Je remonte la pente. Début de semaine difficile, comme j'ai pu le laisser transparaître ici. Mais je ne me laisse pas démonter. Je me suis interrogée sur ces larmes, cette faiblesse. Je n'ai pu m'empêcher d'y voir un retour de mes vieux démons. La force d'inertie des médicaments ne faisant plus effet, les revoilà ? Non, je ne crois pas. Je dois accepter aussi que maintenant que ce barrage chimique n'est plus là, ma vie peut connaître des hauts et des bas. Mes armes pour affronter tout ça, elles sont en moi.

Alors, j'ai attaqué cette semaine violente avec la patate. Mardi matin, coup de pied au cul. Et il me reste encore deux bonnes heures de cours et malgré les bonnes claques de cette semaine de trente cinq heures, je tiens le coup.

Tout ça, c'est ce que je considère comme "les doigts brûlés", prise à mon propre piège, à vouloir jouer à des jeux de vilains, ça s'est retourné contre moi. C'était inévitable. Je le savais bien au moment où j'ai commencé, mais fallait que je me fasse mal pour comprendre. Et même en le sachant avant de commencer, je voulais jouer quand même.

Cette semaine de travail fut radicalement opposée à la précédente. j'ai passé mes journées dans des salles de cours, à courir entre différents établissements, à me lever tôt pour assurer la préparation des cours, à corriger des copies dans l'urgence et, en transparence, la naissance de nouveaux projets, de nouvelles idées, de nouveaux souffles... La semaine précédente, je me couchais tard, je sortais jusqu'à pas d'heure et je mettais fin à des projets de longues dates qui m'empoisonnaient. Comme début septembre, je me sens à nouveau à un carrefour. Je vais me privilégier, me tourner à nouveau vers l'intérieur, égoïstement et partir pour quelques mois d'hibernation.

Petit bilan quand même sur les prétendants. Le jeune courageux ne l'est finalement pas tant que ça. J'ai su le décourager par toute mes remises en question et mes mises en garde (il a du me prendre pour un cinglée tellement j'ai été obligée d'en rajouter). Il semble bien loin maintenant, mais pas totalement effacé non plus. Hier matin encore, il prenait de mes nouvelles. Je crois que la prochaine fois, je serai plus tranchante encore, lui demandant clairement ce qu'il peut attendre ou espérer de moi et s'il a déjà compris, qu'il m'oublie et qu'il lâche définitivement l'affaire (nous ne sommes pas faits pour être amis et de toute façon, la formule "restons amis" n'est qu'une blague). Curieusement, il y a une petite voix en moi qui aimerait bien le revoir, qui me dit que je ne me suis pas donnée pour rien... Puis de l'autre côté, il y a celui aux douces paroles, celui qui veut être là et qui m'a pourtant menti. Ne sais pas ce que ça peut donner. Ne suis pas attirée par lui. Et en plus maintenant, me sens trahie, prise pour une buse. Je laisse ses appels sonner dans le vide, je ne sais pas que lui dire, même pas envie de faire l'effort de lui expliquer.

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