mardi 21 juillet 2009
Cogito Ergo Sum.
Je suis une entité. Je suis une terrienne. Je suis une humaine. Je suis une européenne. Je suis une Française. Je suis une Alsacienne. Je suis une habitante de ma ville.
Je suis une personne. Je suis une femme. Je suis une adulte. Je suis une trentenaire. Je suis une citoyenne. Je suis une électrice. Je suis une voisine. Je suis une propriétaire. Je suis une employée. Je suis une collègue.
Je suis une consommatrice. Je suis une cliente. Je suis une patiente. Je suis une spectatrice, une téléspectatrice, une lectrice. Je suis une internaute. Je suis une ménagère de moins de cinquante ans. Je suis une écolo. Je suis une adulescente. Je suis une midinette. Je suis une fan de Coldplay, de Radiohead, du Japon, des films d'horreur, de la photographie et de tant d'autres choses. Je suis une touche-à-tout.
Je suis une fille. Je suis une sœur. Je suis une nièce, une filleule, une cousine, une petite-fille. Je suis une amie. Je suis une confidente. Je suis une copine. Je suis une ex'.
Je suis une enseignante, une prof, une formatrice. Je suis une vacataire. Je suis une animatrice d'atelier de théâtre. Je suis une donneuse de leçons. Je suis une photographe. Je suis une cuisinière. Je suis une boulangère. Je suis une jardinière. Je suis une "écrivaine". Je suis une violoniste.
Je suis une caractérielle, une emmerdeuse, une chieuse. Je suis une curieuse. Je suis une gourmande. Je suis une paresseuse. Je suis une grosse dormeuse. Je suis une égoïste. Je suis une timide. Je suis une intellectuelle. Je suis une indécise. Je suis une casanière. Je suis une frustrée. Je suis une maniaque. Je suis une romantique. Je suis une niaise. Je suis une trouillarde.
Je suis UNE.
Unité. Article indéfini féminin singulier. Plus indéfinie que jamais, malgré les efforts fournis plus haut. Et définitivement singulière et à accorder au singulier.
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vendredi 1 mai 2009
Force centrifuge.
Dans le désordre, éparpillés et de tailles variables.
J'ai à l'intérieur de moi des courses dans les herbes folles qui chatouillent les jambes, le souffle coupé, derrière ma maison de "quand j'étais petite", là où le ruisseau raconte la fraicheur et les promesses. Des baisers épicés sur des plages de Martinique, le temps arrêté, concentré sur ces sensations si fortes. Des ivresses secouées sous les stroboscopes colorés, sourds et inconscients, le corps engourdi. La peau contre ma peau et le plaisir violent d'une nuit unique, à chaque fois. Des couvertures rassurantes au coin d'une cheminée, le temps d'une pause. Le papier qui crisse sous une plume. La rugosité de la main d'un homme dans la mienne.
J'ai à l'intérieur de moi des mots isolés dans des instants : "jamais", "capricieuse", "merci", "je t'aime", "peut-être". Des cloches qui annoncent la sortie de l'école à midi. Des numéros de téléphone, des dates et des adresses, comme des notes de musique. Des échos de voix qui me poursuivent plusieurs minutes après la fin des cours. Des rires, des éclaboussures de mots, des cris. Des violons qui m'ont donné envie de m'y mettre et qui resteront toujours. Des chansons d'enfants, ritournelles entêtantes. La voix de Jeff Buckley, bien avant que l'on récupère son Alléluia pour le diffuser partout en boucle. Les cris de Jim Morrison derrière son corps de lézard. L'émotion de la voix de Thom Yorke, ses peines et sa force.
J'ai à l'intérieur de moi des clémentines et du pain d'épices pour les longues soirées d'hiver. Les soupes de légumes des dimanches soirs pour se guérir de la tristesse de la semaine à venir. Mais aussi le colombo qui n'est plus pareil depuis 2000, découvert sur les trottoirs chauds de Fort de France. Les bonbons à la violette, et ceux trop acides, mais jamais assez, ceux qui crépitent dans la bouche et qu'on ne trouve plus nulle part. Les fruits, le parfum des fraises, le jus des cerises, l'acidité d'un abricot trop ferme. Le surprenant poisson cru, le gluant des vermicelles de soja, les épices du monde entier. La fraicheur d'un fromage de chèvre trop frais, mangé sur le trottoir d'un marché plein de soleil. Le goût du vin quand on en a déjà trop bu. La saveur du tabac sur les lèvres de celui qu'on embrasse. Les goûts que je ne connais pas encore et tous ceux que je vais encore découvrir.
