lundi 20 septembre 2010

Des vertes et des pas mûres.

Délicieux ! Il n'y a pas d'autre mot qui me vient pour décrire les quelques jours passés. Une chose est sure, je n'ai pas encore pris mon rythme de rentrée. Je me rends en classe en dilettante. Mes cours sont prêts, je fais bien mes devoirs mais je n'ai pas cette pression habituelle qui monte. Il y a une vraie douceur qui caresse ces dernières semaines estivales.

J'enchaine des sorties, de nouveaux projets, j'en reprends d'anciens, je remodèle, je motive les gens autour de moi. Tout est possible, on peut le faire. Je suis peu chez moi, je file à gauche et à droite, souvent sur les routes...

D'abord, mon escapade dans les Alpes. Une petite fuite en avant, et puis aussi en arrière, à y regarder de plus près. Pendant trois jours, l'insouciance d'être ailleurs, coupée de ma réalité. Et curieusement dans un univers qui m'est familier ou en tout cas qui l'a été. Retrouver des repères qui ne sont plus les miens. Comme j'ai déjà pu le dire j'ai joué à cache-cache avec moi-même, avec celle que j'ai été, qui a évolué là-bas et qui m'a poursuivie trois jours durant. Je ne pensais pas retourner là-bas, je ne m'y étais pas préparée, partie sur un coup de tête même si ça semblait prévu. Je ne m'attendais pas sur place à être ainsi bousculée par mon passé. L'accueil a cependant été des plus agréables. Comme si rien n'avait changé...

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Puis à mon retour, j'ai retrouvé mon grand courageux, l'homme à la déclaration (quel contraste avec les mille questions : le doute face à la détermination), celui qui semble bien décidé à ne pas lâcher le morceau (ici, le morceau c'est moi). Je pensais avoir fait le nécessaire pour le dissuader. Notre premier rendez-vous s'était très bien passé (bien loin cependant de mes divagations). Tout ce qu'il y a de plus classique, des verres bus, des politesses échangées, un peu de timidité partagée, beaucoup de sourires et de regards qui en disent long. J'avais accepté de le voir pour l'écouter. Je pensais que ça tournerait vite en rond et qu'au bout d'une demi heure, il serait content de mettre les voiles. Il est resté deux heures et demi. Je retrouvais des amis ensuite pour une nuit de bringue, je crois qu'autrement, il serait encore resté. Après cela, malgré nos différences évidentes, il a multiplié les messages, plus gentils, tendres et provocateurs les uns que les autres. Impossible de se méprendre sur ses intentions... Même si je n'arrivais pas à savoir jusqu'où il serait capable d'aller. J'ai pris ça pour un jeu. Certes dangereux, mais après tout, plus pour lui que pour moi... Je l'ai revu mardi dernier, un peu dans le gaz à cause du manque de sommeil et des vadrouilles des jours précédents. Puis deux évidences se sont imposées au grand jour : c'est un ancien élève / il me plait. Que faire de ça ? Le laisser venir ? J'ai repensé à la valse de Stéphane, et j'ai décidé de danser...

Alors, quand il m'a dit "samedi, un ciné, ça te dit ?". J'ai souris et j'ai dit oui. Et samedi, il était là, avec ses grands yeux bleus toujours rieurs mais timides. On a bu quelques bières et sommes allés à la deuxième séance. Je n'ai rien compris au film. Inception. Une histoire de rêves piratés en plusieurs dimensions. J'aurais pu comprendre, si je n'avais pas bu tant de bières et si je n'avais pas été à ce point perturbée. Parce qu'il y a eu de belles interférences, tout d'abord, il a pris ma main dans la sienne. C'était si évident et doux que je n'ai rien dit. Il la prise contre lui et a glissé ses doigts tout le long de mon bras. Je sentais sa respiration et tout était tellement doux. Impossible d'essayer de comprendre ce que Leonardo Di Caprio trafiquait devant moi. J'ai tourné la tête plusieurs fois pour croiser son regard qui me disait, "je m'en fous de tout le reste, tu peux pas m'en empêcher". Puis bien sur, sa bouche est venue frôler la mienne, son souffle, ses lèvres si...  Tellement... J'ai chaviré. J'avais dix-sept ans et tout pouvait s'effondrer, je m'en balançais. Que c'était bon ! Le film terminé, j'étais toute sonnée. Nous sommes allés chez moi, on a sorti Lu. On a fumé une cigarette et de retour à l'appartement, on s'est enlacés sur mon canapé comme deux adolescents qui profitent de l'absence des parents. Ses yeux étaient plus rieurs que jamais. De nous deux, c'était moi l'adolescente sans aucun doute. Une vague d'insouciance m'a ruiné le cerveau. Carpe Diem et rien à faire de tout le reste. Je lui ai proposé de dormir avec moi, ça aussi, c'était une évidence. J'en ai oublié qu'il avait été mon élève, qu'il était bien plus jeune, que nous n'avions que si peu en commun. J'avais envie de sa peau, de cette facilité qu'il me proposait, de toute cette tendresse gratuite, sans contre partie. Le petit matin est arrivé avec un appel de ma sœur qui devait débarquer vingt minutes plus tard et qui nous a sortis du lit en urgence. J'ai juste eu le temps de sauter dans un jeans, de l'embrasser encore sur le trottoir devant chez moi et il est reparti comme il était venu, me laissant les yeux cernés du bonheur d'une nuit presque blanche en sa compagnie.

