vendredi 23 décembre 2011

Réveil.

Diane peut se réveiller alors que je suis épuisée. Je mets fin dans moins d'une heure à quatre mois de travail intense. En moyenne 32 heures de cours par semaine, je vous laisse imaginer le travail que cela représente. Je suis debout tous les matins avant 6 heures et je rentre le soir en laissant mon cerveau dans une salle de classe. Je vois arriver ces neuf jours de pause comme une libération, mais je reste consciente qu'ils vont filer vitesse V. Et il faudra ensuite ré-attaquer pour six mois. Finalement, la loque que je suis a quand même envie de nuancer et est fière de pouvoir affirmer qu'elle s'en sort pas trop mal compte tenu des difficultés que cela représentait.

Diane va peut-être avoir à nouveau un peu de temps de venir s'exprimer ici. Et peut-être même qu'elle pourrait mettre fin à cette espèce de délire schizophrène inutile...

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dimanche 18 décembre 2011

La grosse sieste.

Diane groseille s'est endormie. Je pourrais vous pondre un truc bien poetique avec des références à Morphée ou à Rimbaud mais en fait non, allons droit au but : elle a pioncé comme un gros sac, épuisée de me voir galoper dans tous les sens. Elle m'a laissé toute la place pour aller faire son gros roupillon dans son coin. Et j'avoue que les derniers temps, je pensais même plus à elle, débordée que j'étais par mes objectifs, mes priorités. J'aurais pu aller la réveiller, la bousculer un peu, histoire qu'elle vienne ici proposer quelques mots, mais ça ne m'est même pas passé par la tête.

Je me demande aujourd'hui ce qu'elle devient, si elle sait toujours écrire, si elle a toujours quelque chose à dire. Je vais lui faire un signe, un petit câlin du matin et nous verrons bien...

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mardi 30 août 2011

Fil de saisons, bobine de temps qui passe.

Une salle de cours retrouvée. Des élèves en plein examen blanc, ça attaque sévère. Six heures de travail derrière moi, des trombes d'eau au dehors et je m'accorde un temps de repos avec l'éciture de quelques mots sur les pages de Diane. Deux saisons de silence et je repasse par ici, cette vie virtuelle en pointillés se poursuit, comme celle réelle que j'ai laissée filer les derniers mois.

Les semaines ont roulé comme de petits cailloux ronds. Il y a eu cette fin d'année des plus douloureuses. Crise d'angoisse violente pour des clopinettes et fatigue accumulée au point d'exploser. Les larmes ont coulé souvent et je ne trouvais pas les mots pour expliquer cette matière visqueuse et sombre qui coulait alors en moi. J'ai reconnu à certains moments cette obscurité qui s'était emparée de moi deux ans plus tôt. Je me suis retrouvée face à face avec elle. Je me suis battue pour ne pas la laisser s'installer à nouveau dans ma vie.

Ensuite, il y a deux mois très particuliers. Dès la fin de mes cours, j'ai jeté quelques affaires dans un sac à dos et je suis partie trois semaines en Grèce pour y vadrouiller avec une vingtaine de jeunes. La fatigue toujours là, des appréhensions et du mal à m'affirmer : au final, une formule bien différente de mon séjour en 2010. Des souvenirs d'eau bleu turquoise, de pierres blanches, de rues crasseuses à Athènes, d'îlots paradisiaques. De belles rencontres, mais aussi de belles prises de bec. Au retour et aujourd'hui encore, des questions sans réponses autour de ces difficultés à communiquer.

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Puis mon mois d'aout est celui du repos et du partage. Gab et moi, tranquilles, virevoltant entre siestes crapuleuses, lectures à l'ombre d'un bel arbre, balades en montagne et bons repas. Beaucoup de temps passé avec mon Lu aussi et ma solitude retrouvée.

