses. Il lui a dit qu'il la rejoindrait en sortant du bureau. Elle est déjà assise là depuis de longues minutes et réchauffe ses mains autour de sa tasse de thé. Bien sur, il est en retard. Ils vont probablement rater le début du film qu'ils avaient prévu de voir. C'est ce film merveilleux dont son amie lui a parlé. Il n'a pas très envie d'aller le voir, mais il le fait pour lui faire plaisir. Lorsqu'elle le voit arriver au bout de la rue, trainant ses pieds dans les feuilles mortes, elle lève à peine les yeux. Il arrive vers elle et lui dépose une bise sur la bouche. Il s'installe à sa place habituelle et sort son téléphone sur lequel il tapote, sans dire un mot. Bien entendu, ça l'agace. Elle regarde ses ongles rongés aller et venir sur le petit clavier. Elle lui parle du cinéma et il hoche à peine la tête. Elle dit dans un souffle, comme pour elle-même, que c'est sans doute la dernière fois qu'ils pourront occuper cette table. Il lève les yeux et dans une étincelle lui dit "cette année, oui, surement...". Elle sourit.

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poudreuse

L'hiver

Quelques années ont passé. Un jour de décembre, dans une lumière éteinte, on la voit apparaître sur le seuil du café. Elle a des larmes dans les yeux. Elle allume sa cigarette et balance sa tête en arrière. Lui arrive juste derrière elle. Ses yeux sont fatigués. Il met ses gants, sort de sa poche son trousseau de clés, en détache deux et les lui tend. Sans lever les yeux, elle les prend et les fourre dans sa poche. Il part à droite après lui avoir déposé deux bises sur les joues. Elle part à gauche après avoir écrasé sa cigarette et essuyé ses yeux. Contre le mur du café est pliée la petite table en fer forgé.

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lundi 15 mars 2010

De surveillance.

copies

Depuis la rentrée, comme il m'a supprimé de nombreuses heures de cours, mon employeur juge sympathique et généreux de me confier la surveillance des examens blancs (payée demi-tarif hein, parce que faut pas abuser non plus). Alors, sur chaque session, je me colle des heures durant dans ces grandes salles silencieuses et je guette. Au début, j'avais sérieusement l'impression d'y perdre mon temps, mais au final, je parviens à trouver cela très intéressant.

Bien entendu, ça me permet de faire tout ce que je ne prends que rarement le temps de faire, ou ce que je fais d'habitude trop vite. Corriger des copies, répondre à mon courrier, renvoyer des mails, finir ce livre posé sur ma table de nuit depuis de longues semaines... Tout cela d'un seul œil, l'autre étant rivé en permanence sur les tricheurs potentiels.

Mais c'est également un spectacle fascinant : observer ces élèves qui sont les miens en pleine concentration. Eux d'habitude si volatils et nonchalants, qu'il est satisfaisant de les voir en pleine recherche de performance. On en verrait presque la fumée s'échapper de leur oreilles, ça tourne à plein régime.

J'aime les voir arriver tôt le matin et installer sur leur table leurs petites bouteilles d'eau, leurs briques de jus de fruit, leur sgâteaux secs et autres barres chocolatées. Et au milieu de tous ces éléments soigneusement alignés, ils semblent également déballer toute leur bonne volonté, comme une concentration d'ingrédients pour réussir. Puis il y a ceux pour qui tout cela ne suffit pas et qui vont y ajouter une touche de chance ou de superstition : petits grigris, peluches installées à côté d'une trousse et dont le regard en plastique veillera sur des heures de travail.

On leur rappelle les règles incontournables : pas de portable, pas de coup d'œil furtif sur la copie du voisin, pas d'échange quel qu'il soit . Il y en a toujours un pour demander à partir de quelle heure ils pourront sortir. Puis, la machine est lancée avec le cérémonial de  l'enveloppe de kraft décachetée. Distribution des sujets.

Pendant les minutes qui suivent, c'est la découverte : les fronts lourds se penchent sur des énoncés qui semblent pondus pour les torturer. Les sourcils se froncent, les ongles sont rongés frénétiquement, les mains se frottent et les jambes semblent agitées de spasmes. Les premiers stylos commencent à gratter. On chiffonne un brouillon par ici, on barbouille du typex par là, on rature sauvagement au dernier rang.