Depuis, échanges de messages plus doux encore que les précédents. Je suis consciente, même si je ne parviens pas à prendre suffisamment de recul, qu'il ne peut rien y avoir de sérieux entre nous. Je sais également qu'il a des sentiments pour moi (je suis incapable de dire lesquels) ce que j'ai du mal à concevoir mais que je respecte. Et dans ce contexte là, je ne voudrais surtout pas le faire souffrir en profitant de la situation. Certains diront sans doute que c'est déjà fait. Alors, je lui ai dit tout ça. J'ai essayé encore de le décourager.De le prévenir en tout cas.  Mais il reste aussi "motivé", même en ayant entendu qu'il n'y aura rien de plus entre nous. Plusieurs fois par jour, je découvre de petits messages sur mon portable. Juste pour prendre des nouvelles, pour dire qu'il pense à moi, qu'il aimerait être dans mes bras. Et derrière ces flots d'eau de rose, je découvre que je n'ai jamais vécu ça. Cette période de séduction si classique, si cliché, je ne l'ai jamais connue. Il y a toujours eu plus de violence dans mes débuts d'histoire. Ici, je crois que c'est un début qui ne peut mener nulle part, mais ce gars me plait : sa spontanéité, son courage, son culot, sa peau, ses yeux, ses mains, sa bouche... Chut !

Alors, je valse !

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dimanche 12 septembre 2010

Une autre vie.

Trois choses, très vite.

Un rendez-vous timide et des mots tendres depuis. Toujours plus précis, et moi qui sais que je dois le freiner dans son élan, pour qu'il n'ait pas mal. Je ne veux pas, je ne dois pas lui laisser l'espoir de quelque chose qui n'arrivera pas.

Un voyage prévu. Anodin et simple à mes yeux. Mais qu'il aura fallu justifier autour de moi. Et je réalise à travers ça que je m'en balance de ce que peuvent dire les gens, de ce qui est conventionnel.

Puis un retour dans les alpages. Un retour en arrière alors que pourtant je vais de l'avant. Et dans ces murs, dans ces rues, dans ces paysages, je cherche celle que j'ai été, avec peut-être même un peu de mépris, de supériorité. Comme un autocollant qu'on colle et qu'on décolle.

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mercredi 8 septembre 2010

Aux frontières du réel.

Tout commence par quelques mots sur un écran, tard dans la nuit. Un ancien élève avec lequel j’ai gardé contact qui prend de mes nouvelles, comme il le fait souvent depuis que je ne suis plus sa prof. Puis au milieu des mots anodins se glissent des remarques. A mon sujet. Agréables et qui en disent long. Pas toujours très fines, ça se veut justement « rentre dedans ». Des compliments évidents. Devant la gratuité des éléments, je me permets de creuser pour essayer de comprendre. Puis arrive l’aveu. Je lui plais, depuis toujours. Il me trouve intéressante, charmante. Il se dit « intéressé ». Je m’arrête à cette déclaration soudaine, avec le sourire niais que peut provoquer une telle surprise, quand il surenchérit en me demandant s’il est possible qu’on se voie. Bien entendu, la demande me surprend plus encore. Il veut mieux me connaître, il veut savoir où il en est. Il avance des arguments que je démolis un à un et tout ça se transforme très vite en un jeu auquel je le découvre très fort. Il a une belle stratégie et semble sure de lui. Derrière le gamin de vingt-cinq ans que je connaissais, insouciant et fantasque, je découvre un garçon déterminé qui a de toute évidence bien cogité son sujet. Le dialogue s’étale sur des heures, durant lesquelles je fume cigarette sur cigarette. D’abord amusée, je me retrouve vite inquiète. Ce que je prends au départ pour des boutades et de la provocation s’avère être en fait très sérieux. Bien entendu, le fait que je réagisse et que je ne mette pas immédiatement fin à cet échange lui a sans doute donné encore du courage. J’aurais surement du ne pas entrer dans son jeu. Mais c’était flatteur, c’était doux. C’était dangereux aussi parce que ce n’est pas n’importe qui. Il reste un ancien élève, certes majeur et libre de ses actes et paroles, mais le rapport entre nous s’est toujours limité à une salle de classe. Au fil de ses mots, je repense à ses sourires, à sa voix, à ses yeux. Et je repense également avec amusement à ce rêve fait il y a des années qui m’avait tant perturbée. Lui, un couloir plongé dans l’obscurité, ses mains sur ma peau, sa bouche sur la mienne. Comme tous mes rêves, beaucoup de réalisme et des images qui me poursuivent plusieurs jours. Je me souviens avoir été troublée en arrivant dans sa salle de classe et avoir soigneusement évité son regard les jours qui ont suivi.

Je n’ai jamais envisagé mes élèves comme des relations potentielles. Lorsque j’entre dans une salle de cours, je ne suis qu’une enseignante, la femme s’efface. Je me plais à dire que je suis asexuée. Pourtant, mes élèves ne sont pas des enfants et nous n’avons souvent que quelques années d’écart. Il y a déjà souvent eu des précédents, des déclarations faites devant la classe pour fanfaronner, des numéros de téléphone accompagnés de smileys griffonnés au bas d’une copie et même une demande en mariage faite genou au sol. Mais jamais rien de plus sérieux. Il m’est également souvent arrivé de voir des élèves en dehors d’une salle de cours. J’ai même tissé avec certains des liens d’amitié forts. Là, les choses semblent différentes. Il annonce haut et fort la couleur, ne tente même pas le guet-apens. Il joue franc-jeu. S’il m’avait simplement proposé d’aller boire un verre, parce qu’il est parfois de passage dans ma ville et qu’il veut me donner des nouvelles, j’aurais bien entendu vu les choses sous un autre angle. C’est courageux de sa part, mais avec le peu de recul que j’ai, je me dis qu’il y a peut-être simplement un défi derrière tout ça : toucher la prof inaccessible. Et je remets en question la sincérité.