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Puis sur les dernières semaines, les doutes qui s'installent méchamment. Mon emploi du temps de rentrée était des plus flous et il l'est toujours. J'ai appris les derniers jours à composer avec, à avancer sans trop savoir où je vais exactement. Je récupère cette année de nouvelles classes dans de nouveaux centres de formation. J'avais pour objectif de ne plus travailler à M., mais je ne cumulerai finalement pas assez d'heures pour me permettre ce caprice. Il va falloir continuer les aller-retours et accepter ce qu'on veut bien me donner.

Côté famille, j'ai eu beaucoup de peine pour mon frère, pris cette année dans les pâles géantes de l'éducation nationale, se retrouvant, tout jeune-bébé enseignant, à 500 kilomètres de chez lui, à se débattre pour la première fois, seul, devant des classes de lycée professionnel. Je l'ai entendu dire dimanche dernier "je veux pas être prof !". Il a en fait passé un concours "pour voir" et s'en retrouve titulaire, presque par accident. Bien sur, il doit y aller, savoir à quoi ça ressemble, se faire une idée. Mais je tremble pour lui, je sais quelles claques on peut se prendre en pleine face les premiers temps. Et c'est mon petit frère, faut pas lui faire de mal...

Gab me faisait remarquer à juste titre à quel point je compare. Ma rentrée avec la précédente, mon séjour en Grèce avec celui de l'an passé, l'expérience de mon frère avec la mienne... Et je réalise à travers cette remarque simple mais pertinente, à quel point ma vie est faite de cycles. Ma vie de prof d'abord qui impose un rythme et un éternel recommencement. Mes mécanismes de réflexion finalement qui sont sans doute calés sur mon mode de vie et qui semblent parfois tourner en rond. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas peur et j'avance avec une énergie retrouvée vers des mois de découverte...

 

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mardi 23 août 2011

Retour.

Pour ceux et celles qui sont passés me dire que mon silence était long et pesant, sachez que je suis toujours là...

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... Et que j'ai des tas de choses à raconter !

J'arrive...

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lundi 11 avril 2011

Magnolias.

Un soir, rouler dans la lumière déclinante vers l'Ouest. Avaler la route vers l'horizon. Courir après ce soleil fuyant. Lumières rouges & ocres. Puis des déclinaisons de turquoises, de fushias et de pourpres, comme voilées et mutées en pastels. Sur les bords du bitume, des touffes de buissons fleuris, qui semblent se blottir dans les prés, moutons pudiques du printemps.

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Chez moi, je ne vois jamais ces couleurs. Jamais tout à fait les mêmes car conjuguées différemment, selon le mode impératif de la ligne bleue des Vosges qui nous prive des queqlues minutes de soleil en plus.

J'ai fait cette route, quelque deux heures et demi, pour passer trois jours avec Gab. Trois jours dans la ville jaune de Metz. Trois jours à faire barrage au temps. Ce temps si précieux en ce moment qui fait faner si vite les fleurs des magnolias, bijoux  fragiles qui se retrouvent en quelques journées ensoleillées pourriture au sol.

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jeudi 10 mars 2011

Le voile.

Anesthésiée (étymologiquement "sans sensibilité"). Une espèce de voile de coton diffuse une lumière blanche et douce sur mes jours. Sur ma vie.

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Je suis intouchable. Quelques heurts pourtant ont bousculé ces derniers jours. La source : Neb et des éléments que je n'ai vraiment pas saisis, une urgence, une décision à prendre vite, puis finalement des vieux dossiers qui se retrouvent étalés sous formes de petites lettres sur l'écran de mon téléphone portable. Deux ans après notre séparation, il a encore des choses à me reprocher. Je rentrais pour ma part de trois jours sur la côte Belge avec Gab. Trois jours d'air frais et de rupture avec mon quotidien. Et je crois que malgré les quelques larmes immédiates qu'ont provoqué ces attaques, ça me glisse finalement sur la peau comme de fines gouttes d'eau. J'en suis déjà à me dire que tout ça n'a aucune importance, que je vais juste remettre de la distance entre Neb et moi, qu'un ex ne devient jamais un ami. Je n'ai pas envie d'essayer de lui expliquer, de lui rédiger les longues lettres qui tombaient dans l'incompréhension il y a deux ans. Je ne lui dois rien, ça ne servirait à rien.

