vendredi 11 juin 2004

mon orage

                Pluie. J'ai passé la soirée collée sous mon vélux à regarder le ciel s'allumer d'éclairs, des gouttes énormes venant s'écraser juste au-dessus de mon museau. Une soirée seule. Je les aime bien mes moments en solo. Je prends le temps, trop même... Les orages m'ont toujours fascinée, moments d'exception. Quand j'étais plus jeune, je courais sous la pluie tapante.

         Encore quatre heures de cours devant moi. Neb au téléphone hier soir. Homme de moi loin. Pas seulement spatialement. Il ne rentrera pas ce week-end. Je veux bien comprendre, il faut encore qu'il règle tellement de choses là-bas. Je n'adhère qu'à moitié.

         Il est temps que cette année scolaire s'achève, je me sens comme anesthésiée, ni triste, ni heureuse....

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jeudi 10 juin 2004

Le choc de la tôle

               Journée jaune de septembre. Je roule dans ma petite clio grise sur une nationale tranquille. Je viens de quitter mon ami-amant, mon Jules d'alors, mon copain-cochon. Il partait à son entrainement de boxe. Ce jour là, après une longue inquiétude, je me vois rassurée par une petite bande bleue sur un bout de plastique sur lequel j'ai fait pipi. Ouais, et l'hypothétique papa aurait été le Furet et non le Jules. Aïe. Et comment apprendre à celui qui a partagé 5 ans de votre vie que maintenant qu'il n'en fait plus partie, vous portez son enfant.

             Bref, je suis soulagée. Je roule, derniers jours de lumière avant la grisaille. Whawha sur la banquette arrière. Vite, une voiture se retrouve sur ma voie. Pas le temps, c'est le choc. Bruit. Violence. Force. Moi, contre elle. Je sens que je n'ai plus aucun contrôle. Mon véhicule est projeté en arrière et je vois l'autre voiture s'éloigner très vite de moi. Fumée. Longtemps après, quelques secondes, tout s'immobilise. Tout semble irréel. La voiture blanche est loin. Seulement alors, je pense, rapidement, que je ne pouvais pas réagir, que tout cela vient de se passer en une ou deux secondes. Que je ne suis pas morte. Whawha est sur mes genoux et elle a fait pipi. Ma cigarette est tombée au sol. Ca sent le plastique brûlé et l'essence. J'écrase ma cigarette. Je regarde autour de moi. Je suis en pleine voie. Machinalement, je tente de passer une vitesse pour me mettre de côté. Plus rien. Je ne comprends pas. Je sors de ma voiture. Whawha me suit. Plusieurs dizaines de mètres plus loin, la voiture blanche. Juste avant l'impact, j'avais eu le temps de voir le regard affolé d'une femme. Elle est dans sa voiture. Plus de vitres, plus de côté gauche en fait. Je lui demande si elle va bien. Elle me répond "genou" avant de perdre connaissance. Dans les minutes qui suivent, je me pose sur le trottoir. Je regarde autour de moi, bouche ouverte. Des voitures sont arrêtées, on vient vers moi, des hommes, des gendarmes, qui me demandent comment je vais, qui me disent de m'allonger, que l'ambulance va arriver. Quelle ambulance, pourquoi? Whawha chouine. Je compose le numéro du Jules. je dis, que je sais pas, que je peux pas repartir, voiture veut plus partir. Il dit: je viens.

           Soudain, je VOIS. Je vois ma voiture et je me demande comment j'ai pu en sortir. Ce qui était ma voiture grise. Elle est là-bas, dans une mare d'huile (zut, je venais de faire la vidange), le toît est déformé, les vitres sont explosées, le capot est ouvert et le moteur est sur la route. Les gendarmes me font souffler dans le ballon et, en peu de temps, le Jules est là, me prend dans ses bras mais je ne comprends pas trop pourquoi, c'est juste que je vais être en retard à mon cours. Puis je vois les pompiers et leurs grosses pinces qui découpent la voiture blanche. Et là, je vais voir tous ces gens sur le bord de la route et assez calmement, je leur dis que y'a Starac' à la télé et que c'est sans doute plus intéressant. Je ne veux pas monter dans l'ambulance, mais Jules insiste pour me conduire à l'hôpital. c'est là-bas que je saisis enfin ce qui vient de m'arriver. On me fait des radios mais je n'ai rien, juste le sternum fissuré. Je me dis que c'est pas grave. C'est le lendemain que j'ai su que des mois durant j'allais en souffrir. Puis en sortant de l'hôpital,dans cette fraîcheur de la nuit bientôt automnale, je pleure enfin, en comprenant que je suis vivante et que, ce que tout le monde m'a dit, j'ai beaucoup de chance.