Et que veut-il au final ? J’ai du mal à imaginer comment cela pourrait tourner. Une banale histoire de corps ? Une amourette ? Une vraie relation ? Aucune de ces propositions ne me semble envisageable. Pourtant, le trouble est là. C’est un beau garçon, très grand et fort, aux yeux bleus rieurs. J’ai souvenir de quelqu’un d’affirmé et de cultivé. Et j’arrive volontiers à imaginer à quel point il peut être plaisant d’être dans ses bras.

J’ai fini par céder. Je le vois ce soir. Un défi pour moi aussi, lui laisser la possibilité de dire ce qu’il a à dire. Voilà où j’en suis. Angoissée comme pour un rencard. C’est un rencard. Très particulier.

Puis ce qui m’amuse dans cette histoire, c’est le parallèle avec ce que j’ai osé faire il y a deux mois à peine : avouer à quelqu’un qu’il me plait. Le sentiment de difficulté, de prise de risque est encore tout frais pour moi. Surtout que dans mon cas, ça se termine par une belle gamelle. Du coup, je respecte son audace. Je ne veux pas lui claquer la porte au nez sans même lui laisser une chance. Puis, ce qui me plaît, c’est le contraste avec la trituration de cerveau que je viens de subir. C’est direct, il y a même quelque chose de violent dans la façon de faire. J’apprécie la spontanéité, le culot. J’apprécie qu’on me bouscule après tous ces silences et ces non-dits.

A propos de la gamelle, j’ai vu hier soir l’homme aux mille questions. Soirée anodine dans un bar après mon cours de théâtre. Je les rejoins tard, je suis alors agitée de questions intérieures. Et comme ça doit se voir comme le nez au milieu de la figure, on me questionne. Je réponds, malgré la présence autour de la table de Nam et de l’homme aux mille questions. Après tout, je ne leur dois rien, la boucle est bouclée, court circuit pour tous les deux. A mes mots, le premier sourit. Il me taquine, me cherche, se montre grossier, s’énerve pour des détails et finit par partir fâché sans dire au revoir. Le deuxième reste silencieux, bouche bée et prétexte finalement une grosse fatigue pour rentrer chez lui. Après leurs départs, ceux qui restent s’interrogent sur ces réactions. Personne ne sait vraiment ce qu’il y a eu avec l’un et l’autre. Pas grand-chose au final, mais quelques éléments qui leur auraient permis de comprendre peut-être ces réactions. Oui, parce qu’il parait qu’avant mon arrivée, tout ce petit monde était en pleine forme. Je ne m’attendais pas à ça. Peut-être un hasard, mais les yeux de l’homme aux mille questions m’ont interrogé. Comme s’il me disait « Déjà ? Tu es passé à autre chose ? Tu n’essayes même pas de te battre ? Ce n’était que ça pour toi ? ». Peut-être que l’interprétation que j’en fais est bien exagérée mais c’est comme ça que je l’ai perçu, je l’ai senti déçu. Et je me suis moi-même étonnée, finalement cette surprise me permet de passer à autre chose. Même si ça n’aboutira probablement à rien, je réalise que ça me permet de tourner une page.

Puis je lui en veux. Non pas que je cherche une vengeance, mais je n’ai aucune raison de le ménager compte tenu de ce qu’il m’a fait. Ce sentiment va sans doute s’estomper très rapidement et j’espère que plus tard, nous pourrons en reparler, mettre les choses à plat. Saura-t-il un jour me dire pourquoi il a joué à ça. Je ne perçois aujourd’hui les relations entre homme et femme que comme un jeu. Je ne parviens plus à y voir quelque chose de sérieux : futilités, doutes, enjeux trop personnels. Chacun ne pense qu’à ses intérêts ou a quelque chose à se prouver. Les notions de partage et d’échange, de découverte et de respect de l’autre semblent avoir disparu.

Alors voilà, à dix-huit heures, c’est dans cet état d’esprit que je vais m’avancer timidement vers mon lieu de rendez-vous, sous un ciel bas et pesant. Partagée entre le cynisme de celle qui n’y croit plus et la boule au ventre de celle qui sait que tout peut arriver. Remember, tout est possible !

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samedi 4 septembre 2010

Quand on se tate le bulbe.

Parenthèse refermée. Enfin, c'est ce qu'on dit. Une réponse est arrivée mardi soir. Il était temps. Avec le peu de recul que j'ai, je trouve le personnage détestable. Je résume la situation. Mi-juin, je prends mon courage à deux mains pour lui exprimer avec difficultés les "sentiments" que j'ai pour lui. Il me répond en toute franchise (ce que j'apprécie) qu'il n'est pas prêt et ce, avec le traditionnel couplet "tu es une fille exceptionnelle et nous resterons toujours amis". Parenthèse refermée. Deux mois et sept mille kilomètres plus tard, il me dit que la situation n'est pas si simple, qu'il y a beaucoup réfléchi et qu'il a encore besoin de temps. Parenthèse rouverte. Nait en moi un espoir qui me bouffe rapidement. Partagée entre la nécessite de me protéger et les papillons d'une possibilité, je ne mange plus pendant près d'une semaine. Gamine poireautant à côté de son téléphone. Bien entendu, celui-ci ne sonne pas. Il faut que moi-même je mette fin par mail à cette macération douteuse pour qu'il en vienne à m'écrire que lui aussi en était arrivé à la même conclusion : ça n'évoluera pas. Détestable parce qu'il m'a fait joué le rôle d'une ado de quinze ans. Pourquoi avoir fermé puis rouvert, puis refermé cette porte ? J'en viens à me dire que moi-même je n'aurais jamais du l'ouvrir, que je m'étais sans doute trompée sur sa personne. Je voyais quelqu'un de fort, de déterminé, de spontané. Je vois aujourd'hui quelqu'un de torturé et d'indécis, un courant d'air. Il avait raison sur un point : il ne sait pas où il en est. Mais qui le sait ?

