mardi 30 août 2011

Fil de saisons, bobine de temps qui passe.

Une salle de cours retrouvée. Des élèves en plein examen blanc, ça attaque sévère. Six heures de travail derrière moi, des trombes d'eau au dehors et je m'accorde un temps de repos avec l'éciture de quelques mots sur les pages de Diane. Deux saisons de silence et je repasse par ici, cette vie virtuelle en pointillés se poursuit, comme celle réelle que j'ai laissée filer les derniers mois.

Les semaines ont roulé comme de petits cailloux ronds. Il y a eu cette fin d'année des plus douloureuses. Crise d'angoisse violente pour des clopinettes et fatigue accumulée au point d'exploser. Les larmes ont coulé souvent et je ne trouvais pas les mots pour expliquer cette matière visqueuse et sombre qui coulait alors en moi. J'ai reconnu à certains moments cette obscurité qui s'était emparée de moi deux ans plus tôt. Je me suis retrouvée face à face avec elle. Je me suis battue pour ne pas la laisser s'installer à nouveau dans ma vie.

Ensuite, il y a deux mois très particuliers. Dès la fin de mes cours, j'ai jeté quelques affaires dans un sac à dos et je suis partie trois semaines en Grèce pour y vadrouiller avec une vingtaine de jeunes. La fatigue toujours là, des appréhensions et du mal à m'affirmer : au final, une formule bien différente de mon séjour en 2010. Des souvenirs d'eau bleu turquoise, de pierres blanches, de rues crasseuses à Athènes, d'îlots paradisiaques. De belles rencontres, mais aussi de belles prises de bec. Au retour et aujourd'hui encore, des questions sans réponses autour de ces difficultés à communiquer.

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Puis mon mois d'aout est celui du repos et du partage. Gab et moi, tranquilles, virevoltant entre siestes crapuleuses, lectures à l'ombre d'un bel arbre, balades en montagne et bons repas. Beaucoup de temps passé avec mon Lu aussi et ma solitude retrouvée.

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Puis sur les dernières semaines, les doutes qui s'installent méchamment. Mon emploi du temps de rentrée était des plus flous et il l'est toujours. J'ai appris les derniers jours à composer avec, à avancer sans trop savoir où je vais exactement. Je récupère cette année de nouvelles classes dans de nouveaux centres de formation. J'avais pour objectif de ne plus travailler à M., mais je ne cumulerai finalement pas assez d'heures pour me permettre ce caprice. Il va falloir continuer les aller-retours et accepter ce qu'on veut bien me donner.

Côté famille, j'ai eu beaucoup de peine pour mon frère, pris cette année dans les pâles géantes de l'éducation nationale, se retrouvant, tout jeune-bébé enseignant, à 500 kilomètres de chez lui, à se débattre pour la première fois, seul, devant des classes de lycée professionnel. Je l'ai entendu dire dimanche dernier "je veux pas être prof !". Il a en fait passé un concours "pour voir" et s'en retrouve titulaire, presque par accident. Bien sur, il doit y aller, savoir à quoi ça ressemble, se faire une idée. Mais je tremble pour lui, je sais quelles claques on peut se prendre en pleine face les premiers temps. Et c'est mon petit frère, faut pas lui faire de mal...

Gab me faisait remarquer à juste titre à quel point je compare. Ma rentrée avec la précédente, mon séjour en Grèce avec celui de l'an passé, l'expérience de mon frère avec la mienne... Et je réalise à travers cette remarque simple mais pertinente, à quel point ma vie est faite de cycles. Ma vie de prof d'abord qui impose un rythme et un éternel recommencement. Mes mécanismes de réflexion finalement qui sont sans doute calés sur mon mode de vie et qui semblent parfois tourner en rond. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas peur et j'avance avec une énergie retrouvée vers des mois de découverte...

 

Posté par Diane Groseille à 08:13 - - Commentaires [6] - Permalien [#]