J'ai à l'intérieur de moi la lumière verticale de la Martinique. Celle horizontale d'un chant de maïs de mon enfance. Les nuits étoilées et froides qui voyaient passer le Saint Nicolas. Les regards de centaines, de milliers de personnes, leurs sourires. Des papillons brillants qui tombent du ciel sur une chanson. Des milliers de photos que mon appareil n'a pas prises et que mon œil a captées. Des cardamines sur un talus lumineux. Des valises qui contiennent des tonnes de paysages. Des endroits que je n'ai jamais vus si ce n'est en rêve.
J'ai à l'intérieur de moi des parfums de lessive imprégnés sur des vêtements. Le Cacharel pour homme. Les huiles de bronzage qui ont toujours eu les mêmes odeurs et qui correspondront toujours à des vacances. L'odeur du crépis trop récemment passé dans cette maison de bord de mer. Le moisi, toujours et encore, comme la pire des odeurs, et sans doute juste derrière, le pipi de chat. Des dimanches matins qui sentent le pain chaud. La lavande, la noix de coco, le thym et la cannelle. La magie, l'alchimie de ces mélanges qui ont la capacité de nous plonger dans des univers pourtant évaporés.
Je suis riche.
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dimanche 4 novembre 2007
A quel point je déteste le dimanche soir.
J'ai tout préparé pour mes cours, je sais que la semaine va être douce et agréable, je sais que le travail ne me fait pas peur, bien au contraire, on a couru ce matin, dans un soleil éclatant dans les feuilles jaunes, on a trainé cet après-m', confort de couverture, calin et chaleur, on va manger des paupiètes de saumon avec du riz complet, Lucius est là, bien au chaud avec nous, un bon film ce soir à la télé, ma mailleure amie au resto l'autre soir, un appart' rangé et douillet, de la sérénité, et pourtant...
... Il me reste cette impression de toujours : je déteste le dimanche soir. Cette idée que c'est la fin de quelque chose, qu'on aurait pu en profiter plus.
samedi 13 octobre 2007
A l'envers, à l'endroit.
Doit-on se courber encore et toujours pour une ligne droite ?
Prière pour trouver les grands espaces entre les parois d'une boîte
Serait-ce un estuaire ou le bout du chemin au loin qu'on entrevoit
Spéciale dédicace à la flaque où on nage, où on se noie
Autour des amandiers fleurissent les mondes en sourdine
No pasaran sous les fourches caudines
Noir Désir, à l'envers, à l'endroit, 2001.
Il y a deux jours, en traversant un passage piéton :
me dire qu'à force de me regarder de l'extérieur
pour savoir quelle image je peux renvoyer de moi même,
j'en ai oublié de m'installer dedans
pour savoir qui je suis vraiment.
vendredi 5 octobre 2007
You don't have to put on the red light.
Elle a décidément des listes comme je les aime.

Un art : la photographie.
Un film : Beauté volée de Bertolucci.
Un mot : murmure ou libellule.
Un livre : La nuit des temps de Barjavel.
Un bruit : les vagues de Martinique.
Un mois : Mars, ma naissance, la naissance.
Un pays : le Japon, depuis peu.
Un sens : tous, aussi importants l'un que l'autre.
Un bijou : une bague à mon index gauche depuis des années.
Un sport : la randonnée.
Un objet : mon agenda, le même depuis 1996, avec recharges.
Une fleur : cosmos, fragile et éphémère.
Un chiffre : le dix-huit.
Un métier : l'enseignement.
Un animal : un chien.
Un défaut : l'inconstance.
Un oiseau : une mésange.
Un parfum : l'odeur du coing.
Un insecte : une araignée aux pattes rayées.
Un pouvoir : voler, quitter le sol, voir la terre d'au-dessus, la gèreté.
Une saison : le printemps.
Un piercing : aucun, jamais, pas mon truc.
Un magasin : Nature et découverte.
Un paysage : un pré, les Vosges, du vert, petit ruisseau et lumière bleue.
Une boisson : par ordre de préférence, l'eau, la bière le crémant.
