mercredi 16 juin 2004

Susceptible S...

          Bon alors.... Je suis amusée. Par un commentaire de quelqu'un réagissant à un de mes posts (concernant mon ami Cauet) et qui se dit lui même amusé. Je suis sceptique. La violence de sa réaction ne traduit en rien de l'amusement. Je croyais que le blog était un lieu de libre expression et je ne comprends donc pas vraiment qu'on se froisse si facilement, surtout pour si peu, on peut se voir contrarié tout au plus, mais vexé comme un pou... Oui, ça me fait sourire. L'anonyme S. me traite de frustrée bien-pensante puant la démago et de pseudo intellos à 2 balles. Pourquoi pas. Je m'en défends avec le sourire, à moitié en fait, à quoi bon?! Je réfléchis depuis le début à l'intéret de l'écriture ici, j'en viens à me poser de sérieuses questions. Mais ce ne sont pas ce genres de remarques qui m'apporteront les réponses... Et je souris encore quand je repense à Nushy et son fameux Lent feu... Oui, je souris...

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Humeur & envies.

                   Froid et gris. Sur mon lieu de travail. Je vais me lancer dans une série de copies. Je me sens plutôt bien, disons mieux que les derniers jours. De bonnes choses se profilent à l’horizon, quelques concerts, des festivals, des sorties. J’ai envie de faire plaisir aux gens qui m’entourent. Je vais écrire encore, des idées pleins la tête, des envies…

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mardi 15 juin 2004

Des mots doux à la benne, réagissons!

Vous saviez que les lettres d'amour qui se perdent sont envoyées à Libourne et qu'ils les mettent à la poubelle? Je vais leur écrire...

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test de vue.

Alors, vous la voyez ma spirale?

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Spirale

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Douce solitude & thé noir.

                 Le temps pour une fois. J'ai pas cours ce matin. Alors je traine comme j'aime. Une douche avec la tête dehors, velux grand ouvert. Un thé noir et quelques princes. Sortir Whawha, faire le tour du parc. Réfléchir à la journée qui vient. Je fais quoi en cours cet après-m'? Y'a des copies à rendre. On termine les études de textes. J'improvise pour le reste. Y'a encore tellement de choses à faire. Puis ensuite, je pars à l'autre bout du département pour un cours d'expression orale. Je serai pas rentrée avant huit heures.

        Personne ne m'attend de toute façon. Oui, Neb homme de moi toujours pas revenu. Jusque là, je disais oui-oui... Hier soir, j'ai haussé le ton. Et pour sure que c'est pas maintenant qu'il va accélérer le pas pour revenir. Il m'annonce trois ou quatre jours supplémentaires. J'aime pas, je le dis. J'accuse même une certaine mauvaise foi au service de sa lenteur. Reproches, tournés en ironie et encore plus piquants. Il aime pas. Comme ça on est quitte. En même temps que je profère ces paroles agressives, je me déteste. Je vois la chieuse de service qui saoule son mec au téléphone. Je ressemble à toutes ces grincheuses qui sont à l'origine de la rumeur : "les femmes sont des emmerdeuses". Je m'en veux, ça ne me ressemble pas. Je le lui dis, surtout que c'est parce que je tiens tellement à lui. Tous les autres, je n'aurais rien dit, je m'en balançais. Il dit comprendre... et la tension est descendue au moment où nous raccrochons, après une bonne heure de mots dans le vide. Après, je me sens sale. Ce n'est pas moi qui réagis comme ça. Est-ce l'amour qui me fait opter pour de telles réactions,si puériles? J'ai effectivement souvenir que la dernière personne avec laquelle je me comportais comme ça était mon premier amour. Le seul "véritable" jusqu'alors. Le Furet. Mais je mettais cette attitudes sur le compte de la jeunnesse. C'était peut-être pas ça...

          Ensuite, le temps a filé, j'ai discutté avec un bloggeur, pour la première fois, un peu, brièvement, j'ai étendu mon linge, j'ai fait la vaisselle, je suis sortie avec Whawha, déplacer ma voiture, dans la nuit déserte de ma ville, avec ma lacrymo, toujours, j'ai ouvert deux livres de cours, sans but précis, feuilleté... Puis il était une heure. J'ai aimé aller me coucher... Et la solitude qui ne m'a jamais dérangée est toujours douillette et agréable. Et je me dis qu'il a intéret à se dépècher s'il ne veut pas que ma vie de célibataire reprenne le desssus.

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lundi 14 juin 2004

Traversée...

Mais des chansons spirituelles
Voltigent parmi les groseilles.

                                                                               Rimbaud, Bannières de mai.

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Confiture framboise-groseille.

