Mon oncle est parti. Après un an d'un cancer contre lequel il n'a pas pu lutter. J'ai encore pu le voir samedi. Il n'était plus que l'ombre de lui-même, sédaté, dans un lit jaune, il ne nous a pas reconnues, ma sœur et moi. J'ai vu l'effort dans ses yeux pour trouver la dignité et la lucidité. Heureusement pour lui, tout ça, c'est terminé.

Et je suis en colère plus que triste. Une colère amère et muette. Je ne parviens pas à trouver les mots. Elle se nourrit de mes peurs les plus obscures. Elle trouve sa force dans ce sentiment d'injustice. Et ça en devient physique, une envie de cogner, de sortir toute cette rage et ces sanglots douloureux.

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