Un vêtement : un gilet noir complètement déformé par le temps
que je porterais tous les jours si je ne me raisonnais pas.
Un sentiment : la sérénité.
Un endroit du corps : l'intérieur des poignets.
Un instrument de musique : le violon ou l'alto (un coup de coeur tout récent a failli me coûter très cher)
Une chanson : Aujourd'hui Guyaquil city.
vendredi 21 septembre 2007
Vacations de vocations.
Un message de Lucinette me fait réfléchir sur mon métier, mes choix et ma situation. J'enseigne depuis maintenant presque dix ans. J'ai eu l'occasion d'intervenir dans des contextes très différents, auprès de publics variés. J'ai toujours su m'adapter mais rarement je n'ai vraiment réfléchi à ce choix.
Fille d'insit', j'ai appris à lire et à écrire très tôt. J'ai lu mon premier livre à l'âge de sept ans et les Oui Oui et autres Félicie m'ont vite déçue, je me suis attaqué aux bouquins de ma mère. Je me souviens en particulier de Viou d'Henri Troyat. A mon entrée en classe de sixième, j'ai fait la rencontre de la femme qui allait être ma prof de français sur les quatre années à venir. Elle avait la réputation d'un dragon, rigoureuse et exigeante. Elle est très vite devenue pour moi un modèle et aujourd'hui encore, lorsque je doute quant à mes réactions ou mes méthodes de travail, c'est à elle que je me réfère. Elle a su faire naître en moi l'amour de notre langue, tant par sa richesse que par sa technique. Je pense souvent à elle. Elle est aujourd'hui à la retraite et est repartie vivre dans son Sud natal. Il y a quelques semaines, mon frère m'a annoncé la mort de son mari. J'ai envie de lui écrire pour lui dire tout ce qu'elle m'a transmis.
Après mes années au collège, je n'ai plus trouvé face à moi d'enseignants aussi passionnés et passionnants. J'ai eu mon bac au rattrapage, de justesse, plus intéressée à l'époque par les turpitudes de ma vie sentimentale que par un avenir professionnel lointain et flou. Puis je suis partie en fac, par la force des choses, sans vraiment savoir si c'était ce que je voulais, choisissant la spécialité "lettres" une fois arrivée devant le bureau des inscriptions. L'université a été une expérience originale. J'y ai découvert l'autonomie, la liberté et les joies du travail dans l'urgence. J'ai réalisé aussi quelle chance j'avais de pouvoir me contenter de très peu de travail grâce à des facilités de mémorisation et de compréhension. J'y ai rencontré des professeurs arrivistes et carriéristes, mais très peu intéressants. A l'exception peut-être d'un prof de littérature comparée qui a su éveiller en moi une certaine curiosité. C'est lui qui a dirigé mes recherches sur les années qui ont suivi et pour la petite anecdote, il vivait à une centaine de mètres du domicile de ma prof de français au collège, alors que ma ville universitaire se situait à une centaine de kilomètres.
Il a fallu songer à un moyen de financer mes études qui allaient tirer en longueur. Je ne voyais pas de concrétisation professionnelle aux abstractions qu'on me transmettait dans ces amphis bondés. J'ai trouvé en 1998 un poste dans un centre socio culturel, j'étais alors quotidiennement référente d'un groupe de sixièmes à la sortie de leurs cours. Ça a duré trois ans et j'ai cumulé ça à des cours particuliers: mes premières expériences d'enseignement. Puis, toujours étudiante, j'ai fais mes premiers remplacements pour l'éducation nationale : particulièrement déçue par ce que j'ai pu y découvrir, comme j'ai déjà pu le dire plus tôt, mais heureuse de m'en être rendue compte avant de foncer tête baissée vers un CAPES, alors considéré comme la voie royale, seule vraie porte de sortie pour une filière si abstraite. Tout ça, c'était parce qu'il fallait faire quelque chose et parce qu'être toujours étudiante me coûtait cher. Ce n'était pas une vraie vocation, je passais un peu à côté de ma vie professionnelle, mes préoccupations et l'essentiel étaient ailleurs. J'ai plongé dans cet univers par défaut.
