lundi 3 août 2009
Silences.
Trop de temps qui file sans que je ne parvienne à écrire.
Je me sens vide.
Mais je prends des images.
Ici et ici...
vendredi 31 juillet 2009
Pony pony run run.
J'aime.
Les petits éclats de vacances.
Les gros plans, les plans larges.
La complicité.
Tout ce que ça dit sans parler.
L'impression de l'avoir vécu.
Et pourtant si loin.
jeudi 30 juillet 2009
Le malentendu.
" - Qu'est-ce que ce mot veut dire ?
- Il veut dire tout ce qui à présent me déchire et me mord, ce délire qui ouvre mes mains pour le meurtre. n'était cette croyance entêtée qui me reste dans le cœur, vous apprendriez, folle, ce que ce mot veut dire, en sentant votre visage se déchirer sous mes ongles."
Le Malentendu, Albert Camus, 1958.
Je retrouve ces mots qui me trottaient dans la tête depuis des mois. Les mots d'une pièce jouée il y a une dizaine d'années. Les mots de la rage que j'avais à l'époque cherchée au plus profond de moi-même et sans doute surjouée, alors trop jeune et innocente pour connaître la force de ce sentiment. Aujourd'hui, je relis la pièce, je survole ces pages et les mots que je lis trouvent un écho dans un tiroir de ma mémoire, bien rangés. Dans la solitude d'une pièce sombre qui veut se protéger de la chaleur, je mesure l'impact de ces dix années.
mardi 21 juillet 2009
Merci !*
Avant tout merci à Stéphane pour cette merveilleuses vidéo
(ça faisait un moment que je voulais proposer un relai ici)
et aussi à tous les autres :
Ceux qui lisent,
qui aiment,
qui n'aiment pas,
qui commentent,
qui patientent,
qui sourient,
qui sont hors sujet,
qui me font rire,
qui me font réfléchir,
qui ne comprennent pas,
qui essayent,
qui voudraient bien,
mais qui peuvent pas,
et tous les autres encore !
*réalisation Christine Rabette, 2002.
Cogito Ergo Sum.
Je suis une entité. Je suis une terrienne. Je suis une humaine. Je suis une européenne. Je suis une Française. Je suis une Alsacienne. Je suis une habitante de ma ville.
Je suis une personne. Je suis une femme. Je suis une adulte. Je suis une trentenaire. Je suis une citoyenne. Je suis une électrice. Je suis une voisine. Je suis une propriétaire. Je suis une employée. Je suis une collègue.
Je suis une consommatrice. Je suis une cliente. Je suis une patiente. Je suis une spectatrice, une téléspectatrice, une lectrice. Je suis une internaute. Je suis une ménagère de moins de cinquante ans. Je suis une écolo. Je suis une adulescente. Je suis une midinette. Je suis une fan de Coldplay, de Radiohead, du Japon, des films d'horreur, de la photographie et de tant d'autres choses. Je suis une touche-à-tout.
Je suis une fille. Je suis une sœur. Je suis une nièce, une filleule, une cousine, une petite-fille. Je suis une amie. Je suis une confidente. Je suis une copine. Je suis une ex'.
Je suis une enseignante, une prof, une formatrice. Je suis une vacataire. Je suis une animatrice d'atelier de théâtre. Je suis une donneuse de leçons. Je suis une photographe. Je suis une cuisinière. Je suis une boulangère. Je suis une jardinière. Je suis une "écrivaine". Je suis une violoniste.
Je suis une caractérielle, une emmerdeuse, une chieuse. Je suis une curieuse. Je suis une gourmande. Je suis une paresseuse. Je suis une grosse dormeuse. Je suis une égoïste. Je suis une timide. Je suis une intellectuelle. Je suis une indécise. Je suis une casanière. Je suis une frustrée. Je suis une maniaque. Je suis une romantique. Je suis une niaise. Je suis une trouillarde.
Je suis UNE.
Unité. Article indéfini féminin singulier. Plus indéfinie que jamais, malgré les efforts fournis plus haut. Et définitivement singulière et à accorder au singulier.
***
***
lundi 20 juillet 2009
Force d'inertie.
Vacances.
Les journées semblent enfin ralentir.
L'espace-temps m'échappe pourtant.
Je me sens essoufflée, comme après une course.
Retour de quelques jours de vadrouille :
deux jours en Italie,
deux jours dans les Alpes,
deux jours avec le Pooh.
Et me réhabituer ensuite à la solitude.
Les mots sont là, toujours, mais si difficiles à articuler.
Des centaines de phrases en attente,
trop périlleuses à formuler, trop douloureuses.
Cliquez pour plus d'images
***
NB : je me décide enfin à répondre à vos nombreux commentaires, laissés en attente, comme tout le reste. Merci à vous tous d'être là.
mercredi 15 juillet 2009
Des efforts.