              Journée de "rien à faire", alors je traine, ici et ailleurs, je laisse des posts, des commentaires, je flane dans d'autres contrées, je me pose sur mon lit avec un livre, je me couche dans l'herbe du jardin. Cours ce soir, aucune envie. Encore à la campagne. Le vent qui entre par les portes et les fenêtres, qui soulève les voiles. J'écoute Idir et je respire. La journée d'hier aux puces m'a permis de passer du temps avec ma soeur. Nous avons beaucoup ri. Observé les gens, la diversité, les gentils et les méchants, les pressés du dimanche, les cons dans toute leur puissance aussi qui s'indignent car on refuse de leur vendre un carton de livres à un euro. Je reste sur l'image de cette dame au milieu de la foule de l'après-midi qui défile entre les stands de ce marché aux puces. Tout le monde marche, traine la patte. Elle roule, assise dans son fauteuil, poussée par un mari ou un ami. Eux deux respirent le bonheur. Ses yeux ont tellement ri qu'elle en a les marques. Je la trouve jolie car on voit son bonheur. Et tous ces cons debout qui ralent et s'engueulent et froncent les sourcils auraient bien besoin d'un bon pied au cul.

         La semaine repart. Eternel recommencement. Il n'en reste que trois maintenant avant ce mois de vacances. Je réfléchis de plus en plus à la signature du contrat pour l'année à venir. Je ne sais pas si c'est ma place, si j'arriverais à m'y épanouir. Faut encore que j'aille acheter de la confiture (dans cette petite boutique perdue dans la forêt où il font de la confiture avec tout) pour envoyer un pot à Nico qui me l'a demandé au téléphone l'autre soir. Gros pot framboise-groseille (pas très original pour le coup). Plus dans le colis le petit truc insolite qui devra rentrer dans le pot quand il sera vide. C'est le défi.

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Toujours les mots.

             Vous connaissez l'écriture automatique? Mais pourquoi danser comme ça et se poser autant de questions dans le brouillard de la vie? Je ne sais plus pour ma part si je vis pour écrire ou si j'écris pour vivre mais ce que je sais, c'est cette interdépendance entre les deux. Les mots sont comme une drogue acidulée dont la consommation me rassure, me soulage, me stimule. Alors parfois, trop souvent, je me demande dans le feu d'une action, quels mots je vais utiliser pour retranscrire ce que je vis. Quel mots seront les plus justes et les plus percutants pour qu'en les relisant dans le temps, je puisse ressentir ce que j'ai ressenti alors. C'est surtout ça qui est important. Et voilà des années que cette obsession me poursuit. Au point souvent de m'en vouloir de tant de futilité et surtout de passer à côté de la nature même des choses, la peur de ne pas vivre à 100%. Je vis donc les événements pour les raconter après? Je suis dans une fiction? Si c'était le cas, ma vie serait terriblement creuse et c'est bien le contraire, je la sens pleine à éclater, gonflée et tumultueuse. Tout ce que je vis est plein et fort. J'accorde de l'importance à chaque détail.

            J'avais sept ou huit ans quand j'ai commencé à noter les choses. Besoin déjà alors d'organiser les idées, de mettre mes souvenirs en ordre par peur de les oublier. Je collais dans mes cahiers des images, des fleurs et j'écrivais des recettes de gateaux. Il fallait cacher le trésor des yeux curieux de la petite soeur particulièrement intriguée.Il y avait beaucoup de "et puis" et de "et alors". Peu d'impressions, surtout des chronologies. Plus tard, avec les jours difficiles de l'adolescence et des premiers amours déçus, mon journal était le refuge des tristesses que l'on pense insurmontables et cruelles. J'y collais les billets de train, de concerts. Jamais de photos. J'y mettais des dates précises, les lieux et les heures, le temps aussi qui joue tellement dans mes jours à cause de la lumière. Aujourd'hui, mon cahier est toujours un Clairefontaine, il me faut cette aisance de la plume sur le papier pour cela. (Pour le reste, la correspondance, les nouvelles, les textes, je me contente de tout: le dos d'une enveloppe, un cahier de brouillon, le verso d'une photocop'...). Je n'y colle plus grand chose. Il y a toujours une régularité. Je n'y dis presque plus "je". Ellipse. Puisque je sais que c'est moi et que personne ne lira.

        Depuis plus d'un mois, j'écris ici. Je ne savais pas trop au début ce que je venais y chercher, ce que je pouvais trouver en plus. Au fil des semaines, je trouve une autre fluidité, j'apprivoise le clavier et je développe une aisance que je n'avais pas au début. Ma seule trouille: voir mes écrits disparaitre. Tous mes cahiers sont dans un lieu sure, mais qu'en est t-il des ces mots ici?

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La couleur et le goût de la réalité.

             Je me réveille il y a peu et toujours dans ma bouche le goût de ce rêve étrange. Je ne parviens pas à sortir de cet univers si glauque. Peu de lumière, des flacons de parfum en terre cuite avec des bouchons octogonaux. Neb homme de moi, si mystérieux mais si amoureux. Je n'arrive pas à complèter l'histoire alors que paradoxalment je me sens encore dedans. Il me semble que la soeur du Furet dont je parlais hier occupait la place de la photographe... Il y avait tant de tensions, ambiance conflictuelle.

Posté par Diane Groseille à 09:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]