Cette dernière boucle qui finit en cul-de-sac me conforte encore dans cette idée décidément tenace que je ne suis pas faite pour une histoire à deux. Mon histoire s'écrira seule dans les prochains temps. Nam avait déjà tracé les premières lignes de cette réflexion, j'y mets un point. A quoi bon chercher à construire ou à connaitre l'autre quand cela génère tant de doutes et d'affres ? La tranquillité et la sérénité passent par la solitude. Une indépendance qui me permet tellement de choses.

Je passe le week-end chez mes parents absents. Je suis de garde de Grand-mère. J'avais lancé les invitations à gauche à droite, mais personne ne semble bien motivé. Je suis d'ailleurs agacée de devoir courir après les gens pour obtenir des réponses. Je vais sans doute troquer un week-end festif contre deux jours de solitude à la campagne. Curieusement, la seule personne à m'avoir répondu avec certitude, c'est lui, l'homme aux mille questions. Pas de nouvelles de lui jusqu'à maintenant. Viendra-t-il ? J'en doute. Se savoir seul face à moi, alors qu'il n'a pas su m'affronter les derniers jours, va certainement lui coller une belle frousse. J'aurais eu des questions à lui poser : pourquoi avoir agi ainsi, pourquoi m'avoir fait languir, qu'est ce qui a pu susciter ces doutes ? Mais je sens qu'il ne viendra pas et que je n'ai pas besoin de poser ces questions. Et finalement, l'idée de passer deux jours seule me convient. J'ai besoin de temps pour moi, je me sens mieux maintenant que la question ne se promène plus au-dessus de ma tête, je mange à nouveau et je pense avec joie aux événements à venir.

J'ai eu mes premières classes. Ils sont pleins de bonnes résolutions et de motivation pour attaquer cette rentrée. J'ai été surprise de les voir fourmiller de questions et de projets. Bien que l'idée de poursuivre les cours à M. ne m'enchantait pas, les premiers contacts que j'ai eus avec eux m'ont donné envie de m'engager sur une nouvelle année. Une année qui s'annonce plus légère que la précédente : moins d'heures de cours, plus de temps pour moi, pour des projets qui s'éloignent un peu de l'enseignement. Le théâtre fait partie de mes priorités. Interventions pour des associations, mise en scène, création de nouveaux ateliers... L'écriture aussi. Si je parvenais à trouver le temps, à m'aménager des moments à moi, j'aimerais donner naissance à des écrits concrets : nouvelles, pièces de théâtre...

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samedi 28 août 2010

Vitamine C.

De retour chez moi. Moi, de retour. J'ai un peu été une autre tout l'été et il a fallu se retrouver. Pas une autre fausse, simplement une moi-même que je ne connaissais pas et que je ne soupçonnais pas. Le retour s'est accompagné de tout un tas de sorties, de vadrouilles et de délires. Un atterrissage en douceur. Puis cette semaine, je suis restée chez moi, sortie si peu. Il a fallu ces quelques journées de solitude pour faire le point avant de rependre une année qui sera peut-être finalement très proche de la précédente. J'ai essayé de trouver d'autres employeurs, d'autres pistes de travail, mais mes demandes restent pour le moment sans réponses.

Autre piste, qui me semblait bloquée et qui ne l'était peut-être pas tant que ça. La question de fin juin, celle qui s'était soldée par une réponse négative, s'est reposée, sans que je ne m'y attende. Le week-end dernier, j'ai retrouvé des amis pour deux jours en montagne. Je savais qu'il serait là, mais je taisais cet espoir qui chuchotait. Je craignais simplement une gène. puisque nous ne nous étions pas vus depuis les mots. Finalement, la soirée a filé, tout était naturel et j'étais heureuse. Puis est arrivée l'heure où chacun est parti se coucher. Nous passions la nuit sur place, j'avais décidé de me faire une nuit seule à la belle, alors que les gars rejoignaient leurs douces couettes. Je suis partie chercher mes affaires restées dans ma voiture. A mon retour, il était seul et m'attendait, tous les autres ayant déserté les lieux pour une bonne nuit de sommeil. Le lendemain, une belle rando nous attendait. Lui, il était toujours là, et il voulait parler, à ma grande surprise, puisque pour moi, la porte avait été  gentiment refermée. Les mots sont sortis aisément me semble-t-il, l'alcool ingurgité toute la soirée aidant. D'ailleurs, tout ce qui me reste de ces échanges est un peu confus. Je sais qu'il m'a prise dans ses bras, qu'il voulait en savoir plus sur moi, sur cette "déclaration". Impossible pour moi de traduire cela avec des mots précis, ça reste un patchwork d'impressions et de sensations. Nous nous sommes couchés des heures après, sans qu'une conclusion viennent mettre fin à cet échange.