           Ce n'est que 24 heures plus tard que j'arrive à savoir que cette dame est toujours en vie et qu'elle n'a que peu de blessures. On me fait savoir qu'elle était sous anti-dépresseurs, très forte dose, volonté d'oublier. Elle en a oublié qu'on roule à droite en France, et il y a donc eu un choc frontal à 90 km/h...

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COQUELICOTS

Vous trouvez pas qu'il y a beaucoup de coquelicots cette année?

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Puis après, y'a eu ça....

         Autoroute. Moi en pilote automatique. Je roule sur le périph' de ma ville. Putain de ville. Putain de travaux. Mais ça, je me le dis même plus puisque je suis en pilote automatique. Et là, waouch, la sortie que je prends tous les jours est fermée et tout droit, si je continue, je change de pays. Mais j'ai pas le choix, alors je roule. Je fais plusieurs bornes avant de voir le premier panneau de déviation. Et là: les bouchons. Z'avaient fermer trente bornes d'autoroute, aux alentours de huit heures du mat', z'imaginez le bronx? Alors je prends mon mal en patience, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Et je ris parce que les gens pensent que klaxonner, se bouffer les ongles ou gueuler par la fenêtre va faire avancer la file de vingt kilomètres de gros culs qui bloquent le passage. Oui, je ris, pas si nerveuse que ça finalement, relativement zen même. Et plus le temsp passe, plus je trouve cette fuite en avant dans mon emploi du temps charmante. Je vois les chiffres défiler sur mon horloge et je peux compter les gravillons au sol. Je trouve un paquet de gateaux dans mon sac, je monte le son d'Amnésiac et je baisse la vitre pour laisser entrer ce qui se fait moins étouffant avec le peu de mouvement. Je vois "10:00" et je sais que mes élèves se réjouissent déjà de mon retard qui pourrait se transformer en une absence-surprise agréable. Puis la fluidité revient, lentement. et je ris encore de voir ces abruttis à fond de troisième et déjà à 100km/h pour rattraper un retard qu'il ne rattraperons pas. Des cons. Des cons dangeureux.

     Voilà, j'arrive dans ma salle de cours avec 20 minutes de retard et un "rhoooooooooooooo" général de déception. Leçon de zenitude.... Tout d'un coup, je me souviens, cette histoire me rappelle...........

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Des matins comme ça

          Ouai, il est reparti, à se demander si finalement il a pas le feu au Q. Moi j'aligne mes journées, toujours les mêmes, de plus en plus gavantes si on y fait attantion. Alors soyons lobotomisé, juste un minimum d'anesthésie avant de partir bosser pour pas penser que tu joues au chien de garde toute la journée. C'est fatigant. Là aussi, j'ai toujours voulu être juste, mais je fais pas ce que je veux. Quelque soit le job, je voudrais être en accord avec moi même et ça me file entre les doigts ici....

          Encore la fraicheur du matin et le pain frais en parfums doux qui rentre chez moi. Je dois me sauver, juste une dernière chose avant de partir: je méprise Cauet et ses hyènes...

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j'aligne des mots

             Je me pose des questions sur l'intéret de l'écriture ici. Voilà quelques semaines que j'aligne des mots sur ce blog. Je ne retrouve' pas forcément la justesse du papier (auqual je suis malgré tout restée fidèle). Mais pourquoi toujours vouloir le mot juste. Pourquoi cette recherche de la simplicité dans le verbe qui retranscrira un fait. Et pourquoi mettre toujours un mot sur chaque fait, ici ou ailleurs? Volonté de rendre vraiment réelle une vie qui l'est ou alors de me faire entrer dans une fiction. Peut-être pour ne pas laisser filer le temps. Peut-être la trouille de perdre justement le fil. Peut-être un soucis d'organisation, un epu maniaco dépressive sur les bords....

ET VOUS?

