jeudi 10 mars 2011

Le voile.

Anesthésiée (étymologiquement "sans sensibilité"). Une espèce de voile de coton diffuse une lumière blanche et douce sur mes jours. Sur ma vie.

gab_carte_postale

Je suis intouchable. Quelques heurts pourtant ont bousculé ces derniers jours. La source : Neb et des éléments que je n'ai vraiment pas saisis, une urgence, une décision à prendre vite, puis finalement des vieux dossiers qui se retrouvent étalés sous formes de petites lettres sur l'écran de mon téléphone portable. Deux ans après notre séparation, il a encore des choses à me reprocher. Je rentrais pour ma part de trois jours sur la côte Belge avec Gab. Trois jours d'air frais et de rupture avec mon quotidien. Et je crois que malgré les quelques larmes immédiates qu'ont provoqué ces attaques, ça me glisse finalement sur la peau comme de fines gouttes d'eau. J'en suis déjà à me dire que tout ça n'a aucune importance, que je vais juste remettre de la distance entre Neb et moi, qu'un ex ne devient jamais un ami. Je n'ai pas envie d'essayer de lui expliquer, de lui rédiger les longues lettres qui tombaient dans l'incompréhension il y a deux ans. Je ne lui dois rien, ça ne servirait à rien.

Le voile s'est également posé sur Gab. Je crois en fait qu'il y est depuis le début. Je regarde toujours ce que nous vivons de l'extérieur et il y a comme un flou sur les instants et les sentiments que nous partageons. Je crois que je me/nous l'impose pour me/nous protéger. Les risques sont pourtant déjà pris, les barrières de protection sont franchies. Je tiens beaucoup à lui même s'il n'y a pas cette passion qui habituellement nous fait courir si vite vers la démesure. J'aime sa douceur, cette impression si présente qu'il me comprend sans que je dise, ce respect dans lequel nous baignons. Parfois aussi, je vois les limites de cette apesanteur. Il dit les mots que je formule moi-même et l'effet miroir fait peur.

Puis tout cela s'inscrit sur un rythme maintenant bien rôdé. Après la glande du premier semestre, il a fallu rattraper le coup avec trois tonnes de travail intensif et je suis finalement maintenant bien dans le bain. Il y a toujours cette impression cruelle de rendre trois paquets de copies pour en récupérer sept, d'essayer de vider un lac avec une petite cuiller, mais on fait avec. Et j'ai retrouvé cette conviction de bien faire les choses, même si mes classes sont cette année bien plus difficiles que les années précédentes (beaucoup d'immaturité et peu de motivation, l'un appelant l'autre en conséquence).

Assise en cet instant dans une grande salle vide, je respire après quelques heures de cours. Le soleil qui entre par la porte ouverte  me rappelle que maintenant il ne fait plus nuit. J'attends aujourd'hui le souffle qui chaque année à cette période lève le voile.

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Posté par Diane Groseille à 16:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]