Les heures passent. Chacun est sur sa lancée, dans son monde de réflexion, échafaudant mentalement la structure de son devoir, perdu dans ses pensées. On commence à bailler, à s'étirer, les paupières se font lourdes et la concentration fout le camp. Certains s'accordent une pause, grignotant un biscuit, rêvassant un instant, le regard perdu dans le vide, d'autres piquent même du nez. Je n'interviens pas, ils doivent gérer leur temps. Et j'avoue que ce spectacle me plait. Parfois, je vois dans cette réflexion intense apparaître leurs visages d'enfants : celui qui va mâchouiller son stylo, celui qui va tirer la langue en s'appliquant, l'autre qui enroule autour de ses doigt une mèche de cheveux, inlassablement...

Puis vient le moment où les premières copies sont rendues. Certains qui ont fini depuis un moment, déjà remballé toutes leurs affaires, attendent l'heure autorisée de sortie, les bras croisés. Ils s'échappent dès que c'est possible. Le premier suscite toujours un regard des autres, à la fois admiratif ( "il a déjà fini, mais comment a-t-il fait ?") et soupçonneux ("s'il sort déjà, c'est qu'il a rien capté au sujet !" ). Progressivement, la salle se vide. Les derniers regardent leur montre et semblent paniqués par le temps qui passe. Puis vient le fatal "posez vos stylos, c'est l'heure !". La salle se vide, on les entend faire des commentaires en sortant, échanger sur ce que chacun a pu faire.

Finalement, j'aime ces moments : c'est une telle rupture dans ce que j'ai l'habitude de faire. Il y a quelque chose de doux à les observer ainsi...

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mardi 9 mars 2010

Tous les matins du monde.

Avoir un peu de temps devant soi. Je redécouvre ça ce matin. Après les courses folles des derniers temps, j'ai su prendre mon temps : regarder les gens sur les trottoirs, m'arrêter dans cette boulangerie pour y prendre un croissant aux amandes, souffler sur mon thé trop chaud avant mes premières heures de cours. J'avais juste oublié que c'est facile.

Puis qu'il est rassurant aussi le soir de quitter son lieu de travail dans la lumière du jour qui s'échappe ! A la fin du mois, je fêterai mes trente deux ans avec du soleil en plus tous les soirs : le début de la belle saison comme cadeau d'anniversaire ! Je me contente d'éléments simples pour me dire que tout va aller mieux. J'ai trébuché, mais ça va aller, je n'ai pas perdu la face. Je sais que je suis plus forte que ça, que ma confiance n'est pas si loin. Je m'impatiente de voir arriver la douceur du printemps

Lucien mon bon chien n'est plus là depuis des semaines : garde alternée, il est avec Neb. Celui-ci m'assure qu'il va me le ramener bientôt. Il me manque : sa présence câline, les longues balades avec lui, ... Neb aussi me manque parfois. Voilà presque un an que nous sommes séparés. Il y a eu la tempête, les mots trop forts qu'on ne voulait pas prononcer, les nuits blanches, les larmes, les cris. Puis il y a eu le calme, le silence imposé. Aujourd'hui, il vit chez ses parents. Il n'y avait pas d'autres solutions alors il a rejoint ses alpages. Nos relations semblent être devenues plus saines, plus faciles, même si tout ce que nous avons vécu et raté ne peut pas s'effacer d'un revers de manche. Je pense souvent à notre vie commune, à nos moments de quotidien partagé. Certains éléments ont été gommés. de ma mémoire. Je vis maintenant seule et j'aime ça. Je ne me vois pas repartager un jour autant. C'est sans doute ce qui nous a gâché la vie : cette intimité qu'il n'est pas naturel de faire subir à l'autre, plus de séduction, plus de passion, plus d'envies, plus de défi. Tout est acquis ! Puis pour nous en plus, tous les problèmes qui se sont greffés par-dessus...

Je me demande souvent comment j'aurais fait pour relever la tête s'il n'y avait pas eu les médicaments. Je sais que tout ne venait pas de cet échec avec Neb, qu'il y a eu d'autres facteurs. Je ne sais pas ce que j'aurais du faire pour que ça se passe autrement. Énigme.

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mardi 2 mars 2010

Un peu de légerté.