Le lendemain, ce fut une des rando les plus dures de ma vie. J'en ai bavé, au propre comme au figuré. L'alcool de la veille, les quelques rares heures de sommeil, les clopes m'ont coupé le souffle. J'aurais aimé revenir sur les mots de la nuit, mais les circonstances ne le permettaient pas. Je suis donc rentrée éreintée dimanche soir avec des questions pour me ronger le ventre. J'ai su rester silencieuse jusqu'à lundi soir  (quelle patience) et j'ai pondu un de mes traditionnels mails, de ceux qui viennent dire ce que je suis incapable d'articuler. Le mail est resté sans réponse jusqu'à ce matin et autant dire que j'ai passé une semaine à me torturer le cidoulot. A tourner en rond dans mon appart', à fumer et à danser, à commencer des activités que j'étais incapable de terminer, concentration impossible, à alterner colère, espoir et résignation. Puis finalement, une réponse qui n'en est pas une est arrivée ce matin. Il n'y a pas de "oui", pas de "non" et pas même de "peut-être". Il n'y a pas de "maintenant" et pas de "plus tard". Il baigne dans le doute, je ne parviens pas à savoir ce qui le perd à ce point et le savoir dans une telle situation me fait presque regretter d'avoir parlé. Pour moi, il n'y avait que deux options, question simple oblige. Il a réussi à se perdre entre les deux. Et me voilà moi aussi larguée. Je me dis qu'il faut que je me préserve de ça, que je n'ai pas envie de jouer, j'y ai déjà perdu quelques plumes l'automne dernier. Et j'ai passé l'âge de ce genre de triturage de cerveau. La balle est dans son camp et je ne dois pas attendre qu'elle revienne. Si facile à dire. A ce stade de questionnement, j'aurais préféré qu'il me dise "merde"...

To be continued... Ou pas.

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vendredi 27 août 2010

Voilà où j'en suis.

boucle

Presque un mois et demi que Diane Groseille se tait. Pourtant, elle est toujours là.

Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage et s’est retourné plein d’usage et raison. Mais je ne vais pas vivre entre mes parents le reste de mon âge. Au contraire, bien au contraire.

Assise sur la moquette bleue et moelleuse d’un appartement avec vue sur l’Océan Atlantique, je pianote sur le clavier de mon netbook les quelques mots que je n’ai pas pu écrire depuis des semaines. Devant moi, un écran de télévision carte postale diffuse un reportage sur la naissance de la musique pop. Je retrace les dernières semaines sur fond de Beatles, de Bob Dylan et de Stones.

Je mettrai fin dans quelques jours à peine à un mois de vadrouille intense. Moi qui craignais de voir se reproduire cet été le néant affreux de l’an dernier, j’ai finalement construit, avec culot et peut-être même inconscience, un été de surprises et de nouveautés, radicalement différent du précédent.

Le mois de juin tout d’abord a été celui de toutes les festivités. Je n’ai rien refusé et j’ai ainsi multiplié les sorties, les rencontres, les fiestas en tout genre. Aux côtés de mon groupe d’impro, mais aussi avec Tine, le Pooh et d’autres. J’ai souvenir en particulier de ce festival plein de spontanéité avec quatre improvisateurs dans le vent, où chacun a su se lâcher et danser et chanter jusqu’au bout de la nuit. Avec cette impression de symbiose et de facilité. Il y a eu aussi ces nombreuses soirées à gauche à droite, celles aussi où j’aurais aimé me dédoubler pour être à deux endroits en même temps et même celles où j’ai su me multiplier pour profiter au maximum de chaque instant. Malgré ce vent de folie, j’appréhendais l’arrivée de l’été. Je savais que beaucoup allaient mettre les voiles vers d’autres horizons et je m’imaginais déjà seule et abandonnée, livrée aux idées noires qui apparaissent dans le vide.

D’abord, j’avais eu l’idée de faire du wwoofing dans une ferme avec des chèvres. Je voulais de l’air et de la solitude. Je voulais quelque chose de nouveau, quelque chose que je n’avais jamais vécu et dont je pourrais tirer un vrai enrichissement. Puis le temps a passé, je n’ai pas su m’informer. Ces longues semaines de printemps enfin arrivé ont filé si vite que le début du mois de juillet est venu sans que je n’aie aucune possibilité à l’horizon. Autour de moi, on me demandait avec scepticisme ce que j’allais faire de ces deux mois de vacances bien mérités. Je lisais le doute dans les yeux de mes interlocuteurs à l’annonce de mes projets. Et moi-même, je finissais par ne plus y croire. Puis un soir, ma sœur m’a parlé de colonies de vacances. Bien sur, c’était une option. Depuis 2003, plus de jolies colonies de vacances pour moi. Ma relation avec Neb avait définitivement fermé cette porte. Puis je pensais avoir passé l’âge. J’ai cependant très rapidement jeté un œil curieux sur un site de petites annonces. Et perdues au milieu de nombreuses offres classiques, quelques propositions ont su attirer mon attention. J’ai passé quelques coups de fils innocents, envoyé quelques CV sans vrai espoir et un jeudi soir, alors que je venais de donner mes dernières heures de cours, on m’annonçait que je partais le samedi matin pour trois semaines à travers l’Europe de l’Est. En urgence, j’ai dévalisé le Décathlon, j’ai fourré dans un sac à dos les affaires qui me tombaient sous la main, j’ai réglé les factures qui trainaient sur mon bureau, Lu a été casé chez mon frère pour être par la suite rapatrié chez mes parents. J’ai pris un billet de train et je suis partie.