Puis arrivée au niveau DEA, j'étais consciente que cette addition d'années d'études ne me mènerait concrètement à rien. J'ai été profondément déçue par l'attitude du jury de ma soutenance qui ne cherchait qu'à me faire poursuivre une thèse pour obtenir des subventions. J'ai alors passé un entretien professionnel par hasard, au lendemain d'une soirée aux Eurocks de Belfort, pas vraiment réveillée, sans réelle conviction et j'ai appris un mois plus tard que j'étais prise en tant que formatrice. Et sans l'avoir vraiment décidé, je suis passée officiellement du statut d'étudiante à celui d'enseignante. J'ai basculé dans un monde qui devait au départ simplement me permettre de subvenir à mes besoins et dans lequel je suis toujours aujourd'hui. Me voilà bien loin des idéaux de Lucinette qui faisait déjà la classe à ses peluches étant petite. Tout s'est fait simplement, sans que je n'aie jamais de choix à faire.
Aujourd'hui, j'aime ce que je fais, vraiment, et j'ai eu la chance de pouvoir toujours faire mes choix, ce qui n'aurait pas été le cas si je m'étais tournée vers un CAPES. J'enseigne de façon polyvalente, je jongle, je m'épanouis et j'y prends un vrai plaisir. Je gagne bien ma vie, mieux qu'un enseignant classique et j'ai la chance de pouvoir aménager mon emploi du temps. J'ai su trouver dans un univers qui n'était pas forcément le mien au départ un confort de travail et un véritable échange avec mes étudiants : les avantages sans les inconvénients. Malgré ce bilan très positif, je ne pense pas passer ma vie dans le monde de l'éducation. L'appel d'un projet qui me tient à coeur depuis mes quinze ans résonne toujours en moi : une ferme, des animaux, la nature, la convivialité, la transmission des savoirs, et pourquoi ne pas envisager, plus concrètement un jour, une formule qui me permettrait de cumuler mon rêve de toujours et mon métier actuel qui m'apporte une vraie satisfaction ?
jeudi 19 juillet 2007
People are strange.
People are strange, when you're a stranger
Faces look ugly when you're alone
Women seem wicked, when you're unwanted
Streets are uneven, when you're down
When you're strange, faces come out of the rain
When you're strange, no one remembers your name
When you're strange, when you're strange, when you're strange
Leurs yeux. Encore du mal. Je me demande parfois quel poids a le regard. Si lourd sur moi, si souvent. Sauf dans une salle de classe, curieusement, car c'est là qu'ils doivent être les plus pesants. J'ai moi même un regard particulièrement critique, j'ai l'oeil comme on dit, je vois tout, je juge, je jauge, c'est plus fort que moi. Toujours pour me rassurer. Volonté d'être dans la norme. Satanée volonté. Adolescente, je voulais à tout prix ne pas en être. Aujourd'hui, je suis victime de l'effet miroir. La trouille toujours de ne pas être à la hauteur. Sur ces scènes quotidiennes (terrasses de café, commerces, rues) j'ai toujours la crainte du regard qui marque la différence. Je me mettrais des claques tellement ce raisonnement est stupide mais il est ancré en moi. Je me sens fragile, vulnérable et pourtant, j'ai tant de force en moi. Je veux la crier, la valoriser, la cultiver. Je veux ne plus avoir peur.
vendredi 1 juin 2007
Ma force.
Parfois, j'oublie, et pourtant, c'est bien là, au plus profond de moi même. Cette énergie qui me vient de mes élèves, de ce qu'ils me transmettent, de leur motivation, de leur spontanéité. Je suis sortie aujourd'hui encore d'un de mes cours avec cette boule de feu dans le ventre, cette force vive qui me colle un sourire jusqu'aux oreilles. Se sentir utile, se sentir "vraie" pour eux, juste.
Ce matin, une élève me demande si je serai encore là à la rentrée, je leur dis mes doutes, mes hésitations, le fait qu'on me propose d'autres choses intéressantes, qu'il y a eu beaucoup de problèmes d'organisation ici, mais que j'ai envie de rester pour eux, et que mon choix n'est pas fait. Et je lis la déception dans leurs yeux. Une demoiselle vient me voir à la pause, elle me parle de son devoir qu'elle a pas pu me rendre car son copain est hospitalisé, et en douce, alors que les derniers élèves quittent la salle, elle me dit "ce serait bien que vous soyez encore là".
