J'ai fait une rentrée exceptionnelle. De très bonnes classes, un emploi du temps qui se goupille bien et une ambiance de travail détendue. J'ai pris un rythme très appréciable, je me sens motivée dans beaucoup de domaines : l'écriture, le sport, la vie associative, la culture. Je relis par hasard hier mes inquiétudes laissées ici les mois passés et elles me semblent gommées, comme par magie...

Il y a quelques jours, en travaillant avec une de mes classes préférées, je retombe sur ces quelques lignes du Journal d'Anne Frank, les dernières...

"Je ne supporte pas longtemps qu’on fasse à tel point attention à moi, je deviens d’abord hargneuse, puis triste et finalement je me retourne le coeur, je tourne le mauvais côté vers l’extérieur, et le bon vers l’intérieur, et ne cesse de chercher un moyen de devenir comme j’aimerais tant être et comme je pourrais être, si... personne d’autre ne vivait sur terre."

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Et je reconnais sous ces mots si justes (si pertinents pour une enfant de treize ans) la méfiance et la douleur qui m'animaient il y a quelques mois encore. "Si personne d'autre ne vivait sur terre". J'avoue avoir souvent silencieusement, pour moi même, évoqué cette idée. Presque honteusement, je me suis imaginé quelle serait mon attitude si je n'avais à composer avec le regard de l'autre, avec tous ces codes, toutes ces règles, avec cette peur constante du jugement. Aujourd'hui, peut-être ponctuellement seulement, je me sens plus forte. Et je suis justement à l'aise avec l'idée de tous ces autres qui vivent et gravitent autour de moi. Réconciliée avec mon image, mon estime de moi...