Le samedi suivant, à 5h37, je montais dans un train sans savoir vraiment où il me menait, mais ça n’avait pas d’importance, parce que j’y allais. J’ai passé trois semaines à travers l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la République Tchèque, l’Autriche. Je suis partie dans des pays qui paradoxalement ne m’attiraient pas plus que ça. Pays souvent sources de préjugés et qui m’ont montré un visage que je ne présageais pas : moderne, courageux, souriant. Ce périple s’est effectué avec sept jeunes de quinze à dix-sept ans. Un petit groupe magique (on aurait du les choisir qu’on aurait pas fait aussi bien). Impossible cependant d’expliquer en détails ce que cela a été de joie, de surprise et de découverte. Je me suis dit à plusieurs reprises que j’étais devenue celle que j’avais voulu être et que je n’imaginais pas pouvoir devenir. Plus de limites, plus de peur, tout devenait possible.

Je suis rentrée vendredi dernier à minuit. Samedi soir, je repartais en pleine nuit avec Tine pour une traversée de la France qui allait nous mener à l’autre extrémité de l’Europe : la pointe Bretonne et sa fraicheur immuable. Celle qui n’a pas changé depuis mon enfance, celle synonyme pour moi de vacances depuis que je suis toute petite. Rien ne lui arrive à la cheville. Je retrouve le kouing aman, le caramel au beurre salé, les cartes postales écrites sur la plage, les balades dans les ruelles de petits villages fleuris d’hortensias et de roses trémières, les fars aux pruneaux, et les phares sans pruneaux, la bruine, ces paysages que l’on croit reconnaitre et qui peuvent se métamorphoser au moindre coup de vent.

Dans deux jours, je serai de retour chez moi. Difficile de m’imaginer dans ma région, dans ma ville, dans mes meubles après un mois d’errance. Ni tout à fait la même, ni tout a fait une autre. Sans aucun doute grandie et sereine quant à ce qui va suivre. Humble aussi d’avoir vu et appris tant de choses, grâce à ces gens rencontrés, ces pays traversés dont je me suis imprégnée.

Côté cœur (mais c’est de quel côté au juste ?), rien de nouveau sur ma planète. Enfin, tout reste possible car même dans ce domaine, je ne me suis pas reconnue. Depuis de longues semaines, pour ne pas dire des mois, j’étais sous le charme (je le suis toujours) d’un garçon (faut-il dire un homme ?) de mon entourage proche. Tout me plaisait en lui et je me reconnaissais (pourquoi l’imparfait d’ailleurs puisque c’est toujours le cas et que d’ailleurs je le trouve parfait). Il est celui que je ne cherche plus, il me plait. Alors, un soir, ou plutôt une nuit, disons même au petit matin, l’ivresse des heures passées aidant, je lui envoie un message. Il dort à ce moment là à quelques mètres de moi, dans une autre pièce et je viens de le quitter. Je sais que nous allons nous retrouver à notre réveil, je veux qu’il sache ce que j’ai sur le cœur, dans la tête ou ailleurs. Prétérition, je ne peux lui dire ces mots que je ne parviens à formuler et je lui dis que j’aimerais lui parler. Tout cela reste mystérieux, pour lui comme pour moi. Les mots ne viennent pas, il ne veut de toute évidence pas que je les dise. Le petit jeu dure quelques jours. Je sais que lui avouer mes impressions présente deux risques : la réciprocité qui demanderait à ce que l’on s’engage ou l’indifférence qui me laisserait un goût amer et qui en plus risquerait de gâcher la complicité très forte que nous avions jusqu’alors. J’ai finalement tenté le coup, pleine de franchise et très directe bien que je ne puisse nommer avec précision les sentiments que j’ai pour lui. Je lui trouve ce petit grain de folie que je trouve rarement et qui me séduit tant, je lui trouve ce charme unique qui fait de lui quelqu’un de si particulier. Il a finalement répondu ne pas savoir où il en était, avoir besoin de temps pour se trouver, ne pas savoir de quoi sera fait son futur (mais qui le sait ?). Exactement les mots que j’aurais pu moi-même choisir dans pareilles circonstances. Cette réponse arrivait le 22 juin. Il partait alors pour un périple un peu mystique de trois semaines. Je faisais de même deux semaines plus tard. Un voyage à la recherche de soi-même. Un voyage à travers lequel on s’oublie au profit de l’autre et de l’instant dans l’espoir de finalement mieux se retrouver.

Durant mes longues trottes à travers les rues des capitales européennes, le long du Danube ou sur le Pont Charles, sur les plages de galets ou sur les sentiers hongrois, dans les rues bourgeoises de Vienne ou sur les trottoirs chargés d’histoire de Cracovie, je me suis surprise à penser à lui, un clin d’œil, imaginer sa bouche, penser à ses yeux, une fraction de seconde à chaque fois provoquant un petit sourire à l’intérieur. Pourtant, sa réponse est négative et connaissant sa détermination, elle le restera, mais je ne sais expliquer ce qui provoque malgré tout cette petite étincelle. Peut-être la satisfaction d’avoir osé lui dire ce que je voulais exprimer. Impression de force.