Une fois de plus encore je noie
Tous les artifices de toi
Plus qu’abimé je me dois
D’intervenir sur mon émoi
C’est bien plus commode j’estime
Plutôt que je m’affirme victime
De travailler à affaiblir
L’impact de nos ex-plaisirs
Quoi ?
L’impact de nos ex
L’impact de nos ex-plaisirs
Une fois de plus encore je viens
Courir à la perte d’un bien
Je dérive mes instincts
Je te veux morte et j’y tiens
Oui il faut que je méprise
Oui il faut que je refuse
Oui il faut que j’interdise
Le tout de ce que tu diffuses
Mais j’essaye
Sans conviction, aucune
J’essaye,
Sans assez de rancune
Pour taire mon infortune
Je vais y perdre des plumes ... hum
Elise est bête, Lislotte est sotte
Elisabeth est une idiote
Mais ce matin même à leur porte
Je me déporte
Je procède à entrevoir
Une matière où s’investir
Pour vider mon réservoir
D’l’impact de nos ex-plaisirs
Quoi ?
L’impact de nos ex
L’impact de nos ex-plaisirs
Plus une fois toi sur mon corps
Une fois de plus encore je noie
Plus la foi en moi d’accord
Toi plus sous mon toit, je nettoie
Oui sur la route qui mène au port
Je veux courir sans que ne fuse
L’idée même d’un remords
De tout ce que tu me diffuses
Mais j’essaye
Sans conviction, aucune
Mathieu Boogaerts, L'impact de nos ex
samedi 4 juillet 2009
See you soon.
lundi 22 juin 2009
Et merde !
Voilà plus de trois mois que je traine une cochonnerie. Je n'en ai que peu parlé ici jusqu'à maintenant car "ça ne se fait pas". Puis justement, cette bienséance m'est revenue à plusieurs reprises en tête. Pourquoi ne dit on pas ces choses là, sur quelles abstractions repose ce tabou ? Ne trouvant aucune réponse concrète à mes questionnements, j'ai décidé de traiter ici le sujet, aussi difficile soit-il : âmes pudibondes s'abstenir !
Alors voilà où j'en suis : depuis des semaines, mon ventre me fait des misères, on peut même considérer ça comme de mauvaises blagues. C'est souvent au moment où je m'y attends le moins que le processus se met en marche, c'est toujours la même chose : d'abord une grande sensation de fatigue et des fourmillements qui semblent me parcourir. Puis on passe aux choses sérieuses : une main invisible et vicieuse semble alors me saisir les tripes pour les tordre à sa guise. L'effet est instantané, les crampes sont dans les minutes suivies de diarrhées violentes. Nous voilà dans le vif du sujet : top glamour !
Bien entendu, c'est très douloureux : les crampes sont une torture qui peut durer plusieurs heures. Elles n'étaient au début que très courtes et ponctuelles, elles viennent aujourd'hui clore presque tous mes repas. Mais si ça n'était que ça, tout serait très simple. Il se trouve que ce genre de surprise compromet un tant soit peu ma vie sociale, aussi pauvre soit elle déjà au départ. Car bien entendu, il est délicat de s'absenter en plein cours/repas/dialogue/séjour, sans paraître incompétente/mal polie/grossière. Je repense au premier incident. J'étais pour la première fois chez mon ami K., un collègue avec lequel j'ai vraiment sympathisé. Il me présentait alors sa femme, qui porte l'enfant qui doit voir le jour en août. Ils étaient en train de m'expliquer avec émotion dans quelles conditions ils s'étaient rencontrés quand j'ai tapé un sprint vers leurs toilettes. Heureusement, j'avais en face de mois deux personnes très compréhensives qui se sont contentées de s'inquiéter de mon état. Entre temps, j'ai reproduit la course (départ arrêté et nouveau record à chaque fois) au restaurant, dans un musée, dans un bar, en cours, en voyage en Italie, etc.
Je me pose depuis de nombreuses questions quant à la perception sociale de la chose. Vous allez sans doute trouver mon questionnement tordu et futile, mais je me lance. Comment se fait il que la nourriture soit à ce point et depuis toujours le centre de toutes les convivialités alors que son expulsion est au contraire, auréolée d'un tel tabou ? On imagine avec plaisir se retrouver autour de plâtrées de bouffe pour célébrer tout et n'importe quoi (d'ailleurs si la bouffe était absente de ces célébrations, ce serait un scandale) alors qu'il serait déplacé, ne serait-ce que d'évoquer le bon fonctionnement de nos intestins.