Le voile s'est également posé sur Gab. Je crois en fait qu'il y est depuis le début. Je regarde toujours ce que nous vivons de l'extérieur et il y a comme un flou sur les instants et les sentiments que nous partageons. Je crois que je me/nous l'impose pour me/nous protéger. Les risques sont pourtant déjà pris, les barrières de protection sont franchies. Je tiens beaucoup à lui même s'il n'y a pas cette passion qui habituellement nous fait courir si vite vers la démesure. J'aime sa douceur, cette impression si présente qu'il me comprend sans que je dise, ce respect dans lequel nous baignons. Parfois aussi, je vois les limites de cette apesanteur. Il dit les mots que je formule moi-même et l'effet miroir fait peur.

Puis tout cela s'inscrit sur un rythme maintenant bien rôdé. Après la glande du premier semestre, il a fallu rattraper le coup avec trois tonnes de travail intensif et je suis finalement maintenant bien dans le bain. Il y a toujours cette impression cruelle de rendre trois paquets de copies pour en récupérer sept, d'essayer de vider un lac avec une petite cuiller, mais on fait avec. Et j'ai retrouvé cette conviction de bien faire les choses, même si mes classes sont cette année bien plus difficiles que les années précédentes (beaucoup d'immaturité et peu de motivation, l'un appelant l'autre en conséquence).

Assise en cet instant dans une grande salle vide, je respire après quelques heures de cours. Le soleil qui entre par la porte ouverte  me rappelle que maintenant il ne fait plus nuit. J'attends aujourd'hui le souffle qui chaque année à cette période lève le voile.

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dimanche 27 février 2011

Lotus Flower ♥

Un mois de silence mais je suis toujours vivante. Tempête de copies, précipitations de bulletins et tornades de conseils de classes. Tout ça ponctué d'allées et venues de Gab, de séjours chez lui mais aussi d'impro, de sorties, de réveils "galère", de journées de cours sans fins. Mais je survis, même si parfois j'ai l'impression d'étouffer. Puis je compte les jours jusqu'au printemps et ason changement d'heure, pour récupérer enfin de la lumière.

Je pourrai en dire plus mais... C'est en accéléré que je vous livre tout ça, une fois de plus bousculée par le temps. Je m'arrêterai bientôt ici à nouveau...

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mercredi 19 janvier 2011

Tomber sept fois, se relever huit.

L'année est lancée. Comme l'année dernière à la même époque, je suis fatiguée. Alors que cet automne, mes journées paraissaient élastiques et mon énergie un puits sans fond, je suis aujourd'hui lourde et mes pattes trainent au sol. J'ai pourtant essayé depuis janvier d'anticiper au maximum, pour ne plus travailler dans l'urgence. Je corrige mes copies le plus tôt possible, je prépare mes cours, je fais un travail bien plus sérieux et approfondi que sur les premiers mois de cette année scolaire. Sans doute qu'il me faudra quelques semaines encore pour en tirer un réel bénéfice. Sans doute que la lumière qui va revenir, les journées qui vont se faire plus longues et plus belles vont m'aider à retrouver cette force.

L'an dernier à la même époque, je trébuchais. Je lis en ce moment le livre de Philippe Labro intitulé Tomber sept fois, se relever huit. Il y parle de sa dépression. J'avais acheté ce poche en 2009, cherchant alors des réponses à mes questions, des témoignages de ce que je vivais moi-même, des paroles rassurantes. Quelqu'un capable de dire ce que je vivais moi-même, muette. J'étais alors tellement à côté de moi-même que je ne l'avais pas ouvert. Je crois que j'ai bien fait. Ce qu'il y dit est désespérant, même pour quelqu'un qui est fort départ. Je baigne à la lecture de ses mots dans cette noirceur qui m'étouffait alors. Je retrouve tout ce néant. Dès les premiers pages, les premières lignes, il décrit ces mêmes douleurs, ces mêmes symptômes que jamais alors je n'avais eu l'idée d'attribuer à une dépression : les sueurs nocturnes, le sommeil qui se veut omniprésent, l'anéantissement de toute envie... Lui aussi a mis un certain temps avant de nommer le mal. Pourtant, on a tous entendu le mot, on connait sa signification. Mais le jour où un tel phénomène vous arrive sur le coin de la tronche, pas un instant vous n'imaginez qu'il puisse s'agir de ça.