Je rentre dimanche. Neb débarque lundi. Mardi au plus tard. Il m’a annoncé ça alors que j’étais encore sur les routes. J’ai cru comprendre sans y prêter trop attention qu’il passerait la semaine chez moi. Je suis heureuse de le voir. J’aimerais juste que ce ne soit pas trop dur, que les choses soient claires. J’aimerais qu’il ait compris tout ça sans que j’aie besoin de le lui dire. Et il y a comme un pressentiment. Ses sentiments sont-ils toujours les mêmes ? Pense-t-il que nous avons encore quelque chose à faire ensemble ? Un bout de chemin, une nuit, un futur ? Pour ma part, je le répète, la boucle est bouclée. Je l’apprécie beaucoup, mais ça ne va pas plus loin et je ne peux effacer toutes les déceptions vécues, subies, douloureuses.

La rentrée va arriver à pas de géants. Aucune certitude quant à ce qui m’attend. J’aimerais ne plus travailler à M. parce que les choses s’y sont mal passées cette année, et parce que cela me demande beaucoup de temps (la route, les classes surpeuplées, les copies à corriger dans des délais très courts). J’aimerais pouvoir accorder plus de temps à mon Lu, au théâtre, à des loisirs, du sport... L’an passé a été trop difficile : impression récurrente de passer à côté de moi-même, de m’oublier.

Voilà où j'en suis après des semaines de désertion de blog. Voilà où j'en suis après des mois de doutes. Voilà où j'en suis et je n'y suis déjà plus.

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lundi 21 juin 2010

Juin.

Tout file trop vite.

Sur les jours passés, j'ai visité une exposition d'art contemporain, j'ai fait un barbecue avec des copains, j'ai assisté à un tournoi de ping pong, j'ai fêté le nouveau statut de professeur de mon frère, j'ai dit "ta gueule" deux fois à Nam, j'ai donné une représentation de théâtre de princesses, j'ai rempli des centaines de bulletins, j'ai refusé de répondre au téléphone, j'ai dormi une dizaine d'heures, j'ai mangé peu et mal, j'ai lu Un cœur à l'étroit, j'ai passé des heures à jouer au Mah-jong, j'ai vu une offre d'emploi taillée sur mesure pour moi, j'ai changé mes projets pour cet été, j'ai fait des marchés aux puces, j'ai mangé au resto avec the Pooh, j'ai mangé japonais...

Sur les jours à venir, je vais manger brésilien, je vais faire la fête à un festival de musique en plein air, je vais animer mon premier match d'impro en tant que maître de cérémonie, je vais aller passer quelques jours sur une île bretonne, je vais reprendre mes fonctions d'animatrice de camp itinérant, je vais dormir un peu plus et reprendre une alimentation "normale", je vais écrire une pièce de théâtre, je vais être en vacances...

C'est tout pour aujourd'hui et c'est déjà beaucoup.

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lundi 7 juin 2010

Mes jambes nues dans les fougères.

Deux jours merveilleux, pleins de soleil. Mise en lumière de certains éléments qui restaient dans l'ombre. 

 

Samedi soir, repas avec mon groupe de théâtre. Un parmi tant d'autres les derniers temps. C'est bon et simple d'être avec eux. Depuis la rentrée, les liens se sont faits plus forts et j'apprécie tout particulièrement leur compagnie. Nous construisons ensemble, nous partageons et bien que nos caractères soient très différents, nous arrivons à être soudés dans cette démarche. A venir, de beaux projets qui vont finaliser notre année de travail.

 

Puis, hier matin, j'ai pris la route pour la montagne. Accompagnée de Nam, de Lu et de ma belle Tine, nous avons trotté de longues heures dans les pentes des Vosges, serpentant entre les rochers, les ruisseau et dans les herbes folles et fleuries. C'était la première fois que je revoyais Nam en dehors de notre petit cercle et j'appréhendais un peu ses réactions. Il a été on ne peut plus correct, évoquant à peine parfois ce que nous avons vécu. Il y a si peu à dire sur le sujet que je n'en attendais pas moins de sa part.

J'ai aimé l'effort, le souffle coupé, les paysages magiques à cette période de l'année digne des contes de fées. Tine et moi nous attendions parfois à voir filer un gnome dans les sous bois tant le décor semblait fantastique.

 

Je connais Tine depuis longtemps. Elle est une amie du Pooh. Quand nous étions encore étudiantes, nous n'avions rien en commun et les soirées passées ensemble ne faisaient qu'appuyer ce manque d'affinité. Je profitais alors de ma jeunesse en me risquant sur des chemins excessifs, alors qu'elle traversait une vie d'étudiante modèle. D'ailleurs très souvent à l'époque, j'ai perçu des reproches, une animosité, par rapport non seulement à ma façon de faire, mais également à la mauvaise influence que je pouvais avoir sur le Pooh. Puis le temps a passé. Chacune d'entre nous a élaboré sa vie d'adulte. Je l'ai revue souvent, toujours par personne interposée. Puis l'an dernier, alors que j'en bavais et que tout me semblait insurmontable, elle traversait les mêmes difficultés. Souvent, le Pooh m'en parlait et nous avons finalement eu l'occasion d'en parler ensemble. Et comme nous vivons toutes les deux seules dans la même ville, nous avons commencé à nous voir seules, autour d'un verre, devant un film, pour une balade. Aujourd'hui, elle est une personne très proche de moi, sur laquelle je peux compter et dont j'apprécie la spontanéité et la joie de vivre.

Pendant que nous trottions, je réfléchissais aussi à mon futur, aux prochains mois. Comme chaque année, c'est une période d'incertitude. Je ne sais pas de quoi va être faite ma prochaine année scolaire. J'appréhende toujours un peu. Je veux faire des choix pour améliorer les choses, mais choisir c'est renoncer et parfois, d'autres font les choix à ma place. Alors que j'évoluais dans un pierrier réputé particulièrement dangereux et que je cherchais où poser mes pieds pour avancer en toute sécurité, ces idées me traversaient l'esprit. Je voyais chaque caillou comme une stabilité future. Et ce pierrier comme une métaphore de ma vie. Où prendre appuie pour ne pas perdre l'équilibre, quels risques prendre ?