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mardi 8 juin 2004

Rage

       Vraiment plus envie. Je réalise que c'est ce boulot qui est à l'origine de ma mauvaise humeur. Je bosse dans un trou à rats où les élèves comme les enseignants sont considérés comme des merdes. Fais ci, fais ça. Et c'est valable pour tout le monde, les jeunes comme les adultes. Je fais quoi? Je peux pas fermer ma gueule et l'ambiance de travail devient désagréable. Méfiance. Les élèves en deviendraient presque plus agréables que l'équipe de direction. Je vais plus dans leur sens en ce moment en tous cas. Des détails ridicules: pas le droit à une bouteille d'eau alors qu'il fait 30°C. Je bosse avec des jeunes de 17 à 24 ans mais ces messieurs dames refusent, peur des débordements, au propre comme au figuré.

    Les grognements arrivent quand j'explique la situation et qu'on me répond qu'ici, c'est pas moi le chef et qu'on me parle comme à une demeurée. Vive l'esprit d'équipe et la pédagogie. Vous voulez être démago, j'en ai à votre service, je me fondrai pas dans ce moule de maton, très peu pour moi, c'est pas pour ça que j'ai craché sur l'éducation nationale.

    Et petit à petit, mon rêve prend forme. Je vois où je vais, puisque les portes se ferment je n'en vois plus qu'une ouverte vraiment devant moi. Et qui a dit que je n'y arriverai pas. Ce qui bouillonne en moi en ce moment est une force.

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Où est passée ma motivation?

       Il va repartir. Encore. Neb mon homme de moi. Des choses à règler. Je suis grognon aujourd'hui. Pas envie de faire d'effort. Galère ce matin pour obtenir des forfaits pour les eurocks. Y'avait plus rien. On galope dans tous les sens. On finit par se décider à prendre les entrées à l'unité. Bandes de voleurs! Mais on a pas le choix, plus le choix. Fallait s'y prendre avant.

     Déjà au taf, je devrais être le nez dans mes copies mais je suis morte de fatigue et étouffée par ce manque de motivation qui se fait de plus en plus pesant. Dans un mois, je suis en vacances et si tout va bien, nous partons en Corse, vadrouiller dans l'insouciance. Y'aura pas de colo cette année. Sonnerie. Faut que je file.

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lundi 7 juin 2004

Combler le vide

Trois jours sans écriture. Mon homme de moi est de retour. Ceci explique cela. Puis j'ai retrouvé ma plume à laquelle je fais tant d'infidelités les derniers temps. Neb sous la douche et ensuite nous partons manger au soleil avec Whawha. Week end festif derrière nous, agréable sommeil aussi. Je prendrai plus de temps ce soir car tant de mots me trottent dans la tête qu'il ne faudrait pas les bousculer ici si vite. True love waits, n'est-ce pas Thom?

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jeudi 3 juin 2004

Amélioration

     Je vais mieux. Un élève de 1ere est à l'origine de cette amélioration. Je respire un peu. Comme si jusqu'à là, les derniers jours, j'étouffais, avec toujours ces larmes dans la bouche, à plus bien savoir POURQUOI. M'en fait, lui, il a rien fait. Simplement, j'ai accepté il y a une semaine de donner des cours particuliers supplémentaires à un jeune homme dont la ville n'est pas sur ma route. Sa maman avait insisté au téléphone après avoir touvé mes coordonnées sur le net. Préparation au bac français. Je me dis alors que ça peut me changer un peu de mon programme quotidien. C'était rien de le dire. Ces deux heures de cours m'ont fait l'effet du vicks. Une grande bouffée d'air frais. Reprendre des études de textes, organisation des idées, vocabulaire pointu et un minimum de motivation.

 Et je me dis sur la route du retour, entre les vignes et les gouttes de pluie, que je vais pas faire long feu dans cet établissement. C'est ma première année et elles se compteront sans doute sur les pouces. J'ai pas envie de terminer aigrie et lobotomisée.

  Neb homme de moi revient demain. J'ai été vraiment triste loin de lui. Comment est-il possible de s'attacher si vite à la futilité d'une présence. Pourtant je l'aime pareil loin. Pourquoi ai-je tant besoin de lui-corps? Demain soir peut-être des réponses. Maintenant, fatiguée, lassée de tant de tensions inutiles (je passerais les prises de bec du jour avec certains élèves dont la mauvaise foi n'égale pas la paresse), je vais retrouver la douceur et la sécurité de ma couette.

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