Plus tard, à midi, il a cette "deuxième année" qui vient me parler du sujet qui est tombé, de ses impressions. Elle me sort trois livres de son sac qu'elle a achetés cette année pour travailler et dont elle n'aura plus besoin, elle me les offre. Puis elle me dit merci, naturellement, parce que "c'est la seule matière où on était vraiment sûrs d'être prêts, où on avait toutes les clés en main"... Elle quitte la salle et ça me fait de la peine de me dire que je ne la reverrai plus.
Et je rentre chez moi, en sachant que lundi j'attaque une semaine de trente-cinq heures de cours, avec le sourire... Alors, j'ai envie de le gueuler, comme je l'ai déjà braillé chez elle : ce n'est pas une question de nombre d'heures ou de temps de correction, et encore moins de salaire, c'est une question de plaisir, de partage, de respect. Je n'ai pas la prétention de donner de leçons à qui que ce soit, mais c'est juste que souvent, le bonheur, l'épanouissement, il est juste là...
dimanche 13 mai 2007
Cours particuliers.
Ce fut mon premier job. Avec toutes les animations commerciales et autres colonies de vacances. Prof de cours particuliers. Et j'ai toujours adoré ça : aller chez les gens, découvrir les élèves dans leurs univers, trouver la faille et la combler, le mieux possible, avec un ciment de mots et de confiance...
Puis, sur les trois dernières années, j'ai plus pu. Ou alors si peu. Triste. Parce qu'avec quarante heures hebdomadaires dans un lycée, c'est plus possible.
Et ce fut un grand bonheur lorsque je pris, il y a un an, la décision de démissionner. Et dès septembre, j'ai repris contact avec ces organismes qui m'ont très vite remise en relation avec des parents, des lycéens, des jeunes en rupture de scolarité. J'ai aussi trouvé certains élèves par les petites annonces. J'ai été surprise de voir à quel point la demande avait augmenté en trois ans. Je refuse des cours presque chaque semaine, surtout en ce moment, à l'aube des examens. J'ai une dizaine d'élèves qui viennent compléter un emploi du temps irrégulier, et qui me proposent malgré eux une régularité. J'aime...
- J'aime découvrir une personne dans son monde, au milieu de ses objets, dans les odeurs de sa maison, sous les posters de sa chambre.
- J'aime l'élève, le jeune seul, entité unique, électron libre, ce qu'on a beaucoup de mal à percevoir dans un "groupe-classe".
- J'aime les parents qui veulent être là, mais pas trop, qui sont souvent un peu gênés, comme s'ils devaient eux aussi reconnaître une faiblesse : "on a pas pu l'aider".
- J'aime le thé qu'on me sert, même s'il est amer, les petits gâteaux laissés sur un coin de table par une maman pressée, le petit panier de fraises avec lequel je repars parfois, les petits pains d'épices.
- J'aime la satisfaction d'un élève qui voit ses résultats remonter, ses fragilités renforcées, et qui m'annonce la dernière bonne note avec un grand sourire.
- J'aime le "tu" qui apparaît parfois à la place d'un "vous" et qui n'aurait sans doute pas pu s'échapper dans une salle de classe.
- J'aime être autre chose qu'une prof, être aussi une confidente, une référence.
- J'aime avoir un chat sur les genoux, qui vient s'installer pour suivre un cours de grammaire.
- J'aime m'installer sur un bureau trop petit, sur une nappe "toile cirée" dans la cuisine, après avoir poussé les miettes du petit-déjeuner, sur une table de salle à manger immense qui ne sert que les jours de fête, sur la terrasse, dans le jardin ou sous le sapin de Noël...
- J'aime me sentir utile.
Et la maîtresse, quand elle pose une question, elle ne connaît pas toujours la réponse.
N.B. : Je redécouvre Mafalda qui a éveillé en moi une certaine philosophie et qui m'a posé des questions qu'aucune maîtresse ne m'avait jamais posées.
mardi 1 mai 2007
Réclame.

J'ai eu envie de raconter tout ça :
le nouvel appart',
les travaux,
le jardin,
la déco,
toutes ces nouvelles expériences.
Bien sur, je ne voulais pas en parler ici,
parce que ç'aurait été trop me dévoiler.
Parce que c'était surtout pour nos proches au départ,
ceux qui vivent loin et qui ne suivent pas forcément l'évolution de nos exploits.
Puis finalement, je me dis, la blogosphère est bien grande,
je suis toute petite, pourquoi ne pas rétablir les liens.
Alors pour le lien,
cliquez juste sur l'image
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