Marcher, c'est définitivement avancer.

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jeudi 15 avril 2010

Mélancolie aigre douce.

Je cumule. Y’a des semaines comme ça. Celles où tout vous file entre les doigts et où les objets qui paraissent animés d’une intelligence malsaine semblent déterminés à vous gâcher la vie.

J’ai rayé l’écran de mon appareil photo, j’ai cassé ma machine à pain, j’ai le phare droit de ma voiture qu’est fusillé, j’ai pris trois éclats sur le pare-brise rien que cette semaine, dont un qui part en étoile et qui semble déjà « plus gros qu’une pièce de deux euros », parait que j’ai une fuite sur le balcon et ma voisine se plaint de problèmes d’infiltration, mon PC plante en permanence, mon téléphone portable se coupe quand bon lui semble, en particulier quand je suis en ligne.

J’ai pris cinq kilos cet hiver. Je mange des raviolis en boîte et je me goinfre de chocolats de Pâques sous prétexte que faut bien les finir. Je me fâche avec les gens, en particulier ceux qui seraient en mesure d’assurer la pérennité de mon poste l’an prochain. Je suis débordée par des copies, des bulletins, des livrets scolaires, des rapports à corriger… Je traine. Putain de procrastination. Je me retrouve à travailler dans l’urgence et à rendre des éléments en retard.

Et pire que tout. J’ai repris la clope. J’avais arrêté en octobre 2002, après un accident de voiture. J’avais eu peur et on m’avait dit que j’avais eu beaucoup de chance. Je pensais alors que c’était dommage de gâcher cette chance qui m’était donnée avec la cigarette qui me dégoutait profondément. J’ai arrêté très facilement, l’aversion et l’inquiétude aidant. Je pensais être à l’abri car plus de sept années avaient filé. Puis je ne sais pas ce qui s’est passé. Je n’ai pas réfléchi. Tout a commencé par quelques bouffées tirées sur la cigarette d’une autre pendant des soirées un peu arrosées, puis par une cigarette taxée avec interdiction de l’allumer moi-même. Puis en début de semaine, j’ai acheté un paquet. Comme un zombie, je me suis rendue dans le bureau de tabac le plus proche. Je me regardais faire de l’extérieur, comme si ce n’était pas vraiment moi qui faisais ça. J’ai été étonnée du prix qu’on m’a annoncé mais j’ai payé. Personne n’aurait pu m’en empêcher : c’est une histoire entre moi et cette autre que pensais endormie et qui s’est réveillée. Tout est revenu très vite : la cigarette qu’on fume le matin au réveil, celle si douce qui vient clore un repas, ou encore celle que l’on fume au volant de sa voiture. Accompagné d’un plaisir parfois, mais aussi très souvent d’un écœurement rapide. Je voudrais croire que je vais arrêter très vite, que ce n’est, une fois de plus qu’une mauvaise chute. Je ne sais pas. J’ai honte de moi. Vraiment. Pas même par rapport aux autres, mais pour moi-même. J’avais écrasé un démon qui revient.

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vendredi 26 mars 2010

Tempête.

Ce matin, encore un soleil timide puis il a pris la fuite. Normal, voilà le week-end. On aurait pu en profiter. Il a fait beau toute la semaine et... Depuis quelques heures, c'est le déluge, vent et pluie. Moi, ici, toujours enfermée dans une salle de cours à surveiller des étudiants épuisés par une semaine d'examens blancs, je subis une tempête intérieure.

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Je ne suis pas susceptible, il n'y a pas grand chose qui puisse me froisser. Mais quand on touche à ma façon de travailler, je deviens une lionne. Et là, j'enrage depuis hier soir. Voilà quelques semaines que la tension était palpable dans un des centres où j'interviens. Le seul où les gens ont pris pour habitude de s'aboyer dessus, plutôt que de communiquer poliment. Puis il y avait également tous ces petits dysfonctionnements : plus de photocopieuse, changements d'emploi du temps dont on m'informe le matin même, retours des élèves déçus, heures de cours non payées... Alors, au bout de trois mois de ce régime, je prends ma plume virtuelle pour en faire part à la directrice (que je ne vois jamais car mes heures ne sont de toute évidence pas les siennes). Je m'applique dans les tournures de phrase et dans la diplomatie... Je sais qu'il ne doit pas être facile de recevoir ce type de message, et qu'en plus, je n'étais sans doute pas la première à manifester mon mécontentement. En gros, je lui mettais son museau dans le caca, mais en douceur. Je m'attendais à ce qu'elle me rassure quant au délai et à une amélioration à venir. Et celle-ci, vexée sans doute par mes remarques, m'a renvoyé hier soir un mail dans lequel elle remettait en question mon implication et se servait de cet élément pour expliquer tous les désagréments rencontrés. La formule était savante : "On s'est toujours adapté. Pour cela il faut de l'implication ce que je ne ressens pas forcément chez toi ces derniers temps." Une colère liquide m'a envahie. Celle qui fait des vagues. Celle qui ne supporte pas la goutte de trop. Et depuis, comme un acide, elle me ronge. J'ai besoin de mettre des mots dessus, de rabattre son caquet à l'incompétente. Sa mauvaise foi me dégoutte. Et je vais le lui faire savoir...

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