Pourtant, son vocabulaire est omniprésent dans notre langue et semble occuper toutes nos pensées. Mon titre n'en est qu'un exemple. Je ne vous épargnerai pas les "tu me fais chier", "tu m'emmerdes" et autre "crotte". Être dans "la merde" ou dans "le caca" est tout aussi fréquent. On retrouve également les dérivés du type "chier dans la colle", "chier dans les bottes", "chier des rondelles de chapeau"... Il s'agit même de dire "merde" à quelqu'un pour lui souhaiter bonne chance. Pourtant, malgré cette omniprésence dans le verbe, vous resterez un malotru si vous osez aborder le sujet autrement que par des expressions imagées. J'ai d'ailleurs découvert il y a peu que la question "ça va" repose étymologiquement sur des questions de digestion. Pourtant, une fois de plus, il ne viendrait à personne l'idée de poser clairement la question.
Je me demande alors comment gérer cette nouveauté. Les semaines passant, je m'y habitue, dans la mesure où on peut prendre des habitudes dans ce domaine. Je refuse certaines sorties, j'annule certains cours lorsque les signes avant coureurs me permettent de le faire. J'évite d'en parler à mes proches que ça inquiète. J'ai vu deux médecins, j'ai fait des analyses de sang., une coproculture et la semaine prochaine, je me présenterai avec une joie non dissimulée à ma première coloscopie : youpi ! Plusieurs hypothèses se profilaient, intolérance alimentaire, virus, parasite... mais les résultats sont venus "rassurer" tout le monde, tout est en ordre. Si ce n'est que mon ventre n'a pas été informé de ce fait.
Je repense avec le sourire à ces rares épisodes de la littérature ou du cinéma qui viennent traiter le sujet. Marcel Pagnol décrit avec la tendresse d'un adulte qui regarde son enfance la belle Isabelle Cassignol, qu'il considérait alors comme une référence de grâce et de féminité, jusqu'au jour où celle-ci, prise de violentes coliques, perd tout intérêt à ses yeux. Ou encore le personnage de Patrick Cauvin dans Nous allions vers les beaux jours, qui décrit les crampes de la dysenterie comme une horde de chevaux lancés au galop.
Voilà. J'en chie. On ne me trouve rien. L'été approche et je me vide. Certains diront que j'ai besoin de digérer une situation difficile. D'autres préféreront la facilité et mettront ça sur le dos du stress (il a bon dos). Et je n'ai pas de réponse à mes questions.
***
Grand écart.
En cette fin d'année rendue difficile par des paramètres imprévus et indépendants de ma volonté, je suis fatiguée. Ma tête et mon corps sont fatigués.Parfois, il y a comme des déconnexions dans mon quotidien. Réactions machinales et ridicules.
L'autre jour, par exemple, je trainais sur des sites de vente par correspondance : les soldes approchent et je cherche à repérer des vêtements sympas pour cet été. Alors que les pages virtuelles se tournent sous mes yeux, je me rends compte que ce dont j'ai vraiment besoin pour pouvoir porter ces vêtements est une belle paire de jambes. Sur chaque photo, ce qui me plait n'est pas le vêtement mais les longues jambes galbées et halées. Je réfléchis deux secondes : quel site me proposerait une belle paire de jambes et à quel prix ? * Déconnexion.
Trajet en voiture, il y a peu. La chanson diffusée à la radio me plaît et naturellement, je tourne le petit bouton de mon poste et je savoure le son. Et je me dis, très spontanément qu'il faudrait penser à installer le même petit bouton sur la vie, sur chacun de nous, comme ça, quand il y a des moments qu'on aime bien, on peut les intensifier, monter le volume et permettre aux autres autour d'en profiter. A l'inverse, les moments de douleur pourraient être tus. Déconnexion.
Et tout à l'heure devant la télé, cerveau en veille, je veux changer de chaine et je prends ma calculatrice à ma droite qui a servi à faire ma déclaration d'impôts. Il m'a fallu quelques secondes, la regarder, pour me rendre compte que je ne pourrai pas changer de chaine, même avec beaucoup de bonne volonté. Déconnexion.
Je passe beaucoup de temps à ne plus penser, volontairement, je vide ma tête de toute la gymnastique mentale de l'année. Et alors me viennent des mécanismes spontanés de pensée originaux, voire absurdes. Aussi ridicule que cela puisse paraître, ça me fait "avancer le crâne". Je réfléchis indirectement à ces gestes du quotidien, vides de sens et chargés de symboles si on les observe de plus près. Et j'ai l'impression de me libérer. Un peu. Et je trouve dans ces gestes de banalité des réponses que je n'attendais pas.
[* Projet piscine, le stade nautique va me permettre de nager en plein air, cette fois-ci, il va falloir s'y tenir. Je marche déjà, je traine mon Lu sur des chemins de campagne que nous foulons d'un pas rapide, malgré quelques arrêts pour grappiller des cerises.]