Aujourd'hui, je pense que tout cela est bien derrière moi, mais comme tout rescapé, je sais que je ne suis pas à l'abri. Alors souvent, je guette, je m'observe, je crois déceler des signes avant-coureurs, ceux que je n'avais justement pas voulu voir en 2009. Récemment, j'ai été amenée à parler de tout ça, bien plus que je ne l'avais fait auparavant. Gab a lui-même traversé plusieurs dépressions. Il est d'ailleurs toujours sous traitement. Ce qui pourrait me faire peur. Ce n'est pourtant pas le cas.

Plus le temps passe et plus je me dis que c'est est un garçon exceptionnel. Il est celui qui pense comme moi. Peut-être que cela se retournera contre moi à un moment, mais pour l'heure, je me retrouve pleinement dans ce que nous vivons. Je vais encore le voir ce week-end, trois jours chez lui, en espérant cette fois éviter la grippe et le lumbago. Les débuts se vivent souvent à l'horizontal, de désir et d'eau fraiche (je suis incapable de parler d'amour). Mais les premiers temps passés, si l'on ne partage rien d'autre, ça s'essouffle et durant trois jours, j'ai envie de partager avec lui.

Mes craintes le concernant ? Son rapport au travail, son rapport à la folie, sa lenteur, dans la réflexion, dans l'action. Mais comme pour le moment rien ne nous engage, ces peurs ne sont presque pas les miennes. Je les regarde avec distance. je nous regarde avec amusement...

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mardi 11 janvier 2011

No résolution.

Une nouvelle année qui débute. Pas envie de faire le gros bilan de la précédente, pas envie de prendre de grandes décisions pour celle qui se profile.

Mais pour faire simple et rapide, derrière moi, il y a plusieurs gros coups de pieds au cul, des bonds en avant impressionnants, des portes qui se sont fermées, d'autres qui se sont ouvertes, des caprices, des gamineries et des bêtises, que si c'était à refaire, je les referais, des belles surprises, des incontournables...

Pour 2011,  je me souhaite simplement de savoir anticiper, de ne plus me laisser empoisonner par le travail et les urgences qui y sont liées. Pouvoir gagner alors en sérénité. Et les quelques jours écoulés me laissent croire que je peux y arriver. J'ai repris cette année avec des tonnes de boulot et je vois le bout du tunnel. Je prends les devants et j'en arrive à enfin pouvoir me poser, avoir du temps pour moi.

Comme d'habitude, ma seule semaine de vacances annuelle (mis à part l'été) a filé comme une flèche : les fêtes de famille, les orgies de bouffe, les cadeaux, les après-midis à siester, l'impression que le temps s'arrête et pourtant...

Puis toujours Gab. Contre toute attente, ça marche. Je n'ai pas encore montré les dents. j'ai décidé de me laisser faire. Il est compréhensif, je peux lui parler de tout, lui dire mes craintes, mes doutes. Je me heurte avec lui à mes phobies. Celle par exemple de la vie de couple. Celle des projets et des promesses, toujours. Mais je voudrais croire que peut-être avec lui, on pourrait inventer quelque chose de nouveau, de différent. L'utopie qu'on pourrait éviter les pièges. Il est chez moi depuis six jours, il repart demain. Je ne parle jamais de "après", il me laisse ce droit.

Et quelque part, parfois, dans ces moments de tendresse et de simplicité, je tremble, je ne veux pas, je recommence à me débattre intérieurement, et je lutte silencieusement contre toute cette prudence.

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vendredi 7 janvier 2011

2011.

Une excellente année à venir à tous ceux qui passent me lire !


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