Soulagée depuis ce matin. Une décision difficile à prendre mais le mail est parti. Il fallait que j’allège un peu ma vie. J’étais devenue une espèce de robot qui aligne les heures de cours, plus de temps pour manger, à peine le temps de dormir. Et a trop vouloir en faire, je faisais mal. Incapable de respecter des délais et des contenus. Pourtant, je travaillais en continu. Plus de temps pour moi. Peu de temps pour mes proches. Et cette impression cruelle que dès que je déconnectais un peu de tout ça, je n'étais plus à ma place. Mauvaise conscience. Alors ce matin, après m’être fait remonter les bretelles, j’ai envoyé un message à l’une de mes responsables et j’ai mis fin à notre collaboration. J’étais de toute façon incapable de répondre à ses exigences. J’espère que cette décision me permettra de reprendre pied et d’avoir un peu plus de temps pour moi…

C’est ce week-end qu’elle a muri en moi. Voilà quatre mois que je préparais ça : les trente ans de ma sœur. En octobre, l’idée avait germé. Une surprise avec ses amis, ses proches. Il a fallu contacter tout le monde, et attendre patiemment des réponses qui parfois ont tardé. Il a fallu louer une salle, choisir un menu, des animations, des éléments de décor. Surtout, il a fallu faire diversion et multiplier les petits et les gros secrets durant des semaines. Le week-end dernier, pour noyer le poisson, sa meilleure amie et moi l’avons embarquée au bout de la France, dans la baie de Somme. Elle ne savait pas où elle allait et a adoré, trois jours durant, aller de surprises en surprises : balade sur la plage, tour en vélo, petits bonheurs, plateau de fruits de mer, invité de dernière minute, virée à Paris au retour, Sacré Cœur et coucher de soleil, puis Spectacle du Roi lion pour clore le bal ! Après ça, elle ne se doutait pas une seconde de la chouille d’enfer qui l’attendait huit jours plus tard ! Nous l’avons kidnappée samedi soir et trainée les yeux bandés à l’autre bout du département où elle a poussé des cris devant plus de trente de ses amis les plus proches. La soirée a été pleine de tendresse et d’émotion. Beaucoup de joie et de simplicité. Une belle salle aux couleurs printanières et un excellent repas. Du bonheur, si ce n’est les remarques déplacées et les exigences de certains invités qui se croyaient au resto. Heureusement, je suis la seule à les avoir entendues. Puis au milieu de toute cette effervescence, ma mauvaise conscience (celle qui me titille dès que je ne suis pas en train de travailler) s’est évaporée. Et j’ai su profiter pleinement des instants passés avec mes proches, mes parents, ma sœur et mon frère. Ce fut si doux. Et hier soir, alors que je retrouvais mon appartement, je me suis dit que tout cela ne pouvait plus durer, que rien ne justifiait que je sacrifie ainsi ma santé, mon moral, mes amis, ma famille : tout cela ne doit plus être secondaire et ça fait pourtant des mois que je les range dans la colonne « plus tard ». Je veux retrouver l’insouciance et la simplicité de ce début d’année scolaire. Lorsque j’avais encore du temps. Depuis que le mail est parti, je me sens plus légère. Et je dirais même que les douleurs aux cervicales que je traine depuis des semaines semblent s’atténuer.

Ce matin, grand soleil et douceur de l’air. Je suis sortie sans ma veste. J’ai aimé sentir la chaleur sur mes joues et le vent frais dans mes cheveux. J'aurais aimé m'arrêter là sur le trottoir, pour prendre le temps de savourer ce moment. J’ai repensé à des détails de la soirée. Au sourire de ma sœur, ses larmes de joie, tous nos amis, notre famille. J’ai également repensé au mains de R. sur ma peau. Que dire de lui. Voilà plus de sept ans que nous gravitons l’un autour de l’autre. Quelques mois avant de rencontrer Neb, il y avait encore eu des doutes, des possibilités, de la tendresse, des interrogations entre nous. Il y en a toujours eu. Puis samedi soir, dès mon arrivée, j'ai remarqué ses regards soutenus. Il y a eu toutes ses petits remarques, ses sous-entendus. Il y a eu ses mains sur mes épaules, longuement, ses doigts qui ont glissé dans mes cheveux. J'ai essayé de m'en éloigner, car il avait bu, qu'il est installé depuis peu avec une charmante demoiselle (absente ce soir là) et qu'il aurait été plus que facile de profiter de la situation. Mais j'ai tellement apprécié sa tendresse, toujours les mêmes gestes, ceux d'autrefois, ceux qu'il faits spontanément. Au moment de se coucher, il a attrapé mon bras et m'a attirée vers lui. Nous avons dormi côté à côte, il a fait glissé ses mains sur mes joues, sur mes cheveux, ses doigts sur ma bouche et nous nous sommes endormis longtemps après, main dans la main. Au réveil, il était toujours aussi tendre, et j'étais gênée de son attitude par rapport à nos proches qui étaient toujours là. Depuis, j'ai cru comprendre qu'il ne se souvenait pas de tout, j'ai donc bien fait de ne pas céder à ses avances. De toute façon, il est presque un frère pour ma sœur (donc pour moi aussi, indirectement) et il y a toujours eu ça entre nous, comme une barrière, une impossibilité. Je retiens de cela que j'ai aimé cette sensualité simple, presque enfantine, qui n'attendait pas plus. Je suis un peu perdue par rapport à mes attentes sentimentales. je veux croire qu'il n'y en a pas, que je suis tellement bien seule. Mais je réalise que la tendresse et les gestes d'attention, lorsqu'ils se produisent peuvent provoquer des vagues en moi. Je voudrais de la simplicité, sans l'attachement...

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jeudi 4 février 2010

Quid novi sub sole ?

Des jours plus difficiles. J'ai trébuché. On appelle ça "rechute". Mon médecin avait voulu réduire les doses. J'étais confiante. J'avais presque fini par croire que cette force en moi ne pouvait venir que de moi. Mais non, une feinte de la part des médicaments. C'est venu vite. D'abord, du mal à se lever le matin. Des envies qui se font plus timides : aller travailler, se faire à manger, sortir voir du monde...

Puis l'autre soir, après l'atelier théâtre, comme tous les lundis soirs, nous nous sommes retrouvés autour d'une table. En fin de repas, alors que nous parlons de l'amour avec un grand A, Christophe me dit qu'il me souhaite "bonheur et douceur". Je rétorque comme à chaque fois, convaincue, que je suis heureuse comme ça. Plus tard, je monte dans ma voiture pour le trajet retour. Je me sens fatiguée, lassée. En roulant, sans réfléchir, je sens cette vague qui gronde en moi. Je ne veux pas pourtant, mais je sais que je ne peux rien y faire. Les mots de Christophe résonnent. Puis elles arrivent, douloureuses et rassurantes à la fois, les larmes qui n'avaient pas coulé depuis des mois. Ça a duré toute la soirée et je me suis endormie avec des sanglots dans la gorge. Le matin au réveil, elles étaient toujours là, plus sournoises, lancinantes.

J'ai filé chez le médecin. Il m'assure que c'est une erreur de sa part, qu'il était sans doute trop tôt, que les failles étaient encore là. Il dit que ce n'est pas un signe de dépendance, simplement la preuve que la dépression était sérieuse et que les médicaments sont efficaces. J'ai besoin de temps pour me reconstruire. Je me sentais pourtant si bien. Alors je suis repartie pour trois mois de traitement comme au début.

Je me sens seule. Il y a encore quelques semaines, quelques jours à peine, je trouvais cette solitude douce et tellement confortable. Puis là, une présence me manque, je suis prise de panique parfois. Je ne parviens pas bien à gérer le temps lorsque je suis chez moi toute seule. Je retrouve les angoisses de cet été que je pensais disparues à jamais. J'ai du mal à me mettre au travail, j'ai l'impression d'être toujours débordée.

Côté Nam, silence radio. Enfin, j'ai réussi à me débarrasser de cette histoire. Il y avait quelque chose de plaisant à l'idée de séduire mais je savais depuis le début qu'il ne pourrait rien y avoir entre nous. Il a fait "ses preuves" en rentrant de son voyage au bout du monde. Il s'est montré plus odieux que jamais (et pourtant, il avait déjà été bien lourd). J'ai senti la distance se creuser entre nous, j'ai compris que je ne voulais vraiment rien attendre de lui. Je l'ai écouté parlé seul, j'ai pris conscience de la dimension de son égo. J'ai observé patiemment tous ses défauts qui en sont devenus très vite insupportables (sa façon de claquer ses talons au sol, de manger la bouche ouverte, ses ronflements, ses trous de mémoire pour tout ce qui ne le concerne pas, son air blasé...). Il a insisté pour que je ne sois pas sévère avec lui, pour que je lui laisse des chances. Nous avons cumulé des soirées durant lesquelles je n'ai pu qu'affronter l'évidence : un boulet ! Il a fini par me dire que sa séparation était la décision de son ex' et qu'en prime celle-ci était enceinte (ça je l'ai su plus tôt). J'ai fini par lui envoyer un mail pour qu'il ait sous les yeux les mots qu'il ne voulait pas entendre : je ne souhaite plus le voir et maintenant, il sait exactement pourquoi.

Je ne vois pas grand chose devant (là aussi un point commun avec mon état d'esprit estival). Un voyage de quatre jour à l'autre bout de la France, du travail, des échéances sur les quelques projets en cours. Le printemps aussi. Et je gobe tous les soirs ma petite pilule en espérant que mes repères se redessinent.

Mousse_et_glace

Posté par Diane Groseille à 09:39 - - Commentaires [11] - Permalien [#]